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Gethsémané, Gabbatha, Golgotha (3)


Golgotha – La croix de notre Seigneur Jésus Christ et son sacrifice
Mort, résurrection et glorification
 

Golgotha – La croix de notre Seigneur Jésus Christ et son sacrifice

                        De la 3ème à la 6ème heure
          Jésus sort de la ville de Jérusalem, « portant sa croix » et s’en va à l’endroit qui est appelé « lieu du crâne » - Golgotha en hébreu (Jean 19 : 17). Une grande multitude du peuple Le suivent, des femmes pleurent et se lamentent sur Lui. Mais Jésus ne demande pas que l’on prenne pitié de Lui ; Il leur dit de pleurer plutôt sur elles-mêmes et leurs enfants, car le jugement viendra bientôt sur la ville « qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés » (Luc 13 : 34 ; Matt. 23 : 37). Prémices des jugements à venir après l’enlèvement de l’Église, par lesquels le résidu de Juda sera amené à reconnaître le Messie qu’ils rejetaient alors (voir Zac. 12 : 10).
            Au bout d’un long chemin de douleurs, Jésus arrive au lieu du supplice. Il dépose enfin sa croix sur le sol. Les soldats romains en assemblent les deux éléments – le poteau vertical et la barre horizontale en travers (c’est peut-être cette partie de la croix que Simon le Cyrénéen a portée après Jésus (Matt. 27 : 32 ; Marc 15 : 21 ; Luc 23 : 26)) – et le condamné est étendu sur le bois. Parfois, les mains et les pieds du crucifié étaient attachés à la croix par des cordes, et la douleur des membres percés lui était épargné. Mais, pour Jésus, la prophétie de David s’accomplit : « ils ont percé mes mains et mes pieds » (Ps. 22 : 17). De longs clous de métal sont enfoncés au marteau dans ses pieds (qui L’avaient conduit à travers le pays d’Israël, dans les villes et les villages, pour y faire tant de bien) et dans ses mains (qui avaient guéri et béni tant d’âmes souffrantes). Le crucifié est ainsi fixé sur la croix. L’instrument de torture est relevé et fixé dans le sol, dans un trou prévu à cet effet. Jésus est maintenant élevé de la terre ; à la souffrance infligée par les clous s’ajoutent celles du terrible supplice de la crucifixion : « Placé dans une position tout à fait contraire à la nature, le corps adorable du Fils de l’homme connaît les tourments les plus cruels : les troubles affreux de la circulation, l’horrible rigidité du tronc et des membres étirés, l’amaigrissement des chairs flétries et la saillie des os meurtris, la torture épouvantable de la soif brûlante, ces maux atroces que la suite des heures accentuera d’une manière inexorable » (P.F. Regard).
           Cependant, rappelons ce qui a été dit par un autre : Ce n’étaient pas les clous qui retenaient notre bien-aimé Sauveur sur la croix, mais son immense amour - pour Dieu son Père qui allait être pleinement glorifié par son œuvre à la croix, pour les pécheurs perdus que nous étions, qui allaient être sauvés pour l’éternité par cette œuvre bénie.
          C’est alors la 3ème heure (soit 9 heures du matin, la journée commençant à 6 heures pour les Juifs). Jésus, le Fils de Dieu « endure la croix » et « méprise la honte », ayant devant Lui une joie qui remplit son cœur malgré les intenses souffrances qu’Il doit supporter (Héb. 12 : 2). N’est-ce pas la joie de glorifier son Dieu et Père et d’achever l’œuvre de la rédemption, d’acquérir l’Assemblée qu’Il aime et pour laquelle Il s’est livré, d’entrer bientôt à nouveau dans la présence du Père ? …
          Devant la croix, les soldats romains se partagent les seules possessions que le Fils de Dieu, le pauvre par excellence, a eu sur cette terre : ses vêtements. Sa tunique (ou : sa robe) « sans couture » (Jean 19 : 23) témoigne du fait qu’il n’y avait aucune division, aucun défaut dans sa marche, son service, sa personne ; elle est tirée au sort (Matt. 27 : 35 ; Jean 19 : 24), ainsi que l’Écriture l’avait annoncé : « Ils partagent entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils jettent le sort » (Ps. 22 : 19). Ils proposent à Jésus du vin « mêlé de myrrhe », censé produire un engourdissement du supplicié, lui permettant de mieux supporter les intolérables douleurs de la crucifixion – « mais il ne le prit pas » (Marc 15 : 23 ; Luc 23 : 36). « Il voulait tout endurer en trouvant le secours ailleurs, dans la jouissance de la communion avec son père, car, dans les souffrances qu’il supportait de la part des hommes, il n’était pas abandonné de Dieu » (S. Prod’hom).
              Quelques femmes sont devant la croix, dont Marie, la mère du Seigneur ; en ces instants, « une épée transperce sa propre âme », comme Siméon l’avait annoncé (Luc 2 : 35a). Jean aussi, « le disciple que Jésus aimait », se tient là (Jean 19 : 26). Parmi toute la foule présente autour de la croix de Jésus, ce sont les seuls cœurs qui souffrent en contemplant Celui qu’ils aiment mis au supplice par des hommes iniques et méchants conduits par Satan, « l’adversaire » de Christ.
           Deux malfaiteurs sont crucifiés en même temps que Jésus, un à sa droite, l’autre à sa gauche, et Jésus au milieu – au centre de la honte et de l’ignominie (Luc 23 : 33 ; Jean 19 : 18). L’Écriture s’accomplit, ce que le prophète Ésaïe avait annoncé : « il aura été compté parmi les transgresseurs » (És. 53 : 12 ; Marc 15 : 28 ; Luc 22 : 37). Selon la coutume romaine, un écriteau portant son accusation est placé au-dessus de sa tête couronnée d’épines ; il est rédigé dans les trois langues parlées à l’époque : en grec, la langue de la civilisation ; en romain, la langue officielle de l’empire romain ; en hébreu, la langue du peuple juif. Il y est écrit : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs » (Jean 19 : 19 nous donne l’inscription la plus complète – voir Matt. 27 : 37 ; Marc 15 : 26 ; Luc 23 : 38). Cette inscription « proclame avec une puissance singulière, toute la valeur de la personne de notre Sauveur, à la fois dans son ignominie et dans sa gloire. … Elle unit officiellement ce qu’il y a de plus méprisé et ce qu’il y a de plus élevé ici-bas, le plus profond abaissement et la plus haute gloire, l’humiliation complète de cet homme de Nazareth, … le Créateur de toutes choses, le Dieu du ciel manifesté en chair, et la dignité souveraine, la majesté suprême, la gloire magnifique de celui qui, condamné à mort et mis en croix, demeure cependant le roi d’Israël, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ! » (P.F. Regard).
           Pendant ces trois premières heures, Jésus souffre pour la justice, de la part des hommes. Il est l’objet des moqueries, des provocations, des injures des principaux et des chefs du peuple, de tous ceux qui sont là, devant le « spectacle » de la croix » (Luc 23 : 48), et de « ceux qui passaient par là » (Matt. 27 : 39 ; Marc 15 : 29) et qui le « haïssent sans cause » (Ps. 69 : 5). Quelle souffrance pour le Seigneur Jésus, d’être exposé là devant tous, objet de honte et d’opprobre : « Mes adversaires m’outragent – c’est comme un brisement dans les os – quand ils me disent tout le jour : ‘’Où est ton Dieu ?’’ » (Ps. 42 : 11 ; voir Ps. 102 : 9 ; 69 : 10b) !
              Rien ne Lui est épargné et même les deux brigands crucifiés à ses côtés joignent leurs voix à ce concert de haine, d’injures, de mépris et d’opprobre (Matt. 27 : 39-44 ; Marc 15 : 29-32 ; Luc 23 : 35-37, 39 – voir Ps. 69 : 20-21a). « Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré ; ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant… Car des chiens m’ont environné, une troupe de méchants m’a entouré ; ils ont percé mes mains et mes pieds… Ils me contemplent, ils me regardent… » » (Ps. 22 : 13-18). « Et ils ont ouvert grand leur bouche contre moi ; ils ont dit : Ha ha ! ha ha ! notre œil l’a vu » (Ps. 35 : 21). « Ils m’ont rendu la haine pour mon amour » (Ps. 109 : 5 ; 35 : 12), « le mal pour le bien » (Ps. 38 : 20-21). « Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi je suis toujours en prière » (Ps. 109 : 4) … Quelle profonde douleur pour son cœur plein d’amour, de voir sa créature Le rejeter et Le haïr, se moquer de Lui et se réjouir de Le voir là, dans l’opprobre et la souffrance, alors qu’Il ne leur avait apporté qu’amour, soins, guérisons, paroles de grâce !
        Les heures passent pour Jésus sur la croix de Golgotha… Il est là, « crucifié en faiblesse » (2 Cor. 13 : 4), dans de terribles et profondes douleurs, physiques, morales ; son âme est « rassasiée de maux » (Ps. 88 : 4), son cœur est brisé par l’opprobre (Ps. 69 : 21a).

                        De la 6ème à la 9ème heure
            
Mais, vers la 6ème heure (il est alors midi), des ténèbres recouvrent le pays, jusqu’à la 9ème heure, (15 heures) et la lumière du soleil est obscurcie (Matt. 27 : 45 ; Marc 15 : 33 ; Luc 23 : 44). Le Sauveur a été alors caché aux yeux de tous. Remarquons que les évangélistes ne nous disent rien de ce qui s’est passé pendant ces trois heures sombres, lorsque le saint Fils de Dieu, porteur de tous nos péchés, s’est tenu absolument seul devant le Dieu juste et saint qui a « les yeux trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13) et le péché en horreur. Les Psaumes, qui nous ouvrent le cœur de Christ, nous donnent quelques indices de ce qu’a été son insondable souffrance dans ces moments. Nous ne pouvons que nous tenir à distance et adorer Celui qui nous a tant aimés qu’Il a accepté de subir à notre place le jugement terrible que nous, misérables pécheurs, nous méritions.

            Cet amour, sans le comprendre, nous l’adorons à genoux… Hymnes et Cantiques n° 156 st. 5.

            Il ne cesse de prier (Ps. 109 : 4b ; 22 : 3 ; 69 : 14), mais l’accès à Dieu Lui est fermé (Lam. 3 : 8, 44). Il n’y a aucune réponse à son cri : « Je crie de jour, et tu ne réponds pas, de nuit, et il n’y a pas de repos pour moi » (Ps. 22 : 3). Il n’y a pour Lui ni réponse, ni repos, ni secours…
            Pendant ces 3 heures, qui ont été infinies pour la sainte victime, Dieu a fait tomber sur Lui tout le poids de sa colère contre le péché, tout le jugement que méritaient nos innombrables péchés dont Il s’était chargé en son corps ; Il les avait confessés comme s’il étaient les siens (Ps. 40 : 13). Souvenons-nous du triple témoignage des apôtres Jean, Paul et Pierre, à la parfaite sainteté du Seigneur Jésus, et pensons à ce qu’a été sa part en relation avec le péché et nos péchés :
                    - « Il n’y a pas de péché en lui » - et Il ôte nos péchés (1 Jean 3 : 5) ;
                    - « Il n’a pas « connu le péché » - et Il est fait péché par Dieu, pour nous (2 Cor. 5 : 21) ;
                    - Il n’a pas « commis le péché » - et Il porte nos péchés en son corps (1 Pi. 2 : 22).

      Il descend dans le bourbier sans fond de nos péchés, dans les eaux profondes du jugement, qui passent sur sa tête et le submergent (Ps. 69 : 2-3 ; Jon. 2 : 6). Il boit la coupe donnée par son Père (Jean 18 : 11). À Gethsémané, dans son agonie, Il avait évalué et sondé à fond les souffrances que cela Lui coûterait et, dans une soumission pleine et entière à la volonté de son Père, Il la boit tout entière maintenant sur la croix. Quel amour, quel dévouement, quelle grandeur infinie, que celle de notre Sauveur !
           Il a été profondément affligé par le bâton de l’Éternel (Lam. 3 : 1) qui ne l’a pas épargné, Lui, son propre Fils (Rom. 8 : 32). Qui pourrait sonder ce que cela a été pour Dieu, de frapper son Fils bien-aimé dans ce moment où Il a dû L’abandonner ? … Il a été « battu, frappé de Dieu et affligé » (És. 53 : 4). Personne ne pouvait arrêter la main de Dieu et lui dire : « Que fais-tu ? » (Dan. 4 : 32). « Il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance » (És. 53 : 10) – c’était le seul moyen pour que le conseil de grâce de Dieu puisse s’accomplir. L’épée de Dieu s’était réveillée contre Lui et a frappé Celui qui était « le compagnon » de l’Éternel (Zach. 13 : 7).
            Jésus était pleinement conscient de tout cela, alors qu’Il était cloué sur le bois et qu’Il subissait ce terrible châtiment. La fureur de Dieu a pesé sur Lui et toutes les vagues du jugement et les ardeurs de la colère de Dieu sont passées sur Lui et L’ont environné : « Toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42 : 8) ; « Tu m’as accablé de toutes tes vagues » (Ps. 88 : 8 ; Lam. 3 : 54). « Les vagues de la mort m’ont environné, les torrents de Bélial m’ont fait peur » (2 Sam. 22 : 5).
            Personne ne peut comprendre et réaliser ce que ces instants ont été pour l’âme sainte du Sauveur dans ces heures de solitude extrême, abandonné de son Dieu Fort, chargé dans son corps de nos innombrables péchés, souffrant « pour nos péchés, [le] juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pi. 2 : 24 ; 3 : 18 – voir Ps. 22 ; 40 ; 69 ; 88 ; 102 ; 109). Mais c’est l’un des aspects des Psaumes de nous parler de l’homme de douleurs et des souffrances insondables de son âme, dans ce moment suprême de l’abandon et du jugement.

                           Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime !
                           
Ton regard infini sonda l’immense abîme,
                           
Et ton cœur infini, sous ce poids d’un moment,
                           
Porta l’éternité de notre châtiment.
                                                 Hymnes et Cantiques n° 46 st. 3.

                        Après la 9e heure
            
C’est « vers la 9ème heure » qu’Il s’écrie d’une forte voix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22 : 2 ; Matt. 27 : 46 ; Marc 15 : 34). Quelle terrible épreuve pour Lui que celle d’être abandonné de son Dieu, de le sentir loin de Lui, particulièrement dans ces moments de détresse extrême David, autrefois, avait dit pour Lui : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi ; parce qu’il est à ma droite je ne serai pas ébranlé » (Ps. 16 : 8 ; Act. 2 : 25). Lorsqu’Il marchait sur cette terre, Lui-même disait : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29). Et peu de temps avant de se rendre au jardin de Gethsémané, Il annonçait à ses disciples : « Vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi » (Jean 16 : 32b).
           À la fin des heures de l’abandon, Il a poussé ce cri plein d’une douleur suprême : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, te tenant loin de mon salut, des paroles de mon rugissement ? ». L’éloignement de son Dieu était pour Lui la pire souffrance : « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche ... Et toi, Éternel, ne te tiens pas loin ; ma Force ! hâte-toi de me secourir » (Ps. 22 : 2, 12, 20). Mais il fallait qu’Il traverse les heures de l’expiation seul et loin de son Dieu, car Lui seul, Dieu et homme à la fois, pouvait ainsi, par cette œuvre unique, glorifier Dieu dans tous ses attributs divins – sainteté, justice, amour – et apporter au pécheur un salut éternel.
          Maintenant, enfin, l’œuvre est achevée. Il peut prononcer cette parole aux conséquences éternelles : « C’est accompli » (en grec : tetelestai – Jean 19 : 30). Lorsqu’Il dit : « C’est accompli », Dieu est glorifié dans tous ses attributs divins ; le péché, Satan et la mort, ces puissants ennemis sont vaincus, le pécheur perdu qui vient se placer sous l’efficace du sang est sauvé pour l’éternité. Cette parole couronne toute l’œuvre du Seigneur Jésus, que le Père Lui avait donnée à faire et qu’Il a commencée et achevée en perfection, dans sa vie et dans sa mort.
          Mais ce parfait Sauveur doit encore accomplir toute Écriture Le concernant, alors Il dit : « J’ai soif » (Jean 19 : 28). Un soldat met une éponge au bout d’une branche d’hysope et Lui donne à boire du vin mélangé d’eau, ce qui était la boisson des soldats romains (Matt. 27 : 48 ; Marc 15 : 36 ; Jean 19 : 29 ; Ps. 69 : 22b). Mais à l’intense soif qu’Il éprouvait dans son corps (voir Ps. 22 : 16), s’ajoutait, bien plus grande encore, celle de retrouver son Dieu, son Père, après les heures de l’abandon, si longues pour Lui (voir Ps. 63 : 2 ; Ps. 42 : 2-3), et celle de goûter enfin « le fruit du travail de son âme », sainte et précieuse, livrée en sacrifice pour le péché (És. 53 : 10).
            Alors seulement, en parfaite paix, Il baisse la tête et entre dans le repos de l’œuvre achevée (Jean 19 : 30 ; comp. Matt. 8 : 20b). Dans un cri puissant, Il remet de Lui-même, par sa divine capacité, son esprit entre les mains de son Père, et expire (Matt. 27 : 50 ; Marc 15 : 37 ; Luc 23 : 46). Il laisse Lui-même sa vie, personne ne la Lui prend, c’est un acte de pleine obéissance de Jésus envers son Père (Jean 10 : 17-18). Quelle gloire pour Dieu dans cette œuvre parfaite accomplie par son Fils bien-aimé ! Il l’a entièrement agréée car elle l’a pleinement satisfait, ayant répondu à toutes les exigences du Dieu saint quant au péché et aux péchés, tout en permettant l’accomplissement des desseins du Dieu d’amour envers le pécheur.

                        Les premiers témoignages à l’œuvre accomplie
            
Au moment où Jésus laisse sa vie, le voile du temple se déchire sous la main de Dieu, depuis le haut jusqu’en bas (Matt. 27 : 51 ; Luc 23 : 45b ; Marc 15 : 38). Nous apprenons ainsi qu’il n’y a plus désormais de séparation entre Dieu et le croyant. Ce dernier peut désormais s’approcher librement de Lui, « sans conscience de péché », étant parfaitement purifié par la valeur du sacrifice de Jésus aux yeux de Dieu (Héb. 10 : 2). L’épître aux Hébreux confirme que l’œuvre de Christ nous donne « une pleine liberté » pour nous approcher et entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, « par le chemin nouveau et vivant qu’il a ouvert pour nous à travers le voile, c’est-à-dire sa chair » (Héb. 10 : 19-20). Le centurion romain, témoin de ce fait extraordinaire lié à la mort de Jésus, s’exclame : « Véritablement, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 8 : 37-38 ; Luc 23 : 47).
         L’évangéliste Matthieu nous rapporte d’autres manifestations qui se sont produites à la mort du Seigneur, témoignages de la puissance victorieuse sur la mort : un tremblement de terre se produit, des rochers se fendent Matt. 27 : 51). Ce sont là des manifestations de la puissance divine, visibles de l’homme, et qui peuvent lui parler, comme ils l’ont fait au centurion et aux soldats qui étaient avec Lui (v. 54). Et aussi, des morts - « des saints endormis » - sortent des tombeaux après la résurrection de Jésus (v. 52-53). C’est une manifestation extraordinaire du fait que la mort est désormais vaincue. Ceux-là sont morts à nouveau, mais bientôt le Seigneur fera entendre sa voix puissante, qui sera entendue des « morts en Christ » (1 Thes. 4 : 16) ; « tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix » et ceux qui ont cru au Seigneur Jésus seront ressuscités pour la vie éternelle (Jean 5 : 28).
            Les Juifs ont demandé à Pilate qu’on enlève les corps des crucifiés pour qu’ils ne soient plus sur la croix au moment du sabbat qui allait commencer avec l’arrivée du soir, à 18 heures – soit la 12ème et dernière heure du jour pour les Juifs (Deut. 21 : 22-23). Le terrible supplice de la croix pouvait se prolonger pendant plusieurs jours si on n’y mettait pas un terme en brisant les jambes des crucifiés. À l’épuisement s’ajoutait alors l’étouffement, et la mort suivait rapidement.
            Mais lorsque les soldats envoyés par le gouverneur viennent pour rompre les jambes des crucifiés afin de hâter leur fin, ils constatent que Jésus est déjà mort. Ils ne Lui brisent donc pas les jambes – comme cela avait été annoncé dans une prophétie qui s’accomplit alors : « pas un de ses os ne sera cassé », ce qui était déjà le cas pour l’agneau de la pâque (Ex. 12 : 46 ; Jean 19 : 31-37).
         L’un des soldats lève alors sa lance et en perce le côté du Seigneur Jésus. Il en sort du sang et de l’eau, en témoignage à la valeur de l’œuvre accomplie sur la croix (Jean 19 : 34-35). « Car il y en a trois qui rendent témoignage l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont [d’accord] pour un même témoignage » (1 Jean 5 : 8). Le sang est le seul moyen par lequel les péchés peuvent être pardonnés, expiés. C’est par le sang de Christ que nous sommes justifiés (Rom. 5 : 9). L’eau évoque la Parole de Dieu qui nettoie le pécheur de ses souillures, le purifie de ses péchés (Ps. 51 : 9 ; Héb. 10 : 22). C’est une purification morale.


Mort, résurrection et glorification

            Par sa mort, avant tout, Jésus glorifie Dieu, dans sa justice, sa sainteté, son amour. C’est à la croix du Seigneur Jésus qu’ont été magnifiées « la bonté et la vérité », « la justice et la paix » (Ps. 85 : 11). Mais par sa mort, Il donne aussi la vie et le salut éternels, la paix, la joie, à tous ceux qui croient en Lui et en son œuvre de rédemption. Il délivre ceux qui étaient sous l’esclavage du péché et de Satan, celui qui les retenait en son pouvoir (Héb. 2 : 14-15 ; voir És. 49 : 24-25). Les bénédictions présentes et éternelles des rachetés sont innombrables. Ils sont désormais « comblés de sa grâce » et rendus agréables « dans le Bien-aimé », « bénis de toute bénédiction spirituelle dans le Christ Jésus » par « le Dieu et Père de leur Seigneur Jésus Christ », leur Père et leur Dieu (Éph. 1 : 6, 3 ; Jean 20 : 17b).
            Le soir étant venu, le corps de Jésus est descendu de la croix par Joseph d’Arimathée et Nicodème, et déposé dans un tombeau neuf, où personne n’avait jamais été mis (Matt. 27 : 57-60 ; Marc 15 : 42-46 ; Luc 23 : 50-53 ; Jean 19 : 38-42) - « Il a été avec le riche dans sa mort », un ultime témoignage à la perfection de sa Personne (És. 53 : 9 ; 1 Pi. 2 : 22-23). Jésus entre dans la mort, dans laquelle Il reste pendant 3 jours et 3 nuits (voir Jon. 2 : 1b ; Matt. 12 : 40). Lui qui est la vie, Lui qui, comme Dieu seul, « possède l’immortalité » (1 Tim. 6 : 16), est devenu homme pour descendre du ciel jusque « dans les parties inférieures de la terre » (Éph. 4 : 9), jusque dans la mort, afin de nous en délivrer ! Descendu du ciel jusqu’à nous dans l’anéantissement, Il s’abaisse plus bas encore, jusqu’à la mort – la mort de la croix (voir Phil. 2 : 6-8).
         Au matin du premier jour de la semaine, l’œuvre de la purification des péchés ayant été faite et entièrement achevée par Jésus (Héb. 1 : 3 ; Jean 17 : 4), Il est ressuscité en puissance et en gloire, par Dieu, par l’action du Saint Esprit, et par sa propre puissance (voir Héb. 1 : 3b ; Act. 10 : 40a ; Éph. 1 : 20 ; Rom. 6 : 4 ; Rom. 1 : 4 ; 1 Pi. 3 : 18b ; Jean 2 : 19 ; 10 : 17…). Béni soit Dieu de ce que le Christ, « s’il a été crucifié en faiblesse et qu’Il est mort sur la croix, vit néanmoins par la puissance de Dieu » (2 Cor. 13 : 4)
            Quarante jours plus tard, après s’être manifesté à ses disciples à plusieurs reprises – Il a même « été vu de plus de 500 frères à la fois » (voir 1 Cor. 15 : 5-8), Jésus quitte la terre sur laquelle Il était venu depuis le ciel pour souffrir et mourir sur une croix. Il est élevé dans le ciel sous les yeux de ses disciples, afin de s’asseoir en gloire sur le trône de la Majesté, à la droite de Dieu (Luc 24 : 50-51 ; Marc 16 : 19 ; Act. 1 : 9 ; Ps. 110 : 1). Lui qui est descendu dans les parties inférieures de la terre, est maintenant monté « au-dessus de tous les cieux » (Éph. 4 : 9 -10). Il est « exalté, élevé et placé très haut » (És. 52 : 13 ; Phil. 2 : 9). Dieu, glorifié en Lui et par Lui, d’une si grande manière par l’œuvre de la croix, Le glorifie aussitôt (Jean 13 : 32) et Le fait asseoir sur son trône, près de Lui, au plus haut des cieux. Il répond ainsi avec la plus grande joie à la prière de son Fils, exprimée juste avant la croix : « Glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même » (Jean 17 : 5).
         À sa gloire de Fils de Dieu, qui est la sienne de toute éternité et qu’Il recouvre comme Homme, s’ajoute la gloire de son œuvre immense et merveilleuse. Bientôt, en sa présence, nous contemplerons la première dans l’adoration, et nous aurons l’extraordinaire privilège de partager la seconde avec Lui (Jean 17 : 24 et 22) !
         Désormais, Il attend le moment de venir chercher les siens, ceux qu’Il s’est acquis au prix de ses insondables souffrances sur la croix et de son âme « livrée à la mort » (És. 53 : 12). Quelle joie et quelle gloire pour Lui lorsque, les appelant à partir à sa rencontre dans les nuées du ciel, Il les fera entrer dans la maison de son Père où ils seront avec Lui éternellement, fruits de son œuvre expiatoire et de la victoire remportée sur la croix ! « Il verra [du fruit] du travail (dures souffrances, profondes peines) de son âme et sera satisfait » (És. 53 : 11).

         À Lui, notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ, la gloire et l’adoration de nos cœurs, dès maintenant et pour l’éternité !

                           Dans la honte a brillé ta gloire,
                           
Sur la croix.
                           
À toi, Jésus, fut la victoire,
                           
Sur la croix.
                           
À toi, durant l’éternité,
                           
Soit force, honneur et majesté
                           
Pour le triomphe remporté
                           
Sur la croix.
                                    
Hymnes et Cantiques n° 43 st. 3.

 

Ph. Fuzier – janvier 2026