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 LES SACRIFICES DANS LA BIBLE (3)


II - LES SACRIFICES DANS LE NOUVEAU TESTAMENT
          1- Le sacrifice de Christ est la base de nos bénédictions
          2- Les sacrifices dans le Nouveau Testament
 

II - LES SACRIFICES DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

            « [Christ] a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Héb. 9 : 26).
            
« Là où il y a pardon de ces choses (péchés et iniquités), il n’y a plus d’offrande pour le péché » (Héb. 10 : 18).

                        1- Le sacrifice de Christ est la base de nos bénédictions

            Avec le Nouveau Testament et la venue du Fils de Dieu « manifesté en chair » (1 Tim. 3 : 16) dans le monde, la période (dispensation) de la Loi prend fin, et celle de la grâce s’ouvre. Dans cette nouvelle période à laquelle nous appartenons, les croyants doivent-ils à leur tour, comme le faisait le peuple terrestre, apporter à Dieu des sacrifices afin que Dieu leur soit propice, qu’ils soient pardonnés de leurs péchés, en paix avec Lui, et qu’ils puissent s’approcher de Lui ? La Parole de Dieu nous apporte des réponses claires à ces quatre points.
                  - Quant au fait que Dieu nous est propice - c’est-à-dire qu’Il nous est favorable et que nous sommes au bénéfice de sa bonté et de sa grâce -, Paul nous dit que « nous avons trouvé accès à cette faveur (celle de Dieu) dans laquelle nous sommes » (Rom. 5 : 2). Nous avons et nous possédons l’accès à la grâce de Dieu dans laquelle nous sommes pleinement établis. L’apôtre Pierre le confirme, nous assurant que « cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu » (1 Pi. 5 : 12). Nous demeurons et sommes pleinement établis dans une grâce qui est authentiquement de Dieu.
                  - Quant à nos péchés, Dieu dit : « Je ne me souviendrai plus jamais de [vos] péchés, ni de [vos] iniquités » (Héb. 10 : 17) ; Paul nous dit que Dieu nous a « pardonné toutes nos fautes » (Col. 2 : 13), et Jean écrit : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés » (1 Jean 2 : 12). Dieu a « jeté tous nos péchés derrière son dos » et « dans les profondeurs de la mer » (És. 38 : 17 ; Mich. 7 : 19) ! Les péchés des rachetés ont tous été portés par Christ devant Dieu à la croix et jugés définitivement. Les Écritures nous affirment que, pour Dieu, ces péchés sont oubliés (Jér. 31 : 34 ; Héb. 10 : 17).
                  - Quant à la paix avec Dieu, Paul nous assure, dans l’épître aux Romains, que « ayant donc été justifiés sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 5 : 1). La paix est faite pour toujours par Celui « qui a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4 : 25). Le croyant n’a plus ni doutes, ni questions ; pleinement justifié devant Dieu par sa foi (voir tout le chapitre de Rom. 4), il est désormais en paix avec Dieu.
                  - Quant au fait de venir dans la proximité de Dieu, l’épître aux Hébreux nous invite à nous approcher de Dieu dans son sanctuaire. « Approchons-nous avec confiance », par la prière, « du trône de la grâce » (Héb. 4 : 16). « Approchons-nous » aussi avec toute liberté, pour Lui rendre culte « par le chemin nouveau et vivant » ouvert par le sacrifice de Jésus jusqu’à Dieu Lui-même (10 : 19). Jacques nous interpelle lui aussi, nous disant : « Approchez-vous de Dieu » (Jac. 4 : 8), c’est-à-dire recherchons-Le dans notre vie quotidienne. Lui-même nous y invite. Nous étions autrefois loin de Dieu, « mais maintenant, dans le Christ Jésus », nous avons été approchés « par le sang du Christ » (Éph. 2 : 13).

            Ayant foi dans les Écritures, nous voilà alors pleins d’assurance devant Dieu. Notre foi repose sur la Parole de Dieu mais aussi sur la Personne de Christ et son œuvre. Les Écritures nous expliquent pourquoi nous pouvons nous reposer en toute confiance en la faveur imméritée de Dieu pour nous. Reprenons les quatre points déjà examinés :
                  - Si Dieu nous est propice (nous sommes dans sa faveur, Il reçoit le pécheur en grâce), c’est parce qu’Il a « présenté » Christ comme « propitiatoire par la foi en son sang » (Rom. 3 : 24-25) : par Lui le croyant trouve accès à la présence divine, sur le fondement de la rédemption « qui est dans le Christ Jésus » et du sang présenté devant Dieu. Au grand jour des propitiations, lorsqu’Aaron faisait propitiation pour lui-même et pour le peuple, il faisait « aspersion du sang… sur le propitiatoire et devant le propitiatoire » (Lév. 16 : 14, 16). – Sur le propitiatoire, cela signifie : sous le regard de Dieu, qui voyait là le témoignage d’un sacrifice accompli ; devant le propitiatoire, c’est afin que l’homme ait l’assurance qu’il pouvait se tenir dans la présence de Dieu en vertu du sang du sacrifice pour le péché. Aujourd’hui ces types ont pris fin, et nous savons que nous sommes rachetés « par le sang précieux de Christ » (1 Pi. 1 : 18, 19). Le fait que Dieu a « présenté » Christ comme « propitiatoire par la foi en son sang » signifie que Christ a été notre « propitiatoire », c’est-à-dire que son sacrifice expiatoire, l’efficace de son sang versé, a couvert les péchés de ceux qui croient. Dieu a reconnu et accepté ce sacrifice, Il pardonne en toute justice et Il nous est désormais propice.
                  - Si Dieu pardonne nos péchés, c’est parce que le sang de la victime expiatoire a été versé : « Sans effusion de sang il n’y a pas de rémission (ou : de pardon) » (Héb. 9 : 22) ; et encore : « Or, là où il y a pardon (rémission) de ces choses (péchés et iniquités), il n’y a plus d’offrande pour le péché » (Héb. 10 : 18). Le sang versé, celui d’un sacrifice, était nécessaire pour que la question du péché soit réglée une fois pour toutes et qu’ainsi nous obtenions le pardon. Il n’y a pas besoin d’un autre sacrifice pour le péché, celui qui a été offert est tout à fait suffisant pour Dieu ; il ne peut donc que l’être aussi pour nous. Ce sacrifice a aux yeux de Dieu une valeur immense et parfaite, parce que c’est Christ Lui-même, dans toute la perfection de sa Personne, qui est le sacrifice. Et l’épître aux Éphésiens nous dit que c’est « dans le Bien-aimé » que nous avons « la rémission des fautes » (Éph. 1 : 7), que c’est « en Christ » que « Dieu… nous a pardonnés » (Éph. 4 : 32).
                  - Nous avons la paix avec Dieu « par notre Seigneur Jésus Christ », qui Lui-même « est notre paix » ainsi que l’annonçait déjà le prophète Michée : « Et lui sera la paix » (Mich. 5 : 5) ; c’est par Lui que nous avons la paix et c’est Lui qui « a fait la paix par le sang de sa croix » (Rom. 5 : 1 ; Éph. 2 : 14 ; Col. 1 : 20). Quand le Seigneur Jésus dit à ses disciples avant de les quitter : « Je vous laisse la paix » (Jean 14 : 27), il s’agit de la paix qu’Il va obtenir pour eux - et pour nous - à la croix. Il viendra la leur donner au matin de sa résurrection. « Il leur dit : Paix à vous ! Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté » - le témoignage du sacrifice de Lui-même (Jean 20 : 19-20).
                  - Si nous sommes invités à venir dans la présence directe de Dieu, c’est parce que « le chemin nouveau et vivant » a été « ouvert pour nous à travers le voile, c’est-à-dire [la] chair [de Christ] » (Héb. 10 : 19) ; et c’est par ce seul chemin que nous pouvons venir à Dieu. « Je suis le chemin… personne ne vient au Père si ce n’est par moi », dira le Seigneur Jésus (Jean 14 : 6). Étant au bénéfice de l’œuvre de Christ qui lui a ouvert le chemin qui conduit à Dieu, le racheté peut dire, encore mieux qu’Asaph : « Pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien » (Ps. 73 : 28).

            Nous pouvons même ajouter un point supplémentaire : nous lisons que nous avons une position parfaite devant Dieu, car « nous avons été sanctifiés » (rendus saints, séparés pour Dieu) et, en tant que sanctifiés, nous avons été « rendus parfaits à perpétuité » ; une sanctification (mise à part pour Dieu) et une perfection (celle de notre position, en Christ) fondées et établies par la seule et unique « offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 10 : 10, 14).
            Ainsi, tous ces passages de l’Écriture nous montrent que notre position devant Dieu, notre relation avec Lui et nos bénédictions présentes et éternelles, sont pleinement établies et sûres. Et tout cela est fondé sur la Personne bénie de Christ et sur son sacrifice effectué « une fois pour toutes ».
            Lorsque le Seigneur Jésus a prononcé cette parole sur la croix : « C’est accompli », Il a mis le sceau sur une œuvre qui Lui a coûté les souffrances indicibles de la croix et le sacrifice de Lui-même, mais dont les résultats vis-à-vis de Dieu et de l’homme sont immenses. Son sacrifice a :
                  - pleinement satisfait à toutes les exigences de la justice de Dieu quant au péché
                  - L’a glorifié dans ses attributs de sainteté et d’amour
                  - a ouvert le chemin qui amène les pécheurs dans la présence même de Dieu
                  - les a comblés de bénédictions.
            Tout ayant ainsi été réalisé par le sacrifice de Christ, que pourrait-il donc y avoir encore comme sacrifices à offrir aujourd’hui ? Que pourraient-ils apporter à Dieu et aux hommes ? Nous allons voir ce que nous enseigne le Nouveau Testament.

                        2- Les sacrifices dans le Nouveau Testament

            « Tu n’as pas pris plaisir aux holocaustes, ni aux sacrifices pour le péché ; alors j’ai dit : Je viens… pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10 : 6-7).
            
« Notre pâque, Christ, a été sacrifiée » (1 Cor. 5 : 7).
            
« Christ… s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éph. 5 : 2).

                                    2.1. 
Le sacrifice de Christ

                                            2.1.1. La réalité des choses et le parfait sacrifice offert par Christ – la croix de Christ
            
L’Ancien Testament nous présente les ombres des choses futures et des types de l’œuvre à venir de Christ. Le Nouveau Testament, avec la venue du Fils de Dieu sur la terre, nous présente la réalité des choses, le parfait antitype, le sacrifice de la croix de notre Seigneur Jésus Christ.
            Dans un sacrifice, on trouve deux choses : une victime et quelqu’un qui l’offre. Le Nouveau Testament place Christ devant nos yeux comme étant la vraie victime expiatoire, et Celui qui l’offre. Christ, « offrande et sacrifice à Dieu » (Éph. 5 : 2), dans sa pureté et sa sainteté parfaites, « s’est offert lui-même à Dieu » (Héb. 7 : 27 ; 9 : 14).
            Si les nombreux sacrifices de l’ancienne alliance n’ont finalement pas plu à Dieu, toutefois le sacrifice de Christ a été infiniment agréable à Son cœur. Hébreux 10 : 5-10 nous enseigne sur ce sujet d’une importance primordiale. Tout d’abord, Christ fait ce constat, disant à Dieu par l’Esprit prophétique : « Tu n’as pas pris plaisir » aux différents sacrifices offerts en grand nombre sous la Loi de Moïse. Alors Lui-même se présente pour accomplir la volonté de Dieu et pour être le sacrifice qui donnera une pleine satisfaction à Dieu : « J’ai dit : Voici, je viens… ». En plein accord avec Dieu, Il se présente pour faire sa volonté, qui est que Lui, son Fils bien-aimé, s’offre en sacrifice. Et il est fait mention ensuite de « l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes ». Nous trouvons dans ce verset l’offrande volontaire faite par Jésus Christ, et la victime expiatoire qui est Lui-même ; à quoi est ajoutée la pleine efficace d’une telle offrande : elle a satisfait aux exigences du Dieu saint comme à ses voies d’amour envers le pécheur qui est « sanctifié » et « rendu parfait » par cette offrande définitive – « faite une fois pour toutes ».
            C’est bien le sacrifice ultime, unique, définitif, tout à la gloire de Dieu et répondant aux exigences de sa sainteté et de sa justice, comme au besoin de salut de l’homme. Les sacrifices d’autrefois n’ont plus aucune raison d’être offerts, car ils ont été réalisés une fois pour toutes dans le sacrifice de Christ qui met fin à toute la période de la Loi. Autrefois, les sacrifices représentaient pour Dieu ce que serait le sacrifice à venir de Jésus ; aujourd’hui, il reste le souvenir de ce qu’a été le sacrifice. – En type, les cendres sont à la fois le mémorial et le témoignage d’un sacrifice entièrement accompli, et le sang rappelle devant Dieu et le croyant la valeur infinie du sacrifice de la vie du Seigneur Jésus (voir Lév. 16 : 14, le sang sur et devant le propitiatoire).
            Remarquons que, du temps de la Loi, les sacrificateurs restaient toujours debout (Héb. 10 : 11), toujours en activité, car il y avait sans cesse des sacrifices à offrir – ne serait-ce qu’à cause des péchés du peuple –, « les mêmes sacrifices que l’on offre continuellement » (Héb. 10 : 1). Mais l’épître aux Hébreux nous dit au sujet du Seigneur Jésus : « Celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à la droite de Dieu » (Héb. 10 : 12). Ce contraste met en évidence la perfection et la valeur du sacrifice offert par le Christ Jésus dans le don de Lui-même.

                                    2.1.2. Les évangiles et les différents aspects du sacrifice de Christ
                                          2.1.2.1. Les évangiles nous racontent la vie et la mort du Seigneur
            
C’est le Nouveau Testament, avec la venue du Fils de Dieu sur la terre (Jean 1 : 14 ; 1 Tim. 3 : 16a), qui nous fait connaître l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus. Ce qui est annoncé à son sujet dans l’Ancien Testament est réalisé dans le Nouveau. La venue de Christ mais aussi son sacrifice étaient annoncés prophétiquement (És. 7 : 14 ; 9 : 6a ; 11 : 1, 2 ; Mich. 5 : 2 ; le Ps. 40 : 6, 7 – cité en Héb. 10 – nous parle du sacrifice de Christ comme antitype de tous les sacrifices de la période de la Loi).
            Dans les sacrifices de l’ancienne alliance, l’holocauste était presque toujours accompagné d’une offrande de gâteau (voir Ex. 29 : la sanctification des sacrificateurs, l’holocauste continuel du matin et du soir ; Lév. 14 : la purification du lépreux, etc.). L’offrande de gâteau représente la vie de Christ sur la terre, sa vie d’obéissance et de dévouement à Celui qui l’avait envoyé, les souffrances diverses qu’Il a connues dans cette vie. L’holocauste, sacrifice sanglant, représente la mort de Christ à la croix, par laquelle tout a été accompli pour l’entière satisfaction de Dieu et le salut du pécheur. Il est dit de l’offrande de gâteau et de l’holocauste : « C’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel », « une chose très sainte » (Lév. 2 : 3, 10 ; 1 : 9, 13, 17).
            Ces deux offrandes représentent ensemble cette œuvre que le Père avait donnée à faire à son Fils et que les évangélistes nous révèlent. Jésus Christ a pu dire à son Père, au sujet de cette œuvre « glorieuse et magnifique » (Ps. 111 : 3) : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17 : 4).

                                          2.1.2.2. Le sacrifice de Christ dans les évangiles
            
Les évangiles nous présentent tous les quatre la vie et la mort du Seigneur Jésus, Dieu venu en chair parmi les hommes (Jean 1 : 14 ; Luc 1 : 32, 35). Ils nous exposent le sacrifice accompli par le Seigneur Jésus, présenté sous ses quatre grands aspects, rendant ainsi un témoignage complet et universel à la perfection de son œuvre.
            On peut distinguer plusieurs aspects des sacrifices dans chaque évangile, mais on peut essayer de donner à chacun un caractère dominant.
                  - Matthieu nous présente peut-être davantage le sacrifice pour le péché - mais on peut aussi y voir le sacrifice pour le délit. C’est dans cet évangile que l’ange dit à Joseph au sujet de Jésus : « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (1 : 21). Et Matthieu nous rapporte cette parole de Jésus à ses disciples lorsqu’Il leur donne la coupe de la cène : « Ceci est mon sang… qui est versé pour un grand nombre, en rémission de péchés » (26 : 28).
            Cet évangile est celui qui nous décrit le plus longuement les souffrances de Christ depuis son arrestation à Gethsémané jusqu’à sa mort sur la croix, les souffrances endurées non seulement de la part des hommes, mais aussi de la part de Dieu, un Dieu saint en présence du péché. C’est Matthieu (et aussi Marc) qui nous rapporte la 4e parole du Seigneur Jésus sur la croix, celle qui introduit le Psaume 22, ce psaume qui nous présente Christ comme le sacrifice pour le péché. La réponse à son cri douloureux qui ouvre ce psaume, Il la donne Lui-même : « Toi, tu es saint ». Il est « fait péché » dans la sainte présence de Dieu.

                    Oh ! Comme il a souffert sur la croix du Calvaire,
                    
Jugé, frappé pour nous, de Dieu abandonné.
                    
Par sa mort sur le bois, il paya le salaire
                    
De nos péchés.
                                
(Hymnes & cantiques 260 str. 2)

                  - Marc nous montre essentiellement le sacrifice de prospérités. Nous voyons « Jésus Christ », le « Fils de Dieu » (1 : 1), comme le Serviteur qui a honoré et glorifié Dieu dans son service et en qui Dieu a trouvé son plaisir : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (És. 42 : 1). Selon l’ordonnance typique d’Exode 21, le serviteur de l’Éternel a dit, après avoir accompli son temps de service sur la terre : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants ; je ne veux pas sortir libre. » (Ex. 21 : 5, 6). Il n’a pas voulu « sortir libre », remonter seul au ciel, afin que Dieu puisse avoir « de nombreux fils dans la gloire » (Héb. 2 : 10 ; voir Jean 12 : 24), que le Seigneur Jésus ait une Épouse à se présenter à Lui-même (Éph. 5 : 25-27) et que les rachetés deviennent des enfants de Dieu (Jean 1 : 12 ; 20 : 18). En conséquence, le serviteur a eu l’oreille percée par son maître au poteau, ce qui évoque le jugement de Dieu sur Christ à la croix.
            Dans le sacrifice de prospérités, tous recevaient une part : Dieu, tout d’abord (ce qui était brûlé sur l’autel), mais aussi les siens, c’est-à-dire la famille sacerdotale et celui qui offrait le sacrifice (Lév. 7). Le Seigneur Jésus dira à ses disciples dans l’évangile selon Marc, qu’Il était venu « pour servir et pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Marc 10 : 45), qui seront ainsi au bénéfice du sacrifice que le Serviteur de l’Éternel allait accomplir dans son amour pour son Dieu, pour l’Assemblée et pour les rachetés.

                    Avec joie, nous chantons l’amour et la puissance
                    
De cet Agneau divin qui nous a rachetés ;
                    
Par la foi nous goûtons la pleine délivrance,
                    
La liberté.
                                
(Hymnes & cantiques 260 str. 4)

                  - Luc place devant nous l’offrande de gâteau. Cet évangile met en évidence la vie de parfaite humanité de Jésus Christ, Dieu fait homme. Il est « l’homme de douleurs, sachant ce que c’est que la souffrance » (És. 53 : 3), Celui qui a été « tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » (Héb. 4 : 15). Il a souffert de différentes façons de la part des hommes, tout au long de sa vie sur la terre. Il a connu « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12 : 3), Il a été incompris, injurié, rejeté, méprisé, haï. C’est l’offrande de gâteau subissant l’action du feu « sur la plaque », « dans la poêle », « dans le four » (Lév. 2). Nous voyons particulièrement ce dernier type d’offrande dans le jardin de Gethsémané où Il est seul dans une souffrance insondable, dans la perspective de boire la coupe de la colère de Dieu contre le péché.
            Remarquons qu’un dernier sacrifice « selon la loi du Seigneur » est offert dans cet évangile, en rapport avec la parfaite humanité de Jésus : c’est celui qui devait être offert pour la purification de celle qui venait d’avoir un enfant (Lév. 12 : 7- 8). Joseph et Marie, conformément à ce que l’Éternel avait dit à Moïse, viennent offrir le sacrifice des pauvres (Luc 2 : 22-24). Cela nous rappelle que « Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi » (Gal. 4 : 4).

                    Sur les sentiers de cette terre,
                    
Sa joie était de te servir.
                    
Et de la crèche au mont Calvaire,
                    
En Lui tu trouvas ton plaisir.
                                
(Hymnes & cantiques. 245 str. 2)

                  - Jean met en évidence l’holocauste. Soulignons le témoignage de Jean le Baptiseur dans cet évangile : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (1 : 29). Remarquons que c’est « l’Agneau » – avec un A majuscule la plupart du temps – chaque fois qu’il est question de Christ ; pour Dieu, il n’y a toujours qu’un Agneau du sacrifice (voir Ex. 12 : 5… ; Apoc. 5 : 8…), et c’est son Fils bien-aimé. Jean voit en Jésus l’antitype de l’agneau pour l’holocauste continuel du matin et du soir (Ex. 29 : 38-42). Par son obéissance à la volonté de Dieu, par le sacrifice de sa vie, son sang précieux versé, l’Agneau de Dieu va ôter du monde, le péché qui y était entré par la désobéissance du premier homme (voir Rom. 5 : 12-19) - Il en a posé la base, mais cela ne sera réalisé pleinement qu’après le Millénium. C’est dans cet évangile, que nous entendons le Seigneur Jésus dire : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie… Personne ne me l’ôte, mais je la laisse de moi-même » (Jean. 10 : 17) ; c’est bien le sacrifice volontaire du Seigneur par amour et dévouement au Père, dans toute l’excellence de sa Personne, que seul Dieu peut apprécier.

                    Fils de l’homme élevé sur le bois du Calvaire,
                    
Sacrifice agréable éprouvé par le feu,
                    
Ton Bien-aimé s’offrit, Victime volontaire,
                    
Holocauste parfait et tout entier pour Dieu.
                                
(Hymnes & cantiques 224 str. 3)

 

Ph. F