PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (4A)
CHAPITRE 4 (v. 1-12) – La marche des croyants dans la sainteté
Avant d’en venir au thème qui est le motif de sa lettre - le retour du Seigneur (4 : 13) -, Paul a à cœur d’exprimer quelques pensées pratiques. Il y avait bien des choses dignes de louange chez les Thessaloniciens, et il les a relevées avec reconnaissance. Il y avait toutefois des dangers particuliers auxquels ils étaient exposés par leur environnement païen. Paul les met en garde contre ces dangers, en les exhortant à une marche sainte, dans la lumière et dans l’amour. L’amour et la sainteté ont été mentionnés ensemble au chapitre 3 (v. 12-13). Dans le passage qui est devant nous, nous les trouvons de nouveau les deux, mais dans l’ordre inverse.
Les exhortations pratiques de ce passage sont en relation directe avec le retour du Seigneur. Elles s’adressent à des croyants qui sont encore sur la terre et qui attendent leur Maître. Les exhortations exprimées correspondent aux diverses relations dans lesquelles nous nous trouvons :
- il s’agit d’abord de Dieu, selon la volonté duquel nous devons vivre sur cette terre (v, 3-8) ;
- puis de nos frères, que nous devons aimer (v. 9-10) ;
- enfin de notre témoignage vis-à-vis des incrédules, devant lesquels nous devons marcher honorablement (v. 11-12).
« Au reste, frères, nous vous en prions et nous vous y exhortons par le Seigneur Jésus : comme vous avez appris de nous de quelle manière il vous faut marcher pour plaire à Dieu – et c’est bien ainsi que vous marchez -, faites de plus en plus de progrès » (v. 1).
L’apôtre portait ces jeunes croyants de Thessalonique sur son cœur, et c’est dans la relation d’affection qui le liait à eux qu’il leur adresse maintenant une parole d’exhortation. Si nous connaissons une relation heureuse entre frères, il est plus facile, soit d’exprimer, soit d’accepter une exhortation. Paul ne voulait pas user envers eux de son autorité apostolique et ordonner ; il se contente de les prier et de les exhorter.
Le mot utilisé ici pour « prier » signifie : inviter à, demander aimablement. C’est une expression qui s’utilise entre personnes de même niveau. Paul ne prenait pas une attitude de supériorité, mais, avec amour, il voulait les rendre attentifs à quelques points de leur vie pratique. Ses paroles, cependant, revêtaient le caractère d’une exhortation. Il voulait attirer leur attention sur quelque chose d’important pour eux. L’amour n’hésite pas à rendre attentif aux dangers ; au contraire, il les expose ouvertement. Et les exhortations de l’apôtre étaient « dans le Seigneur Jésus ». Il n’y avait dans ses paroles ni contrainte légale, ni opinion personnelle, mais l’autorité du Seigneur. Paul était simplement le canal qui transmettait ce qu’il avait reçu du Seigneur. Quelle bénédiction il y aurait, aujourd’hui encore, si les exhortations étaient davantage exprimées et reçues dans un tel esprit !
Les Thessaloniciens sont invités à marcher d’une manière qui plaise à Dieu. Le verbe marcher évoque toute notre manière de vivre : notre comportement dans ce monde, nos paroles, nos actes, nos pensées. Tout cela doit être imprégné de la personne de notre Seigneur. Au chapitre 2, Paul décrit sa propre marche au milieu d’eux par les adjectifs : « sainte, juste, irréprochable » (v. 10). C’est ainsi qu’elle avait été agréable à Dieu. Le Seigneur nous a donné l’exemple parfait. Sa vie était toujours telle qu’elle plaisait à Dieu. Jamais Il n’a dit, fait ou pensé quelque chose qui ne soit en plein accord avec son Dieu. Quel modèle ! Il pouvait dire en vérité : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29). Plus d’une fois, le Père rend témoignage que le Seigneur est son Fils bien-aimé, en qui Il a trouvé son plaisir. Paul marchait sur les traces de son Maître. Il pouvait écrire aux Corinthiens : « C’est pourquoi... nous nous appliquons avec ardeur à lui être agréables » (2 Cor. 5 : 9).
À qui désirons-nous plaire ? À nos frères et sœurs, à nos concitoyens, à nos collègues de travail, à nos voisins, à nos parents - ou à Dieu et au Seigneur Jésus ? En général, les gens désirent se faire remarquer d’une manière ou d’une autre par ceux qu’ils côtoient, et ils orientent leur style de vie en conséquence. Bien qu’étant croyants, nous ne sommes pas à l’abri de ce danger. Gardons-nous de chercher à plaire aux hommes plus qu’au Seigneur, même si ces hommes sont des frères et des sœurs !
Pour ne pas décourager les Thessaloniciens, Paul relève ce qu’il y a de positif : « ;..c’est bien ainsi que vous marchez ». Ils s’efforçaient de plaire à Dieu et Paul le voyait. Mais ils pouvaient encore faire des progrès. Il y a un exercice continuel aussi longtemps que nous sommes sur la terre. Il y avait beaucoup de choses où les Thessaloniciens ne voyaient pas encore bien clair ; ils manquaient d’enseignement.
« Vous savez, en effet, quels commandements nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus » (v. 2).
Paul leur rappelle ce qu’il leur avait déjà dit et qu’ils savaient. Il bâtit sur un fondement connu. On voit ici qu’il n’enseignait pas sur la base de sa propre autorité, mais transmettait ce que le Seigneur lui avait confié.
Autrefois, les commandements de Dieu avaient été donnés à Israël par la Loi, qui exigeait des hommes l’obéissance. Personne n’a pu - ni ne peut - accomplir les commandements de Dieu, tels qu’ils sont formulés dans la Loi. Ces commandements, tous les hommes les ont transgressés. Dans la période actuelle, celle de la grâce, les commandements de Dieu nous sont donnés « de la part du Seigneur Jésus ». Par la nouvelle nature que nous possédons, et par le Saint Esprit, nous sommes à même de garder ces commandements. Nous ne les gardons pas dans un esprit de crainte, mais dans un esprit d’amour. Jésus a dit : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14 : 21).
« Car c’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté, que vous vous absteniez de la fornication » (v. 3).
Encore une fois Paul souligne qu’il ne s’agit pas de son opinion, ni de sa volonté. Et ici, la volonté de Dieu, c’est notre sainteté pratique. Nous nous souvenons facilement que la volonté de notre Dieu Sauveur est que tous les hommes soient sauvés (1 Tim. 2 : 4), mais sommes-nous aussi conscients que sa volonté est que nous menions une vie sainte ?
Nous avons déjà vu, dans le dernier verset du chapitre 3, la différence entre la position dans laquelle Dieu nous a introduits comme saints et bien-aimés, et l’état pratique qui doit y correspondre. Ici il s’agit de nouveau de notre état pratique. La sainteté désigne ici une sanctification active, un développement spirituel. Il est important de bien voir la différence entre la position de sainteté et la sanctification pratique, qui est un exercice de tous les jours. Il en est d’ailleurs de même de la justice. Nous sommes justifiés quant à notre position : Dieu nous a donné sa justice, parce que le Seigneur Jésus est mort à la croix. La conséquence pratique en est que nous devons vivre justement ; notre vie doit être en accord avec la justice de Dieu (voir par ex. 1 Pi. 2 : 24). La sanctification conduit à la maturité spirituelle. Nous apprenons tout au long de notre vie ce dont nous devons nous purifier et pour qui nous devons nous sanctifier. Nous apprenons à connaître le caractère du monde dont nous devons nous séparer, et nous voyons toujours plus qui est le Dieu auquel nous appartenons. La sainteté pratique est en rapport avec cette terre. Elle se lie à la venue du Seigneur : c’est une préparation morale à son retour. L’apôtre Pierre va même encore plus loin, puisqu’il parle du jour de Dieu, donc l’état éternel. Il écrit : « Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu » (2 Pi. 3 : 11-12). Combien donc est importante l’exhortation à la sainteté pratique ! Peu avant sa mort, le Seigneur demandait au Père pour ses disciples : « Sanctifie-les par la vérité : ta Parole est la vérité » (Jean 17 : 17).
Il y a chez tout croyant des points faibles, et le diable cherche à les utiliser pour amener de la souillure. De plus, il essaie de nous convaincre que cela est anodin. Chez les Thessaloniciens, il y avait le grand danger de considérer la fornication comme quelque chose d’ordinaire. C’est pourquoi Paul dit ici : « que vous vous absteniez de la fornication ». Nous ne devons pas oublier qu’ils vivaient dans l’ancien monde grec, où l’immoralité avait libre cours. La politique, la littérature et surtout la religion favorisaient cela. L’idolâtrie du monde païen était associée aux pratiques immorales. C’est dans cet environnement que les Thessaloniciens avaient été élevés. Ils subissaient l’influence de ces choses, et le danger était grand, maintenant qu’ils étaient convertis, de ne rien y voir d’exceptionnel. C’est pourquoi Paul les met en garde si clairement.
Pour nous, aujourd’hui, cette exhortation est-elle moins nécessaire ? Certes, pendant des siècles, le christianisme a exercé son influence en Europe (au moins extérieurement), de sorte que la fornication n’était pas ouvertement favorisée. Mais où en sommes-nous aujourd’hui ? Le monde qui nous entoure est plein de corruption morale, et nous sommes en danger de considérer comme anodin ce qui est en opposition à la sainteté de Dieu.
En Galates 5 : 19, où les œuvres de la chair sont énumérées, la fornication vient en premier lieu. Ce mot (en grec : porneia) désigne toute relation sexuelle hors mariage. Les désirs de notre chair sont des armes par lesquelles Satan cherche à nous faire tomber. Nous ne pouvons résister à ses attaques que si nous sommes vigilants. Souvenons-nous de ce que fit Joseph quand la femme de Potiphar voulut le séduire : il refusa, il n’écouta pas et finalement il s’enfuit (Gen. 39 : 8-10, 12).
« Que chacun de vous sache posséder son propre vase en sainteté et en honneur, non sous l’emprise de la convoitise, comme font les nations qui ne connaissent pas Dieu » (v. 4-5).
Que le croyant se garde de livrer son propre corps à la fornication ! « Le corps n’est pas pour la fornication, mais il est pour le Seigneur » (1 Cor. 6 : 13).
L’attrait mutuel de l’homme et de la femme a été donné de Dieu à sa créature. Il n’a donc rien de mauvais en lui-même. Toutefois, Dieu nous a créés ainsi en vue du mariage, et ce n’est que dans ce cadre que ces dons particuliers du Créateur doivent s’épanouir. Toute relation charnelle hors de ce cadre est un péché, que Dieu appelle fornication. C’est de cela qu’il s’agit ici, de gens qui ne connaissent pas Dieu et qui vivent dans la passion de la convoitise. La passion est un désir incontrôlé. Au sujet des nations d’autrefois, nous lisons en Romains 1 : 24-27 : « C’est pourquoi aussi Dieu les a livrés, dans les convoitises de leurs cœurs, à l’impureté, qui aboutit à déshonorer entre eux leurs propres corps... car leurs femmes ont changé les relations naturelles en celles qui sont contre nature ; et pareillement aussi les hommes, laissant les relations naturelles avec la femme, se sont enflammés dans leur convoitise l’un envers l’autre ». Quant aux hommes de la dispensation chrétienne, Jude écrit qu’ils se livrent aux mêmes vices, s’abandonnant à la fornication et allant « après une autre chair » (v. 7). Aujourd’hui, ce sont des choses qui nous entourent comme l’air que nous respirons. C’est pourquoi nous devons être particulièrement vigilants.
« Que personne ne trompe son frère ni ne lui fasse tort dans cette affaire, parce que le Seigneur est le vengeur de toutes ces choses-là, comme d’ailleurs nous vous l’avons dit précédemment et affirmé » (v. 6).
C’est l’adultère qui est en vue ici. Mais ce qui est courant dans le monde aujourd’hui n’est-il pas un réel danger pour nous ? L’histoire est pleine d’exemples qui nous montrent que des croyants peuvent aussi tomber dans ce péché. David a convoité Bath-Shéba, et n’a pas reculé devant le meurtre de son mari, Urie, pour la posséder (2 Sam. 11 et 12). L’adultère est d’abord un péché contre Dieu, mais en même temps, on trompe un frère et on lui fait gravement tort.
« Le Seigneur est le vengeur de toutes ces choses ». Comme enfants de Dieu, avons-nous donc affaire au Seigneur comme vengeur ? Pour ce qui est de notre salut éternel, nous le connaissons comme Sauveur ; nous savons qu’il ne sera pas notre juge. Mais n’oublions pas pour autant que notre Sauveur est aussi Seigneur dans son royaume. Et dans ce royaume, nous sommes soumis à son juste gouvernement. C’est pourquoi, tout au long de notre vie sur cette terre, nous avons à tenir compte de Lui comme le vengeur. Ceci n’a rien à faire avec la vie éternelle. Si, en tant que ses disciples, nous sommes désobéissants, nous en porterons les conséquences. Ce n’est pas parce qu’il nous aime et qu’il est mort pour nous qu’il peut renier ses caractères de lumière et de sainteté.
Un principe fondamental de son gouvernement est : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6 : 7). Si nous menons pratiquement une vie de souillure, nous en subirons les conséquences. Nous voyons cela clairement dans la vie de David. Bien que Dieu ait pardonné son péché à l’égard d’Unie, il a dû en subir les conséquences douloureuses sa vie durant. Le pardon et la restauration sont une chose, mais les conséquences en sont une autre. Dieu pardonne, mais Il peut ne pas nous épargner les fruits de notre mauvaise conduite.
Lors de son séjour à Thessalonique, Paul avait déjà parlé de ce principe du gouvernement de Dieu dans son royaume. Il n’en avait pas seulement parlé, il en avait solennellement témoigné. N’est-il pas nécessaire que ces principes nous soient aussi sérieusement rappelés ? Il est heureux et profitable d’être occupés de la grâce qui pardonne, mais n’oublions pas la responsabilité que nous avons devant notre Seigneur.
« Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais dans la sainteté » (v. 7).
Notre appel est à la mesure de la nature même de Dieu. Dieu est lumière, et par conséquent notre appel est nécessairement dans la sainteté. Nous avons à marcher comme des enfants de la lumière (Éph. 5 : 8). Dieu a « les yeux trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13). Si nous voulons nous faire une idée de la sainteté de Dieu, et de ce qu’est le péché à ses yeux, il nous faut aller à la croix de Golgotha. Là le Dieu saint a livré Jésus Christ entre les mains des hommes parce qu’il avait pris sur lui notre culpabilité. Parce que Dieu est lumière et qu’Il ne peut voir le péché, le Sauveur a dû s’écrier là : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matt. 27 : 46). La sainteté de Dieu est telle qu’il ne pouvait pas Lui épargner ces heures terribles de ténèbres. Et pour la même raison, Il ne peut jamais accepter quelque péché chez ses enfants. Il ne peut voir le péché.
Comme chrétiens, nous sommes appelés à la liberté, comme le déclare Paul dans l’épître aux Galates (5 : 13). Mais cela devrait-il signifier que nous pouvons vivre à notre guise ? En aucune manière. La liberté dans laquelle nous avons été introduits ne devrait jamais nous conduire au péché. C’est pourquoi l’apôtre ajoute : « seulement n’usez pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair ». Voilà le caractère de la liberté chrétienne.
« C’est pourquoi celui qui méprise ne méprise pas l’homme, mais Dieu, qui vous a aussi donné son Esprit Saint » (v. 8).
Ici Paul met de nouveau toute chose en rapport avec la plus haute autorité, avec Dieu. L’adultère est évidemment une tromperie à l’égard de son conjoint, mais il est d’abord une offense à Dieu. Ceci n’est pas dit à des incrédules, mais à des enfants de Dieu, car un incrédule ne possède pas le Saint Esprit ! C’est très sérieux. Chaque fois que nous faisons quelque chose contre la volonté de Dieu, nous Le méprisons. C’est pourquoi notre manière de marcher est si importante. Une vie non sanctifiée déshonore Dieu.
Dieu nous a donné son Esprit Saint. Il habite dans l’assemblée (1 Cor. 12 : 13) ; mais Il habite aussi en chaque croyant individuellement (Gal. 4 : 6 ; 1 Cor. 6 : 19). L’activité du Saint Esprit en nous tend toujours à glorifier Christ (Jean 16 : 14). Or jamais ceci ne peut être associé avec le mal. En 1 Corinthiens 6, Paul s’exprime avec gravité quant à la fornication, qui était à Corinthe un danger encore bien plus grand qu’à Thessalonique. Dans son argumentation, il mentionne deux points : Premièrement, nos corps sont des membres de Christ ; quelle chose abominable si nous nous unissions à une prostituée ! Secondement, notre corps est le temple du Saint Esprit ; quelle puissante raison de le conserver dans la sainteté ! « Fuyez la fornication : quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez de Dieu ? et que vous n’êtes pas à vous-mêmes ? Car vous avez été achetés à prix ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Cor. 6 : 18-20). Ce n’est pas en vain que l’Esprit est appelé le Saint Esprit, en 1 Corinthiens 6, comme en 1 Thessaloniciens 4. Il veut produire en nous la sainteté et nous séparer de tout mal.
« Au sujet de l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin que je vous écrive, car vous-mêmes, vous êtes enseignés de Dieu à vous aimer l’un l’autre » (v. 9).
Après avoir parlé dans les versets 1 à 8 du très sérieux sujet de la sainteté pratique, Paul passe à celui de l’amour fraternel. Il n’avait pas besoin d’en parler longuement. Ce n’était même pas nécessaire de leur écrire à ce sujet, car ils étaient enseignés de Dieu à s’aimer l’un l’autre. Et c’est précisément ce qu’ils faisaient ; ils aimaient Dieu, et ils aimaient les saints. Paul en avait fait l’expérience, bien qu’il n’ait été que peu de temps avec eux.
L’amour fraternel est le fruit normal de la nouvelle nature que Dieu nous a donnée. Cette nouvelle nature ne peut faire autrement que d’aimer. L’apôtre Jean écrit : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ; celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort » (1 Jean 3 : 14). La vie nouvelle se manifeste directement en ce que nous aimons nos frères. Si aujourd’hui nous devons beaucoup parler de l’amour fraternel, c’est déjà une preuve que les choses ne sont pas en ordre.
« Et c’est bien ce que vous faites à l’égard de tous les frères qui sont dans toute la Macédoine. Mais nous vous exhortons, frères, à faire de plus en plus de progrès » (v. 10).
Jean écrit : « Enfants, n’aimons pas en paroles ni avec la langue, mais en action et en vérité » (1 Jean 3 : 18). Parler de l’amour fraternel est une chose, le pratiquer en est une autre. L’amour fraternel ne se manifeste pas dans le fait que nous en parlons, mais en action et en vérité. Il en était ainsi chez les Thessaloniciens. Ils aimaient les frères, et cela non seulement dans l’assemblée locale, mais dans toute la Macédoine. Pourrait-on aussi donner de nous un tel témoignage ?
Mais Paul ajoute : « Nous vous exhortons, frères, à faire de plus en plus de progrès ». Est-ce donc que tout n’était pas en ordre ? Si, mais lors même que l’amour fraternel est là, on peut faire des progrès et croître. Au verset 1, les Thessaloniciens étaient exhortés à croître dans la sainteté pratique, ici c’est dans l’amour fraternel. Dans ces deux domaines, nous pouvons toujours avancer. Il en était de même des Philippiens. Paul savait qu’ils vivaient dans l’amour fraternel, mais il leur écrit : « Ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence » (Phil. 1 : 9). Les relations d’amour des saints peuvent toujours s’approfondir.
« À vous appliquer à vivre paisiblement, à faire vos propres affaires et à travailler de vos propres mains, ainsi que nous vous l’avons ordonné » (v. 11).
En Hébreux 13 : 1, nous lisons : « Que l’amour fraternel demeure ». Le danger est grand de faiblir dans l’amour fraternel. Les Thessaloniciens y étaient aussi exposés, et Paul veut attirer leur attention sur deux points :
- Le premier danger était de s’immiscer dans les affaires des autres et de s’occuper plus de ses frères et sœurs que de soi-même. Bien certainement, nous devons avoir de l’intérêt les uns pour les autres, mais si nous regardons trop à ce que les autres font, l’amour peut en souffrir. Nous devrions éviter de porter des jugements à l’égard de nos frères et sœurs sur ce qu’ils font, et surtout pas sur leurs motifs. Cela ne veut pas dire que nous devions supporter le mal, il ne s’agit pas de cela ici. Mais Paul veut nous mettre en garde contre le danger de nous mêler d’affaires qui ne nous concernent pas.
- Le second danger était que quelques-uns avaient tendance à profiter de l’amour de leurs frères et sœurs pour vivre à leurs frais. À l’origine, peut-être sans mauvaise intention. Plusieurs d’entre eux étaient si occupés de la venue du Seigneur qu’ils avaient cessé de travailler à leur profession terrestre. C’est pourquoi Paul les exhorte à travailler de leurs propres mains.
Il revient sur ce sujet dans sa deuxième épître. Il y écrit : « Nous apprenons… que certains parmi vous marchent dans le désordre ; ils ne travaillent pas du tout, mais se mêlent de tout. Nous enjoignons à ceux qui agissent ainsi, et nous les prions dans le Seigneur Jésus Christ, de manger leur propre pain en travaillant paisiblement » (2 Thes. 3 : 11-12). La pensée du retour du Seigneur ne devrait pas nous rendre paresseux en ce qui concerne notre travail journalier. Bien au contraire, nous devrions toujours nous appliquer à accomplir notre devoir. Même si nous savions que le Seigneur va revenir demain, nous devrions accomplir normalement notre travail aujourd’hui.
De façon générale, quand quelqu’un avance des motifs spirituels pour ne pas travailler en vue de subvenir à ses propres besoins, ce n’est pas un bon signe. Il y a certainement des exceptions, notamment pour ceux que le Seigneur appelle à consacrer tout leur temps à son service. Mais si nous ne sommes pas satisfaits de notre activité professionnelle, nous ne pouvons pas simplement cesser de travailler en nous reposant sur nos frères dans la foi et en vivant à leurs frais. Dieu veut que nous nous montrions fidèles aussi dans notre activité professionnelle. En 1 Timothée 5 : 8, nous lisons, bien que ce soit dans un autre contexte : « Mais si quelqu’un n’a pas soin des siens et spécialement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un incrédule ». N’oublions pas ce principe divin.
« Afin de marcher honorablement envers ceux de dehors et de n’avoir besoin de personne » (v. 12).
C’est avec ces mots que Paul termine ses instructions pratiques quant à la marche chrétienne. Comme chrétiens, nous sommes premièrement responsables vis-à-vis de Dieu. Deuxièmement, nous vivons au milieu de nos frères et sœurs et leur sommes attachés par l’amour fraternel. Et troisièmement, nous vivons encore dans ce monde et avons obligatoirement toutes sortes de contacts avec des incrédules. Nous ne sommes certes pas de ce monde, mais nous sommes dans ce monde. Les gens de ce monde nous observent et enregistrent comment nous nous comportons.
Paul désigne ici les gens du monde comme « ceux de dehors ». Ce sont des incrédules ; ils sont clairement différenciés des croyants, qui sont dedans. Il n’y a dans ce sens que deux groupes de personnes, ceux qui sont dehors et ceux qui sont dedans. Nous avons une responsabilité vis-à-vis des incrédules. Elle concerne toute notre conduite, nos conversations, notre manière d’agir. Paul parle aussi de cette responsabilité dans l’épître aux Colossiens, lorsqu’il dit : « Marchez dans la sagesse envers ceux du dehors, saisissant l’occasion » (4 : 5).
Notre marche devrait donc être d’un côté « dans la sagesse », et de l’autre « honorable », ou encore « bienséante ». Une marche bienséante est un comportement qui ne fournit pas de motif de scandale à un incrédule. C’est dans ce sens que Paul écrit aux Romains : « Conduisons-nous honnêtement, comme en plein jour » (13 : 13). Notre comportement n’est pas la plus petite partie de notre témoignage devant les hommes. Les Thessaloniciens ne devaient pas donner l’occasion aux gens du monde de les montrer du doigt. Et Paul les exhorte à ne pas se mettre inutilement dans la dépendance de qui que ce soit. Ceci nous parle aussi. Combien de personnes ont déjà été amenées à la foi simplement par le comportement d’un croyant. Pour citer la parole d’un autre : « On reconnaît un chrétien à ce qu’il dit et l’on apprécie un chrétien à ce qu’il fait ». Sans doute nos paroles sont importantes, mais elles ne porteront pas beaucoup si notre comportement n’est pas en harmonie avec elles.
E. A. Bremicker – Messager évangélique (1998 p. 146-156 ; 182-187)
À suivre