Méditations sur le ministère d'Elisée (5)

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MEDITATIONS  SUR  LE MINISTERE  D'ELISEE (5)


Une veuve dans le dénuement et la détresse, image du pécheur loin de Christ
La foi de la veuve qui se tourne vers l’homme de Dieu
L’ordre donné par Elisée à la veuve
La bénédiction divine apportée dans la maison de la veuve
 

« QU’AS-TU A  LA  MAISON ? »      

            Ceux qui sont troublés par leurs péchés peuvent avoir la paix avec Dieu

           « Et une femme d'entre les femmes des fils des prophètes cria à Elisée, disant : Ton serviteur, mon mari, est mort ; et tu sais que ton serviteur craignait l'Eternel ; et le créancier est venu pour prendre mes deux enfants, afin qu'ils soient ses serviteurs. Et Elisée lui dit : Que ferai-je pour toi ? Dis-moi ce que tu as à la maison. Et elle dit : Ta servante n'a rien du tout dans la maison qu'un pot d'huile. Et il dit : Va, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n'en demande pas peu) ; et rentre, et ferme la porte sur toi et sur tes fils, et verse dans tous ces vases, et ôte ceux qui seront remplis. Et elle s'en alla d'auprès de lui, et elle ferma la porte sur elle et sur ses fils : ceux-ci lui apportaient [les vases], et elle versait. Et il arriva que, quand les vases furent remplis, elle dit à son fils : Apporte-moi encore un vase. Et il lui dit : Il n'y a plus de vase. Et l'huile s'arrêta. Et elle s'en vint et le raconta à l'homme de Dieu, et il dit : Va, vends l'huile et paye ta dette ; et vous vivrez, toi et tes fils, de ce qui restera » (2 Rois 4 : 1-7).

            Quelle histoire émouvante que celle de cette veuve, et de la manière dont Elisée répond à son besoin. Le besoin nous est présenté en premier lieu, puis vient la grâce qui y répond. C'est un tableau dans lequel le sombre arrière-plan de la misère du pécheur fait ressortir d'autant plus brillamment la merveilleuse grâce qui se trouve en Christ pour lui.

 

Une veuve dans le dénuement et la détresse, image du pécheur loin de Christ

            Une veuve, dans les Ecritures, symbolise une totale absence de ressource ; elle attire la pitié. De plus, cette veuve est ruinée. Son cas est doublement triste, mais il nous dépeint le cas de tout pécheur loin de Christ. Vous tous qui ne connaissez pas le Sauveur et sa grâce, je voudrais que vous puissiez contempler ce tableau et vous y reconnaître. Vous êtes un pécheur ruiné, vous êtes incapables de vous libérer de vos dettes, vous êtes « sans force » (Rom. 5 : 6).
            Dans la maison de Simon le pharisien (Luc  7 : 36-42), le Seigneur Jésus Christ, lui qui disait toujours la vérité, a présenté une parabole. Il y est question d’un certain créancier ayant deux débiteurs qui ne pouvaient lui payer un seul centime. Ce créancier représente Dieu, et nous, nous sommes ses débiteurs. Il se peut que votre dette ne s'élève pas à 500 deniers, mais vous êtes à coup sûr un débiteur, et de plus, vous n’avez rien pour payer. C'est quand le créancier est venu réclamer son dû, que la veuve a pris conscience du sérieux de sa situation. Béni soit Dieu, lui, notre grand Créancier, ne vient pas réclamer son dû aujourd’hui. Au contraire, Il offre aux pécheurs de les délivrer de leur dette, il fait proclamer le pardon à tous. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, (lorsqu'il vint dans ce monde), ne leur imputant pas leurs fautes et mettant en nous la parole de la réconciliation » (2 Cor. 5 : 19). Les gens dans leur orgueil refusent de reconnaître qu’ils sont des pécheurs devant Dieu. Ils n’aiment pas s’abaisser et confesser la vérité. Ils s'illusionnent eux-mêmes, pensant qu’il y a en eux quelque chose d'acceptable pour Dieu, et qu’il leur sera possible de gagner sa faveur par leurs efforts. Le jour vient où ils seront terriblement détrompés ; les écailles tomberont de leurs yeux, et ils verront leur véritable état devant Dieu. Quand ce jour viendra-t-il ? Lorsque le créancier réclamera son dû. Je m’adresse à ceux dont les yeux sont encore fermés. Vous allez au-devant d’une heure terrible dans l'histoire de votre vie. - De quelle heure s'agit-il ?, direz-vous. - De l’heure de votre mort. L’horloge du temps ponctue de son tic-tac l'écoulement de vos jours, et chaque mouvement de son incessant balancier vous rapproche de cette heure où vous devrez passer du temps dans l’éternité. Qu'est-ce qui fait que les hommes qui ne connaissent pas Dieu ont peur de la mort ? C’est ce qui vient après la mort : « après cela le jugement » (Héb. 9 : 27). Quand vous quitterez ce monde, vous rencontrerez Dieu et le jugement qu'Il porte sur votre vie. Certains nous affirment qu’il y a miséricorde après la mort, mais la Parole de Dieu ne dit pas cela. « Le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés » (Marc  2 : 10). Nous croyons dans la miséricorde de tout notre cœur, car Dieu est riche en miséricorde et Il l’offre à tous, mais pas après la mort ! « Après la mort », affirme Dieu, « le jugement ». C'est à ce moment-là que le créancier réclamera son dû, car « chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » (Rom. 14 : 12). Alors, vous qui avez refusé de vous soumettre à Dieu et de reconnaître la vérité sur vous-même, vous découvrirez que vous êtes bel et bien ruiné, et que vous n'avez rien pour payer. Alors la justice aura son cours – un jugement sans miséricorde (Jac. 2 : 13).

 

 La foi de la veuve qui se tourne vers l’homme de Dieu

            Il y avait un seul homme dans le pays, vers lequel la veuve pouvait se tourner, et c'est à lui qu'elle va ; elle découvre alors que, plein de bonté, il est tout disposé à l’écouter. Il lui témoigne même tant de grâce qu’on comprend qu’elle lui raconte toute l’histoire, sans aucune réserve. Elle dit simplement, exactement quelle est la détresse dans laquelle elle se trouve. Elisée lui dit, et il y a de la grâce dans ses paroles, comme aussi dans la manière dont il les prononce : « Que ferai-je pour toi ? Dis-moi ce que tu as à la maison ? » (v. 2a). Elle dit simplement, exactement qu’elle était la détresse dans laquelle elle se trouvait.
            Nous ressentons toute la bonté de cet homme de Dieu en lisant ses paroles. Mais comment pourrais-je vous décrire la grâce de Jésus ? Je peux vous raconter comment Il a agi envers moi. Je suis venu à lui comme un pécheur nécessiteux, et Il m’a fait sentir qu’Il était heureux de me voir. J’ai compris qu’Il était mon Ami – l’Ami des pécheurs, et que je pouvais Lui dire ce que je ne pouvais dire à personne d’autre. Et Il agira envers vous comme Il a agi envers moi. Si vous sentez votre besoin, allez à Jésus ; vous verrez qu’Il est cet homme de Dieu béni dont Elisée n’est qu’une faible image. Vous Le trouverez à la fois disposé et apte à prendre en main votre situation et à répondre à tous vos besoins.
            Aux deux questions d’Elisée, la femme répond : « Ta servante n’a rien du tout dans sa maison qu’un pot d’huile » (v. 2b). Peut-être a-t-elle été autrefois une fière maîtresse de maison. Mais, pièce par pièce, les biens de sa maison s’en sont allés de sorte que maintenant, il ne reste rien qu’un pot d’huile, qui n'a que peu ou même aucune valeur à ses yeux. Et pourtant, ce simple pot d’huile, si insignifiant, est tout ce qu’il lui faut. Il en va de même pour vous. Vous avez, à portée de votre main, ce qui aurait répondu à votre besoin depuis longtemps, si seulement vous vous étiez tourné vers le Sauveur - c'est de cela que nous parle le pot d’huile, comme en parabole - et cela, c'est « la grâce de Dieu qui apporte le salut » (Tite 2 : 11).
            L'huile qui se trouve si facilement à la portée de la veuve est de l'huile d'olive, car les oliviers abondent dans ce pays. N’avez-vous pas lu dans les Psaumes : « Mais moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier vert » (Ps. 52 : 8) ? Cette parole ne peut être vraie que de notre Seigneur Jésus Christ. Pour obtenir de l’huile à partir de l’olivier, il faut broyer son fruit dans le pressoir à huile et le soumettre à une très forte chaleur. Avant que la précieuse huile de la grâce de Dieu ne puisse couler pour nous, cette Personne bénie, tel un tendre olivier vert poussant dans un monde sec et stérile, devait être « broyée » à travers une agonie sans pareille, et soutenir le feu de la sainte colère de Dieu contre le péché. Il a eu à souffrir sous les coups de la justice de Dieu quand Il est devenu le substitut du pécheur, car la justice devait être satisfaite. Et c’est à la croix de Christ, et là seulement, que nous voyons la justice éternelle revendiquée et satisfaite. Là, Il a été « fait péché pour nous » (2 Cor. 5 : 21), il a été « livré pour nos fautes » (Rom. 4 : 25), Il est « mort pour des impies » (5 : 6). Il a payé le prix fort en se donnant Lui-même pour nous et, comme résultat de son merveilleux sacrifice, la grâce de Dieu se déverse aujourd'hui librement envers les pécheurs.
 

L’ordre donné par Elisée à la veuve

            Alors, le prophète de Dieu dit : « Va, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n'en demande pas peu) ; et rentre, et ferme la porte sur toi et sur tes fils, et verse dans tous ces vases » (v. 3-4). Obéissant à la parole du prophète, la veuve s'en va et rassemble dans sa maison des vases vides. Et, une fois que la maison est remplie de vases, et les portes fermées, elle verse l’huile. A son grand étonnement, l'huile coule en abondance, jusqu’à ce que tous les vases vides soient remplis. Ces récipients sont probablement différents de taille, de forme et de matériau. Il doit y en avoir des petits et des grands, des vases aux formes harmonieuses, et d’autres, rudimentaires et grossiers en apparence. Certains, en matériau coûteux, d’autres en matériau sans valeur. Mais ils ont tous une chose en commun : ce sont des vases vides. Qu’est-ce que c’est qu’un vase vide ? C'est un vase dont vous ne pouvez absolument rien tirer, mais dans lequel vous pouvez mettre exactement ce qui vous plaît. Et c’est dans de tels vases que l’huile est versée. Etes-vous disposé à aller au Seigneur, et à lui dire que vous êtes un « vase vide », que vous n’avez rien à lui offrir, mais que vous êtes un pécheur ruiné, et qui n’a rien pour payer ?

                  Je suis semblable à un vase vide,
                  N'ayant jamais eu pour toi une pensée ou un regard d’amour
                  Cependant je peux venir à toi, venir dès cet instant
                  Ayant, comme un pauvre pécheur, une chose à faire valoir :
                  Ton amour pour moi !

            Il n’y a pas deux pécheurs parfaitement semblables quant à l’apparence extérieure, au caractère ou aux circonstances. Certains sont riches, et d’autres pauvres, certains sont instruits, et d’autres ignorants, certains sont religieux, et d’autres profanes. Mais toutes ces choses sont sans importance. Ce qui importe, c’est ceci : qu’ils soient des vases vides ! C’est essentiel à la bénédiction. J’insiste auprès de vous sur ce point. Vous devez élever vers Dieu des mains vides, si vous voulez recevoir sa bénédiction. Vous ne pouvez rien payer, ni rien faire par vous-mêmes. Vous n’avez rien à revendiquer si ce n’est la riche grâce de Dieu et votre immense besoin.

                  Tel que je suis, sans rien à moi,
                  Sinon ton sang versé pour moi
                  Et ta voix qui m'appelle à toi,
                  Agneau de Dieu, Je viens !

                  Tel que je suis... Ton grand amour
                  A tout expié sans retour.
                  Je puis être à toi dès ce jour,
                  Agneau de DIeu, - je viens !

 

La bénédiction divine apportée dans la maison de la veuve

            L’huile abonde donc, elle est versée jusqu’à ce que tous les vases soient remplis, et qu'il n'en reste plus un seul. Et c'est quand le dernier vase est rempli que l'huile s'arrête. Voilà une chose sérieuse à considérer. Si vous refusez de prendre devant Dieu la place d’un « vase vide », vous passerez à coup sûr à côté de la bénédiction. Car le jour vient où la grâce de Dieu cessera de couler, ou sera hors de votre portée. Dans le Nouveau Testament nous lisons que « la porte fut fermée » (Matt. 25 : 10). Ceux qui avaient de l’huile dans leur lampe sont allés au festin de la noce, et la porte a été fermée. Ceux qui n’en avaient pas sont allés en acheter, mais ils ont découvert qu’on ne pouvait plus en obtenir. Ils sont arrivés trop tard, car la grâce salvatrice de Dieu, représentée par l’huile, ne coulait plus. Ils ont négligé ce grand salut et sont restés en dehors de la noce.

                  Hâtez-vous, hâtez-vous ! La bénédiction est pour vous ;
                  Et gratuite est la coupe de l’éternel amour.

            Quand tous les vases sont remplis, la veuve se rend en hâte auprès de l’homme de Dieu et lui raconte ce qui s'est passé. Quelle joie doit remplir son cœur quand Elisée lui dit : « Va, vends l'huile et paie ta dette ». Y a-t-il assez d’huile pour payer la dette ? Certes, il y en a assez ! Y a-t-il une grâce suffisante pour effacer votre dette ? Y a-t-il pardon pour vous ? Oui, même pour vous, car là où le péché abonde, la grâce surabonde (Rom. 5 : 20). La grâce de Dieu est suffisante pour pardonner vos péchés et pour justifier un pécheur coupable comme vous. Dieu peut vous justifier librement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus. Alors, vous jetterez un regard en arrière sur votre sombre passé, et vous direz : la dette est payée, le passé est entièrement effacé, Dieu lui-même n’a rien contre moi, il a justifié même quelqu'un comme moi.
            Dans le chapitre 8 de l’épître aux Romains nous lisons : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (v. 1). Si Dieu justifie un homme, il est justifié et ne peut pas être condamné, car le verdict de Dieu ne peut être remis en cause. Dieu doit avoir le dernier mot en tout. Ceux qui sont justifiés ne sont pas bénis en raison de ce qu’ils sont, ni en raison de ce qu’ils ont fait, mais en raison de ce que Dieu est et en raison de ce que Christ a fait. Ce que Dieu est, dans sa nature, est mis en évidence à travers son grand salut. Il est le Dieu de toute grâce, et Il a trouvé un fondement solide pour bénir les hommes selon sa grâce. Ce fondement, c'est « la rédemption qui est dans le Christ Jésus » (Rom. 3 : 24). L’œuvre de Christ a donné à Dieu le droit de justifier ceux qui croient en Jésus de sorte que, si vous voulez croire en Jésus, Dieu vous justifiera. « A celui qui, sans faire des œuvres, croit en Celui qui justifie l'impie, sa foi est comptée à justice » (Rom. 4 : 5). Pouvez-vous refuser de croire un Dieu tel que lui, un Dieu que nous voyons entièrement révélé au Calvaire ?
            Mais ce n’est pas tout. L’homme de Dieu dit à la veuve : « Va, vends l’huile, et paye ta dette ; et vous vivrez, toi et fils, de ce qui restera » (v. 7). Il y a une surabondance suffisante pour entretenir la femme et ses enfants jusqu’à la fin de leurs jours. Vous découvrirez qu’il en va de même de la grâce de Dieu. La grâce de Dieu n’est pas épuisée lorsqu’elle pardonne nos péchés, ni lorsqu’elle nous justifie. Il y a le « reste » de la grâce, et ce reste est à notre disposition jusqu’à la fin.
            La grâce qui est dans notre Seigneur Jésus Christ est suffisante pour n'importe quel besoin. Il n'y a pas de circonstance, permise par le Seigneur, dans laquelle n'importe lequel d'entre nous puisse se trouver, et pour laquelle la grâce du Seigneur ne soit pas suffisante. Il n’y a pas de circonstance dans laquelle un chrétien ait été conduit par sa propre folie, et d'où la grâce de Dieu ne puisse tirer une bénédiction pour lui. La grâce est là pour nous restaurer quand nous tombons, la grâce est là pour nous garder de tomber.
            Elisée dit : « Vous vivrez… de ce qui restera ». Cela a tout son sens. Vivre veut dire jouir de la vie, et c’est bien de la vie que Dieu veut que nous jouissions. Il désire que nous vivions comme ceux qui possèdent la vie éternelle, que nous vivions comme il convient à ses propres enfants. Il veut que nous jouissions des rayons de son amour béni. Dieu lui-même est pour nous la source et la fontaine de la vie, et Christ est le moyen par lequel les eaux coulent. Il veut que ses brebis « aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » (Jean 10 : 10). Si nous avons reçu cela et Lui en avons rendu grâce, témoignons-Lui maintenant notre gratitude en continuant à faire appel aux ressources inépuisables de sa grâce. Que nous puissions réellement avoir saisi « ce qui est vraiment la vie » (1 Tim. 6 : 19), et proclamer les louanges de Celui qui « nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 Pier. 2 : 9).

 

D'après J.T. Mawson

A suivre