Méditations suivies : Habakuk (3)

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LE LIVRE DU PROPHETE HABAKUK (3)



CHAPITRE 3 : Habakuk supplie l'Eternel d'agir en miséricorde envers ceux qui, par leurs manquements, se sont attiré son châtiment ; la foi du prophète triomphe et il trouve sa force en Dieu qui le rend capable de marcher sur ses « lieux élevés ».
 
            « Prière d'Habakuk, le prophète, sur Shiguionoth » (v. 1). La conclusion de tout ce que le prophète a entendu de la bouche de l'Éternel, se résume dans une prière qui tient à la fois de la supplication, de l'action de grâces et de la louange, produites par une foi pleinement assurée en la fidélité de l'Éternel à ses promesses. Le mot « Shiguionoth », pluriel de « Shiggaion », « grand cri » (Ps. 7), semble désigner une série de cris et de louanges, ce qui paraît correspondre aux divisions naturelles de la prière d'Habakuk.
            Cette prière se compose de quatre parties.
 

1 - « Eternel, ravive ton oeuvre » (v. 2)

            « Ô Éternel, j'ai entendu ce que tu as déclaré, et j'ai eu peur. Éternel, ravive ton oeuvre au milieu des années ; au milieu des années, fais-la connaître. Dans la colère, souviens-toi de la miséricorde ! »
            Au chapitre 1 : 2, le prophète avait dit : « Jusques à quand crierai-je et tu n'entendras pas ? Je crie à toi... ». Comment avait-il pu prononcer une telle parole : « Tu n'entendras pas » ? Dans tout ce qui suit, l'Éternel, dans ses enseignements, lui montre qu'il a entendu et qu'il entend toujours. Il lui explique, avec une condescendance paternelle, la justice des jugements qu'Il fait tomber sur son peuple et sur les ennemis de son peuple, mais lui montre en même temps que le juste n'est pas sans ressource pour traverser les jugements, car il vivra de sa foi. Il lui déclare enfin que Dieu sera glorifié et personnellement exalté dans un temps à venir et que le monde entier sera rempli de la connaissance de sa gloire.
            Maintenant, le prophète peut dire : « J'ai entendu », non pas : tu as entendu, car ma première question n'était que le produit de l'infirmité de ma foi, mais j'ai maintenant la connaissance de tes pensées ; tu me l'as donnée ; il ne me faudra pas attendre ton règne pour les comprendre ; la foi me les fait saisir !
            Mais devant l'annonce de tes jugements, « j'ai eu peur ». En effet, quels jugements terribles que les tiens, faits pour remplir le coeur d'une frayeur salutaire ! Mais maintenant j'ai à te demander une chose, et combien je la désire : « Ravive ton oeuvre en grâce envers ton peuple ! Au milieu des années », avant le temps de la fin, dont tu as parlé (2 : 3), agis en grâce parmi nous ! La délivrance d'Égypte formait le « commencement des années » où l'Éternel avait manifesté son oeuvre en faveur de son peuple et le prophète désire que Dieu la ravive maintenant, avant d'introduire, à la fin des années, la délivrance millénaire. Il sait que c'est maintenant le temps de la colère : raison de plus pour faire appel à la miséricorde de Dieu, car c'est précisément quand ses jugements se déchaînent sur le monde, que nous sommes appelés à compter, aujourd'hui comme alors, sur l'oeuvre de Sa grâce. La prière prophétique d'Habakuk sera exaucée lors de la vivification d'Israël, celle-ci ayant pour résultat la formation d'un Résidu croyant dont le prophète est le type devant nos yeux.
 

2 - Délivrances passées de l'Éternel, et intervention future en faveur de son peuple (v. 3-15)

                        Grandeur et puissance de Dieu faisant sortir son peuple d'Egypte (v. 3-6)
           
            « Dieu vint de Théman, et le Saint de la montagne de Paran. Sélah. Sa magnificence couvre les cieux, et sa louange remplit la terre ; et sa splendeur était comme la lumière : des rayons lui jaillissaient de la main ; et là se cachait sa force. La peste marchait devant lui, et une flamme ardente sortait sous ses pas » (v. 3-5).
            Ces versets nous montrent l'Éternel sortant de l'Orient, de Théman et de la montagne de Paran qui domine le désert de ce nom ; en un mot, du territoire d'Édom, pour venir au secours de son peuple et le délivrer de la servitude d'Égypte en anéantissant les nations qui l'oppriment ou s'opposent à lui. En Deutéronome 33 : 2, l'Eternel vient du Sinaï, de Séhir et de Paran pour délivrer son peuple et lui donner la loi. En Juges 5 : 4, le cantique de Débora célèbre, comme celui d'Habakuk, l'intervention de l'Éternel venant de Séhir pour anéantir les ennemis de son peuple. Le Psaume 18 célèbre cette même intervention, mais il a surtout en vue les ennemis de la fin (v. 7-19). Le Psaume 68 assimile la délivrance d'Égypte à celle du peuple à la fin des temps. Le Psaume 77 puise dans la délivrance d'Égypte l'assurance que l'Éternel délivrera son peuple de la grande tribulation de la fin. Tous ces passages, comme la prière d'Habakuk, célèbrent donc l'intervention de Dieu dans le passé, pour racheter son peuple de l'Égypte, comme le gage d'une intervention future aux derniers jours.
           
            « Il se tint là et mesura la terre, il regarda et mit en déroute les nations ; et les montagnes antiques furent brisées en éclats, les collines éternelles s'affaissèrent » (v. 6). Les nations qui essayèrent de s'opposer à Israël furent dispersées, la puissance antique de l'Égypte fut subitement brisée ; les collines éternelles, les autorités fermement établies par Dieu lui-même et qui, de ce fait, auraient dû avoir une durée illimitée, se sont affaissées jadis devant Celui qui venait de sa sainte montagne pour délivrer son peuple.
            Le prophète ajoute : « Ses voies sont éternelles ». Quelle assurance cette pensée ne donne-t-elle pas à la foi ! Ce qu'Il a fait dans le passé il le fera dans l'avenir ; il n'y a en Lui ni variation, ni ombre de changement. Qu'il s'agisse de jugement ou de délivrance, ses voies de sainteté et d'amour se répètent et se déroulent, toujours les mêmes, jusqu'au bout des collines éternelles ! (Gen. 49 : 26).

 
                              Similitude entre la délivrance prophétique future et celle d'Égypte (v. 7-15)

            « Je vis les tentes de Cushan dans l'affliction ; les tentures du pays de Madian tremblèrent » (v. 7). Le prophète contemple maintenant des événements qui n'ont pas encore eu lieu, mais qu'il considère en vision comme passés, et se rapportant à des choses futures que sa foi tient pour absolument certaines. Les contrées de Cush à l'Occident et au Nord, l'Arabie à l'Orient et au Midi, trembleront devant l'Éternel. La délivrance passée quand Israël sortit d'Égypte, est loin d'avoir l'étendue de cette délivrance future.
            « Est-ce contre les rivières que s'irrita l'Éternel ? ou contre les rivières que fut ta colère ? contre la mer, ta fureur, que tu fusses monté sur tes chevaux, sur tes chars de salut ? » (v. 8). S'il abolit les limites des nations et frappe lui-même l'ensemble confus des peuples, son but, en faisant ainsi, n'est pas seulement le jugement, car ses chars de guerre sont des chars de salut. Il faudra, sans doute, que les jugements suivent leur cours jusqu'au bout, que les coups prédits par la parole de Dieu s'abattent sur les peuples et que les limites des nations soient bouleversées (v. 9). Il faudra que les puissances établies qui gouvernent soient saisies d'effroi ; que le monde entier pousse des cris de détresse, élevant inutilement ses mains suppliantes au milieu du déluge qui fondra sur lui (v. 10). Rien ne pourra arrêter le combat livré par l'Éternel aux méchants jusqu'à leur extermination totale. Il en sera comme aux jours de Josué, où «le soleil et la lune s'arrêtèrent jusqu'à ce que la nation se fût vengée de ses ennemis» (v. 11 ; Jos. 10 : 12). Mais, en outre, la colère divine n'épargnera pas le pays lui-même, la terre d'Israël. Le peuple incrédule et apostat recevra comme les autres nations les coups de l'indignation de l'Éternel (v. 12).
            Le salut d'Israël, tel sera le résultat de tout cet immense débordement de calamités. « Tu sortis pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton oint ; tu brisas le faîte de la maison du méchant, mettant à nu les fondements jusqu'au cou » (v. 13). N'est-ce pas une chose merveilleuse ? Ce petit peuple, et encore ne sera-t-il représenté que par un Résidu insignifiant en apparence, est à tel point l'objet de la sollicitude du Dieu tout puissant, qu'il bouleversera le monde entier pour le sauver. C'est qu'Israël est son oint : il l'a marqué du sceau de son Esprit ; il l'a acquis au prix de sa propre vie ; il veut l'avoir pour compagnon de sa gloire, tout près de lui, au centre d'un gouvernement où régnera sa justice éternelle. Si le vrai Israël est peu de chose aux yeux des hommes, il sera le «trésor particulier» de Christ au jour de sa puissance. Nous ne parlons pas ici de l'Église, épouse de l'Agneau dont les bénédictions sont élevées au-dessus de celles d'Israël, comme le ciel l'est au-dessus de la terre. Jamais l'Ancien Testament ne nous parle de cette épouse-là, mais notre coeur s'intéresse à «la femme juive» parce que Christ, l'Éternel, son Messie et son Roi, s'intéresse à elle, la contemple avec complaisance comme son précieux joyau, et accomplira envers elle toutes ses promesses d'ancienneté dont Il ne s'est jamais repenti. Quelle qu'ait été l'infidélité de la nation, jamais le coeur de son Roi n'a varié à son égard. S'il lui a fallu la répudier pour un temps comme une femme infidèle, il la recevra de nouveau, dans un avenir prochain, après l'avoir purifiée au feu du jugement, à travers cette tribulation qui, d'avance, faisait trembler de peur l'âme de ce prophète. Nous retrouvons la pensée exprimée au verset 13, dans le merveilleux passage d'Ésaïe où l'on voit le Seigneur venir d'Édom, de Bostra, marchant dans la grandeur de sa force. Il a été seul à fouler au pressoir et à écraser les peuples dans sa fureur, car, dit-il : «Le jour de la vengeance était dans mon coeur et l'année de mes rachetés était venue » (Es. 63: 1-6).
            C'est alors que sera « brisé le faîte de la maison du méchant, mettant à nu les fondements jusqu'au cou » (v. 13), passage faisant allusion, sans doute, au Chaldéen qui avait élevé sa maison sur l'iniquité (2 : 9), mais portant nos pensées vers « le méchant » de la fin, dont la maison sera détruite, du faîte jusqu'à la base. Il en est de même au verset 14 : le conflit final s'y déroule. Toutes les nations « arrivent comme un tourbillon pour disperser » ce pauvre Résidu affligé et sans force et « le dévorer en secret », car nous avons fait remarquer plus d'une fois, dans nos études prophétiques, que les nations de la fin n'étaleront pas ouvertement leurs desseins, et nourriront l'intention secrète d'arracher la proie à leurs alliés d'un jour. Mais, quand le Christ paraît, il suffit que les chevaux de ce puissant guerrier se montrent, pour traverser et réduire à néant la formidable puissance ameutée par Satan contre Lui et son peuple. Le chapitre 19 de l'Apocalypse (v. 11-16) nous présente le tableau sublime de cette scène guerrière, en nous la faisant voir sous son aspect céleste, ce que la prophétie de l'Ancien Testament ne fait jamais.
 

                    Tremblement du prophète (v. 16)
        « J'entendis, et mes entrailles tremblèrent ; à la voix que j'ouïs mes lèvres frémirent, la pourriture entra dans mes os, et je tremblai sous moi-même, pour que j'eusse du repos au jour de la détresse, quand montera contre le peuple celui qui l'assaillira » (v. 16).
            Ce verset est la conclusion et comme le résumé de ce qui précède. Comme le prophète l'avait exprimé au verset 2, il avait entendu et avait eu peur à la perspective de la colère divine, mais il avait intercédé pour le peuple, afin que l'Éternel se souvînt de sa miséricorde envers lui. Maintenant, toute la scène de la fin a passé devant ses yeux. Il s'est souvenu des jugements exécutés jadis sur le pays d'Égypte et sur tous les ennemis d'Israël, alors que Dieu voulait racheter son peuple. Ses regards prophétiques se sont portés ensuite sur les jugements de la fin et il a compris qu'ils ne pouvaient avoir en vue, comme ceux de jadis, que le salut du peuple de Dieu. Il a vu et réalisé tout cela, mais cela ne l'empêche pas, et bien plus qu'au commencement de son cantique, de trembler jusque dans ses entrailles et de sentir la pourriture entrer dans ses os, comme Daniel, devant «la grande vision», quand son teint frais (ou : sa beauté) fut changé en corruption et qu'il ne conserva aucune force (Dan. 10 : 8) ; préparation nécessaire pour recevoir les communications prophétiques, et pour entrer dans les pensées de Dieu. Aussi l'ange rassure-t-il Daniel : « Ne crains pas, homme bien-aimé ; paix te soit ! Sois fort, oui, sois fort ! » (v. 19). Il en est de même ici dans cette scène abrégée que la Parole nous présente. Le prophète tremble et passe par un jugement complet de lui-même, mais «pour avoir du repos au jour de la détresse». Ce travail de conscience, ce sentiment d'absolue incapacité, cette conviction de la corruption de notre nature, sont indispensables pour trouver le repos, qu'il s'agisse de l'histoire passée, présente ou future de l'homme. Ici, ce repos est futur. Le prophète le désire pour le jour de la détresse qui est, comme nous l'avons vu si souvent, le jour de la grande tribulation pour Israël, jour où l'ennemi « montera contre le peuple et l'assaillira ». Nous savons, par une quantité de passages des prophètes quel sera cet ennemi, quelles seront les armées qui assailliront Jérusalem. Le prophète est assuré de la délivrance finale et du repos définitif, mais la Parole nous présente ici un repos anticipé, le repos de l'âme, au milieu même des plus cruelles épreuves, un repos que le jugement complet de soi-même et la connaissance de l'amour et de la miséricorde de Dieu, peuvent seuls donner.
 

               Triomphe de la foi (v. 17-19)

            « Car le figuier ne fleurira pas, et il n'y aura point de produit dans les vignes ; le travail de l'olivier mentira, et les campagnes ne produiront pas de nourriture ; les brebis manqueront dans le parc, et il n'y aura pas de boeufs dans les étables ; mais moi, je me réjouirai en l'Éternel, je m'égayerai dans le Dieu de mon salut. L'Éternel, le Seigneur, est ma force ; il rendra mes pieds pareils à ceux des biches, et il me fera marcher sur mes lieux élevés » (v. 17-19).
            Nous trouvons, dans cette quatrième partie du Cantique, l'expression magnifique de la foi du prophète, de cette foi qui a grandi depuis le commencement de ses entretiens avec l'Éternel. Si, au verset 16, il attendait une délivrance future, cela ne signifiait pas qu'elle ne pût pas tarder. Aussi sa foi répondait à la parole : « Si elle tarde, attends-la » (2 : 3). Il l'attendait donc, avec la certitude qu'elle serait précédée de la détresse, mais qu'au milieu de cette tempête déchaînée il y aurait pour lui un refuge assuré, un petit sanctuaire, où il pourrait trouver le repos qui se goûte dans la présence de Dieu.
            Maintenant cette espérance lui suffit. Il sait que le repos viendra quand la détresse sera passée. Mais que va-t-il faire aujourd'hui ? Le temps présent est un temps de disette complète. Il correspond à la période actuelle que traverse le peuple juif. Le figuier, la vigne, l'olivier, autant de symboles de ce peuple, sont sans fruit ; rien n'est produit pour Dieu. Le blé, les brebis, les boeufs, tout manque ; il n'y a plus même de sacrifice qui mette Israël en relation avec Dieu !
            N'est-ce pas aussi ce que notre âme devrait ressentir dans le jour actuel ? Disette et famine spirituelles ; faiblesse extrême du témoignage chrétien ; profession sans vie et sans relation avec Dieu... « Mais moi ! » ajoute le prophète. Ce juste qui vit de sa foi a saisi le salut promis, comme une chose actuelle. Mais ce n'est pas dans le repos, qu'il n'a pas encore atteint, ni même dans le salut, qu'il se réjouit. Il a une joie bien plus excellente que celle-là ; il possède l'Éternel lui-même, le Dieu de son salut. Ce Dieu qui ne lui cache rien, qui le traite en ami, qui lui révèle ses pensées les plus secrètes, sur la miséricorde duquel il peut compter quand tout vient à manquer, ce Dieu dont les bénédictions sont éternelles, son Seigneur, est Celui dans lequel il se réjouit et se réjouira toujours.
            « Nous nous égayerons et nous nous réjouirons en toi », dit la Sulamithe ; « nous nous souviendrons de tes amours plus que du vin » (Cant. 1 : 4). C'est ainsi que « Dieu donne des chants de joie dans la nuit » (Job 35 : 10). Le prophète est désormais en pleine communion avec le Seigneur. Il a compris, dès le début, que « l'Éternel, son Dieu et son Saint » est lumière et que ses yeux sont « trop purs pour voir le mal » (1 : 12, 13), mais à présent il se réjouit en Lui, il goûte les perfections de sa personne, et comprend son amour, l'amour du « Dieu de son salut ».
            Mais l'Éternel n'est pas seulement sa joie ; il est aussi sa force (v. 19), quand lui, le prophète n'a aucune force. « Bienheureux l'homme dont la force est en toi ! » (Ps. 84 : 5). Grâce à Lui, dans un temps d'extrême faiblesse, dans un temps où aucune des choses promises n'est encore atteinte, nos pieds sont rendus pareils à ceux des biches ; nous pouvons monter sur nos « lieux élevés », et les parcourir d'un pas léger, heureux, rapide et libre. Les lieux célestes nous appartiennent, ils sont nôtres, le domaine qui nous est assigné. Qu'importe la disette à ceux qui possèdent le Seigneur, et sa force, et sa joie, à ceux qui jouissent de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes?
 
            « Au chef de musique. Sur Neguinoth » (instruments à cordes).
            Comment s'étonner ensuite que, dans ces temps calamiteux, Habakuk retrouve le culte comme aux plus beaux jours de David et de Salomon. Il remet son Cantique au chef de musique pour le chanter avec les violons et les harpes. Il réalise d'avance la louange future d'Israël dans son temple restauré.
            Et nous, bien-aimés, n'avons-nous pas le même privilège? La certitude du néant absolu des choses de la terre nous pousse vers le Seigneur, et, lorsque nous goûtons les richesses insondables de Christ, une seule pensée s'empare de tout notre être : nous jeter à ses pieds, et l'adorer! Le culte des enfants de Dieu peut être retrouvé au milieu des ruines de la chrétienté.
            Terminons cet exposé par les paroles d'un autre, au sujet de notre prophète : « Rien n'est plus beau que ce développement des pensées de l'Esprit de Dieu : au milieu des tristesses et des anxiétés produites par l'Esprit, Dieu répond pour donner de la connaissance et fortifier la foi, afin que le coeur soit en communion avec Lui ».
 
 
 
Conclusion
 
            Habakuk occupe une place entièrement à part parmi les prophètes, quoique Jérémie, tout en embrassant un horizon beaucoup plus vaste, lui ressemble en quelque manière quant à ses expériences personnelles.
            D'abord le prophète se révolte contre le règne de la violence au milieu de son peuple ; il crie : « Jusques à quand ? ». Mais, dès que l'Éternel lui annonce le jugement d'Israël par les Chaldéens, l'âme de l'homme de Dieu est profondément affligée pour sa nation. Semblable à Moïse, il prend en mains, comme intercesseur, la cause d'Israël devant l'Éternel. Dieu lui répond qu'il jugera les Gentils dont il a fait sa verge.
            Habakuk lui-même apprend une leçon personnelle valable en tout temps et pour toute circonstance : « Le juste vivra de sa foi ». Le principe de la foi est le seul sur lequel il doive s'appuyer jusque dans les jours les plus fâcheux. Ce verset forme le noeud central de toute la prophétie d'Habakuk. Dès lors sa foi sonde le pourquoi des jugements, considère les délivrances passées, réalise les délivrances à venir, traverse les misères présentes, avec une joie sans mélange qui s'attache à la personne du Sauveur, avec la force de Dieu lui-même et la libre et heureuse jouissance des bénédictions célestes et éternelles.
            Enrichi de telles bénédictions, l'homme de foi a trouvé l'accès du sanctuaire, et y pénètre pour rendre culte à Dieu. Le chemin de la foi est merveilleux, parce qu'il nous élève au-dessus de tous les obstacles, au-dessus même de nos expériences, et fixe nos regards sur les choses qui ne se voient pas, « car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles » (2 Cor. 4 : 18).
  
 
                                      D'après H. Rossier - Etudes sur la Parole de Dieu