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L’œuvre du Seigneur – modèle du soldat (11)

Quelques modèles d’un bon serviteur

            En compléments des points déjà mentionnés, j’aimerais pour conclure présenter les trois modèles d’un bon serviteur que nous trouvons en 2 Timothée 2 : 3-6.
            Tout d’abord, quelques remarques sur le contexte de cette seconde épître à Timothée. Elle s’adresse directement à notre temps, puisque Paul y prédit la ruine et le déclin dans le témoignage chrétien comme nous le vivons aujourd’hui. Il met Timothée en garde contre les influences dangereuses qui s’exercent à l’intérieur de la chrétienté. Mais il lui donne aussi des encouragements. Il l’exhorte à ne pas se relâcher dans son travail pour le royaume de Dieu. Dans cette épître, nous apprenons qu’il vaut la peine de persévérer dans le service du Seigneur jusqu’au dernier jour.
            Dans le premier chapitre au verset 6, Timothée est exhorté à ranimer le don de grâce de Dieu qui est en lui. Il devait utiliser ses capacités spirituelles dans le service du Seigneur, afin que brillent la lumière de son témoignage et le feu de sa consécration au Seigneur. La même exhortation s’adresse à nous aussi aujourd’hui. Veillons à ne pas négliger le don de grâce que nous avons reçu, mais à l’employer dans les diverses tâches que nous confie le Seigneur.
            Aux versets 3 à 6 du chapitre 2, Paul enseigne Timothée, son collaborateur, à l’aide d’exemples tirés des métiers de son époque, comment il doit accomplir ses différentes missions. Le soldat, l’athlète, et le laboureur nous fournissent trois modèles d’un bon serviteur. Si les trois activités nous font penser au labeur et à l’effort, elles nous en montrent aussi le résultat final correspondant :
                - Le soldat endure pour le présent des souffrances, mais il plaît à son supérieur.
                - L’athlète consent maintenant à des renoncements, mais il a en vue la couronne du vainqueur.
                - Le cultivateur travaille péniblement aujourd’hui, mais il jouira des fruits plus tard.

            Ces trois modèles nous encouragent à nous mettre à disposition du Seigneur, et cela justement dans des temps difficiles

Premier modèle : le soldat

            « Prends ta part des souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ. Personne, servant comme soldat, ne s’embarrasse dans les affaires de la vie, afin de plaire à celui qui l’a enrôlé » (2 Tim. 2 : 3-4).
            Du soldat, nous apprenons deux choses : il doit d’une part être prêt à souffrir et d’autre part à se concentrer entièrement sur sa mission. C’est ainsi qu’il plaira à son commandant.

                - Accepter les souffrances

            Comme soldats de Christ, nous combattons pour Lui sur un territoire ennemi. Cela ne va pas sans souffrance. Sommes-nous prêts à l’assumer ? Nous ne devons pas nous plaindre si nous recevons des coups dans le Service du Seigneur.
            La vie de soldat n’a jamais été une partie de plaisir ; elle implique au contraire de nombreuses privations. De ce point de vue, nous comprenons l’exhortation adressée à Timothée : « Prends ta part des souffrances ». Littéralement, cette expression peut se traduire : Sois prêt à subir des mauvaises choses. - Combattre pour l’évangile et la foi chrétienne entraîne privations et souffrances (voir 2 Tim. 1 : 8). Notre réaction naturelle est de reculer devant ces difficultés. Mais le Seigneur est digne que nous les endurions : c’est Lui qui nous a enrôlés, c’est avec Lui que nous régnerons un jour (v. 12). La perspective de la gloire à venir nous fortifie dans le présent et nous aide à supporter la souffrance dans le service.

                - Se concentrer sur sa mission

            Comme soldat de Christ nous devons en second lieu nous placer à son entière disposition et reléguer à l’arrière-plan les préoccupations de la vie quotidienne.
            Le soldat actif ne s’embarrasse pas dans les affaires de la vie, mais se consacre entièrement à sa mission. « S’embarrasser » signifie être absorbé par quelque chose. Littéralement, l’expression veut dire « tisser ». On pourrait donc aussi traduire par être empêtré dans les affaires de la vie.
            La question qui est soulevée ici est au fond la suivante : qu’est-ce qui est essentiel dans la vie ? Quel but poursuivons-nous ? Quelle importance accordons-nous aux affaires de la vie quotidienne, et quelle importance attachons-nous au service et au combat pour le Seigneur ? Un commentateur de la Bible s’est exprimé un jour à peu près comme suit : Si nous nous occupons d’autre chose que du Seigneur, nous abandonnons notre séparation, notre consécration et notre obéissance. 
            Cela ne signifie pas pour autant qu’un soldat de Christ ne doit pas vaquer aux occupations de la vie. La plupart des chrétiens exercent une profession. Ils doivent y faire preuve de diligence, comme Paul nous en a donné l’exemple dans son métier de faiseur de tentes. Ce principe vaut également pour les études des jeunes gens ou pour l’exécution des tâches ménagères. Nous sommes néanmoins exhortés à ne pas nous laisser absorber par ces obligations. La vie quotidienne, avec ses exigences peut à ce point nous accaparer que nous n’avons plus ni le temps ni la force pour le royaume de Dieu. Pourtant ces occupations ne doivent pas avoir la première place dans nos vies. Le service pour Christ a toujours la priorité.
Ce danger ne concerne pas seulement notre vie professionnelle. Satan nous offre une large palette d’activités qui ne sont pas forcément mauvaises en elles-mêmes. Mais elles nous empêchent de voir l’essentiel. Un serviteur du Seigneur l’a formulé avec pertinence : Le problème, c’est que Christ n’est pas en elles. - La question décisive est donc la suivante : À qui consacrons-nous notre énergie et notre temps ?

- À qui voulons-nous plaire ?

            Un bon soldat cherchera à plaire à celui qui l’a recruté. Nous n’appartenons pas à nous-mêmes, mais à Jésus Christ. Il nous a enrôlés, et cela à grand prix. Même si ce fait n’est pas mentionné dans le passage qui nous occupe, nous ne pouvons jamais l’oublier : Il est mort pour nous. Sa mort a constitué le prix qu’Il a payé pour nous acquérir pour Lui. Il l’a fait par amour. La question se pose donc à chacun : Désirons-nous Lui plaire ?
            Le Seigneur Jésus lui-même est un exemple pour nous. Lorsqu’Il a vécu sur la terre, Il voulait plaire en tout à son Dieu. Il a toujours fait ce qui Lui était agréable (Jean 8 : 29). Sa nourriture était de faire la volonté de Celui qui l’avait envoyé (Jean 4 : 34). L’exemple de Paul nous stimule lui aussi. Ce n’était pas une déclaration coupée de la réalité lorsqu’il écrivait aux Philippiens : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1 : 21). Il ne voulait exister que pour Christ. La question se pose à nous : Qu’est-ce qui remplit nos vies ? Pour qui ou pour quoi vivons-nous ? Est-ce pour notre emploi, notre carrière, le sport, la musique, nos hobbies, ou est-ce pour Christ ? À qui voulons-nus plaire ? Si c’est le Seigneur qui nous a enrôlés, alors nous ne chercherons pas dans notre service à plaire à nos semblables, et encore moins à nous-mêmes.
Son approbation nous motive à nous concentrer pleinement sur le travail que nous avons à faire pour Lui, en dépit des privations et des souffrances.

E. A. Bremicker - « L’œuvre du Seigneur - un employeur, plusieurs collaborateurs » -

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