bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

JÉSUS CHRIST, NOTRE MODÈLE (6)
 

            Chacun des quatre Évangiles retrace, sous un aspect particulier, la vie du Seigneur sur la terre. C’est la vie de notre parfait Modèle : « Car aussi », écrit l’apôtre Pierre, « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2 : 21). Peut-être plus encore que les trois autres, l’Évangile selon Luc place devant nous la vie de Christ comme celle du Modèle que nous avons à imiter dans les différentes conditions où nous pouvons nous trouver. 

MIEUX CONNAÎTRE SON MODÈLE
            Les différentes étapes de la vie du Fils de l’homme
                    Sa naissance
                    Ses 12 premières années
                    A 12 ans
                    De 12 à 30 ans
                    L'entrée dans son ministère
            La Parole et la prière, deux ressources fondamentales des croyants
 

MIEUX CONNAÎTRE SON MODÈLE

                        Les différentes étapes de la vie du Fils de l’homme

            L’Évangile de Luc nous présente, en effet, le Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de l’homme : le premier homme a désobéi, foulé aux pieds la gloire de Dieu et s’est révélé ensuite incapable de sortir du misérable état dans lequel son péché l’avait plongé ; le second homme vient du ciel et recommence ici-bas la vie de l’homme, telle qu’elle aurait dû être pour la satisfaction et la gloire de Dieu. En vertu de sa mort à la croix, notre histoire comme enfants d’Adam a pris fin ; elle a pris fin, précisément, à la croix de Christ – et nous sommes exhortés à le réaliser pratiquement ; nous possédons désormais une vie nouvelle, la vie de Christ, et nous sommes responsables de la manifester en suivant le Seigneur dans le sentier qu’Il nous a tracé, reflétant les caractères qui ont été vus en lui, homme ici-bas. Dieu ne nous demande pas seulement, à nous ses bien-aimés enfants, de vivre une vie d’obéissance aux enseignements de sa Parole, Il nous exhorte à suive et à imiter Celui qui a vécu une telle vie. Une telle vie d’obéissance à Dieu est-elle impossible pour le croyant ? Un homme, l’Homme Christ Jésus, l’a vécue et nous avons les mêmes ressources que celles qui ont été à sa disposition comme homme ici-bas – nous y reviendrons plus loin. Si nous savions davantage puiser à ces ressources, nous pourrions « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2 : 6). Certes, seule la marche de Christ a été parfaite en toutes choses ; il n’est pas possible que la nôtre le soit, « car nous faillissons tous à bien des égards » (Jac. 3 : 2), mais notre marche devrait être de la même nature que la sienne et, dans une mesure qui dépend de la manière dont nous puisons aux ressources divines, manifester quelques caractères du parfait Modèle.
            C’est dans l’Évangile selon Luc que nous sont indiquées les différentes étapes de la vie du second homme :
                  - Son histoire comme homme commence dès le sein de sa mère. Ne dit-Il pas, par l’Esprit prophétique : « C’est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère » (Ps. 22 : 10) ? Aussi, l’évangile du Fils de l’homme retrace-t-il son histoire dès avant son apparition dans le monde ; c’est le sujet du premier chapitre.
                  - Sa naissance et les circonstances qui l’ont entourée sont le sujet du début du chapitre 2 (v. 1-20). Les cérémonies prescrites par la Loi sont décrites ensuite (v. 21-24) ; puis sont rapportées les paroles prophétiques de Siméon et celles d’Anne, qui loue et exalte le Seigneur (v. 25-39 ; voir Lév. 12).
                  - Le verset 40 du chapitre 2 nous dit ce qui a caractérisé les 12 premières années de la vie de Jésus (2 : 40).
                  - Le récit de l’épisode du temple à Jérusalem, alors qu’Il avait 12 ans, est donné dans les versets suivants (v. 41-51).
                  - Le verset 52 de ce même chapitre 2 nous parle de son développement spirituel, comme aussi physique, pendant une nouvelle période de sa vie, de l’âge de 12 ans à l’âge de 30 ans.
                  - C’est lorsqu’Il a « environ trente ans » que commence son ministère, d’un peu plus de trois années (3 : 21-23).
                  - 19 chapitres (depuis le ch. 4 jusqu’au ch. 22) nous disent ce qu’a été son activité durant ce ministère, court par sa durée, grand et riche, si l’on considère le service accompli.
                  - Le chapitre 23 donne le récit de sa crucifixion et des circonstances qui l’ont immédiatement précédée et suivie.
                  - Le chapitre 24 présente sa résurrection, ses entretiens avec ses disciples et son élévation dans la gloire.

                                    Sa naissance

            Envoyé par Dieu, l’ange Gabriel vient annoncer à la vierge Marie, qu’elle va donner naissance à « un fils » (1 : 31) ; c’est le Fils de l’homme, « né de femme… » (Gal. 4 : 4). Il sera appelé du nom de Jésus. La grandeur, la gloire, la domination « à toujours » du petit enfant qui va naître sont proclamées par l’ange. Quelle révélation pour Marie ! Quel étonnement aussi : elle « ne connaît pas d’homme » (v. 34) ! C’est ce qui amène l’ange à préciser que ce petit enfant qui doit naître « de femme », ne naîtra cependant pas d’homme mais de l’Esprit Saint ; et il ajoute : « celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (v. 35). C’est l’insondable mystère de l’incarnation : « Dieu a envoyé son Fils, né de femme... ». « Et la Parole devint chair… » (Jean 1 : 14). « Dieu a été manifesté en chair… » (1 Tim. 3 : 16).
            Dans cet Évangile qui fait ressortir tout particulièrement la gloire du Fils de l’homme dans sa vie ici-bas et dans sa mort sur la croix, comme aussi dans son élévation dans la gloire, remarquons que nous avons, venus du ciel, trois témoignages (3 est le nombre de la divinité) rendus à la gloire de sa Personne divine :
                  - le premier, par le moyen de l’ange Gabriel (1 : 35) ;
                  - les deux autres, par le Père lui-même, d’abord au baptême de Jean au Jourdain (3 : 22), ensuite sur la montagne de la transfiguration (9 : 35). La satisfaction profonde exprimée par le Père au sujet de son Fils bien-aimé, dans la première de ces deux circonstances, a trait au chemin parcouru par le Seigneur durant ses 30 premières années : d’abord, durant les 12 premières années de sa vie, plus tard quand Il était « le charpentier » (Marc 6 : 3), Il a vécu d’une telle manière que le Père trouvait en Lui « son plaisir ». Quel exemple, quel Modèle, déjà pour de jeunes enfants, ensuite pour ceux qui ont grandi et sont appelés à exercer un métier, quel qu’il soit ! Le témoignage rendu dans la deuxième de ces circonstances, au moment où le Seigneur approchait du terme de son chemin ici-bas, se rapporte plus particulièrement, bien que sans doute pas uniquement, à la période de son ministère.
            La naissance de Celui qui vient dans l’humilité la plus profonde est annoncée non pas à des grands de ce monde, mais à d’humbles bergers dont on peut comprendre la surprise et même la « grande peur » (Luc 2 : 9), quand on pense à ce que devait être l’apparition d’un ange et le resplendissement de la gloire du Seigneur. Mais l’ange les rassure et leur annonce « un grand sujet de joie » (v. 10) : la naissance d’un Sauveur. Il vient pour sauver sa créature déchue et perdue. Il est le Christ, l’Oint de l’Éternel, le Messie promis à Israël. Il est le Seigneur : Il régnera et exercera la domination universelle du Fils de l’Homme. Il sera un jour manifesté ayant « sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19 : 16).
            Où se trouve-t-il, Celui dont la venue est ainsi annoncée par l’ange aux bergers ? « Couché dans une crèche », et c’est « un petit enfant emmailloté ». Avant même que les bergers aient pu exprimer une parole d’étonnement, « une multitude de l’armée céleste » (Luc 2 : 13) vient se joindre à l’ange pour proclamer la gloire de Dieu. « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts » (v. 14) ; quelle gloire pour Dieu, en effet ! Après la désobéissance du premier homme, sa rébellion manifestée durant 40 siècles, Dieu aurait pu tout détruire par l’exercice de son juste jugement ; au lieu de cela, Il s’approche de l’homme en grâce, dans la Personne de son Fils, et vient pour le sauver ! « Sur la terre, paix » : la paix avec Dieu sera faite, basée sur l’œuvre parfaitement accomplie, sur l’efficace du sang de Christ, versé à la croix. Enfin, « bon plaisir dans les hommes ». Non pas : dans l’homme, l’Homme Christ Jésus seulement, mais « dans les hommes ». Certes, Dieu trouvera, et a toujours, « son plaisir » en cet homme parfait qui est son Fils bien-aimé ; mais, en vertu de son œuvre, Christ amènera dans la présence de son Dieu et Père des hommes sauvés et parfaits, et Il se les associera, déjà pour le temps présent, les invitant à Le suivre dans son chemin de dépendance et d’obéissance. Comme Il a marché dans la crainte de Dieu, Il les conviera à marcher aussi dans cette sainte crainte. Or, « le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent » (Ps. 147 : 11).
            Après le départ des anges, les bergers ne doutent ni ne raisonnent ; ils ne disent pas : Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons si vraiment les choses sont ainsi… Si surprenantes qu’aient été la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux et les paroles qu’ils viennent d’entendre, ils disent : « … et voyons ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître » (Luc 2 : 15). Depuis la naissance de Jésus ce sont les premiers croyants, sauvés par grâce et par la foi. Ayant vu le petit enfant, ils divulguent alors « la parole qui leur avait été dite concernant ce petit enfant » (v. 17). Premiers croyants, ils sont aussi les premiers témoins du Seigneur. Puis ils s’en retournent, « glorifiant et louant Dieu… » (v. 20) : ils sont encore les premiers adorateurs. Premiers croyants, premiers témoins, premiers adorateurs, tout cela découlait de leur foi : ils avaient d’abord cru, ils n’ont vu qu’ensuite (voir Jean 11 : 40 : « si tu crois, tu verras »).

                                    Ses 12 premières années

            Après avoir « tout accompli selon la loi du Seigneur », Joseph et Marie retournent à Nazareth (Luc 2 : 39). C’est là que l’enfant Jésus a passé ses 12 premières années. Il est un exemple, un Modèle parfait pour de jeunes enfants déjà. Qu’aucun d’entre eux ne l’oublie !
            Il « grandissait et se fortifiait » (v. 40) : ces expressions nous parlent sans doute de son développement physique, mais n’ont-elles pas une portée spirituelle ? Des parents se réjouissent à bon droit de voir leurs enfants croître, se fortifier dans leur corps ; se préoccupent-ils aussi, et en tout premier lieu, de leur croissance spirituelle ? La suite du récit nous permet de penser que l’enfant Jésus, comme homme, croissait dans son âme parce qu’Il se nourrissait de la Parole de Dieu. Comme Il la connaissait cette Parole, et quel prix elle avait pour Lui !
            Encourageons beaucoup nos enfants à lire la Parole, et cela, dès leur plus jeune âge. Ils ne comprendront pas tout, c’est certain. Qui prétendrait d’ailleurs tout comprendre dans cette Parole divine ? Mais le Seigneur leur fera comprendre tout ce qu’ils ont besoin de comprendre. Soyons persuadés aussi que, dans les lectures en famille ou dans les réunions de l’assemblée, les enfants comprennent généralement, Dieu soit béni ! beaucoup plus que nous ne pensons. Veillons à ces lectures à la maison, veillons aussi à ce que nos enfants suivent régulièrement les réunions et y viennent avec joie. Nous serons ensuite reconnaissants envers Dieu de les voir croître et se fortifier spirituellement.
            Un autre détail nous est donné dans ce verset 40 du chapitre 2 : Jésus était « rempli de sagesse », pas seulement de celle qui est demandée à des enfants mais de « la sagesse d’en haut » dont les caractères sont indiqués dans l’épître de Jacques (3 : 17). Que cette sagesse, par l’action de la Parole en eux, puisse habiter déjà dans le cœur des enfants de parents chrétiens et que les fruits en soient manifestés dans leur vie, comme ils l’étaient dans celle de l’enfant Jésus ! « Et la faveur de Dieu était sur lui » : la bénédiction de Dieu reposait sur ce jeune enfant, déjà dans les 12 premières années de sa vie. Que notre ardent désir, celui de tous les parents chrétiens, soit d’élever leurs enfants de telle manière que sur eux aussi puisse reposer la bénédiction divine !
            Le verset que nous venons de considérer paraît indiquer ce qui a caractérisé le Seigneur, comme homme, dans la première partie de sa vie, c’est-à-dire jusqu’à 12 ans. Certes, il était Fils de Dieu – nous l’avons souligné – et Il n’a jamais cessé de l’être, mais c’est comme homme qu’Il est placé devant nous dans l’Évangile selon Luc, spécialement dans ces premiers chapitres. Quelles ressources avait-Il à sa disposition pour manifester de tels caractères ? Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, le paragraphe commençant au verset 41 nous permet d’en relever une : la Parole. Il en était nourri dès son plus jeune âge, elle était « au-dedans de ses entrailles », selon l’expression prophétique (Ps. 40 : 8), Il y trouvait son plaisir et la méditait jour et nuit (Ps. 1 : 2).

                                    À 12 ans

            « Quand il eut douze ans » (Luc 2 : 42), ses parents le prirent avec eux à Jérusalem, pour y célébrer la fête de Pâque. Tandis qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus était resté à Jérusalem et eux « ne le savaient pas ». N’est-ce pas surprenant ? Joseph et Marie savaient que le jeune enfant qui leur avait été confié était le Fils de Dieu, venu ici-bas comme homme ; il semble donc qu’ils auraient dû veiller sur Lui avec un soin particulier, sans un moment de défaillance. Et cet enfant de 12 ans reste à Jérusalem tandis qu’eux ignorent où il se trouve, se bornant à supposer « qu’il était dans la troupe des voyageurs » (v. 44). Oui, une telle insouciance nous étonne. Mais que dire de celle de parents chrétiens qui « ne savent pas », eux non plus, où sont leurs enfants ; nous voulons dire : où ils en sont moralement et spirituellement ? Ils se contentent peut-être de penser qu’ils sont « dans la troupe chrétienne » ? Des parents chrétiens savent pourtant le prix d’une âme que Dieu a voulu leur confier ; n’est-il pas primordial qu’ils s’occupent de cette âme, qu’ils prennent soin de leur enfant, de chacun de leurs enfants, dans le sentiment de leur responsabilité à cet égard ? Combien il est important, en particulier, que de bonne heure ils habituent leurs enfants à « s’ouvrir » à eux, à leur dire tout ce qui les préoccupe, tout ce qui les trouble peut-être, tout ce qu’ils ont sur le cœur ! Combien il est important, pour cela, de ne jamais les rebuter, leur donner une réponse qui les décourage. Peu à peu, l’enfant perdra l’habitude d’interroger ses parents, de leur demander aide et conseils… Il ira les chercher ailleurs et, lorsqu’il sera parvenu à l’adolescence, ses parents seront surpris de le voir entièrement replié sur lui-même, ne disant plus rien de ce qu’il pense, de ce qu’il fait ou veut faire. Lorsqu’il en est ainsi, les parents, avec tristesse, doivent constater qu’ils « ne savent pas » où en sont leurs enfants !
            Un détail doit encore parler à des parents chrétiens. Nous voyons combien peu Marie et Joseph connaissaient les pensées et les désirs de l’enfant que Dieu leur avait confié : arrivés à Jérusalem, ils le cherchent « trois jours » avant d’aller au temple. N’était-ce pas là pourtant qu’ils auraient dû se rendre tout aussitôt ? Le désir du cœur de cet enfant, c’était de se trouver dans la maison de Dieu, de s’entretenir avec ceux qui connaissaient et enseignaient la loi de son Dieu, cette loi qu’Il méditait « jour et nuit ». Marie et Joseph paraissent l’ignorer ! – Mais combien est parfait, en tout temps et en toutes choses, Celui qui est notre Modèle ! Fils de Dieu, Il pouvait enseigner et reprendre même, les docteurs de la loi. Fils de l’homme, âgé de 12 ans, il n’était pas convenable qu’Il enseigne des hommes âgés, les docteurs de la loi du Dieu d’Israël. Ce n’était pas la place d’un enfant de 12 ans. Aussi, assis au milieu d’eux, Il se borne à écouter et à les interroger. Mais ses questions dénotaient, sans aucun doute, une intelligence remarquable de la Parole de Dieu ; elles témoignaient du fait qu’Il l’avait lue avec application et profond intérêt, qu’Il l’avait méditée, qu’Il en était nourri. Alors, à leur tour, les docteurs de la loi L’interrogent, et ils « étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses » (v. 47). De l’intelligence et des réponses d’un enfant de 12 ans !
            Venue dans le temple, sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Tu vois, ton père et moi nous te cherchions, très inquiets » (v. 48). « Ton père … » - mais Joseph n’était pas son père ! Et qui le savait mieux que Marie ? Cependant, était-il convenable qu’un enfant, et un enfant de 12 ans surtout, reprenne sa mère ? Si l’enfant Jésus l’avait fait, Il n’aurait pas été en cela un modèle à imiter. Il ne pouvait d’ailleurs pas le faire, dans l’humanité parfaite qui était la sienne. Mais d’un autre côté, maintenir la vérité, parler la vérité, fait aussi partie de la perfection qui doit briller en Lui. Comment donc les deux choses vont-elles être conciliées ? Elles le sont dans l’admirable réponse que l’enfant Jésus adresse à sa mère : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » (v. 49). Ils ignoraient que le désir de son cœur était de se consacrer entièrement au service, au témoignage, à la gloire de son Père, à tout ce qu’Il résume dans cette expression : « aux affaires de mon Père » ! Son Père, c’est Dieu lui-même. Il est le Fils de Dieu et, comme homme, Il est né de l’Esprit Saint. Avec quelle sagesse, quelle douceur et quelle perfection, la vérité se trouve rétablie, maintenue, sans que pour autant l’enfant manque au respect qu’Il doit à sa mère ! Quel exemple pour de jeunes enfants ! Mais quel exemple aussi pour nous qui, si facilement, nous « embarrassons dans les affaires de la vie » (2 Tim. 2 : 4) ! Lui, était aux « affaires de son Père » !
            Tout cela va-t-il conduire l’enfant Jésus à prendre une place, une positon de supériorité vis-à-vis de Marie et de Joseph ? Il demeure, quoi qu’il en soit, dans l’humilité et la soumission. Cela convenait à un enfant de 12 ans : Il « leur était soumis » (v. 51). Qu’aucun enfant de parents chrétiens ne perde de vue un tel exemple de soumission ! N’est-il pas nécessaire de le rappeler dans les jours actuels surtout ?

                                    De 12 à 30 ans

            Le verset 52 de ce chapitre 2 de l’Évangile de Luc semble résumer en quelques mots ce qui a caractérisé la deuxième partie de la vie de l’Homme parfait, de 12 à 30 ans : « Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes ». C’est pendant cette période de sa vie qu’Il a été « le charpentier » (Marc 6 : 3). Il a donc travaillé de ses propres mains. N’y aurait-il pas aujourd’hui une certaine tendance à dénigrer les métiers manuels, à les considérer comme d’un rang inférieur et à ne vouloir se livrer qu’à des travaux intellectuels ? Considérer cette partie de la vie du Seigneur comporte donc un enseignent pour nous et, comme nous l’avons déjà remarqué, il faut rappeler ici que le Père a exprimé le « plaisir » qu’Il a trouvé dans la vie de son Fils bien-aimé pendant ces 30 années : l’Homme Christ Jésus est donc un exemple pour de jeunes enfants, mais aussi pour ceux qui ont grandi et ont une profession à exercer ; dans l’exercice de cette activité, ils doivent se comporter de manière telle qu’ils puissent plaire à Dieu.
            Pourquoi le Seigneur a-t-Il attendu d’avoir atteint l’âge de 30 ans pour entrer dans son ministère ? En premier lieu, homme dépendant, Il ne faisait rien sans avoir un ordre de son Père : Il n’agissait pas de sa propre volonté mais accomplissait, en toutes choses, la volonté de Celui qui L’avait envoyé (voir Jean 5 : 30). En second lieu, Il était ici-bas le parfait Lévite et le service lévitique commençait à 30 ans (voir Nom. 4 : 3, 23, 30, 35, 39, 43, 47 – cette indication est donnée sept fois dans ce chapitre). Enfin, avant l’entrée dans le service, il y a une période de préparation combien nécessaire. Tous les hommes de Dieu qui ont été appelés à servir ont dû passer à l’école de Dieu (il en est de même encore aujourd’hui pour tout serviteur) ; il y avait bien des choses dont ils avaient besoin d’être dépouillés, bien d’autres qu’ils devaient au contraire apprendre, il y avait toute une formation indispensable pour que puisse être accompli ensuite un service fidèle. Assurément il n’y avait en Christ aucun dépouillement à opérer ; mais, comme homme, et tandis qu’Il exerçait le métier de charpentier, Il a voulu se soumettre à cette période de préparation au service, afin d’être là comme en toutes choses un Modèle, le Modèle du vrai serviteur jusque dans sa préparation au service.
            Pendant ces 18 années, « Jésus avançait en sagesse et en stature » : le développement spirituel allait de pair avec le développement physique, et même le primait. Dans un tel chemin, Il était « en faveur auprès de Dieu et des hommes », auprès de Dieu d’abord : ce qu’il recherchait avant tout c’était la pensée de son Dieu, la communion avec Lui, son approbation et sa bénédiction. Là encore, imitons-Le, nous qui avons si souvent tendance à rechercher surtout, parfois, peut-être uniquement, l’approbation – voire même les flatteries – des hommes !

                                    L’entrée dans son ministère

            Alors qu’il « commençait d’avoir environ trente ans », Jésus entre dans son ministère, qu’Il va remplir d’abord au milieu d’Israël. Les foules comprenaient deux groupes bien différents : d’une part « le peuple et les publicains » qui justifiaient Dieu, ayant été baptisés du baptême de Jean » et d’autre part, « les pharisiens et les docteurs de la Loi » qui « ont rejeté, à leur propre détriment, le dessein de Dieu, n’ayant pas été baptisés par Jean » (Luc 7 : 30). C’était donc le baptême de Jean, le baptême de la repentance, qui divisait le peuple en deux classes ; le Seigneur ne pouvait aller qu’avec ceux qui « justifiaient Dieu », aussi vient-Il prendre place au baptême, parmi les disciples de Jean. Mais Dieu ne veut pas qu’Il soit confondu avec des pécheurs repentants, Lui qui n’avait pas besoin de repentance ; c’est pourquoi le ciel s’ouvre sur Lui, la voix du Père proclamant son excellence et exprimant la satisfaction entière qu’il a trouvée en Lui : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Luc 3 : 21-23).
            Dans quelle attitude voyons-nous Jésus au Jourdain ? Priant. Cet Évangile, on l’a souvent remarqué, nous présente le Seigneur en prière en sept occasions différentes durant son cheminement sur la terre (3 : 21 ; 5 : 16 ; 6 : 12 ; 9 : 18,28 ; 11 : 1 et 22 : 42). À cet ensemble remarquable, il faut ajouter la prière adressée à son Père alors qu’il était crucifié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 34). Dans trois circonstances (baptême, appel des douze, scène de la transfiguration), seul le texte de Luc nous montre le Seigneur en prière. Il est hors de doute que le Seigneur, homme ici-bas, a prié beaucoup plus de sept fois. Si l’Évangile de Luc nous rapporte seulement ces sept prières du Seigneur, c’est bien parce que nous devons voir là un ensemble complet : la vie de Christ dans ce monde a été par excellence une vie de prières. Une fois encore, quel exemple et quel Modèle !


                        La Parole et la prière, deux ressources fondamentales des croyants

            Nous avons dit, tout au début de ces pages, que nous avions à notre disposition les mêmes précieuses ressources que celles auxquelles le Seigneur a puisé pour vivre ici-bas la vie parfaite qu’Il y a vécue. Ces deux ressources essentielles sont la Parole et la prière, les deux piliers de la vie chrétienne, a-t-on dit bien des fois. N’est-il pas vrai que nos vies seraient bien différentes si la Parole et la prière y occupaient la place qu’elles tenaient dans la vie du Seigneur ? Mais la Parole et la prière ne sont pas seulement les ressources fondamentales de la vie individuelle ; elles sont tout aussi nécessaires et indispensables pour la vie des assemblées. Si, dans une assemblée, la réunion de prières et la réunion pour le ministère de la Parole (réunion d’édification ou réunion d’étude) sont négligées, la vie de l’assemblée en souffrira inévitablement, elle manquera d’assises solides. Tôt ou tard, afin de manifester son réel état, le Seigneur fera passer une telle assemblée par des exercices, plus ou moins douloureux, qui devraient avoir pour premier résultat d’ouvrir les yeux sur les défaillances qu’il convient de reconnaître avec humiliation et auxquelles il est nécessaire de remédier. Une assemblée, peu nombreuse peut-être, dans le sentiment de sa très grande faiblesse, estimerait-elle qu’elle ne peut se réunir que pour rendre culte ? Ne devrait-elle pas, au contraire, sentir plus qu’aucune autre le besoin de prier ? Dieu seul peut donner ce qui est nécessaire pour nourrir et fortifier les âmes, suppléer à l’extrême faiblesse, relever le niveau spirituel, encourager et bénir. C’est à Lui que, réunis en assemblée, les frères et sœurs doivent s’adresser avec instance et persévérance ! Et quelle est l’assemblée, si pauvre de ressources qu’elle se sente, qui ne pourrait se réunir pour la lecture de la Parole si même, dans son sein, aucun frère n’a reçu du Seigneur un don particulier à exercer pour la méditation de ce qui a été lu ? Réaliser la présence du Seigneur, goûter la saveur de la Parole, la recevoir avec toute sa puissance et sa divine autorité, n’y a-t-il pas là pour l’assemblée réunie une réelle édification et une source de riches bénédictions ? Le Seigneur ne peut pas ne pas répondre à l’attente de ceux qui sont ainsi rassemblés autour de Lui et comptent entièrement sur Lui ! N’oublions pas que les réunions les plus heureuses et les plus bénies sont celles où la présence du Seigneur est effectivement sentie, où chacun en jouit profondément dans son âme, et cela est indépendant de l’exercice des dons.
            Y aurait-il des assemblées qui ne se réuniraient pour la prière qu’à intervalles largement espacés ? Se pourrait-il qu’il y ait dans l’assemblée locale si peu de besoins à présenter qu’il suffise d’une heure, de loin en loin, pour s’approcher du trône de la grâce ? Que les cœurs alors s’élargissent et pensent aux autres assemblées comme aussi à tous ceux qui font partie de la famille de Dieu, et même à tous les hommes. Le champ est si vaste, les besoins sont si nombreux et si pressants partout…
            La réunion pour le ministère de la Parole et la réunion de prières sont donc primordiales pour la vie d’une assemblée. Mais, dira-t-on, n’est-ce pas la réunion de culte qui est la réunion principale ? Sans aucun doute. Mais le culte, tout à la fois, s’improvise et se prépare. Il se prépare dans les cœurs ; il se prépare, individuellement aussi bien que collectivement, dans une vie nourrie de Christ, de la Parole, enrichie dans la jouissance des choses célestes, dans une vie de prières. De telle sorte que, pour l’assemblée, ce sont dans une large mesure - en dehors de la « préparation » individuelle – les réunions pour le ministère de la Parole et les réunions de prières qui « préparent » les réunions pour le culte. Et l’adoration de l’assemblée souffrira des défaillances manifestées dans les réunions d’édification ou d’étude de la Parole et dans les réunions de prières. Pensons-y si nous avons vraiment à cœur de ne pas frustrer Dieu de la louange qui Lui est due !
            Le Seigneur est donc notre parfait Modèle, un Modèle pour de jeunes enfants déjà – pour un croyant dans l’exercice de sa profession – pour les croyants dans toute leur vie chrétienne, individuelle et collective.
            Au baptême de Jean, « l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe » (Luc 3 : 22). Il est né du Saint Esprit et maintenant l’Esprit descend sur Lui et va le conduire, comme homme, dans son ministère. C’est au chapitre 4 de cet évangile que nous voyons le Seigneur entrer dans ce ministère, « plein de l’Esprit Saint » et « mené par l’Esprit dans le désert » (v. 1). Le début de ce chapitre nous montre l’homme céleste luttant contre la puissance de Satan et en triomphant (v. 1-13).
            L’homme céleste, c’est l’homme caractérisé par la vie de résurrection – la chair étant mise de côté à la croix – et la puissance du Saint Esprit. L’épître aux Éphésiens, tout particulièrement, nous présente le croyant comme ayant « rejeté le vieil homme » et étant appelé à manifester la vie de Dieu qu’il possède désormais, vie dont Christ, homme ici-bas, a été la parfaite expression. Christ est donc là encore notre Modèle, le véritable homme céleste que nous sommes exhortés à reproduire (Eph. 4 : 20-24 ; 5 : 1-2). Nous sommes introduits dans la condition d’homme céleste d’une manière semblable à celle dans laquelle Christ, homme, y est entré : par la mort et la résurrection (Jésus, baptisé d’eau, est sorti des eaux du Jourdain) et, ensuite, par le sceau du Saint Esprit (« l’Esprit Saint descendit sur lui… »). L’entrée dans les lieux célestes place le fidèle en présence « des puissances spirituelles de méchanceté » dont nous parle Éphésiens 6 : 12 ; c’est pourquoi Jésus est aussitôt en face de Satan (Luc 4 : 3). C’est pourquoi aussi, sans doute, Il triomphe de l’adversaire en lui citant, à chacune des trois tentations, un verset du Deutéronome. Dans ce livre, par la bouche de Moïse, l’Éternel déclare au peuple comment, après qu’il aura passé le Jourdain (figure de notre mort et de notre résurrection avec Christ) pour entrer en Canaan (figure des lieux célestes), il pourra triompher des ennemis (figure « des puissances spirituelles de méchanceté ») et posséder le pays.
            Christ a subi les assauts de Satan et en a triomphé. Il ne pouvait succomber, Lui qui dira plus tard : « Le chef du monde vient ; et il n’a rien en moi » (Jean 14 : 30). Mais ce n’est pas pour cela qu’il faudrait penser qu’il n’est pas notre Modèle dans le combat à livrer contre l’adversaire : les exhortations de l’épître aux Éphésiens sont basées sur le fait que nous avons « rejeté le vieil homme » et l’apôtre Jean écrit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher parce qu’il est né de Dieu » (1 Jean 3 : 9). Christ est donc bien notre Modèle dans la lutte, mais encore Il y est notre puissant secours, notre fidèle soutien. Certes, Il ne pouvait être vaincu par l’adversaire, mais « étant tenté » Il a souffert : c’est l’homme céleste qui livre le combat, mais c’est « l’homme » et, comme tel, il souffre dans la lutte. Et « du fait qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » (Héb. 2 : 18).
            Nous avons dans la Parole tous les enseignements, toutes les exhortations, tous les encouragements nécessaires pour vivre une vie à la gloire de Dieu et toutes les ressources dont nous avons besoin pour cela sont à notre disposition. Par-dessus tout, nous avons un Modèle parfait qui a vécu cette vie et que nous sommes appelés à imiter. En pensant à l'apôtre Paul qui pouvait assurer en vérité : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1 : 21), nous disons volontiers : pour vivre ainsi, il n’avait pas d’autres ressources que celles qui sont encore aujourd’hui les nôtres. C’est vrai, mais n’oublions pas que Christ lui-même, homme ici-bas, avec ces mêmes ressources, a vécu une vie qui, du commencement à la fin, a été pour l’entière satisfaction de son Dieu et Père. Certes, Il est le « Modèle inimitable », ainsi que l’exprime un cantique, mais Il est pourtant le Modèle que nous sommes exhortés à imiter. Seul l’ennemi pourrait nous suggérer qu’il est trop grand, trop haut pour nous, que par conséquent il est inutile de nous engager dans de vains efforts en vue d’un but qui ne sera jamais atteint. Le langage de l’Écriture est tout autre : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2 : 21).
            Que sa Personne occupe davantage nos pensées et surtout, remplisse nos cœurs, que nous puissions Le voir marcher dans le sentier qu’Il a suivi et qu’ainsi nous réalisions, au moins dans une mesure, ce à quoi nous sommes exhortés : « marcher comme lui a marché » (1 Jean 2 : 6).

                    Oh ! si mes yeux pouvaient sans cesse
                    
Suivre cet astre glorieux,
                    
Si je pouvais de ta tendresse
                    
Voir tous les reflets radieux,

                    Mon âme alors, pleine de zèle,
                    
Saurait t’aimer plus ardemment,
                    
Et, connaissant mieux son modèle,
                    
Prendrait tout son accroissement.


D’après P. Fuzier - « Messager évangélique » - année 1970
 

A suivre