La joie qui était devant Lui
Hébreux 12 : 2
Des fils dans la gloire de Dieu (Héb. 2 : 10)
La joie qui était devant Jésus (Héb. 12 : 2)
Du courage pour le chemin de la foi
Des fils dans la gloire de Dieu (Héb. 2 : 10)
Le Dieu d’amour voulait amener de nombreux fils à la gloire : « Il convenait pour Dieu, de qui tout procède et par qui tout subsiste, que, amenant de nombreux fils à la gloire, il rende accompli le chef de leur salut par des souffrances » (Héb. 2 : 10). Il fallait que ces fils soient dignes de se tenir devant Lui.
Des hommes pécheurs amenés à Dieu
Ces fils que le cœur de Dieu voulait pour Lui étaient tous des hommes pécheurs, coupables, qui ne méritaient que le juste jugement du Dieu saint. L’apôtre Paul dresse le constat sans appel que Dieu fait sur les hommes : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3 : 23). Pour que la sainteté et l’amour de Dieu puissent être démontrés et magnifiés et qu’Il puisse recevoir des hommes en sa présence, il fallait que ceux-ci soient rendus saints, justes et parfaits, entièrement débarrassés de leurs péchés ; il fallait que le péché dans lequel ils demeuraient soit ôté de devant les yeux de Dieu.
Dieu est lumière, Il est aussi amour (1 Jean 1 : 5 ; 4 : 8, 16) ; s’Il a le péché en horreur, Il aime le pécheur. « Admirable en conseils, en moyens magnifique » (Hymnes et cantiques n°159 st. 3), Dieu a trouvé le moyen de concilier sa sainteté et sa justice en rapport avec le péché, et sa miséricorde et sa grâce en rapport avec le pécheur. Pour sauver le pécheur et l’amener dans sa présence, Il a donné au monde son Fils unique « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3 : 16). Le Dieu d’amour avait à ses côtés de toute éternité « un unique Fils bien aimé » (Marc 12 : 6), et Il l’a donné, Lui, « le Fils de son amour » (Col. 1 : 13) ; Il L’a « livré pour nous tous » (Rom. 8 : 32).
Un sacrifice nécessaire
Le sacrifice du Seigneur Jésus à la croix a répondu une fois pour toutes aux droits et aux exigences de Dieu quant au péché et a effacé de devant ses yeux les péchés de tous ceux qui croient. Dieu est désormais propice à quiconque vient à Lui par la foi en Jésus qu’Il a « présenté pour propitiatoire par la foi en son sang » (Rom. 3 : 25). Le pécheur repentant reçoit gratuitement le pardon, le salut, la vie éternelle. Au bénéfice de l’œuvre de la croix, le croyant peut s’exclamer avec reconnaissance et adoration : « Son œuvre est glorieuse et magnifique » (Ps. 111 : 3) !
La réalisation du plan d‘amour divin impliquait l’anéantissement et l’abaissement du Fils de Dieu. Il devait venir sur la terre, dans un corps d’homme formé par Dieu, « en ressemblance de chair de péché, et pour le péché » afin de pouvoir mourir sur une croix, chargé de nos innombrables péchés et pour qu’en Lui, Dieu « condamne le péché dans la chair » (Rom. 8 : 3). Il a souffert, Lui, le Juste, « pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort en chair » (1 Pi. 3 : 18). Il était nécessaire que le Christ souffre la croix et connaisse la mort – Jésus l’a dit à plusieurs reprises aux siens : « Il faut… » ; « Ne fallait-il pas… » ; « Il fallait… » (Luc 24 : 7, 26, 44, 46).
Tout cela était devant Lui, lorsque, auprès du Père dans le ciel, Il a déclaré : « Voici, je viens pour faire ta volonté » (Héb. 10 : 7, 9). Et Il est venu dans le monde pour y accomplir par amour cette volonté : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40 : 8). La volonté de Dieu, c’était que son Fils unique, son Bien-aimé, s’offre en sacrifice pour sauver d’indignes humains, pour en faire des adorateurs pour Lui, des fils, des enfants, cette famille bénie qu’Il voulait près de son cœur. Si nous poursuivons la lecture d’Hébreux 10, nous lisons : « C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (v. 10). Cette volonté, c’était que le plan du Dieu d’amour pour sa gloire et celle du Fils de son amour, ce plan dans lequel entrait notre salut, soit exécuté par son Fils Lui-même.
La joie qui était devant Jésus (Héb. 12 : 2)
Ce verset d’Hébreux 12 nous dit : « Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement…, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte ». Ainsi, c’est en ayant devant Lui la joie qui résulterait de ses souffrances et de sa mort, et étant encouragé et soutenu par elle, que Jésus est allé son chemin sans jamais reculer (És. 50 : 5) - un chemin qui Le conduisait à la croix. Il a « dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem » (Luc 9 : 51 ; voir És. 50 : 7), le lieu du supplice. À Gethsémané, Il s’est avancé au-devant des soldats qui venaient Le prendre pour Le livrer à ceux qui Le condamneraient à mort (Jean 18 : 4). Il est sorti de Jérusalem en portant sa croix et Il est allé jusqu’à Golgotha où Il a été crucifié entre deux malfaiteurs (Jean 19 : 17-18). Et là, dans d’intenses douleurs, Il a expié nos péchés devant le Dieu saint, Il a enduré la croix, supportant le jugement qui aurait dû nous atteindre en tant que pécheurs coupables, subissant les coups de la colère de Dieu contre le péché, connaissant l’abandon de son Dieu et donnant sa vie pour nous.
La Parole de Dieu ne nous donne pas de détails sur la joie qui était devant le Seigneur Jésus. Il nous est présenté comme « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement ». C’est « à cause » de cette joie à venir qu’Il a « enduré la croix, ayant méprisé la honte » de ce terrible supplice. Il la voyait, au-delà de la croix ; elle sera pleine et entière, et sera la sienne propre. Et c’est tout d’abord la joie d’avoir parcouru en perfection le chemin de la foi, du début à la fin, à la gloire de Dieu.
Cependant, comme « le fruit de l’Esprit », quoique unique, possède plusieurs caractères (voir Gal. 5 : 22), la joie du Seigneur Jésus ne peut-elle pas comporter plusieurs aspects ? Nous aimerions considérer ce qu’a été la part de Christ et ce qu’était cette joie à cause de laquelle Il a affronté seul sur la croix le jugement divin, les souffrances et la mort.
La joie d’avoir achevé l’œuvre
Combien l’œuvre que le Père Lui avait confiée a valu à Jésus de tristesse, d’angoisse et de souffrances ! Il a connu durant tout son ministère « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12 : 3), l’incompréhension – même de la part de ceux qui Lui étaient les plus proches, les 12 -, le mépris, le rejet, la haine, les injures, les moqueries, les crachats, les coups… Il a supporté et enduré tout cela, car Il avait devant Lui la joie qui serait la sienne lorsque tout ce que le Père Lui avait demandé de faire serait accompli, avec des résultats bénis et éternels en gloire.
Dans son chemin sur la terre d’Israël, peu d’occasions Lui ont été données de se réjouir. Il est frappant de voir que la seule fois où il est dit, dans un évangile, que « Jésus se réjouit en esprit » (Luc 10 : 21-22), c’était à un moment particulièrement éprouvant pour Lui : Jean le baptiseur, découragé, doute de Lui ; les foules ne Le reconnaissent pas ; Il est rejeté par les villes où Il avait enseigné et accompli tant de miracles… Et néanmoins, c’est « à cette même heure » que, avec un cœur rempli de joie, Il se tourne vers son Père et Lui adresse une action de grâces (voir Matt. 11). Mieux que le psalmiste, Il pouvait dire : « Moi, je me réjouirai en l’Éternel » (Ps. 104 : 34). N’est-ce pas la « parfaite joie » dans l’épreuve, dont nous parle précisément Jacques dans son épître (Jac. 1 : 2) ? Mais il y avait, en réserve pour Lui, une autre joie qui L’attendait au-delà des souffrances qu’Il a connues dans son service…
Dans le jardin de Gethsémané, très peu de temps avant la croix, « il commença à être attristé et très angoissé », et Il dit à ses disciples : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort » (Matt. 26 : 37-38). Et ce qui s’est passé là pour Lui nous fait un peu comprendre ce qu’a été la profondeur de la tristesse qu’Il a ressentie, alors qu’Il envisageait ce qu’Il allait devoir connaître au moment d’accomplir l’œuvre de notre salut. Il n’était pas possible que la coupe de la colère de Dieu passe loin de Lui, ce n’était pas la volonté de son Père ; Il fallait qu’Il la boive tout entière, la gloire de Dieu et notre salut éternel en dépendaient. Mais quelle délivrance pour Lui, lorsqu’Il a pu dire enfin, après les heures de l’abandon et de l’expiation, après avoir vidé la coupe : « C’est accompli » (Jean 19 : 30) ! Lui seul - ainsi que Dieu - pouvait mesurer ce que cela représentait et ce que seraient les résultats glorieux et bénis de son sacrifice accompli sur la croix.
La joie d’avoir acquis l’assemblée
La Parole de Dieu nous dit que Dieu a acquis l’assemblée « par le sang de son propre Fils » (Act. 20 : 28), et aussi que « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5 : 25). De toute éternité, le Fils était « dans le sein du Père » (Jean 1 : 18), dans un bonheur parfait. Mais Dieu a voulu une épouse pour son Fils (nous avons cela en type en Genèse 24). Il l’a trouvée dans des hommes pécheurs venus à Dieu par la foi au Seigneur Jésus et en son œuvre. Mais le sang précieux de Christ devrait être versé, et cela par Lui-même – c’était le prix inestimable de l’assemblée si chère à son cœur.
Jacob a accompli un dur labeur pendant 14 années, qu’il a effectuées pour obtenir Rachel comme épouse. Et « elles furent à ses yeux comme peu de jours, parce qu’il l’aimait » (voir Gen. 29 : 16-20). Ici nous voyons quelque chose de l’amour du Seigneur pour son peuple terrestre. Mais ce travail de Jacob n’est-il pas aussi une image – bien que faible - du « travail de l’âme » (És. 53 : 11) du Seigneur Jésus pour acquérir son assemblée, objet de son amour suprême ? Il a connu ce « travail » extrêmement pénible et douloureux, ayant devant Lui la joie de se présenter un jour son épouse à Lui-même, « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais … sainte et irréprochable » (Éph. 5 : 27).
Après la résurrection et la glorification de Christ, le Saint Esprit est venu sur cette terre pour former l’assemblée, maison, corps et épouse de Christ. Et bientôt, le Seigneur Jésus va venir prendre auprès de Lui celle qu’Il a aimée jusqu’à donner sa vie pour elle au prix de ses souffrances insondables et de sa mort sur la croix. Combien Il l’a aimée, combien elle Lui est chère ! Elle est « l’épouse, la femme de l’Agneau », celle qui reflétera éternellement la gloire de son divin Époux (voir Apoc. 21 : 9… ; 21 : 2). Au jour de ses noces dans le ciel, il lui sera donné d’être vêtue d’un vêtement de fin lin, pur, les justes actes des saints qu’ils auront accomplis par la grâce de Dieu (Apoc. 19 : 8). L’Épouse reflétera à toujours les beautés et les gloires de son Époux céleste.
La joie de la communion retrouvée
Sur la croix, durant les trois heures de l’expiation, environné de ténèbres, Jésus a été entièrement seul. Même la communion avec son Dieu a été interrompue. À la fin de ces heures infinies pour Lui, Il a crié vers son Dieu : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22 : 2). La communion avec son Dieu et Père, éternelle, a été perdue pendant les heures de la colère de Dieu contre le péché personnifié par Jésus en ces instants – Il était « fait péché » par Dieu Lui-même (2 Cor. 5 : 21) ! La prière de la sainte victime ne « passait pas », le ciel Lui était fermé (Lam. 3 : 44, 8). Quelle souffrance indicible pour Lui ! Chargé de nos péchés, Il s’est trouvé absolument seul devant le Dieu juste et saint, au moment où sa colère s’est réveillée contre Celui qu’Il a traité comme le péché...
Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime !
Ton regard infini, sonda l’immense abîme,
Et ton cœur infini, sous ce poids d’un moment,
Porta l’éternité de notre châtiment.
Hymnes et Cantiques n°46 st. 5.
Mais ici, nous aimons ajouter les paroles d’un frère d’autrefois : « Quoique portant le péché, Il était sans péché. Quoiqu’endurant la colère de Dieu, Il faisait les délices du Père. Quoique privé de la gloire de Dieu, Il habitait dans le sein du Père. Précieux mystère ! Qui en sondera les infinies profondeurs ? » (C.H. Mackintosh).
Enfin, l’œuvre est achevée, la communion est de nouveau parfaitement établie, pour toujours, et c’est entre les mains de son Père que Jésus remet son esprit (Luc 23 : 46). Cette joie de la communion qui serait rétablie était un grand soutien pour Lui au moment où Il allait affronter dans une entière solitude, les heures si longues d’un total abandon.
La joie de la résurrection
Lorsque Jésus est devenu un homme – grand « mystère de la piété » (1 Tim. 3 : 16) –, c’était pour connaître la souffrance et la mort. Cela ne peut être la part du Dieu « n’ayant ni commencement de jours ni fin de vie » et possédant l’immortalité (Héb. 7 : 3 ; 1 Tim. 6 : 15). Dans son immense amour, Il a accepté de prendre part au sang et à la chair, à la nature humaine – mais entièrement à part du péché (il n’y avait pas de péché en Lui, Il ne l’a ni commis, ni connu). Il le fallait, pour que « par la mort, il rende impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage » (Héb. 2 : 14-15).
Sa mort était le point central de son œuvre ; Celui « qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9 : 5) est venu sur la terre comme un homme, afin de donner sa vie. Jésus, le Fils de Dieu est descendu du plus haut des cieux jusque sur la terre, pour descendre plus bas encore, « dans les parties inférieures de la terre » (Éph. 4 : 9). Ce n’est que par sa mort que nous avons la vie, « la vie en abondance », « la vie éternelle » (Jean 10 : 10, 28).
Mais, alors que Jésus devait endurer la mort de la croix, Il avait devant Lui la certitude de l’intervention de Dieu pour Le ressusciter d’entre les morts : « Mon cœur se réjouit, et mon âme s’égaie ; même ma chair reposera en assurance. Car tu n’abandonneras pas mon âme au shéol, tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » ; «. Tu me feras connaître le chemin de la vie ; ta face est un rassasiement de joie, il y a des plaisirs à ta droite pour toujours » (Ps. 16 : 9-11). S’Il a été cloué à une croix et mis à mort par des hommes, crucifié en faiblesse, toutefois maintenant « il vit par la puissance de Dieu » (2 Cor. 13 : 4). « Dieu l’a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle… » (Act. 2 : 24), et Jésus dit, par l’esprit de prophétie : « C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a tressailli de joie ; et plus encore, ma chair aussi reposera en espérance » (v. 26).
L’assurance et l’espérance de la résurrection remplissaient de joie le cœur du Seigneur Jésus au moment où Il s’apprêtait à affronter la mort, l’ennemi suprême.
La joie d’entrer à nouveau dans le ciel près de Dieu
Considérons le fait que Jésus, le Fils unique du Père, toujours en joie devant Lui dans le ciel, est venu sur la terre, envoyé par le Père (Jean 5 : 23, 30, 36-38…). Il est venu de Lui-même, volontairement, pour accomplir par amour, dans une obéissance parfaite, la volonté de Celui qui L’avait envoyé : « Voici, je viens – il est écrit à mon sujet dans le rouleau du livre – pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10 : 7). Il n’a connu, sur cette terre, que douleur et rejet – dès son entrée dans le monde, « il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » - pour Joseph et Marie et l’Enfant qu’elle devait mettre au monde (Luc 2 : 7). « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1 : 11). Lui était venu du ciel et s’était anéanti Lui-même pour servir, souffrir et mourir sur la terre où se trouvaient les hommes que Dieu voulait amener à la gloire. Dans ce but, il fallait que Jésus soit rendu propre à être « le Chef de notre salut » par les souffrances qu’Il devrait supporter (Héb. 2 : 10). Alors Il a tout enduré sur la croix : la méchanceté et la haine de la part des hommes jusqu’à la 6ème heure, puis les heures terribles de l’abandon de son Dieu, jusqu’à la 9ème heure.
Mais quelle joie pour son cœur de penser qu’une fois l’œuvre accomplie, Lui, « le céleste », qui était « sorti d’auprès du Père » pour venir souffrir et mourir dans ce monde de péché, allait « s’en aller au Père » (Jean 16 : 28) dans la gloire du ciel ! Lorsque l’œuvre serait achevée, Dieu L’inviterait à s’asseoir à côté de Lui, sur son trône, revêtu de gloire et d’honneur (Ps. 110 : 1 ; voir Ps. 21 : 2-7 ; Héb. 2 : 9).
La joie de contempler la face de Dieu
Le Fils de Dieu, « au commencement », dans l’éternité d’avant le temps, était auprès de Dieu (Jean 1 : 2). Dans sa présence, Il connaissait une joie permanente – Il était « toujours en joie » devant Dieu (Prov. 8 : 30). Mais, lorsque l’homme Christ Jésus a été « élevé de la terre » (Jean 12 : 32) et a été seul sur la croix, buvant la coupe amère de la colère de Dieu contre le péché, Il a été totalement privé de cette joie, car le ciel où Dieu se trouve Lui était fermé. Lorsqu’Il a été « conduit dans les ténèbres et non dans la lumière » (Lam. 3 : 2), Il ne pouvait plus contempler la lumière de la face de Dieu. Quelle profonde douleur, quelle insondable tristesse pour son cœur en ces instants !
Mais Il a enduré ces moments si douloureux pour Lui, soutenu par la pensée de la joie qu’Il retrouverait une fois la question du péché réglée définitivement à la croix. La part de Christ, après qu’Il ait « fait par lui-même la purification des péchés », devait être d’être « assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux » (Héb. 1 : 3b). Là, Il verrait à nouveau la face de Dieu qui Lui avait été cachée pendant les heures de l’expiation (voir Ps. 13 : 1 ; 30 : 7b ; 88 : 14) – insondable souffrance pour Lui ! Il serait « rempli de joie » en la contemplant (Ps. 21 : 7) : « Ta face est un rassasiement de joie, il y a des plaisirs à ta droite pour toujours » (Ps. 16 : 11).
Cette joie était devant Lui alors qu’Il devait en être privé au moment où Il dirait à Dieu, par l’Esprit de prophétie : « Tu as caché ta face, j’ai été épouvanté » (Ps. 30 : 8b).
La joie de contempler les résultats de son œuvre
Cette œuvre qui a coûté tant de souffrances au Seigneur Jésus sur la croix portera pour l’éternité des fruits à sa gloire. « S’il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une descendance. Il prolongera ses jours et le plaisir de l’Éternel prospérera en sa main. Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait » (És. 53 : 10b-11). Dieu est satisfait parce que la question du péché et des péchés est réglée une fois pour toutes ; Dieu est glorifié dans ses attributs divins – sainteté, justice, majesté, amour, grâce et miséricorde. L’homme perdu, le pécheur, est sauvé s’il vient au Sauveur avec foi, confessant qu’il n’est qu’un pécheur perdu et que Christ a porté ses péchés à sa place, en son corps, sur la croix, qu’Il en a payé le plein salaire. Le coupable est pardonné, le pécheur est racheté par le sang précieux de Celui qui a payé l’immense prix de la rançon de ses péchés (1 Pi. 1 : 19).
Le prophète Ésaïe annonce que le Serviteur de l’Éternel sera maltraité, affligé, opprimé, frappé, ôté, retranché, soumis à la souffrance ; Il portera les iniquités des pécheurs, Il livrera son âme à la mort ; Il sera « compté parmi les transgresseurs », Il portera « le péché de beaucoup d'hommes » et intercédera « pour les transgresseurs » (voir És. 53). Mais une fois l’œuvre accomplie, Il goûtera la joie de prolonger éternellement ses jours et de voir une descendance ; « le plaisir de l’Éternel prospérera en sa main », Il « verra du fruit du travail de son âme » pour la pleine satisfaction de son cœur, Il « partagera le butin avec les forts » (v. 11-12).
Le « grain de blé » est tombé en terre mais, étant mort, « Il portera beaucoup de fruits », à sa gloire et pour sa joie (Jean 12 : 24) ! La joie qui était devant Lui sera à la mesure de la tristesse qu’Il a connue dans sa vie et dans sa mort : « Il va en pleurant, portant la semence qu’il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes » (Ps. 126 : 6).
La joie d’avoir glorifié Dieu
Le Seigneur Jésus n’a toujours cherché qu’à glorifier Dieu dans toute son œuvre, dans sa vie comme dans sa mort (Jean 7 : 18b ; 12 : 27-28). Glorifier Celui qui L’avait envoyé sur la terre était son but constant ; n’était-ce pas aussi un profond motif de joie pour son cœur de le glorifier pleinement en accomplissant l’œuvre de la rédemption ?
Alors que la croix était toute proche, Jésus dit : « Maintenant, le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même : et aussitôt il le glorifiera » (Jean 13 : 31-32). Le Seigneur parle ici de la gloire de Dieu et de sa propre gloire, qui seront l'une et l'autre magnifiées par Lui-même dans la honte et les souffrances de la croix. Jésus, le Fils de l'homme, a été glorifié par l'oeuvre de la croix, et par son sacrifice Il a glorifié Dieu.
L’homme, en Adam, avait déshonoré Dieu par ses doutes sur l’amour de Dieu et sa désobéissance, et ses descendants avaient poursuivi dans le même chemin. Mais le « dernier Adam » (1 Cor. 15. 45), Lui, l’a pleinement glorifié dans sa vie d’homme sur la terre car Il a manifesté constamment les caractères de Celui qui L’avait envoyé – Il a pu dire à son disciple : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14 : 9). La grâce et la vérité, caractères du Dieu d’amour et du Dieu saint, étaient en Lui et sont venues par Lui (Jean 1 : 14, 17) ; elles ont été pleinement manifestées par Lui tout au long de sa vie. Chaque acte de grâce, chaque parole prononcée, chaque pensée de son cœur, était à la gloire de Dieu. Il a glorifié Dieu par son obéissance, sa dépendance et sa confiance constantes et parfaites en Lui. Dans le Psaume 16 nous admirons cet homme parfait dans lequel Dieu trouvait son plaisir, qui faisait toujours les choses qui plaisaient à Celui qui L’avait envoyé ici-bas (Jean 8 : 29), et qu’Il glorifiait à chacun de ses pas.
Dieu s’était présenté autrefois à son peuple Israël en leur disant : « Je suis l’Éternel qui te guérit » (Ex. 15 : 26). De quelle manière merveilleuse Jésus a glorifié Dieu dans toutes les guérisons qu’Il a accomplies tout au long de son ministère terrestre ! Les évangiles nous présentent de nombreux témoignages des résultats glorieux pour Dieu des guérisons effectuées par le Seigneur Jésus - voir, par exemple, Luc 5 : 25 ; 13 : 13 ; 17 : 15 ; 18 : 43).
À cela il faut ajouter le témoignage des foules lors de la résurrection opérée par Jésus du fils unique de la veuve de Naïn : « Ils furent tous saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant : Un grand prophète a été suscité parmi nous, et : Dieu a visité son peuple » (Luc 7 : 16). Il y a certainement eu de la joie pour le cœur de Christ de glorifier Dieu de cette manière pendant son ministère terrestre.
La résurrection de Lazare est un moment où l’on voit briller d’une manière admirable ces caractères de l’homme parfait, qui ne recherchait que la gloire de Dieu. Apprenant que son ami Lazare est malade, Jésus dit à ses disciples : « Cette maladie n’est pas pour la mort, mais en vue de la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11 : 4). Puis Il dit à Marthe : « Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (v. 40). Et, en effet, la gloire de Dieu est manifestée devant tous, ainsi que celle de Jésus, le Fils de Dieu, non pas dans la guérison de Lazare, mais dans sa résurrection, quatre jours après sa mort. Jésus Christ est « démontré Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1 : 4), comme Il le sera plus glorieusement encore par sa propre résurrection.
Le Seigneur dit encore à son Père, en Jean 17, au début de sa prière : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (v. 4b). « Là, Il a revendiqué la justice de Dieu en relation avec le péché et manifesté l’amour de Dieu envers le pécheur... Combien Dieu est glorifié en cela ! Il a toujours glorifié le Père, mais jamais à un degré plus élevé que quand Il a été fait péché et qu’Il a été abandonné… Rien de moins que ce sacrifice ne pouvait satisfaire la gloire de Dieu… » (H. Smith).
Par la croix de Christ, Dieu a été glorifié d’une manière suprême : sa sainteté, sa justice, son amour et sa grâce ont été pleinement manifestées. La gloire de Dieu est la manifestation de l’ensemble de ses attributs et de ses caractères, et c’est par Christ, à la croix, qu’ils ont été magnifiés comme jamais ils ne l’avaient été.
Tu vins du ciel t’offrir en sacrifice,
Et par toi seul Dieu fut glorifié :
Sa sainteté, son amour, sa justice,
Ta croix, Jésus, a tout magnifié.
Hymnes et Cantiques n° 14 st. 2
Témoin de la mort de Jésus sur la croix, le centurion rend gloire à Dieu : « Voyant ce qui était arrivé, le centurion glorifia Dieu » (Luc 23 : 46-47).
Il y avait, par anticipation, cette joie-là devant Christ, qui L’a conduit à endurer la croix et ses insondables souffrances, à mépriser la honte, à supporter l’opprobre.
La joie de retrouver sa gloire éternelle et une nouvelle gloire
De toute éternité, le Fils de Dieu possède cette gloire propre de Fils auprès du Père. Cette gloire, Il l’a voilée lorsqu’Il s’est fait homme sur la terre, au milieu des pécheurs. Mais bientôt, lorsque tout sera accompli, Il va retrouver, dans la présence du Père, sa gloire éternelle. Et désormais, c’est non seulement comme Dieu, mais aussi comme Homme qu’Il reprend cette gloire unique. Il sera donné aux rachetés, en réponse à la prière du Fils (Jean 17 : 24 ; voir v. 5), de contempler éternellement cette gloire merveilleuse du Fils éternel que Dieu Lui donne comme tout à nouveau, après l’œuvre accomplie.
Mais, non seulement Il reçoit auprès du Père, dans le ciel, sa gloire éternelle de Fils, mais il s’y ajoute une nouvelle gloire de sa Personne : c’est la gloire du Fils de l’homme, la gloire qu’Il s’est acquise au prix des souffrances, de l’abandon et de la mort de la croix. Une gloire immense dont Lui seul est digne. Merveilleux mystère, grâce infinie, cette gloire qui est Sienne et qu’Il reçoit de son Père, Il désire la partager avec ses rachetés ! « La gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient accomplis en un » (Jean 17 : 22-23). Il nous la donne afin que soit réalisée cette parfaite unité des rachetés, dont le modèle est l’unité même du Père et du Fils !
Ces réalités glorieuses étaient dans la pensée du Seigneur Jésus lorsque, si peu de temps avant ses souffrances et sa mort, Il s’adresse à son Père et considère par anticipation les fruits glorieux de son œuvre. N’était-ce pas là pour Lui une source de force et de joie avant qu’Il endure la croix ?
Du courage pour le chemin de la foi
Nous allons bientôt entrer dans la présence de la Personne glorieuse de notre Sauveur et Seigneur ; nous allons contempler sa gloire éternelle et connaître la gloire qu’Il désire partager avec nous. Quelle perspective glorieuse et heureuse pour nous, qui devons tout au Seigneur Jésus, à ses souffrances et à sa mort sur la croix ! Nous qui, par grâce et par la foi, avons été sauvés par Lui et croyons en Lui, ne sommes-nous pas dès à présent remplis « d’une joie indescriptible et glorieuse » (1 Pi. 1 : 8) ?
En attendant le prochain jour éternel de gloire et de bonheur, puissions-nous poursuivre le chemin de la foi avec le courage que nous trouverons en gardant nos yeux fixés sur Lui, « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement, lui qui, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » Et la suite de ce verset déjà cité nous encourage : « Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas lassés, étant découragés dans vos âmes » (Héb 12 : 3).
Bien-aimés enfants de Dieu, « que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et paix en croyant, pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (Rom. 15 : 13).
Insondable tristesse de son âme très sainte,
Souffrances expiatoires subies sans une plainte,
Christ est frappé pour nous et connaît l’abandon,
Afin que nous, pécheurs, recevions le pardon.
Mais l’œuvre est accomplie et les ténèbres ont fui ;
Jésus meurt sur la croix, mais maintenant Il vit.
Ressuscité, vainqueur, Il entre plein de joie
Dans le ciel où son Père, en gloire le reçoit.
Ph. Fuzier - février 2026