Méditations suivies : Le prophète Esaïe (10)

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NOTES SUR LE LIVRE DU PROPHETE ESAIE (10)
 
 
 
E – CONTROVERSE DE L'ETERNEL AVEC SON PEUPLE AU SUJET DES IDOLES
 
 
                        Avec le chapitre 40 commence un nouveau sujet. Jusqu'ici, nous avons considéré ce que nous pourrions appeler la partie historique de la prophétie d'Esaïe ; ce sont des événements accomplis ou qui arriveront à la fin des temps. Maintenant, nous allons voir plutôt le côté moral et intérieur de la prophétie.
 
                   Ce ne sont plus des voies gouvernementales envers le peuple, mais une oeuvre de Dieu dans les coeurs.
           
                   Deux questions capitales se posent à toute âme qui lit avec quelque attention la prophétie. Pourquoi toutes ces choses, pourquoi tous ces événements, ces épreuves et ces châtiments ? Quelle sera la conclusion de tout cela ?
                   La deuxième partie du livre va nous le faire connaître.
 
                   Dieu a deux grands débats avec son peuple :
                           - chapitres 40-48 : le motif de cette première controverse est l'abandon de l'Eternel par son peuple pour servir les idoles
                           - chapitres 49-57 : ce second débat concerne le rejet du Messie que le peuple a fait « périr par la main d'hommes iniques » (Act. 2 : 23).
                   Chacune de ces deux sections se termine par cette solennelle déclaration : « Il n'y a pas de paix pour les méchants » (48 : 22 ; 57 : 21).
 
                   Enfin, dans les chapitres 58 à 66, nous avons les conclusions, dignes de Dieu, de toutes ses voies envers son peuple.
 
 
 
            1- L'Eternel parle au coeur de son peuple : chapitres 40 et 41
 
 
                        Avec le chapitre 40 commence donc, comme nous l'avons dit, le plaidoyer de l'Eternel avec son peuple au sujet de la violation du premier commandement de sa loi : « Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face » (Ex. 20 : 3). Le pays a été rempli d'idoles. Dieu exécutera-t-il la malédiction prononcée par la loi contre son peuple coupable ?
                        La sainteté de l'Eternel ne lui permet pas de passer à la légère sur le péché. Il doit en faire sentir à son peuple tout le poids et toute l'horreur. C'est par le moyen de sa discipline qu'Il arrivera à cela. Mais, avant toute chose, selon sa merveilleuse grâce, ce Dieu si gravement offensé veut parler au coeur de son peuple. Les premiers mots de son réquisitoire sont pour lui dire que son iniquité lui est pardonnée et qu'Il veut le consoler.
 
 
                                   1.1 Consolation offerte au peuple (40 : 1-11)
 
                        Le commencement du chapitre est rempli de « cris », car il y a des choses importantes, qui doivent être entendues au loin, des choses dont tous devraient tirer profit.
                        Dieu crie premièrement : « Consolez, consolez mon peuple » (v. 1). C'est certainement ce qu'il sera à la fin. Précieux encouragement pour les fidèles, même s'ils doivent traverser l'épreuve.
                        Ensuite, une voix crie dans le désert : « Préparez le chemin de l'Eternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu » (v. 3), car la gloire de l'Eternel va être révélée. Nous savons que cette parole a été réalisée à la lettre par le ministère de Jean le Baptiseur, qui n'a pas été écouté et a été finalement mis à mort, comme Celui dont il était le précurseur et duquel il avait annoncé la venue. Le Sauveur et son serviteur ont été rejetés.
                        De nouveau se fait entendre une voix : « Crie. Et il dit : Que crierai-je ? – Toute chair est de l'herbe, et toute sa beauté comme la fleur des champs... Certes, le peuple est de l'herbe » (v. 6-7). Tout est-il perdu, et de quel côté faut-il se tourner ? « La Parole de notre Dieu demeure à toujours » (v. 8). Certainement, ce que sa bouche a dit, sa main l'accomplira. Son peuple peut avoir violé la loi, rejeté le Messie ; le serviteur de l'Eternel a pu être consumé comme de l'herbe flétrie (le serviteur, ici, c'est Israël), mais rien ne sera un obstacle à l'accomplissement de la promesse faite à Abraham et à David par le Dieu fidèle .
                        « Elève ta voix avec force » (v. 9). De nouveau, il faut crier et annoncer de bonnes nouvelles : « Voici votre Dieu ! » (v. 10). Celui qui vient n'est pas seulement le Fils de David, mais Il est le Dieu de son peuple. Il va, comme un berger, rassembler son troupeau (v. 11). Qui pourra l'empêcher de le consoler ? En toute vérité, la grâce de Dieu envers son peuple brille dans les onze premiers versets et sa gloire dans ceux qui suivent.
 
 
                                   1.2 Sagesse de Dieu et vanité des idoles (40 : 12-31)
 
                              La grandeur, la sagesse et la puissance de Dieu se voient dans les oeuvres de la création ; les cieux et la terre en sont les témoins imposants (Ps. 19 : 1-6). Toutes les nations qui s'agitent sont réputées, devant lui, « comme une goutte d'un seau et comme la poussière d'une balance » (v. 15). Il soufflera dessus pour les faire disparaître. Comment alors pourraient-elles être un obstacle à la bénédiction que Dieu veut répandre sur son peuple ? Elles sont réputées moins que le néant et le vide.
 
                        Peuple de Dieu, insensé ! Qu'as-tu donc à faire avec les idoles ? Ne vois-tu pas ta folie ? « A qui donc comparerez-vous Dieu et à quelle ressemblance l'égalerez-vous ? » (v. 18). Malgré cette inconséquence, l'Eternel, ce Dieu qui ne change pas, ne se lasse ni ne se fatigue envers son peuple (v. 28). Par sa puissance, Il fait sortir en nombre les armées célestes qui parcourent en silence leur course journalière dans l'espace. Par sa grandeur, aucune ne manque (v. 26). Cette même puissance se déploie en faveur des siens et pas un seul d'entre eux n'est oublié de Lui. Il possède une parfaite connaissance de tout ce qui les concerne. Rien ne passe inaperçu ! Ceux qui s'attendent à lui renouvellent leurs forces. Ils s'élèvent au-dessus des choses visibles, comme les aigles qui s'envolent vers les cieux, ils courent et ne se fatiguent pas ; ils marchent et ne se lassent pas (v. 31).
 
 
                                   1.3 L'Eternel et les nations (41 : 1-7, 21-29)
 
                              L'idolâtrie a été une offense à la sainteté de Dieu et Il devait, à cause de sa justice, châtier son peuple en raison du mépris de sa gloire, lorsque celui-ci s'est détourné vers les abominations des nations. Il aurait dû glorifier l'Eternel et son nom auprès des autres peuples, mais, au contraire, il a fait comme eux. Ce fut le motif de la captivité d'Israël à Babylone, le centre et le foyer même de l'idolâtrie. C'était la juste rétribution due à sa folie. Mais il demeurait, malgré tout, le peuple que l'Eternel avait choisi, son serviteur, comme il le dit aux versets 8 et 9 de ce chapitre. Il était la semence d'Abraham, son ami. Malgré ses fautes et les châtiments dont Dieu l'avait frappé, il ne fut pas rejeté.
                        Aujourd'hui encore, les fils d'Israël sont « bien-aimés à cause des pères » (Rom. 11 : 28). L'Eternel, créateur des bouts de la terre, ne se lasse pas à son égard et ne se fatigue jamais en prenant soin de lui. C'est ce que nous voyons d'une manière toute particulière dans tout ce chapitre et ceux qui suivent. Dieu va juger toutes les nations qui ont été en contact avec son peuple, mais il aura dans sa main un instrument pour délivrer les siens.
 
                        Au chapitre 40 (v. 9), nous avons entendu Sion, messagère de bonnes nouvelles, annonçant que son Dieu vient : « Voici votre Dieu ». Ici, au commencement du chapitre 41, les peuples sont invités à s'approcher de l'Eternel en jugement : « Qu'ils parlent ! » (v. 1). Mais comment pourraient-ils justifier leur cause devant Lui ? N'ont-ils pas été des ennemis de son peuple ?
                        Ensuite, nous avons Cyrus, dont le nom n'est pas mentionné ici ; toutefois nous le trouvons plus loin. L'Eternel livra les nations devant lui ; c'est alors que rien ne put arrêter sa marche triomphante : les rois furent livrés à son épée comme de la poussière, et à son arc comme du chaume chassé par le vent (v. 2).
 
                        Cyrus, la première année de son règne, par un acte de son autorité, fit la proclamation bien connue que Dieu nous donne deux fois dans les Ecritures : « Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : l'Eternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. Qui d'entre vous, quel qu'il soit, est de son peuple, - que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem » (Esd. 1 : 2-3 ; 2 Chr. 36 : 23). Par cette proclamation, il mit fin à la longue et douloureuse captivité du peuple de Dieu à Babylone. Instrument dans la main du Tout-Puissant, il a fait cesser le gémissement de ceux qui étaient opprimés loin du lieu où l'Eternel avait mis son nom.
                        Mais, si nous considérons plus attentivement notre sujet, nous discernons, derrière la figure du roi des Perses, un plus grand que lui, et nous comprenons ainsi pourquoi le nom de Cyrus n'est pas mentionné dans ce passage. Il n'est que l'ombre de Celui qui délivrera le peuple de Dieu dans le temps à venir. Evidemment, Cyrus a fait, en son temps, ce qui était droit aux yeux de l'Eternel, en proclamant la délivrance de son peuple, mais il disparaît et s'efface devant « l'Orient d'en-haut », celui qui vient du Levant et dont la justice accompagne les pas. Ici encore, la prophétie n'est pas d'une interprétation particulière. Si elle nous parle de Cyrus et de la délivrance qu'il accorda au peuple de Dieu, elle dirige aussi nos regards vers l'avenir. Alors toutes les nations seront soumises à Christ et le peuple de Dieu sera délivré par lui, non pour un temps déterminé, comme ce fut le cas dans le passé, mais il obtiendra une délivrance éternelle. Le Saint Esprit dirige toujours notre vue vers cette personne glorieuse. Bienheureux ceux qui ont des yeux pour voir sa gloire.
 
                        Lui est l'Eternel, « le premier » et, avec « les derniers », il est « le Même » (v. 4). Les nations ennemies peuvent avoir peur en le voyant venir, les hommes se fortifier les uns les autres et s'entraider, leur oeuvre n'est que néant. Ils ont les mêmes caractères que leurs idoles qu'il faut fixer avec des clous afin qu'elles ne branlent pas. Ceux qui s'irritent contre le peuple de Dieu seront honteux et confondus ; ils seront comme un rien et ceux qui contestent contre lui périront (v. 11-12).
 
                        Dans la fin du chapitre (v. 21-29), Dieu parle de nouveau aux nations pour leur montrer la folie de leur idolâtrie. « Déclarez les choses qui vont arriver dans la suite, et nous saurons que vous êtes des dieux » (v. 23). En contraste avec ces idoles, Celui qui vient du lever du soleil apporte un message de bonnes nouvelles à son peuple (v. 27).
 
 
                                   1.4 L'Eternel et Israël (41 : 8-20)
 
                              Jacob peut être appelé vermisseau, mais néanmoins, à la fin, il fera tomber toutes les nations qui s'élèvent contre l'Eternel et les dispersera.
 
                        Si Dieu a livré autrefois toutes les nations à Cyrus, combien plus les mettra-t-il entre les mains du Saint d'Israël, à la fin, quand Il viendra pour bénir son peuple. Alors il répondra à la prière des affligés et des nécessiteux, les rafraîchira et répandra ses biens sur eux (v. 17) ; les hauteurs, les vallées participeront à cette bénédiction, le désert même sera changé en un étang d'eau. Là croîtront le cèdre, l'acacia, le myrte et l'olivier (v. 18-19).
 
 
 
            2- Le serviteur de Dieu : chapitre 42  
 
 
                              Ce chapitre remarquable nous présente, pour la première fois dans les Ecritures et d'une façon bien distincte, les trois personnes de la Trinité. Ce n'est pas encore, comme dans le Nouveau Testament, le Père, le Fils et le Saint Esprit (Matt. 3 : 16-17). Néanmoins, nous voyons que Dieu déclare : « Je mettrai met mon Esprit sur lui » (v. 1). Il est le Serviteur de l'Eternel, présenté en contraste avec Cyrus dans sa gloire guerrière qui, de fait, n'a opéré qu'une délivrance partielle et passagère.  
 
                       
                                   2.1 Le serviteur de l'Eternel en qui son âme trouve son plaisir (42 : 1-9)
 
                              Le Serviteur que Dieu a choisi viendra dans l'abaissement et dans l'humilité, tout en possédant une patience inlassable. Il amènera toutes les nations à reconnaître son autorité. Il sera pour une « alliance du peuple » et pour une « lumière des nations » (v. 6). Il viendra « pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de la prison le prisonnier et du cachot ceux qui sont assis dans les ténèbres » (v. 7).
                        Il apparaît clairement dans ces versets ce qui a été accompli par le Seigneur lors de son ministère ici-bas. Ministère d'amour qui, nous le savons, a été interrompu par son rejet et par sa mort. Ces vérités ne sont pas mentionnées ici, mais néanmoins sous-entendues dans ces paroles : « Voici, les premières choses sont arrivées, et je déclare les choses nouvelles : avant qu'elles germent, je vous les ferai entendre » (v. 9). Une interruption a lieu dans l'accomplissement de son service d'amour : il y a les choses qui sont arrivées (celles qui se sont accomplies pendant qu'Il était ici-bas à sa première venue), puis celles qui vont arriver et que le Seigneur nous donne à connaître par avance.
 
                       
                         
                                   2.2 Le cantique nouveau (42 : 10-18)
 
                              Pendant ce temps, toute la terre est invitée à chanter le cantique nouveau : sur la mer, dans les contrées maritimes, au désert, dans les villes, dans les villages, sur les rochers, au sommet des montagnes (v. 10-11).
                        Partout doit retentir ce cantique qui a été chanté par Christ lui-même, le jour de sa résurrection. « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (Ps. 40 : 3). Il n'est donc pas seul à le chanter, puisqu'il dit : « notre ». Il veut que nous le chantions avec Lui, en attendant la délivrance finale de son peuple. « Allez dans tout le monde, et prêchez l'évangile à toute la création » (Marc 16 : 15). Le message de joie est à l'intention de tous les hommes. Mais qui a cru à ce qu'a fait entendre le Serviteur de l'Eternel ? Pauvre monde qui ne veut rien de la bonne nouvelle, encore annoncée aujourd'hui et cela depuis bientôt deux mille ans. L'Eternel, qui pendant tout ce temps est resté tranquille et s'est tu au sujet de son peuple Israël, va de nouveau s'occuper de lui. Il se réveillera avec puissance et, comme un homme de guerre, viendra prendre en main la cause de son peuple ; alors tous ceux qui se confient dans de vaines idoles seront confus.
 
                       
 
                                   2.3  Israël, serviteur infidèle (42 : 19-25)
 
                        Israël est aussi aveugle que les nations ennemies. Comme elles, il a servi les idoles ; sourd, il n'a pas écouté la voix de son Dieu qui l'avertissait. Serviteur infidèle, il n'a pas su glorifier son Dieu devant les nations et n'a pas pris garde à toutes les choses qu'il a vues de sa part. Malgré tout, l'Eternel a pris son plaisir en lui à cause de sa justice. Il le voit dans la perfection de ses privilèges et de sa position devant lui comme étant son peuple. L'Eternel est juste dans toutes ses voies ; Il peut le châtier et Il le fait en justice à cause de ses fautes ; mais Il prend son plaisir en lui en raison de sa justice, la sienne, bien entendu, non celle de son peuple qui n'en possède aucune par lui-même. Il a rendu sa loi « grande et honorable » (v. 21), alors que son peuple ne l'a pas fait. Mais c'est un peuple pillé et dépouillé. Pourquoi donc est-il une proie et n'y a-t-il personne qui dise : « Restitue !» (v. 22) ?
 
                        L'Eternel l'a ainsi livré parce qu'il n'a pas voulu marcher dans ses voies et n'a pas écouté sa loi. C'est pourquoi Il a versé sur lui l'ardeur de sa colère (v. 25).