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Avant la croix
Quelques scènes de l’évangile de Marc


Lecture proposée : Marc 14 : 1-42


Jésus à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux (v. 3-9)
La préparation de la pâque (v. 12-16)
Judas est démasqué (v. 17-21)
L’institution de la Cène (v. 22-26)
Avertissement donné aux disciples (v. 27-31)
Au jardin de Gethsémané (v. 32-42)
 

            Quel encouragement pour nous, amis chrétiens, de penser que nous allons bientôt chanter éternellement le cantique nouveau à la gloire de l’Agneau, Lui-même entonnant la louange ! Nous célébrerons dans la perfection Celui qui est éternellement digne de toute louange. Sur la terre, nous pouvons déjà apprendre les premières notes de ce cantique que nous connaîtrons pleinement quand nous serons arrivés au ciel ; toutes nos pensées seront alors concentrées sur la personne du Seigneur Jésus. Aujourd’hui, il arrive souvent que nos pensées s’égarent ; nous sommes distraits, ou pris par les difficultés, les soucis, les charges de la terre. Mais le temps du repos est devant nous, lorsque le Seigneur lui-même se reposera dans son amour (Soph. 3 : 17). La lecture de ces passages du chapitre 14 de l’évangile de Marc nous conduit à nous prosterner devant la grandeur de l’amour de notre Seigneur.
            Marc place devant nous quelques-uns des derniers pas que le Seigneur a fournis ici-bas, et il y a là un enseignement pour nous qui devons avoir pleinement conscience que le temps du retour du Seigneur est proche. En lisant la Parole, en particulier le livre de l’Apocalypse, nous sommes frappés de voir combien ce qui nous est révélé dans ce livre concernant les événements qui auront lieu sur la terre après l’enlèvement de l’Eglise apparaît déjà aujourd’hui. Et cela ne peut aller qu’en s’aggravant, qu’en augmentant en intensité. Tout nous montre que le moment est proche où Dieu va envoyer son Fils chercher son Assemblée.
            Au terme de son chemin, le Seigneur savait exactement ce qu’Il aurait à accomplir, tout était devant Lui. Il y a ici la scène de Gethsémané et dans le chapitre suivant c’est la croix. Le Seigneur Jésus sait parfaitement tout ce qu’Il va rencontrer avec toutes les douleurs, les tristesses, les souffrances qu’Il va éprouver. Et le Seigneur est là avec les siens. Que fait-il ? Pense-t-Il à Lui, se replie-t-Il sur lui-même, en disant : Ce qui va m’arriver va être terrible, il faut que je me mette à l’écart ? - Non, Il pense aux siens et s’occupe d’eux. Voilà l’amour du Seigneur brillant d’une manière particulière dans ces versets de l’évangile de Marc. Et aujourd’hui, alors que ce sont les derniers pas des croyants sur la terre, nous savons que le Seigneur, du haut du ciel, s’intéresse à nous, s’occupe de nous, et nous aime du même amour qu’Il a aimé les disciples à ce moment-là.
            Nous avons ici une succession de scènes montrant le Seigneur avec ses disciples, et d’autres où les principaux sacrificateurs, les chefs du peuple, Judas, se manifestent. Nous comprenons bien que l’attitude de ces derniers est tout à fait différente de celle des disciples. Alors que le Seigneur vient de parler de traverser quelque chose de particulièrement solennel, Gethsémané, nous lisons : « Aussitôt, comme il parlait encore, Judas, l’un des douze se trouve là... » (v. 43). Quelle douleur pour le cœur du Seigneur ! On ne Lui laisse même pas le temps de finir de parler à ses disciples, de leur présenter ce qui va arriver. Aussitôt Judas se présente pour livrer le Seigneur, manifestant ce qu’est réellement le cœur de l’homme.


Jésus à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux (v. 3-9)

            Cette première scène se passe à Béthanie. Dans cet évangile, elle nous est rapportée d’une manière très sobre ; le nom de la femme qui a brisé le vase d’albâtre plein d’un parfum de nard pur, de grand prix, sur la tête du Seigneur, ne nous est même pas donné. Ce qui nous est rapporté, c’est le geste que cette femme a fait, l’intelligence qu’elle a manifestée alors que le Seigneur termine son chemin sur la terre. C’est déjà un premier enseignement pour nous. Combien nous avons besoin de vivre dans l’intimité avec le Seigneur, dans la communion avec Lui, pour avoir des pensées justes à son égard, pour avoir cette intelligence spirituelle pour nous conduire envers Lui comme il convient !
            Ce qui est magnifique, c’est que cette femme avait un vase rempli d’un parfum et qu’elle l’a sacrifié pour le Seigneur. Pouvons-nous nous représenter ce que c’était pour elle de remplir ce vase ? Combien de temps a-t-elle passé pour le faire, pour mettre de côté quelque chose qui avait de la valeur, qui pouvait être apprécié par le Seigneur ? Cela ne nous est pas dit, mais voilà un cœur qui a désiré recueillir quelque chose qui pouvait être agréable pour son Maître. Il y a là une profonde instruction pour nous : savons-nous, jour après jour, dans nos cœurs, apprendre et retenir quelque chose de la personne du Seigneur Jésus, quelque chose qui soit agréable à son cœur ?
            Cette femme a l’intelligence pour discerner le moment où elle doit offrir ce parfum au Seigneur. Et comment fait-elle pour le verser ? Elle le brise et elle répand tout. Elle ne garde rien pour elle, elle ne pense pas qu’elle aura une autre occasion pour l’utiliser, qu’il lui serait peut-être agréable d’avoir ce parfum, ou de le vendre et d’en retirer quelque bénéfice. Non, elle prend le vase, elle le brise, et donne tout au Seigneur. Alors, une fois le parfum répandu, il n’est plus question d’aller recueillir et ramasser ce qui a été versé. Tout ce qu’elle a, elle le donne au Seigneur. Combien nous pouvons désirer avoir une même conduite, apporter sans bruit au Seigneur tout ce qu’Il nous a donné et le Lui rendre, car tout Lui appartient !
            Dans la scène similaire de Jean 12, nous voyons que cette femme a discerné que le Seigneur allait effectivement passer par la mort ; or, cette époque-là, lorsque quelqu’un était mis dans le tombeau, enveloppé d’un linceul, on embaumait son corps. Mais comment Marie a-t-elle appris que le temps était venu d’oindre le corps de Jésus pour sa mise au tombeau ? Est-ce qu’elle le discernait pleinement ? La Parole ne nous le dit pas. Mais Marie a compris qu’il fallait renverser ce vase sur la tête du Seigneur à ce moment-là parce qu’Il allait ressusciter. Il était inutile de garder ce parfum puisque le Seigneur ne resterait pas dans la mort. Cette femme a ce geste d’une très grande beauté, d’une très grande valeur pour le cœur du Seigneur.
            Mais combien elle a été incomprise ! Souvent c’est ce qui peut arriver : être incompris. Quand elle entend les reproches qui lui sont faits, elle ne dit rien et c’est le Seigneur qui prend sa défense. Ses paroles peuvent aussi beaucoup nous toucher. Il ne donne pas de grandes explications, n’entre pas dans de grandes discussions, mais déclare : « Ce qui était en son pouvoir, elle l’a fait » (v. 8). Quelle parole du Seigneur ! N’est-ce pas un enseignement, une exhortation qu’Il veut nous donner. Il ne nous demande pas de faire de grandes choses, Il ne nous demande pas ce que nous ne pouvons pas faire, mais « ce qui est en notre pouvoir ». Marie a pris le temps de mettre de côté ce qui était agréable au cœur du Seigneur. Dans la mesure où nous laissons entrer dans nos cœurs ce qui Lui est agréable, il arrivera un moment où Il nous permettra de Lui apporter ce qui L’honorera.
            C’est un exemple très instructif et encourageant pour nous quand nous pensons à ce qu’a été pour le cœur du Seigneur qui allait à Gethsémané, qui allait à la croix, de voir l’un des siens manifester une telle intelligence dans sa conduite, alors qu’il y en avait bien d’autres qui ne cherchaient qu’à se saisir de lui par ruse, et à le faire mourir (v. 1).

                    Sur tes pieds saints, à ta louange,
                    
Répandre, ô Sauveur méprisé,
                    
Le parfum pur et sans mélange
                    
D’un vase d’albâtre brisé ;

                    Culte béni d’un cœur qui t’aime,
                    
Encens dont le ciel est rempli,
                    
Gardé pour le moment suprême
                    
De ton sacrifice accompli...


La préparation de la pâque (v. 12-16)

            Le Seigneur rassemble ses disciples et va manger la pâque avec eux. Nous avons ici un enseignement de la part du Seigneur pour discerner comment nous avons à nous rassembler autour de Lui pour célébrer la Cène, et pour goûter sa présence. En quelques versets, nous avons l’enseignement de ce que le Seigneur attend de nous pour que nous puissions l’honorer là où Il est.
            C’était « le premier jour des Pains sans levain, lorsqu’on sacrifiait la pâque ». C’est le point de départ du caractère du rassemblement : la pâque et le premier jour des Pains sans levain. La pâque est cette fête que le peuple d’Israël a commencé à célébrer à sa sortie du pays d’Egypte avec Moïse. Elle nous parle de la délivrance de ce peuple de l’esclavage de l’Egypte et de la puissance du Pharaon.
            Dans la signification de la Pâque, il y a deux côtés :
                  - Les Israélites qui étaient à l’intérieur d’une maison où l’on avait mis le sang de l’agneau sur les poteaux et le linteau de la porte étaient à l’abri du sang. La mort ne les frappait pas, image de la valeur du sang de Christ qui nous rachète du péché dans lequel nous étions, qui nous ouvre l’accès du ciel. Il nous met à l’abri du jugement divin qui aurait dû tomber sur nous, et qui tombera sur tous ceux qui refusent d’accepter le Seigneur Jésus pour leur Sauveur.
                  - D’autre part, Dieu avait dit : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12 : 13). Dieu voit le sang de la pâque ; Il voit le sang de l’Agneau versé à la croix et Il est satisfait.
            S’il y a d’un côté le croyant qui est lavé de ses péchés, qui est justifié, de l’autre côté la justice de Dieu est satisfaite. Après le sacrifice de Christ à la croix, Dieu peut déchirer le voile du haut jusqu’en bas (Matt. 27 : 51). Il est pleinement satisfait. Voilà la base sur laquelle nous pouvons nous approcher de Dieu, à la fois la pleine paix que donne à nos cœurs le fait que le sang de Christ a lavé nos péchés, et la pleine satisfaction de Dieu qui peut maintenant avoir des enfants, une famille, un peuple d’adorateurs.
            Cette pâque pour le peuple d’Israël a été suivie des sept jours de la fête des pains sans levain, c’est-à-dire une période complète pendant laquelle le péché, le levain (image du péché) était mis de côté. Cette semaine des pains sans levain présente la vie du croyant connaissant le Seigneur Jésus pour son Sauveur, marchant et vivant d’une manière qui L’honore, dans la séparation du mal sous toutes ses formes. C’est dans la mesure où effectivement nous possédons la vie divine, où nous jouissons, jour après jour, tout au long de notre vie de cette marche dans la séparation du mal, dans la communion avec Dieu, avec le Seigneur Jésus, que nous pouvons nous retrouver ensemble dans la communion fraternelle autour de la personne du Seigneur Jésus, dans le lieu du rassemblement et goûter la joie de sa présence. Alors nous pouvons apporter à Dieu ce qui Lui est dû (les actions de grâces et les prières de l’assemblée) et recevoir la nourriture qu’Il veut nous dispenser. C’est le point de départ et la base du chemin du croyant sur la terre, qui nous ouvre, peut-on dire, le chemin du rassemblement.
            Les disciples disent à Jésus : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la pâque ? ». Ils montrent leur désir de trouver l’endroit où le Seigneur va pouvoir manger la pâque. C’est là encore un enseignement que nous devons recevoir. Nous avons besoin de crier au Seigneur pour qu’Il produise dans nos cœurs le désir de venir au lieu du rassemblement pour L’honorer. Il y a dans ces versets, en parallèle, le côté du Seigneur (ce qui est selon sa pensée) et le côté de la responsabilité des disciples (celui de notre responsabilité).
            Ce ne sont pas les disciples qui décident en disant : Nous sommes assez grands et qualifiés, nous pouvons nous-mêmes trouver l’endroit, et tout préparer. Puis, quand tout sera prêt, nous dirons au Seigneur : tu peux venir, c’est là que nous allons manger la pâque. - Non, les disciples dans leur sagesse interrogent le Seigneur. Chaque fois que nous faisons ainsi, Il nous répond et donne la réponse à toutes nos interrogations. Il nous dit ce qui Lui convient parce que c’est Lui qui est le chef de l’assemblée, c’est Lui qui dirige tout. Il a toute la sagesse, c’est Lui qui a la pensée de Dieu, la seule qui a de la valeur. Nous, nous avons besoin de savoir interroger le Seigneur, de savoir écouter ce qu’Il nous dit et Lui obéir.
            Le Seigneur « envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le et, où qu’il entre, dites au maître de la maison : Le maître dit : Où est mon logis où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? ». Cette réponse que le Seigneur donne à ses disciples est absolument remarquable. Cette ville, Jérusalem, avait de nombreuses maisons ; les disciples auraient pu entrer dans la première maison à leur goût. Non, le Seigneur leur donne des indications précises afin qu’ils trouvent son logis, le lieu du rassemblement ; le lieu où le Seigneur Jésus se trouve, c’est le logis qui Lui appartient.
            Nous avons besoin de nous souvenir que quand nous venons dans le lieu du rassemblement, nous ne venons pas chez nous ; nous venons chez le Seigneur. Ici l’expression employée c’est le logis, parce que la pâque est une affaire de famille, et la famille se réunit dans un logis. C’est là que le Seigneur veut rassembler les siens. Nous sommes la famille de Dieu et quand nous venons dans le lieu du rassemblement, nous venons comme la famille de Dieu. C’est ce qui fait à la fois la valeur du rassemblement et la bénédiction qui en découle. Là, le Seigneur a promis sa présence : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18 : 20). Réunis au nom du Seigneur, cela veut dire qu’en l’absence physique du Seigneur, nous sommes réunis en son nom, c’est-à-dire que tous ses droits sont reconnus, manifestés et vécus. Rien de l’homme ne se met en avant, tout appartient au Seigneur. C’est Lui qui est le chef, qui a toute l’autorité et nous, nous sommes heureux d’être autour de Lui, de goûter sa présence par le secours du Saint Esprit et de jouir de toutes les bénédictions qu’Il veut déverser sur les siens ainsi rassemblés. C’est le seul principe du rassemblement.
            Dès que nous introduisons quelque chose d’humain, de naturel, nous nous égarons ; nous nous écartons progressivement et nous ne savons jamais jusqu’où nous sommes capables d’aller. Il y a la grâce du Seigneur qui nous instruit et qui prend soin de nous à tous égards. Le maître de cette maison avait une grande chambre garnie, qui était toute prête pour recevoir le Seigneur et les siens. Et il nous est dit : « Un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ». Cet homme est allé puiser de l’eau à la source, une eau rafraîchissante, une eau qui va être en bénédiction, image de ce que nous trouvons et qui nous encourage, quand nous sommes réunis autour du Seigneur, à recevoir par la Parole l’instruction dont nous avons besoin. Cet homme qui vient avec cette cruche d’eau, est une image du ministère que l’on rencontre dans la vie d’assemblée, du rafraîchissement qui est apporté, non pas par de belles paroles, ni par des démonstrations importantes de l’intelligence humaine, mais simplement par l’eau qui a été puisée en son temps et qui va être en bénédiction à tous ceux qui seront là pour s’en désaltérer. Nous avons ces deux côtés dans ces versets, à la fois le logis qui appartient au Maître, le Seigneur qui est chez lui et chez qui nous venons, et puis ce que le Seigneur nous donne de trouver, du rafraîchissement dont nos cœurs ont besoin.
            « Ses disciples s’en allèrent, entrèrent dans la ville et trouvèrent tout comme il leur avait dit ». Nous pouvons toujours nous confier dans ce que Dieu nous dit. Quelle grandeur ! Le Seigneur Jésus nous dit à l’avance tout ce qui est pour son plaisir. Nous n’avons qu’à écouter et à obéir. Nous manquons souvent de foi, nous voulons rajouter quelque chose à ce que le Seigneur nous a dit. Mais Il a tout prévu à l’avance et tout ce qu’Il a dit est exactement ce qui se passe


Judas est démasqué (v. 17-21)

            Le Seigneur sonde le cœur des disciples : « L’un d’entre vous, qui mange avec moi, me livrera ». Le Seigneur savait tout ce qu’il y avait dans le cœur. N’avons-nous pas besoin nous-mêmes de nous laisser sonder, de nous laisser éprouver ? Comme les disciples, ainsi que nous le voyons avec Pierre et tous ceux qui étaient avec lui, nous sommes capables, nous aussi, de nous comporter d’une manière qui déshonore le Seigneur - « l’un d’entre vous me livrera ». Il convient de nous éprouver avant de rencontrer le Seigneur, et nous devrions le faire tous les jours de notre vie, ne pas laisser passer une journée, ne pas laisser passer un égarement que nous avons pu avoir, sans le confesser devant Dieu.
            Nous avons besoin de toute la grâce du Seigneur pour qu’Il nous montre ce dont nous sommes capables, ce que nous pouvons dire, faire, qui n’est pas à sa gloire. Avec toute la douceur qui est la sienne, le Seigneur nous dit : Attention, là tu es en train de dormir, tu es en train de t’égarer ! - Ne laissons pas passer le temps, mais laissons-nous sonder par le regard divin, par la Parole du Seigneur.

                    Dieu fort et grand, tu vois toute ma vie !
                    
Tu m’as connu, tu m’as sondé des cieux.
                    
Pourrais-je fuir ta lumière infinie ?
                    
De ton regard tu me suis en tous lieux.

                    Eprouve-moi, ô Dieu toujours fidèle,
                    
Sonde mon cœur pour le sanctifier ;
                    
Et conduis-moi dans la voie éternelle
                    
En m’accordant de te glorifier.


L’institution de la Cène (v. 22-26)

            Dans cet évangile de Marc le Seigneur rompt le pain, le donne à ses disciples et dit : « Prenez ; ceci est mon corps ». Dans l’évangile de Matthieu, il est dit : « Comme ils mangeaient, Jésus, ayant pris un pain et ayant béni, le rompit, le donna aux disciples et dit : Prenez, mangez ; ceci est mon corps » (26 : 26). Dans l’évangile de Luc, il est dit : « Puis, ayant pris un pain, ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi » (22 : 19). Ici, nous avons effectivement la déclaration du Seigneur sur l’institution de la Cène : « Ceci est mon corps ». Dans l’évangile selon Marc, le Seigneur prend le pain, le donne à ses disciples et leur dit : « Prenez ». Dans l’évangile selon Matthieu il dit : « Prenez, mangez ». Il y a une progression. Nous n’avons pas toujours la capacité de saisir, d’expliquer tout ce que signifie cette précision remarquable de la Parole, mais il y a sans doute un enseignement. Quand le Seigneur dit : « Prenez », c’est qu’Il veut nous amener à discerner ce que représente le pain  - « ceci est mon corps » : nous avons besoin d’apprendre avec Lui ce que signifie le pain qui est son corps. Quand, dans l’évangile selon Matthieu, le Seigneur dit : « Prenez, mangez », il y a une étape supplémentaire : non seulement nous sommes amenés à discerner ce que représente le pain, le corps du Seigneur, mais nous nous l’approprions, nous possédons et comprenons en nous-mêmes la valeur de ce pain qui représente le corps du Seigneur. Et quand nous avons pris le pain, que nous l’avons mangé, alors nous pouvons, comme il convient, nous souvenir de la mort du Seigneur.
            Ne pensons pas que ce soit là quelque chose d’extrêmement difficile et réservé à quelques-uns, ou nécessitant des années de vie chrétienne avec le Seigneur. Son invitation à prendre, à manger et à se souvenir de Lui à la Cène est une invitation qu’Il fait à chacun des siens. Il désire que nous grandissions dans notre foi, et que nous répondions d’une manière toujours plus intelligente à ce qu’Il a institué en discernant la valeur et la signification du pain représentant le corps du Seigneur. Quand nous prenons le pain que le Seigneur nous tend à la Cène, nos affections sont tournées vers Celui qui est le Fils de Dieu et qui est descendu sur la terre. Il a pris un corps, un corps d’homme dans lequel Il a honoré et glorifié Dieu à chacun de ses pas. Il a connu toute la méchanceté du cœur de l’homme, Il a éprouvé toutes les souffrances que les hommes Lui ont fait endurer. C’est ce corps dans lequel Il a connu Gethsémané, dans lequel Il a connu la croix, dans lequel Il est entré dans la mort. Voilà ce que le Seigneur veut nous dire quand Il nous dit : « Prenez ». Nous avons besoin de nous attacher à comprendre ces pensées liées au corps du Seigneur. Nous avons à les méditer continuellement, à nous les approprier, à nous laisser pénétrer dans nos cœurs, dans nos affections, tout au long de notre vie, par ce que représente le corps du Seigneur, ce qu’a été sa vie. C’est cela : « Prenez, mangez », c’est ce qui entre en nous-mêmes, dans les méditations que nous avons de la vie du Seigneur sur la terre.
            Puis il y a la coupe : « Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour un grand nombre ». Le sang mentionné ici - nous l’exprimons chaque dimanche matin, quand nous nous souvenons du Seigneur - nous parle du sang versé à la croix par le Seigneur Jésus, qui ôte tous nos péchés : nous sommes blanchis, sans nulle tache », dit un cantique. Une pensée supplémentaire est ajoutée : c’est « le sang de la nouvelle alliance » Non seulement le sang est la base du salut qui est offert, mais il est le témoignage de l’amour de Dieu qui sécurise et assure la nouvelle alliance. Les promesses de Dieu en bénédiction dans la première alliance étaient conditionnelles et l’homme défaillant n’a pas su garder ce que Dieu lui demandait. La première alliance a été rompue. Mais pour autant les promesses de Dieu s’accomplissent et s’accompliront toutes, sans qu’il n’en manque aucune, parce qu’il y a eu le sang versé à la croix, le sang de la nouvelle alliance qui permet à Dieu de pouvoir en toute justice accomplir la totalité de ses desseins. Voilà la valeur du sang de la nouvelle alliance, il permet à Dieu d’avoir toutes ses pensées, et donc toute la gloire de son Fils révélée, manifestée parce qu’il y a eu l’œuvre à la croix. Les conseils de Dieu s’accomplissent immanquablement parce que ce que Dieu a dit, Il l’accomplit. Ce que sa bouche a dit, Il l’accomplit (Nom. 23 : 19).
            « En vérité, je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ». Nous comprenons que ce verset fait référence au nazaréat (voir Nom. 6). Le nazaréen ne devait pas boire ni manger du fruit de la vigne ; il devait se tenir à l’écart. Ce verset a plusieurs portées. Bien sûr il concerne Israël. Le Seigneur ne peut plus avoir avec Israël les relations qu’Il a eues jusque-là. Il faut attendre l’enlèvement de l’Eglise et la repentance d’Israël pour que le Seigneur reprenne ses relations avec ce peuple. Pour nous, ce verset nous dit que le Seigneur, pendant le temps de son absence, ne peut pas jouir des joies terrestres et qu’Il ne peut pas prendre tout ce que le monde offre comme joies terrestres, le vin étant dans la Parole une image de ce qui réjouit le cœur de l’homme (Ps. 104 : 15). Pendant le temps de son absence, Jésus est à l’écart et séparé de toutes les joies terrestres. Et nous qui sommes liés à Lui, qui sommes au bénéfice de l’œuvre accomplie à la croix, nous devons aussi nous tenir à l’écart des joies terrestres. Si le Seigneur était sur la terre, il y a, sans aucun doute, des lieux, des endroits, des situations, dans lesquels le Seigneur ne se trouverait pas et n’irait pas. Cela nous montre cette vigilance que nous devons éprouver : ne pas aller, de ne pas nous trouver, dans des situations où le Seigneur n’est pas. Ce qu’il y a de remarquable, c’est la façon dont le Seigneur nous enseigne. Il ne nous dit pas : Vous ne boirez pas du fruit de la vigne jusqu’à ce que je revienne. - Il dit : « En vérité, je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ». Il se place toujours devant nous comme le modèle. Les commandements du Seigneur sont toujours des commandements d’amour. Nous avons besoin d’écouter, de recevoir, et d’obéir à ces commandements.
            « Ayant chanté une hymne, ils sortirent et s’en allèrent au mont des Oliviers ». Quelle scène ! On voit là le Seigneur qui sait qu’Il a devant lui Gethsémané, la croix, qui a réuni ses disciples pour manger avec eux la pâque, qui a révélé la valeur de la Cène et l’a instituée. C’est une scène pleine de joie, d’autant plus qu’il est dit : « ayant chanté une hymne ». Voilà les disciples qui sont avec le Seigneur et qui chantent un cantique, le même cantique que celui que le Seigneur chante. Quel moment heureux pour les disciples que de pouvoir là, sur la terre, chanter avec le Seigneur ! Nous attendons le jour, où dans le ciel, nous chanterons, et cette joie ne sera pas interrompue !
            « Ils sortirent et s’en allèrent au mont des Oliviers ». Là encore le Seigneur ne leur dit pas : Allez, maintenant venez, nous allons monter à la montagne des Oliviers. - Il chante un cantique, et s’en va au mont des Oliviers. Les disciples, tout naturellement, accompagnent le Seigneur. Quelle belle attitude que la leur, quelle paix et quelle joie dans leur cœur : accompagner le Seigneur et chanter une hymne avec Lui !


Avertissement donné aux disciples (v. 27-31)

            Quand nous marchons avec Lui, le Seigneur a toujours quelque chose à nous dire : une parole encourageante, une parole de réconfort, ou d’avertissement. « Jésus leur dit alors : Vous serez tous scandalisés ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées ». On a de la peine à saisir ce que cela a dû être pour les disciples que d’entendre le Seigneur leur dire : « Vous serez tous scandalisés ». Ils étaient dans la paix, dans la joie ; ils pensaient en fait que le Seigneur était le Messie, qu’Il allait établir son royaume pour eux. Ils attendaient de voir sa gloire se manifester et voilà qu’Il leur dit : « Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées ». Qu’est-ce que les disciples ont compris ? Nous ne le savons pas exactement, mais ce qui est important pour nous, c’est de comprendre la portée de ce que le Seigneur enseigne à ses disciples et, à travers eux, à nous-mêmes.
            « Vous serez tous scandalisés ». Ne pensons pas que nous sommes capables de tout endurer, de tout supporter et d’être constamment dans l’état qui convient. En suivant le Seigneur des croyants peuvent connaître encore aujourd’hui, à cause de leur foi, des situations extrêmement difficiles, et il est possible que certains puissent être « scandalisés » (ou : bouleversés, ébranlés). Pour les disciples de Jésus, c’étaient leurs espérances juives qu’ils perdaient, car ils pensaient que le Messie allait régner. Ils n’étaient pas entrés dans ce qui étreignait le cœur de leur Maître. Il devait être cloué sur le bois de la croix. A la fin du chapitre, c’est un tribunal qui se dresse ; on a cherché de faux témoignages contre Lui et Il a été accusé injustement. Mais ce que les hommes font à une limite : « Je frapperai le berger ». Si le Seigneur est entré dans la mort, c’est non seulement parce qu’Il a laissé sa vie, mais parce que Dieu L’a frappé. Il fallait qu’Il soit frappé par Dieu pour que la justice divine soit satisfaite. « Je frapperai le berger » : quelle expression ! Elle nous ramène à ce qui est pour le cœur de Dieu, pour la justice de Dieu. « Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées ». Si les brebis sont dispersées quand le berger est frappé, cela veut dire que tant que le berger n’est pas frappé, les brebis ne peuvent pas se rassembler. Les disciples auraient bien aimé rester groupés autour du Seigneur, comme ils l’avaient fait pendant les trois ans et demi de son service. Mais cette association qu’il y avait entre le Seigneur, homme sur la terre, et ses disciples, était une association qui ne pouvait pas durer et qui ne pouvait pas permettre que le troupeau de Dieu soit rassemblé autour du bon et véritable Berger.
            Pour que nous soyons rassemblés autour de la personne du Seigneur Jésus, il faut à la fois sa mort et sa résurrection. C’est sur cette base-là - le Berger frappé - que le troupeau peut être rassemblé et ne sera plus dispersé. Nous nous dispersons parce que nous manifestons ce qu’il y a dans nos cœurs, mais aux yeux de Dieu le troupeau reste toujours et il sera en une seule fois enlevé au ciel où nous serons tous assemblés. La base de notre attachement à la personne du Seigneur Jésus repose sur sa mort et sur sa résurrection.
            Retenons une autre pensée à ce sujet. Le Seigneur, homme sur la terre, ne pouvait pas être un centre de rassemblement durable pour ses disciples. Il fallait qu’Il passe par la mort. Pourtant le Seigneur était l’homme parfait. Tout au long de sa vie, Il s’est conduit d’une manière parfaite et à la gloire de Dieu. Il n’a jamais eu le moindre écart. Et pourtant l’homme parfait ne pouvait pas être un centre de rassemblement pour les disciples. Si Lui-même ne peut pas être un centre de rassemblement sans passer par la mort et ressusciter, nous qui sommes des hommes pécheurs, possédant la vie divine, mais ayant encore cette vieille nature, nous ne sommes en rien capables d’être un centre de rassemblement. Gardons cet enseignement pour ce qui nous concerne dans la vie de l’assemblée : l’homme, quel qu’il soit en lui-même, ne peut pas être un centre de rassemblement, ne peut pas apporter quoi que ce soit dans la marche et dans la vie d’assemblée. Combien cela doit nous amener à nous mettre entièrement de côté pour que ce soit le Seigneur seul qui soit véritablement à la fois le centre du rassemblement et Celui qui a tous les droits. Gardons-nous de vouloir ajouter quoi que ce soit par nos propres pensées, par notre comportement, que nous estimerions valable. Il n’y a que ce qui est du Seigneur qui est utile pour la bénédiction et l’affermissement de l’assemblée. C’est cela qui fait la valeur de l’assemblée : se reposer entièrement sur Christ, mort et ressuscité, seul chef de l’assemblée.


Au jardin de Gethsémané (v. 32-42)

            Quelle scène que celle de Gethsémané ! Nous avons vu les disciples répondant à l’invitation du Seigneur pour Lui apprêter la pâque. Nous les avons vus se laissant instruire pour ce qui concerne l’institution de la Cène, puis chantant une hymne avec le Seigneur. Nous les avons vus marchant avec le Seigneur vers le mont des Oliviers. Le Seigneur leur a parlé et maintenant « ils arrivent à un endroit appelé Gethsémané ». Là, Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, jusqu’à ce que j’aie prié ». Il y a un moment où nous pouvons marcher avec le Seigneur, nous pouvons chanter avec Lui, qui entonne la louange dans l’assemblée. Il y a un moment où nous marchons avec le Seigneur, où le Seigneur nous parle. Puis Il nous dit : Venez, asseyez-vous et soyez les témoins de ce qui va se passer. - Si le Seigneur nous dit de venir et de nous asseoir, c’est qu’Il a quelque chose à nous dire. Nous avons besoin de prendre cette place de repos, d’écouter ce que le Seigneur a à nous dire et de Le contempler.
            Quelle a été l’attitude des disciples ? Ils sont venus, ils se sont assis, ils se sont endormis. Quand nous lisons cela, nous nous reconnaissons bien. Que de fois le Seigneur avait quelque chose à nous dire, à nous montrer et nous nous sommes endormis ! Mais le Seigneur reste toujours le même. Malgré toute notre faiblesse, Il nous enseigne. Il nous a laissé cette scène de Gethsémané dans laquelle la douleur du Seigneur ressort d’une manière particulière. Et nous aimons aussi nous arrêter sur ces passages où nous contemplons le Seigneur assis à la droite de la Majesté, mais rien ne touchera nos cœurs comme la contemplation des souffrances du Seigneur ; nous avons là le témoignage le plus grand de l’amour du Seigneur. Dans la mesure où cet amour remplit nos cœurs, nous sommes débarrassés de nous-mêmes et nous pouvons suivre le Seigneur et répondre à son amour. Il est bon de nous laisser instruire par toutes les scènes où nous voyons les souffrances du Seigneur. Nous disons aussi quelquefois que les souffrances du Seigneur sont tellement profondes, tellement grandes, que nous ne pouvons pas les sonder. Aussi pouvons-nous passer et ne pas nous arrêter devant ces souffrances. Avec toute la crainte qui convient, une sainte réserve et le secours du Saint Esprit, apprenons à méditer les souffrances du Seigneur. Sans doute sont-elles insondables, et nous n’entrerons jamais dans toute leur profondeur. Mais le peu que nous pouvons apprendre à discerner ne peut que remplir nos cœurs d’amour et de louange.
            Dans cette scène de Gethsémané, nous est révélée une communication entre le Père et le Fils. Il y a là pour nous un sujet d’adoration, une intimité que seule la Parole de Dieu nous permet de discerner. Il est précieux d’entendre le Seigneur nous parler, mais il est encore plus précieux de L’entendre parler à son Père. Ici le Seigneur expose toute la souffrance qu’il y a dans son âme : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ». Quelles souffrances intenses ! Et leur intensité était liée au fait qu’Il allait accomplir la volonté de son Père ; c’était qu’un homme entre dans la mort pour l’accomplir. Quel mystère ! Il n’y a qu’un homme qui pouvait entrer dans la mort, et régler la question du péché dont la mort est le salaire (Rom. 6 : 23). Ce seul homme qui pouvait le faire, c’était son Fils et Il l’a fait. Le Seigneur, homme, a accompli la volonté de Dieu. Il était le seul qui pouvait estimer ce que représentait la mort, là où se trouve la puissance de Satan. Et Il n’a pas reculé devant le prix à payer ; Il « est devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2 : 8). Il a « appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert » (Héb. 5 : 8). Il n’a pas appris à obéir. Non, obéir Il savait ce que c’était ; ce qu’Il a appris, c’est le prix de l’obéissance. Quand un homme pense à la mort, il peut avoir peur : il sait que c’est la fin de la vie sur la terre, mais il ne peut pas en estimer le coût. Un seul a pu le faire, c’est le Seigneur. Il est entré dans la mort, Il a « goûté la mort pour tout » (Héb. 2 : 9). Il a accompli la volonté de son Dieu et Père.
            Le Seigneur s’adresse à son Père en lui disant : « Abba, Père, pour toi, tout est possible ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! ». Dans cette expression, il y a d’abord toute l’intimité du cœur du Seigneur à l’égard de son Père : « Abba, Père », ou : Papa chéri. Dans la Parole ce moment où nous entendons le Seigneur s’adresser ainsi à l’égard de son Père est unique. Il s’en remet comme un parfait serviteur à la volonté de son Dieu et Père. Cette demande que le Seigneur exprime montre la perfection du Fils de l’homme, la perfection qu’Il a manifestée dans sa vie. Il ne pouvait pas désirer connaître la mort. Il en connaissait toute l’horreur et tout le prix. Il avait devant Lui toute l’horreur qu’allait représenter vider à Golgotha la coupe qu’Il prenait à Gethsémané de la main du Père. Si le Seigneur était parfait en demandant : « Père s’il était possible qu’elle passe loin de moi », le Seigneur est aussi parfait quand Il dit : « Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! ». Parfaite obéissance, parfaite soumission de l’homme parfait à la volonté de son Père !

                    Qui dira, Jésus, la souffrance que par amour tu supportas,
                    
Dans ton chemin d’obéissance qui conduisait à Golgotha,
                    
Et ton insondable tristesse quand tu suppliais, prosterné,
                    
O cher Sauveur, dans la détresse du combat de Gethsémané !

                    Anticipant l’heure terrible, tu connus l’angoisse et l’effroi,
                    
Demandant, s’il était possible, que ceci passât loin de toi.
                    
« Mais que ta volonté soit faite ! » - ô sublime acceptation
                    
Du Rédempteur que rien n’arrête, en qui tout est perfection !

            Nous mesurons combien nous sommes loin d’effleurer un tel sujet. Demandons au Seigneur de nous apprendre à nous arrêter davantage sur toutes les souffrances qui ont été sa part à Gethsémané, à Golgotha, avec la sainte crainte qui convient. Il ne s’agit pas du tout de vouloir sonder par l’esprit humain quelque chose qui ne nous appartient pas. Le Seigneur place cela devant nous, un « spectacle » (Luc 23 : 48), des paroles ; nous avons besoin de nous laisser pénétrer par elles pour que, discernant la grandeur de l’amour du Seigneur - pour son Dieu et Père, pour chacun de nous -, nos cœurs répondent à un tel amour. Nous reconnaissons combien nous sommes incapables dans toute notre vie de répondre à ce que le Seigneur attend de nous ; nous ressemblons aux trois disciples qui dormaient à Gethsémané. Mais Jésus a manifesté une grâce remarquable, parce qu’Il ne leur a pas fait de reproches. Il leur a donné, comme Il nous la donne à nous-mêmes, la ressource pour pouvoir entrer dans ce qu’Il nous révèle : veiller et prier. C’est la ressource que le Seigneur nous laisse pour le temps de son absence. Quelle que soit la situation dans laquelle nous pouvons nous trouver, tout au long de notre vie, retenons et laissons pénétrer dans nos cœurs ces deux mots : « Veillez et priez ».


M-H. M - D’après les notes prises lors d’une réunion d’édification