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Quelques circonstances de la vie du prophète Élisée

2 Rois 2 et 4


La fin du ministère d’Élie (2 Rois 2 : 18)
Les eaux assainies (2 Rois 2 : 15-22)
Jugement des moqueurs (2 Rois 2 : 23-24)
La mort est dans la marmite (2 Rois 4 : 38-41)
L’homme de Baal Shalisha (2 Rois 4 : 42-44)
 

La fin du ministère d’Élie (2 Rois 2 : 18)

                        Élie remplacé par Élisée
            
Le ministère du prophète Élie se termine au début du deuxième livre des Rois (2 : 11-12). Élie avait été un prophète de jugement qui avait maintenu les droits de l'Éternel au milieu d'un peuple qui s'en allait vers les faux dieux, vers l'idolâtrie. Dans son énergie il avait remporté de belles victoires morales au milieu de ce peuple. Il avait combattu les combats de l'Éternel et malgré la défaillance qu'il montre dans une circonstance bien solennelle, craignant les menaces d'une femme, l'Éternel lui accorde une fin magnifique et extraordinaire.
            Cet homme de Dieu, qui pouvait dire en vérité : « L'Éternel… devant qui je me tiens » (1 Rois 17 : 1), qui savait ce que c'était que se tenir devant Dieu, a eu peur de la reine Jézabel. Il s’est enfui « pour sauver sa vie » (19 : 3) et a fait requête contre le peuple de Dieu (voir Rom. 11 : 2). Dieu le conduit à sa montagne sainte et lui révèle ce qu’Il est, un Dieu de grâce. Si du côté du jugement et des responsabilités du peuple, Dieu est d'accord avec lui, car il n'y a plus rien à en attendre, le feu, le vent de tempête pouvant tout consumer et tout emporter, Dieu n'était ni dans l'un ni dans l'autre. C'est dans cette voix douce et subtile au son de laquelle le prophète se couvre la tête de son manteau (1 Rois 19 : 12-13), qu'il discerne et comprend combien il était loin de la pensée de Dieu, ce qu'Il avait par devers Lui comme ressource pour son peuple
            L'Éternel le charge de trois missions :
                  1. « Va... tu oindras Hazaël pour qu'il soit roi sur la Syrie » ;
                  2. « Jéhu… tu l'oindras pour qu'il soit roi sur Israël » ;
                  3. « Tu oindras Élisée… pour qu'il soit prophète à ta place » (1 Rois 19 : 15-16).

            Il commence par la dernière, laissant les autres entre les mains de Dieu, comme s'il en avait assez du jugement, et il oint Élisée comme prophète. Il le trouve, labourant avec ses bœufs et jette sur lui le manteau (v. 19), le qualifiant ainsi de la part de Dieu pour un service qui allait lui être confié.
            Élie se met de côté et c'est une chose que nous avons à réaliser. Dieu veut nous mettre de côté, quant à nous-mêmes, si nos pensées ne sont pas en harmonie avec les siennes. Il faut que nous entrions dans la pensée de Dieu. Il fait tout pour cela. Il nous instruit, Il nous avertit, Il nous donne le témoignage qu'Il est avec nous, mais si un jour la foi défaut, alors l'Éternel Dieu choisit un autre témoin, et c'est dans ces versets que nous voyons la fin de ce serviteur. On aurait pu penser qu'après cela Dieu allait le laisser mourir tranquillement, mais ce qui est très beau c'est qu'Élisée s'attache à ce prophète de tout son cœur, avec une foi entière à ce Dieu qui avait appelé Élie, et l'avait revêtu d'une autorité morale. Élisée verse de l'eau sur les mains d'Élie (2 Rois 3 : 11), accomplissant ce service effacé en attendant que la Parole de l’Éternel s'accomplisse en ce qui le concerne.

                        Les trois étapes du chemin d’Élie et Élisée
            
Nous voyons dans ce chapitre 2 comment Élie suit un chemin en trois étapes, qui sont bien instructives : Béthel, Jéricho, le Jourdain.
                  - La première étape, Béthel, la maison de Dieu, est l'endroit où est rappelée la fidélité de Dieu. Là, Élisée doit apprendre qu'il y a une maison de Dieu et un peuple de Dieu sur la terre. Il commence par cela, proclamant qu'il a perdu de vue cela un moment.
                  - Il veut suivre Élie et va vers Jéricho, deuxième étape. C’est la ville qui est sous le jugement de Dieu et qui ne doit pas être rebâtie, cette ville sur laquelle la victoire a été remportée, non pas par le peuple, mais par Dieu lui-même au temps des trompettes du témoignage. Partant de là et se rappelant qu'il n'y a ici-bas que malédiction à la suite du jugement d'un peuple rebelle, Élisée va être prophète à la place d’Élie dans quelques instants, un prophète de grâce qui pourra apporter dans cette ville maudite une grâce voulue de Dieu pour ce peuple.
                  - Puis il s'en va au Jourdain, c’est la troisième étape. Il faut le franchir, ce fleuve de la mort, et nous l'avons franchi en figure, étant morts avec Christ. Mais pour Élie, c'est une chose très réelle. De l'autre côté, c'est l'enlèvement, c'est la gloire et c'est ce but vers lequel nous marchons et que nous allons atteindre. Élie est emmené dans un char de feu.
            Nous connaissons la requête d'Élisée : « Qu’il y ait, je te prie, une double mesure de ton esprit sur moi » (2 Rois 2 : 9). C'est tout ce qu'Élisée pouvait désirer. Voilà un cœur qui avait le souci pour le peuple de Dieu ; voilà quelqu'un qui entrait dans la pensée de Dieu, non pas pour déployer une puissance extraordinaire, bien qu'il y ait deux résurrections dans cette vie et un miracle de jugement. Tout est grâce ! Elle a encore sa place pour l'Église tout entière, comme aujourd'hui dans le témoignage du Seigneur. Élisée voit le prophète s'en aller. Ce qu'il a demandé est accompli, le manteau d'Élie est tombé de dessus lui (v. 13), il n'a plus rien à faire dans ce monde, sa part est avec le Seigneur. Nous le retrouverons sur la sainte montagne, apparaissant en gloire avec Christ (Matt. 17 : 1-3), mais il n'a plus besoin de son manteau de prophète. Il était pour la terre. Il est donné ici comme témoignage à son peuple. Élisée ramasse le manteau et arrive au Jourdain ; il le plie, il frappe le Jourdain, comme son maître l'avait fait. Les eaux s’étaient divisées de çà et de là et ils étaient passés à sec. Et maintenant Élisée fait les mêmes gestes en disant : « Où est l’Éternel, le Dieu d'Élie ? » (v. 14). Christ est mort, Il est ressuscité et Il est monté au ciel.
            Élisée a traversé le fleuve de la mort et, en ressuscité, il est prêt à faire luire les grâces divines. La première chose qui nous est dite de lui, c'est qu'on le recherche, et qu'en même temps on désire retrouver Élie. La puissance de Dieu avait été employée pour enlever son serviteur : « Char d'Israël et sa cavalerie ! » (v.12) - et quelle grâce envers Élie malgré sa défaillance, quelle immense grâce dont Élisée a dû jouir également à ce moment-là ! Les fils des prophètes reviennent à Jéricho sans avoir trouvé Élie. Voyez les étapes : Jourdain, Jéricho et Béthel.


Les eaux assainies (2 Rois 2 : 15-22)

                        Les eaux corrompues du monde
            
Élisée est à Jéricho, cette ville où il est passé quelques instants plus tôt en compagnie d'Élie et maintenant on vient près de lui. Ce qu'on n'a pas demandé à Élie tout à l'heure on le lui dit à lui : « Tu le vois… l'emplacement de la ville est bon » (2 : 19). Voilà les pensées de l’homme ! On aurait dû dire à Élisée : - Que penses-tu de cette ville de Jéricho ? et il aurait répondu d'aller à l'Écriture, au livre de Josué pour écouter ce que Dieu a dit au sujet de celui qui rebâtirait Jéricho (voir Jos. 6 : 26), mais la grâce est là, qui couvre tout. « Ton amour tout puissant couvre notre misère », chantons-nous quelquefois (H&C n° 104). C'est cela, la miséricorde, c'est cela, la grâce qui vient au-devant de la misère du peuple. « Les eaux sont mauvaises, et la terre est stérile » (v. 19b). C'est ce qu'il y a dans ce monde, chers amis, chers jeunes ; n'attendez pas d'en faire l'expérience. La terre est stérile, parce que les eaux sont mauvaises, ce sont des sources corrompues qui abreuvent ce monde, ces « citernes fissurées » qui ne retiennent pas l'eau » (voir Jér. 2 : 13). Voilà ce que le monde a pour étancher sa soif, voilà sur quoi il veut bâtir ce qu'il appelle le monde de l'an 2000. Voilà les pensées du monde, mais la grâce est là et Dieu supporte.

                        Le secours de la grâce : le sel dans un vase neuf
            
Si Jéricho ne devient pas un lieu de bénédiction en elle-même et reste ce qu'elle est dans son caractère, la grâce s'y déploie. Nous avons à observer vis-à-vis de ce monde une attitude pleine de réserve, nous tenant en dehors de ce monde, de ses courants. Il nous faut aller à contre-courant dans ce monde, mais être remplis de grâce, Ce monde perdu, ce monde rebelle, se dresse contre Dieu, mais prenons pitié pour ces âmes égarées dans un monde sans Dieu, dans un monde christianisé qui peut avoir des sources morales, mais qui ne sont pas meilleures parce que sans Christ. Il faut un vase neuf, il fait quelque chose de nouveau. Du côté de Dieu tout est neuf. Il ne réparera pas ce qui a été gâté. « Mettez-y du sel » (2 Rois 2 : 20), ce sel qui empêche la corruption, qui garde de la corruption. Ce n'est pas cela qui améliore Jéricho, mais l'eau pure de la grâce va couler là.
            « J'ai assaini ces eaux » (v. 21), non pas les sources du monde pour les rendre meilleures, mais il y a pour nous une source nouvelle, un vase neuf qui contient les eaux qui rafraîchissent, qui arrosent l'âme et étanchent la soif du pauvre pécheur, et qui, au milieu de ce monde, est aussi la force des enfants de Dieu dans un temps de grâce. Il n'y aura plus de stérilité. Le lieu de la mort devient le lieu de la vie. C'est là que Dieu travaille et, de cette terre maudite sous les conséquences du péché, Il tire des âmes qui possèdent la vie. Ces sources là nous les trouvons dans l'Assemblée. Par grâce il y a encore dans cette Église des âmes qui apportent quelque chose à ceux qui ont des besoins. Il y a ce témoignage que le Seigneur a suscité au milieu de la « grande maison » (2 Tim. 2 : 20), dont nous sommes séparés moralement pour réaliser dans une grande faiblesse, mais autour du Seigneur, la position d'un vase neuf - non pas d'un vase parfait, car il y a bien de la faiblesse et de l'infirmité. Il peut y avoir là autour du Seigneur une abondante bénédiction.


Jugement des moqueurs (2 Rois 2 : 23-24)

            Nous avons ensuite le miracle en condamnation. Comme ces enfants sans discernement qui méprisent le prophète, on a méprisé Jésus et la croix de Jésus. Le jugement les exécute.
            « Il (Élisée) monta de là à Béthel » (v. 23). Il est reparlé ici de Béthel. Des petits garçons sortent, et la ville où le prophète aurait dû être connu et honoré est le lieu de l'outrage à l'Éternel. On comprend ce jugement qui tombe sur ces enfants moqueurs.


La mort est dans la marmite (2 Rois 4 : 38-41)

                        Se tenir à Guilgal, au lieu du jugement de la chair
            
Au chapitre 4 Élisée se rend dans un lieu qui a une grande importance dans l'Écriture, c'est Guilgal. Nous connaissons la signification de ce lieu. Les enseignements de la Parole sont moraux. À Béthel, la maison de Dieu, il faut monter. À Guilgal, il faut se juger et ce n'est pas la tendance naturelle du cœur humain ; il faut une énergie de foi pour aller de l’avant pour nous tenir dans ce lieu devant le Seigneur dans le jugement de nous-mêmes. « Élisée retourna à Guilgal » (4 : 38).
            C'est à Josué que l'exhortation a été adressée et Élisée y va, pourrait-on dire, spontanément. C'est là qu'il trouve une famine. Il y avait eu une famine à Bethléem (Ruth 1 : 1), ici c'est une famine à Guilgal, parce que dans le lieu où la chair aurait dû être tenue en bride, l'homme était apparu. Dès que l'homme paraît, il apporte la famine.
            Tous les fils de prophètes sont assis devant le prophète. Ils écoutent, ils profitent de ce qui leur est dit, et Élisée dit à son jeune homme : « Mets la grande marmite, et cuis un potage pour les fils des prophètes » (v. 38b). Cela nous rappelle la scène de la multiplication des pains, où le Seigneur a la foule devant lui.
            Élisée avait apporté une source de vie à Jéricho et ici, autre effet de la grâce, il apporte de la nourriture, indispensable pour les fils de prophètes. Il leur faut des forces nouvelles : Jeunes gens, « vous êtes forts », parce que « la parole de Dieu demeure en vous » (voir 1 Jean 2 : 14). Si les choses étaient restées entre les mains d'Élisée, la bénédiction aurait été assurée. Nous constatons une fois de plus que nous ne pouvons recevoir de Dieu une responsabilité sans réduire à néant, par ce qui vient de nous, la merveilleuse bénédiction que Dieu avait en réserve pour nous. Tout ce qui est de l'homme gâte tout, et cela avec les merveilleuses intentions.

                        Les désordres dans l’Église
            
Nous sommes convaincus que tous les désordres introduits dans l'Église de Dieu l'ont été avec de bonnes intentions ; remédier à la faiblesse, remédier à l'action d'un frère qui amène du désordre, s’allier à l'ignorance de certains... C'est très facile et très possible que les frères au commencement aient agi un peu légèrement en annonçant des cantiques, par exemple, qui n'étaient pas à leur place, des ignorants qui parlaient pour ne rien dire et n'édifiaient pas l'assemblée, même en parlant en langues, comme on le voit à Corinthe. Ces maux nous les avons déjà dans l'épître aux Corinthiens, mais comment remédier à la faiblesse, à l'infirmité et au manque de dons que nous sentons parmi nous ? Vais-je suppléer à ce qui manque dans nos assemblées et comment vais-je le faire ? Comment suppléer aux dons que Dieu ne donne pas parce que nous sommes si occupés de nous-mêmes et affaiblis à un tel point ?
            Alors on fait des œuvres nouvelles et on dit qu'il y a de la bénédiction. Chers amis, nous ne trouvons pas un verset dans les Écritures qui dit que la fin justifie les moyens. Absolument pas. La fin est au Seigneur. À Lui l'obéissance. Tout ce qui s'est fait n'a fait qu'organiser un système religieux avec un clergé, quel qu’il soit, qui a renversé l'ordre divin de sorte que le corps ne fonctionne plus, qu'il est passif et que les membres agissent dans l'isolement, dans l'indécision. La vérité de l'unité du corps - qui fonctionne spirituellement en vue de l'accroissement, chacun des membres étant à sa place - est perdue de vue pour eux. Sommes-nous étonnés qu'il y ait une grande ruine, quand l'homme est intervenu ?

                        Qu’apportons-nous dans l’assemblée ?
            
« L’un d'eux sortit aux champs pour cueillir des herbes » (v. 39a). On pourrait dire : Voilà quelqu'un qui entre dans la pensée d'Élisée ; il va chercher quelque chose. – Mais il sort « aux champs » - au pluriel. Il ne va pas dans un champ seulement mais dans tous les champs qu'il peut trouver et là on pense trouver de bonnes choses. Il y avait probablement des légumes, mais cet homme a été attiré par quelque chose de très attrayant, par des « coloquintes sauvages » (v. 39b).
            Il y a là un enseignement d'une portée que nous ne saurions ignorer : ces coloquintes sauvages, on ne les connaissait pas. Quelle responsabilité pour un frère, un chrétien authentique, qui connaît le Seigneur et L'aime de tout son cœur, lorsqu'il établit la moindre des choses en dehors des fondements de l'Écriture ! Nous devons le signaler, parce qu'évidemment c'est attrayant comme les coloquintes, ces beaux fruits de diverses couleurs, qui brillent au regard, suspendues dans un feuillage clair ; comme cela attire ! Comme cela ressemble aux courgettes, aux concombres qu'on cultivait en Égypte ! Comme tout cela attire le regard et le cœur ! Non seulement ce fils de prophète n'en cueille pas une ou deux - il en cueille « plein son vêtement » ; non seulement il ne demande pas : Est-ce bon ? mais encore il les prend, il les coupe et les jette dans la marmite.
            Voilà, chers amis, ce qu'on est en train de faire dans l'Église du Seigneur, et le témoignage que le Seigneur avait appelé pour Lui comporte lui aussi des âmes bien intentionnées, mais peu disposées à être soumises à la pensée du Seigneur, et qui ont fait et font la même chose.
            « La mort est dans la marmite ! », crie-t-on alors. On dit peut-être : Je n'en mangerai pas. - Mais d'autres en mangeront. Prenons garde à cela. Ce sont des paroles que nous répétons, non pas à la légère, mais parce que nous sommes profondément convaincus en nous-mêmes - et combien de frères ont cette conviction profonde - que tout ce que nous inaugurons aujourd’hui devrait être pour nous un sujet de douleur et d'humiliation. Nous devrions rejeter cela comme quelque chose de mauvais.

                        Glanons dans le seul champ de la Parole
            
On nous dira : Donnez-nous des preuves que c'est mauvais. - Quand quelqu'un a crié : « La mort est dans la marmite ! », est-ce le moment de demander si c'est mauvais et si cela donne la mort ? S'ils avaient douté, tous les fils des prophètes seraient morts. Il n'y a pas besoin de preuves, chers amis : on ne les connaissait pas. Glanons ce que nous connaissons. Il y a peut-être des poignées abondantes et attrayantes, laissons-les ! Glanons ce que nous connaissons dans l'Écriture, en nous aidant de ces écrits précieux qui nous ont été laissés au cours du siècle passé et dans les années présentes par des frères que le Seigneur enseigne et garde dans sa dépendance. Nous avons là de quoi être gardés des « coloquintes ». Nous apprendrons à connaître les coloquintes.
            Nous ne disons que ce que nous avons entendu. Nous ne cherchons pas autre chose. Alors on dira : Vous répétez ! - Mais, oui, chers amis ! Quand un enfant est malade dans une maison et que le père rentre à midi, sa femme va l'informer que son enfant a une grosse température et lui demande d'aller chercher un médecin, il ne dit pas : Je vais prendre la température et je vais voir. - Il va jeter un coup d'œil sur l'enfant et part chez le médecin. Faisons la même chose, prenons note des avertissements de l'Écriture. Il y a deux choses reconnues de Dieu dans l'Écriture : la famille et l'Assemblée et en dehors de ces deux sphères, c’est le monde. La grande maison est composée de pierres vivantes et de pierres qui ne le sont pas. Ce n'est pas Dieu qui a mis ces dernières, c'est nous-mêmes et nous continuons à en mettre. Nous n'attendons pas assez de nous assurer qu'une âme est convertie avant de l'introduire dans le témoignage du Seigneur. Que les frères montrent un peu plus de fidélité, vu la responsabilité que nous avons !

                        La Parole et le ministère
            
Qui s'occupera des enfants ? « Pères élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éph. 6 : 4). Je ne connais pas d'autres passages. En connaissez-vous un qui dise : Pères, faites élever vos enfants ? - Il y a d'autres passages comme celui qui exhorte le père israélite : « Ces paroles… tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras assis dans ta maison, quand tu marcheras par le chemin, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras » (Deut. 6 : 6-7) ; à toutes les étapes d'une journée ... à tes fils.
            La Pâque, tu l'enseigneras à tes fils quand ils diront : « Que signifie pour vous ce service ? ». Alors on leur dira : « C'est le sacrifice de la Pâque à l'Éternel » (Ex. 12 : 27). On n’envoyait pas le fils chercher une réponse ailleurs. Si un père en Israël n'avait pas pu répondre à son enfant, cela aurait été une confusion. Où serait-il allé ? Serait-il allé demander aux Édomites, ou aux Moabites, pourquoi on ne traitait pas alliance avec eux et pourquoi ils n'étaient pas circoncis comme eux ? Non ! si le père n'avait pas pu répondre, il y avait le sacrificateur.
            Nous avons la Parole et le ministère lévitique au milieu de nous et l'Assemblée qui n'est pas chargée d'émettre la vérité ni de la distribuer, mais de la maintenir sur une colonne haute et élevée, et de la soutenir en face de tous les assauts de l'adversaire. Elle ne la garde pas par ses propres forces, mais d’une manière pratique de telle manière que les flèches de l'Ennemi se brisent contre elle. Des Églises pensent distribuer la vérité, après l'avoir interprétée : tout cela est de l'homme. L'Assemblée est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3 : 15b).

                        La famille et l’Assemblée
            
Il n'y a donc que deux sphères : la famille et l'Assemblée. En dehors de cela nous ne trouvons rien d'autre dans l'Écriture. Il y a eu des temps de transition pendant lesquels Dieu supportait. Ce fut le cas pendant les périodes de réveil, où des âmes sincères et fidèles encore attachées aux systèmes étaient reçues à la fraction du pain. Le Saint Esprit a conduit les frères du commencement à prier et les choses ont été établies par Dieu avec une minutie et une précision qui nous suffisent.

                        Rechercher la pensée de Christ
            
L'Assemblée est dépositaire de la vérité de Dieu, non pas seulement pour la garder sur des registres, mais pour la garder d'une façon pratique, et c'est ainsi que petit à petit Dieu a conduit les choses avec douceur et avec patience. Remarquons la patience qu'il a eue à l'égard de Paul, l'apôtre des nations, qui avait été appelé à un service particulièrement élevé et glorieux : révéler le mystère de l'Église. Voilà Paul, qui, par amour pour son peuple, perdant pour un court instant le vrai caractère du ministère qu'il avait reçu, pris par ses affections pour le peuple d'Israël, se lie dans son esprit avec des hommes qui avaient fait un vœu (Act. 21 : 23-24). Est-ce que le Seigneur l'a abandonné ? Non, l'Écriture est là pour nous rapporter tous les détails de cette circonstance. Il y a dans un commentaire de J.N.Darby (Étude sur les Actes) à propos du chapitre 21, un passage d'une sensibilité exquise à l'égard de cette attitude de Paul, sans jugement, mais où sont mis au clair, d'une façon extrêmement précieuse et délicate, les exercices de Paul lorsque, derrière lui, on a fermé les portes du temple (v. 30)
            Il y a des choses qui sont enseignées doucement. L'Écriture les renferme toutes dans le principe, mais elles ne sont toutes explicitées. Nous aimerions une loi avec 200 ou 300 commandements et alors il n'y aurait plus aucun exercice de foi. Nous n'aurions plus besoin du Saint Esprit pour appliquer le code un et le code deux, alors que nous avons reçu l’Esprit Saint, un Esprit de lumière et de vie, qui nous conduit dans la vérité. Ne demandons pas des textes formels, mais demandons à la Parole de nous enseigner. En 1 Corinthiens 2 : 16, Paul ne dit pas : Nous avons la pensée de l'Écriture, mais il dit : « Nous avons la pensée de Christ » ; c'est cela que nous devons rechercher dans la Parole et ceci pour tous les détails de la vie de l'Assemblée, comme pour tous les détails de ma vie.
            Ne vous attendez pas, jeunes gens, à trouver dans l'Écriture un passage positif qui vous dira de prendre cette jeune fille plutôt que celle-là, mais vous serez amenés en lisant la Parole avec prière et un esprit de dépendance à discerner entre le bien et le mal, entre ce qui est selon Dieu et ce qui est opposé à Sa pensée ou même ce qui semble ne pas être un mal très caractérisé à son début. Les maux insignifiants au début peuvent ensuite contaminer le corps tout entier et la mort fait son œuvre. Il en est de même du point de vue spirituel. Ces coloquintes jetées dans la marmite donnent la mort à la marmite. Voilà la source ! Retirez les coloquintes ! C'est impossible, le bouillon est empoisonné ! Que devons-nous faire ? Retournons au Seigneur, à Celui qui seul peut nous conduire à ce qui est présenté dans la parole d'Élisée : « Apportez de la farine » (v. 41). Christ est le seul remède.

                        Christ, le Modèle à imiter et à suivre
            
La « farine », c’est l'humanité de Christ, ce qu'Il a montré de dépendance et de soumission constante, ne faisant rien sans la communion de son Père. Lorsque le moment était venu de choisir les douze (qu'Il appela apôtres), qu'Il connaissait d'avance, n’aurait-il pas pu dire ce qui était dans leur cœur ? Il connaissait d'avance ce qui était dans le cœur de Judas, mais Il l'a choisi, puisqu'il est dit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze ? Et l'un d'entre vous est un diable ! » (Jean 6 : 70). Comment a-t-Il choisi les siens ? « Il alla sur la montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu » (Luc 6 : 12). Voilà l'Homme parfait ! A-t-Il fait sortir une nouvelle parole, l'ajoutant à l'ancienne, lorsque le diable est venu le tenter ? Il aurait pu, car Il est l'auteur de l'Écriture, ajouter une parole nouvelle qui aurait réduit l'Ennemi au silence, mais où a-t-Il pris cette parole ? Dans le Deutéronome ! Voilà l'importance qu'il accordait à la communion avec Dieu, à l'obéissance à sa volonté et à l'Écriture. Nous avons un modèle pour suivre ses traces. Nous devrions les suivre en allant à la mort comme Pierre. Nous voudrions Le suivre en faisant des choses extraordinaires, mais suivons-Le, chers amis, dans l'humble chemin qu'Il a consenti à suivre, inconnu du genre humain,

                    Avec Lui n'ayant personne,
                    
Semant bienfaits sur bienfaits
                    
Dans ce chemin où rayonne
                    
Le cœur de l'homme parfait.

                                   Hymnes & Cantiques n° 114, str. 1 (ancienne version)

                        Apporter Christ dans nos circonstances
            
Que la grâce nous soit accordée d'écouter cette Parole pour nous, aujourd’hui, et pour les âmes que nous aimons d'un vrai amour pour les avertir de la part du Seigneur et que ces paroles soient un sujet de réflexion pour nous avec le Seigneur Confrontons-les avec l'Écriture et si les choses sont ainsi, soumettons-nous à cette Parole.
            « Apportez de la farine… Verses-en à ce peuple, et qu'ils mangent. Et il n'y avait rien de mauvais dans la marmite » (4 : 41). Les eaux avaient été adoucies. À Mara c'était le bois qui avait été jeté (Ex. 15 : 25), ici c'est de la farine. C'est ce que Dieu veut faire pour nous par l'énergie de l'Esprit et par l'humanité de Christ. Au milieu de cette famine il y a eu le potage qu'Élisée donnait avec cette intervention miséricordieuse dans l'apport de la farine.


L’homme de Baal Shalisha (2 Rois 4 : 42-44)

                        Dieu rassasie les siens de Christ
            
Il vint ensuite un homme qui apporta à l'homme de Dieu « du pain de la première récolte, 20 pains d'orge et du grain en épi dans son sac » (v. 42). Nous pensons un peu à Barzillaï, cet homme riche qui avait assisté David dans un temps de grande détresse, et qui lui avait apporté tout le nécessaire pour lui et pour ses hommes (2 Sam. 19 : 33). Cet homme de Baal-Shalisha apporte à l'homme de Dieu du pain et des premiers fruits. Ce n'est plus seulement de la farine, c'est du pain d'orge, et l’orge vient avant la moisson : ce sont des premiers fruits. Il y ajoute du grain en épi dans son sac. Du grain qui n'a pas été battu et cela nous fait penser au vieux blé du pays, qui n'est pas passé sous le jugement de Dieu comme le grain rôti, mais du blé en épi avec toutes les promesses de vie qui sont dans cette nourriture, cette foi en un Christ vivant, en un Christ qui possède la vie en Lui-même. Il nous est dit : « Donne cela au peuple » (v. 42) - c’est la parole d'Élisée pour le peuple.
            Ah ! il n'y avait pas beaucoup de nourriture avec ces 20 pains d'orge. L'Écriture nous dit que 100 hommes étaient rassemblés là (v. 43). La provision était tout à fait insuffisante, puisqu'il s'agissait à cette époque de petits pains individuels, peut-être pour la nourriture de cinq hommes ! Cela nous fait penser aux cinq pains et aux deux poissons du petit garçon (Jean 6 : 9), mais lorsque la grâce intervient, ici comme d'habitude, la nourriture est abondante et il y a des restes. Nous avons de quoi nous abreuver au fleuve des délices de Dieu par le Saint Esprit. C'est Lui qui nous abreuve, et nous avons alors de quoi remédier à la puissance de mort qui règne autour de nous et qui nous contamine ; c’est en revenant à Christ qui est mort pour nous, et dont l'humanité parfaite a glorifié Dieu. Et puis cette nourriture, ce pain qui a été reçu de Dieu Lui-même : le pain vivant qui descend du ciel, avec ce grain qui est le gage de la connaissance d'un Christ qui est d’éternité en éternité. Nous avons tout : nous avons le pain qui est descendu du ciel, et le grain en épi.

                        Que Dieu soit glorifié et l’assemblée édifiée
            
« Ils en eurent de reste, selon la Parole de l'Éternel » (v. 44). Quand les eaux furent assainies, ce fut selon la parole d'Élisée, qui était le prophète et le messager de l'Éternel. Il faisait ce que l'Éternel disait à son peuple. Quand nous nous exprimons dans l'assemblée, que la grâce nous soit accordée de parler toujours de la part de Dieu, « comme oracle de Dieu » (1 Pi. 4 : 11), d'avoir à cœur sa seule gloire et les vrais intérêts des saints, le bien de l'Assemblée. C'est cela que nous avons à désirer par-dessus tout, éprouvant bien plus que ceux qui écoutent, la grande faiblesse qui est la nôtre. Il y a au milieu de nous un plus grand qu'Élisée et nous ne manquerons de rien.


D’après les notes prises lors d’une méditation de Ph. Rollet – Strasbourg (16/10/1977)