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Poursuivez l’amour


            « Poursuivez l’amour, et désirez ardemment les dons spirituels, et surtout celui de prophétiser » (1 Cor. 14 : 1).
            Le chapitre 12 de la première épître aux Corinthiens nous parle des dons dans l’Assemblée, le chapitre 14 (v. 1-26), de l’exercice des dons, qui doivent toujours avoir pour but l’édification, le chapitre 13 nous entretient de l’amour, le moteur pour l’emploi de ces dons.
            Nous sommes limités dans notre connaissance et nous ne prophétisons qu’en partie. La foi et l’espérance nous permettent de saisir les promesses, mais tant que nous ne serons pas dans la gloire, nous ne pourrons voir que comme à travers un verre qui déforme les choses, obscurément, c’est-à-dire d’une façon énigmatique (13 : 12). Quel émerveillement quand nous pourrons sonder le mystère insondable de la grâce sans borne et de la charité !
            Les expressions foi et amour sont liées ensemble dix fois dans le Nouveau Testament, dont deux fois dans l’épître aux Éphésiens (1 : 15 ; 6 : 23). Dans le chapitre 14, on trouve sept fois le mot édification.
            Notre verset nous enseigne qu’il faut d’abord poursuivre l’amour avant de désirer des dons. Ce qui conditionne les dons, c’est l’activité de l’amour. Ce qui risquerait de nous entraîner si nous n’avions pas ce mobile, c’est l’orgueil. Poursuivre l’amour est une chose difficile et il faut toute l’énergie spirituelle pour cela. L’amour est versé dans nos cœurs par le Saint Esprit (Rom. 5 : 5) et nous avons à veiller à ce que rien ne l’entrave.
            On poursuit toujours une chose qui tend à nous échapper et, à ce propos, on a donné l’image suivante : L’amour est un fruit de la grâce ; pour que l’arbre porte du fruit, il faut soigner le terrain et arroser l’arbre. Il faut que l’âme soit en relation avec Dieu, afin que l’égoïsme en soit chassé, et non par un effort de la chair, car la chair ne maîtrise pas ce qui est de la chair.
            Lorsque l’âme est en relation avec Dieu, elle est dans un bon état. Mais la réalisation de cet état d’âme varie d’un chrétien à l’autre et chez un même chrétien, selon son degré de piété. C’est un perpétuel exercice. La jardinage et le labourage auront lieu sans cesse pour que nous n’ayons pas la caricature de l’amour – et c’est Dieu le Cultivateur.
            L’erreur du christianisme professant est de s’être approprié des vérités destinées aux vrais croyants et de les appliquer à des incroyants. Satan a conduit avec le christianisme sans vie ces âmes loin du vivant et vrai christianisme. Nous avons à veiller à ce danger partout et aussi parmi nous.
            La condition du ministère, c’est de jouir de Dieu pour soi-même. C’est une question pratique et personnelle. Si nous avons à encourager un chrétien, ce n’est pas en le poussant à « faire », mais à avoir le Seigneur ; ensuite, il verra ce qu’il aura à faire.
            La première exhortation, c’est de poursuivre l’amour, et l’amour devrait précéder toutes nos voies. Le service peut devenir un piège si nous dépassons notre niveau spirituel et notre niveau moral. L’Ennemi s’en sert pour nous faire tomber.
            La puissance de l’amour varie d’un chrétien à l’autre, et le même chrétien peut avoir baissé depuis la veille. Nous n’avons pas à nous aventurer aujourd’hui dans une même situation, même si hier nous y avons été avec l’amour du Seigneur dans notre cœur. Toujours puiser et toujours boire, c’est le secret pour pouvoir arroser.
            « Vous désirez avec ardeur des dons de l’Esprit » (v. 12) : l’amour pour Dieu se traduit par l’amour pour les frères (Philadelphie, les épîtres de Jean) et nous avons en vue leur bien et leur édification. Dans la deuxième épître de Pierre, l’amour et l’affection fraternelle sont liés et séparés en même temps. C’est un désir produit par l’Esprit dans le cœur du croyant et dans l’Assemblée, mais la volonté de l’homme n’y est pour rien.
            Il faut souligner que l’apôtre s’adresse à des croyants qui mettaient l’accent sur les dons des langues et s’en enorgueillissaient.
            Lorsqu’on désire avec ardeur des dons spirituels, on les demande au Seigneur, mais cela demande de la consécration et du renoncement. Dans quelle mesure les désirons-nous pour l’encouragement et l’édification de l’Assemblée ? Le désir peut être produit lorsqu’on demeure dans l’amour du Seigneur. Comme il est beau de voir que tout dépend de la tête, du Seigneur qui est le Chef et de qui tout dépend ! Précieuse et importante vérité !
            De nos jours, nos vies sont compliquées et la jeunesse se trouve dans de telles conditions. Prions le Seigneur afin qu’Il réalise sa pensée dans les rassemblements. On peut parler et agir en étant en mauvais état et cela nous est arrivé à tous, à des degrés divers ; mais on ne peut aimer en étant en mauvais état. On ne peut pas servir sans amour.
            Le Seigneur fait toujours plus en nous que par nous. Celui qui est béni, le serviteur qui a un don et qui aura été tenu à l’école de Dieu pendant de nombreuses années pour apprendre à savoir trouver la source et se tenir près d’elle, celui-là sera maintenu dans son ministère.

            Dans la deuxième épître à Timothée, la poursuite de l’amour est liée à la foi et à la paix (2 : 22). Dans la première épître, nous avons des choses à fuir (l’amour de l’argent), et six choses à poursuivre (voir 6 : 9-11) ; la quatrième c’est l'amour. Dans la deuxième épître, il y a aussi quatre choses à poursuivre et alors l'amour vient en troisième position, avec une chose à fuir : les  « convoitises de la jeunesse » (2 : 22).

            « Désirez… surtout … de prophétiser » : le mot « prophétiser » a deux sens :
                  - annoncer des évènements à venir ;
                  - parler à une ou plusieurs personnes, dans l’Assemblée, comme si on lisait dans le cœur en donnant une réponse correspondant aux besoins et aux questions secrètes ; et aussi, la ou les personnes ont conscience d’être enseignées par Dieu, dans la présence de Dieu Lui-même, la personne du prophète disparaissant.
 

D’après une étude sur 1 Corinthiens 14 (Paris – oct. 1968)