Méditations suivies : L'épître aux Colossiens (7)

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L'EPITRE AUX COLOSSIENS (7)
 
  
QUATRIEME PARTIE : Morts et ressuscités avec Christ - La vraie vie chrétienne (Col. 2 : 20 à 4 : 6) 

1- Morts avec Christ aux éléments du monde. Le danger de l'ascétisme : 2 : 20-23
2- Morts et ressuscités avec Christ, notre vie : 3 : 1-4
3- Mortifier nos membres sur la terre : v. 5-7

 
            Toutes les exhortations de l'apôtre découlent maintenant du grand fait que, puisque Christ est mort et ressuscité, tous les croyants sont à la fois morts et ressuscités avec Lui. Nous pouvons et devons réaliser par la foi que la position de Christ est la nôtre, à la fois sur la terre maintenant (1 Jean 4 : 17) et dans le ciel en espérance (3 : 1). Voici quelques aspects de cette vérité, qui vont être développés par l'apôtre dans cette partie de sa lettre :
 
                        Christ                                                              Les croyants
 
            Christ est mort                                    Il est mort pour nous et nous sommes morts avec Lui
            Christ est ressuscité                             Nous sommes ressuscités avec Lui
            Christ est caché                                  Notre vie est cachée avec lui en Dieu
            Christ est assis dans le ciel                    Nous sommes assis en Lui
            Christ sera manifesté                            Nous serons manifestés avec Lui en gloire
 
 
1- Morts avec Christ aux éléments du monde. Le danger de l'ascétisme : 2 : 20-23
 
            La première conséquence de notre mort avec Christ est de nous préserver des dangers de l'ascétisme. L'ascétisme comprend l'ensemble des pratiques qui prétendent libérer l'esprit par le mépris du corps (par des pénitences, des privations et des mortifications).
 Le faux enseignement des docteurs judaïsants conduisait à juger les autres et à les culpabiliser (v. 16).
            Les gnostiques, qui prônaient le mysticisme, dérobaient à leurs adeptes éventuels la juste récompense de leur carrière chrétienne (v. 18).
            Enfin, les tenants de l'ascétisme cherchaient à imposer des règles, et privaient ainsi les chrétiens de leur joie et de leur liberté en Christ (v. 20).
Tous étaient dans l'erreur, et leurs attaques devaient être repoussées par le chrétien. Dans les trois cas, il s'agit d'une ingérence de l'homme dans le domaine de la conscience, qui conduit à l'esclavage, au lieu de la dépendance de Dieu et de son Esprit.
 
            Tout système humain qui se fonde sur le fait que l'homme naturel en vie sur la terre possède les moyens d'établir des relations avec Dieu est voué à l'échec. En effet, par nature, l'homme est mort devant Dieu (v. 13) et, comme tel, il ne peut avoir de rapports avec Lui. Mais, par sa mort avec Christ, le croyant est désormais mort au monde et à tout son système. Il ne vit plus de la vie du vieil homme sur la terre.
            Dans les versets 20 à 23, l'apôtre présente une grande concentration d'enseignements moraux. Pour mieux saisir le sens général, essayons d'identifier les phrases principales et les cinq propositions incidentes :
            « Si vous êtes morts avec Christ aux principes du monde, pourquoi (1) vous soumettez-vous à des ordonnances (2), (3) ? Il ne s'agit que de commandements et d'enseignements humains. Ces ordonnances (4), (5) sont pour la satisfaction de la chair ! ».
                        1. « comme si vous étiez encore en vie dans ce monde »,
                        2. « ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! »,
                        3. « ces choses-là sont toutes destinées à périr par l'usage »,
                        4. « qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité »,
                        5. « du fait qu'elles n'épargnent pas le corps en ne lui rendant pas un certain honneur ».
 
            Les ordonnances, c'est-à-dire les principes moraux à caractère légal, ont toutes une source humaine (et non divine) : elles sont établies selon les enseignements et les commandements des hommes. Elles ignorent le fait que le croyant est mort au monde et à « ses éléments » c'est-à-dire ses objets, ses buts et tous ses principes.
 
            Ce sont plutôt des restrictions et des défenses : « ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! », que des instructions positives. Même celles-ci n'ouvriraient pas la porte au bonheur.
 
            En outre, le domaine d'application des ordonnances est la terre ; aussi se rattachent-elles à des objets temporaires et même éphémères : « elles sont destinées à périr par l'usage ». Ce sont des choses terrestres et corruptibles, par opposition aux vraies valeurs spirituelles et éternelles du chrétien.
 
            Les pratiques ascétiques présentent quatre autres caractères :
                        - elles ont une apparence de sagesse
                        - elles expriment une dévotion volontaire, qui est un véritable culte, offert non pas à Dieu, mais aux anges
                        - elles paraissent être le fruit de l'humilité
                        - enfin, l'ascétisme se traduit par un mépris volontaire du corps. Or le corps du croyant est le temple du Saint Esprit et doit être respecté et honoré. Dieu doit y être glorifié et le chrétien est invité à l'offrir à Dieu en sacrifice vivant (1 Cor. 6 : 19-20 ; Rom. 12 : 1). Cet appel se réalise dans la sainteté et la séparation pratique de toutes les souillures de la chair (2 Cor. 7 : 1).
 
            Sous le couvert d'une apparence de sincérité et d'humilité, la satisfaction de la chair est le but caché de toutes ces pratiques ascétiques.
 
            Les exhortations qui précèdent découlent du fait que le croyant est mort avec Christ. Celles qui suivent se rattachent au fait également important que le chrétien est aussi ressuscité avec Christ.
 
 
 
           
2- Morts et ressuscités avec Christ, notre vie : 3 : 1-4
           
            L'apôtre vient de montrer que le croyant est identifié avec Christ dans sa mort (2 : 20). Il est séparé du système du monde et de sa religion ainsi que de l'homme naturel avec sa sagesse. Il ne regarde plus en bas vers la terre.
            Mais le croyant est aussi ressuscité avec le Christ (v. 1). Désormais, il est en relation avec l'univers de Dieu et avec toutes ses richesses. Il regarde en haut vers le ciel. Les conséquences pratiques de cette double vérité vont être maintenant développées.
 
 
                        Morts et ressuscités avec Christ
 
            Puisque nous sommes ressuscités avec le Christ, nous devons chercher ce qui est en haut (v. 1). Et puisque nous sommes morts avec Christ, nous devons mortifier nos membres sur la terre, les actions de la chair (v. 3, 5). Le chrétien, considéré dans cette épître comme étant encore sur la terre, dans une position transitoire, est donc invité à rechercher certaines choses, et à en rejeter d'autres. L'ordre de ces exhortations n'est pas indifférent ; le coeur du croyant - et de tout homme - ne peut pas rester vide. Il doit être en pratique rempli de Christ et des choses excellentes, pour pouvoir être libéré de ses propres pensées et des choses du monde. Les choses célestes et les choses terrestres sont incompatibles et ne doivent pas cohabiter dans le coeur du chrétien.
 
            L'histoire d'Israël traversant le Jourdain est une illustration vivante de ces vérités. Les douze pierres tirées du Jourdain pour être placées dans le pays promis sont une figure de notre résurrection avec Christ. Le premier privilège du peuple a été de goûter là une nouvelle nourriture, image des choses qui sont en haut, les bénédictions célestes. Les douze pierres déposées au fond du lit du fleuve nous rappellent que nous sommes aussi morts avec Christ. La mort de Christ (symbolisée par le Jourdain) nous sépare désormais du monde (figuré par le désert). Cette séparation est constatée à Guilgal, précisément le lieu de la circoncision. C'est la condition pratique pour pouvoir jouir effectivement des privilèges du pays de la promesse. A Guilgal, le peuple trouvait le secret de la force pour vaincre ses ennemis ; c'est l'image pour nous de la force qui nous est donnée pour mortifier nos membres qui sont sur la terre.
 
           
                        Ce qui est en haut et ce qui est sur la terre
 
            Nous sommes donc invités à chercher ce qui est en haut (v. 1) et à penser (v. 2), c'est-à-dire à y mettre notre coeur et nos affections. Cette exhortation suppose un effort constant de notre part, comme Paul le rappelait à Timothée : « Occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier » (1 Tim. 4 : 15).
            Leur valeur de « ces choses » vient du fait qu'elles appartiennent au ciel, le lieu où Christ est assis, à la droite de Dieu. En lui sont tous les trésors de la sagesse et de la connaissance (2 : 3).
 
            Par opposition, les choses de la terre ne doivent pas occuper nos pensées, ni attirer nos coeurs. Il ne s'agit pas seulement des ordonnances et des pratiques religieuses que les philosophes judéo-gnostiques voulaient imposer aux Colossiens. Plus généralement, ce sont aussi les pensées, les mobiles et les affections du vieil homme qui se complaît sur la terre.
            
           
                        Christ, notre vie
 
            Par la foi, nous recevons la vie divine, qui est Christ lui-même (1 Jean 5 : 11-12), selon le triple témoignage de l'Esprit, de l'eau et du sang. Cette vie est maintenant cachée en Christ, qui lui-même est caché en Dieu. Christ est la source de la vie éternelle, et sa sûreté permanente.
 
            L'apôtre ne présente pas ici les vérités de l'assemblée et de notre union avec Christ, sauf pour faire ressortir la gloire personnelle de Christ comme Tête et Chef du corps. Le Saint Esprit n'est pas vu non plus comme coopérant à l'accomplissement des desseins de Dieu, comme dans l'épître aux Ephésiens. La vie de Christ et la vie du croyant en Lui sont les grandes vérités présentées aux Colossiens. La possession de la vie de Christ est le fondement de toutes les exhortations données dans l'épître.
 
            Comme Christ ne peut être vu par le monde, notre vie en Christ aussi lui est cachée (1 Jean 3 : 1). Le monde ne peut pas comprendre les chrétiens, pas plus qu'il n'a pu comprendre Christ sur la terre. Le chrétien doit accepter d'être incompris du monde et différent des autres hommes.
 
           
                        Christ manifesté
 
            Mais Christ et sa vie ne seront pas toujours cachés aux yeux du monde. Un jour, il sera manifesté publiquement et les siens seront avec Lui. Dans ce jour-là, celui de son apparition en gloire, Il sera « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thes. 1 : 10). Le monde connaîtra alors que les rachetés du Seigneur appartenaient au ciel et n'étaient plus de ceux qui habitent sur la terre (Apoc. 3 : 9 ; 13 : 14).
 
 
 
3- Mortifier nos membres sur la terre : v. 5-7
 
            La conséquence pratique des vérités rappelées ci-dessus est de mortifier nos membres qui sont sur la terre. Il ne s'agit pas du corps du croyant et de ses facultés naturelles, mais des actions de la chair, le principe de mal qui est en chacun de nous. Le corps du croyant et ses capacités physiques et intellectuelles sont appelés ailleurs : « vos membres » (Rom. 6 : 13). Ils doivent servir d'instruments à la vie divine, et non pas être à la disposition du péché. Ici (v. 5) « vos membres » désignent les convoitises et les actions du vieil homme. L'appel de l'apôtre à mortifier ces choses est exactement à l'opposé des théories de l'ascétisme dénoncées auparavant, qui professent le mépris du corps. Une différence importante existe entre mourir et mortifier. Mourir exprime la faiblesse (c'est passif), tandis que mortifier suppose la force pour le faire (c'est actif). Appliquer la mort de Christ à notre chair par la puissance du Saint Esprit la rend comme morte : elle n'est pas nourrie en pratique, mais placée dans la mort.
 
            L'apôtre met donc en garde contre les convoitises et leurs conséquences : les actes (fornication et impureté) sont le fruit des mauvaises pensées (affections déréglées, mauvaise convoitise et cupidité). La cupidité est l'avidité à s'emparer de ce qui appartient aux autres, dans tous les domaines. L'avarice en est une forme. Le coeur poursuit ainsi des objets impurs ou illicites, en oubliant Dieu : c'est une véritable idolâtrie (Eph. 5 : 5). De telles choses appellent la colère de Dieu, et ceux qui les poursuivent sont pour lui des « fils de la désobéissance ». Telle est la condition de tous les hommes par nature, particulièrement ceux des nations (comme les Colossiens). Ils y marchaient (ce sont les fruits de l'arbre, la conduite et les actes) et ils y vivaient (c'est la nature même de l'arbre qui produit les mauvais fruits).
 
            Mais désormais, la christianisme, qui contient la pleine révélation de Dieu, apporte le souverain remède de la mort et de la résurrection de Christ.
 
 
                                              
                                                                                               Extrait de « Sondez les Ecritures » vol. 9                                 
 
(A suivre)