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PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (4B)

 

CHAPITRE 4 (v. 13-18) – La venue du Seigneur

            Le paragraphe qui est devant nous forme le sujet central de cette épître. Combien de croyants n’ont-ils pas été consolés et encouragés par ces quelques versets !
            En Jean 14 : 3, le Seigneur dit à ses disciples qu’Il reviendra pour les prendre auprès de Lui. Mais Il ne leur donne pas de détails. La manière dont cela se passera est expliquée dans les épîtres, entre autres dans le passage que nous avons sous les yeux. Le Saint Esprit saisit l’occasion d’une perplexité particulière des Thessaloniciens pour exposer et approfondir le sujet de l’enlèvement des croyants et du retour du Seigneur.
            C’était pour eux un sujet de première importance. Comme nous l’avons déjà vu, ils vivaient dans l’attente journalière de la venue du Seigneur pour établir son règne. Ils s’étaient tournés des idoles vers Dieu pour le servir et pour attendre des cieux son Fils. Ils savaient qu’Il reviendrait pour établir sur la terre son royaume en puissance et en gloire. Or cette attente était une réalité si vivante pour eux qu’ils étaient troublés en voyant que quelques-uns des leurs s’étaient endormis. Ils pensaient que ceux-là seraient défavorisés, ne pouvant avoir part au royaume. À la tristesse de la séparation de leurs bien-aimés s’ajoutait donc cette peine.
            L’apôtre veut les rassurer, et il le fait d’une manière pleine d’affection. Ils manquaient d’enseignement, mais Paul ne veut pas qu’ils restent ignorants. C’est pourquoi il leur explique en termes clairs ce qu’il en sera de ceux qui se sont endormis, et comment il sera possible que tous (croyants endormis et croyants vivants) viennent avec le Seigneur sur la terre, quand Il établira son règne.
            Ce que les Thessaloniciens ignoraient est aujourd’hui encore inconnu de beaucoup de chrétiens. Avant de revenir sur cette terre pour établir son royaume, le Seigneur viendra d’abord pour prendre les siens auprès de Lui. Il est important de différencier les deux aspects de sa venue :
                  - Il vient d’abord pour enlever les siens : c’est sa venue pour nous.
                  - Puis après un certain temps, Il revient sur la terre avec les siens pour régner : c’est sa venue avec nous - les versets 13 et 14 parlent de ce second aspect de sa venue et la pensée se continue au début du chapitre 5.

Par contre, les versets 15 à 18 constituent une parenthèse qui développe la première phase de sa venue.

« Or nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance à l’égard de ceux qui dorment, afin que vous ne soyez pas affligés comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (v. 13).
            Paul commence son enseignement par ces mots : « Or nous ne voulons pas ». Il utilise cette expression, ou une expression semblable, au total sept fois (voir Rom. 1 : 13 ; 11 : 25 ; 1 Cor. 10 : 1 ; 12 : 1 ; 2 Cor. 1 : 8 ; Col. 2 : 1 ; 1 Thes. 4 : 13). Il introduit de cette manière des enseignements d’une importance particulière. « Être dans l’ignorance » peut signifier ne pas savoir, ne pas comprendre ou ne pas reconnaître quelque chose. Paul discernait qu’il y avait une lacune à cet égard chez ses frères bien-aimés.
            Trois groupes de personnes sont mentionnés : « ceux qui dorment », « les autres », et les croyants vivants, auxquels Paul s’adresse. Les premiers sont les croyants qui sont morts pour « être avec Christ », avant son retour. Dans ces versets, ils sont désignés comme : « ceux qui dorment » (v. 13), « ceux qui se sont endormis par Jésus » (v. 14), « ceux qui se sont endormis » (v. 15), « les morts en Christ » (v. 16).
            Ce groupe comprend tous les croyants qui ont passé par la mort, depuis le début de l’humanité. Mais ils sont morts autrement que les gens du monde. Ils sont morts « en Christ », ils se sont « endormis par Jésus ». En 1 Corinthiens 15 : 20, il est dit de Lui qu’Il « a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis », ce qui signifie qu’Il a la première place dans la résurrection. Il n’est toutefois pas dit de Lui qu’Il s’est endormi. Il est mort, mort pour nos péchés. Mais le croyant s’endort, ce qui exprime la paix, le repos et la mise en sûreté.
            Le mot grec pour « endormis » est utilisé dans le Nouveau Testament tout à la fois pour désigner le sommeil naturel et le décès du croyant. Dans ce second sens, il se rapporte toujours au corps, jamais à l’âme ou à l’esprit. L’âme et l’esprit ne dorment pas. Certains croient à une sorte de sommeil de l’âme, commençant à la mort du croyant. Nous ne trouvons pas cette pensée dans la Parole de Dieu. Dormir, ou s’endormir, concerne toujours le corps déposé dans la tombe. L’âme du croyant qui s’est endormi est auprès du Seigneur, ce qui « est, de beaucoup, meilleur » (Phil. 1 : 23). Le passage de 2 Corinthiens 5 : 1-9 nous montre que, lors du décès d’un croyant, il y a une séparation entre le corps physique et l’être moral et spirituel.
            Le deuxième groupe est constitué par « les autres ». Ce sont les incrédules (5 : 6). Ce qui les caractérise ici, c’est le fait qu’ils sont sans espérance. Les personnes de ce monde sont dans la condition décrite par Paul lorsqu’il parle des nations : « étant sans Dieu dans le monde », « n’ayant pas d’espérance » (Éph. 2 : 12). Un homme sans le Seigneur Jésus est un homme à courte vue, qui n’a aucune espérance, ni dans la vie ni dans la mort. Celui qui meurt dans une telle condition n’aura aucune nouvelle occasion de se mettre en règle avec Dieu. Réellement, ce sont « les autres qui n’ont pas d’espérance ». La mort trace une nette séparation entre croyants et incrédules. Un croyant ne meurt pas sans espérance, mais dans la ferme assurance de la résurrection.
            C’est ici qu’apparaît l’incertitude des Thessaloniciens. Ils n’étaient pas sans espérance quant à l’avenir éternel de leurs bien-aimés endormis, mais ils l’étaient visiblement quant au royaume futur. Alors Paul remet les choses dans leur juste perspective, et leur montre qu’ils pouvaient aussi avoir une espérance en ce qui concerne le royaume. Leurs bien- aimés endormis ne subiraient aucune perte.
            Le troisième groupe enfin est constitué de ceux qu’il appelle : « frères », les croyants encore en vie. Ils sont nettement différenciés « des autres », qui n’ont pas d’espérance. Il est bien évident que nous menons deuil lors du décès d’un de nos bien-aimés. Cette tristesse est naturelle et il serait bien anormal que nous soyons insensibles. Le Seigneur Jésus lui- même a pleuré au tombeau de son ami Lazare (Jean 11: 35). Il sait ce que signifie la perte d’un être aimé. C’est pourquoi nous pouvons expérimenter sa sympathie et celle de notre Dieu, « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » (2 Cor. 1 : 3). Ce n’est pas cette tristesse qui est en vue ici, mais le fait que les Thessaloniciens s’affligeaient par ignorance de l’avenir de leurs bien-aimés endormis.

« Car si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus » (v. 14).
            Ce verset nous explique pourquoi nous ne sommes pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Il est important de bien comprendre cette déclaration, qui est le fondement des enseignements qui vont suivre. Elle nous ramène à la vérité fondamentale de l’évangile, la mort et la résurrection du Seigneur Jésus.
            L’expression « si nous croyons » ne signifie nullement qu’il s’agit d’une vague espérance, d’une probabilité ou d’une incertitude. C’est la ferme conviction que Jésus est mort et est ressuscité, et des conséquences que cela entraîne pour ceux qui se sont endormis. Mais en premier lieu, c’est sur Lui- même que nos regards sont dirigés. C’est un fait certain qu’Il est mort sur la croix et qu’Il est ressuscité trois jours après. Paul montre aux Corinthiens que ceci est l’essence même de l’évangile ; l’acceptation de ces faits est le fondement de notre foi et de notre salut (1 Cor. 15 : 1-4). C’est comme homme que Jésus a accompli l’œuvre de la croix. C’est pourquoi son nom d’homme est mentionné deux fois ici, et non ses titres de Christ ou de Seigneur.
            L’œuvre de la croix a des conséquences immenses pour nous, croyants. Spirituellement parlant, nous sommes morts avec Lui, nous sommes ensevelis avec Lui et ressuscités avec Lui (voir Col. 2 : 11-13, entre autres). Mais il peut arriver aussi que nous ayons à passer par la mort du corps. Christ est mort et de nombreux croyants se sont endormis en Lui. Paul en conclut : si nous croyons que le Seigneur Jésus est mort et est ressuscité, c’est un fait certain aussi que ceux qui se sont endormis en Lui ressusciteront de la même manière. Mais ce n’est pas tout. Christ est maintenant dans la gloire et Il reviendra sur la terre. Et c’est pourquoi la foi en tire la conclusion que ceux qui se sont endormis reviendront aussi avec Lui sur la terre. Telle est la hardiesse de la foi. Comme il en a été de Christ, ainsi en sera-t-il de nous.
            Nous avons ici une confirmation de ce que l’apôtre a déjà dit au chapitre 3 : le Seigneur paraîtra « avec tous ses saints » (v. 13). Ceux qui se sont endormis en font partie, il le déclare clairement ici, et les versets suivants montrent que les vivants viendront aussi. Dieu amènera avec le Seigneur Jésus tous ceux qui se sont endormis en Lui, et cela ne peut avoir lieu que s’ils sont préalablement ressuscités. Sa venue avec les siens est aussi certaine que sa mort et sa résurrection. « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels, à cause de son Esprit qui habite en vous » (Rom. 8 : 11).
            Actuellement, les croyants qui se sont endormis ne sont pas encore dans la maison du Père. On dit souvent cela, mais le Nouveau Testament ne le fait pas. Ils sont dans le paradis, ils sont auprès de Christ, ils sont avec le Seigneur - et c’est déjà le bonheur. Mais là, ils attendent, comme nous, le retour du Seigneur pour venir sur la terre avec « tous ses saints ». Les croyants qui ont passé par la mort et les croyants vivants viendront ensemble avec lui, quand il établira son règne en puissance et en gloire. Comment cela peut-il se faire ? Eh bien, ceux qui se sont endormis ressusciteront et les vivants seront enlevés avec eux pour être avec le Seigneur ! Tel est l’enseignement des versets 15 à 18.
            En ce qui concerne les croyants, il est donc parlé de « s’endormir » (voir par ex. Jean 11 : 11 ; Act. 7 : 60 ; 1 Cor. 15 : 6 ; 2 Pi. 3 : 4), mais nous avons déjà remarqué que ce mot n’est pas utilisé pour notre Seigneur. Quant à Lui, Il est « mort ». Sur la croix, Christ a pris sur Lui tout ce qui avait affaire avec la mort et le jugement. La mort a eu pour Lui toute sa terrible signification en tant que jugement du péché. « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6 : 23), et cette mort, Christ l’a endurée pour nous.

« Car nous vous disons ceci par la parole du Seigneur : nous, les vivants, qui restons jusqu’à la venue du Seigneur, nous ne devancerons aucunement ceux qui se sont endormis » (v. 15).
            Le seul fait, mentionné au verset 14, que Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis, pouvait déjà apporter aux Thessaloniciens consolation et encouragement. Mais le Saint Esprit va plus loin ; il leur donne des détails qui expliquent comment la chose sera possible. C’est ce qu’on trouve dans les versets 15 à 18.
            L’ensemble de ces versets est mis entre parenthèses ; le courant de la pensée principale y est interrompu. Cette pensée, c’est la venue du Seigneur sur la terre, donc le jour du Seigneur, et l’établissement de son règne. Le contenu de cette parenthèse n’est pas seulement important et instructif, il est aussi plein de consolation ; il nous montre l’événement préalable qui rend possible notre venue avec le Seigneur. En effet, avant que nous paraissions ensemble avec Lui, Il accomplira sa promesse de Jean 14 : 3 et nous prendra auprès de Lui dans la gloire. Le verset 14, tout comme le verset 13 du chapitre précédent, nous dit que nous viendrons avec Lui, et les versets 15 à 18 montrent qu’Il sera venu auparavant pour nous prendre auprès de Lui.
            Parmi les nombreux passages de la Parole de Dieu qui parlent du retour du Seigneur, peu mentionnent l’enlèvement des croyants. La plupart sont en rapport avec son apparition sur la terre (à commencer par la prophétie d’Énoch en Jude 14 et 15). Il en est trois cependant qui attirent spécialement notre attention sur l’enlèvement des saints. Les enseignements de ces trois passages correspondent chaque fois à un problème particulier. Ces passages sont les suivants :
                  - Jean 14 : 1-4, où le Seigneur lui-même donne une réponse à l’inquiétude de ses disciples. Il nous donne un principe, mais pas de détails ;
                  - 1 Corinthiens 15, où l’apôtre donne une réponse à la négation de la résurrection. Il montre comment il est possible que des hommes vivant sur la terre entrent dans la gloire. C’est avec un corps glorieux qu’ils reçoivent dans la résurrection (voir aussi Phil. 3:20, 21) ;
                  - 1 Thessaloniciens 4 : 15-18, où Paul donne une réponse à l’ignorance et à l’inquiétude des Thessaloniciens. Il leur montre que les croyants qui se sont endormis et ceux qui vivent encore seront enlevés ensemble auprès du Seigneur.
            L’importance de l’enseignement donné ici est soulignée par les mots : « Car nous vous disons ceci par la parole du Seigneur ». Il ne s’agit pas de quelque pensée que nous pourrions trouver dans l’Ancien Testament. Là, le jour du Seigneur est souvent mentionné, mais jamais sa venue pour nous. Ce n’est pas non plus une allusion à une parole du Seigneur dans les évangiles, qui serait répétée ici. Paul veut d’une part souligner l’autorité avec laquelle il écrit ; mais d’autre part et surtout, il veut attirer notre attention sur le fait qu’il s’agit d’une révélation du Seigneur. Il a reçu de lui une révélation entièrement nouvelle, et il nous la transmet (voir aussi par ex. 1 Cor. 11 : 23 et Éph. 3 : 2). En 1 Corinthiens 15 : 51, en relation avec l’enlèvement des saints, il parle d’un mystère : « Voici, je vous dis un mystère : Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés : en un instant, en un clin d’œil … ». L’emploi du mot « mystère » nous indique aussi que cet événement était jusqu’alors caché, mais qu’il est maintenant connu grâce à une révélation.
            Nous nous sommes déjà arrêtés sur ce qu’il faut comprendre par « la venue » du Seigneur (voir. ch. 2 : 19-20). Le contexte montre qu’au verset 15, il s’agit de sa « venue » pour nous. Deux groupes de croyants sont mentionnés : ceux qui se sont endormis, et ceux qui vivront encore. Le premier groupe comprend aussi bien les croyants de l’Ancien Testament (Noé, Abraham, Job, Moïse, David, etc.) que ceux de la dispensation actuelle. Il est donc préférable de parler de l’enlèvement des croyants plutôt que de l’enlèvement de l’Église.
              Il est beau de voir comment Paul s’identifie avec les croyants du deuxième groupe. Il dit : « nous, les vivants ». Il attendait tous les jours le retour de son Seigneur (Phil. 3 : 20), mais en même temps, il envisageait aussi de passer par la mort et la résurrection (voir 2 Cor. 4 : 14 ; Phil. 1 : 21-25 ; 2 : 17). Nous pouvons suivre son exemple. « Nous, les vivants » : quel témoignage à une espérance vivante dans le cœur ! Comptons-nous vraiment sur le fait que le Seigneur peut venir chaque jour ? Pierre dit aussi que nous sommes « régénérés pour une espérance vivante » (1 Pi. 1 : 3). Cependant, nous sommes conscients que nous pouvons tout aussi bien nous endormir avant son retour.
            Quant à savoir auquel de ces deux groupes nous appartiendrons, nous laissons cela avec confiance au Seigneur. Mais nous savons une chose : Les vivants ne seront pas privilégiés à sa venue. Ils connaîtront la réalisation de leur espérance, mais ils ne devanceront aucunement ceux qui se sont endormis. C’est ce que nous montrent les versets suivants.

« Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu » (v. 16).
            Quel encouragement dans ces paroles ! Le Seigneur viendra. Il ne viendra pas alors sur la terre, Il viendra pour prendre à Lui les siens. Quand Il reviendra sur cette terre, plus tard, ce sera alors un événement public : « Voici, il vient avec les nuées, et tout œil le verra, et ceux mêmes qui l’ont percé » (Apoc. 1 : 7). Il en est autrement dans ce verset. Ici le Seigneur vient pour prendre auprès de Lui ses témoins, ses disciples ; l’époux vient pour prendre à Lui son épouse, et ceci reste caché aux yeux des hommes. Bien sûr ils en constateront les conséquences, mais ils ne verront pas l’événement lui-même. Le cri de commandement, la voix d’archange et la trompette de Dieu, seuls ceux qui appartiennent au Seigneur Jésus les entendront. Eux seuls seront enlevés à sa rencontre sur les nuées. Et c’est d’abord ceux qui se sont endormis qui ressuscitent, pour aller ensuite vers le Seigneur avec les vivants.
            Le Seigneur lui-même désire ardemment cet instant où Il viendra chercher les siens. Ce sont ceux qu’Il a acquis à un si grand prix, pour lesquels Il a donné sa vie. Ce sont ceux qu’Il aime et qu’Il veut avoir auprès de Lui. Ce sont ceux qu’Il voit en proie aux difficultés sur la terre, et qu’Il veut introduire dans sa propre gloire. Comprenons-nous donc pourquoi il est écrit : « Car le Seigneur lui-même... » ? Il avait promis à ses disciples qu’Il reviendrait personnellement pour les prendre auprès de Lui. Il ne peut pas envoyer un ange pour cela ; Il vient lui-même. Combien cette expression nous est précieuse ! Nous aimons à dire avec l’apôtre Paul : « Le Fils de Dieu... m’a aimé et... s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2 : 20). Quelle joie de penser que Lui, qui s’est livré lui-même pour nous, reviendra aussi lui-même pour nous chercher !
            Bien des chrétiens appliquent ce verset au décès d’un croyant, comme si Christ venait chercher personnellement un croyant qui s’est endormi, pour l’introduire dans le paradis. Mais ce n’est pas du tout la pensée ici. Il s’agit dans ce verset d’un événement absolument unique, qui se situe pour nous dans un avenir qui semble très proche.

            Le Seigneur viendra...
                  - avec un cri de commandement : Cette expression fait penser à l’ordre militaire par lequel un officier romain appelait ses soldats. Les Thessaloniciens comprenaient bien cela, car ils étaient au courant des habitudes des Romains. Seuls les soldats des compagnies concernées comprenaient l’ordre et lui obéissaient. Nous avons une belle illustration de cela au tombeau de Lazare. Le Seigneur crie à haute voix : « Lazare, viens ici, dehors ! » (Jean 11 : 43). Tandis que tous les autres morts restent dans leur tombeau, Lazare seul, à cet appel impératif, quitte sa tombe et sort. Il en sera exactement ainsi à la venue du Seigneur. Tous les saints entendront son cri de commandement et ressusciteront, tandis que les autres morts resteront dans leurs tombeaux. Quelle puissance possède sa voix !
                  - avec une voix d’archange : Le seul archange mentionné dans la Bible est Michel (Jude 9). On a écrit à ce sujet : « La voix d’un archange introduit la gloire de la plus élevée des créatures célestes pour servir le Seigneur en cette occasion suprême. Si maintenant les anges sont des esprits administrateurs qui servent en faveur des saints, comme ils l’ont fait en la faveur de Christ aussi, combien est à propos cette voix d’archange, lorsqu’ils seront ainsi rassemblés autour de lui ! » (W. Kelly). D’autres commentateurs font remarquer aussi que le Seigneur sera accompagné des anges quand il viendra chercher ses bien-aimés auprès de lui.
                  - avec la trompette de Dieu : Le mot utilisé pour trompette est aussi emprunté au langage militaire. C’est à la dernière trompette que l’armée romaine se mettait en marche. Nous retrouvons cette pensée ici : La trompette de Dieu nous appelle pour nous introduire dans la gloire. La même trompette est mentionnée en 1 Corinthiens 15 : 52 : «... à la dernière trompette, car la trompette sonnera et les morts seront ressuscités incorruptibles, et nous, nous serons changés ». Il va sans dire que la trompette mentionnée ici ne doit pas être confondue avec les sept trompettes d’Apocalypse 8 à 11, où il s’agit de jugement.
            « Et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ». Si nous lisons 1 Corinthiens 15, nous voyons que tout se passera « en un instant, en un clin d’œil ». Ici, ce clin d’œil est encore divisé dans le temps, puisque premièrement les morts en Christ ressusciteront (les croyants de l’Ancien et du Nouveau Testament). Nous avons ici un accomplissement partiel de la parole du Seigneur en Jean 5 : 28-29 : « l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix, et ils sortiront ; ceux qui auront pratiqué le bien, pour une résurrection de vie ; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement ». Dans notre passage, sa voix puissante retentit, et ceux qui ressuscitent se lèvent pour la vie. Quelque incroyable que puisse être cette pensée pour les incrédules, l’humble foi n’a aucune peine à accepter cette parole. Serait-ce une chose difficile pour le Seigneur de retrouver tous les siens, aussi bien ceux qui ont été brûlés, ou dévorés par les fauves, que ceux qui ont été déposés dans la terre ? Non, tous les morts en Christ ressusciteront à ce moment-là.
            Le Nouveau Testament n’enseigne jamais une résurrection universelle des morts. Les Juifs croyaient à une résurrection au dernier jour (voir Jean 11 : 24), mais le Nouveau Testament montre clairement qu’il n’y aura pas une résurrection simultanée de tous les morts. Le passage de Jean 5, cité plus haut, est souvent mal compris. Le Seigneur annonce qu’il y aura deux résurrections bien distinctes l’une de l’autre, une « résurrection de vie » et une « résurrection de jugement ». Il différencie simplement leur caractère, mais n’indique rien quant à leur déroulement dans le temps. D’autres passages montrent clairement que ces deux événements ont lieu à des moments différents.
            1 Corinthiens 15 nous donne encore d’autres renseignements sur la résurrection de vie. « Car comme dans l’Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue » (v. 22-23). La résurrection s’effectue ainsi en plusieurs phases. D’abord Christ lui-même, puis ceux qui sont du Christ, à sa venue - c’est ce qui nous est présenté en 1 Thessaloniciens 4. Finalement les martyrs de la grande tribulation (voir Apoc. 20 : 4-6).
            Le trait caractéristique de cette résurrection est que c’est une résurrection « d’entre les morts » (Phil. 3 : 11). Plusieurs ressusciteront, tandis que les autres resteront dans l’état où ils sont. Les morts en Christ ressusciteront et s’en iront vers Lui, tandis que ceux qui seront morts sans Lui resteront encore au moins mille ans dans les tombeaux, puis ressusciteront pour le jugement (Apoc. 20 : 11-15).

« Puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (v. 17).
            Aussitôt après la résurrection des saints endormis, nous serons, nous les vivants, enlevés ensemble avec eux. Tout cela, pendant « l’instant, le clin d’œil », dont parle 1 Corinthiens 15 : ceux qui dorment seront ressuscités -le corruptible revêtira l’incorruptibilité (v. 53) - et les vivants seront transmués - le mortel revêtira l’immortalité (v. 54). Et ensemble, nous irons « à la rencontre » du Seigneur. Cette expression, qui figure trois fois dans le Nouveau Testament, signifie « sortir, pour rencontrer une autre personne dans l’intention d’aller avec elle » :
                  - en Matthieu 25 : 1, les dix vierges sortent à la rencontre de l’époux, afin de l’accompagner aux noces ;
                  - en Actes 28 : 15, les frères viennent à la rencontre de Paul pour l’accompagner ;
                  - ici, nous irons à la rencontre de notre Seigneur pour être toujours avec Lui.
            Nous serons « enlevés ». On peut traduire ce mot par « ravis » ou « arrachés ». Il contient la pensée d’éloigner, d’entraîner avec une force soudaine. Il en sera ainsi quand nous quitterons cette terre. Une force toute-puissante - qui ne peut être que divine - se déploiera lors de l’enlèvement des saints. Bien qu’ayant été soumis toute notre vie aux lois de la nature, nous quitterons soudainement cette terre sans que rien ne puisse nous retenir.
            Quelle consolation nous trouvons aussi dans les mots : « ensemble avec eux » ! Maintenant, sur la terre, le départ d’un croyant implique toujours séparation et douleur. Cette séparation sera une fois pour toutes annulée lors de la venue du Seigneur Jésus. La voix du Seigneur nous rassemblera de nouveau tous. Nous serons enlevés ensemble à sa rencontre pour Le voir.
            Notre enlèvement aura lieu « dans les nuées ». C’est de cette manière que le Seigneur est allé au ciel ; et nous devons Lui être faits semblables en toutes choses.
            Mais notre destination n’est ni les nuées ni l’air, c’est le Seigneur. Il vient à notre rencontre pour nous prendre à Lui, parce qu’Il nous aime. « Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». Voilà l’accomplissement de notre espérance, notre éternel destin. Nous devons avoir une place en rapport avec le royaume à venir sur cette terre, mais ce n’est pas le plus important. Non, l’essentiel c’est que nous serons avec Lui. Quel merveilleux moment lorsque nous Le contemplerons pour la première fois face à face !
            Actuellement, Il est l’objet de notre amour, bien que nous ne Le voyions pas (1 Pi. 1 : 8). Il est l’objet de notre foi. Mais alors la foi aura sa fin ; elle sera remplacée par la vue, et nous contemplerons la réalité. « Nous le verrons comme il est » (1 Jean 3 : 2). Quelle joie, quel bonheur ! Il n’y aura plus jamais de séparation. Nous jouirons éternellement de son amour pour nous. Nous en avons une magnifique image dans l’Ancien Testament. Le serviteur d’Abraham conduit Rebecca vers Isaac (Gen. 24). Rebecca est une figure de l’assemblée et Isaac, du Seigneur Jésus. Il la conduit dans la tente et il l’aime. Cet amour, que nous pouvons déjà connaître, nous en jouirons alors parfaitement, sans aucune entrave. Et notre réponse sera une adoration éternelle.

« Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles » (v. 18).
            Devant cette glorieuse révélation, nous est-il difficile de suivre cette exhortation ? La perspective glorieuse de voir bientôt le Seigneur est en effet pleine de consolation et d’encouragement pour nous. Nous traversons peut-être des circonstances difficiles dans ce monde, mais la pensée de son prochain retour nous donne un nouveau courage. Peut-être sommes-nous dans le deuil de l’un de nos bien-aimés, que le Seigneur a recueilli à Lui. Quelle consolation dans la certitude que, réunis avec ceux qui nous ont devancés, nous irons bientôt à la rencontre de notre Seigneur.
            La venue du Seigneur pour nous est une manifestation de sa puissance, mais en même temps un acte de sa grâce. Sa venue avec nous, elle, soulève la question de notre responsabilité, mais ce sujet n’est pas mentionné dans ce chapitre. Il n’est question ici que de notre part avec le Seigneur.
            « Il n’est nullement parlé de jugement ni d’être manifesté, mais de notre réunion céleste avec lui, en ce que nous quittons la terre comme aussi lui l’a quittée » (J.N. Darby).
            « Nous trouvons ici la parfaite grâce déployée avec puissance. Les couronnes, récompenses de notre fidélité, ... ne seront pas distribuées à cette occasion, car ici, il n’est question que de la manifestation de sa grâce. Lors de l’enlèvement, il ne s’agit pas de notre amour pour lui, ni de notre marche, mais de son amour pour nous. C’est un amour qui a payé notre dette et nous a achetés pour lui par sa mort à la croix, un amour qui nous donne sa propre gloire en partage » (H. Rossier).

 

E. A. Bremicker – Messager évangélique (1998 p. 206-215 ; 248-255)

 

À suivre