bible-notes.org

Gethsémané, Gabbatha, Golgotha (2)


Gabattha – La condamnation à mort

                        La nuit du jeudi - Comparution devant Anne et Caïphe, souverains sacrificateurs

            La longue et terrible nuit se poursuit pour Jésus. À peine les soldats se sont-ils emparés de Lui, qu’ils Le conduisent dans la maison du souverain sacrificateur, Anne (Jean 18 : 13), puis à Caïphe, souverain sacrificateur lui aussi - quel désordre et quelle déchéance dans la religion des Juifs ! Là se trouvaient assemblés les scribes et les anciens du peuple. Ces hommes tiennent conseil contre Jésus, dans le but non dissimulé de Le faire mourir. Interrogé, Jésus répond avec calme et sagesse, mais l’un des huissiers se permet de le gifler sans motif (v. 19-24 ; voir Mich. 4 : 14b).
         Afin de Le condamner à mort, on cherche des témoignages contre Lui. Mais il n’y en a pas, même pas de faux témoignages ! Jusqu’au moment où deux faux témoins viennent tordre les paroles du Seigneur Jésus (Matt. 26 : 60-61 ; Marc 14 : 56-59 ; voir Jean 2 : 19-21). Lui-même ne dit rien devant ces mensonges. Il ne répond que lorsque la parole d’adjuration Lui est adressée par le souverain sacrificateur : « Toi, tu es le Christ, le Fils du Béni ? ». Jésus répond alors : « Je le suis » (Marc 14 : 61-62 ; voir Lév. 5 : 1). Il est alors immédiatement condamné à mort pour ce témoignage à la vérité de ce qu’Il était ! Et aussitôt, la méchanceté et la haine des hommes se manifestent : on crache contre Lui, on Le frappe, on L’insulte (Marc 14 : 65 ; Luc 22 : 63-65 ; voir Job 30 : 10).

                        Le matin du vendredi - Comparution devant le gouverneur romain, Ponce Pilate

            C’est maintenant le matin du vendredi, le jour de la Pâque des Juifs. Christ est conduit dans le sanhédrin (le tribunal religieux des Juifs). Interrogé à nouveau, Il confirme devant l’ensemble des anciens du peuple, les principaux sacrificateurs et les scribes, ce qu’Il avait déjà affirmé devant le souverain sacrificateur pendant la nuit (voir Marc 14 : 61-62). Il témoigne de qui Il est : « Toi, tu es donc le Fils de Dieu ? Il leur dit : ?Vous dites vous-mêmes que je le suis » - ou : « que moi, je suis », voir Ex. 3 : 14 ; Jean 8 : 58 ; 18 : 5 - (Luc 22 : 70). Mais, décidés à faire mourir Jésus, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple refusent ce témoignage à la vérité que Jésus rendait Le concernant (voir Jean 8 : 14, 18). Ils conduisent Jésus, lié, vers les autorités civiles, chez le gouverneur romain, Ponce Pilate. Jésus est amené au prétoire, qui est à la fois la résidence et le siège du tribunal du gouverneur. C’était nécessaire s’ils voulaient que Jésus soit mis à mort, car les Juifs n’étaient pas autorisés à faire mourir quiconque (voir Jean 18 : 31).
            Jésus reste muet devant cet homme, malgré les accusations dont Il est l’objet et les faux témoignages portés contre Lui. Pilate s’en étonne (Marc 15 : 5), car « au lieu des bruyantes vociférations d’innocence auxquelles ses fonctions l’avaient rendu familier, devant lui se tenait un homme - menacé d’une terrible mort -, cependant calme et silencieux ; un homme dont la seule présence parlait avec une éloquence convaincante alors que ses lèvres ne prononçaient aucun mot ! Jamais une bouche fermée n’a exprimé de telles profondeurs de vérités ! » (F.C. Jennings).
            Il ne répond que pour rendre témoignage à la vérité et confirmer qu’Il est bien roi : « Es-tu le roi des Juifs ? » ; Jésus répond : « Tu le dis » (Matt. 27 : 11 ; Marc 15 : 2 ; Luc 23 : 3 ; Jean 18 : 33-37).

                        Comparution devant Hérode

           Pilate comprend bien que Jésus est innocent de toutes les fausses accusations dont Il est l’objet et il cherche à Le relâcher car, dit-il, « je ne trouve aucun crime en lui » (Luc 23 : 4). Ne sachant que faire de cet accusé qui l’embarrasse, il L’envoie à Hérode. Devant le roi, de véhémentes accusations sont portées contre Jésus (Luc 23 : 10). Hérode l’interroge, mais Il reste muet. Après un long interrogatoire, Hérode, pas plus que Pilate, ne peut trouver de crime en Jésus (Luc 23 : 15). Mais, plein de mépris et de moqueries, il fait revêtir Jésus d’un vêtement éclatant et Le renvoie au gouverneur.

                        Deuxième comparution devant Pilate

          Pilate assemble les principaux sacrificateurs et les chefs du peuple. Il témoigne à nouveau devant eux de l’innocence de Jésus (Luc 23 : 14, 15, 22 - un triple témoignage). Malgré cela, ces hommes méchants, ne pouvant porter de véritables accusations contre Jésus, se contentent de répondre à Pilate : « Si cet homme n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré » (Jean 18 : 30). Le gouverneur est inquiet car sa femme a fait un rêve lui disant de ne rien avoir à faire avec « ce juste » (Matt. 27 : 19). Perturbé, il pense cependant avoir trouvé un moyen de libérer Jésus : la coutume voulait qu’à l’occasion de la fête de Pâque, le gouverneur relâche un prisonnier choisi par la foule. Or il y avait là un criminel et meurtrier (Barabbas, ce qui signifie : fils du père !). Pilate pense que la foule ne souhaitera pas qu’il soit libéré. Mais, poussée par les principaux sacrificateurs (Marc 15 : 11), la foule hurle à nouveau, plus fort que jamais : « Qu’il soit crucifié ! » (Matt. 27 : 23-26).
           Pilate fait alors fouetter Celui qu’il avait lui-même proclamé innocent à plusieurs reprises (voir Ps. 129 : 3) ! Puis les soldats amènent à nouveau Jésus au prétoire. Ils assemblent contre Lui – seul et sans défense – toute une cohorte de soldats (500 à 600 hommes). Par mépris et moquerie, ils Le « déguisent » en roi, Lui qui est réellement le roi des Juifs, rejeté par son peuple. Ils revêtent Jésus d’un manteau d’écarlate (Matt. 27 : 28) – couleur qui évoque son abaissement (voir Ps. 22 : 7, où le mot « ver » - en hébreu : « tôla » - est le même que « écarlate » ; voir encore Ex. 25 : 4, par exemple). Cette couleur évoque aussi la gloire du Seigneur (Nah. 2 : 4). Marc et Jean nous parlent d’un manteau de pourpre – la couleur royale (Marc 15 : 17, 20 ; Jean 19 : 2, 5 ; voir Jug. 8 : 26). Ils mettent sur sa tête une couronne d’épines (le fruit d’un sol maudit), et un roseau à sa main en guise de sceptre, puis ils se moquent de Lui en le saluant comme le roi des Juifs. Ils crachent encore contre Lui, le frappent avec le roseau (Marc 15 : 17-19 ; Jean 19 : 2-3). Il dit, par la voix du prophète : « J’ai donné mon dos à ceux qui frappaient, et mes joues à ceux qui arrachaient le poil ; je n’ai pas caché ma face à l’opprobre et aux crachats » ; mais Il ajoute, en pleine soumission et confiance en son Dieu : « Mais le Seigneur, l’Éternel, m’aidera » (És. 50 : 6-9).

                        Condamnation à mort de Jésus

          Pilate fait sortir Jésus, « portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre », et Le présente à nouveau au peuple : « Voici l’homme ! » (Jean 19 : 4-5). Aussitôt des cris de haine s’élèvent : « Crucifie, crucifie-le ! » (v. 6). Les Juifs disent à Pilate : « Il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu » (v. 7). Pilate prend peur en entendant cette accusation. Il rentre dans le prétoire pour interroger une fois de plus Jésus, qui ne lui répond pas. Mais les Juifs usent d’un autre argument pour convaincre le gouverneur romain : s’il relâche le roi, il se mettra en mauvaise odeur auprès de l’empereur, César, et cela pourrait avoir de dangereuses conséquences pour ses intérêts politiques et pour lui-même (voir Jean 19 : 12). Alors Pilate prend sa décision en fonction de ses intérêts propres. Il amène Jésus dehors et s’assied sur l’estrade du tribunal, « dans le lieu appelé le Pavé et en hébreu Gabbatha » (v. 13). Il présente une dernière fois aux Juifs Celui qui est leur roi, mais ils Le rejettent définitivement, avec insistance : « À mort, à mort ! crucifie-le ! » (v. 15). Les trois autres évangélistes ont noté également ce cri terrible lancé par un peuple qui refuse et rejette son Messie, et qui en portera les conséquences qu’il a pensé pouvoir assumer : « Qu’il soit crucifié ! » (Matt. 27 : 25) ; « Crucifie-le ! » (Marc 15 : 13-14) ; « Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas » (Luc 23 : 18-23).
            Trois jours plus tard, les disciples qui s’en retournaient de Jérusalem à Emmaüs diront au Seigneur (sans savoir que c’est Lui), avec une profonde tristesse : « Jésus le Nazaréen… les principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié » (Luc 24 : 19-20). Dans l’un de ses discours devant les Juifs, Pierre leur dira : « Jésus le Nazaréen… vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques » (Act. 2 : 23) ; et un peu plus tard : « Vous, vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier ; vous avez mis à mort le Prince de la vie » (Act. 3 : 14) ; Étienne ajoutera : le « Juste, lui que maintenant vous avez livré et mis à mort » (Act. 7 : 52b) ; et Jacques confirmera : « Vous avez condamné, vous avez mis à mort le juste » (Jac. 5 : 6).
            Le sort de Jésus est scellé par les hommes : « Alors il le leur livra pour être crucifié ; ils prirent donc Jésus et l’emmenèrent » (Jean 19 : 16). Les soldats revêtent Jésus de ses propres vêtements, Le chargent de sa croix et L’emmènent au lieu du supplice (Matt. 27 : 31 ; Marc 15 : 20). Dieu laisse faire... Son Christ est « livré selon le dessein arrêté et la préconnaissance de Dieu » (Act. 2 : 23). Il fallait, il était nécessaire, que le Fils de l’homme souffre beaucoup avant d’entrer dans sa gloire (Luc 24 : 26). L’Esprit Saint, par le moyen des prophètes, avait rendu témoignage par avance « des souffrances qui devaient être la part de Christ », mais aussi « des gloires qui suivraient » (1 Pi. 1 : 11). Le Seigneur Jésus l’avait annoncé à ses disciples à plusieurs reprises :
                  - « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il soit mis à mort et qu’il soit ressuscité le troisième jour » (Luc 9 : 22 – ici, ce sont les chefs du peuple) ;
             - « Il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération » (17 : 25, ici il s’agit de la nation Juive) ;
               - « Il sera livré aux nations, on se moquera de lui, et on l’injuriera, et on crachera sur lui ; après qu’ils l’auront fouetté, ils le mettront à mort ; et le troisième jour il ressuscitera. » (18 : 32-33 – les nations sont les non-Juifs, les Romains).

        C’est par des souffrances que l’auteur (ou : le chef) de notre salut devait être rendu « accompli » et qu’ainsi de nombreux fils soient amenés à la gloire (Héb. 2 : 10). C’est pourquoi, « il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance » (És. 53 : 10). Les souffrances indicibles de Christ à la croix dans les heures de l’’abandon étaient le moyen par lequel Dieu accomplissait son conseil de grâce de Dieu – c’est par cette grâce infinie que Jésus a « goûté la mort pour tout » (Héb. 2 : 9b).

            Que toute gloire et toute reconnaissance soient rendues à notre Dieu et Père et à notre Seigneur Jésus Christ, pour ce grand salut obtenu par les souffrances et la mort de la croix, par lesquelles nous avons le salut et la vie éternelle !


Ph. Fuzier – janvier 2026

À suivre (dimanche prochain)