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La célébration de la Pâque sous Ezéchias, Josias et avec Esdras

Quelques enseignements de ces récits pour nous aujourd’hui


La Pâque sous Ezéchias (2 Chr. 30 : 15-22)
La Pâque sous Josias (2 Chr. 35 : 1-19)
La Pâque avec Esdras (Esd. 6 : 19-22)
 

            En considérant les récits bibliques montrant les fils d’Israël pouvant, après une longue période d’interruption, célébrer à nouveau la Pâque (sous le règne d’Ézéchias , puis sous celui de Josias, et enfin avec Esdras), nous pouvons en retirer d’utiles instructions pour le temps présent.


La Pâque sous Ezéchias (2 Chr. 30 : 15-22)

            Dès le premier mois de son règne, Ézéchias fait ouvrir les portes de la maison de l’Éternel, et les fait réparer (2 Chr. 29 : 3). Il demande aux sacrificateurs et aux lévites de se sanctifier (v. 5). Les sacrificateurs entrent dans la maison de l’Eternel pour la purifier et jettent « dehors, au parvis, toutes les impuretés qu’ils trouvent dans le temple ; puis les lévites les prennent pour les jeter dans le torrent du Cédron (v. 16). N’est-ce pas ce travail de purification qui est placé devant nous aujourd’hui ?
            Les sacrificateurs et les lévites commencent la sanctification le premier jour du premier mois et ils l’achèvent le seizième jour du premier mois (v. 17). Ensuite le sacrifice pour le péché et l’holocauste sont offerts « pour tout Israël » (v. 20-24). Malgré tout cet engagement, « il y avait trop peu de sacrificateurs » (v. 34).
            Il est beau de voir le désir d’Ézéchias de célébrer la Pâque selon la pensée de Dieu. Il envoie des messagers dans tout le pays, afin qu’il y ait « un même cœur pour exécuter le commandement du roi et des chefs, selon la parole de l’Éternel » (30 : 12). Le message du roi contient des injonctions précieuses : « Fils d’Israël, retournez à l’Eterneldonnez la main à l’Eternel, et venez à son sanctuaire qu’il a sanctifié pour toujours, et servez l’Eternel, votre Dieu… » (30 : 6-8). Après l’expression de la repentance et de la foi, le peuple est appelé à venir dans « le sanctuaire », dans la maison de Dieu, là où tous ses caractères sont maintenus. C’est là que tout Israël peut se retrouver, que la Pâque peut être célébrée. Il n’y avait qu’une maison de l’Éternel, et elle était à Jérusalem. Il n’y a qu’un lieu de rassemblement. Puissions-nous être gardés de toute manifestation d’indépendance.
            Ce n’est qu’alors que « l’on égorgea la Pâque le quatorzième jour du second mois » (v. 15). Le travail de sanctification avait commencé trop tard, avait duré longtemps (29 : 17), pour pouvoir célébrer la Pâque au premier mois. La grâce de Dieu avait prévu cette possibilité de le faire au second mois (voir Nom. 9 : 11).
            Une triste mention est faite ensuite dans ce récit : une grande partie de la congrégation ne s’était pas purifiée (30 : 17-18). Combien cela nous montre la difficulté que nous avons trop souvent de nous juger. Le roi Ézéchias - type de Christ, le « grand souverain Sacrificateur » intercède auprès de Dieu afin qu’Il « pardonne à tous ceux qui ont appliqué leur cœur à rechercher Dieu, l’Eternel » (v. 19). L’Éternel écoute Ezéchias et guérit le peuple » (v. 20). La Pâque est célébrée à Jérusalem, suivie de « la fête des pains sans levain pendant sept jours, avec une grande joie » (v . 21).
            Retenons de cette Pâque à la fois qu’elle est célébrée dans le sanctuaire, dans la maison de l’Éternel et que la miséricorde de Dieu se manifeste envers les siens, et même, pourrions-nous dire, dans un temps de ruine.


La Pâque sous Josias (2 Chr. 35 : 1-19)

            Josias célèbre à Jérusalem la Pâque à l’Éternel (2 Chr. 35 : 1). Une centaine d’années sépare ce règne de celui d’Ezéchias. Pourtant ce roi doit commencer par un grand travail de purification. Mais, là encore, la grâce de Dieu brille. Au cours des travaux de réparation de la maison de l’Éternel, le livre de la loi est retrouvé (34 : 15). Il n’était pas cherché, mais il a été trouvé et a été lu. Il y a eu obéissance à ce qui a été entendu. Une profonde humiliation a caractérisé le roi lui-même (v. 19).
            Au sujet de cette Pâque célébrée sous le règne du roi Josias, nous pouvons retenir au moins deux choses :
                    - L’ordre est donné aux lévites : « Mettez l’arche sainte dans la maison » (v. 3). N’oublions jamais qu’il n’y a qu’un centre de rassemblement autour duquel nous nous rassemblons, le Seigneur lui-même dont l’arche ici est un type. C’est Lui qui est le centre, le Chef de l’assemblée. Il est là où deux ou trois sont réunis à son nom (Matt. 18 : 20), là où ses droits sont retenus ;
                    - L’accent est mis sur le fait d’agir « conformément à la parole de l’Éternel par Moïse » (v 4, 12). La Pâque n’est pas célébrée en se souvenant comment, à quelques occasions précédentes, elle avait pu être gardée. Veillons à ce que le principe du rassemblement soit maintenu et vécu, non pas selon ce dont nous avons pu entendre parler au cours de l’histoire de l’église, mais en vivant l’enseignement de la Parole dans sa totalité. Ne nous satisfaisons pas d’une obéissance partielle, laissant une place quelconque à l’homme. Seul le Saint Esprit doit nous conduire.


La Pâque avec Esdras (Esd. 6 : 19-22)

            Au temps d’Esdras, la Pâque est célébrée le quatorzième jour du premier mois (Esd. 6 : 19). La Parole de Dieu ne relève pas de fausse note dans cette célébration faite par les « fils de la transportation » - il semble que ce soit la seule mention de cette expression. Ne serait-ce pas pour nous parler d’un temps de misère ? Nous n’avons pas été déportés, mais nous sommes une pauvre expression de l’assemblée. Pourtant, ce qui brille dans ce chapitre, c’est l’ordre donné pour la construction et l’utilisation de la maison. Elle doit être « un lieu où l’on offre des sacrifices », ses fondements doivent être « solides », sa hauteur de « soixante coudées », sa largeur de « soixante coudées avec trois rangées de grandes pierres et une rangée de bois neuf » ; il faut « que les dépenses soient payées par la maison du roi » et aussi que les ustensiles d’or et d’argent de la maison de Dieu… soient rendus » (v. 3-5). Tout est beau dans cette maison. Elle a un fondement solide : un roc (Matt. 16 : 18) qui est aussi une pierre précieuse éprouvée (Es. 28 : 16 ; Ps. 118 : 22). N’oublions jamais le prix que cette « pierre » a pour le cœur de Dieu.
            Quelle dimension avait cette maison : deux fois en hauteur et trois fois en largeur les dimensions du temple de Salomon (1 Rois. 6 : 3) ! Les trois rangées de grandes pierres et une rangée de bois neuf évoquent les pierres vivantes que sont les croyants « édifiés en une maison spirituelle - un saint sacerdoce - pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pi. 2 : 5). La rangée de bois neuf nous parle sûrement de ce que nous sommes par le travail de Dieu, en particulier sur la base de la résurrection.
            Le bois apporté était du bois de cèdre (Esd. 3 : 7). Dans la construction du temple de Salomon, quatre sortes de bois ont été utilisés : le bois de sittim, le bois de cèdre, le bois de cyprès et le bois d’olivier. La signification de ces quatre types de bois peut se trouver en 1 Cor. 15 : 42-46.
                    - le bois de sittim est l’image du corps du croyant qui est semé en corruption et qui ressuscite en incorruptibilité ;
                    - le bois de cèdre est le type de nos corps semé en déshonneur qui ressuscitent en gloire ;
                    - le bois de cyprès figure notre transformation de « semé en faiblesse » et « ressuscité en puissance » ;
                    - Le bois d’olivier présente notre passage de corps animal en corps spirituel.

            Dans la maison de Dieu, nous sommes vus non pas en déshonneur, ce qui caractérise notre nature humaine, mais en gloire, ce qui est produit par l’œuvre de Christ et qui est digne de Lui.
            N’oublions pas que dans la maison de Dieu « toutes les dépenses sont payées par la maison du roi ». C’est Christ seul qui bâtit. Et, comme David, ne pouvons-nous pas dire : « Tout vient de toi, et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chr. 29 : 14) ?
            « Et cette maison fut achevée le troisième jour du mois d’Adar » (6 : 15). Quand le Seigneur viendra prendre son assemblée, elle sera achevée. « Il se présentera l'assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable » (Eph. 5 : 27). Il en sera alors « la pierre du faîte » (Zach. 4 : 7). Alors sa Personne glorieuse – Lui, l’alpha et l’oméga, sur lequel tous les regards convergeront - entendra cette acclamation « Grâce, grâce sur elle ». Quelle joie pour son cœur. « Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait » (Es. 53 : 11).
            Mais une pensée supplémentaire se lie à l’achèvement de la maison. Dans un sens, la maison est achevée. Tout ce qui en constitue sa valeur, sa nature, son fonctionnement, nous a été révélé dans la Parole. Il n’y a rien à y ajouter. Souvenons-nous, chacun individuellement et tous ensemble, de l’exhortation adressée par l’apôtre Paul à Timothée : « Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous » (2 Tim.1 : 14).

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            Si nous sommes amenés à pouvoir nous réunir à nouveau en assemblée autour du Seigneur, en particulier pour nous souvenir de Lui et annoncer sa mort en attendant son retour, que nous puissions avoir le même zèle, la même intelligence spirituelle que ce qui a caractérisé la préparation et la célébration de ces trois Pâques. Il y a eu alors une grande joie dans tous les cœurs. Pensons à la joie qui sera celle de Dieu, à la joie du Seigneur Jésus lui-même, si nous pouvons encore, en assemblée, chanter ces paroles d’un cantique :

                        Gloire éternelle à Dieu ! Gloire à toi, Fils du Père,
                        
Gloire à toi, Fils de l’homme, à toi, l’Agneau de Dieu !
                        
Seigneur, fais dans les tiens briller sur cette terre
                        
Quelques reflets du très saint lieu.
 

M-H. M