Jésus Christ est Seigneur – Psaume 110
Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Phil. 2 : 11)
Ce beau psaume nous présente la personne de Christ comme Roi et sacrificateur à la droite de Dieu. Il peut être divisé en trois parties, la première ayant trait au temps présent, les deux suivantes se rapportant à une période de temps à venir :
- L’ascension de Jésus au ciel (v. 1) - honneur et gloire ;
- Le jugement de ceux qui se sont élevés contre Lui et un peuple préparé pour Lui (v. 2-4) - le propos de Dieu pour Christ ;
- L’exaltation de Christ dans son règne sur la terre, au jour de sa puissance (v. 5-7) - le Millénium.
Comme cela a été écrit : « Ce psaume est bien de nature à occuper et à élargir les pensées des saints qui l’aiment et trouvent leurs délices à s’enquérir de lui dans son temple » (J.G. Bellett). C’est pourquoi nous aimerions considérer quelque peu les sept versets de ce court psaume.
De David. Psaume (v. 1a)
David est l’auteur du Psaume 110, qui est une réponse au Psaume 109, de David lui aussi. Il a connu de nombreuses années de souffrances, de rejet et de haine avant de monter sur le trône auquel Dieu l’avait appelé. Il est donc bien approprié que ce soit lui qui écrive ces deux psaumes, qui nous parlent d’un plus grand que David, notre Seigneur Jésus Christ. Nous sommes admis à lever nos yeux vers le ciel, où « nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la souffrance de la mort, couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2 : 9).
Le Psaume 110 répond donc au Psaume 109, de la même manière que Philippiens 2 : 9-11 répond aux versets 7 et 8 :
- les versets 7 et 8 de Philippiens 2 décrivent l’abaissement et l’obéissance du Christ Jésus « jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » ;
- les versets 9 à 11 montrent son élévation par Dieu, « très haut », dans le ciel.
Au Psaume 109, Jésus est l’homme rejeté, « affligé et pauvre » ; au Psaume 110, Il est le Seigneur (Adonaï). Au Psaume 109, il y a les souffrances, les afflictions ; l’opprobre du Christ sur la terre et jusque sur la croix (voir v. 23 à 25), mais au Psaume 110, les gloires qui devaient suivre dans son exaltation au ciel (1 Pi. 1 : 11).
Dieu a « exalté et élevé, et [placé] très haut » (És. 52 : 13) son saint et fidèle serviteur Jésus. Dans le Psaume 110, nous avons l’exaltation de Christ comme Seigneur. « Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » ; Il l’a « exalté par sa droite Prince et Sauveur » (Act. 2 : 36 ; 5 : 31). Le « pauvre » du Psaume 109 : 16, 22, 31, n’a pas eu sur cette terre d’endroit « où reposer sa tête » (Matt. 8 : 20) ; Il est désormais élevé sur le trône à la droite de la Majesté dans le ciel. Dieu s’est « tenu à la droite du pauvre » (Ps. 109 : 31) lorsqu’Il était sur la terre ; maintenant, l’homme élevé se tient à la droite de Dieu. À l’abaissement volontaire qui a été le sien, aux souffrances de sa vie et de sa mort, répondent maintenant les gloires du ciel (voir Prov. 15 : 33b ; 1 Pi. 1 : 11).
Quatre interlocuteurs différents s’expriment dans ce Psaume 110 :
- le psalmiste, David, qui parle au sujet de son Seigneur, qui est Christ (v. 1) ;
- l’Esprit prophétique, qui évoque un temps à venir de la puissance et de la gloire de Christ (v. 2-3) et qui conclut le Psaume (v. 7) ;
- l’Éternel, qui donne une promesse à son Christ (v. 4) ;
- le « résidu » (le petit reste) de Juda, qui parle de la puissance de Christ en jugement (v. 5-6) un jugement qui leur apportera la délivrance, tant attendue.
« L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (v. 1b)
Le psaume s’ouvre sur l’ascension de Christ dans le ciel, qui a eu lieu 40 jours après sa résurrection (Act. 1 : 3, 9). Il se termine (v. 5-6) sur le moment où Il apparaîtra comme « Seigneur des seigneurs, et Roi des rois » (Apoc. 19 : 11-21), afin d’établir son règne par le jugement des nations et la délivrance de son peuple (voir Rom. 11 : 25-27 ; Joël 2 : 27 ; 3 : 9-17 ; Zach. 13 : 9 ; 14 : 1-4…). Si les croyants demeurent dans l’attente du retour du Seigneur Jésus pour les prendre auprès de Lui dans le ciel – moment qu’Il attend plus que nous -, Lui-même attend aussi patiemment le temps où tout Lui sera assujetti au jour de sa puissance (Ps. 110 : 2). « En lui assujettissant tout, il (Dieu) n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti », jusqu’à la mort même, le dernier ennemi (Héb. 2 : 8 ; 1 Cor. 15 : 25-27 ; Éph. 1 : 22a). Durant ce temps de patience, Il est assis sur le trône même de Dieu, « à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de tout pouvoir, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir » (Éph. 1 : 20-21). Quelle place élevée et glorieuse Il occupe maintenant ! Lorsque toutes les nations seront assemblées devant Lui pour le jugement, juste avant l’établissement de son règne, le Fils de l’homme s’assiéra sur son propre trône, « sur le trône de sa gloire » (Matt. 25 : 31).
Dieu Lui-même, par une proclamation solennelle, invite son Fils à s’asseoir à sa droite, où Il trouve honneur, puissance et gloire. Sa pleine domination est établie sur tous ses ennemis. Il est là-haut comme le Seigneur « Adonaï », c’est-à-dire l’Éternel, Yahveh, Celui qui EST, le JE SUIS (Ex. 3 : 14 ; Jean 8 : 58). Ce nom est donné spécialement à Christ dans la gloire, dans son exaltation à la droite de Dieu ; il évoque sa puissance, qui se déploiera dans le jour du jugement à venir : « Celui qui habite dans les cieux rira [d’eux – les puissants de la terre], le Seigneur s’en moquera » (Ps. 2 : 4).
Ce verset du Psaume 110, la parole solennelle prononcée par l’Éternel même, se retrouve à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament, plus un rappel en 1 Cor. 15 : 25 qui met l’accent sur son règne : « Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds ». Le Christ, ayant tout accompli, s’assied auprès de l’Éternel, qui le couronne de gloire et d’honneur, Lui donne la domination suprême et mets « tout sous ses pieds » (Ps. 8 : 7). Celui qui a été le pauvre et le méprisé, qui a pris la dernière place dès son entrée dans le monde - « il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2 : 7) - est Celui qui occupe désormais la plus haute place dans le ciel et qui bientôt paraîtra en gloire - « Portes, élevez vos têtes ! et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera… » (Ps. 24 : 7-10). Quelle grandeur que la sienne alors ! Elle sera vue de tous, mais aujourd’hui déjà, les rachetés peuvent par la foi contempler la gloire du Seigneur dans le ciel « à face découverte » (2 Cor. 3 : 18).
La séance du Seigneur à la droite de Dieu est rappelée pas moins de six fois dans le Nouveau Testament :
- Matthieu 22 : 41-45 ; Marc 12 : 35-36 ; Luc 20 : 41- 44. Le Seigneur Jésus rappelle ici les paroles du *Seigneur (Dieu), au Seigneur de David (Jésus Lui-même). Le fils de David est la descendance du roi David, en tant qu’homme (Luc 3 : 23, 31 fin), et Il est le Seigneur de David, le Dieu qui l’a créé. Jésus est « la racine et la postérité de David » (Apoc. 22 : 16). La déité de l’homme Christ Jésus est ici confirmée.
- Actes 2 : 34-35. Dans son premier discours face aux juifs, Pierre démontre la résurrection de Jésus le Nazaréen, que la mort ne pouvait pas retenir. Si David a pu prononcer ces paroles dans le Psaume 110, toutefois elles ne pouvaient pas s’appliquer à lui car, après avoir « servi au conseil de Dieu », il est mort (Act. 2 : 29 ; 13 : 36). Mais Jésus, que les Juifs avaient « cloué à une croix et … fait périr par la main d’hommes iniques » (Act. 2 : 23), a été ressuscité par Dieu, ce dont les apôtres étaient témoins. Et non seulement cela, mais Il a été aussi exalté par Dieu, « fait Seigneur et Christ », s’étant assis à la droite de Dieu.
- Hébreux 1 : 13 : Afin de démontrer la grandeur du Fils de Dieu, l’écrivain de l’épître aux Hébreux exprime sept gloires de sa Personne dans les versets 2 à 14. La septième Le démontre bien supérieur et au-dessus des anges, par la citation du Psaume 110.
- Hébreux 10 : 13 : Jésus a offert le seul et parfait sacrifice pour les péchés ; cette œuvre étant accomplie une fois pour toutes, Il s’est assis dans le ciel. Il attend maintenant le temps du jugement de ses ennemis.
« L’Éternel enverra de Sion le sceptre de ta force : Domine au milieu de tes ennemis ! » (v. 2)
Ses ennemis seront « le marchepied de ses pieds » et Il dominera sur tout – sur les « œuvres de tes mains » (Ps. 8 : 6), comme sur tous ses ennemis. Il établira son règne par le jugement des méchants (v. 5-6). Le sceptre – ou bâton (Ex. 4 : 2, 17) – est l’emblème de la royauté et du gouvernement. Deux discours prophétiques nous annoncent ce que notre Psaume affirme :
- Jacob avait annoncé qu’un roi sortirait de la tribu de Juda, en disant : « Le sceptre ne se retirera pas de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne ; et à lui sera l’obéissance des peuples » (Gen. 49 : 10) Le nom « Shilo » est une allusion au Messie ; Christ est « le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David », Celui qui aura vaincu (Apoc. 5 : 5).
- Balaam, dans son troisième discours prophétique, parle de Celui qui régnera un jour sur son peuple terrestre, mais aussi sur toute la création, et qui détruira au préalable tous ses ennemis : « Une étoile surgira de Jacob, et un sceptre s’élèvera d’Israël » (Nom. 24 : 17).
Cela sera aussi confirmé dans le Psaume 2, où le décret du gouvernement universel du Fils de Dieu est prononcé : « Tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier tu les mettras en pièces » (v. 9). C’est le « sceptre de sa force », par lequel Il brisera ses ennemis et dominera sur eux, et qui est le symbole de son autorité royale.
Le Psaume 45 nous montre Christ, Messie et roi en Sion et sur toute la terre. Au verset 7, Il est vu sur un trône éternel, régnant avec droiture, avec justice et équité : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne ». En Hébreux 1, le Psaume 45 est cité pour établir la supériorité du Fils sur les anges. Lui seul régnera « à toujours », c’est-à-dire pendant 1000 ans, à la suite desquels Il remettra le royaume « à Dieu le Père » (1 Cor. 15 : 25). Le royaume terrestre prendra alors fin, mais si la charge est remise, toutefois la Personne de Christ est éternelle, ainsi que son titre de Roi.
Le prophète Daniel confirme à son tour ce règne et la domination totale du Fils, qui suivra le jugement de ses ennemis, et il conclue : « Et on lui donna la domination, et l’honneur, et la royauté… Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et son royaume, [un royaume] qui ne sera pas détruit » (Dan. 7 : 9-14).
« Ton peuple sera un peuple de bonne volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence. Comme la rosée née de l’aurore, tes jeunes gens viendront vers toi » (v. 3)
Quelle période glorieuse lorsque Christ établira son règne en puissance, par le jugement des ennemis et la délivrance d’Israël ! Quel changement pour ce peuple saint, aimé de Dieu et choisi pour Lui appartenir en propre (Deut. 7 : 6-8) ! C’est un peuple qui s’était détourné de son Dieu et l’avait abandonné, un peuple murmurateur et infidèle, « un peuple de cou raide » (cette expression se retrouve 7 fois dans les livres de Moïse : la première en Ex. 32 : 9, la dernière en Deut. 31 : 27). Dieu devra dire à « la maison de Jacob » : « Tu es obstiné, ton cou est une barre de fer » (És. 48 : 4). La « grande tribulation », fera de lui un peuple « foulé aux pieds », « qui attend, attend » la délivrance (És. 18 : 7). Il verra enfin venir son Messie, et ils le reconnaîtront (Zach. 12 : 10). Lui-même verra venir à Lui une nouvelle génération, qui ne sera plus « méchante » et perverse » comme au temps où leur Roi était « chez lui » et qu’ils « ne l’ont pas reçu » et l’ont rejeté (Matt. 12 : 45 ; 17 : 17 ; Jean 1 : 11).
Lorsque ce temps viendra, ce qui a été annoncé s’accomplira : « Sans que je m’en aperçoive, mon âme m’a transporté sur les chars de mon peuple qui est de bonne volonté » - ou : qui agit librement et volontairement, avec noblesse - (Cant. 6 : 12). Cela se produira pour le résidu mais aussi pour « tout Israël », qui sera sauvé (Rom. 11 : 26). Quelle gloire pour Lui !
Il a été écrit : « Son peuple, de franche volonté, lui offre… la place glorieuse qui appartient au vainqueur. Ils le placent sur des chars ; ils disent, empruntant le langage des psaumes : ‘’Prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char, à cause de la vérité et de la douceur et de la justice’’ » (Ps. 45 : 5) » (H. Smith).
Il y aura alors un peuple nouveau, appelé dans notre Psaume « la rosée de ta jeunesse » (dans le sens de : tes jeunes gens) ; un peuple bien disposé, rempli du désir d’agir envers son Messie sans plus de murmures et de rébellion, d’une manière libre et volontaire (voir Ps. 22 : 31). David dit dans un Psaume : « Quand l’Éternel rétablira les captifs de son peuple, Jacob s’égaiera, Israël se réjouira » (Ps. 14 : 7). Ésaïe annonce déjà ce temps merveilleux de bénédictions, qui suivra les jugements divins sur la terre : « Réveillez-vous et exultez avec chant de triomphe, vous qui habitez dans la poussière ; car ta rosée est la rosée de l’aurore » (voir És. 26 : 19-21). Israël, comme une nation née à nouveau, entourera son Messie et son Roi par de grands « Alléluia ! » (voir Ps. 146 à 150).
Mais dès aujourd’hui, son peuple racheté peut faire monter vers Lui louange et adoration, car il sait jusqu’où est allé Son amour. Le cantique nouveau, commencé par les saints sur la terre, montera éternellement dans le ciel vers « Celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang » - « À lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1 : 5-6).
« L’Éternel a juré et il ne se repentira pas?: “Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec” » (v. 4)
« Dieu n’est pas un homme pour mentir, ni un fils d’homme pour se repentir » (Nom. 23 : 19). Il prend ici la parole pour nous dire quelle est la place qu’Il a donnée à son Fils dans le ciel. Jésus, l’homme ressuscité et glorifié, a reçu dès son entrée glorieuse au ciel, un sacerdoce éternel de la part de Dieu – « Tu es sacrificateur… selon l’ordre de Melchisédec ». « L’auteur du salut éternel » a été « salué (proclamé) par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec » (Héb. 5 : 10 ; voir 6 : 20). Un passage de l’épître aux Hébreux reprend cette parole divine en insistant sur le fait qu’il s’agit d’un serment, que Dieu a juré et qu’Il ne se repentira pas de ce qu’Il a dit ; contrairement aux sacrificateurs sous la Loi, « lui l’est devenu avec serment, par celui qui a dit à son sujet : “Le Seigneur a juré et ne se repentira pas : “Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec” » (Héb. 7 : 21 ; voir v. 28 où il est dit que Dieu l’a « établi », c’est-à-dire, désigné, nommé, souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec – on retrouve ce terme en 5 : 1 et 8 : 3).
Autrefois, Dieu avait donné à son peuple terrestre, Israël, un roi et un sacrificateur. C’étaient Moïse et Aaron (Deut. 33 : 5 ; Ex. 28 : 1). Mais la royauté, comme le sacerdoce, ont entièrement failli et les fils d’Israël se sont retrouvés « sans roi… et sans sacrifice » (Osée 3 : 4). Mais bientôt, ils retrouveront dans la Personne du Seigneur Jésus, un roi et un sacrificateur. Car, après les souffrances qu’Il a connues, le Fils de Dieu a été glorifié par Dieu, et dans sa Personne, et dans sa fonction (voir Héb. 5 : 5-6). L’Éternel Lui-même l’avait autrefois annoncé au prophète Zacharie : « Voici un homme dont le nom est Germe (c’est Jésus Christ) … Il portera la gloire, et il s’assiéra, et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône » (6 : 12). L’Éternel précise dans notre Psaume, comme aussi en Hébreux 7 : 17 et 21, qu’il s’agira alors d’un sacerdoce exercé à la manière de celui de Melchisédec, pleinement manifesté au temps béni du Millénium.
Ainsi, le sacerdoce du Seigneur Jésus sera différent de celui qu’il exerce actuellement envers ses saints sur la terre, qui est « à la manière », ou « selon » le sacerdoce d’Aaron. Jésus exerce actuellement depuis le ciel le sacerdoce « selon l’ordre » d’Aaron, en intercession, en sympathie et en aide en faveur des siens qui sont sur la terre ; un sacerdoce nécessaire du fait de nos infirmités.
Le sacerdoce qu’Il exercera dans l’avenir et « à perpétuité » - c’est-à-dire continuellement, sans interruption - (Héb. 7 : 3), sera par contre « selon l’ordre de Melchisédec ». Melchisédec est ce personnage mystérieux qui intervint auprès d’Abraham afin de le préparer à vaincre la tentation du roi de Sodome (Gen. 14). Il porte des caractères de Christ, étant à la fois « roi de justice » (c’est la signification de son nom) et « roi de Salem », ou « roi de paix », comme aussi « sacrificateur du Dieu Très-haut » (Gen. 14 : 18, rappelé en Héb. 7 : 1). Hébreux 7 : 3 nous dit même qu’il est « assimilé au Fils de Dieu » - considéré comme Lui étant semblable.
Nous ne pouvons faire mieux que de rappeler la description du sacerdoce du Fils de Dieu, dans son excellence, qui nous est faite en Hébreux 7 : « Car [ce] témoignage [lui] est rendu?: “Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec”… (ceux-là [Aaron et ses fils] sont devenus sacrificateurs sans serment ; mais lui [l’est devenu] avec serment, par celui qui a dit à son sujet : “Le Seigneur a juré et ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec”), c’est donc d’une alliance bien meilleure que Jésus a été fait le garant. De plus, ces sacrificateurs-là ont été nombreux, parce que la mort les empêchait de demeurer ; mais celui-ci, parce qu’il demeure éternellement, a le sacerdoce qui ne se transmet pas. De là vient aussi qu’il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant afin d’intercéder pour eux. Car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, exempt de tout mal, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux, [lui] qui n’a pas besoin chaque jour, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple ; car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui-même. La Loi, en effet, établit pour souverains sacrificateurs des hommes qui sont dans la faiblesse, mais la parole du serment qui est après la Loi, [établit] un Fils qui est accompli pour l’éternité » (Héb. 7 : 17-28).
« Le Seigneur, à ta droite, brisera les rois au jour de sa colère. Il jugera parmi les nations, il remplira [tout] de corps morts, il brisera le chef d’un grand pays » (v. 5-6)
Le Saint Esprit avait déjà en vue le règne de son Roi au verset 2 ; le « résidu » de Juda y revient maintenant dans ces deux versets qui précèdent la conclusion du Psaume.
L’Esprit Saint nous rappelle la place d’honneur occupée par le Seigneur selon la parole de l’Éternel au v. 1 : Christ est assis sur le trône de Dieu, à sa droite, du côté de l’honneur et de la puissance. Mais au « jour de sa colère » (voir Soph. 2 : 1-5 ; Apoc. 6 : 17), Il se lèvera pour combattre et triompher de ses ennemis (v. 5), juger les nations et l’Assyrien. Ils ne pourront pas lutter contre Lui ni résister à sa puissance ; ils seront comme un vase de terre sur lequel s’abattra « le sceptre de sa force » (v. 2), comme un bâton de fer : « Tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier tu les mettras en pièces” » (Ps. 2 : 9). – Les mots « sceptre » et « bâton » sont équivalents (voir Gen. 49 : 10 ; Jug. 5 : 14 ou encore És. 14 : 5).
Au jour de son terrible jugement, tout sera « rempli de corps morts ». Les armées innombrables, les multitudes qui se rebelleront contre Lui seront anéanties. Le prophète Ézéchiel déclare qu’Israël enterrera les mort pendant sept mois jusqu’à ce que le pays soit enfin purifié (Ézé. 39 : 11-16). Lors de son apparition en puissance et en gloire, le Seigneur accomplira le jugement sur :
- l’Antichrist, le chef de l’empire romain et toute son armée (Apoc. 19 : 11-21) ;
- l’’armée de l’Assyrien (És. 14 : 24-27 ; voir aussi És. 30 : où il est parlé du « bâton » par lequel Assur sera frappé) ;
- Les nations voisines d’Israël seront combattues et vaincues par Juda et Israël réunis, avec l’intervention du Seigneur Lui-même (És. 11, 13-14 ; Zach. 12 : 6) ;
- les ennemis du « fond du nord » (Ézé. 38 et 39 – Gog et Magog, à ne pas confondre avec Apoc. 20 : 8-9, qui traite de la révolte de Satan après le Millénium).
« Il boira du torrent dans le chemin, c’est pourquoi il lèvera haut la tête » (v. 7)
Dans ce verset, le Saint Esprit nous montre la perfection du Seigneur dans l’esprit de dépendance qu’Il a manifesté dans son chemin sur la terre. Son chemin a été celui de « l’homme de douleurs, sachant ce que c’est que la souffrance » (És. 53 : 3). Mais Dieu a accordé à son Serviteur qu’Il soutenait et en qui son âme trouvait son plaisir (És. 42 : 1), quelques rafraîchissements dans un tel chemin. Nous pensons à quelques circonstances rapportées par les évangélistes :
- la femme Samaritaine (Jean 4),
- la femme pécheresse (Luc 7),
- Marie de Béthanie (Jean 12),
- le centurion romain (Luc 7),
- le Samaritain lépreux qui est revenu sur son chemin pour Lui rendre hommage (Luc 17),
- la belle confession de Pierre (Matt. 16),
- la conversion du brigand crucifié à son côté (Luc 23) ...
Ce chemin est, pour les rachetés du Seigneur, celui du nouvel homme qui ne reconnaît et ne reçoit sur la terre que les rafraîchissements que Dieu lui accorde dans sa grâce fidèle. L’âme du croyant est profondément rafraîchie par les encouragements et les consolations que Dieu lui dispense dans les difficultés et les épreuves du chemin (voir Jean 16 : 33 ; 2 Cor. 1 : 3-5, 7 ; 1 Thes. 4 : 16-18 ; 2 Thes. 2 : 16-17…). Bientôt, il en sera fini pour lui de toutes les peines qui sont le lot des fidèles (voir 2 Tim. 3 : 12 ; Apoc. 21 : 4). N’oublions-pas, cependant, que dans « les souffrances du temps présent », Dieu accorde à ses bien-aimés enfants « quelque consolation en Christ, … quelque réconfort d’amour, …quelque communion de l’Esprit, …quelque tendresse et quelques compassions » (Phil. 2 : 1), en attendant « la gloire à venir qui doit nous être révélée » (Rom. 8 : 18).
L’œuvre de la croix étant achevée, Lui-même ayant déclaré « C’est accompli », Jésus a pu « baisser la tête » (Jean 19 : 30) et remettre en pleine paix son esprit entre les mains de son Père. Et, auprès de Dieu désormais, Il est exalté dans sa gloire de Roi et vainqueur (Ps. 121). Les portes et les portails éternels doivent d’élever pour laisser passer le roi de gloire (Ps. 123 : 7-10), qui lève haut la tête.
Il paraîtra un jour comme « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19 : 16) pour le jugement des nations. Le prophète annonce : « Qui est celui-ci, qui vient d’Édom, de Botsra, avec des habits teints en rouge, celui-ci, qui est magnifique dans ses vêtements, qui marche dans la grandeur de sa force ? » (És. 63 : 1). Oui, Il lèvera haut la tête au jour du jugement de ses ennemis et lorsqu’Il règnera au Millénium !
Les souffrances du temps présent et le règne à venir
Dès aujourd’hui et sans attendre le jour glorieux de son règne, rendons hommage, honneur et gloire à Celui qui en est éternellement digne, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Combien Il a souffert, avant d’entrer bientôt dans son règne ! Rappelons-nous que le Seigneur vient bientôt et que notre part présente, avec ses souffrances, fera alors place à un glorieux avenir (voir Rom. 8 : 18). « Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2 : 12). Nous verrons sa face à toujours, son nom sera écrit sur notre front, sa lumière brillera sur nous et nous régnerons « aux siècles des siècles » (Apoc. 22 : 4-5).
Ph. Fuzier – mai 2026