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LE PREMIER LIVRE DES CHRONIQUES (11-16)

 

 

1 CHRONIQUES 11 et 12 - Onction de David et rassemblement à ses côtés

            Le règne de David est celui du roi selon le cœur de Dieu (1 Sam. 13 : 14). David est un type de Christ, le « fils de David » (Matt. 1 : 1) dont Dieu veut parler en figure. Il est alors introduit dans la puissance de la grâce et maintenu en relation avec Dieu par sa soumission à la parole de l’Éternel. Dieu va le « porter », « l’élever », pour mettre en évidence certains caractères de Christ, futur Roi. On ne peut comprendre le message divin, dans ce premier livre des Chroniques, qu’à travers le puissant soutien de Dieu en faveur de David.
            Le règne de David est caractérisé par le rassemblement du peuple, la soumission à son autorité, l’ordre, la discipline, la joie, l’amour, la communion dans la louange. Le roi y est vu avec certains caractères qui annoncent ceux que Christ portera en perfection dans son règne.
            Le chapitre 11 présente l’établissement de la royauté selon les pensées de Dieu. La longue guerre entre David et Saül est passée sous silence. Sans préambule, ce qui était du domaine de la chair, du péché et de la mort, fait place à la vie et à la manifestation de la grâce de Dieu. C’est Lui qui travaille dans les cœurs et rassemble.

                        David établi roi à Jérusalem (11 : 1-9)

            Les versets 1 à 3 reprennent les trois premiers versets de 2 Samuel 5 avec des précisions supplémentaires :
                   – L’Éternel est le Dieu de David (v. 2) ;
                   – La répétition de l’expression « mon peuple Israël » (v. 2) souligne le plaisir de Dieu à placer David à la tête du peuple ;
                   – David est oint « selon la parole de l’Éternel par Samuel » (v. 3). Son onction est rattachée aux desseins de Dieu.
            L’expression de la fin du verset 1 : « Nous sommes ton os et ta chair » rappelle la formation de la femme (Gen. 2 : 23) et le partage qui, dans la pensée de Dieu, doit être celui de l’homme et de la femme. Cette expression évoque des liens étroits et intimes et une communion d’intérêts et de pensées entre Christ et les siens, comme l’apôtre Paul le révèle aux Éphésiens (Éph. 5 : 30).
            Dans ce premier verset, les relations de David avec son peuple sont selon la pensée de Dieu, mais ne présentent qu’une faible image de celles de Christ avec son assemblée. L’évocation des liens qui unissent ceux qui composent le peuple de Dieu est, malgré tout, particulièrement forte. Les chrétiens attentifs à la parole de Dieu trouveront, dans les trois premiers versets, un sujet de méditation pour comprendre leur position, en Christ, et entrer dans leurs devoirs vis-à-vis de leur Seigneur. Ils sont unis à Christ, la tête de l’Assemblée. David est roi, à la tête du peuple, et chaque Israélite est uni à lui pour la manifestation de l’unité d’Israël.
            Les versets 4 à 9 présentent également des différences avec le récit du deuxième livre de Samuel ; en particulier, la méchanceté de Joab (2 Sam. 3 : 22-27) n’est pas mentionnée ici. Il est présenté comme chef victorieux et comme bâtisseur. L’effet, sur David, du comportement de Joab (2 Sam. 3 : 39) est également passé sous silence. Il paraît ici comme un instrument préparé par Dieu pour établir David à Jérusalem. Dans sa grâce, Dieu aide les siens en utilisant les hommes qui les entourent. Quelles que soient les époques et les circonstances, les hommes de foi peuvent en faire l’expérience.
            Il faut noter la détermination et la victoire de David (v. 5). Ce dont il prend possession porte alors son nom. C’est « la ville de David ». Les chrétiens, dans un temps futur, sont également vus comme une cité (Apoc. 21 : 9-10) unie à Christ. Enfin, comme David habite dans la forteresse, au centre de Jérusalem, Christ se tient au milieu des siens. Il en sera ainsi dans la gloire future. Ce sera la pleine réalité de ce qui est exprimé ailleurs (Ex. 25 : 8 ; 29 : 45 ; 2 Cor. 6 : 16).

                        Vaillants hommes de David (11 : 10-47)

            Les hommes cités dans ce chapitre sont plus nombreux que ceux cités en 2 Samuel 23. Nous y trouvons Urie, le Héthien (v. 41), mais la faute de David le concernant est volontairement omise. Dieu met en œuvre tout ce qui est nécessaire à l’établissement du roi selon son cœur. Il aide David, l’instruit avec amour dans ses circonstances mêmes, ne relève pas toutes ses fautes, met en évidence ce que sa grâce produit. Que dans la période actuelle, chaque chrétien, objet de la grâce divine, puisse imiter ces traits divins pour être un fidèle témoin.
            Ce chapitre souligne quelques caractères d’hommes ayant servi les plans de Dieu :
                   – L’énergie victorieuse (v. 11, 20, 22) ;
                   – La dépendance victorieuse dans le souci de nourrir le peuple de Dieu (v. 13-14) ;
                   – L’amour pour l’oint de l’Éternel (v. 17-18).
            Des chefs des hommes forts se sont fortifiés avec David et Israël pour faire David roi « selon la parole de l’Éternel touchant Israël » (v. 10). C’est le dévouement de cœur au roi et au peuple de Dieu.
            Les versets 13 et 14 contiennent une instruction importante. Éléazar agit pour le bien du peuple de Dieu en préservant la nourriture dont celui-ci a besoin. Dans son combat, il voit le bien du peuple de Dieu, et non les ennemis. On doit combattre pour le bien de l’Assemblée avant de combattre contre les ennemis.
            Les versets 15 à 18 mettent en évidence l’attachement profond au roi alors qu’il est pourchassé par Saül. Trois de ses hommes forts comprennent sa douloureuse nostalgie et s’associent à lui face à un ennemi prêt au combat (v. 15). Leur comportement est un exemple du dévouement à la personne du roi. Il incite chaque chrétien à rechercher ce qui plaît à Christ pour le lui offrir. L’apôtre Paul dit : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1 : 21) et manifeste dans sa vie un tel dévouement.
            Ces versets évoquent aussi Christ. Le roi exprime un désir : « boire de l’eau du puits de Bethléem, qui est près de la porte ». Bethléem est la ville où est né David (1 Sam. 16 : 1 ; 17 : 12), mais c’est aussi la ville de naissance de Christ, le roi « qui doit dominer en Israël » (Mich. 5 : 2), « le bon berger » (Jean 10 : 11). David, qui a été berger, parle aussi des brebis (1 Chr. 21 : 17). L’expression répétée « près de la porte » (v. 17-18) annonce Christ, « la porte des brebis » (Jean 10 : 7).
            Cette scène nous conduit donc vers des pensées dont la source et l’accomplissement sont seulement en Christ. La libation du verset 18 exprime ainsi une grande sensibilité spirituelle et met en évidence une consécration à Dieu qui annonce ce que Jésus manifestera avant de régner. La piété et la crainte de Dieu donnent une intelligence pratique pour comprendre ce qui plaît à Dieu et ce qu’il approuve.
            Benaïa (v. 22-25), fils d’un homme vaillant, donne l’exemple d’une foi stimulée par la consécration de son père. Il défait, même dans un temps difficile, des héros ennemis susceptibles de porter atteinte à David. Aussi acquiert-il l’accès aux audiences privées du roi. Aujourd’hui, penser au bien des enfants de Dieu en s’opposant à ce qui, dans leur préjudice, porte atteinte à Christ (voir Act. 9 : 2, 5-6), produit une communion plus intime avec le Seigneur Jésus. Cependant, notre combat n’est plus « contre le sang et la chair » (Éph. 6 : 12).
            Plus grand que David et ses hommes forts, plus grand que l’apôtre Paul, Christ donne l’exemple parfait (Éph. 5 : 1-2) du don de soi-même pour le bien des autres. Des passages du Nouveau Testament nous aident à réaliser ce qui ne monte pas naturellement dans nos cœurs (1 Cor. 4 : 5 ; Gal. 5 : 13 ; 1 Thes 5 : 15) ; ce chapitre 11 nous en donne une illustration.
            Avec confiance et pour notre lutte actuelle (Éph. 6 : 12), imitons la foi de tels hommes. Au-dessus de leur exemple humain, ne manquons jamais de regarder à Jésus, « le chef de la foi et celui qui l’accomplit pleinement » (Héb. 12 : 2), c’est-à-dire l’exemple, par excellence, de l’homme de foi.

                        Guerriers attachés à David avant son avènement (12 : 1-22)

            Le chapitre 12 présente les différentes étapes de la reconnaissance, par Israël, de David comme roi. Le fils d’Isaï voit l’Éternel rassembler des hommes d’Israël autour de lui pour lui donner du secours dans la guerre (v. 18).
            Ceux qui viennent ont des dons divers appropriés aux besoins. Seul, Dieu sait ce qui est utile. Il le donne à travers des hommes ou des circonstances. Aujourd’hui, le Seigneur place dans l’Assemblée des serviteurs et donne à chacun les ressources nécessaires au combat (Éph. 6 : 12).
            Saül règne encore, mais des hommes viennent vers David. Ils ont reçu dans leur cœur la parole de l’Éternel.
                   – Les fils de Benjamin (v. 1-7). Ils viennent à Tsiklag, ville de la campagne des Philistins tombée ensuite aux mains d’Amalek (voir 1 Sam. 30). Il fallait une vraie confiance en l’Éternel pour venir vers un homme méprisé ; la foi seule pouvait discerner en lui le roi d’Israël. De plus, ces hommes étaient de la tribu de Benjamin, d’entre les frères de Saül (v. 2), et auraient pu trouver bien des motifs pour ne pas prendre position, bien que Dieu ait montré clairement sa volonté de mettre David sur le trône. Mais leur cœur s’attache au roi désigné et méprisé. Cela nous interpelle. Christ a été rejeté durant son passage sur la terre, jusqu’à être crucifié. Il est actuellement dans les cieux, attendant son règne de paix, « car il faut qu’il règne » (1 Cor. 15 : 25). En plus du déploiement de son amour à la croix, son règne prochain donne un motif pour nous attacher à Lui en le suivant et en l’honorant.
                   – Les fils de Gad (v. 8-15). Ces Gadites viennent se joindre à David dans le lieu fort, au désert. L’aridité ne les fait pas reculer. Au chapitre 5, ils étaient soucieux de leur généalogie ; ici, ils viennent, malgré les apparences, vers le roi choisi par l’Éternel. Le Jourdain, qui « regorge par-dessus tous ses bords » (v. 15), ne constitue pas pour eux un obstacle. Le peuple l’avait traversé à sec sous la conduite de Josué (Jos. 3 : 17) et le souvenir du déploiement de la puissance de Dieu en faveur des siens pouvait encourager ces hommes dans la marche par la foi. En allant vers David, ils entraient dans les voies de Dieu. Un tel chemin permet de compter sur le secours divin.
            Apprenons aussi à regarder à Dieu au-dessus des circonstances et à écouter la voix du Seigneur pour Le suivre.
                   – Les fils de Benjamin et de Juda (v. 16-18). Ils viennent dans le « lieu fort », c’est-à-dire dans la caverne d’Adullam, où David s’est sauvé (1 Sam. 22 : 1, 5). Leur cœur est attaché au fils d’Isaï dans le souvenir du choix de l’Éternel (v. 18 ; 1 Sam. 16 : 11-13). Ils s’associent également au roi rejeté. Ils savent que Dieu est avec lui et l’expriment, dans la puissance de l’Esprit de Dieu, par la voix d’Amasçaï (v. 18). Ils sont à David, donc avec lui, pour sa paix et la paix de ceux qui l’aident. Leur ralliement vient de Dieu et David les reçoit.
            Dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus souligne que ses brebis lui ont été données par Dieu son Père (Jean 10 : 29). Elles sont donc à lui et Il précise l’accueil réservé à quiconque vient à lui : Il le reçoit (Jean 6 : 37). Dans l’évangile selon Luc, Il invite à être avec lui (Luc 11 : 23). Enfin, les chrétiens sont exhortés à poursuivre la paix (Héb. 12 : 14). L’attachement et le dévouement à David présentent donc une figure de ce que chaque chrétien doit à Christ.
                   – Les fils de Manassé (v. 19-22). Ils se présentent pour aider David dans une bataille et sont même disposés à s’opposer directement à Saül. Ils partagent la grâce d’être rejetés avec David par les Philistins. Cette grâce leur évite de porter la main sur Saül, encore roi, car leur engagement volontaire dans une telle bataille serait déplacé. La mise de côté de Saül appartient à Dieu seul.
            Le verset 22 rend compte du travail de l’Esprit de Dieu. De jour en jour des gens viennent aider David jusqu’à ce que le camp soit « grand comme un camp de Dieu ».
            Par la foi, sachons voir aujourd’hui ceux qui s’attachent au Seigneur Jésus. Leur nombre dépasse ce que nous pouvons concevoir.

                        Guerriers présents à Hébron pour l’onction de David (12 : 23-40)

            Maintenant, tout Israël va reconnaître le roi David. Du verset 23 au verset 37, nous avons le nombre des hommes de chacune des douze tribus qui se sont ralliés à David. Les lévites et les sacrificateurs (v. 26-28) ne sont pas omis. Ils sont tous « équipés pour l’armée » (v. 23). Ils ont des capacités et des fonctions variées, mais ils sont tous complémentaires du reste du peuple et ont tous leur place dans les combats. Il en est ainsi aujourd’hui pour les vrais chrétiens, mais le combat n’est plus contre le sang et la chair (Éph. 6 : 12).
            Sont nommés :
                   – Des fils de Juda (6 800), qui portent le bouclier et la pique (v. 24) ;
                   – Des fils de Siméon (7100), forts et vaillants pour la guerre (v. 25).
            Ces hommes sont formés aux assauts directs avec l’ennemi. Ils ont besoin de courage et de force. Ils engagent leur propre vie. L’apôtre Paul présente les mêmes caractères lorsqu’il dit aux anciens d’Éphèse : « Mais je ne fais aucun cas de ma vie… » (Act. 20 : 24). Prisca et Aquilas, qui « ont risqué leur propre tête » - ou leur propre vie - pour la vie de Paul, donnent aussi un exemple (Rom. 16 : 4).
                   – Des fils de Lévi (8 322) (v. 26-28), utiles au service (9 : 13). Ils ont des relations directes avec l’Éternel, et ils exercent le sacerdoce pour le bien du peuple de Dieu. Ces combattants existent également dans le Nouveau Testament. Ainsi, Épaphras combattait toujours par des prières (Col. 4 : 12). La mention des prières et des supplications de Paul pour les Philippiens, les Colossiens, les Thessaloniciens, souligne l’importance, toujours actuelle, d’un tel combat. D’en haut, le Seigneur Jésus intercède toujours pour les siens (Rom. 8 : 34). C’est un service d’amour d’un très grand prix qui contribue à unir les cœurs. Dieu invite les siens à persévérer dans la prière (Éph. 6 : 18 ; Phil. 4 : 6 ; 2 Thes. 5 : 17). Le jeune Tsadok est fort et vaillant (v. 28). Il ne faut pas sous-estimer l’énergie qu’implique un service dans la proximité de Dieu.
                   – Des fils de Benjamin (3 000) (v. 29), habiles pour manier l’arc et lancer des pierres (v. 2) et pour monter la garde. Les premiers venus à David ont été rejoints par ceux qui gardaient la maison de Saül. D’une part, ils soutiennent à distance les combattants (v. 24-25). D’autre part, gardiens expérimentés, ils mettent leurs compétences au service de David. Ce sont encore des combattants d’une autre catégorie. Ils portent secours aux défaillants et protègent l’oint de l’Éternel. En Actes 16 : 9, l’apôtre Paul est invité à aller aider les Macédoniens. Lui-même invite les Philippiens à aider deux combattantes (Phil. 4 : 3). Aujourd’hui, chaque chrétien est exhorté à venir « en aide aux faibles » (1 Thes. 5 : 14) et à veiller pour prévenir les atteintes du diable (1 Pier. 5 : 8).
                   – Des fils d’Éphraïm (20 800), hommes de renom forts et vaillants (v. 30). Ces hommes exemplaires contribuent à la bonne renommée du peuple de Dieu. Les chrétiens sont invités à penser à cela (Phil. 4 : 8).
                   – Des fils de Manassé (18 000) (v. 31). Ce sont des hommes de la demi-tribu ayant fait le choix de séjourner dans le pays de la promesse (comp. v. 37). Une faveur leur est accordée : établir David roi et lui être ainsi associés (v. 31). Aujourd’hui, désirer posséder les bénédictions que Dieu présente à tout chrétien est une source d’honneur et de communion avec le Seigneur Jésus. Souffrir avec Christ prépare à régner avec lui (1 Tim. 2 : 12).
                   – Des fils d’Issacar (200 chefs et tous leurs frères), qui ont la capacité de discerner les temps pour savoir ce que doit faire Israël. Il existe dans cette tribu un respect de ceux qui sont reconnus comme chefs et une réelle soumission. Ceux qui ne sont pas chefs sont au commandement (littéralement : « à la bouche ») de leurs frères. Ce n’est ni l’abus d’autorité d’un côté, ni le refus d’autorité de l’autre. Le discernement ne les conduit pas à un comportement hautain et prétentieux. Ces fils trouvent simplement leur place parmi les autres. Dans le Nouveau Testament, Dieu donne la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité (1 Cor. 12 : 4-11). L’Esprit de « puissance, et d’amour, et de sobre bon sens » (2 Tim. 1 : 7) peut agir en chaque croyant, « temple du Saint Esprit » (1 Cor. 6 : 19), pour le bien de tous. Chacun est alors responsable de parler ou d’agir dans la dépendance de Dieu pour que l’Esprit ne soit ni attristé (Éph. 4 : 30), ni contristé (És. 63 : 10) et que Dieu soit servi pour la bénédiction des siens.
                   – Des fils de Zabulon (50 000), préparés pour le combat (v. 33). Ils gardent leur rang. Chacun respecte la place de l’autre. Leurs cœurs ne sont pas « partagés », ils sont entièrement dévoués à David. Des hommes « doubles de cœur » (Ps. 119 : 113), ou « d’un cœur double » - littéralement : un cœur et un cœur (Ps. 12 : 2), ne sont pas fiables. Ils ont besoin de purifier leur cœur (Jac 4 : 8). Les fils de Zabulon sont là « avec toutes les armes de guerre ». Le chrétien est invité à revêtir « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6 : 13).
                   – Des fils de Nephthali (1 000 chefs et 37 000 hommes). Le texte ne précise pas qu’ils sont préparés pour le combat, comme cela est indiqué juste avant pour Zabulon et juste après pour Dan. Chacun doit savoir qu’il n’est pas suffisant de posséder des pièces d’armure, mais qu’il faut être entraîné à bien les utiliser. Aujourd’hui encore, le vrai combattant doit respecter ce qu’il connaît de la Bible. En particulier, manier « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Éph. 6 : 17), demande une solide expérience et une grande dépendance de Dieu.
                   – Des fils de Dan (28 600) (v. 35), préparés pour la guerre sans avoir de dispositions ou d’attributions particulières. Ils se sont préparés pour servir l’oint de l’Éternel.
                   – Des fils d’Aser (40 000) (v. 36), doués pour la stratégie des combats. Ce sont des hommes déterminants pour une victoire. Leur importance relative dans l’ensemble des combattants est une invitation à l’estime de l’autre (Phil. 2 : 3 ; Éph. 5 : 21), chez lequel il faut rechercher et respecter la capacité qui lui vient de Dieu (2 Cor. 3 : 5).
                   – Des fils de Ruben, de Gad et de Manassé (autre demi-tribu) (120 000) (v. 37) bien équipés, mais sans que leur préparation soit mentionnée. Leur position et leurs contraintes, de l’autre côté du Jourdain, ont peut-être limité leur préparation au combat. On doit pouvoir mener le combat de la foi sans être embarrassé « dans les affaires de la vie » (2 Tim. 2 : 4). Cependant, depuis les jours de Josué et les premiers temps de conquête du pays, des centaines d’années se sont écoulées et ce temps n’a pas éteint l’attachement de plusieurs générations à la cause d’Israël. Ces 120 000 hommes laissent leur famille et leurs biens pour servir David au péril de leur vie.
            Le verset 38 évoque un résultat des divers engagements. Chacun est stimulé par la foi qui est dans l’autre. Cela produit un ensemble ordonné, de la droiture de cœur, et mobilise tout le reste d’Israël pour agir d’un seul cœur. Même s’il y a des faiblesses et des limites humaines, Dieu est réjoui par de telles dispositions. Un réveil est produit, qui présente les caractéristiques suivantes :
                   – travail et droiture dans chaque cœur (v. 31, 38) ;
                   – attachement à l’Éternel et à sa parole incontestablement reconnue comme telle à travers Samuel (v. 23) ;
                   – respect du choix divin (v. 23, 38) ;
                   – détermination dans la puissance de l’Esprit de Dieu (v. 38) ;
                   – regards tournés vers un seul objet (v. 38) ;
                   – rassemblement dans la foi, l’ordre, la communion, la joie et l’amour (v. 39-40).
            Ce réveil fait que rien ne manque au peuple. Tous viennent avec une pensée unique : établir David roi. Ce seul but les unit. Ils partagent avec David et leurs frères qui les attendent une vraie communion dans la joie et l’amour. Voilà un comportement heureux du peuple de Dieu.
            Pour atteindre ce résultat, certains ont abandonné les luttes entre frères, qui divisent, et tous ont laissé docilement Dieu disposer leurs cœurs. Chacun aussi a respecté l’autre dans la tâche que l’Éternel lui avait confiée. Chacun encore a eu soin de l’autre (v. 38-40).
            Ce bel exemple est présenté aujourd’hui à la foi des chrétiens. Nous sommes exhortés « à parler tous le même langage » et à ce « qu’il n’y ait pas de divisions parmi nous » (1 Cor. 1 : 10), à avoir « un égal soin les uns des autres » (1 Cor. 12 : 25), à nous servir l’un l’autre par amour, sans querelles (Gal. 5 : 13, 15, 20), à subvenir aux besoins des ouvriers du Seigneur (Phil. 4 : 16) qui combattent pour la foi, plus généralement à subvenir aux besoins des saints (1 Cor. 16 : 1), à nous rassembler d’un seul cœur autour du Seigneur Jésus.


1 CHRONIQUES 13 à 16 – Retour de l’arche de Dieu à Jérusalem

            La royauté selon la pensée de Dieu ne peut pas être pleinement établie sans que la présence divine soit manifestée au milieu de son peuple. Cette présence est rendue perceptible par l’arche, par laquelle Dieu répond aux interrogations et communique ses pensées et ses directives.
            Le chapitre 13 décrit la première étape du déplacement de l’arche.
            Le chapitre 14 s’ouvre sur la reconnaissance de la royauté de David par les nations puis décrit l’affermissement de cette royauté.
            Le chapitre 15 relate la seconde étape du transport de l’arche.
            Le chapitre 16 est un cantique d’invitation à louer l’Éternel.

                        Transport de l’arche jusqu’à la maison d’Obed-Édom (ch. 13)

            L’arche a été préalablement amenée au champ de Josué le Beth-Shémite. Le chapitre 6 du premier livre de Samuel précise la part de Dieu dans ce transport. Puis les hommes de Kiriath-Jéarim l’ont fait monter dans leur ville, dans la maison d’Abinadab, où elle est restée 20 années, soigneusement gardée par son fils Éléazar (1 Sam. 7 : 1-2). Dieu lui-même avait veillé sur l’arche. Sa grâce agissait malgré l’état du peuple et préparait son bien.
            Nous devons aussi travailler pour le profit des enfants de Dieu, dans l’attente d’un changement intérieur que Dieu seul peut produire. L’apôtre Paul avait cette préoccupation (2 Cor. 12 : 15 ; Gal. 4 : 19). L’apôtre Pierre responsabilise chaque chrétien à cet égard (1 Pier. 4 : 10).
            Le travail divin ayant produit ses effets, David et tout Israël montent chercher l’arche dont Saül s’était si peu préoccupé. Le roi a su communiquer à Israël son désir de l’avoir près de lui pour la consulter (v. 2-4).
            Le début du verset 2 souligne une pensée importante. Il y a un premier désir humain : « si cela est bon devant vous ». Puis ce désir est passé au crible de l’assentiment divin : « et que cela vienne de l’Éternel, notre Dieu ». Pour ne pas confondre leurs intentions humaines avec la pensée de Dieu, les chrétiens devraient toujours éprouver leurs projets à ce crible.
            Tout le peuple trouve la chose bonne et met toute sa force à accompagner l’arche en exprimant sa joie par des cantiques. Le roi n’est pas égoïste, il aime le peuple et pense aux intérêts divins. C’est un encouragement à nous « stimuler l’un l’autre » et à nous « exhorter l’un l’autre », à être occupés ensemble du Seigneur Jésus. Il est bon de jouir seul du Seigneur et meilleur de communiquer ce que nous avons trouvé en lui, pour le partager.
            Mais une chose a été omise : l’obéissance à la parole de l’Éternel (Nom. 3 : 31 ; 7 : 9). L’arche n’aurait pas dû être placée sur un chariot, même neuf, mais portée sur l’épaule par des Kéhathites. Uzza est frappé et meurt, ce qui irrite David. La confiance, la joie et la louange font place à l’irritation et à la peur. L’arche est temporairement détournée de sa destination initiale. Le manque de soin à rechercher la parole de l’Éternel trouble la paix et la communion avec Dieu. Aller avec Dieu implique en tout temps l’obéissance à sa Parole et lui seul est en mesure d’apprécier d’une manière parfaitement juste la responsabilité de chacun, avec ses conséquences.
            Le chapitre se termine cependant par un encouragement. L’Éternel bénit la maison d'Obed-Édom qui abrite l’arche pendant trois mois. Obed-Édom n’a pas eu peur, lui ! L’amour et l’obéissance chassent la crainte (1 Jean 4 : 18) et la sainteté de Dieu (v. 10) ne supprime pas sa grâce (v. 14). Dieu montre ainsi à David que la présence de l’arche est une source de bénédiction. Il l’éclaire en même temps sur le motif de son châtiment envers Uzza.
            Le récit du chariot neuf et de la brèche d’Uzza nous enseigne deux choses :
                   – La proximité de Dieu implique une recherche scrupuleuse de sa pensée, particulièrement chez ceux qu’Il honore en leur confiant de grandes responsabilités,
                   – Les moyens pratiques utilisés dans la vie du peuple de Dieu (paroles ou actes) ne doivent pas être en contradiction avec la Parole de Dieu, mais recherchés à sa lumière (16 : 2, 13).

                        Affermissement du trône de David (ch. 14)

            Ce chapitre correspond à 2 Samuel 5. 10-25. L’affermissement est présenté sous deux traits :
                   – Reconnaissance extérieure du roi David (v. 1-7)
            À travers le don du roi de Tyr, David comprend que sa royauté est reconnue par les nations. Mais il ne perd pas de vue que cela vient de L’Éternel, à cause de son peuple Israël. Cette pensée le maintient humble. Elle est à retenir par les chrétiens auxquels le Seigneur confie des charges.
            La deuxième mention des enfants de David nés à Jérusalem et déjà cités au chapitre 3 (v. 5-8) souligne, à la lumière de Deutéronome 17 : 17, un passé qui suit David et peut ternir sa gloire. Il est utile de penser dès sa jeunesse que personne ne peut faire que ses actes ou comportements soient comme n’ayant pas été. Il faut parfois en assumer douloureusement les inévitables conséquences. Y penser sérieusement avant d’agir, y penser devant Dieu et lui demander son aide, devient alors indispensable. Et Dieu répond ! (Ps. 94 : 17-19 ; Héb. 13 : 6).

                   – Double victoire de David sur les Philistins (v. 8-17)
            Les deux récits des versets 8 à 16 rapportent deux victoires vraisemblablement proches dans le temps. Elles sont le résultat de l’obéissance de David qui n’oublie pas d’interroger l’Éternel (v. 10, 14). La leçon de la brèche d’Uzza l’a instruit ; cette dépendance nous est donnée en exemple.
            Il est important de relever que David interroge chaque fois l’Éternel. En apparence, les circonstances sont semblables (même adversaire, même lieu) et pourraient appeler le même comportement. Mais chaque cas est particulier et Dieu donne, pour ces deux circonstances analogues, deux instructions différentes. Nous avons à en tirer une leçon pour nos vies individuelles et collectives. Le souvenir d’une bonne manière d’agir face à un problème ne doit pas nous conduire à opérer systématiquement de la même façon dans une situation semblable. Le penser supprime « l’exercice », c’est-à-dire « interroger encore Dieu » (v. 14). Gardons-nous donc, par exemple, de l’utilisation de rapports anciens pour traiter par imitation des problèmes actuels. N’établissons pas un véritable code (ou une véritable jurisprudence) basé sur des circonstances anciennes pour régler des questions actuelles.
            L’Éternel répand alors la connaissance du nom de David dans tous les pays. Il lui donne aussi de la puissance en communiquant aux nations la frayeur de son nom. La dépendance de Dieu conduit à l’autorité et au pouvoir que Dieu fait connaître. Mais l’indépendance de Dieu peut rapidement en faire perdre tout le bénéfice. Il en est toujours ainsi dans les chutes morales et il ne faut jamais l’oublier.

                        Fin du trajet de l’arche jusqu’à Jérusalem (ch. 15)

                   – Le désir et l’impulsion de David
            Les versets 1 à 13 montrent l’intelligence spirituelle acquise par David depuis la brèche d’Uzza. Il confesse la faute passée et s’attache à respecter avec soin la Parole de l’Éternel. Dans le cadre de sa responsabilité, il invite chacun à remplir sa fonction. Dieu nous montre là ce que sa grâce peut produire en ceux qui le recherchent dans leurs circonstances.

                   – La louange et le transport
            La suite du chapitre rend compte de l’ordre, de la joie et de la reconnaissance exprimés pendant le déplacement. Tout est réglé par David auquel sacrificateurs et Lévites obéissent. David lui-même est vêtu d’une robe de byssus, comme les Lévites et a sur lui un éphod de lin, comme les sacrificateurs (v. 27). Dieu dirige nos regards vers Christ qui sera bientôt roi et sacrificateur (Zach. 6 : 13) et qui, actuellement, « chante » déjà au milieu de l’assemblée (Héb. 2 : 12).
            La louange est ici préparée d’une manière digne d’intérêt :
                  – La parole (commandement de Moïse) est soigneusement respectée (v. 14-15).
                  – Les chantres et leurs instruments de musique sont préparés (v. 16). Leur service doit soutenir la joie par la douceur (luths aux sons aigus et légers : v. 20) et l’apaisement (harpes aux sons plus graves : v. 21), mais aussi réveiller (cymbales retentissantes : v. 19). L’expression produite doit être intelligente, d’où le rôle de Kenania (v. 22), qui dirige le chant. Aujourd’hui, dans les chants qui expriment la louange, les voix féminines et enfantines (Matt. 21 : 16) ont bien leur place au milieu des voix d’hommes. Au temps de David, les hommes seuls remplissaient de telles fonctions. Aujourd’hui, tous ceux qui sont au bénéfice de l’œuvre de Christ, hommes ou femmes, sont sacrificateurs. Si aucune initiative ou prise de parole n’est donnée aux sœurs dans les réunions de l’assemblée (elles ont d’autres services), elles participent cependant à la louange dans les chants et les « amen » (ainsi soit-il) qui expriment leur communion.
            Il est également bon d’être attentif au sens profond des paroles et au respect de la musique. Le Nouveau Testament précise : « Je chanterai avec l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence » (1 Cor. 14 : 15).
                   – Par le son des trompettes (v. 24), les sacrificateurs invitent le peuple à venir autour de l’arche. Il faut qu’aujourd’hui l’appel au rassemblement autour du Seigneur Jésus (dont parle l’arche) soit audible et écouté. Plus encore, il convient que tout homme ayant des besoins puisse s’approcher et être touché par la présence de Dieu au milieu des siens réunis en assemblée (1 Cor. 14 : 23-25).
                   – Les sacrifices sont nécessaires (v. 26). Ils évoquent le chemin par lequel on entre dans la présence de Dieu. Il ne saurait aujourd’hui y avoir de véritable louange montant vers Dieu sans le souvenir de la nécessité et de l’efficacité de l’œuvre de Christ à la croix. C’est là que prend naissance et racine toute consécration à la louange.
            Le cor (v. 28) ajoute une note de joie communicative au moment le plus intense. La louange s’est élevée pour atteindre un sommet. L’utilisation des instruments de musique pendant les réunions n’est pas explicite dans le Nouveau Testament, mais la louange passe, en général, par un sommet qui étreint le cœur des fidèles.
            La place de choix accordée à Obed-Édom, qui avait abrité l’arche chez lui, est remarquable. Il est nommé à quatre reprises (v. 18, 21, 24-25) et remplit les fonctions de portier et joueur de harpe. Il a honoré Dieu en le recevant par son arche. Dieu, qui n’est le débiteur de personne, l’honore en lui confiant des services.
            Mical ne se laisse pas gagner par la grâce et en vient à mépriser celui que Dieu honore. Son manque de spiritualité ne lui permet pas de comprendre et de s’associer personnellement à la louange. Si le cœur n’est pas touché, les choses de Dieu sont incompréhensibles. Avec l’obstination, elles peuvent même devenir rapidement un objet de répulsion et de mépris. Mical avait vu vivre David. Elle avait été témoin de sa foi mais quelle était la sienne ? Son seul désir était tourné vers la gloire des hommes. Elle ne comprend pas David et ne lui est d’aucune aide. C’est une étrangère malgré sa présence au sein du peuple de Dieu. Si David n’avait pas été puissamment aidé par Dieu, sa femme aurait été une entrave dans sa marche.
            Le manque de foi chez Mical et son incompréhension totale du comportement de David la prive d’enfants (2 Sam. : 23). Dieu nous donne ici l’exemple d’un joug mal assorti et nous invite à ne jamais contracter de tels liens (2 Cor. 6 : 14-15).

                        Présentation, en type, de Christ (16 : 1-7)

            L’arche est maintenant placée dans la tente que David avait tendue pour elle.
            David, représentant l’ensemble de la congrégation, est vu comme responsable ou ordonnateur de la cérémonie (v. 2). Des holocaustes et des sacrifices de prospérité sont ainsi offerts par tous dans une communion remarquable.
            Puis il bénit le peuple au nom de l’Éternel. Sa position rappelle celle de Melchisédec (Gen. 14 : 18-20), qui est un type de Christ (Héb. 7 : 21), comme « sacrificateur pour l’éternité ».
            Son rôle de roi bienfaiteur (v. 3 ; Ps. 112 : 9 ; 2 Cor. 9 : 9) présente encore une autre face.
            À tous ces titres concentrés en David – Lévite (15 : 27), sacrificateur dans la lignée d’Aaron, sacrificateur pour l’éternité, roi – nous voyons en lui une préfiguration de Christ.

                        Cantique du début de la royauté (16 : 8-36)

            L’arche vient d’entrer dans son repos (Ps. 132 : 8). Elle est enfin arrivée au lieu choisi par l’Éternel (2 Chr. 6 : 6). Le trône de Dieu est ainsi au milieu de son peuple. Jouissant de la grâce, le peuple peut alors célébrer l’Éternel en proclamant sa fidélité à ses promesses.
            Ce cantique est différent de celui de 2 Samuel 22 (correspondant au Psaume 18) qui évoque le gouvernement de Dieu dans le cadre de la responsabilité de l’homme et se situe bien après le début de la royauté de David.
            Le contenu de ce cantique se retrouve, avec quelques différences instructives, dans trois psaumes :
                   - v. 8-22 : Ps. 105 : 1-15 ;
                   - v. 23-33 : Ps. 96 : 23-33 ;
                   - v. 24-36 : Ps. 106 : 1, 47-48

            Le cantique est appelé ici « le premier, pour célébrer l’Éternel » (v. 7) ; il est l’expression de la louange qui découle d’une compréhension de la grâce imméritée. Il est « le premier » parce que la louange change un peu de forme avec l’arrivée de l’arche dans le lieu choisi par l’Éternel (Deut. 12 : 5, 11). Jusque-là, il est très peu fait mention de la louange ; le culte est silencieux et centré sur les holocaustes et les sacrifices de prospérité présentés dans le livre du Lévitique. L’introduction de David change les choses.
            De même, aujourd’hui, après avoir accompli son sacrifice, Christ nous associe à sa louange (Héb. 2 : 12). Celle-ci aura sa parfaite expression dans le ciel : ce sera le « cantique nouveau » (Ps. 40 : 3 ; Apoc. 5 : 9).

            La partie du Psaume 105, citée ici (v. 8-22), est celle qui chante la grâce de Dieu en omettant tout ce qui touche à la responsabilité d’Israël et qui est développé dans la suite de ce psaume. David considère son Dieu, un Dieu qui aime et donne. Cela ne veut pas dire que son gouvernement ne s’est pas exercé envers son élu (ch. 13). Mais David a appris, là aussi, à connaître le cœur de Dieu. Il s’exprime alors dans la libre jouissance de sa miséricorde et de sa grâce. La peur de la fin du chapitre 13 a fait place à la vraie crainte, celle de déplaire à Dieu, puis l’a amené à Le louer. C’est le fruit de la grâce dans un cœur dont les pensées sont tournées vers Dieu. C’est pourquoi David pense, avant tout, à la gloire de l’Éternel et au bien de son peuple.
            Les chrétiens, qui sont invités à contempler la gloire du Seigneur (2 Cor. 3 : 18) et à regarder à sa grâce (2 Cor. 8 : 9), peuvent prendre exemple et méditer ce qu’ils ont en Christ et à quoi cela doit les conduire.
            Le cantique invite d’abord à célébrer l’Éternel, à faire appel à Lui, à faire connaître ses actes (v. 8). Dieu est digne de louange comme Créateur et Sauveur. Il est celui qui écoute et délivre ceux qui cherchent en Lui leur secours. Son œuvre, glorieuse et magnifique, est manifestée dans des actes puissants et justes (Ps. 111 : 3) qu’il est bon de proclamer pour Le faire connaître. Aujourd’hui, d’une manière plus complète, Dieu se fait connaître comme Créateur (Rom. 1 : 20), Sauveur (1 Tim. 2 : 4-6), Père (Matt. 6 : 32 ; Éph. 1 : 2). Tous ceux qui le connaissent comme tel ont le devoir de parler de Lui autour d’eux en saisissant l’occasion amenée par Dieu (Col. 4 : 5).
            Puis le cantique invite au chant, expression de la joie (Jac. 5 : 13) enrichie par la méditation des œuvres merveilleuses de Dieu (v. 9). Il souligne que la gloire est dans le nom de l’Éternel et la joie dans la recherche de ce qu’Il fait (v. 12, 21-22), de ce qu’Il est (v. 14), de ce qu’Il dit (v. 15-18). Ceux qui ont été touchés par sa grâce doivent en prendre conscience. Il est leur Dieu, Celui qui domine et agit sur toute la terre, Celui qui accomplit ses promesses et veille jalousement sur les siens. Il est digne de toute confiance.

            Les versets 23 à 33 citent une partie du Psaume 96 qui est un appel aux Gentils. Il se situe entre le Psaume 95 (qui est un appel aux Juifs), et le Psaume 97 (qui évoque l'arrivée sur les nuées du Messie, le roi). Ces psaumes présentent directement Christ, seule réponse aux besoins de tous les hommes. Le temps de son règne n'est pas encore venu et les versets 23-33 ne citent que ce qui concerne David. La Parole reste précise et la gloire de Christ ne saurait être attribuée à un autre.
            C’est, déjà aux jours de David, un appel à toute la terre. Plus tard, le prophète Ésaïe lancera un autre appel solennel (És. 34 : 1). Chaque homme doit, aujourd’hui encore, y être très attentif. Les chrétiens doivent réaliser leur responsabilité d’être « la lettre de Christ », « connue et lue par tous les hommes » (2 Cor. 3 : 2-3).
            L’appel ne se réduit pas ici au fait de reconnaître l’existence de Dieu. Il s’agit :
                   - de le louer et d’inviter les autres à le faire (v. 23, 25, 28),
                   - d’annoncer chaque jour son salut (v. 23),
                   - de raconter sa gloire et ses œuvres (v. 24),
                   - de dire sa souveraineté et sa sainteté (v. 25),
                   - de le distinguer nettement des idoles (v. 26),
                   - de proclamer ce que l’on trouve auprès de lui (v. 27),
                   - de l’adorer (v. 29),
                   - de déclarer que la soumission à sa volonté est le seul chemin de l’affermissement du monde (v. 30),
                   - de se réjouir à la pensée du règne de Christ (v. 31),
                   - de se réjouir en pensant à la joie de la terre, alors libérée des conséquences du péché (v. 32-33 ; Rom. 8 : 20-22) par le juge de toute la terre, Christ lui-même (Jean 5 : 27 ; Act. 17 : 31).
            Tout cela implique une recherche personnelle de Dieu qui s’acquiert par la lecture de la Bible.

            Comme pour les versets repris du Psaume 105, ceux qui correspondent au Psaume 106 (v. 34-36) n’évoquent rien de ce qui touche à la responsabilité d’Israël. Cela correspond bien au message de Dieu délivré dans les livres des Chroniques.
            Ici, la bonté permanente de Dieu est chantée. Il est le Dieu qui sauve, rassemble et délivre des ennemis, pour amener à célébrer son nom et à entrer dans la gloire de sa louange. Le chrétien trouve dans ce travail divin la réponse apaisante à ses besoins et désirs les plus profonds. Dieu est digne d’être béni à toujours (v. 36). Les regards du fidèle sont dirigés, avec une acuité particulière, sur la puissance et la gloire du règne de Christ (v. 31-36). Ce ne sera pas : « et le peuple dit » (v. 36), mais : « et que tout le peuple dise ». Chacun doit s’incliner, cela s’impose devant l’autorité suprême du vrai roi selon le cœur de Dieu.

                        Ordre provisoire du culte (16 :37-43)

            L’arche est maintenant à Sion, mais le tabernacle de l’Éternel et l’autel de l’holocauste sont à Gabaon. Deux réalités apparaissent : la vision du règne futur et le souvenir du désert. L’offrande des sacrifices a lieu à Gabaon ; la louange s’élève à Jérusalem, devant l’arche. Des deux côtés, le service est rempli « continuellement » (v. 37, 40), mais c’est à Jérusalem qu’est proclamée la bonté de l’Éternel qui demeure à toujours (v. 7, 34, 37, 41).
            Ces services n’altèrent pas la vie de famille. Ceux qui y participent accèdent à un degré de communion avec Dieu utile au bien spirituel et au bon état de leurs foyers. Chacun retourne ensuite en sa maison (v. 43) ; la joie de l’Éternel peut alors conduire à un partage dans les habitations. De son côté, David bénit sa maison.
            Tel David en son temps, Christ bénit aujourd’hui sa maison. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’épreuves parmi les chrétiens, mais précisément que celles-ci sont envoyées pour conduire à des bénédictions plus riches.


D’après « Sondez les Écritures » (vol. 15)

 

À suivre