PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (2B)
CHAPITRE 2 (suite) - Le ministère de l’apôtre Paul (2)
« Vous êtes vous-mêmes témoins - Dieu l’est aussi – que notre conduite envers vous qui croyez a été sainte, juste, irréprochable » (v. 10).
Les derniers mots du verset montrent que Paul s’adresse aux Thessaloniciens comme à ceux qui sont dans la foi au Seigneur Jésus. La foi était le fondement de la relation entre Paul et eux. Elle demeure aujourd’hui encore le fondement de nos relations entre nous.
Ce que Paul avait à dire aux Thessaloniciens n’était pas des paroles en l’air ; ils pouvaient rendre témoignage à ce sujet, et Dieu lui-même pouvait le faire, lui qui regarde non seulement les actions, mais les motifs du cœur. Et parce que les motifs de Paul étaient purs, il pouvait en appeler, comme il l’avait fait plus haut (v. 5), à leur témoignage comme à celui de Dieu.
Nous trouvons alors trois caractères du ministère de Paul envers les croyants :
- Premièrement, sa conduite était sainte, c’est-à-dire pure, pieuse, selon Dieu. On pouvait constater que sa vie était séparée du mal, et entièrement consacrée à Dieu.
- Deuxièmement, il agissait justement, rendant à chacun ce qui lui revenait.
- Enfin sa conduite était à l’abri de tout blâme ; il n’avait rien à se reprocher à lui-même.
Ces trois mots : « sainte », « juste » et « irréprochable » se rapportent respectivement à son comportement à l’égard de Dieu, des hommes et de lui-même.
Chaque croyant au service du Seigneur (ce que sans doute nous désirons tous être) est particulièrement observé, tant par le monde que par ses frères. En outre, il est exposé aux attaques de Satan. C’est pourquoi il est important de nous appliquer à vivre de manière que personne ne puisse nous faire de reproches. Rien ne fait plus de tort à l’œuvre du Seigneur dans ce monde que les occasions de chute que nous pouvons être pour d’autres. Le modèle de Paul est placé ici devant nous. Puissions-nous le suivre !
« Et, vous le savez, traitant chacun de vous comme un père ses propres enfants » (v. 11).
Nous avons déjà vu au verset 7 la différence entre l’amour maternel et l’amour paternel. Nous voyons ici en quoi se manifeste l’amour d’un père en Christ : il exhorte, il console et il témoigne. D’autres passages nous disent qu’un père discipline (par ex. Héb. 12:6, 7), mais il n’en est pas fait mention ici. La discipline peut consister à reprendre celui qui est sur un mauvais chemin, tandis que l’exhortation est toujours positive : elle indique le bon chemin, et c’est ce dont nous avons besoin. La consolation - ou l’encouragement - nous sont aussi nécessaires afin que nos forces soient renouvelées. Le rôle d’un père, enfin, est de présenter le témoignage de la parole de Dieu pour l’instruction et l’éducation.
Paul ne les avait pas seulement enseignés collectivement, il l’avait fait aussi individuellement : il dit, chacun de vous ! Le ministère de pasteur ne consiste pas seulement dans la présentation publique de la Parole. Il s’exerce en premier lieu individuellement, à l’occasion de conversations particulières permettant de s’enquérir des difficultés et des besoins de chacun. C’est un ministère à la fois très discret et très important. Les êtres humains sont si divers et ont des besoins si variables que les entretiens personnels sont irremplaçables.
Sommes-nous reconnaissants à Dieu pour les frères qui accomplissent ce service de berger, qui s’occupent des âmes individuellement, qui exhortent, consolent et enseignent ? Ce sont des dons que Dieu nous a faits et nous devrions beaucoup estimer leur service. Mais demandons-nous aussi si le Seigneur ne nous a pas confié un tel service. Il n’est pas nécessaire pour cela d’être engagé « à plein temps » dans l’œuvre du Seigneur. Ce service peut être accompli localement par ceux auxquels le Seigneur met cela à cœur. Combien nous en avons besoin aujourd’hui dans les assemblées locales !
« Nous vous avons exhortés, consolés et suppliés instamment de marcher d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire » (v. 12).
Ce verset touche le fondement même de l’enseignement de l’apôtre aux Thessaloniciens. Il ne lui suffisait pas de les avoir amenés à la foi, il voulait les conduire plus loin et les aider dans leur vie de croyants. Ceci est bien important. Beaucoup de chrétiens se satisfont de savoir qu’ils sont sauvés et ne viendront pas en jugement. Mais Dieu ne se contente pas de cela ; Il veut que nous croissions intérieurement. Ce passage nous montre quel est le but de Dieu pour nous. En même temps, il est important pour la compréhension de toute l’épître. Il est comme un condensé de l’enseignement de l’apôtre.
La première chose est donc que nous marchions d’une manière digne de Dieu. Le terme grec pour « marcher » signifie « aller et venir ». Il se retrouve dans plusieurs passages du Nouveau Testament, dans un sens figuré. Il évoque toute notre conduite, dans tous les domaines, qu’il s’agisse de nos paroles, de nos pensées, de nos actes ou de nos sentiments. Le mot « digne » signifie aussi « conforme ». Tout notre comportement doit être en conformité avec ce que nous professons et avec notre appel.
L’expression « marcher d’une manière digne de » se trouve trois fois sous la plume de Paul, chaque fois en rapport avec le caractère de l’épître où elle apparaît. Elle nous indique avec quoi notre marche doit être en accord (en Philippiens 1 : 27, nous trouvons l’expression « conduisez-vous d’une manière digne », mais le mot grec original est différent) :
- En Colossiens 1 : 10, les croyants sont exhortés à marcher d’une manière digne du Seigneur. Ils étaient en danger de détourner leurs regards de Christ et de s’occuper d’autres choses par lesquelles ils pensaient enrichir leur foi. Paul leur présente alors la plénitude de la gloire du Seigneur et leur rappelle qu’ils avaient à marcher d’une manière digne de Lui. Ils devaient être remplis de la connaissance de sa volonté, pour que leur marche soit en accord avec la dignité et la gloire du Seigneur.
- En Éphésiens 4 : 1, nous lisons : « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés ». Cet appel nous est tout spécialement développé dans le chapitre 2. Par l’appel de Dieu, nous sommes « un homme nouveau », « un seul corps » ; nous sommes « gens de la maison de Dieu », « un temple de Dieu », « une habitation de Dieu par l’Esprit ». Voilà la doctrine telle que Dieu nous la présente et qui doit être visible et manifestée dans notre marche. Nous avons à marcher à la hauteur de cette vérité si précieuse.
- Ici, dans le passage qui est devant nous, il s’agit de marcher d’une manière digne de Dieu, qui nous a appelés à son propre royaume et à sa propre gloire. C’est-à-dire que notre comportement doit être en accord avec la sainteté et la dignité de notre Dieu. Il nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire, et cela doit être vu dans les siens. Le chrétien a sa part dans ce royaume et dans cette gloire, et sa conduite doit être en rapport avec une telle position.
Bien que, dans cette lettre, l’expression « royaume de Dieu » n’apparaisse que dans ce passage, ce sujet y est pourtant développé en détail. Nous allons nous y arrêter un peu. Que faut-il comprendre par cette expression ? Le royaume de Dieu est le domaine où s’exerce l’autorité de Dieu, autorité qu’Il a confiée au Seigneur Jésus comme Fils de l’homme. Il est dans les plans de Dieu de soumettre un jour toutes choses au Seigneur Jésus.
Quand Il reviendra sur cette terre, ce royaume sera établi avec puissance et avec gloire et Il en prendra possession. C’est là « le jour du Seigneur », mentionné en d’autres passages (1 Thes. 5 : 2 ; 2 Thes. 2 : 2). Dans le même sens, l’Ancien Testament parle souvent du « jour de l’Éternel ». Le Seigneur, actuellement, ne possède pas encore ce royaume de manière officielle et visible. D’après Hébreux 2 : 8, toutes choses Lui sont déjà assujetties, mais nous ne voyons pas encore qu’il en est ainsi. Il est maintenant le rejeté du monde. Lorsqu’Il est venu sur cette terre pour établir son règne, Il n’a rencontré que souffrance. On n’a pas voulu de Lui, et son règne n’a pu être établi. Il en est de même jusqu’à aujourd’hui ; c’est pourquoi le royaume de Dieu a revêtu actuellement une forme cachée, que seule la foi discerne.
Mais en quoi le royaume nous concerne-t-il ? Eh bien, nous voyons ici que nous sommes appelés à ce royaume de Dieu ! Cela signifie que, quand le Seigneur viendra pour établir son règne en puissance et en gloire, nous régnerons avec Lui. Telle sera notre position dans le royaume futur. Du haut du ciel, nous partagerons sa suprématie et sa gloire. Cependant nous faisons déjà partie de ce royaume, bien qu’il soit caché aux yeux des hommes, et que le temps de la domination effective ne soit pas encore là.
De même que le Seigneur est aujourd’hui encore rejeté, ceux qui reconnaissent sa seigneurie et ses droits dans leur vie sont rejetés. Le royaume de Dieu dans sa forme actuelle implique la souffrance, comme c’était le cas pour les Thessaloniciens eux- mêmes. Le chemin vers la gloire du royaume futur passe pour nous aussi par la souffrance. Paul en parle de nouveau dans sa deuxième épître : « ... que vous soyez estimés dignes du royaume de Dieu pour lequel aussi vous souffrez » (1 : 5) ; et en Actes 14 : 22, nous lisons qu’il exhortait les disciples « à persévérer dans la foi, et les avertissaient que c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ». Il y a donc deux phases dans ce royaume :
- la période actuelle, où nous reconnaissons sur nos vies les droits du Roi rejeté, et par conséquent sommes aussi rejetés et dans la souffrance ;
- et la période future, dans laquelle nous partagerons sa gloire et régnerons avec Lui.
« Marcher d’une manière digne de Dieu qui nous appelle à son propre royaume » signifie aussi que notre comportement sur cette terre est en accord avec les bénédictions du règne à venir. Notre marche doit être à la hauteur de cette scène glorieuse. Plus tard, il ne sera pas difficile aux hommes d’être sujets de ce royaume et de reconnaître l’autorité du Roi. Actuellement, c’est en vérité difficile, mais c’est une source de bonheur. Les Thessaloniciens en sont la preuve : ils avaient reçu la Parole avec de grandes tribulations, mais aussi avec la joie de l’Esprit Saint. Ils souffraient, mais ils étaient heureux dans le Seigneur. Il peut en être de même pour nous, quoique nous devions reconnaître que nous avons une bien petite part aux souffrances de Christ. À la pensée du royaume de Dieu est aussi associée celle de notre responsabilité, comme disciples du Seigneur Jésus, de reconnaître déjà maintenant ses droits sur nos vies.
Nous ne sommes toutefois pas seulement appelés « à son propre royaume », mais encore « à sa propre gloire ». À cet égard, nous pouvons penser à ce que Pierre écrit aux Juifs de la dispersion : « Le Dieu de toute grâce... vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus » (1 Pi. 5 : 10). Notre destinée est en effet la gloire de la maison du Père, où nous goûterons éternellement un bonheur parfait dans la communion du Père et du Fils. Mais remarquons surtout que ce passage lie la propre gloire de Dieu avec le royaume qui est mentionné juste avant. Cela dirige nos pensées vers Apocalypse 21, où nous voyons la sainte cité, la Jérusalem céleste, image de l’assemblée de Dieu dans le Millénium. Une de ses caractéristiques est qu’elle paraît « ayant la gloire de Dieu » (v. 11). Quand les hommes de ce temps-là verront l’assemblée (figurée par la sainte cité), ils contempleront en elle la gloire de Dieu. Sa propre gloire sera reflétée dans l’assemblée. C’est à cela que nous sommes appelés, mais devons-nous attendre pour cela notre manifestation avec lui ? Non, et c’est justement ce que nous trouvons ici dans cette épître aux Thessaloniciens. Nous devons déjà refléter cette gloire de Dieu dans un monde de ténèbres qui ne veut rien savoir de Lui. C’est notre responsabilité. Nous ne pouvons pas vivre à un niveau inférieur à celui de notre appel céleste.
Moralement, Dieu nous forme déjà pour son royaume et pour sa gloire. Ce qui sera bientôt réalité dans l’avenir doit être le principe de notre vie et de notre comportement. Bien que le péché soit encore là, nous pouvons, par la puissance de l’Esprit Saint, mener une vie par laquelle Dieu est glorifié.
« C’est pourquoi, de notre côté, nous rendons sans cesse grâces à Dieu de ce que, ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, parole qui opère en vous qui croyez » (v. 13).
Dans les versets 13 à 16, Paul entre maintenant dans un nouveau sujet. Il rappelle aux Thessaloniciens de quelle manière ils avaient reçu la révélation de Dieu et quelles en étaient les conséquences pour eux. C’était pour lui un sujet de reconnaissance. Il avait commencé sa lettre en remerciant Dieu pour eux et il continue ici à le faire. Avec ses compagnons d’œuvre, il pouvait continuellement rendre grâces de ce que les Thessaloniciens avaient reçu l’évangile qu’ils leur avaient prêché, non comme un simple message humain, mais comme la parole de Dieu.
Le message que nous avons à annoncer aux hommes n’est pas d’origine humaine, mais divine (voir Gal. 1 : 11). Nous ne parlons pas de la part d’un homme, mais de la part de Dieu. L’apôtre pouvait dire aux Corinthiens : « Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ - Dieu, pour ainsi dire, exhortant par notre moyen -, nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » (2 Cor. 5 : 20). Nous avons la mission expresse de Dieu, comme représentants du Seigneur Jésus, d’avertir les hommes d’être réconciliés avec Dieu. Il ne saurait y avoir de mandat plus important. Et parce que c’est Dieu lui-même qui nous l’a confié, nous avons la responsabilité de ne pas ajouter d’éléments humains à ce message. Paul ne l’avait pas fait.
Nos paroles ne sont évidemment pas inspirées. Nous devons être conduits par l’Esprit Saint, mais personne aujourd’hui ne peut prétendre prononcer des paroles inspirées de Dieu. L’inspiration divine, comme elle nous est présentée en 2 Timothée 3 : 16, concerne uniquement la Parole écrite, telle que nous l’avons entre nos mains. Et rien ne permet d’affirmer que, dans toutes ses prédications orales de l’évangile, l’apôtre Paul ait été directement inspiré. Mais les Thessaloniciens avaient reçu son message comme étant la parole de Dieu. Et il l’était véritablement. L’apôtre dit ailleurs : « Mais nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions ce qui nous a été librement donné par Dieu, et nous en parlons, non selon des paroles enseignées par la sagesse humaine, mais selon des paroles enseignées de l’Esprit, communiquant des choses spirituelles par des moyens spirituels » (1 Cor. 2 : 12-13).
À ce propos, il est bon de nous souvenir que la Bible, de sa première à sa dernière page, est la Parole de Dieu, non une parole d’hommes. Dieu s’est servi d’écrivains humains, auxquels Il a confié la fonction de canaux de sa révélation. « Car la prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pi. 1 : 21). Il a plu à Dieu, au cours des siècles, de se servir d’hommes pour transcrire sa Parole, mais chaque mot de la Bible est inspiré de Dieu. C’est pourquoi toute l’Écriture possède une autorité divine.
Actuellement, dans la chrétienté, on prétend parfois que certains enseignements de Paul ne font plus autorité pour nous, parce qu’ils présentent sa pensée personnelle. Une telle attitude montre que l’on ne reçoit plus la Parole comme les Thessaloniciens. On ne veut pas reconnaître que Dieu a utilisé la pensée d’un fidèle serviteur du Seigneur pour devenir partie intégrante de sa Parole inspirée.
Les croyants de Thessalonique avaient d’abord reçu la Parole, puis ils l’avaient acceptée et enfin elle avait opéré en eux. Voilà l’enchaînement divin. Recevoir et accepter ne sont pas équivalents ; le premier concerne plutôt l’oreille, le second, le cœur. C’est une chose d’écouter ou de lire la Parole de Dieu, et c’en est une autre de la recevoir vraiment dans son cœur. Ce n’est qu’en ceux qui l’ont acceptée effectivement au plus profond d’eux- mêmes qu’elle peut opérer. Il ne s’agit pas ici de la Parole qui amène à la repentance, mais de son œuvre en nous, ses enfants. Dieu ne veut pas limiter son action à notre salut et à notre paix ; c’est sa volonté expresse qu’elle opère profondément en nous qui croyons.
En Hébreux 4, nous avons la pensée plus générale de l’opération de la parole de Dieu dans le cœur des hommes : « Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur » (v. 12). Le mot de l’original grec pour opérante inclut la pensée de l’énergie. Il doit y en avoir dans nos vies de croyants. Dieu désire qu’il soit vu concrètement que nous avons accepté sa Parole.
« Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des assemblées de Dieu qui sont en Judée dans le Christ Jésus ; vous avez enduré de la part de vos propres compatriotes les mêmes souffrances qu’elles ont subies de la part des Juifs » (v. 14).
Au chapitre 1, l’apôtre avait déjà rappelé qu’ils avaient reçu la Parole avec beaucoup de tribulations (v. 6). Il y revient ici. La tribulation était une conséquence du fait que la parole de Dieu opérait avec puissance dans leur vie. Si les Thessaloniciens n’avaient pas confessé ouvertement le Dieu vivant qu’ils voulaient désormais servir, ils se seraient épargné bien des souffrances. Mais les souffrances n’ont rien d’extraordinaire pour le chrétien. Elles dirigent nos pensées vers le royaume de Dieu. Le chemin de la gloire, pour les sujets du royaume, passe par la tribulation.
Paul compare la situation des Thessaloniciens avec celle des Juifs croyants, et leur déclare que leurs frères en Palestine vivaient les mêmes circonstances. Ce que les premiers avaient à endurer de la part de leurs compatriotes païens, les derniers l’enduraient de la part des Juifs de leur pays. En outre, l’apôtre leur montre combien ils étaient étroitement unis à leurs frères juifs. Il s’était adressé à eux comme à l’assemblée des Thessaloniciens... dans le Seigneur Jésus Christ (1 : 1), et il qualifie les assemblées de Judée comme étant dans le Christ Jésus. Elles étaient, comme eux, des assemblées de Dieu.
Le Nouveau Testament nous présente l’assemblée sous divers aspects. Plusieurs passages nous la montrent selon le conseil de Dieu, comme un tout, c’est- à-dire constituée de tous les croyants de l’époque actuelle. D’autres passages nous présentent l’aspect local (ou la représentation locale) de l’assemblée, par exemple 1 Corinthiens 11 : 18 : « vous vous réunissez en assemblée ». C’est aussi la pensée de diverses assemblées locales que nous avons ici. Il y avait des assemblées en Judée comme en Europe. Elles n’étaient pas seulement quelque peu liées les unes aux autres, mais elles faisaient partie du corps complet de Christ. Il en est de même aujourd’hui : la Parole de Dieu ne connaît pas d’assemblées locales indépendantes, mais un seul corps de Christ, une seule assemblée. Quand elle parle de la représentation locale du corps de Christ, elle ne l’envisage jamais indépendamment de l’ensemble (voir par ex. 1 Cor. 12 : 27).
« Eux qui ont mis à mort et le Seigneur Jésus et les prophètes, et qui nous ont chassés par la persécution. Ils ne plaisent pas à Dieu, et ils s’opposent à tous les hommes » (v. 15).
Paul saisit l’occasion de la condition des assemblées en Judée pour faire quelques commentaires sur les Juifs et leur comportement. Le verset 15 contient cinq reproches à leur adresse :
- ils ont mis à mort le Messie ;
- ils ont tué les prophètes ;
- ils ont chassé Paul par la persécution ;
- ils ne plaisaient pas à Dieu ;
- ils sont opposés à tous les hommes.
Le point culminant de la méchanceté des Juifs a été le rejet et la crucifixion de leur Messie, leur roi. C’est le reproche que leur fait Pierre en Actes 2 : 23 : « Vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques ». C’était le meurtre de Celui qui était le « don inexprimable » de Dieu (2 Cor. 9 : 15). De même qu’ils avaient tué les serviteurs de l’Éternel, dans l’Ancien Testament, ils avaient maintenant mis à mort le Fils bien-aimé de Dieu (voir Marc 12 : 8). Cependant, le livre des Actes nous montre qu’ils traitèrent aussi les disciples du Seigneur de la même manière. Comme ils avaient rejeté leur roi, ils rejetaient aussi ceux qui voulaient Le suivre. Paul, poursuivi par la persécution, en fit bien vite l’expérience. Leur conduite ne pouvait jamais plaire à Dieu, bien qu’ils aient prétendu Le servir. Dans sa grâce et sa sagesse, Dieu se servit de leur opposition pour faire porter l’évangile aux nations, mais cela ne diminue en rien leur responsabilité ; ils auront à rendre compte de leur terrible comportement.
La persécution est toujours quelque chose d’abominable, mais elle prend un caractère particulièrement cruel, et même sadique, lorsqu’elle s’exerce au nom de la religion. Toute l’histoire de l’Église est là pour le prouver, et on en trouve encore des exemples dans les temps actuels. Satan réussit toujours à aveugler les hommes en les faisant utiliser des motifs religieux pour donner libre cours à leur cruauté.
« Ils nous empêchent de parler aux nations pour qu’elles soient sauvées, et ainsi comblent toujours la mesure de leurs péchés. Mais la colère est venue sur eux à la fin » (v. 16).
Le résultat de l’opposition des Juifs à l’évangile fut que le message en fut porté désormais aux nations. L’instrument choisi par Dieu pour cela fut particulièrement l’apôtre Paul, ce qui souleva le plus grand déplaisir des Juifs. Tout en refusant pour eux- mêmes le salut en Jésus, ils s’opposèrent à ce qu’il soit annoncé aux nations. Ils étaient visiblement conscients qu’il s’agissait d’une chose de grande valeur, et c’est pourquoi ils ne pouvaient supporter de le voir offert aux païens par Paul. Ils se considéraient comme le peuple élu de Dieu et regardaient les Gentils avec mépris. L’idée d’un évangile qui apporte les mêmes bénédictions aux païens et aux Juifs leur était insupportable. Nous voyons souvent cela dans le livre des Actes. À Antioche de Pisidie, par exemple, « à la vue des foules, les Juifs furent remplis de jalousie et contredisaient ce que Paul disait, contredisant et blasphémant » (13 : 45). De même à Jérusalem, lors de son apologie devant le peuple, Paul put parler jusqu’au moment où il leur dit que Dieu l’avait envoyé « au loin vers les nations » ; ils « l’écoutèrent jusqu’à ce mot, et ils se mirent à crier : Ôte de la terre un pareil homme, car il n’aurait pas dû vivre ! » (Act. 22 : 21-22). Par ce comportement, les Juifs mirent le comble à leur péché et firent déborder la mesure.
Cela ne pouvait pas rester sans conséquences. La colère de Dieu est venue sur eux « à la fin », c’est-à-dire au plus haut degré. Cette parole n’est pas encore pleinement accomplie. Un premier déploiement de cette colère a eu lieu lors de la destruction de Jérusalem par les Romains, en l’an 70. Quelle qu’en soit l’horreur, ce ne pouvait être qu’un prélude au jugement de Dieu qui atteindra les Juifs dans un temps encore futur. Il en est de même des terribles malheurs que ce peuple a connus depuis lors.
« Pour nous, frères, après avoir été séparés de vous pour un temps, de visage mais non de cœur, nous avons d’autant plus ardemment désiré voir votre visage » (v. 17).
Après cette digression, Paul revient à ses relations avec les Thessaloniciens. N’est-il pas touchant de voir avec quelle affection il parle ? Ses relations avec eux étaient empreintes d’un amour sincère. Il s’adresse à eux comme à des frères avec qui il est étroitement uni. Tout son désir était de les revoir, comme une mère qui a été séparée de ses enfants bien-aimés. Bien qu’absent de corps, il était présent avec eux de cœur. Et nous, aimons-nous tous nos frères et sœurs, comme Paul, ou bien restons-nous indifférents à leurs circonstances ? Bien que nous n’en connaissions que quelques-uns, nous pouvons manifester dans la prière le lien qui nous unit à eux tous.
« C’est pourquoi nous avons voulu aller vers vous, du moins moi Paul, une fois et même deux fois, et Satan nous en a empêchés » (v. 18).
Dans le livre des Actes, nous voyons que, depuis Thessalonique, Paul est allé à Athènes puis à Corinthe. Il avait rencontré d’autres frères, mais n’oubliait pas pour autant ceux de Thessalonique. Il désirait ardemment les revoir et revenir vers eux, parce qu’il se faisait du souci pour eux.
Mais cela ne tenait pas à lui qu’il ne soit pas venu ; c’était Satan qui l’en avait empêché ! Comment cela s’est manifesté dans les faits, nous ne le savons pas. Paul dit simplement que Satan s’était opposé à cette visite. Aurions-nous dit une chose pareille ? En Actes 16 : 6, nous lisons que le Saint Esprit les avait empêchés d’annoncer l’évangile en Asie. Ceci nous paraît déjà plus compréhensible. Mais comment est-il possible que Satan puisse empêcher un serviteur du Seigneur de faire quelque chose qui n’est pas contraire à la volonté de Dieu ? Le désir de Paul était bon, ses motifs étaient purs. Satan était le seul qui avait un intérêt à s’opposer à une nouvelle venue de Paul à Thessalonique, et Dieu laissa faire.
Dans nos vies, nous devons aussi apprendre à discerner entre ce qui est la volonté directe de Dieu et ce qu’Il permet. Il est bien évident que Satan ne peut rien contre la volonté divine, mais Dieu lui laisse un certain champ libre. Nous voyons cela clairement dans l’histoire de Job ; mais nous pouvons nous consoler à la pensée que Satan sera bientôt lié, et Romains 16 : 20 dit : « Le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds ». Il ne pourra alors plus rien contre les saints.
Mais actuellement, il saisit chaque occasion pour nuire à l’œuvre du Seigneur. Lorsque survient une difficulté, nous avons besoin de nous interroger sur nos motifs pour savoir si c’est Dieu qui met un obstacle, ou s’Il permet à Satan de faire de l’opposition. Si nos motifs ne sont pas droits et purs, Dieu se met en travers de notre chemin. Pour Paul, les choses étaient claires ; ses motifs étaient en accord avec Dieu, et c’est pourquoi il savait que c’était Satan qui s’opposait, non pas Dieu.
« Quelle est en effet notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous, devant notre Seigneur Jésus, à sa venue ? Oui, c’est vous qui êtes notre gloire et notre joie ! » (v. 19-20).
Dans ce verset, Paul en vient au retour du Seigneur, et il considère tout à la lumière de sa venue. On pourrait s’étonner un peu qu’il ne dise pas que c’est le Seigneur qui est son espérance, sa joie, sa gloire. Il l’était, sans aucun doute. Jésus était l’essence même de son espérance. C’est Lui qu’il désirait voir. Mais nous avons ici un autre aspect des choses. Nous voyons les motifs de l’apôtre, qui étaient exempts d’égoïsme et d’amour propre. Les Thessaloniciens ne prenaient pas la place de Christ dans son cœur, sinon cela aurait été une erreur de parler ainsi. Le Seigneur lui-même était bien l’objet de ses affections, et parce qu’il en était ainsi, il pouvait se réjouir de la récompense qu’il recevrait à la venue de Christ.
Paul attendait le Seigneur Jésus pour le voir, Lui. Mais il savait qu’il aurait en même temps la joie de se tenir devant Lui avec ceux qui avaient été amenés à la foi par son ministère (opéré par le Saint Esprit). Cette joie est juste. Nous pouvons nous réjouir de la récompense qui sera notre part à sa venue. Quelqu’un a écrit : « Les fruits particuliers de notre travail ne sont pas perdus ; ils se retrouveront à la venue du Seigneur. Notre plus grand sujet de joie est de voir le Seigneur lui-même et de lui être semblable. C’est la part de tous les saints, mais il y a des fruits particuliers qui sont liés à l’œuvre que le Saint Esprit a accomplie en nous et par nous ». Notre espérance est fixée sur le Seigneur, mais elle est inséparable de la récompense que Lui-même donnera.
La récompense est en relation avec le service fait pour le Seigneur. Maintenant, nous sommes serviteurs dans son royaume. Quand celui-ci sera établi en puissance et en gloire, viendront les récompenses. Cela est clairement présenté dans la parabole de Luc 19 :11-27. La rémunération pour le service y est vue en relation avec la puissance du royaume. Le Maître dit : « Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très peu de chose, aie autorité sur dix villes » (v. 17). C’est dans le même sens que nous avons à comprendre le passage de 2 Pierre 1 : 11, si souvent mal compris : « Ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée ». L’entrée dans la maison du Père est la même pour tous les croyants de la dispensation actuelle ; là il n’y a pas de différences. Mais quand il s’agit de l’entrée dans le royaume dans sa forme future (et c’est de lui qu’il est question en 2 Pierre 1 : 11), il y aura certes des différences. La récompense qui sera publiquement donnée alors ne sera pas la même pour chacun (voir aussi 1 Cor. 3 : 13-15).
La couronne de gloire dont Paul parle ici nous fait aussi penser à une autorité, comme encore à la distinction qui honore un vainqueur. Cela ne nous remplit-il pas de confusion de savoir que Dieu trouve son plaisir à nous récompenser, à nous honorer ? Il récompensera tout ce qui a été fait pour Lui, mais non selon les critères de ce monde - pensons-y. Ce n’est pas le genre d’activité qui sera récompensé, mais la fidélité avec laquelle nous aurons accompli ce qu’Il nous a confié.
Plusieurs couronnes sont mentionnées dans le Nouveau Testament ; il vaut la peine de les considérer :
- la couronne de la vie pour le martyr et pour celui qui aime le Seigneur (Apoc. 2 : 10 ; Jac. 1 : 12) ;
- la couronne de gloire pour le pasteur fidèle (1 Pi. 5 : 4) ;
- la couronne incorruptible pour le vainqueur dans la course (1 Cor. 9 : 24-27) ;
- la couronne de justice pour celui qui aime l’apparition du Seigneur (2 Tim. 4 : 8) ;
- la couronne de joie pour le serviteur (1 Thes. 2 : 19).
Nous vanterions-nous de nos couronnes ? Non, jamais. En Apocalypse 4, nous voyons ce que les croyants en font : ils les déposent aux pieds de l’Agneau. C’est à Lui qu’ils donnent gloire. Nous exprimerons ainsi que nous ne sommes rien et que tout ce que nous aurons faiblement accompli n’était rien d’autre que son œuvre à Lui. C’est à Lui seul que revient tout honneur et toute gloire.
Arrêtons-nous encore brièvement sur le mot « venue », caractéristique des deux épîtres aux Thessaloniciens, où il est mentionné sept fois : 1 Thes. 2 : 19 ; 3 : 13 ; 4 : 15 ; 5 : 23 ; 2 Thes. 2 : 1 ; 2 : 8 ; 2 : 9). Le mot grec correspondant est parousia, composé de : para = avec et ousia = être. Il ne désigne pas seulement le moment précis de l’arrivée de quelqu’un, mais la présence continue qui en résulte. En Philippiens 2 : 12, Paul utilise ce mot pour parler de sa « présence » au milieu des Philippiens. Dans le Nouveau Testament, il est utilisé 18 fois pour le retour du Seigneur. Il n’indique pas seulement le moment de sa venue pour les siens, mais aussi sa présence avec eux depuis ce moment-là.
Il s’agit donc de toute une période qui a un début, une durée et une fin. Elle commencera quand le Seigneur viendra pour chercher les siens, et elle finira lors de son apparition en gloire sur cette terre pour établir son règne. Sa venue pour nous et avec nous est considérée en fait comme une venue, mais avec plusieurs phases. Ainsi, il n’est pas tout à fait juste de parler de la première et de la deuxième venue du Seigneur, quand on veut distinguer les deux phases de cette venue. Si l’on examine les différents passages mentionnant cette parousie, on peut constater que :
- certains parlent principalement du début de cette période - exemples : 1 Thes. 4 :15 ; 5 : 23 ; 2 Thes. 2 : 1 ; 1 Cor. 15 : 23 ; 2 Pi. 3 : 4 ;
- d’autres parlent plutôt de durée - exemples : 1 Thes. 2 : 19 ; 3 : 13 ; Matt. 24 : 3, 37, 39 ; 1 Jean 2 : 28 ;
- certains encore de la fin de cette période - exemples : 2 Thes. 2 : 8 ; Matt. 24 : 27.
Au cours de notre étude, nous aurons encore l’occasion de considérer plusieurs aspects de la venue du Seigneur, particulièrement dans les chapitres 4 et 5, où elle est au premier plan.
E. A. Bremicker – Messager évangélique (1997 p. 380-382 ; 1998 p. 20-28, 55-64)
À suivre