PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (3)
CHAPITRE 3 – Visite de Timothée à Thessalonique
Paul fut empêché d’aller lui-même à Thessalonique pour visiter ses bien-aimés frères et sœurs. C’est pourquoi il leur envoya Timothée, afin d’avoir de leurs nouvelles. Paul connaissait les ruses de Satan et ses efforts pour détruire l’œuvre qui avait si bien commencé.
L’apôtre était préoccupé. Il craignait que la foi des Thessaloniciens n’ait été ébranlée par les persécutions. Ainsi, Timothée partit à Thessalonique avec la mission de consoler et d’encourager les croyants qui s’y trouvaient. C’est le sujet du troisième chapitre.
Ayant accompli son service, il revint vers Paul pour lui transmettre de bonnes nouvelles, bien propres à l’encourager. La foi et l’amour de ces croyants étaient un motif de se réjouir et de rendre grâces à Dieu.
« C’est pourquoi, n’y tenant plus, nous avons trouvé bon d’être laissés seuls à Athènes » (v. 1).
En quittant Thessalonique, Paul se rendit d’abord à Bérée. Là aussi il rencontra l’opposition des Juifs, de sorte qu’il dut quitter cette ville et poursuivre sa route jusqu’à Athènes. Ses compagnons de voyage, Timothée et Silas, restèrent momentanément à Bérée, mais le rejoignirent ensuite à Athènes (Act. 17 : 10-15). Informé là des persécutions qui sévissaient à Thessalonique, Paul éprouva un grand souci pour ces jeunes croyants. C’est pourquoi il leur envoya Timothée, et poursuivit son voyage jusqu’à Corinthe, où Timothée le retrouva (Act. 18 : 5).
En 1 Corinthiens 13 : 5, il écrit : « L’amour ne cherche pas son propre intérêt ». Nous en trouvons la réalisation ici. C’était l’amour de Paul pour les Thessaloniciens qui le fit renoncer à la présence de Timothée. Lui-même ne pouvait pas aller vers eux, mais son amour trouva le moyen de leur faire parvenir un encouragement. Il ne pensait pas à lui, mais aux autres. Ce n’était certainement pas facile pour lui de renoncer à Timothée, car il aurait eu bien besoin de lui à Athènes. Cependant son amour pour les jeunes convertis de Macédoine était plus fort que tous les obstacles que pouvait dresser l’Ennemi. Il connaissait les circonstances difficiles des Thessaloniciens et leurs persécutions. Il savait aussi qu’ils étaient encore, spirituellement, de jeunes enfants qui avaient besoin d’encouragements et d’enseignements. C’est pourquoi il préféra « être laissé seul à Athènes ». L’expression « être laissé seul », utilisée ici, exprime la solitude et l’isolement, mais il acceptait volontiers cela.
« Et nous avons envoyé Timothée, notre frère et compagnon d’œuvre au service de Dieu dans l’évangile du Christ, pour vous affermir et vous encourager dans votre foi » (v. 2).
Timothée était un des collaborateurs de Paul sur lequel il pouvait se reposer entièrement, et qui avait toute sa confiance. Dans l’épître aux Philippiens, il lui rend ce témoignage : « J’espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée, afin que moi aussi j’aie bon courage quand j’aurai connu ce qui vous concerne. Car je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment avec moi pour avoir une sincère sollicitude pour ce qui vous concerne ; en effet tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ. Mais vous savez que Timothée a été connu à l’épreuve : il a servi avec moi dans l’évangile comme un enfant sert son père » (2 : 19-22). Bien que Timothée fût plus jeune que Paul, ils travaillaient cependant ensemble en harmonie, car ils travaillaient pour la même Personne. Malgré son jeune âge, Paul pouvait l’engager dans l’œuvre du Seigneur et lui confier des missions importantes.
Son service fut béni. Il ressort des différents passages qui parlent de lui qu’au moins quatre missions particulières lui furent confiées en faveur des croyants :
- La consolation et l’affermissement à Thessalonique (1 Thess. 3 : 2).
- Le maintien de l’ordre dans l’assemblée et le rappel de l’enseignement de l’apôtre à Corinthe (1 Cor. 4 : 17).
- L’édification à Éphèse (1 Tim. 1 : 3-4).
- L’encouragement de l’apôtre dans sa prison à Rome (2 Tim. 4 : 9, 21).
Nous avons ici la première mission de Timothée accomplie sans l’appui direct de l’apôtre. Humainement parlant, il était seul, mais Paul avait la confiance que son service serait en bénédiction aux Thessaloniciens. Il l’appelle ici « notre frère et compagnon d’œuvre au service de Dieu dans l’évangile du Christ ». Il ne dit pas « un frère », mais « notre frère ». Il ressentait le lien étroit qui les unissait. Timothée n’était pas simplement un serviteur, mais un « compagnon d’œuvre au service de Dieu ». Il servait dans l’évangile, et son service devait être aussi pour le bien des croyants.
En voyant la communion réalisée par ces deux serviteurs, nous devrions être amenés à désirer que le Seigneur nous donne des frères âgés comme Paul et des jeunes frères comme Timothée. Quelle bénédiction pour l’œuvre du Seigneur quand des frères d’âges divers travaillent ensemble et les uns pour les autres !
La mission de Timothée est décrite par les mots : « vous affermir et vous encourager dans votre foi ». La foi est mentionnée cinq fois dans ce chapitre (v. 2, 5, 6, 7, 10). C’est pourquoi il est bon de considérer rapidement ce que signifie ce mot. Nous pouvons en discerner trois sens dans le Nouveau Testament :
- La foi nous est présentée comme la main qui saisit le salut offert par Dieu. Sans une foi personnelle, personne ne peut être sauvé.
- La foi est la confiance en Dieu et en ses promesses dans la vie quotidienne.
- La foi nous est aussi présentée comme ce qui est cru, c’est-à-dire l’objet de la foi, la vérité chrétienne.
Dans notre passage, il s’agit avant tout de la confiance de la foi. Paul dit ailleurs : « Nous marchons par la foi, non par la vue » (2 Cor. 5 : 7). La foi est en contraste avec la vue. Le temps de la vue n’est pas encore venu pour le croyant. À la venue du Seigneur, tout changera. La foi prendra fin, car nous verrons ce que nous aurons cru. Mais maintenant, la foi saisit ces choses et en prend possession. Cette foi, qui est un don de Dieu, doit être toujours fortifiée et stimulée, et cela tout spécialement dans les difficultés et les épreuves. C’est pourquoi Timothée devait affermir et encourager les saints. Nous trouvons en Actes 15 : 32 deux expressions similaires : « Judas et Silas... exhortèrent beaucoup les frères et les fortifièrent ». Être affermis, encouragés, exhortés, voilà ce dont nous avons besoin chaque jour de notre vie.
« Afin que personne ne soit ébranlé dans ces tribulations ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela. En effet, quand nous étions auprès de vous, nous vous avons dit d’avance que nous aurions à subir des tribulations, comme cela est arrivé - vous le savez » (v. 3-4).
Les difficultés et les épreuves dans le chemin peuvent avoir deux conséquences opposées : soit fortifier notre foi, soit nous ébranler. C’est ce dont parle l’apôtre ici. Il espérait qu’aucun des Thessaloniciens n’ait été « ébranlé ». Ce mot est en rapport avec l’expression « vous affermir » du verset 2. Celui qui est ébranlé dans la foi est découragé et rempli d’inquiétude. Cela peut aller si loin que l’on perde entièrement la foi - non pas le salut éternel, mais la foi comme confiance quotidienne dans les promesses de Dieu.
Paul se demandait quelles conséquences auraient les persécutions sur la foi des Thessaloniciens. Leur foi serait-elle fortifiée ? Regarderaient-ils d’autant plus à ce qui est invisible, de sorte que ce qui est visible perde son importance ? Voilà ce qui se passerait si leur foi était solide. Bien que nous ne soyons pas persécutés d’une manière directe, les difficultés que nous rencontrons sur notre chemin manifestent ce qu’il en est de notre foi. Ces épreuves sont diverses ; Dieu peut se servir pour cela de maladies, de détresses, de tristesses, de chômage, de problèmes professionnels, ou d’autres choses encore. De telles épreuves peuvent ou bien fortifier notre foi, ou bien la faire faiblir. C’est comme une douche froide : elle peut faire du tort à un homme de santé fragile, mais elle est profitable à une personne en bonne santé.
Paul n’avait donné aucune illusion aux Thessaloniciens. Ils savaient ce qui les attendait. Il leur avait dit que la vie du chrétien n’a pas que des côtés agréables. C’est aussi vrai pour nous. Il ne nous a pas été promis que nous n’aurions ni difficultés ni épreuves. Le Seigneur Jésus lui-même a dit : « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16 : 33). Les épreuves n’ont rien d’anormal dans le royaume de Dieu actuellement. En Actes 14 : 22, Paul exhorte les croyants à persévérer dans la foi ; puis il ajoute : « c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ». Pierre associe aussi la foi et les épreuves. Il écrit : « étant affligés maintenant pour un peu de temps par diverses tentations, si cela est nécessaire, afin que l’épreuve de votre foi... soit trouvée tourner à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ » (1 Pi. 1 : 6-7).
C’est par un chemin de souffrances que le Seigneur est entré dans la gloire. En serait-il autrement de nous ? Sans doute, une vie avec le Seigneur Jésus est une vie glorieuse et elle apporte une plénitude de bonheur. Notre joie en tant que chrétien est une joie « dans le Seigneur » (Phil. 4 : 4), ce n’est pas la joie de ce monde. Ce monde a rejeté le Seigneur, et par cela même il rejette ceux qui se mettent du côté du Rejeté. Nous avons devant nous un avenir glorieux, mais dans le temps présent, le chemin peut être marqué de beaucoup de souffrances. Pour cela, nous avons besoin de toute la grâce de Dieu.
Tenons-nous compte de l’élément de la souffrance dans notre service évangélique, comme l’avait fait l’apôtre Paul ? Cela n’a pas beaucoup de sens de ne présenter aux hommes perdus que les aspects favorables de la vie de la foi, et de ne parler que d’une vie de bonheur. Certes, il y a pour le chrétien un bonheur pour le temps présent et un bonheur pour l’avenir, mais nous ne devons pas taire que suivre le Seigneur Jésus signifie être identifié avec un Seigneur rejeté. Dans la parabole bien connue du semeur, le Seigneur parle de ceux qui reçoivent la parole avec joie, sans avoir de racines. Qu’advient- il ? Ils croient pour un temps, mais quand vient la mise à l’épreuve, ils se retirent (Luc 8 : 13).
« C’est pourquoi moi aussi, n’y tenant plus, j’ai envoyé prendre de vos nouvelles, de peur que le tentateur ne vous ait tentés, et que notre travail ne soit rendu vain » (v. 5).
Les Thessaloniciens furent mis à l’épreuve. Dieu permit que le tentateur (c’est-à-dire le diable) s’en prenne à eux. Il s’agit ici de tentations qui proviennent des circonstances par lesquelles nous sommes mis à l’épreuve, et non pas de celles qui ont leur source dans notre nature pécheresse. De telles tentations ne sont jamais de Dieu, car Dieu ne tente personne pour le mal (Jac. 1 : 13). Mais souvent, Il met à l’épreuve notre foi. Jacques écrit : « Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez exposés à diverses épreuves, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la patience » (Jac. 1 : 2). Il en fut ainsi de Job. Dieu voulut le mettre à l’épreuve, c’est pourquoi il permit à Satan de l’attaquer.
Ainsi Dieu permet des tentations et le diable s’en sert. Il voudrait nuire à notre foi et il essaye de nous persuader qu’il est peu raisonnable de nous mettre du côté d’un chef rejeté, à la suite duquel il y a des souffrances et des luttes. Ces attaques de l’Ennemi sont dangereuses et beaucoup y ont succombé. Pour y résister, nous avons besoin d’une foi active qui nous ancre fermement dans les choses invisibles. Par la foi, nous regardons déjà au royaume à venir, où nous serons glorifiés avec le Seigneur Jésus. Paul savait que la persécution n’apporterait aux Thessaloniciens que vigueur et enrichissement spirituels, aussi longtemps que les choses invisibles de la foi seraient pour eux une réalité.
Paul désirait fortement que son travail parmi les Thessaloniciens ne soit pas vain. Il ne se contentait pas d’avoir accompli ce que le Seigneur lui avait confié, il se préoccupait aussi des résultats de son ministère, parce qu’il désirait en recevoir un plein salaire. L’apôtre Jean avait le même désir quand il écrivait : « Prenez garde à vous-mêmes, afin que nous ne perdions pas le fruit de notre travail, mais que nous recevions un plein salaire » (2 Jean 8). Il exprime une pensée semblable dans sa première épître : « Et maintenant, enfants, demeurez en lui afin que, quand il sera manifesté, nous ayons de l’assurance et que nous ne soyons pas couverts de honte, par lui, à sa venue » (1 Jean 2 : 28). Ces passages ne parlent-ils pas à nos cœurs ? Si nous nous laissons séduire par Satan, cela contribue à la confusion des serviteurs de Dieu qui ont pris soin de nous.
« Mais Timothée vient d’arriver de chez vous auprès de nous, et il nous a apporté les bonnes nouvelles de votre foi et de votre amour ; il nous a dit que vous gardez toujours un bon souvenir de nous et que vous désirez ardemment nous voir, comme nous le désirons nous-mêmes » (v. 6).
Timothée avait de bonnes nouvelles pour l’apôtre Paul. Ce qu’il a vu chez les Thessaloniciens était positif. Il pouvait rendre témoignage tant de leur foi que de leur amour. La foi lie chacun de nous au monde invisible, tandis que l’amour nous lie les uns aux autres. Nous avons besoin des deux. Nous ne sommes pas seuls à suivre le Seigneur Jésus ; il y en a d’autres à côté de nous, qui font les mêmes expériences et qui peuvent nous être en aide. Par l’amour entre nous, nous pouvons nous fortifier dans la foi. Cela faisait du bien aux Thessaloniciens de savoir que Paul pensait à eux, et Paul était encouragé en apprenant qu’ils pensaient aussi à lui.
Peut-être avait-il eu quelque crainte qu’ils l’oublient, ou qu’ils se détournent de son enseignement. Mais ce n’était nullement le cas. Ils s’étaient fermement attachés à ce qu’il leur avait dit et désiraient le revoir. Ce fut un sujet de joie pour l’apôtre.
« C’est pourquoi nous avons été consolés à votre sujet par votre foi, frères,au milieu de notre peine et de notre tribulation » (v. 7).
Lorsque Paul parlait aux Thessaloniciens de souffrances et d’épreuves, ce n’était pas pour lui de la théorie ; il en avait fait l’expérience à maintes reprises dans son propre corps. Il parlait comme quelqu’un qui savait de quoi il s’agissait. Il avait passé par beaucoup de détresses ; il avait connu la persécution et la souffrance. En 2 Corinthiens 11 : 23-27, il parle de tout ce qui lui était arrivé. C’est une énumération impressionnante. Et outre toutes ces souffrances extérieures, il y avait « la sollicitude pour toutes les assemblées » (v. 28), c’est-à-dire pour les frères et sœurs qu’il avait connus dans ses voyages et qu’il aimait.
Lui-même avait apporté aux Thessaloniciens consolation et encouragements (2 : 11). Maintenant c’était à lui d’être consolé par eux. Celui qui avait consolé était consolé à son tour. Il en est de même dans l’épître aux Romains : Paul avait l’ardent désir de les voir ; et dans quel but ? — « ... afin de vous faire part de quelque don de grâce spirituel, pour que vous soyez affermis, c’est-à-dire pour que nous soyons ensemble encouragés au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre » (Rom. 1 : 11-12). Il voulait donner et fortifier, mais en même temps recevoir et être encouragé. Quel bienfait quand le but d’une rencontre fraternelle est l’aide réciproque ! Dieu n’a pas placé en vain des frères et des sœurs à nos côtés.
La source de la consolation est alors dans la foi de l’autre. Paul désirait, tant auprès des Romains que des Thessaloniciens, être consolé par leur foi. Ici encore, la foi n’est pas le moyen du salut mais la confiance quotidienne dans le Seigneur Jésus. Cette foi est une manifestation de la nouvelle vie, qu’elle rend visible des autres au gré des circonstances que l’on traverse. Mes frères et sœurs voient à mes réactions devant les difficultés ce qu’il en est de ma foi ; et ce peut être en bénédiction pour eux, en ce qu’ils seront encouragés et fortifiés. Une confiance vivante dans le Seigneur peut redresser et encourager des croyants en danger de se décourager. À l’inverse, le manque de foi peut en entraîner d’autres.
« Car maintenant nous revivons, si vous tenez ferme dans le Seigneur » (v. 8).
Paul écrivit aussi aux Philippiens : « Mes frères bien-aimés que je désire tant revoir... restez ainsi fermes dans le Seigneur » (Phil. 4 : 1). Face aux tentations de l’Ennemi et aux difficultés du chemin, il était important pour les Thessaloniciens de rester fermes dans le Seigneur, de placer toute leur confiance en Lui. L’apôtre ne s’attendait pas à ce qu’ils puissent tenir ferme dans leur propre force ou leur propre sagesse, mais dans le Seigneur. Cela veut dire : attendre tout de Lui seul, dans chaque situation. Si nos ressources sont en nous-mêmes ou en ceux qui nous entourent, nous serons toujours déçus. Seul le Seigneur ne nous décevra jamais.
Paul avait appris de Timothée que les croyants de Thessalonique tenaient ferme dans le Seigneur. Malgré les attaques de Satan, ils étaient restés inébranlables dans la foi. L’apôtre en avait été encouragé et il exprime sa joie par les mots : « car maintenant nous revivons », ou : « nous avons de nouveau le courage de vivre ». Paul avait eu beaucoup de déceptions dans sa vie. Cela lui faisait mal quand il voyait des croyants qui ne tenaient pas ferme dans le Seigneur. C’est pourquoi il était souvent chargé et affligé. Mais ce qu’il avait appris des Thessaloniciens lui donnait un nouveau courage. Il vivait de nouveau.
N’est-ce pas pour chaque serviteur un encouragement quand il voit que le Seigneur accompagne son service de sa bénédiction et que des hommes viennent à la foi ? Mais devons-nous nous contenter que des âmes trouvent le salut ? La volonté du Seigneur est qu’elles croissent dans la foi et qu’elles tiennent ferme en Lui. Nous ne devrions jamais l’oublier. Le ministère de l’évangile est important, mais le ministère auprès de ceux qui sont convertis en est la suite nécessaire. L’engagement de Paul dans l’évangile était exemplaire, mais il n’oubliait jamais le service en faveur des croyants. Que ce soit par ses lettres ou par ses visites durant ses voyages, il avait toujours à cœur d’affermir les saints. En Actes 16 : 5, nous lisons : « Les assemblées… étaient affermies dans la foi (ministère pour les croyants) et croissaient en nombre chaque jour (ministère de l’évangile) ».
« Quelles actions de grâces pourrions-nous donc rendre à Dieu à votre sujet, pour toute la joie dont nous nous réjouissons à cause de vous devant notre Dieu » (v. 9).
En paroles très expressives, Paul dit la joie qu’il ressent à l’égard des Thessaloniciens. Il se réjouissait devant son Dieu à leur sujet. Nous verrons bientôt qu’il ne se lassait pas de prier pour eux, mais ici nous voyons qu’il se réjouissait. N’avons-nous pas une leçon à en tirer ? Nous pouvons prier les uns pour les autres, mais nous pouvons aussi nous réjouir dans la prière de ce que le Seigneur opère dans les cœurs de nos frères et sœurs. N’entend-on pas aujourd’hui de multiples plaintes des uns à l’égard des autres ? Mais si nous essayons de voir nos frères et sœurs avec les yeux du Seigneur, nous découvrirons beaucoup de choses pour lesquelles nous avons lieu de nous réjouir dans la prière devant Lui.
« Priant nuit et jour très instamment pour que nous puissions voir votre visage et suppléer à ce qui manque à votre foi ! » (v. 10).
Au chapitre 2, Paul avait rappelé aux Thessaloniciens qu’il avait travaillé nuit et jour afin de n’être à la charge de personne (v. 9). Ici, il leur dit qu’il priait nuit et jour pour eux. La prière n’était pas un devoir religieux qu’il observait, elle était une disposition de son cœur. Aucun de nous ne peut rester sur ses genoux nuit et jour, et Dieu n’attend pas cela de nous. Mais il désire que nous soyons caractérisés par une disposition intérieure de dépendance. Tel était Paul. Bien plus, il nous est dit que non seulement il priait, mais qu’il priait « très instamment » pour les saints.
Comment prions-nous ? La prière n’est-elle pour nous qu’une bonne habitude que nous accomplissons comme un devoir, ou est-elle davantage ? Prions-nous l’un pour l’autre ; supplions-nous l’un pour l’autre, pour nos enfants, pour nos familles, pour les frères et sœurs de la localité, pour les personnes avec lesquelles nous sommes en contact ? Au chapitre 5, les croyants sont exhortés à se réjouir toujours, à prier sans cesse (v 16-17). Paul nous en donne ici l’exemple.
Il désirait compléter ce qui manquait encore à leur foi. Il ne s’agit pas ici de l’énergie de la foi, ou de la confiance de la foi. Il ne leur manquait rien à cet égard. Ce qui manquait aux Thessaloniciens, c’était un enseignement sur la vérité chrétienne. Paul parle ici de ce qui est l’objet de la foi. Il leur avait déjà communiqué beaucoup de choses quand il était auprès d’eux, mais il en restait encore beaucoup qu’ils ne connaissaient pas. C’est à ce manque qu’il voulait maintenant suppléer. C’est pourquoi il désirait les revoir. Il ne voulait pas tout leur dire dans une lettre, mais venir à eux et les enseigner personnellement. Il y avait toutefois une chose qu’il estimait si importante qu’il ne pouvait attendre jusqu’à sa visite : c’est ce qui concerne la venue du Seigneur. C’est pourquoi il leur écrivait cette lettre et particulièrement ce qui se trouve au chapitre 4.
« Que notre Dieu et Père lui-même, et notre Seigneur Jésus, nous ouvre le chemin vers vous » (v. 11).
Ayant été empêché par Satan de se rendre à Thessalonique, Paul ne cherchait pas à s’engager de lui-même dans ce chemin ; il attendait tout de Dieu et de son Seigneur. Le Père et le Fils sont unis ici. L’apôtre restait paisible dans la pensée que son Dieu et Père - et le Seigneur Jésus - dirigerait son chemin vers eux. Jusque-là, il pouvait attendre. En fait, il fallut plusieurs années jusqu’à ce qu’il puisse revoir ses chers Thessaloniciens, et il leur écrivit auparavant une seconde lettre. Quant à nous, savons-nous attendre jusqu’à ce que Dieu nous ouvre la porte ? Ne nous arrive-t-il pas de devenir impatients et de faire finalement notre propre volonté ?
Ce verset contient une mention implicite de la divinité du Seigneur Jésus. Paul écrit : « Notre Dieu et Père lui-même, et notre Seigneur Jésus, nous ouvre le chemin… » Le verbe est au singulier alors que le sujet est au pluriel : « notre Dieu et Père » et « notre Seigneur Jésus ». Ainsi, déjà dans cette lettre, la première qu’il a écrite, Paul rend témoignage à la vérité que l’apôtre Jean a tout particulièrement soulignée plus tard : le Père et le Fils sont Dieu. En Jean 1 : 1, nous lisons au sujet du Fils : « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu ». Le Fils est une Personne distincte du Père, mais Il est Dieu de toute éternité. Cette vérité fondamentale est confirmée partout dans le Nouveau Testament.
« Quant à vous, que le Seigneur vous fasse croître et abonder en amour les uns envers les autres et envers tous (comme nous aussi envers vous) » (v. 12).
La relation de Paul avec les Thessaloniciens était caractérisée par l’amour, et il désirait que cet amour imprègne aussi leurs relations entre eux. Combien il est important que nos rapports réciproques soient en ordre ! Un tel état découle d’abord de l’amour que nous avons les uns envers les autres, puis de notre amour envers tous. Le Seigneur a dit à ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez- vous l’un l’autre. À ceci tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13 : 34-35). Et Paul écrit aux Colossiens : « Par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection » (Col. 3 : 14). C’est par ce lien que nous sommes unis, et cela devrait être visible. Il ne s’agit pas seulement d’une communion d’amour, mais aussi d’un témoignage d’amour. Nous devrions montrer aux hommes perdus que nous les aimons et que le salut de leur âme immortelle nous importe. Un commentateur a écrit : « Amour est le mot caractéristique du christianisme ». Cela veut dire beaucoup.
« Pour affermir vos cœurs sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père, à la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » (v. 13).
Dans ce verset, l’apôtre revient sur le sujet de la venue du Seigneur. Et il le lie à un appel à la sainteté pratique des croyants. Il désire que nos cœurs soient affermis sans reproche en sainteté à la venue du Seigneur Jésus. La lumière de son apparition en gloire devrait briller déjà maintenant sur notre chemin et nous caractériser. Ce verset contient plusieurs déclarations importantes ; nous allons les considérer l’une après l’autre.
L’apôtre parle d’abord de nos cœurs, qui doivent être affermis. Le Seigneur veut avoir nos affections pour Lui. En joignant ce verset au précédent, nous voyons que nos cœurs devraient être affermis par l’amour et dans la sainteté. Il est parlé plusieurs fois de « cœurs affermis » dans le Nouveau Testament. En Jacques 5 : 8 c’est en rapport avec l’espérance : « Affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche ». En Colossiens 2 : 7, c’est en rapport avec la foi : « Marchez en lui, enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi ». Ici, il s’agit de l’amour, qui ne doit jamais être séparé de la sainteté. Ceci nous amène à la deuxième pensée, savoir l’exhortation à la sainteté.
Les mots saint ou sainteté se retrouvent très souvent dans l’Écriture. Si nous comparons les divers passages qui parlent de ce sujet, nous constatons que la sainteté a deux aspects.
- Il y a premièrement la position dans laquelle Dieu nous a placés quand nous sommes venus au Seigneur Jésus avec nos péchés. Dans ce sens, tout croyant est devenu un saint. C’est ainsi que l’épître aux Hébreux dit : « C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (10 : 10). Paul écrit aux Corinthiens : « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés... » (1 Cor. 6 : 11). Le sacrifice du Seigneur Jésus nous a placés dans cette position de saints, que personne ne peut nous ôter.
- Mais à cette position se lie notre responsabilité pratique. Voilà le deuxième aspect de la sainteté. Dieu désire que notre vie pratique soit en accord avec ce que nous sommes quant à notre position. Il attend de nous une vie de séparation pratique de tout mal. Pierre dit à ce sujet : « Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu’il est écrit : « Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pi. 1 : 15-16). C’est cet aspect de la sainteté que nous trouvons ici dans ce dernier verset du chapitre 3.
La sainteté pratique (ou sanctification) a aussi deux côtés :
- un côté négatif, qui consiste à s’éloigner du mal, à s’en séparer ;
- un côté positif, qui consiste à s’approcher de Dieu, à Lui être consacré.
Peut-être ne voit-on trop souvent que le côté négatif. Une vie de sainteté est une vie consacrée à Dieu et en même temps séparée du mal. Si nous ne voyons que l’aspect négatif, notre séparation ne sera pas meilleure que celle des pharisiens, dans laquelle Dieu ne trouvait aucun plaisir. La sanctification positive, c’est-à-dire la consécration à Dieu, n’est possible que si elle est associée à l’amour. C’est pourquoi l’exhortation à la sainteté suit ici l’exhortation à l’amour du verset 12.
L’amour n’est vrai que s’il est joint à la lumière, c’est-à-dire à la sainteté, et réciproquement. Les deux choses sont inséparables. Dieu est lumière et Dieu est amour. L’amour ne peut jamais me conduire à approuver le mal chez mon frère. D’autre part la lumière divine ne peut m’amener à suivre un chemin de séparation extérieure sans amour pour mon frère. Par-dessus tout, le motif de la sanctification doit être l’amour pour Dieu. Si nous nous séparons simplement à cause des hommes, ou à cause de nos frères et sœurs, et que l’amour pour Dieu nous manque, alors notre sanctification est sans valeur. Notre état d’esprit n’est pas bon et le danger de devenir légal est grand.
Paul parle ici d’une sainteté « devant notre Dieu et Père ». Dieu est lumière, et notre vie doit être en accord avec lui. Cependant nous ne le connaissons pas seulement comme le vrai Dieu, mais aussi comme notre Père. Voilà notre relation avec lui, une relation qui est caractérisée par l’amour et par la sainteté. Comme enfants, nous avons reçu sa nature, qui est sainte, et c’est l’amour lui-même qui nous a donné cette nature et nous a introduits dans cette relation.
Ensuite, l’exhortation à la sainteté pratique est liée à « la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints ». Il s’agit ici, comme au chapitre 2 (v. 19), de sa parousie. Quand le Nouveau Testament parle de sa venue pour les siens, il s’agit d’un acte de sa grâce : Il vient pour nous retirer des circonstances éprouvantes de cette terre. Tandis que sa venue avec les siens est présentée en relation avec notre responsabilité. Quand le Seigneur Jésus apparaîtra aux yeux de tous, avec les siens, ils seront « ses saints ». Position et état pratique seront alors en pleine harmonie. Nous n’aurons plus besoin d’exhortation à la sainteté pratique. Mais Dieu désire que nous vivions déjà maintenant selon le modèle de ce qui sera bientôt réalisé de façon parfaite, c’est-à-dire séparés du monde et consacrés à notre Dieu.
La venue du Seigneur est ici directement liée à son apparition sur la terre, quand nous viendrons avec Lui. Paul fait allusion dans ce passage à ce qu’il développera plus complètement au chapitre suivant. Il est bien possible que les Thessaloniciens n’aient pas su cela. Quand Il viendra, comme le roi de son royaume, pour exercer le jugement et la domination, alors nous L’accompagnerons. Les Thessaloniciens vivaient tellement dans l’attente de sa venue imminente pour l’établissement de son règne qu’ils pouvaient bien admettre qu’ils seraient encore sur la terre à ce moment-là. Paul montre qu’il en sera autrement. Nous viendrons avec le Seigneur, quand Il prendra en main son autorité. D’autres passages confirment cela. En 2 Thessaloniciens 1 : 10, nous lisons : « quand il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » ; et en Colossiens 3 : 4 : « Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire ». Quant au déroulement des faits dans le détail, nous y reviendrons au chapitre 4.
« Ses saints » - Arrêtons-nous encore un instant sur cette expression ; elle est d’une beauté particulière. Nous ne sommes pas simplement des saints, mais ses saints. Nous appartenons au Seigneur. Quelle relation intime que celle dans laquelle nous sommes introduits et dont nous pouvons jouir ! Maintenant nous partageons sa réjection, puisqu’Il est le Rejeté. Quand Il viendra, nous partagerons sa gloire ; et alors Il sera Celui qui remplira le ciel et la terre de sa gloire.
Mais qui sont « ses saints » ? Cette expression concerne-t-elle seulement les croyants de la période de la grâce ou comprend-elle aussi les croyants de l’Ancien Testament ? Comme dans l’expression « ceux qui sont du Christ » (1 Cor. 15 : 23), nous pouvons bien admettre que les croyants de l’Ancien Testament sont inclus. Certes, pour ce qui concerne leur part éternelle dans la maison du Père, ils sont clairement distincts de l’assemblée. Mais pour ce qui concerne le royaume, ils appartiendront à sa partie céleste (voir par ex. Daniel 7 : 18, 27). Ils auront part à la première résurrection et au règne du Seigneur sur la terre. Nous paraîtrons ensemble en gloire et en sainteté avec le Seigneur. Quel moment de joie pour lui et pour nous !
E. A. Bremicker – Messager évangélique (1998 p. 80-91 ; 116-124)
À suivre