Méditations suivies : L'épître aux Colossiens (9)

bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

L'EPITRE AUX COLOSSIENS (9)

 
 QUATRIEME PARTIE : Morts et ressuscités avec Christ – La vraie vie chrétienne (Col. 2 : 20 à 4 : 6) - suite
 
 7- Le chrétien et le mariage : 3 : 18-19
 8- Le chrétien dans la famille : 3 : 20-21
 9- Le chrétien dans la société : 3 : 22 à 4 : 1
 10 - La prière et le témoignage devant le monde : 4 : 2-6         
 

7- Le chrétien et le mariage : 3 : 18-19
 
            Après avoir établi les grands principes de la vie chrétienne, l'apôtre traite de leur application au croyant, dans les diverses relations  où il se trouve, en particulier la famille et la société.
 
 
                        Les exhortations pratiques et le devoir d'obéissance
 
            Les exhortations pratiques données aux Colossiens sont à rapprocher de celles de la lettre aux Ephésiens (Eph. 5 : 22-6 : 9). Toutefois, elles sont plus détaillées pour ces derniers, car le sujet est élargi et élevé au niveau des desseins de Dieu envers Christ et son assemblée.
 
            Dans les deux lettres, six catégories de personnes (associées en trois groupes de deux) reçoivent une exhortation en rapport avec leur situation :
                        - les épouses et leurs maris - le mariage et la famille
                        - les enfants et leurs parents (particulièrement les pères)
                        - les esclaves et leurs maîtres - le chrétien dans la société.
            Dans tous les cas, l'exhortation est d'abord adressée à ceux à qui l'obéissance est demandée (femmes et enfants dans la famille ; esclaves ou subordonnées dans la société). C'est un principe moral important, dans un temps où toute forme d'autorité est remise en cause. Toutes les exhortations sont rapportées au Seigneur. Non seulement, Il est le Chef de l'assemblée, la Tête du corps, mais Il est le Seigneur de chaque croyant, Celui à qui toute obéissance est due. Mais le respect de toutes les formes d'autorité dans la famille ou dans la société est aussi une preuve de soumission à Christ. Il est pour nous le modèle parfait de l'homme obéissant. Vrai serviteur de l'Eternel, Il a « appris l'obéissance par tout ce qu'il a souffert », pour devenir « obéissant jusqu'à la mort » (Héb. 5 : 8 ; Phil. 2 : 8). Seigneur sur toutes choses, Il s'est constitué esclave volontaire et demeure serviteur à toujours (Deut. 15 : 16-17 ; Luc 12 : 37).
 
 
                        Le mariage ; les épouses : v. 18
 
            L'affection est naturelle à la femme ; aussi n'est-elle pas exhortée, sauf une seule fois, à aimer son mari (Tite 2 : 4). Il convient dans le Seigneur qu'elle lui soit soumise. Comme Christ est le Chef de l'assemblée, le mari est le chef de la femme (1 Cor. 11 : 3 ; Eph. 5 : 23). Créée pour être l'aide de son mari, Adam (Gen. 2 : 18), la femme, Eve, a été placée dans une position de soumission vis-à-vis de lui, après la chute en Eden : « Ton désir sera vers ton mari, et lui dominera sur toi » (Gen. 3 : 16). Ce n'est pas une place d'infériorité, encore moins un esclavage, comme l'imposent certaines religions humaines ou coutumes rétrogrades, pour la dégradation de la femme. Pour autant, la femme n'a pas une position égale à celle de l'homme, ni dans le foyer, ni dans le monde, ni même dans la vie de l'assemblée sur la terre (1 Cor. 14 : 34). Il demeure que, spirituellement en Christ, il n'y a ni homme, ni femme. C'est dans la gloire céleste que se réalisera pleinement cette pensée divine.
 
 
                        Le mariage ; les maris : v. 19
 
            L'affection et la douceur sont demandées au mari à l'égard de son épouse. Le sens des responsabilités, la pression de la vie et même les penchants de son coeur naturel peuvent le rendre indifférent et même dur. Plus faible dans son corps et plus délicate dans ses sentiments, une femme a besoin de délicatesse et d'affection. Que le mari chrétien n'oublie jamais que la mesure de l'amour qu'il doit porter à sa femme est celle de Christ pour son assemblée, sans bornes, ni limites ! L'intimité des relations de famille peut être l'occasion de manifester tout ce qu'il y a de plus fâcheux dans la nature humaine. Mais la grâce de Christ agissant dans les chrétiens, peut conférer à de telles relations une valeur et un parfum que n'aurait pas permis même l'état d'innocence.
 
 
 
8- Le chrétien dans la famille : 3 : 20-21
 
            L'apôtre se tourne maintenant vers le foyer du chrétien, sa maison sur la terre, qu'il est invité à conduire soigneusement, de la même manière qu'il est exhorté à se conduire dans la maison de Dieu (1 Tim. 3 : 5, 15).
 
            En premier lieu, l'obéissance est demandée aux enfants. Le refus de la soumission aux parents était un signe distinctif de la corruption païenne, comme il l'est maintenant de l'apostasie morale des derniers jours (Rom. 1 : 30 ; 2 Tim. 3 : 2). Les foyers chrétiens doivent montrer la différence. Là, les enfants doivent l'obéissance à leurs deux parents (père et mère), « en toutes choses » (v. 20). Le motif profond est de plaire au Seigneur. Du côté des parents, seuls les pères sont invités de ne pas irriter leurs enfants, pour ne pas les décourager. Tel serait le résultat d'une sévérité excessive. La manière dont Dieu s'occupe de ses enfants dans sa famille céleste, est le modèle de ce que doit être la conduite des pères à l'égard de leurs enfants (Héb. 12 : 7, 9). La fermeté dans l'amour et la droiture engendrent le respect. Une dureté paternelle excessive peut refroidir les affections des enfants, et les pousser à chercher dans le monde le bonheur qu'ils ne trouvent pas dans leur famille. Au contraire, le foyer chrétien doit être un lieu de refuge où les enfants, grandissant dans la faiblesse, trouvent la protection contre les dangers et l'atmosphère délétère du monde.
 
            « Si Christ est reconnu, la famille est un précieux foyer de douces affections, où le coeur est élevé dans les liens que Dieu lui-même a formés... liens qui, en nourrissant les affections, préservent des passions et de la volonté propre », a écrit un croyant.
 
 
 
9- Le chrétien dans la société : 3 : 22 à 4 : 1
 
            Le domaine des exhortations s'élargit pour traiter enfin des relations du chrétien avec les autres hommes, en prenant l'exemple des esclaves et des maîtres, à un moment où l'esclavage n'était pas encore aboli.
 
            Les injustices sociales, tout comme l'esclavage, sont des conséquences du règne du péché et de la mort dans le monde. L'Evangile ne s'emploie pas à les réformer, mais apporte le remède de la grâce pour sortir des âmes du système du monde et leur donner la vie divine. Cette vie de Christ change désormais les rapports de tous les chrétiens avec les autres hommes, en y introduisant Christ.
 
 
                        Exhortations aux esclaves
 
            Les esclaves étaient la propriété de leurs maîtres selon la chair. Mais l'esclave chrétien devenait l'affranchi du Seigneur, sa vraie propriété, comme nous tous vis-à-vis du Maître qui nous a achetés (1 Cor. 7 : 22 ; 2 Pier. 2 : 1).
 
            Si l'esclave chrétien pouvait recouvrer sa liberté, il devait en profiter (1 Cor. 7 : 21) ; sinon, il devait accepter sa condition, qui lui fournissait l'occasion de servir son vrai maître, le Seigneur Christ ; Que son maître soit bon ou fâcheux, chrétien ou incrédule, l'esclave chrétien doit le servir, car à travers lui, c'est Christ qu'il sert. Le nom du Seigneur n'est pas mentionné moins de quatre fois dans cette courte exhortation, pour souligner les vrais motifs qui devaient animer l'esclave chrétien.
 
            Trois choses sont demandées à l'esclave, et elles doivent trouver un écho dans le coeur de chaque croyant :
                        - ne pas servir seulement devant les yeux de ses maîtres. La tentation est constante de travailler dans le seul but de se faire apprécier de ses chefs ! Ce n'est pas servir Christ.
                        - servir en simplicité de coeur, dans la crainte du Seigneur. Tel doit être le vrai motif du chrétien : c'est dans le coeur et les affections pour Christ qu'il puise le ressort de son service.
                        - penser à la rétribution de la part du Seigneur, en particulier pour s'abstenir de commettre des injustices. La pauvreté ou l'exclusion sociale n'excusent pas l'injustice devant Dieu ; tous sont égaux devant le gouvernement de Dieu (Lév. 19 : 15). C'est là un autre motif d'obéissance, qui s'adresse à la conscience. Pour autant, le travail fidèle dans ce monde ne perdra pas sa récompense, s'il a été accompli comme pour le Seigneur Christ.
 
            On notera avec profit que les instructions données ici par l'apôtre aux esclaves sont reprises ailleurs pour justifier la soumission de tous les chrétiens aux autorités de ce monde (Rom. 13 : 5).
 
 
                        Exhortations aux maîtres chrétiens
 
            L'apôtre conclut cette série d'exhortations pratiques par un appel aux maîtres chrétiens. Il met l'accent sur la justice, plus que sur l'amour. Les maîtres devaient être justes et équitables envers leurs esclaves (croyants ou incrédules). Le motif en était qu'ils avaient Christ comme maître dans les cieux, le même que les esclaves chrétiens. La tentation, irrésistible pour l'homme naturel, est de profiter de sa position d'autorité pour exercer l'oppression sur les autres : ce n'est pas accorder ce qui est juste et équitable.
 
            La conduite de ceux qui ont une position de responsabilité dans l'assemblée, relève du même principe moral. Elle doit être à l'image du souverain pasteur du troupeau ; ne pas dominer sur des héritages, mais être plutôt des modèles de dévouement et d'humilité (1 Pier. 5 : 2-3). Au contraire, le méchant esclave, perdant de vue le retour de son maître, s'empare injustement du pouvoir pour battre les autres esclaves (Matt. 24 : 48-49).
 
            Avant que le Seigneur règne sur la terre en justice, le privilège du chrétien est de se conduire justement dans un monde d'injustice, pour glorifier Christ dans toutes ses relations en famille, et dans la société.
 
 
 
10 - La prière et le témoignage devant le monde : 4 : 2-6
 
            Ces deux paragraphes (v. 2-4 et v. 5-6) contiennent des exhortations de caractère plus général, en rapport avec la prière, et les relations du chrétien avec les gens du monde.
 
 
                        Persévérer dans la prière et les actions de grâces
 
            La prière maintient les relations de notre âme avec Dieu, dans le sentiment de notre dépendance de Lui. Persévérer dans la prière et veiller en elle suppose un engagement constant du coeur. Le trône de la grâce est toujours accessible à la foi dans les temps de détresse, pour y trouver le secours, et Dieu ne méprise jamais la prière de l'affligé (Ps. 34 : 6 ; 102 : 17). Mais l'exhortation de l'apôtre va bien au-delà ; le chrétien, séparé de coeur du monde, s'entretient avec Dieu de ce qui regarde sa gloire. La communion avec Lui nous donne l'intelligence pour combattre par la prière, non plus seulement pour nous-mêmes (Eph. 6 : 18), mais pour les autres, comme le faisait Epaphras (v. 12).
 
            La vigilance est demandée dans le service de la prière. Dans le jardin de Gethsémané, le Seigneur avait dit aux disciples et à Pierre : « Veillez et priez » (Matt. 26 : 41) ; et, sur le moment, ils n'avaient pas su répondre à la demande de leur Maître. Mais plus tard, Pierre, pleinement restauré dans son coeur et conscient de la valeur et de la nécessité de la prière, exhortera les autres : « Veillez pour prier » (1 Pier. 4 : 7).
 
            Les actions de grâces accompagnent naturellement les demandes (Phil. 4 : 6). Nos coeurs ne sont-ils pas souvent plus prompts à crier à Dieu pour la délivrance, qu'à le remercier pour sa merveilleuse bonté envers nous et pour sa fidélité à répondre à nos besoins ?
 
 
                        L'évangile et le mystère du Christ
 
            Un sujet de prière tenait particulièrement au coeur de Paul : le service de l'évangile et la révélation du mystère du Christ. L'apôtre demande le secours des prières des Colossiens à cet égard, exactement comme il le demandait des Ephésiens. Quelle remarquable preuve de l'humilité du grand apôtre des nations de demander les prières des saints en sa faveur ! Il le fait sept fois dans ses lettres : Rom. 15 : 30 ; 2 Cor. 1 : 11 ; Eph. 6 : 18-19 ; Col. 4 : 3 ; 1 Thes. 5 : 25 ; 2 Thes. 3 : 1 ; Héb. 13 : 18 - cette dernière mention sous réserve que Paul soit bien l'auteur de l'épître aux Hébreux. Réciproquement, Paul priait sans cesse pour tous les saints, assiégé par la sollicitude pour toutes les assemblées (2 Cor. 11 : 28).
 
            Paul ne demandait pas que la porte de sa prison lui soit ouverte, ni qu'il soit libéré de ses liens, mais plutôt que Dieu lui ouvre une porte pour l'évangile. Pour lui, les chaînes et l'opprobre de sa prison faisaient partie des souffrances de l'évangile (2 Tim. 1 : 8) ; mais il rendait grâces de ce que la parole de Dieu, elle, n'était pas liée (2 Tim. 2 : 9). Dieu a répondu au désir de l'apôtre, selon le témoignage de la fin du livre des Actes (Act. 28 : 30-31).
 
            La prédication de l'évangile déclarait la bonne nouvelle du salut par la foi en Christ ; mais c'était aussi la révélation d'un mystère, « le mystère du Christ », dont l'apôtre avait déjà parlé (1 : 26-27). Longtemps perdue de vue par une Eglise assoupie dans ce monde, la portée pratique de cette révélation divine a été remise en lumière par la miséricorde de Dieu au début du dix-neuvième siècle. Que le Seigneur nous accorde la grâce de mettre notre marche collective plus en harmonie avec sa propre pensée à l'égard de son assemblée !
 
           
                        La sagesse devant le monde : la grâce et le sel
 
            Les chrétiens sont maintenant exhortés à marcher dans la sagesse envers ceux de dehors.
            Ici, le « dehors » désigne le monde, qui comprend ceux qui n'ont pas la vie de Dieu. Par opposition, le « dedans » est le cercle qui inclut tous ceux qui appartiennent à Dieu. Tous ceux qui n'ont pas la vie de Dieu seront en « dehors » de la sainte cité, pour connaître les tourments éternels (Apoc. 21 : 8 ; 22 : 15).
            L'apôtre Paul emploie aussi le mot « dehors » pour désigner le domaine dans lequel Dieu exerce directement son gouvernement, par contraste avec le « dedans », le cercle où les chrétiens sont responsables collectivement de maintenir les droits du Seigneur, le Saint et le Véritable (1 Cor. 5 : 12-13). La portée de cette dernière expression est donc plus restreinte que dans l'exhortation aux Colossiens. En rapport avec la discipline ecclésiastique, le « dedans » est donc le cercle où s'exprime en pratique l'unité du corps de Christ à la table du Seigneur. Un homme exclu comme méchant peut être placé de façon temporaire en dehors de ce cercle ; il est alors « dehors », mais sans cesser d'être dans la maison de Dieu sur la terre, en tant que membre du corps de Christ. Il aura donc aussi sa part dans la sainte cité pour l'éternité.
 
            Les chrétiens sont laissés sur la terre pour être des témoins pour Christ devant les gens du monde (« ceux de dehors »), qui les observent avec lucidité, pour tenter de les prendre en faute. La sagesse envers eux est donc de marcher d'une manière irréprochable (1 Pier. 3 : 16 ; 4 : 15-16). Le chrétien pourra alors saisir toutes les occasions pour parler de Dieu et de son amour. Saisir l'occasion, c'est aussi racheter le temps (Dan. 2 : 8 ; Eph. 5 : 16). En effet, le temps de la grâce est compté pour le monde, c'est un temps difficile, court (1 Cor. 7 : 29) et aucune occasion de présenter Christ ne doit être négligée.
 
            A l'esprit de grâce, toujours en activité, doit s'associer le « sel », symbole de l'énergie qui juge le mal pour s'en séparer. L'équilibre est ainsi maintenu entre les besoins profonds du coeur et la voix de la conscience, entre la grâce et la vérité, complètement et parfaitement révélées et manifestées par Jésus Christ. C'est la base de la paix entre les croyants (Marc 9 : 51), la paix du Christ (3 : 15), que le Seigneur de paix désire nous donner (2 Thes. 3 : 16).
 
            L'enseignement doctrinal et les exhortations pratiques qui en découlent se terminent ainsi par cet appel à savoir comment répondre aux hommes du monde, dans un esprit de grâce et de vérité.
 
 
                                              
 
                                              
                                                                                           Extrait de « Sondez les Ecritures » vol. 9                                     
 
(A suivre)