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JÉRÉMIE ET SA PROPHÉTIE (2)

(Brefs commentaires sur quelques passages du livre de Jérémie)


Se confier en l’homme ou en Dieu ?

            - « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Éternel ! Et il sera comme un buisson dans le désert, et il ne verra pas quand le bien arrivera… »
            - « Béni l’homme qui se confie en l’Éternel… Il sera comme un arbre planté près des eaux ; et il étendra ses racines vers le courant ; et il ne s’apercevra pas quand la chaleur viendra, et sa feuille sera toujours verte ; et dans l’année de la sécheresse il ne craindra pas, et il ne cessera de porter du fruit » (Jér. 17 : 5-8).

            Quel contraste immense entre ces deux hommes que décrit Jérémie ! En qui mettons-nous notre confiance – dans l’homme ou dans le Seigneur ? Sommes-nous « comme un dénué dans le désert »,  demeurant « dans les lieux secs au désert, dans un pays de sel et inhabité » ? Ou bien sommes-nous « comme un arbre planté près des eaux », étendant ses racines vers le courant, toujours vert et portant du fruit même dans le temps de la sécheresse ? Lequel des deux sommes-nous réellement ?
            Dans les versets suivants du chapitre 17, nous apprenons le caractère trompeur de notre cœur : il est « incurable » (v. 9) ! Le Seigneur seul connaît la profondeur de sa corruption. À la fin, Il rendra « à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses actions » (v. 10). Tout ce que l’homme aura amassé pour lui-même, il devra le laisser. L’homme riche de la parabole du Seigneur en Luc 12 : 16-21 – un agriculteur qui, apparemment, avait réussi – pouvait susciter l’admiration des hommes pour son ambition et son organisation prudente. Mais Dieu le nomme « insensé » ; il avait fait des projets uniquement pour la vie terrestre et il meurt en laissant tout ce qu’il avait. De même, l’homme riche de Luc 16 ne s’était pas préparé pour son avenir éternel. Il n’y a aucun secours pour lui dans les tourments de l’hadès, pas même une goutte d’eau !
           Quel contraste avec le trône de gloire, « un lieu haut élevé dès le commencement », « le lieu de notre sanctuaire » (v. 12) ! Hébreux 4 : 16 le nomme le « trône de la grâce » et nous invite à nous en approcher avec confiance, « afin de recevoir miséricorde et de trouver grâce, pour avoir du secours au moment opportun ».


Leçons apprises par Jérémie das la maison du potier

            « La parole qui vint à Jérémie de la part de l’Éternel, disant : Lève-toi, et descends dans la maison du potier, et là je te ferai entendre mes paroles. Et je descendis dans la maison du potier ; et voici, il faisait son ouvrage sur son tour. Et le vase qu’il faisait fut manqué, comme cela peut arriver à l’argile dans la main du potier ; et il en fit un autre vase, comme il plut aux yeux du potier de le faire » (Jér. 18 : 1-4).

         L’Éternel avait une leçon très importante à enseigner à Jérémie dans la maison du potier. Dieu est absolument souverain ; Il peut faire ce qu’Il veut, exactement comme le potier avec l’argile. Il avait le pouvoir de menacer Israël de ses jugements, et d’y renoncer s’il se repentait. Et de la même manière, Il avait le pouvoir de faire tomber le jugement sur la nation qu’Il voulait bénir, si celle-ci faisait le mal à ses yeux et ne tenait pas compte de ses paroles. Dieu est absolument souverain et peut opérer en bénédiction ou en jugement selon qu’Il le juge bon. Il n’y a pas de pourvoi en jugement par rapport à ce qu’Il fait.
            Malheureusement, les hommes de Juda se sont entêtés et ont dit : « Nous marcherons suivant nos pensées, et nous ferons chacun selon l’obstination de son mauvais cœur » (v. 12). Plutôt que de tenir compte des paroles de Dieu transmises à son prophète, ils ont déclaré : « Venez, et faisons des complots contre Jérémie… Venez, et frappons-le de la langue, et ne soyons attentifs à aucune de ses paroles » (v. 18).
            Menacé de la sorte, Jérémie comme beaucoup de croyants des temps anciens, a supplié l’Éternel afin qu’Il agisse contre ses ennemis. Comme le prophète vivait dans la période où la Loi s’exerçait, il était convenable pour lui de prier ainsi : « Ne pardonne pas leur iniquité, et n’efface pas leur péché de devant ta face ; mais qu’ils tombent devant toi. Agis contre eux au temps de ta colère » (v. 23). Pour nous aujourd’hui, il ne convient pas de prier ainsi, mais nous devons prendre à cœur les paroles du Seigneur Jésus : « Aimez vos ennemis... et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent » (Matt. 5 : 44).


Persécuté et humilié, mais proclamant la vérité

            Selon le commandement de l’Éternel, Jérémie avait proclamé le jugement certain et imminent à Topheth, la vallée du fils de Hinnom, le dépôt d’immondices de Jérusalem (Jér. 19 : 3-9). Le mot « géhenne » - l’étang de feu, l’enfer, le lieu du châtiment éternel des méchants - est dérivé de ce nom de Hinnom.
           Quand Jérémie a annoncé la parole de Dieu à ce sujet dans le temple, Pashkhur, fils d’Immer, premier intendant dans le temple, l’a frappé et l’a mis au pilori (instrument de torture) dans le temple jusqu’au lendemain (20 : 2). Alors Jérémie a prononcé aussi le jugement de Dieu sur ce sacrificateur : « Tu m’as entraîné, ô Éternel ! et j’ai été entraîné ; tu m’as saisi, et tu as été le plus fort ; je suis un objet de dérision tout le jour, chacun se moque de moi. Car toutes les fois que je parle, je crie, je proclame la violence et la dévastation ; car la parole de l’Éternel m’a valu opprobre et moquerie tout le jour. Et j’ai dit : Je ne ferai plus mention de lui, et je ne parlerai plus en son nom ; mais elle a été dans mon cœur comme un feu brûlant, renfermé dans mes os ; je fus lassé de la retenir, et je ne l’ai pu » (v. 7-9).
            La tâche que l’Éternel avait confiée à Jérémie n’avait rien d’agréable. Dieu a protégé sa vie, mais Il a permis qu’il subisse beaucoup de souffrances au cours de son service. Le prophète ressentait profondément les humiliations et les douleurs, car il n’était pas un stoïque mais un homme très sensible. Généralement, nous ne souhaiterions pas non plus qu’il nous soit donné de souffrir selon ce que l’apôtre Paul écrit aux Philippiens : « Car la grâce vous a été faite, à l’égard de Christ, non seulement de croire en lui, mais aussi de souffrir pour lui » (Phil. 1 : 29). Peu de personnes parmi nous ressemblent aux apôtres qui se réjouissaient « d’avoir été estimés dignes de souffrir des outrages pour le Nom » (Act. 5 : 41).
            En dépit des humiliations qui le faisaient souffrir, Jérémie ne pouvait pas cesser de faire mention de l’Éternel et de parler en son Nom. Mais il pouvait apporter à l’Éternel, dans la prière, ses plaintes ardentes, voire amères. Faisons usage de cette même ressource de la prière aujourd’hui !
 

Le vrai Pasteur, « le Germe », viendra

           Les chapitres 21 et 22 montrent que Jérémie avait dû assumer une tâche peu enviable : prononcer le jugement de Dieu sur les quatre derniers rois de Juda ainsi que sur Juda en tant que nation. Beaucoup parmi son peuple, et les chefs en particulier, faisaient souffrir le prophète qu’ils considéraient comme un traître.

            Une succession de messages affligeants devaient être délivrés par Jérémie :
                  - Shallum (Joakhaz), fils de Josias, roi de Juda, avait été emmené en Égypte comme prisonnier et allait y mourir (22 : 11-12).
                - Jéhoïakim, ce méchant roi qui lui avait succédé, serait « enseveli de l’ensevelissement d’un âne » et on ne se lamenterait pas sur lui (22 : 18-19).
              - Son fils, Jehoïakin (Jéconias ou Conia), serait déporté à Babylone comme captif et y mourrait. Aucun de ses descendants ne s’assiérait sur le trône de David pour régner sur Juda (22 : 28-30). Jéconias (Jehoïakin) se trouve bien dans la généalogie légale de Christ (Matt. 1 : 1 2), mais Jésus n’est pas un de ses descendants, car il s’agit de la généalogie de Joseph. Le père de Christ, c’est Dieu, et non pas Joseph, le fiancé de Marie.
                 - Sédécias, le dernier de ces rois, était faible et indécis ; il demandait à entendre la parole de l’Éternel mais il n’y donnait pas suite, cédant aux pressions de ses nobles. Ceux-ci lui conseillaient plutôt de maltraiter Jérémie, le messager de l’Éternel.

         Mais Dieu ne se laisserait pas frustrer par ces manquements déplorables dans la lignée royale de David, par ces « pasteurs qui détruisent et dispersent le troupeau de mon pâturage » (23 : 1). Dieu a toujours trouvé ses délices, et Il les trouvera toujours, dans son Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus Christ. Jérémie a eu le précieux privilège de parler de Lui : « Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, et je susciterai à David un Germe juste ; et il régnera en roi, et prospérera, et exercera le jugement et la justice dans le pays. Dans ses jours Juda sera sauvé et Israël demeurera en sécurité ; et c’est ici le nom dont on l’appellera : l’Éternel notre justice » (23 : 5-6).
           Ce « Germe juste » que Dieu allait susciter de la branche de David doit régner en roi, et prospérer ; contrairement à tous ces derniers méchants rois de Juda, Il « exercera le jugement et la justice dans le pays ».

                    Brillant de gloire et de lumière,
                    Tu vas venir en ta splendeur,
                    Et, dans le ciel et sur la terre,
                    
Tu régneras, Christ et Seigneur.
 

La vision des deux paniers remplis de figues

         « L’Éternel me fit voir une vision, et voici deux paniers de figues, posés devant le temple de l’Éternel… L’un des paniers avait de très bonnes figues, comme les figues de la première saison ; et l’autre panier avait de très mauvaises figues qu’on ne pouvait manger, tant elles étaient mauvaises. Et l’Éternel me dit : Que vois-tu, Jérémie ? Et je dis : Des figues ; les bonnes figues, très bonnes, et les mauvaises, très mauvaises, qui ne peuvent être mangées, tant elles sont mauvaises » (Jér. 24 : 1-3).
          On imagine souvent que selon les voies de Dieu en justice, les catastrophes devraient, d’une manière ou d’une autre, frapper tout d’abord, et très durement, les hommes les plus coupables et les plus méchants. C’était l’avis des amis de Job, et dès qu’ils ont essayé de le consoler, ils n’ont fait qu’ajouter à sa misère. En constatant ses souffrances, ils supposaient en effet que Job devait être depuis toujours terriblement hypocrite.
           Les voies et les pensées de Dieu sont toujours bien plus élevées que les nôtres ! Dieu explique à Jérémie ce que représentait la vision de ces deux paniers de figues :
                  - Les bonnes figues représentaient les Juifs que Nebucadnetsar avait déjà emmenés en captivité à Babylone. En lisant l’Écriture avec soin, nous remarquons que parmi ces captifs se trouvaient Daniel et ses compagnons, pris d’entre les nobles de Juda, ainsi qu’Ézéchiel le sacrificateur, les ascendants de Mardochée, et beaucoup de princes, d’hommes « forts et vaillants… et tous les charpentiers et les forgerons » (2 Rois 24 : 14). Au sujet de ces « déportés de Juda », Dieu promet de mettre ses yeux « sur eux pour leur bien » et de les faire « retourner dans ce pays » ; Il les plantera et ne les arrachera pas (Jér. 24 : 6). Ils retourneront à Dieu de tout leur cœur, ils seront son peuple et Lui sera leur Dieu (v. 7). Comme nous le voyons, dans le livre d’Esdras, ce sont leurs descendants qui sont retournés en Juda.
                 - Les mauvaises figues représentaient Sédécias, ses princes, le peuple qui demeurait encore dans le pays de Juda et tous ceux qui avaient fui en Égypte et y demeuraient. Ceux-ci ont pu croire qu’ils avaient bien agi puisqu’ils avaient eu jusqu’alors assez de chance pour échapper à la captivité subie par leurs compatriotes. Et ils ont persévéré dans leurs mauvaises voies. Mais Dieu les connaissait. Sa menace aussi s’accomplirait : Il ferait en sorte qu’ils soient « consumés », qu’ils « disparaissent de la terre » et soient « chassés çà et là par tous les royaumes de la terre… pour être en opprobre et en proverbe, un objet de raillerie et de malédiction » (v. 9-10).


Deux périodes de 70 ans (ch. 25 et 29)

            Une période de 70 ans est mentionnée dans chacun de ces versets de Jérémie :
                  - « Quand les 70 ans seront accomplis… je ferai rendre des comptes au roi de Babylone et à cette nation-là pour leur iniquité, dit l’Éternel, ainsi qu’au pays des Chaldéens, et je le réduirai en désolations perpétuelles » (25 : 12).
                  - « Car ainsi dit l’Éternel : Lorsque 70 ans seront accomplis pour Babylone, je vous visiterai, et j’accomplirai envers vous ma bonne parole, pour vous faire revenir en ce lieu… je rétablirai vos captifs, et je vous rassemblerai d’entre toutes les nations et de tous les lieux où je vous aurai chassés, dit l’Éternel, et je vous ferai retourner au lieu d’où je vous ai déportés » (29 : 10, 14).

        Bien qu’elles se chevauchent en grande partie, ces périodes ne sont pas les mêmes, Dieu n’est pas seulement parfaitement exact, Il est également précis.
             - Dans la toute première année du règne du roi Nebucadnetsar (25 : 1), Dieu a déclaré qu’Il le jugerait avec la nation de Babylone. Ce royaume, figuré par la tête d’or de la statue dans le rêve de Nébucadnetsar en Daniel 2, devait durer exactement 70 ans avant que Dieu agisse en jugement et le réduise en désolations perpétuelles.
              - Dieu mentionne la seconde période de 70 ans comme faisant partie de ses pensées à l’égard de son peuple – « pensées de paix et non de mal, pour vous donner un avenir et une espérance », leur dit-Il (29 : 11). Tout au début de son règne, Nebucadnetsar avança jusqu’à Jérusalem, l’assiégea et s’en empara. Dans sa grâce, Dieu a commencé à compter les années de la captivité de Juda depuis cette première conquête de Jérusalem, et non depuis sa prise finale au dernier assaut des Babyloniens, 18 ans plus tard.

          Lorsque Daniel a lu le livre de Jérémie, la comparaison de ces dates l’a conduit à exprimer la fervente prière et la confession du chapitre 9 de son livre. La première période de 70 ans était passée ; la seconde serait bientôt terminée !
          « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité », dit le Seigneur Jésus à ses disciples (Act. 1 : 7). Ses conseils s’accompliront au temps propre ; puissions-nous en attendre la réalisation en pleine assurance !


D’après E. P. Vedder - « Le Seigneur est proche » – année 2013

À suivre