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Mon âme, bénis l’Éternel !

Psaume 103


Psaume 103 - Introduction (v. 1-2)
Les bienfaits de l’Éternel (v. 3-18)
Bénédictions finales (v. 19-22)
 

Encouragements des Psaumes
            Les Psaumes concernent essentiellement Israël, et plus particulièrement le résidu (reste fidèle) de Juda. Au milieu des souffrances terribles qu’ils devront endurer durant le « temps de détresse » (Dan. 12 : 1) de la « grande tribulation » (Matt. 24 : 21), Dieu permettra dans sa grâce que ces Juifs fidèles soient soutenus et encouragés par les consolations des Psaumes. Mais combien d’âmes, dans le temps actuel de la grâce, ont trouvé encouragement et consolation, force et soutien, en méditant sur les versets des Psaumes ! Beaucoup d’entre eux expriment une pleine confiance en Dieu dans toutes les circonstances de la vie et, au travers de nos propres épreuves, notre foi est affermie en les lisant. C’est pourquoi nous aimons toujours revenir aux livres des Psaumes lorsque nous éprouvons les difficultés de la vie sur la terre.
            Mais nous trouvons aussi dans les Psaumes une source vive qui abreuve notre âme et la remplit de reconnaissance et de louange en considérant les bienfaits de Dieu envers nous. Le Psaume 103 est l’un de ceux-là.

Les Psaumes 103 à 107
            
Les Psaumes 103 et 104 font partie d’un petit groupe de cinq Psaumes qui clôturent le 4e livre et ouvrent le 5e ; ce sont les Psaumes 103 à 107.
            Le Psaume 106 termine le 4e livre par un appel à bénir « l’Éternel, le Dieu d’Israël, de l’éternité jusqu’en éternité ! et que tout le peuple dise : Amen ! Louez Yah ! » (v. 48).
            Les Psaumes 105 à 107 sont des Psaumes d’action de grâces ; ils commencent tous les trois par le même appel à exprimer la reconnaissance à Dieu et à Lui rendre la louange : « Célébrez l’Éternel ! ». Les Psaumes 103 et 104 vont ensemble et sont la conséquence en bénédiction et en louange, du Psaume 102 qui nous présente l’Homme de douleurs et son œuvre en substitution. Le Psaume 103 est la bénédiction apportée à l’Éternel comme Rédempteur et selon ses voies de grâce envers son peuple, et le 104 exprime la bénédiction rendue à l’Éternel comme Créateur. Ces deux Psaumes commencent et se terminent de la même manière : l’âme du croyant s’exhorte elle-même à bénir l’Éternel - ce qui signifie dire du bien de Lui - en considérant les nombreux biens qu’Il lui a accordés.

L’âme du croyant dans les Psaumes
            
Dans les Psaumes, l’âme du croyant nous est souvent montrée dans ses différents sentiments, émotions, pensées, en fonction des circonstances traversées. Elle peut être joyeuse et elle loue Dieu par des cantiques (Ps. 16 : 9 ; 30 : 12-13 ; 35 : 9), mais aussi troublée, abattue, agitée, humiliée, dans les pleurs (voir Ps. 6 : 4 ; 35 : 13 ; 42 : 6, 7, 12 ; 43 : 5 ; Ps. 119 : 20, 25, 28…) ; elle peut s’attendre à Dieu, mais aussi dépérir de chagrin et se sentir abandonnée (Ps. 130 : 5, 6 ; 31 : 10 ; 35 : 12).
            Dans plusieurs psaumes, le croyant s’adresse à son âme, son moi intérieur ; l’âme s’interroge, s’exhorte. Aux Psaumes 42 et 43, elle se questionne sur son abattement et son agitation, mais elle trouve sa réponse en Dieu, son salut ; au Psaume 57, elle s’éveille à la louange (v. 9-11) ; de même au Psaume 146 (v. 1-2) ; au Psaume 62, elle se repose sur le Dieu d’espérance (v. 6-9).
            Dans les Psaumes 103 et 104, nous trouvons une âme heureuse, calme et en paix. Au Psaume 103, nous ne la voyons pas occupée d’elle-même, mais de son Dieu et des bienfaits dont Il l’a comblée et dont Il la comble.
            Pour nous, croyants de la période de la grâce, si nous sommes conscients de la relation bénie que nous avons avec notre Dieu et Père, alors nous pouvons en ressentir les bienfaits constants. Notre âme peut méditer en paix sur ces choses et s’exhorter elle-même à bénir Dieu lorsqu’elle se souvient de ce qu’Il a fait pour elle ; elle sait que « tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1 : 17).


Psaume 103 - Introduction (v. 1-2)

                        « Mon âme, bénis l’Éternel ! »
            L’exclamation qui ouvre le Psaume 103 est comme le titre du Psaume et le résumé de tout ce qui va suivre. Le dernier verset, comme souvent dans les Psaumes, résume ce qui a été présenté dans les versets précédents et vient le confirmer. Le premier homme de la Bible qui a béni l’Éternel - après avoir été d’abord béni lui-même - est Noé, qui a traversé le déluge sain et sauf avec sa famille (Gen 9 : 1, 26).
            Ici, l’âme heureuse en son Dieu s’exhorte donc à faire jaillir du dedans d’elle-même des paroles de bien concernant le Dieu d’éternité, dont le nom d’Éternel (Yah, Yahveh) est celui qu’il prend lorsqu’il s’agit des relations qu’Il a avec les siens et avec son peuple. Nous voyons par exemple en Genèse 6 : 8, la grâce de l’Éternel envers Noé dont il est dit qu’il « marchait avec Dieu », dans Sa présence (v. 9). Puis en Exode 3 : 14-17, l’Éternel se présente à Moïse comme étant Celui qui est d’éternité en éternité, et qui vient vers son peuple pour le délivrer, le faire monter dans un pays rempli de bonnes choses, et pour habiter avec lui (Nom. 35 : 34). En Exode 5 : 2, Il fait savoir au Pharaon qu’Il est « l'Éternel, le Dieu d’Israël ». L’âme du psalmiste est donc consciente de la relation qui l’unit à son Dieu et par laquelle elle Le connaît. Elle est alors capable et remplie du désir de Lui rendre la louange pour ce qu’Il est.
            Dans l’un des derniers psaumes de louange, à la fin du 5e livre, David peut encore s’exclamer : « Je t’exalterai, mon Dieu, ô Roi ! et je bénirai ton nom à toujours et à perpétuité. Je te bénirai chaque jour, et je louerai ton nom à toujours et à perpétuité… Ma bouche dira la louange de l’Éternel ; que tout être de chair bénisse son saint nom, à toujours et à perpétuité » (Ps. 145 : 1-2, 21).

                       « Et que tout ce qui est au-dedans de moi bénisse son saint nom ! »
            
L’être tout entier du croyant est tourné vers Dieu, vers son « saint nom », qui représente ce qu’Il est. Il y a l’âme du croyant, mais aussi son cœur, son esprit, ses entrailles (le siège des affections les plus profondes et intimes de l’être : voir Phil. 1 : 8) ; ainsi toute sa personne et toutes ses facultés sont impliquées dans cette louange qui provient de l’être intérieur et s’élève vers Celui « dont le nom est le Saint » (És. 57 : 15).
            À plusieurs reprises dans l’Écriture, lorsqu’il est parlé du « saint nom » de Dieu, c’est en rapport avec la profanation de ce nom par Israël (voir Lév. 22 : 2, 32 ; Éz. 36 : 20-23 ; 43 : 7-8). Mais la pensée de Dieu concernant son Nom est qu’Il soit exalté et glorifié. Dans le premier Psaume qu’il a composé (1 Chr. 16 : 7), David exhorte Israël à se souvenir des œuvres merveilleuses de l’Éternel, à méditer sur elles (v. 9), et il s’exclame : « Glorifiez-vous de son saint nom ; que le cœur de ceux qui cherchent l’Éternel se réjouisse ! » (v. 10 ; voir encore 1 Chr. 16 : 35 ; Ps. 105 : 3 ; 106 : 47…).

                        « Mon âme, bénis l’Éternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits »
            
Le psalmiste exhorte à nouveau sa propre âme à la bénédiction, mais il pense maintenant à ce qui l’alimentera afin que, comme du trop-plein de son âme cette abondance déborde en reconnaissance. Les bienfaits de Dieu envers son âme sont nombreux et variés, mais le croyant sait quelle est sa tendance à les oublier. Aussi, l’âme qui a goûté les bienfaits de l’Éternel désire les rappeler à sa mémoire afin de pouvoir exprimer ce que Dieu a fait pour elle et faire ainsi monter vers Lui sa louange.
            « … Même celles-là oublieront... mais moi, je ne t’oublierai pas. Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (És. 49 : 15-16). Dans la gloire, le Seigneur Jésus porte en son corps éternellement le souvenir ineffaçable de ce qu’Il a souffert pour nous. Et nous, gardons-nous précieusement le souvenir de ce qu’Il est dans sa Personne et de ce qu’Il a fait par son œuvre à la croix ? Nous sommes reconnaissants au Seigneur Jésus d’avoir institué le mémorial de ce souvenir, auquel nous pouvons participer chaque dimanche - « en mémoire de moi », nous dit-Il (Luc 22 : 19 ; voir Ps. 116 : 12-13). « Le désir de notre âme est après ton nom et après ton souvenir » (És. 26 : 8) ; que nos cœurs, si facilement oublieux, puissent avoir ce profond désir de se souvenir de Lui pendant le temps de son absence !


Les bienfaits de l’Éternel (v. 3-18)

            Le psalmiste rappelle maintenant à son âme les raisons qui la conduisent à bénir l’Éternel. Il la comble de biens : Il pardonne, Il guérit, Il rachète, Il bénit, Il fortifie, Il couronne (ou : entoure) de bonté et de compassions (v. 3-5). C’est là ce que Dieu a fait pour l’âme dans le passé – par le salut, la rédemption -, mais aussi dans le présent et jusqu’à la fin de sa vie. Et pour nous, croyants du temps de la grâce, nous savons que ces bienfaits s’étendent jusqu’à l’obtention de la vie éternelle dans le ciel auprès du Seigneur Jésus à sa venue (Rom. 6 : 22b).

                        Il pardonne
            Le prophète Daniel a pu affirmer : « Au Seigneur notre Dieu sont les compassions et les pardons » (Dan. 9 : 9). Quel bienfait pour nous, que Dieu nous ait pardonné ! Nous éprouvons souvent du mal à pardonner à quiconque nous a offensé, mais pensons au pardon de Dieu envers nous et à ce que la Parole de Dieu nous dit : « Les uns à l’égard des autres, soyez bons, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonnés » (Éph. 4 : 32). Nous étions coupables et dignes de mort, mais le « Dieu de pardons » nous a fait grâce (Néh. 9 : 17) et nous a pardonné « toutes nos iniquités » (v. 3a), « toutes nos fautes » (Col. 2 : 13). Il ne reste aucun péché qui ne soit pardonné par Dieu. Les fils de Coré l’avait expérimenté (voir Nom. 16 ; 26 : 10-11), et ils ont pu dire : « Éternel !... Tu as pardonné l’iniquité de ton peuple, tu as couvert tous leurs péchés » (Ps. 85 : 3). Mais l’obtention d’un tel pardon a nécessité la croix de Christ, et c’est grâce à cette œuvre accomplie par Lui que nos innombrables péchés ont tous pu être pardonnés par Dieu. Que notre Dieu sauveur et notre Seigneur Jésus Christ soient éternellement bénis pour cela !

                        Il guérit
            
L’Éternel s’était présenté à son peuple en leur disant : « Je suis l’Éternel qui te guérit » (Ex. 15 : 26b) – Jéhovah-Roshi. Lorsque Jésus, le Fils de Dieu, était sur la terre au milieu de son peuple, Il a montré chaque jour qu’Il était Celui qui apportait la guérison aux malades, dans le corps et l’esprit (voir Matt. 14 : 36b ; etc.). Mais n’oublions pas que s’Il a « guéri tous ceux qui se portaient mal », cela Lui a coûté un lourd poids de souffrances tout au long de sa vie, car « Lui-même a pris nos infirmités et a porté nos maladies » (voir Matt. 8 : 16-17). Et Il a aussi été Celui qui, par ses meurtrissures, nous a guéris de l’incurable et mortelle maladie du péché (És. 53 : 5 ; 1 Pi. 2 : 24). C’est à la croix que le péché a été ôté de devant les yeux du Dieu saint par Celui qui, pour cela, « a été fait péché pour nous » (2 Cor. 5 : 21).

                        Il rachète de la tombe
            
Le roi Ézéchias, guéri par Dieu de la maladie qui devait le conduire à la mort, a écrit un mémorial de reconnaissance et de louange à l’Éternel qui a voulu le sauver (voir És. 38 : 10-20). Ainsi, il dit : « Tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos » (v. 17). La fosse parle de la mort à laquelle tous les hommes pécheurs sont destinés – « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6 : 23a).
            Ceux qui habitaient « dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort » et qui ont « crié à l’Éternel dans leur détresse » ont été délivrés : l’Éternel « a envoyé sa parole et les a guéris, il les a retirés de leurs fosses » (voir Ps. 107 : 10-22). Dieu, en grâce, a envoyé le Seigneur Jésus qui, par sa mort sur la croix, a apporté la vie à ceux qui étaient morts dans leurs péchés. Élihu dit au sujet de celui qui a été délivré et racheté de la mort, et qui peut alors chanter de joie : « Il a délivré mon âme pour qu’elle n’aille pas dans la tombe, et ma vie verra la lumière » (voir Job 33 : 18, 22, 24, 28). Oui, l’âme du croyant répète avec Ézéchias : « Tu m’as fait vivre » (És. 38 : 16) ! Elle s’élève vers Dieu en reconnaissance et actions de grâces, car « notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ… s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité » (Tite 2 : 14) - « Mes lèvres, et mon âme que tu as rachetée, exulteront quand je chanterai tes louanges » (Ps. 71 : 23) ; « Le vivant, le vivant est celui qui te louera, comme moi aujourd’hui » (És. 38 : 19).

                        Une couronne de bonté
            
Le psalmiste se rappelle à plusieurs reprises la bonté et les compassions de Dieu (v. 4, 8, 11, 13, 17) qui apportent tant de bienfaits à l’âme. Non seulement l’Éternel revêt des « vêtements du salut » et de la « robe de la justice » (És. 61 : 10) celui qu’Il a sauvé, mais, de plus, Il le « couronne de bonté et de compassion » (v. 4b). Il comble son racheté de sa faveur et le glorifie en plaçant sur sa tête ce qui ornera en lui la bonté et les compassions de Dieu. Christ glorifié dans le ciel est revêtu par Dieu « de majesté et de magnificence » (Ps. 21 : 6) et couronné de gloire et d’honneur (Héb. 2 : 7, 9). Cela Lui est réservé, à Lui seul. Mais ceux qui régneront avec Lui seront vêtus de blanc (Apoc. 4 : 4) et porteront des couronnes à sa gloire (2 Tim. 4 : 8 ; Jac. 1 : 12 ; 1 Pi. 5 : 4 ; Apoc. 2 : 10).
            Oui, « l’Éternel est d’une grande bonté » (v. 8), sa bonté est « de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (v. 17), et « il a compassion de ceux qui le craignent » (v. 13). Cette crainte du croyant est « la vénération, fruit de la reconnaissance ; le respect, la soumission, la dépendance ; le sentiment des droits de Dieu sur moi, car il a toute autorité ; la peur de lui déplaire, car je connais sa bonté et sa puissance » (H. Rossier). En faisant repasser devant elle la bonté de l’Éternel (qui « demeure à toujours » (voir Ps. 106 : 1 ; 107 : 1) et en toutes circonstances - Ps. 136) et ses compassions qui « ne cessent pas » et « sont nouvelles chaque matin » (Lam. 3 : 23), l’âme du psalmiste peut bénir ce Dieu dont l’amour se manifeste ainsi envers les siens.

                        Vieillesse et jeunesse
            
Le psalmiste se souvient maintenant des bienfaits de Dieu envers son âme tout au long de sa vie (v. 5). Jacob, âgé de 147 ans, peut prononcer ces belles paroles : « Dieu a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour » (Gen. 48 : 15). Et, si une longue période de sa vie a été tourmentée – il pouvait dire au Pharaon : « Les jours des années de mon séjour [sur terre] ont été courts et mauvais » (Gen. 47 : 9), il a cependant éprouvé, dans les 17 dernières années de sa vie, passées auprès de son fils Joseph, ce que c’était que d’être « rassasié de biens » dans sa vieillesse. La bonté et la fidélité permanentes de notre Dieu sont rapportées par le prophète Ésaïe à Israël : « Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs, je vous porterai. Moi, je l’ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai » (És. 46 : 4). Même dans l’âge avancé, alors que les facultés physiques et intellectuelles diminuent, qui d’autre que notre Dieu peut faire éprouver que « toutefois l’homme intérieur est renouvelé de jour en jour » (2 Cor. 4 : 16) ?
            Il est aussi Celui qui donne et renouvelle la force de la jeunesse, comme le prophète Ésaïe l’exprime au sujet de ceux qui s’attendent à l’Éternel ; il les compare, comme le psalmiste, au puissant roi des oiseaux qui plane sans effort dans les airs : ils « renouvelleront leurs forces ; ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles ; ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas » (És. 40 : 31). La fatigue peut se faire sentir, mais Dieu donne des forces nouvelles. Quel que soit l’âge d’un croyant, s’il place sa confiance en Dieu et cherche sa force « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » et dans sa grâce (Éph. 6 : 10 ; 2 Tim. 2 : 1), il éprouvera les bienfaits de Dieu même dans « la blanche vieillesse » (voir Ps. 92 : 15).

                        L’Éternel fait justice et droit à tous les opprimés
            
La justice et le jugement sont la base du trône de Dieu » (Ps. 97 : 2). Dans sa grandeur et son autorité royale, il fait droit à l’orphelin à la veuve et à celui qui est opprimé (Deut. 10 : 18 ; Ps. 10 : 18), des personnes qui n’ont bien souvent que peu d’aide et de soutien de la part de l’homme. Mais Dieu garde la vie des orphelins et s’occupe des veuves qui se confient en Lui (Jér. 49 : 11) ; Il est un lieu fort au misérable et au pauvre (És. 25 : 4). C’est aussi parce qu’Il est le Dieu d’amour que, par sa « puissance en force d’intelligence (ou : de cœur) », Il « fait droit aux malheureux » (voir Job 36 : 5-6).
            C’est par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ que nous avons reçu en partage « une foi de pareil prix » (2 Pi. 1 : 1). C’est parce que nous avons reçu le Seigneur Jésus dans notre cœur et que nous sommes « nés de Dieu » et qu’Il nous a donné « le droit d’être enfants de Dieu » (Jean 1 : 12-13). Si nous-mêmes nous pratiquons la justice - c’est-à-dire que nous nous conformons à la relation dans laquelle nous nous trouvons avec Dieu -, nous montrons par cela que nous sommes enfants de Dieu (voir 1 Jean 2 : 29).

                        Les voies et les actes de Dieu
            
Au verset 7, l’âme se souvient que Dieu a révélé ses actes à Israël, mais qu’Il a fait connaître ses voies à Moïse, son serviteur, son ami (Ex. 33 : 11), c’est-à-dire les principes et la manière selon lesquels Il agissait. Dieu n’a pas fait connaître ses conseils aux croyants de l’Ancien Testament : cela nous était réservé, à nous les croyants de la période de la grâce. Il nous a fait part de son plan le plus secret, de ses desseins éternels à l’égard de Christ, qui est le centre béni de l’amour et des conseils de Dieu. Il nous les a fait connaître par le moyen de l’apôtre Paul. (Rom. 16 : 25-26 ; Col. 1 : 26-27 ; Éph. 3 : 4-6 ; lire aussi Éph. 1 : 3-14).

                        La grâce divine
            
Maintenant David rappelle quatre caractères de l’Éternel : miséricorde, grâce, lenteur à la colère et bonté (v. 8). Ils sont mentionnés huit fois dans la Parole de Dieu :
                 - une première fois par Dieu Lui-même (Ex. 34 : 6) ;
                 - ils sont ensuite rappelés par Moïse (Nom. 14 : 18) ;
                 - puis évoqués trois fois par David dans des Psaumes (ici et Ps. 86 : 15 ; 145 : 8) ;
                 - ils sont aussi mentionnés par les lévites dans leur bénédiction adressée sous Néhémie à « l’Éternel, votre Dieu, d’éternité en éternité » (Néh. 9 : 5, 17b) ;
                 - ils sont repris par le prophète Joël dans son appel à Juda à revenir « à l’Éternel, votre Dieu » (Joël 2 : 12-14)
                 - et enfin confessés par le prophète Jonas (Jon. 4 : 2).
            Oui, notre Dieu est un Dieu de miséricorde et de grâce, de patience et de bonté ! Il est le Dieu d’amour qui nous a aimés, nous a sauvés, rachetés, élevés jusqu’à Lui. Nous avons éprouvé dans le passé les bénédictions de ces quatre manifestations de l’amour de Dieu envers nous et nous en bénéficions quotidiennement. Ne pouvons-nous pas Le bénir de toute notre âme pour ce qu’Il est en Lui-même – Il est amour - et pour tout ce que son amour opère en notre faveur ?

                        Contestation et colère
            
L’âme du psalmiste considère dans ce verset 9 deux bienfaits particuliers de l’Éternel, qui découlent des caractères de Dieu reconnus au verset précédent. Ils sont présentés de manière négative, afin de mettre en évidence sa grâce et sa douceur en contraste avec la contestation (ou : différend, dispute) et la colère. Ni les différends de l’Éternel avec son peuple, ni sa colère contre lui ne subsisteront. Il a accepté pendant longtemps de débattre et de contester avec son peuple, mais c’est là un effet de la patience et de la grâce envers un peuple qui a oublié ce que Dieu a fait pour lui, mais qu’Il cherche à ramener à Lui « parce qu’Il prend son plaisir en la bonté » (voir Mich. 6 : 1-5 ; 7 : 18).
            Dès le début de l’histoire de l’homme sur la terre, Dieu a dû contester avec lui et supporter sa méchanceté avec une grande patience. Mais le jugement est tombé sur les hommes à la fin, par le déluge (voir Gen. 6 : 1-7, et le v. 3). La rébellion d’Israël a conduit par la suite l’Éternel à contester encore et encore avec eux (Jér. 2 : 8-9).
            La bonté fidèle de Dieu est évoquée et rappelée ici : sa juste colère contre son peuple rebelle et infidèle ne demeurera pas à toujours. Le prophète Jérémie le rappelle à la conscience de Juda, en appelant ce pauvre peuple à se repentir de ses mauvaises voies et à revenir à l’Éternel qui le recevra, guérissant leurs infidélités (voir Jér. 3, notamment les versets 5 et 12). L’Éternel l’affirme Lui-même : « Je ne contesterai pas à toujours, et je ne serai pas irrité indéfiniment ; car devant moi l’esprit défaillirait, ainsi que les âmes que j’ai faites » (És. 57 : 16). Le jour vient ou l’Éternel pourra montrer toute sa bonté envers un Israël humilié et restauré qui aura enfin reconnu en Christ son Messie et son Roi.
            Quant à nous, croyants du temps de la grâce, nous savons que la colère de Dieu a été détournée de nous qui la méritions, pour tomber tout entière sur Celui qui était sur la croix, portant en son corps nos innombrables péchés ; là, Il a bu la coupe de la colère de Dieu contre le péché, qu’Il avait acceptée de la main de son Père et qu’Il a entièrement vidée (voir Luc 22 : 42 ; Jean 18 : 11). Désormais, il n’y a plus de colère de Dieu contre nous. Parce que Christ a subi la colère divine à notre place, nous pouvons dire avec reconnaissance à notre Dieu : « Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, mais ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé » (És. 12 : 1).
            Par la venue du Seigneur pour nous enlever au ciel, nous serons délivrés de la colère qui vient bientôt sur un monde incrédule (1 Thes. 1 : 10) envers lequel Il suspend encore aujourd’hui son jugement, car Il est un Dieu de grâce et de miséricorde, grand en bonté et lent à la colère.

                        Grâce et bonté de Dieu
            
Dans les versets 10 à 12, l’âme du croyant rappelle la grâce et la bonté dont il a été l’objet de la part de l’Éternel. Nos péchés et nos iniquités nous avaient mérité le jugement et la mort, mais la grâce de Dieu s’est déployée envers nous en Jésus Christ et sa bonté à salut s’est montrée aussi élevée que les cieux le sont au-dessus de la terre (qui pourrait mesurer la distance entre le ciel et la terre ? - c’est la « mesure » de la bonté de Dieu !). Il a effacé nos transgressions, comme un nuage épais (És. 43 : 25 ; 44 : 2) qui a fait place à la pure lumière du soleil ; Il les a éloignées de nous autant que « l’orient est éloigné de l’occident », une distance que personne ne peut mesurer.
            Mais le racheté n’oublie pas que son Seigneur « a été blessé pour ses transgressions et meurtri pour ses iniquités », frappé par Dieu Lui-même à cause de ses transgressions (voir És. 53 : 5, 8b).

                        Les compassions de notre Père céleste
            
Le psalmiste utilise une nouvelle image pour nous parler des compassions de Dieu : un père et son fils. Nous comprenons les sentiments d’un père qui a pitié de son fils qui souffre ; c’est un effet de sa grâce, provenant de son amour. Le père évoque pour nous l’amour de Dieu envers ses enfants – nous, croyants de la période de la grâce, avons Dieu pour Père (Jean 21 : 17) et savons par le Seigneur Jésus que le Père lui-même nous aime (voir Jean 16 : 27). S’il nous arrive de nous éloigner de Lui, d’être infidèles, toutefois « le Seigneur est plein de compassion » (Jac. 5 : 11) envers ses enfants, et Il ne nous abandonnera pas - comme Il n’a pas abandonné dans le désert le peuple qu’Il aimait, malgré son orgueil et son idolâtrie (voir Néh. 9 : 16-21). Ému de notre état, Il intervient en notre faveur pour nous ramener à Lui, pour nous restaurer. Nous aurons peut-être besoin de la discipline paternelle, mais ce sera le moyen qu’Il emploiera pour nous rapprocher de Lui – « S’il afflige, il a aussi compassion » (Lam. 3 : 32). Rappelons-nous avec reconnaissance que c’est « avec une bonté éternelle » qu’il a compassion de nous » (És. 54 : 8), et que jamais ses compassions ne cessent envers les siens ; elles sont « nouvelles chaque matin » (Lam. 3 : 22-23).

                        La faiblesse de l’homme et la bonté de Dieu
            
Il use de compassion envers nous, car Il connaît notre faiblesse (v. 14-16). Lui se souvient que « nous sommes poussière » (voir Gen. 2 : 7), « faits d’argile » (Job 33 : 6). Nos jours passés sur la terre sont peu nombreux, ils ne sont qu’une ombre qui passe rapidement (Job 8 : 9 ; 14 : 1-2) - faibles et éphémères, tels nous sommes… Mais, en revanche, la bonté de l’Éternel est « à toujours » ; c’est la bonté que manifeste « le Dieu d’éternité » (Gen. 21 : 33 ; És. 40 : 28), et elle demeure sans que rien ne l’affaiblisse ou ne l’altère. Si Dieu nous voit dans toute notre faiblesse, toutefois notre âme peut toujours s’attendre à Lui pour nous « conserver en vie » (voir Ps. 33 : 18-20), maintenant et pour la vie éternelle. Comme l’écrit Jude, les saints, appelés et bien-aimés, sont « conservés en Jésus Christ » - c’est-à-dire entièrement gardés par et pour Jésus Christ (Jude 1).
            La bonté et la justice divines sont assurées à « ceux qui gardent son alliance et… se souviennent de ses préceptes pour les faire » (v. 18). Sommes-nous, aujourd’hui, de ceux qui gardent les commandements du Seigneur Jésus – c’est-à-dire qui les connaissent et s’en souviennent - et les mettent en pratique par amour pour leur Seigneur (voir Jean 14 : 15, 21, 23) ? Demeurer dans la crainte de Lui déplaire, et vivre les commandements du Seigneur, c’est pour le croyant s’assurer les bienfaits de la bonté constante et fidèle de Dieu et de sa justice permanente – « Je n’ai pas oublié tes préceptes. Ta justice est une justice à toujours » (Ps. 119 : 141b-142a).


Bénédictions finales (v. 19-22)

            Le dernier paragraphe de ce Psaume nous montre la grandeur et l’autorité royale de l’Éternel qui siège dans les cieux (v. 19), si grand que « les cieux et les cieux des cieux ne peuvent le contenir » (2 Chr. 6 : 18). Puis le psalmiste appelle les anges, les armées du ciel et tout ce qu’Il a créé à bénir l’Éternel en tout lieu sur lesquels sa domination s’étend – « jusqu’au bout de la terre » et pour l’éternité (voir Dan. 4 : 3, 22, 34).
            Et la conclusion de ce Psaume est semblable à son introduction. Le bilan des bienfaits de Dieu dont l’âme se souvient sans cesse, conduit le psalmiste à bénir à nouveau l’Éternel : « Mon âme, bénis l’Éternel ! ». « Quel privilège ! La bénédiction, dans la bouche de ses rachetés, a plus de valeur pour son cœur que celle des anges, que celle des armées de l’Éternel, que celle de toutes ses œuvres ! » (H. Rossier). Que notre âme s’élève vers notre Seigneur Jésus Christ et notre Dieu et Père, qui nous a aimés » (2 Thes. 2 : 16), et qu’elle Le bénisse sans cesse dans le souvenir des bienfaits dont le racheté est comblé jusqu’en l’éternité !

                  Compte les bienfaits de Dieu, Mets-les tous devant tes yeux ;
                  
Tu verras, en adorant, Combien le nombre en est grand.
                  
Bénis donc, bénis sans cesse Ce Père qui, chaque jour,
                  
Répand sur toi la richesse De son merveilleux amour.
                                  
Recueil de chants chrétiens « Venez à moi » (n° 226)

 

Ph. Fuzier – octobre 26