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Être disciple de Jésus (3)


2. CE QUI CARACTÉRISE UN DISCIPLE (suite)

                        2. 2 Accepter d’être identifié avec Christ dans son rejet

            En Luc 14, le Seigneur continue en disant : « Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple » (v. 27). La croix, c’est ce que le monde a donné au Seigneur Jésus. Elle parle d’un rejet définitif. Le Seigneur ne dit pas que les disciples doivent porter la croix que Lui a portée. Non, Lui seul pouvait le faire, mais si nous décidons de Le suivre, chacun de nous aura une croix à porter. En d’autres termes, nous pouvons attendre à subir, de la part du monde, quelque chose de ce que le Seigneur a subi. Si je suis l’un de ses disciples, j’aurai à supporter le rejet comme Lui. Il dit : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15 : 18). Et encore : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (v. 20).
            Celui qui décide de suivre Christ doit comprendre cela dès le départ. Nous suivons un Sauveur rejeté, et nous devons accepter d’être rejetés. Cela fait partie du christianisme normal que de souffrir l’opprobre et le rejet (Héb. 13 : 13 ; 2 Tim. 2 : 3). Si quelqu’un pense que suivre Christ est facile, il se trompe. Si nous pensons pouvoir maintenir nos relations avec les personnes du monde que nous côtoyons, à l’école, au travail, et être à l’aise avec elles (et nous aimons tous être à l’aise), nous avons besoin de graver ceci dans notre vie : Christ est un Sauveur rejeté ; et si nous Le suivons, nous ne serons pas populaires ! Si nous sommes de vrais et fidèles disciples du Seigneur Jésus, nos relations avec ces personnes auront des limites.
            Le vrai disciple du Seigneur qui prêche l’évangile sait dans quel chemin s’engage celui qui vient au Sauveur. Quelquefois l’évangile est présenté comme le sauvetage de quelqu’un qui se trouve dans un bâtiment en flammes. La personne est alors contente d’échapper à l’enfer en croyant au Seigneur Jésus Christ. Si cette délivrance est le résultat de la repentance, elle amènera à reconnaître l’œuvre du Sauveur et ses droits. Cette personne ne continuera pas à vivre comme avant. Elle comprendra aussi qu’en étant sauvée, elle est dans le camp d’un Sauveur rejeté. Mais quelquefois, des personnes sont surprises quand elles rencontrent le rejet. En venant à Christ pour recevoir le salut, elles pensaient que le Seigneur allait tout aplanir dans leur vie, et en faire un parterre de fleurs. Elles imaginaient que tout serait facile et sans problème dès ce moment-là. C’est faux. Mais si Jésus est notre Sauveur, Il est aussi notre guide, notre aide et notre ami : Il sera avec nous dans les difficultés du chemin. Il n’a jamais promis d’ôter tous les soucis de la vie, mais Il veut que nous les vivions avec Lui. Si le sentier à la suite de Christ n’est pas un sentier facile, c’est un sentier heureux, à condition que nous nous tenions près de Lui.
            Chers amis, nous disons qu’en suivant Christ nous aurons une « croix » à porter – une croix nous parle de rejet. Sommes-nous prêts à cela ? Le disciple rencontrera l’hostilité du monde. S’il conserve une certaine popularité dans le monde, c’est la preuve qu’il s’est compromis quelque part dans son engagement comme disciple.

                        2. 3 Un engagement à vie pour la cause de Christ

            La condition suivante pour être disciple se trouve en Luc 14 : 28-30. Il s’agit de « construire une tour », et de l’importance de finir ce qui a été commencé. L’engagement est pour la vie ! Le bâtisseur doit « calculer la dépense » quand il entreprend une telle tâche, pour être sûr qu’il sera capable de l’achever. Le Seigneur utilise cette image pour illustrer le témoignage personnel du chrétien dans le monde comme disciple. Nous sommes tous engagés dans la construction de notre vie avec Christ. Quand nous avons été sauvés, c’est comme si nous avions posé la fondation, et quand nous cheminons avec le Seigneur, c’est comme si nous construisions une tour. Quand nous achèverons notre vie dans ce monde pour être introduits dans la maison du Père, soit par la venue du Seigneur, soit par la mort, nous finirons alors ce que nous avons commencé à bâtir depuis des années.
            Autrement dit, quand nous devenons disciples du Seigneur Jésus, nous devons aussi « calculer la dépense » évaluer ce qu’implique le fait d’être disciple et de tenir un engagement de toute la vie. Sans cela nous allons laisser derrière nous le témoignage d’un échec – quelque chose de négatif en rapport avec le nom du Seigneur, que nous portons. Le Seigneur ne désire pas que notre vie soit un échec – comme l’homme qui a laissé sa tour inachevée. Il est dit de lui que « tous ceux qui le verraient se mettraient à se moquer de lui ». Car, lorsque le peuple de Dieu est défaillant, c’est pour le monde une occasion de moqueries. On dit : « le nom de Dieu est blasphémé à cause de vous parmi les nations » (Rom. 2 : 24). Qui de nous aimerait donner une occasion au monde de se moquer de Dieu ?
            Si, en calculant la dépense, nous ne sommes pas amenés à compter seulement sur la grâce de Christ pour le suivre, notre engagement risque de se perdre en chemin. Tout le monde a ses excuses, bien sûr, mais le fond de la question, c’est qu’on ne s’est pas assis pour « calculer la dépense » qu’exige le fait de suivre un Sauveur rejeté. À notre conversion, nous avons pris un vrai engagement pour Christ – et c’est une bonne chose. Mais chacun doit s’asseoir et calculer la dépense, réfléchir sérieusement à suivre le Seigneur. Il aura sans doute des défaillances ponctuelles, mais cela ne doit pas l’arrêter. Cet engagement est différent de celui du Nazaréen (Nom. 6) qui pouvait consacrer une certaine partie de sa vie au service de Dieu, et ensuite revenir à son ancienne vie. Un vrai disciple du Seigneur Jésus est engagé pour toute sa vie sur la terre.
            Il ne faut pourtant pas penser qu’il est trop difficile pour nous d’être disciples. Il faut seulement par la foi, considérer la puissance et la grâce de Dieu. Lui nous donne la « puissance » de vivre la vie chrétienne. N’oublions pas que la « puissance » même qui a ressuscité Jésus s’exerce « envers nous qui croyons » (Éph. 1 : 19).
             La grâce et l’engagement du disciple sont liés. Le désir d’être un vrai disciple du Seigneur Jésus Christ jaillit parce que la grâce a agi dans le cœur du croyant. Il a besoin de cette même grâce pour persévérer. Son cœur répond à l’amour qui lui a été démontré par ce que Christ a fait pour lui sur la croix. Le fait que nous ayons été rachetés nous conduit dans un sentier étroit, et peut-être même vers le don de notre vie à la cause de Christ dans ce monde. Voilà ce qu’est le christianisme normal ! Il ne nous coûte rien de devenir chrétien, mais il coûte d’être un vrai disciple. Cependant, comme je l’ai dit, c’est le seul chemin sûr et heureux.
            Qu’arrive-t-il si nous ne calculons pas vraiment la dépense, et si nous laissons la construction inachevée ? Ceux qui nous ont vus prendre le chemin chrétien se moqueront de nous (peut-être par derrière), et le nom de Christ qui était invoqué sur nous sera déshonoré. Il nous faut donc bien réfléchir quand nous empruntons le chemin chrétien, et nous engager sérieusement pour tenir bon jusqu’au bout.
            Beaucoup commencent bien, mais ne continuent pas. Et c’est triste. Je suis sûr que cela attriste le Seigneur. Paul a dit à Timothée : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu : tu sais de qui tu les as apprises » (2 Tim. 3 :14). La vie chrétienne est une course d’endurance : ce n’est pas un sprint (Héb. 12 : 1-3). Nous devons nous appuyer sur le Seigneur pour qu’Il nous porte tous les jours de notre vie, car séparés de Lui, nous ne pouvons rien faire (Jean 15 : 5).


B. Anstey

À suivre ( chaque lundi)