bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

L’EPITRE AUX GALATES (5)

 
 CHAPITRE 5
 
        1 - La liberté chrétienne : v. 1-15
        2 - La chair et l’Esprit : v. 16-21

          
1 - La liberté chrétienne : v. 1-15
 

                        1. 1 « Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant »

            Le premier verset du chapitre résume en quelques mots la pensée principale de l'épître. Christ nous a placés dans une merveilleuse liberté, et nous devons nous tenir fermement dans celle-ci, refusant d'être de nouveau retenus dans l'esclavage.

            Rappelons la portée et le caractère de cette liberté dans laquelle nous avons été placés :

                - premièrement nous avons été affranchis de la Loi comme fondement de notre justification devant Dieu. Cela a été précédemment établi au verset 16 du chapitre 2 : nous sommes « justifiés sur la base de la foi en Christ ».
                -
ensuite nous avons été affranchis de la Loi comme base de notre relation avec Dieu. Nous avons reçu « l'adoption » - la position de fils - ayant été rachetés de dessous la Loi. Nous trouvons cela au verset 5 du chapitre 4.
                -
par conséquent, en troisième lieu, nous sommes affranchis de la Loi comme règle de conduite et norme de notre vie. Nous l'avons vu dans le passage allant du verset 23 du chapitre 3 au verset 7 du chapitre 4. Aussi longtemps que les enfants de Dieu étaient dans la position d'esclaves, leur règle de conduite était la Loi. Maintenant, comme des fils adultes dans la maison de leur père, possédant l'Esprit du Fils de Dieu, nous avons une norme plus élevée que la loi de Moïse - à savoir la « loi du Christ » (voir 6 : 2).

            Ainsi, la liberté dans laquelle nous sommes amenés est l'affranchissement complet qui nous a été donné parce que nous sommes fils de Dieu. C'est la liberté dont parle le Seigneur Jésus lorsqu'il dit : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8 : 36).

                        1. 2 Déchoir de la grâce

            Affranchis par Christ, nous ne sommes plus comme des esclaves, dont la conduite est très justement ordonnée par des règlements de maison. Cependant, si nous nous replaçons dans cette position, soit dans nos pensées, soit dans notre comportement, nous nous enchaînons tristement. Alors, nous sommes véritablement « déchus de la grâce », comme le dit le verset 4.
            Ces mots sont parfois compris comme voulant dire : « tombés de la main de grâce de Dieu » et n'ayant plus le salut. Mais la phrase se rapporte à ce qui a lieu dans la conscience, non à ce qui est vrai devant Dieu. Le verset commence par les mots : « Vous vous êtes séparés de tout le bénéfice qu'il y a dans le Christ ». En réalité, c'est-à-dire aux yeux de Dieu, l'immense bénéfice qu'il y a dans le Christ est inaltérable. Mais dans l'expérience et dans la conscience de ces croyants, ce bénéfice avait disparu. S'ils se considéraient comme justifiés sur le principe de la Loi, Christ était manifestement désavoué dans leurs pensées. Ils étaient descendus du principe divin et élevé de la grâce au niveau bien inférieur de la Loi. Or une telle descente est tellement marquée et précipitée qu'elle peut bien être qualifiée de chute.
            Déchoir de la grâce n'est pas difficile. Combien parmi ceux qui professent être des croyants en sont coupables aujourd'hui ! Sommes-nous tous au clair à ce sujet ? Nous tenons-nous fermement dans la liberté de la grâce dans tous nos rapports avec Dieu ?

            Aux versets 2 et 3, Paul fait de nouveau allusion au sujet de la circoncision, puisqu'elle était utilisée comme un test. C'était le fer de lance des attaques des adversaires de la liberté chrétienne. Pour beaucoup, cela semblait être un sujet de moindre importance ; néanmoins, il était bien suffisant pour établir le principe. La Loi forme un tout. Si l'on en retient un seul détail, elle doit être retenue dans tous les autres. Ceci s'accorde entièrement avec ce que Jacques écrit : « Quiconque gardera toute la Loi et trébuchera sur un seul point est coupable sur tous » (Jac. 2 : 10). C'est-à-dire : si la Loi est violée sur un seul détail, elle l’est complètement. Les deux affirmations, concordent ; elles nous montrent que la Loi ne peut être prise « pièce par pièce ». C'est un tout. Une toute petite pierre lancée contre une grande vitre produit une vitre cassée, aussi bien qu'une énorme pierre qui la ferait voler en éclats. Ou, pour prendre une autre image, la Loi est comme une chaîne constituée de plusieurs maillons. Qu'un seul chaînon ou plusieurs d'entre eux soient cassés, c'est une chaîne brisée. Et réciproquement, si un bateau est attaché à un seul anneau d'une chaîne, il est en fait attaché à tous les autres, et il peut être dirigé par une traction sur n'importe quel anneau de la chaîne. C'est le principe que Paul veut faire comprendre ici.
            Remarquez maintenant le contraste entre le « vous » du verset 4 et le « nous » du verset 5. Le « vous » désigne tous ceux qui, parmi les Galates, abandonnaient dans leurs pensées la position dans laquelle la grâce les avait placés. Le « nous », c'est l'ensemble des croyants qui se tiennent fermement sur le terrain de la grâce de l'évangile. C'est le « nous » chrétien, si l'on peut dire. Le verset 5 décrit la position propre du croyant : non pas ici sa position privilégiée devant Dieu comme fils, mais sa position de liberté pendant qu'il est laissé dans le monde. Cette position constitue un contraste marqué avec tout ce que les Juifs ont connu.

 

                        1. 3 « La foi opérant par l’amour »

            Notre position est une position d'attente. Nous n'attendons pas la justice, comme le faisaient les Juifs qui, sous la Loi, cherchaient constamment « à établir leur propre justice » sans jamais y parvenir. Nous avons déjà reçu la justice, c'est un fait établi dans l'évangile, et nous n'attendons que l'espérance qui s'y rapporte. « L'espérance de la justice » (v. 5), c'est la gloire (voir Rom. 5 : 2). Maintenant, nous attendons la gloire, par l'Esprit qui nous a été donné et sur le principe de la foi - non pas sur le principe des œuvres de loi.
            N'est-ce pas une position de liberté merveilleuse ? Plus nous aurons expérimenté la corvée ingrate et désespérante que constitue la recherche de la justice par des efforts pour garder la Loi, plus nous apprécierons cette liberté. Et nous verrons que « la foi opérant par l'amour » est, dans le Christ Jésus, la seule chose qui compte (v. 6).

 

                        1. 4 Les entraves à la liberté chrétienne

            Autrefois, les Galates avaient été de bons coureurs ; maintenant ils étaient entravés et n'obéissaient plus à la vérité. Remarquez que « la vérité » n'est pas quelque chose qu'on ait seulement à apprécier, analyser et comprendre ; on doit lui obéir. Sommes-nous des fils de Dieu ? Alors comportons-nous comme tels. Avons-nous dépassé le stade de « l'assujettissement » au précepteur ? Alors ne réglons plus nos vies d'après une base légale. Sommes-nous crucifiés avec Christ ? Alors ne cherchons plus à vivre en vue de nous-mêmes, mais de telle façon que Christ vive en nous. Chaque bribe de vérité que nous apprenons doit avoir son expression pratique en nous. Elle demande notre obéissance.
            Or les Galates ne se détournaient pas seulement de l'obéissance à la vérité, mais de la vérité elle-même. On les avait persuadés d'embrasser des idées nouvelles qui ne venaient pas du Dieu qui les avait appelés. Ils devaient se souvenir que les idées et les doctrines peuvent avoir le même effet que du levain. Ils se flattaient peut-être de n'avoir embrassé que quelques éléments mineurs du judaïsme, mais par là ils risquaient d'être peu à peu complètement judaïsés.
            La déclaration du verset 9 se trouve également en 1 Corinthiens 5 : 6. Elle présente la nature intrinsèque du levain. Dans le cas des Corinthiens, elle s'applique à un problème de conduite et de morale ; ici, à un problème de doctrine. En substance, c'était « le levain des pharisiens » qui menaçait les Galates, alors que ce qui menaçait les Corinthiens ressemblait plutôt au levain des sadducéens et des hérodiens. Mais, en pensant au Seigneur et à son œuvre de grâce dans les cœurs, l'apôtre avait confiance que sa lettre de réprimande et de redressement aurait son effet sur les Galates, et que les mauvais ouvriers qui les avaient troublés et avaient perverti leur pensées auraient finalement affaire à Dieu pour être jugés.

 

                        1. 5 La liberté vécue

            Dans les versets 11 à 15, Paul confirme son appel apostolique par quelques considérations supplémentaires. Il n'était pas un prédicateur de la circoncision. S'il l'avait été, il aurait échappé à la persécution. Le « scandale de la croix » consiste dans le fait qu'elle ne met aucun honneur sur l'homme ; en fait, elle le condamne entièrement. La circoncision, par contre, suppose qu'il y a quelque possibilité de « mérite » en l'homme ; que, de cette manière, sa chair pourra être rendue utile à Dieu. Ce qui est vrai de la circoncision est vrai aussi de n'importe quel autre rite accompli avec l'idée qu'il y a quelque valeur en lui. Cela explique pourquoi l'homme aime pareillement les rites et les ordonnances. Ils produisent en lui un sentiment confortable d’autosatisfaction. La croix met l'homme entièrement de côté. C'est pourquoi elle est un « scandale ».
            L'apôtre désirait ardemment la vraie liberté pour les Galates ! Il pouvait même souhaiter que ceux qui étaient tant zélés pour la mutilation de la circoncision se retranchent complètement (v. 12), c’est-à-dire « se mutilent » tout à fait ! La liberté, fait-il remarquer, n'est pas une autorisation à pécher, mais le chemin ouvert pour aimer et servir. Or l'amour avait toujours été le but de la loi de Moïse. Mais, tout en se glorifiant dans la Loi, les Galates se mordaient et se dévoraient les uns les autres (v. 15) au lieu de s'aimer et de se servir. Il en est toujours ainsi. Le légalisme conduit à l'opposé de l'amour. Les Galates devaient bien prendre garde : leur poursuite de la sainteté par la Loi risquait de n'avoir pour misérable résultat que de se consumer l'un l'autre dans les disputes et les critiques. Ils voulaient éviter le scandale de la croix, mais tombaient manifestement dans le scandale produit par leur conduite indigne. Avec tristesse, nous devons remarquer que cette situation résume l'histoire de la chrétienté. Dans la mesure où le scandale de la croix a été refusé et évité, le scandale des divisions et des inconduites a augmenté.
            Les Galates, cependant, auraient pu dire à Paul : Tu nous as montré clairement et définitivement que nos pensées quant à la poursuite de la sainteté par la Loi sont fausses ; mais alors, qu'est-ce qui est juste ? Tu as démoli ce que nous disions, mais toi que dis-tu ? La réponse débute au verset 16 : « Or je dis : Marchez par l'Esprit ».

 
 
2 - La chair et l’Esprit : v. 16-21
 

                        2. 1 « Marchez par l’Esprit »

            Marcher est l'une des premières et des plus fondamentales actions de l'homme. C'est le symbole de son activité. « Marcher par l'Esprit » signifie agir - en pensée, en paroles ou en action - par l'énergie de l'Esprit qui nous a été donné. L'Esprit du Fils de Dieu, que nous avons reçu parce que nous sommes fils de Dieu, doit diriger toutes nos activités. C'est là le chemin de la liberté. Or cette liberté est à l'opposé du laisser-aller, car en marchant par l'Esprit, il nous est impossible d'accomplir les convoitises de la chair. L'action de cette puissance « supérieure » nous élève hors de la portée de la puissance moindre.
            La chair n'est pas changée pour autant, et le verset 17 le souligne. Sa nature, ses désirs et son action restent les mêmes : toujours contraires à l'Esprit de Dieu. Mais, si nous marchons par l'Esprit, l'Esprit l'emporte sur la chair, et nous ne pratiquons pas les choses qu'autrement nous ferions. Et si nous sommes « conduits par l'Esprit », nous ne pouvons pas être en même temps sous la conduite du précepteur - de la Loi (v.18) !
            Au verset 16 donc, l'Esprit est présenté comme la nouvelle puissance dans le croyant, ce qui lui donne l'énergie nécessaire. Au verset 18, il est le nouveau conducteur qui prend le croyant par la main et le dirige dans la volonté de Dieu. En Romains 8 : 14, l'Esprit est aussi présenté dans cette fonction. Les fils sont conduits par l'Esprit. Les esclaves sont conduits par le précepteur.

 

                        2. 2 Les « œuvres de la chair » et le « fruit de l’Esprit »

            Le contraste absolu entre la chair et l'Esprit est mis en évidence par les résultats entièrement opposés de chacun d'eux. Les versets 19 à 21 nous donnent le catalogue effrayant des «  œuvres de la chair », tandis que les versets 22 et 23 présentent la grappe magnifique du « fruit de l'Esprit ». Les premières sont entièrement sous la condamnation de Dieu et doivent être exclues de son royaume. Le second est pleinement approuvé de Dieu, de sorte qu'aucune loi ne peut y trouver un défaut. Dans la première liste, nous trouvons les caractères hideux de la famille d'Adam déchu ; dans l'autre, le caractère de Christ.
            Remarquez le contraste entre « les œuvres » et « le fruit ». La terre est remplie du vacarme des œuvres de l'homme. Leur confusion et leur turbulence sont visibles partout. Mais « le fruit » mûrit en silence, même dans la nature. Pendant l'été, personne n'est distrait par le bruit du fruit qui mûrit dans les vergers. La merveille de sa croissance se fait sans bruit. Il en est de même du fruit de l'Esprit. Remarquez que c'est « le fruit » et non pas « les fruits » ; la raison en est que ces magnifiques caractéristiques morales sont vues comme formant une seule grappe. Les « neuf » découlent toutes d'une même source : l'Esprit de Dieu.
            Ces admirables traits de caractère rempliront bientôt le royaume de Dieu, alors que les œuvres bruyantes de la chair en seront totalement exclues. Aucun vrai chrétien n'est caractérisé par ces œuvres de la chair, bien que, malheureusement, un vrai chrétien puisse tomber dans le piège de l'une ou de l'autre, et n'en être retiré que grâce à l'intercession de Christ et au prix de bien des souffrances de tous ordres.

 

                        2. 3 « Crucifier la chair »

            Ceux qui appartiennent à Christ sont vus ici comme étant parvenus à un jugement clair du mal dans la chair ; ils l'ont crucifiée en ratifiant de cœur, dans leur propre conscience et dans leur jugement, la sentence prononcée contre elle par Dieu à la croix.
            Demandons-nous si nous en sommes réellement arrivés là ; ce qui est l'attitude normale du chrétien. Avons-nous placé catégoriquement la sentence de mort sur la chair ? Avons-nous crucifié celle-ci avec les passions et les convoitises ? Comme chrétiens, c'est ce que nous professons avoir fait ; mais sommes-nous au niveau de notre profession ? Question très sérieuse, à laquelle chacun doit répondre pour lui-même. Laissons à notre conscience le temps d'y réfléchir.

 

                        2. 4 « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit »

            Ce qui est certain, c'est que nous vivons par l'Esprit et non par la chair. Alors, marchons par l'Esprit. Notre marche doit être en accord avec notre vie. Un oiseau ne peut pas avoir sa vie dans l'air et toutes ses activités sous l'eau. Un poisson ne peut pas avoir sa vie dans l'eau et ses activités sur terre ferme. Les chrétiens ne peuvent pas avoir leur vie par l'Esprit et leurs activités dans la chair !
            Dans le dernier verset du chapitre, l’apôtre fournit aux Galates une indication supplémentaire du fait qu’il savait bien où menait leur fausse poursuite de la sainteté. Si nous tombons dans ce piège, les mêmes tristes effets seront vus en nous.
            C'est seulement par l'Esprit de Dieu que nous pourrons reproduire, même dans une faible mesure, le merveilleux caractère de Christ.

                                                                                                 D’après F. B. Hole

 
A suivre