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LES PRIÈRES DE JÉSUS DANS L’ÉVANGILE DE LUC (1)


Au Jourdain
Se tenir calmement dans la présence de Dieu
Persévérance inébranlable dans l’œuvre de Dieu

Jésus priant pour les besoins de l’homme
 

Introduction
            Dans l’Évangile de Luc, nous apprenons beaucoup sur la prière. Au chapitre premier, les plans souverains de Dieu sont sur le point de s’accomplir par la venue de l’humble Fils de l’homme. Jean le Baptiseur est annoncé comme étant son précurseur. En réponse aux prières de « toute la multitude du peuple » (v. 10), un ange du Seigneur apprend à Zacharie que sa femme enfantera un fils ; il devra être nommé Jean, et il ira devant le Messie « dans l’esprit et la puissance d’Élie » (v. 17). Combien Dieu prend plaisir à entendre et à exaucer les prières de son peuple !
            Luc dépeint admirablement les perfections du Seigneur Jésus dans son humanité dépendante – sa foi, sa soumission, son humiliation volontaire pour faire la volonté du Père.
            Dans cet évangile, les prières de Jésus, manifestant sa dépendance et sa soumission, sont très instructives. Si un croyant désire savoir prier, qu’il considère les 14 prières du Seigneur dans Luc. Elles sont des exemples magnifiques pour tout enfant de Dieu.
            Les prières du Seigneur dans l’évangile de Jean sont différentes ; celles qui y sont rapportées sont d’un caractère plus élevé. La prière de Jean 17 en particulier exprime son unité et son égalité essentielles avec le Père ; personne d’autre ne pouvait prier de cette manière. Cette prière nous amène à nous prosterner devant Lui, à ses pieds, dans l’adoration et la louange, tandis que dans Luc ses prières nous incitent à désirer avec ardeur suivre son exemple.

                    En te suivant, ô Sauveur,
                    Sur toi notre œil se repose,
                    Afin de te ressembler,
                    Et refléter quelque chose
                    De ta sainte humanité.

            Nous allons donc considérer maintenant les différentes prières du Seigneur Jésus dans l’évangile de Luc.


Au Jourdain

            « Or il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi ayant été baptisé et priant, le ciel s’ouvrit ; alors l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe ; et il y eut une voix qui venait du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Luc 3 : 21- 22).

            Les paroles de la prière de Jésus ne sont pas données ici. C’est donc à partir des faits rapportés ici que nous comprenons le caractère de sa prière. Il peut sembler étrange que le Seigneur ait voulu être baptisé du baptême de repentance administré par Jean, car Il n’avait pas à se repentir de quoi que ce soit. Mais c’est la grâce pure qui L’a poussé à prendre cette place d’humilité en s’associant à ceux qui avaient péché, ce reste pieux d’Israël qui se repentait.
            Par cet acte, Il s’engageait à prendre la responsabilité de leurs péchés et à les porter sur la croix du Calvaire, où aurait lieu le baptême de la mort le plus terrible qu’on puisse imaginer (voir Luc 12 : 50). Son baptême nous parle donc de son entier dévouement à la volonté de Dieu, non seulement dans sa vie de service, mais aussi jusqu’à la mort. Aussi est-il certain que sa prière devait être en parfaite harmonie avec cet acte béni. Le Père répond en exprimant son plaisir et son approbation : il n’était pas possible que le Fils faillisse dans son dévouement à accomplir cette œuvre de grâce.
            Quant à nous, nous devons certes constater avec tristesse notre faiblesse et nos manquements à l’égard des responsabilités qui nous sont confiées. Et il nous faut réaliser qu’un esprit de soumission et de dévouement, exprimé dans la prière à notre Maître, est la condition de tout service fidèle. Après avoir rencontré le Seigneur pour la première fois, Saul de Tarse a manifesté cette soumission en disant : « Que dois-je faire, Seigneur ? » (Act. 22 : 10). Dans une telle prière sincère, l’âme peut renoncer à sa propre volonté obstinée et prendre le « joug » du Seigneur Jésus (Matt. 11 : 29-30).

                  Tu nous as donné la vie :
                  Que notre âme, chaque jour,

                  À ton joug soit asservie,
                  Heureuse dans ton amour.


            Que chacun de nous, croyants, exprime cette prière, avec simplicité, sincérité, fermeté, et d’un cœur résolument engagé !


Se tenir calmement dans la présence de Dieu

            « Sa renommée se répandait de plus en plus ; et de grandes foules s’assemblèrent pour l’entendre et pour être guéries de leurs infirmités ; mais lui se tenait à l’écart dans les déserts et priait » (Luc 5 : 15-16).

            Dès le début, la bénédiction de Dieu reposait d’une manière évidente sur le ministère du Seigneur Jésus ! Il venait de guérir un homme lépreux (v. 13). Bien qu’Il lui ait dit de n’en parler à personne, la nouvelle se répand et les foules sont attirées pour entendre Jésus et pour être guéries. Mais le Seigneur de gloire ne se laisse pas entraîner par l’excitation de la foule, comme ce serait le cas aujourd’hui pour de trop nombreux prédicateurs populaires. Certains verraient là une merveilleuse occasion ; mais Jésus se tient à l’écart et prie. Il n’était pas venu pour obtenir la célébrité, mais pour faire la volonté de Dieu. Quand de grandes foules avaient tendance à amoindrir la réalité et la vérité de son message de grâce, Il se tenait à l’écart.
            Cette attitude de Jésus n’indique-t-elle pas le but de sa prière : peser toutes choses calmement dans la présence de Dieu ? Certains pouvaient penser que, créant une vague d’enthousiasme, Il introduisait une nouvelle ère de grande bénédiction et de soulagement des nombreux maux de l’humanité. Il n’en était rien ! Il était venu, non pour changer la condition du monde, mais pour sauver les âmes en les retirant du monde (voir Gal. 1 : 4).
            S’il en est ainsi du maître, qu’en est-il alors du serviteur ? S’il a beaucoup de succès dans son service, au point d’attirer les foules, en profitera-t-il pour diriger encore plus l’attention sur lui-même ? Se glorifiera-t-il de sa popularité ? Un tel piège est très subtil !
            Que le serviteur de Dieu sache se tenir à l’écart de tout enthousiasme public, et qu’il recherche la présence de Dieu par la prière, avec calme et discernement.
            Si la première prière du Seigneur, au Jourdain (Luc 3), exprimait la soumission et la consécration, celle-ci implique pour nous de chercher à garder une place humble.

                  Seigneur, tu nous formes chaque jour,
                  Tu veux des témoins de ton amour.
                  Notre modèle, c’est toi, Seigneur,
                  Rends-nous fidèles et pleins d’ardeur.

                  À ton école, tu nous instruis,
                  Et ta Parole est notre appui.
                  Fais-nous la grâce de vivre pour toi,
                  De servir humblement et par la foi.

 

Persévérance inébranlable dans l’œuvre de Dieu

            « Or il arriva, en ces jours-là, que [Jésus] alla sur la montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu » (Luc 6 : 12).

            Dans le chapitre 5 de Luc, nous avons vu que le Fils de l’homme dans sa fidélité n’était pas séduit par les foules attirées par ses œuvres. Ici, nous remarquons plutôt qu’Il ne se laisse pas intimider par la haine de ses opposants. Le plan de l’Ennemi peut facilement changer d’une fois à l’autre ; mais aucune tactique ne peut réussir à détourner le Seigneur du chemin de l’obéissance à la volonté de son Père.
            Le Seigneur a mis les scribes et les pharisiens à l’épreuve en leur demandant s’il était « permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de la laisser perdre » (Luc 6 : 9). Ils n’ont pas voulu répondre et Jésus a guéri l’homme à la main paralysée. Mais ils n’ont pas eu de honte ; dans leur folie, ils ont conspiré pour se débarrasser du Seigneur. Estimaient-ils honnêtement que leur haine et leur complot pour commettre un meurtre étaient plus légitimes que l’intervention de la grâce pour guérir cet homme ?
            En réponse à cette opposition décidée de l’Ennemi, Jésus va passer la nuit entière à prier Dieu. Quel est l’objet de sa prière à ce moment-là ? Il ne reviendra pas en arrière : Il ne cédera en aucune manière à Satan. L’œuvre de Dieu doit se poursuivre. Le matin, il désigne douze apôtres (v. 13). Alors qu’Il est persécuté, ce n’est pas aux hommes ni à des gouvernements humains qu’Il fait appel, mais à Dieu ; le travail sera accru plutôt que détruit. En vérité, quel serviteur fidèle et béni !
            Apprenons à avoir la même disposition de cœur en continuant avec persévérance à prier pour l’œuvre de Dieu, aussi impressionnants que soient les obstacles. Veillons et prions pour avoir la grâce et la force de poursuivre, même si nous sommes peut-être incapables de passer la nuit entière en prière.
            L’apôtre Paul a écrit aux croyants d’Éphèse : « Priez par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillez à cela avec toute persévérance ; faites des supplications en faveur de tous les saints et pour moi, afin que, quand j’ouvrirai la bouche, la parole me soit donnée pour faire connaître avec hardiesse le mystère de l’évangile » (Éph. 6 : 18-19).


Jésus priant pour les besoins de l’homme

            « [Jésus] prit les cinq pains et les deux poissons et, regardant vers le ciel, il les bénit et les rompit ; et il les donnait à ses disciples pour les mettre devant la foule » (Luc 9 : 16).

            Nous avons vu la merveilleuse description de la grâce incessante du Seigneur Jésus, en dépit de la haine et de l’opposition des hommes. Mais dans ce chapitre 9, cette grâce est vue comme réponse aux besoins de toute âme disposée à la recevoir.
            Les « cinq pains » et les « deux poissons » sont multipliés pour répondre aux besoins de toute la foule, et il reste même douze paniers de morceaux (v. 17). Lorsque le Seigneur bénit cette nourriture en regardant vers le ciel, ne voyons-nous pas son cœur rempli de tendresse et de compassion pour les besoins de toute âme, son empressement pour donner libéralement à tous ceux qui veulent bien recevoir de Lui ? Il n’y a pas de favoritisme, Il donne à tous : le Seigneur ne veut pas « qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pi. 3 : 9).
            Quel exemple utile pour nous ! Recherchons, en priant avec ferveur, la bénédiction de Dieu sur tout ce que nous sommes appelés à apporter pour les besoins de toute âme qui accepte de le recevoir ? Cet intérêt véritable, sincère, même pour les besoins matériels des hommes, devrait toujours engager nos cœurs ; il devrait s’exprimer dans nos prières aujourd’hui, car de telles situations pesantes vont en s’accroissant dans le monde entier, et nous devons être prêts à faire du bien à tous les hommes.
            Mais la faim et la soif spirituelles sont encore bien plus grandes ; or Dieu nous a accordé une provision suffisante pour les besoins du monde entier. Si notre sentier doit être étroit, que notre cœur s’élargisse afin de désirer la bénédiction pour l’humanité entière.
            Persévérons dans cet esprit de foi, faisant « des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes » (1 Tim. 2 : 1).

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            J-N Darby a écrit : « Toutes les fois que nous avons des besoins réels, c’est un péché de nous demander si Dieu nous secourra ou non. C’est tenter le Seigneur que de douter des ressources de sa bonté qui nous donnera tout ce dont nous avons besoin. Il ne suffit pas que j’aie faim ; il faut que je meure de faim pour apprendre ce qu’il y a dans le cœur de Jésus pour moi.Lorsque le fils prodigue de la parabole de Luc 15 eut faim, il chercha des gousses pour s’en nourrir ; mais lorsqu’il périt de faim, il se tourna vers la maison paternelle. Il connut alors l’amour dont le cœur de son père était rempli ».

 

D’après L. M. Grant

À suivre