Les exhortations de la sagesse dans le livre des Proverbes (6)

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LES EXHORTATIONS DE LA SAGESSE DANS LE LIVRE DES PROVERBES (6)
 

PROVERBES : Chapitre 9
          1 – L'invitation de la sagesse : v. 1-6
          2 - Le sage et le moqueur : v. 7-12
          3 – L'invitation de la folie : v. 13-18
 
 
PROVERBES : Chapitre 9
 
            Ce chapitre termine la première partie du livre des Proverbes ; il reprend les sujets des chapitres 7 et 8, en montrant par cette allégorie des deux festins opposés (v. 1-6 et 13-18), le contraste entre la sagesse et la folie.
 
 
 
               1 – L'invitation de la sagesse : v. 1-6
 
                        La Parole, qui était « au commencement auprès de Dieu », est venue apporter aux hommes la révélation du Père. Ainsi, la sagesse a « bâti sa maison » (v. 1) au milieu des hommes : « la Parole devint chair et habita (dressa tabernacle) au milieu de nous » (Jean 14 : 1, 14, 18).
           
 
                        1.1 : Les sept colonnes de la maison
 
            Les sept colonnes de la maison suggèrent les sept qualités de la sagesse d'en haut : « pure, paisible, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie » (Jac. 3 : 17). Elles peuvent aussi évoquer les sept noms donnés à l'Esprit de la sagesse reposant sur le Messie (Es. 11 : 2).
 
            Ces sept « colonnes » nous caractérisent-elles, nous les croyants qui sommes « édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l'Esprit » (Eph. 2 : 22) ? Cet Esprit de sagesse a-t-il toute sa liberté d'action dans la maison de Dieu ?
 
 
                        1.2 : L'invitation
 
            C'est la troisième fois que la sagesse est présentée comme criant (1 : 20 ; 8 : 10 ; v. 3). Elle a envoyé ses servantes ; aujourd'hui le Seigneur envoie les siens pour « prêcher l'évangile » (Marc 16 : 15). Il s'agit, pour les serviteurs de transmettre son invitation en pureté, et non leur propre message. La sagesse s'adresse à tous, même aux petits enfants (Matt. 11 : 25).
 
            Il y a une condition posée à tous ceux qui viennent au festin de la sagesse ; il leur faut laisser la sottise, et les sots ; il faut se séparer du monde et de son esprit.
            Cette maison où ils se rassemblent nous rappelle que l'assemblée est bâtie par le Seigneur, de pierres qu'il a lui-même prises dans ce monde, que c'est lui qui a tout fait, et fait encore tout, qu'il n'y a donc pas place pour aucun clergé ; c'est lui qui envoie au dehors les évangélistes.
 
 
                        1.3 : Le festin de la sagesse
 
            La pensée d'un repas, ou d'un festin préparé par Dieu pour ceux qui viennent à lui, se trouve aussi dans de nombreuses paraboles : Matt. 22 : 1-14 ; Luc 14 : 15-24 ; 15 : 11-32…
 
            Rien ne manque à la table de la sagesse :
                        - elle a apprêté sa viande (la nourriture solide est prête)
                        - elle a mixtionné son vin (il y a de la joie -Ps. 104 : 15)
                        - elle a préparé le pain (la Parole de Dieu peut « rendre sage » -2 Tim. 3 : 15).
 
            « Venez, mangez de mon pain, et buvez du vin que j'ai mixtionné. Laissez la sottise, et vivez, et marchez dans la voie de l'intelligence » (v. 5-6) : six impératifs soulignent que le croyant est appelé à répondre lui-même à cet appel ; il ne doit pas attendre passivement que Dieu fasse tout dans sa vie. « Vivez », « marchez », implique un effort. Remarquons qu'une fois encore, la fin du chemin de la sagesse, c'est la vie.
 
 
 
 
            2 - Le sage et le moqueur : v. 7-12
 
 
                              2.1 : Accepter ou rejeter la répréhension de la sagesse
 
               Deux façons de recevoir la répréhension sont présentées dans ces versets :
                                   - le moqueur repris va haïr celui qui le corrige
                                   - le sage aimera la répréhension et la considérera comme une faveur (Ps. 141 : 5)
                       
            Pour le sage, le vrai croyant, il y aura croissance s'il se laisse instruire (v. 9). « Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l'abondance ; mais à quiconque n'a pas, cela même qu'il a sera ôté » (Matt. 13 : 12).
 
            L'enseignement de la sagesse est fermé à celui qui ne s'y soumet pas. Le moqueur, l'incrédule, se ferme à l'évangile. Mais un croyant qui a reçu la vie de Dieu, peut-être déjà dans son enfance, s'endurcit progressivement s'il ne persévère pas à écouter la Parole de Dieu. C'est très sérieux !
 
            A de nombreuses reprises, le livre des Proverbes montre la nécessité de recevoir la répréhension.
            Celui qui ne l'écoute pas, la méprise et la hait, est « stupide » (12 : 1) ; il est identifié au « moqueur » (13 : 1) et s'expose à être « brisé subitement et inexorablement (29 : 1).
            Celui qui l'écoute et l'accepte montre par là de la sagesse (v. 8) ; « la répréhension fait plus d'impression sur l'homme intelligent que cent coups sur le sot » (17 : 10). « La verge et la répréhension donnent la sagesse » (29 : 15). « Celui qui a égard à la répréhension devient avisé » (15 : 3), il « acquiert du sens » (15 : 32).
 
            Si nous devons recevoir humblement la répréhension, il est important aussi de savoir « reprendre sagement » (25 : 12) ; c'est ce que la loi de Moïse recommandait déjà : « Tu ne manqueras pas de reprendre ton prochain, et tu ne porteras pas de péché à cause de lui » (Lév. 19 : 17).
            Si nous aimons nos frères et soeurs et avons à coeur leur bien spirituel, nous serons inquiets si nous les voyons s'engager sur un mauvais chemin. L'apôtre Paul écrit : « Frères, même si un homme s'est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, relevez un tel homme dans un esprit de douceur, - prenant garde à toi-même de peur que toi aussi tu ne sois tenté » (Gal. 6 : 1). Jacques donne également cet enseignement (Jac. 5 : 19-20). Il peut arriver, hélas, que l'orgueil rende ce service impossible (v. 7-8 ; 15 : 12).
 
            De plus en plus, dans ce monde, les hommes revendiquent la liberté (liberté de pensée, de parole, de croyance...). Ne sommes-nous pas en danger, chrétiens, de nous laisser influencer par cet esprit, et de nous éloigner de Dieu, sous prétexte de liberté ?
            Ne soyons pas indifférents quant à notre propre état spirituel : laissons-nous reprendre, si cela est nécessaire.
            Sachons également apporter une aide à nos frères et soeurs en mettant le doigt sur ce qui doit être redressé ; un tel service implique d'abord que tout soit en ordre, devant le Seigneur, dans notre vie et dans notre propre coeur. Gardons-nous aussi de tout esprit de jugement, cette tendance de nos coeurs à voir le mal chez les autres et à fermer les yeux sur celui qui se trouve en nous. En Matt. 7 : 1-5, Jésus montre que notre discernement spirituel est obscurci à cause de ce que nous avons négligé de juger en nous-mêmes.
 
 
                        2.2 : La crainte de l'Eternel
           
            « La crainte de l'Éternel est le commencement (ou le principe) de la sagesse, et la connaissance du Saint est l'intelligence » (v. 10) : sans cette véritable crainte, il n'y a pas de vraie sagesse. La sagesse naturelle de l'homme est rendue inefficace par son absence de crainte de Dieu. La connaissance de Dieu dans son caractère de sainteté est de toute importance pour nous donner le sens de ce qui convient à Dieu, de ce qui lui plaît. Notre entendement naturel est corrompu ; il doit être renouvelé pour pouvoir comprendre les choses selon Dieu (Col. 1 : 21 ; Col. 3 : 10 ; Rom. 12 : 2).
 
            Par le moyen de l'intelligence spirituelle, nous comprenons « quelle est la volonté du Seigneur » ; nous discernons ce qui doit être évité, ce qui doit être dit ou fait, ce qui « convient à des saints » (Eph. 5 : 3, 17). Nous connaissons non seulement les « choses saintes », mais le « Saint ». N'est-Il pas Celui qui a été annoncé par l'ange à la vierge Marie (Luc 1 : 35), Celui qui n'a pas connu le péché (2 Cor. 5 : 21), et qui n'a pas commis de péché (1 Pier. 2 : 22) ? Nous pouvons le considérer maintenant comme le souverain sacrificateur qui « nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux » (Héb. 7 : 26). En parlant des siens, Il dit à son Père : « Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (Jean 17 : 19).
            La connaissance du Saint nous maintient séparés du mal qui nous environne. Pour être gardés du mal, il ne suffit pas pourtant de connaître le Saint : il faut appliquer nos voies à la connaissance acquise, afin que la sagesse nous conduise. « Voici, la crainte du Seigneur, c'est là la sagesse, et se retirer du mal est l'intelligence » (Job 28 : 28). La crainte du Seigneur est liée à la connaissance de sa volonté. Dans les premiers jours de l'Eglise, « toute âme avait de la crainte » (Act. 2 : 43) ; « les assemblées... étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Act. 9 : 31).
 
             Il est très intéressant et utile de noter les différents passages des Proverbes qui parlent de la crainte de l'Éternel, de voir les différents cas auxquels elle est appliquée, et de constater qu'ils constituent un sujet complet.
 
            La crainte de l'Eternel  est une « fontaine de vie » (14 : 27).
                 Elle « mène à la vie » (19 : 23).
 
                 Elle est  la « discipline de la sagesse » (15 : 33).
                 Elle est préférable à « un grand trésor avec du trouble » (15 : 16).
                 Par elle, on « se détourne du mal » (16 : 6). En elle, il y a la sécurité (14 : 26) et l'homme qui « craint continuellement » est bienheureux (28 : 14).
           
                 Elle « ajoute des jours » (10 : 27).
            « La fin de la débonnaireté, de la crainte de l'Eternel, c'est la richesse, et la gloire, et la vie » (22 : 4).
 
            Sachons réaliser la crainte de Dieu et garder ses commandements, car « c'est là le tout de l'homme » (Ecc. 12 : 13). Servons-Le, en « retenant la grâce », « avec révérence et avec crainte » (Héb. 12 : 28).
            Soyons « tout le jour dans la crainte de l'Eternel » (23 : 17).
 
 
                        2.3 : La bénédiction de la Sagesse
 
            Écouter la sagesse ajoute « des années de vie » (v. 11). Une longue vie terrestre était une bénédiction dans les temps de l'Ancien Testament. Jacob, en Gen. 47 : 9, distingue les années de son séjournement (son âge), des années de sa vie (ce temps où il a réellement vécu avec l'Éternel). Pour nous, la bénédiction résulte d'une croissance réelle dans la vie spirituelle.
 
 
 
            3 – L'invitation de la folie : v. 13-18
 
                              Le sujet de ce dernier paragraphe est le festin proposé par la folie ; celle-ci est présentée comme une personne. Elle est bruyante. L'une des caractéristiques de la vie actuelle, c'est le bruit, qui empêche d'écouter vraiment (en silence, mon âme écoute). En particulier, on est empêché d'entendre la voix de la sagesse.
                        La folie est assise sur un trône : elle domine sur tous ceux qui l'écoutent ; elle les soumettra à son esclavage. Elle est assise à l'entrée de sa maison : elle ne montre pas ce qu'elle offre. En fait il n'y a rien, dans sa maison, sinon le mensonge, le mystère, les ténèbres et la mort, contrairement à la maison de la sagesse, avec son festin et la vie en abondance qu'elle propose.
                        L'intérêt pour ce qui est défendu par Dieu lui-même (les « eaux dérobées » -v. 17) est dans la nature même de toute la descendance d'Adam.
 
                        L'offre de la femme folle et l'invitation divine de l'évangile se font entendre dans les mêmes lieux, en apparence sous la même forme (v. 4, 16). Les deux influences rivalisent pour attirer l'homme. Quelle immense différence pourtant entre la sagesse qui avertit (v. 6) et la folie qui attise les convoitises (v. 17) ! L'une agit dans la pleine lumière, tandis que l'autre cherche à s'introduire en se servant de l'obscurité.
 
 
 
 
 
 
            En parcourant les 9 premiers chapitres du livre des Proverbes, nous avons pu trouver plusieurs aspects de Christ, notre sagesse (1 Cor. 1 : 30). Lui-même nous engage à « sonder les Ecritures » qui « rendent témoignage de lui » (Jean 5 : 39).
 
            Le Nouveau Testament se lie étroitement à ce livre qui fait résonner l'appel de la Sagesse aux oreilles de tous les hommes : n'est-ce pas celui de l'évangile, la bonne nouvelle de la grâce que Dieu fait proclamer encore aujourd'hui ? Il « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2 : 4).
            De nombreux préceptes donnés aux « fils » (ceux qui reconnaissent l'autorité instituée par Dieu) correspondent aux exhortations des évangiles ou des épîtres, adressées à ceux qui sont enfants de Dieu.
            Des béatitudes sont promises au fidèle qui écoute la sagesse et suit ses directives ; celles-ci sont autant de jalons placés sur le chemin du chrétien aujourd'hui. Ainsi le bonheur est trouvé par celui qui « obtient l'intelligence » et la « tient ferme » (3 : 13-18) : « Bienheureux ceux qui gardent mes voies ! Bienheureux l'homme qui m'écoute » (8 : 32-33).           
            En écoutant la voix du bon Berger et en Le suivant, le racheté avance, heureux, sur le sentier des justes qui va croissant en attendant que le « plein jour » soit établi dans la maison du Père (4 : 18).