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Les adieux de Paul aux anciens d'Ephèse

 

Les caractères du ministère de Paul (v. 18-21) 
Les circonstances personnelles de Paul (v. 22-24)
L'encouragement à prendre soin de l'assemblée (v. 25-31)
Le rappel des ressources infaillibles de la grâce de Dieu (v. 32-35)


Lire : Actes 20 : 17-38
 
            « Lié dans son esprit » (v. 22), l'apôtre Paul est en route pour Jérusalem. Il a le désir de s'y trouver, si possible, le jour de la Pentecôte (19 : 21 ; 20 : 16). Il porte avec lui le produit d'une collecte faite en Macédoine et en Achaïe. Les croyants de ces régions ont trouvé bon de contribuer aux besoins des pauvres parmi les frères à Jérusalem (Rom. 15 : 25-27). Le temps est court. Paul reste toutefois une semaine en Troade pour pouvoir y rompre le pain avec les frères (Act. 20 : 6). Ensuite, avec sept compagnons de voyage, il poursuit rapidement son chemin.
            L'apôtre est déterminé à ne pas s'attarder en Asie mineure, et à passer au large d'Ephèse, où il a tant de liens fraternels. Arrivé à Milet, il envoie un message aux anciens de l'assemblée d'Ephèse (v. 17). Il désire qu'ils viennent le rejoindre, afin de leur faire ses adieux et ses dernières recommandations. A Antioche de Pisidie, il s'était adressé aux Juifs (chap. 13) ; à Athènes, il avait parlé aux nations (chap. 17) ; ici, en s'adressant à ces anciens d'Ephèse, il a en vue l'Eglise.
 
            La fin d'une période dans l'histoire de l'Assemblée approche ; l'apôtre sait qu'il  va bientôt terminer son ministère public. Dans son discours (v. 18-35), il parle successivement comme évangéliste (v. 21), comme docteur (v. 27) et comme pasteur (v. 31). Son message comporte ici quatre parties, les trois dernières commençant par ces mots : « Et maintenant ».
 
 
Les caractères du ministère de Paul (v. 18-21)
 
            Paul a reçu son ministère du Seigneur (v. 24). Ici il rappelle la manière dont son service s'est déroulé. Au verset 18, il évoque sa conduite, dont il parlera également à son enfant Timothée (2 Tim. 3 : 10 ; voir aussi Act. 23 : 1). Cette conduite a été à la hauteur de son service, ce qui n'est hélas ! pas toujours le cas pour tous les serviteurs, et affaiblit leur enseignement.
            « J'ai servi le Seigneur », déclare Paul (v. 19). Le mot utilisé ici évoque le service d'un esclave qui appartient entièrement à son maître. Ce titre d'esclave, Paul et les apôtres le revendiquent volontiers. Ils imitent en cela leur Seigneur (Zach. 13 : 5). Paul sert, comme a servi le parfait Serviteur, « en toute humilité ». Il est conscient, et nous devrions tous l'être, de l'abîme d'où Jésus l'avait tiré (1 Tim. 1 : 15).
            Tout service pour le Seigneur comporte des difficultés et « des larmes » (v. 19). Paul pouvait dire à ces croyants qu'il n'avait pas cessé de les avertir « avec larmes » (v. 31). Le Seigneur, notre parfait modèle, a lui-même pleuré (Ps. 126 : 5 ; Luc 19 : 41 ; Jean 11 : 35).
            Paul avait souffert de grandes épreuves de la part des Juifs qui faisaient tous leurs efforts pour le tuer. Il avait pourtant toujours cherché à les gagner pour Christ (Rom. 10 : 1). Encore au début de ce chapitre, nous les voyons comploter contre lui, de sorte qu'il doit changer d'itinéraire, et revenir sur ses pas (v. 3).
            Il n'avait jamais rien caché de ce qui était « profitable » au bien-être spirituel des chrétiens (v. 20). Dans l'exercice du ministère, veillons à ce qui est édifiant, utile à ceux auxquels nous nous adressons. Paul avait prêché et enseigné « publiquement et dans les maisons » (v. 20). Ce dernier aspect du service est souvent peu réalisé de nos jours, en contraste avec ce qui est rapporté au début des Actes (voir 5 : 42). Ayons cela devantage à coeur, soit pour y contribuer nous-mêmes, soit pour soutenir ceux qui consacrent au moins une partie de leur temps à cela.
            Le verset 21 mentionne l'un des aspects de l'enseignement de l'apôtre ; il insistait, tant auprès des Juifs que des Grecs, sur la « repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus Christ ». Tout pécheur qui se repent doit d'abord diriger ses regards sur Celui qui a porté nos péchés en son corps sur le bois (1 Pier. 2 : 24). La repentance implique le sentiment de son indignité et la confession de ses péchés, pour lesquels le Sauveur a dû tant souffrir.
 
 
Les circonstances personnelles de Paul (v. 22-24)
 
            Paul se proposait d'aller à Rome, mais en passant par Jérusalem, ce qui était un grand détour (voir Rom. 15 : 23-28). Il semble pourtant qu'il n'avait pas reçu d'ordre précis du Seigneur dans ce sens ; il laissait parler son coeur. Il ira à Jérusalem, mais c'est comme prisonnier qu'il poursuivra son voyage jusqu'à Rome.
            Paul ne cherchait pas sa propre gloire, il ne reculait pas devant la souffrance et ne craignait pas de mourir. Mais l'Esprit Saint rendait témoignage de ville en ville que des liens et de la tribulation l'attendaient dans le chemin qu'il avait décidé d'emprunter (v. 23). Au chapitre 13, l'Esprit Saint avait dit à son sujet, au moment de son appel : « Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul (qui deviendra Paul), pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés » (v. 2). Et au chapitre 16, nous voyons que l'Esprit dirige Paul et ses compagnons dans le chemin préparé pour eux (v. 6-10).
            Satan avait déclaré, en parlant de Job : « Peau pour peau, et tout ce qu'un homme a, il le donnera pour sa vie » (Job 2 : 4). Mais l'apôtre se déclare prêt à en faire le sacrifice de sa vie. Ce qu'il a devant lui, c'est achever « sa course » et le service qu'il a reçu du Seigneur Jésus (v. 24). La course n'est pas simplement la vie ; c'est un voyage moral. Le Seigneur veut nous détacher des choses d'ici-bas. Un croyant qui cherche à accroître ses biens sur la terre, qui déploie tous ses efforts pour les choses terrestres, n'a probablement pas encore fait le premier pas dans une telle course. De Jean le baptiseur, malgré sa jeunesse, il peut être dit qu'il « achevait sa course » (Act. 13 : 25). Il était rempli de Celui qu'il annonçait. Moralement, il en avait fini avec les choses d'ici-bas. Qu'en est-il de nous ? Examinons nos voies dans la lumière de Dieu.
            L'apôtre conclut ce verset 24 en rappelant que son service était de « rendre témoignage à l'évangile de la grâce de Dieu ».   
 
 
L'encouragement à prendre soin de l'assemblée (v. 25-31)
 
            Paul a passé parmi les croyants d'Ephèse en prêchant le royaume de Dieu - c'est-à-dire Christ comme Seigneur. L'Assemblée fait partie du royaume, mais elle ne doit pas être confondue avec lui ; elle est l'épouse du Roi. Ce royaume est aujourd'hui en mystère. En attendant sa réalisation publique, il est, dans un sens pratique pour le croyant, « justice, et paix, et joie dans l'Esprit Saint » (Rom. 14 : 17).
            L'apôtre annonce aux anciens d'Ephèse qu'ils ne verront plus son visage, et ajoute : « C'est pourquoi je vous prends aujourd'hui à témoin que je suis net du sang de tous » (v. 26). Il avait déjà employé une expression semblable au chapitre 18, en réponse à l'opposition des Juifs, en leur annonçant qu'il s'en irait désormais vers les nations (v. 6). Il exprime par là que sa responsabilité envers ses auditeurs est entièrement dégagée. Sa prédication à Ephèse a été absolument complète. Il leur a parlé de « la repentance envers Dieu et de la foi en notre Seigneur Jésus Christ » (v. 21), de « l'évangile de la grâce de Dieu » (v. 24), «  du royaume de Dieu » (v. 25), et n'a « mis aucune réserve à leur annoncer tout le conseil de Dieu » (v. 27) – notamment ce qui est relatif à l'Eglise, le « mystère caché dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses » (Eph. 3 : 9).
            Dieu a voulu avoir en sa présence des hommes sauvés et parfaits, mais son conseil a d'abord en vue la gloire de Christ. L'Envoyé du Père l'a entièrement glorifié sur la terre et son oeuvre parfaite fait de nous des adorateurs.
            Paul adresse ensuite aux anciens quelques exhortations (v. 28). D'abord ils doivent prendre garde à eux-mêmes : avoir une conduite soigneuse et mettre en pratique la vérité pour être capables de l'enseigner. Ensuite, ils doivent prendre soin de tout le troupeau et pourvoir à sa nourriture ; ils auront à coeur la santé spirituelle des enfants de Dieu. De plus, il leur faut veiller (v. 31), être constamment sur leurs gardes pour être en mesure d'éteindre, avec le bouclier de la foi, les flèches enflammées du Méchant (Eph.  6 : 16).
            Les mots « surveillant » et « ancien » désignent la même charge. Etablis par l'Esprit Saint, ils doivent paître le troupeau de Dieu qui est avec eux, c'est-à-dire les brebis plus particulièrement confiées à leurs soins. Comme le dit Pierre dans sa première épître, ils ne doivent pas agir par contrainte ni pour un gain honteux, ni dominer sur un héritage, mais être les modèles du troupeau (5 : 1-3).
            Bien nourries, les brebis ne seront pas une proie facile pour les « loups » qui apparaîtront. Le mot « troupeau » (v. 29) met l'accent plutôt sur notre faiblesse. Mais les croyants constituent « l'assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre Fils » (v. 28). A ce titre, elle est l'objet de la faveur et des soins vigilants du Père et du Fils.
            Au verset 29, l'apôtre parle en prophète. Il sait d'avance ce qui se passera après son départ. « Il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau ; et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses ». Satan se déguise parfois en ange de lumière (2 Cor. 11 : 14). Ne nous laissons pas séduire par les faux docteurs ; demandons humblement à Dieu de nous aider à les discerner (Rom. 16 17-18).
            Il n'est jamais question de successeurs des apôtres. Ceux-ci ont posé le fondement, Jésus Christ (1 Cor. 3 : 10). Et Paul exhorte les fidèles à veiller personnellement. Pendant trois ans, il n'avait pas cessé d'avertir chacun d'eux, nuit et jour, avec larmes. Montrons-nous un peu le même dévouement ?
            Il arrive que des instruments de Satan entrent par effraction dans l'enceinte où paît le troupeau (v. 29). Mais ils peuvent aussi surgir du milieu même des brebis (v. 30 ; voir 1 Jean 2 : 19). Ils cherchent à entraîner des disciples après eux (v. 30). Leur ambition est de devenir eux-mêmes  des centres de rassemblement. Il y a eu autrefois en Israël de faux prophètes, et il se trouve aujourd'hui parmi les chrétiens de « faux frères » (Gal. 2 : 4) et de « faux docteurs » (2 Pier. 2 : 1-2). Par eux, Dieu éprouve son peuple (voir Deut. 13 : 3). Quand une telle épreuve vient parmi nous, montre-t-elle que nous aimons le Seigneur ?
           
 
Le rappel des ressources infaillibles de la grâce de Dieu (v. 32-35)
 
            Paul va présenter maintenant les ressources divines qui demeurent malgré l'activité incessante de l'Ennemi pour tenter de ruiner ce que Dieu a établi. Il confie tous les bien-aimés, qu'ils soient d'Ephèse ou d'ailleurs, « à Dieu et à la parole de sa grâce ». « Elle a la puissance d'édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés » (v. 32).
            Si l'Ennemi est actif, demeurons assurés que Dieu est plus puissant que lui ! Christ a triomphé de lui au désert et définitivement à la croix. La Parole de Dieu qui par sa grâce est toujours entre nos mains, est vivante, opérante, pénétrante (Héb. 4 : 12). Elle nous aide à combattre. Si notre âme est lassée, elle la soutiendra. Elle a la puissance de nous édifier et de nous sauver - d'un salut journalier - jusqu'à l'achèvement de notre course.
            L'apôtre a déjà retracé les côtés importants de son ministère. Il affirme maintenant qu'il n'a « convoité ni l'argent, ni l'or, ni la robe de personne » (v. 33). N'ayant que des motifs désintéressés, il n'a jamais rien désiré ni recherché quant aux biens matériels. Il s'est au contraire attaché à rendre l'évangile « exempt de frais » (1 Cor. 9 : 18), en travaillant de ses propres mains pour ses besoins personnels et ceux des personnes qui étaient avec lui. Il a montré qu'en travaillant ainsi, il nous faut secourir les faibles (v. 35).
            Parfois il nous semble regrettable qu'un serviteur doué passe une partie de son temps – un temps court et précieux - à travailler comme un « faiseur de tentes » au lieu de consacrer tout son temps au service du Seigneur dans l'évangile. Veillons certes à ne pas emmuseler le boeuf qui foule le grain (1 Cor. 9 : 9) ; c'est notre responsabilité vis-à-vis de ces serviteurs. Mais souvenons-nous de l'exemple de notre Modèle. Notre Maître a travaillé humblement comme charpentier jusqu'à l'âge de trente ans, avant d'accomplir un ministère court et intense d'environ trois ans et demi, qui devait s'achever à la croix.
            On peut faire un parallèle entre les paroles de Paul ici et celles du prophète Samuel, vers la fin de son service en Israël (1 Sam. 12 : 3-5). L'un comme l'autre se sont attachés à veiller sur leur conduite, et peuvent en bonne conscience placer leur vie sous les yeux de leurs frères.
            Une parole du Seigneur lui-même - inconnue jusqu'ici – est citée par l'apôtre : « Il est plus heureux de donner que de recevoir » (v. 35). Vraie dans le domaine matériel, cette parole l'est aussi dans le domaine spirituel. Serrons-la dans notre coeur. Quel que soit le don confié, le Seigneur regarde aux motifs qui font agir son racheté. Imitons Celui qui a tout donné pour glorifier son Père et nous acheter à prix (1 Cor. 6. 20).
            L'apôtre vient de donner ses dernières recommandations avant son départ. Il se met à genoux et prie avec eux tous (v. 36). Extrêmement émus, ils le couvrent de baisers et sont tous dans les larmes. Ils ont tant reçu par son moyen pendant ces trois années !
 
            Ce récit des adieux de l'apôtre nous a été conservé pour notre instruction et notre consolation. Souvenons-nous de l'exemple qu'il nous donne ; serrons dans nos coeurs les avertissements qu'il dispense et gardons, comme Paul, les yeux fixés sur le Seigneur.
 
 
                                                     Ph. L   - « Messager Evangélique » 2010 p. 97-104