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Pour mieux comprendre la foi chrétienne (22)

Paternité et filiation


Avant la connaissance de Dieu comme Père
Le nom du Père, révélation de Dieu en Christ
QUESTIONS
 

            Quand le péché est entré dans le monde, l’humanité a perdu la vraie connaissance de Dieu. L’homme, une fois déchu, n’a pu, par un effort de la volonté ou de l’intelligence, retrouver ce qu’il y a de plus élevé et de meilleur de toute la connaissance. « Peux-tu, en sondant, découvrir ce qui est en Dieu, ou découvriras-tu parfaitement le Tout-puissant ? » (Job 11 : 7), demandait Tsophar, tandis que Job admettait son incapacité, disant : « Voici, il passe près de moi, et je ne le vois pas ; et il passe à côté de moi, et je ne l’aperçois pas » (9 : 11).
            Puisque nous ne pouvons pas découvrir Dieu, il est nécessaire qu’Il se fasse connaître à nous. La révélation devient une nécessité. Christ nous a fait conntre Dieu comme Père et par cette révélation le point central de la connaissance de Dieu a été atteint.


Avant la connaissance de Dieu comme Père

                        L’état du monde païen
            
Lorsque le péché est entré dans le monde, l’humanité n’a évidemment pas perdu immédiatement la connaissance de Dieu. Romains 1 : 18-32 nous le dit. L’apôtre Paul fait un sinistre tableau de l’état du monde païen :
                 1. Tous, même les peuples païens les plus dégradés, ont eu, par le passé, la connaissance de Dieu. Il est dit : « … ayant connu Dieu » (v. 21).
                 2. « Ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas non plus rendu grâces, mais ils se sont égarés dans leurs raisonnements, et leur cœur privé d’intelligence a été rempli de ténèbres ». Ainsi, ils « ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance d’une image d’homme corruptible, d’oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles ! » (v. 23).
                 3. Tout ce processus a eu lieu parce qu’ils « n’ont pas jugé bon de garder la connaissance de Dieu » (v.28). Ils avaient hâte de l’oublier.
            Cela prouve que l’homme a abandonné Dieu de façon délibérée. Il s’est alors dégradé, et a commis des péchés répugnants.
            Au moment même où cet aveuglement a atteint un autre sommet, à la tour de Babel, Dieu a commencé à se révéler.

                        Après l’appel d’Abram
            
Nous n’oublions pas, naturellement, que certains hommes avaient conservé une partie de sa connaissance, avant comme après le déluge. L’appel d’Abram correspond à l’époque où la révélation a commencé. Au début, le Dieu de gloire lui est apparu (Act. 7 : 1), et plus tard, à 99 ans, le Seigneur lui a dit : « Je suis le Dieu Tout-puissant ; marche devant ma face, et sois parfait » (Gen. 17 : 1).
            La toute-puissance de Dieu s’est manifestée à la naissance d’Isaac, une naissance humainement impossible. Quand Sara, incrédule, a ri à l’annonce de la naissance d’Isaac, l’Éternel a dit : « Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour l’Éternel ? » (Gen. 18 : 14). Un enfant vivant peut-il naître de parents qui ne sont plus capables de procréer ? C’est ici qu’a eu lieu l’épreuve suprême. La vie peut-elle venir de la mort ? Oui, et cela s’est produit : Isaac est né. Dieu est le Tout-puissant.
            
400 ans plus tard, Dieu a appelé la nation née d’Isaac à quitter l’Égypte. En le faisant, il s’est révélé un peu plus.
            Dieu a dit à Moïse : « Je suis apparu à Abraham, à Isaac, et à Jacob, comme le Dieu Tout-puissant ; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel (Yahvéh) » (Ex. 6 : 3). Notez les mots exacts ici. Il n’a pas dit : « Ils ne m’ont pas connu sous le nom de Yahvéh ». Abraham a connu le nom de Yahvéh, car dans la Genèse nous voyons qu’il l’utilise. Cependant, il n’a pas connu Dieu par ce nom : la vraie signification et l’origine du nom Yahvéh ne lui ont pas été données, puisque les circonstances qui ont exigé une telle révélation n’avaient pas encore eu lieu. Mais maintenant le moment était venu pour qu’il soit dévoilé, et le Tout-puissant s’est appelé «Je suis » en relation avec Israël, Celui qui est et ne change pas, toujours vrai et fidèle à sa parole. Cela a été abondamment vérifié dans l’histoire d’Israël. À la fin de l’Ancien Testament Dieu a dit : « Car moi l’Éternel [c’est-à-dire Yahvéh], je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés » (Mal. 3 : 6).

                        La venue du Seigneur Jésus, pleine révélation de Dieu
            
La pleine révélation de Dieu, cependant, a attendu la venue du Seigneur Jésus. Tout au plus, un grand homme comme Moïse pouvait voir Yahvéh « par derrière » (Ex. 33 : 23). Un certain nombre d’attributs divins ont été soulignés tels que sa miséricorde et sa grande patience. Sa pleine révélation était seulement possible dans le Fils unique, « Dieu manifesté en chair » (1 Tim. 3 : 16). Aucun homme n’a vu Dieu ; « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1 : 18).
            À Moïse il a été dit : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre » (Ex. 33 : 20). Pourtant le chrétien peut dire : « Dieu… a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4 : 6). La gloire éternelle de Dieu est encore plus impossible à regarder que le soleil dans la splendeur de midi, mais le croyant, aujourdhui, peut contempler Dieu dans tout ce que Jésus a révélé. Aucun rayon n’est absent, pourtant ils brillent tous d’un éclat et d’une douceur particulière qui les rend accessibles à des créatures telles que nous. La rédemption, naturellement, était nécessaire pour que nous puissions oser nous tenir devant une telle révélation. Mais celui qui était le Révélateur était également le Rédempteur.


Le nom du Père, révélation de Dieu en Christ

                        Un nom impliquant une relation
            
Le grand nom qui caractérise la révélation de Dieu en Christ et par Christ est le nom de Père. En approchant du jardin de Gethsémané, le Seigneur Jésus a levé les yeux au ciel et a exprimé la prière merveilleuse de Jean 17. « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du monde » (v. 6). Nous faisons bien de nous enquérir avec révérence de ce que signifie le nom de Père.
            La connaissance du Dieu Tout-puissant ou celle de Jéhovah n’impliquait pas une relation. Parfois des incroyants utilisent « Dieu Tout-puissant » en parlant de lui et évitent instinctivement « Père », car la relation qu’il sous-tend n’existe pas pour eux.
            De plus, le nom Père désigne la relation la plus étroite qui soit. Les termes corrélatifs à Père sont « enfant » et « fils ». Les deux sont employés dans le Nouveau Testament pour désigner les chrétiens. La proximité de notre relation est encore soulignée par le fait qu’elle est vraie et vitale. Nous sommes des enfants de Dieu puisque nous sommes nés de Dieu (Jean 1 : 12-13 ; 1 Jean 3 : 9-10).

                        Connaître Dieu comme « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ »
            
Mais le point culminant de la révélation de Dieu comme Père se situe dans le fait que le Seigneur Jésus Christ est Fils avant - tout comme après - l’incarnation. Il a toujours été Fils dans l’unité de la divinité, mais ici, il est question de la place qu’Il a prise comme homme (voir Luc 1 : 35 ; Gal. 4 : 4). Par conséquent, depuis sa venue, il est possible de voir Dieu comme Père en relation avec tout ce qu’Il est Lui-même comme Fils, et désormais nous connaissons Dieu comme « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Éph. 1 : 3).
            Beaucoup de choses dépendent de cela, et nous invitons le lecteur à le considérer avec prière pour se l’approprier. Nous avons tendance à relier la paternité de Dieu à nous-mêmes ; il en résulte que nous l’abaissons jusqu’à penser qu’Il est simplement Celui qui a, pour nous, un soin paternel : la nourriture, le vêtement et les besoins de cette vie. Toutes ces choses sont en effet à nous de la part de notre Père, mais les pensées du Père et l’amour du Père vont infiniment au-delà.
            En reliant la paternité de Dieu à Christ, le Fils – digne objet de son amour, qui y répond parfaitement – on a immédiatement et complètement la clef du sujet.
            Nous sommes en effet des fils de Dieu et « l’Esprit de son Fils », dans nos cœurs crie « Abba, Père ! » ; notre filiation est le fruit de la rédemption accomplie par le Fils de Dieu (voir Gal. 4 : 4-6). C’est seulement ainsi que le Seigneur a pu laisser ce message merveilleux : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20 : 17).
            Le mot fils exprime très bien la proximité absolue et la dignité de la place bénie qu’occupent les saints aujourd’hui. En Galates 3 : 21 à 4 : 7, l’apôtre dit que la venue de Christ a inauguré une nouvelle époque. Avant sa venue, la Loi, avec une révélation partielle de Dieu, tenait l’homme sous sa domination, et les croyants étaient alors sous un maître, comme le seraient des enfants mineurs dans une famille. Après sa venue, et par conséquent après que la rédemption eut été accomplie, nous sommes comme des adultes émancipés, libérés du régime de la petite enfance et dans la pleine liberté d’un fils dans la maison de son Père. « De sorte », dit l’apôtre, « que tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par Dieu » (Gal. 4 : 7).
            Notre place devant Dieu correspond exactement à la révélation qu’Il nous a faite de lui-même. Mais l’expression de la révélation, le niveau et la qualité de notre place se trouvent en Christ.


QUESTIONS

                        1 - Que pensez-vous de lenseignement populaire sur « la paterni universelle de Dieu » ?
            
Les Écritures révèlent clairement que Dieu est le Créateur de l’univers. Si on donnait ce sens à l’expression « paternité de Dieu », il y aurait exceptionnellement quelque chose de juste dans cet enseignement. Mais ce n’est pas le cas, car cette théorie dit que Christ, en prenant l’humanité, aurait élevé l’humanité à une telle relation avec Dieu, ou qu’Il aurait mis en évidence la relation qui existe entre Dieu et l’humanité. De toute façon, cette doctrine ne précise pas que Christ est le second homme ni qu’Il est le dernier Adam (le chef d’une nouvelle famille), ni non plus que seuls ceux qui appartiennent à cette famille sont en relation avec Dieu. Cette doctrine ne contient donc rien de bon.
            Dieu est le « Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Éph. 1 : 3) et par conséquent le Père de ceux qui sont en Christ.
            Jean1 : 12 nous dit aussi qu’à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le droit d’être enfants de Dieu. Ceux qui l’ont reçu sont ceux qui « croient en son nom » et « sont nés de Dieu ».
            Les Juifs ont aussi réclamé un genre « de paternité universelle de Dieu » disant au Seigneur : « nous avons un père, Dieu » (Jean 8 : 41). Sa réponse a été : « Si – il y a donc une condition – Dieu était votre père, vous m’aimeriez… » (v. 42). Il est même allé jusqu’à leur dire : « Vous, vous avez pour père le diable… Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge » (v. 44), dévoilant ainsi leur véritable origine et la doctrine qu’ils représentaient.
            Ce langage clair leur a fermé la bouche ! L’idée d’une « paternité » universelle de Dieu est, en fait, un mensonge inventé par Satan.

                        2 - Que dire de la fraternité universelle des hommes ?
            
Cette idée est un corollaire de celle que nous venons de voir. Elle a également une certaine proportion de vérité par rapport à la création, puisque Dieu « a fait d’un seul sang tous les peuples de l’humanité » (Act. 17 : 26). Elle n’est vraie dans aucun autre sens. Les Écritures tracent la ligne la plus claire qu’on puisse imaginer entre le croyant et l’homme du monde. Dans sa première épître, l’apôtre Jean a beaucoup à dire au chrétien quant à son frère. De quel frère s’agit-il ? De tout autre enfant d’Adam ? Non, mais de tout autre enfant de Dieu, né de Dieu. Jean, en effet, utilise le style clair et tranchant de son grand Maître et parle « des enfants du diable » en contraste avec « les enfants de Dieu » (1 Jean 3 : 10).
            Une « cousinerie » universelle, au degré très lointain, existe parmi les hommes. Une véritable fraternité chrétienne existe seulement parmi les chrétiens car ils sont nés de Dieu et ont le même Père.

                        3 – On dit parfois que nous sommes des enfants d’adoption de Dieu. Est-ce correct ?
            
C’est incorrect. Les croyants sont nés de Dieu et ainsi il y a entre eux et Dieu une relation vitale.
            Le croyant est non seulement un enfant de Dieu puisqu’il est né de Dieu, mais il est également un fils. Cela indique la position et la dignité qui lui sont données. Nous lisons : « Attendant l’adoption [littéralement filiation], la délivrance (c’est-à dire la rédemption) de notre corps » (Rom. 8 : 23). Notre pleine entrée dans la dignité de cette position glorieuse est encore future et aura lieu quand nos corps seront rachetés, à la venue du Seigneur.
            Dans ses écrits, Jean parle toujours de nous comme enfants de Dieu et non comme fils et il fait très souvent référence au fait que nous sommes nés de Dieu, tandis que dans les Galates, nous sommes toujours vus comme des fils. Cela s’explique : Jean nous présente le Seigneur comme le Fils de Dieu et veut éviter que nous soyons confondus avec Lui.

                        4 - Dieu nétait pas entièrement révélé jusquà la venue de Christ : est-ce que cela nimplique pas une certaine infériori des croyants de lAncien Testament ?
            
Dans un sens, oui. Galates 3 : 21 à 4 : 7 donne le contraste qu’il y a entre la position du croyant de l’Ancien Testament et celle du croyant du Nouveau Testament :
                 - le premier est vu comme un enfant en bas âge, réduit au silence et sans vraie liberté ni accès au Père, mais gardé sous la Loi comme par un maître ; cette condition a persisté « jusqu’à Christ », c’est-à-dire, jusqu’à ce que Christ soit venu accomplir la rédemption ;
                 - le dernier est vu comme un fils d’âge mûr, libre dans la maison du Père.
            Cependant, cela n’implique aucune infériorité des saints de l’Ancien Testament quant à leur degré spirituel. Le fait que la connaissance de Dieu, en leur temps, était faible fait éclater la force de leur foi en ce qu’ils savaient. Ils ont eu une grande foi en une révélation partielle ; nous, nous avons souvent peu de foi tout en ayant une pleine révélation.

                        5 - Est-ce que la révélation de Dieu en Christ est quelque chose qui a eu lieu une fois pour toutes ?
            
Effectivement. La révélation est complète et absolue. Le Seigneur Jésus pouvait dire : « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14 : 9). Il est « l’image du Dieu invisible » (Col. 1 : 15). Dieu a parlé autrefois par les prophètes, mais maintenant il nous a parlé, non par ou à travers quelqu’un, mais « dans son Fils (ou en Fils) » (Héb. 1 : 2). Lui-même nous a parlé, sans intermédiaire, sous ce caractère de Fils, parce qu’Il était et qu’Il est Dieu aussi bien que le Père. Par conséquent, il n’y a rien d’autre à révéler. Dieu est pleinement révélé et le but recherché est atteint.
            Le Seigneur a promis lui-même qu’à la suite de son propre ministère, quand l’Esprit Saint serait venu, il y aurait un déploiement de la pensée et du but de Dieu (voir Jean 16 : 12-15). Les apôtres ont accompli ce ministère qui nous est conservé dans les épîtres.
            Cela ne signifie pas que le Seigneur lui-même a immédiatement tout révélé quant au Père. La manière dont Il a parlé du Père à ses disciples juste avant de les laisser - comme on le lit en Jean 13 à 16, et dans sa prière de Jean 17 - va manifestement plus loin que ce qu’Il a dit dans le sermon sur la montagne (Matt. 5 à 7) par exemple. Dans ce sermon, Il faisait connaître l’intérêt affectueux du Père pour son peuple sur la terre. En Jean, le Père nous est présenté dans son amour et ses buts ainsi que la communion avec le Père. Dans le sermon sur la montagne, le Père se penche sur notre humble petite maison sur terre. Dans le sermon de la chambre haute, nous sommes élevés jusqu’au palais du Père.


F. B. Hole - « Pour mieux comprendre la foi chrétienne » (vol. 2)

À suivre (17-12-23) : « Position actuelle du croyant sur la terre et service actuel de Christ dans le ciel »