Aperçu du livre de Josué (2)

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APERCU DU LIVRE DE JOSUE (2)

 


L'ORDRE D'ENTRER DANS LE PAYS
          Quel ordre l'Eternel donne-t-il à Josué dès son entrée en fonction ?
          A quel moment de l'histoire Dieu ordonna-t-il de chasser les Cananéens ?
          Quand l'ordre de l'Eternel devait-il être exécuté ?
          Qui a été appelé à passer le Jourdain ?
LES TRIBUS EN TRANSJORDANIE          
          Les tribus déjà installées à l'est du fleuve étaient-elles dispensées de passer le Jourdain ?
          Quels sacrifices vont devoir supporter ces trois tribus ?
DE GROSSES DIFFICULTES          
          
Premier obstacle : le Jourdain
          Deuxième obstacle : les habitants du pays
          Troisième difficulté : la méconnaissance du pays
          Quatrième difficulté : les dimensions du pays
LES PROMESSES DE L'ETERNEL
          Au sujet du passage du Jourdain
          Au sujet de la présence des Cananéens
 
          Au sujet de la méconnaissance du pays
          Au sujet des dimensions du pays
LES CONDITIONS DU SUCCES DE L’EXPEDITION
          La foi, la confiance totale en son Nom
          La méditation persévérante de toute la Loi
          L'obéissance à la Loi


L'ORDRE D'ENTRER DANS LE PAYS


            Au début du récit de la conquête du pays, Josué et le peuple se trouvaient à Sittim, dans la plaine de Moab (3 : 1). C’est la dernière étape du désert (Sittim : le mot hébreu signifie acacia, à cause de la présence de cet arbuste dans la région). Ce lieu est situé à quelques kilomètres du Jourdain, à proximité nord-est de la mer Morte. En franchissant le fleuve à cet endroit, l’armée israélite pénétrait au centre de la Palestine.

                        Quel ordre l'Eternel donne-t-il à Josué dès son entrée en fonction ?

            Cet ordre est triple :
                   - Franchir le Jourdain sans délai : « Lève-toi, passe ce Jourdain » (v. 2).
                   Entreprendre militairement la conquête du pays et en exterminer la population : « Tu consumeras tous les peuples que l’Eternel, ton Dieu, te livre ; ton œil ne les épargnera pas » (Deut. 7 : 16). Un ordre pour le moins choquant, sur lequel nous reviendrons plus loin.
                   - Prendre possession de Canaan et s’y installer « en juste propriété » : Toi, tu feras hériter à ce peuple le pays que j’ai juré à leurs pères de leur donner » (v. 6).

                        A quel moment de l'histoire Dieu ordonna-t-il de chasser les Cananéens ?

            a) Lorsque leur péché est arrivé à son comble, c’est-à-dire quand le mal, chez ces nations, a été tout à fait incurable. L’Eternel avait déclaré à Abraham : « Ils (tes descendants) reviendront ici, car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble » (Gen. 15 : 16). Cette déclaration permet de comprendre dans une certaine mesure le fait si révoltant au premier abord de la destruction de ces races païennes.

            b) Après la mort, dans le désert, de tous les Hébreux nés en Egypte (à l’exception de Caleb et de Josué), selon la parole même de l’Eternel : « Si aucun de ces hommes, de cette génération méchante, voit ce bon pays que j’ai juré de donner à vos pères ! ... excepté Caleb, fils de Jephunné… Josué, fils de Nun... » (Deut. 1 : 35-38).

            C’est la mort de Moïse, le dernier survivant de cette génération, qui devait donner le signal de la traversée du fleuve : « Après la mort de Moïse... l’Eternel parla à Josué... : Moïse, mon serviteur, est mort ; et maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain » (v. 1-2).
            Moïse, le promulgateur de la Loi, ne pouvait faire entrer quiconque dans le pays de la promesse, car la loi condamne mais ne sauve pas. Seul le Christ - notre Josué - a le pouvoir de nous introduire dans le sanctuaire par le sang de la croix.

                        Quand l'ordre de l'Eternel devait-il être exécuté ?

            Sans délai : « Maintenant... passe ce Jourdain » (v. 2). Cependant, Dieu a accordé trois jours aux familles pour se préparer au départ : « Préparez-vous des provisions, car dans trois jours vous passerez ce Jourdain » (v. 11).
            Josué a transmis au peuple les ordres reçus d’En-haut, et ils sont partis conformément à la parole de l’Eternel (3 : 1).

                        Qui a été appelé à passer le Jourdain ?

            L’ordre de Dieu concernait le peuple tout entier : « Lève-toi...toi et tout ce peuple » (1 : 2). Aucun Israélite, quel que soit son rang, son sexe ou son âge, ne pouvait se soustraire au devoir d’entrer dans le pays. D’une manière ou d’une autre, chacun devait prendre part à la lutte contre les Cananéens.

 

LES TRIBUS EN TRANSJORDANIE

                        Les tribus déjà installées à l'est du fleuve étaient-elles dispensées de passer le Jourdain ?

            La deuxième partie de ce premier chapitre cite les noms des tribus de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé qui étaient entrées en possession de leur héritage à l’est du Jourdain dans le pays de Galaad (Nom. 32). Ces tribus auraient pu être tentées de renoncer à la lutte, donc de laisser aux autres le soin d’entreprendre tout seuls la conquête de la Cisjordanie. Moïse avait déjà prévu cela, lui qui leur avait fait jurer de ne pas jouir égoïstement de leur repos mais d’entrer en armes avec leurs frères dans le pays promis. Josué leur tient le même langage à Sittim quelques années plus tard (v. 12-13).

                        Quels sacrifices vont devoir supporter ces trois tribus ?

            a) « Vos femmes, vos enfants, et vos troupeaux, demeureront dans le pays » (v. 14). Autrement dit, vous aurez à supporter une longue séparation (qui a duré, semble-t-il, près de sept années). Les trois tribus avaient accepté l’épreuve en déclarant à Moïse : « Nous ne reviendrons pas dans nos maisons, jusqu'à ce que les fils d’Israël aient pris possession chacun de son héritage » (Nom. 32 : 18).

            b) « Vous passerez armés devant vos frères » (v. 14). Comme elles l'avaient fait durant quarante ans dans le désert, ces tribus sont appelées à ouvrir la marche du peuple. Elles seront donc les plus exposées au jour de la bataille. « Nous passerons équipés devant l’Eternel dans le pays de Canaan » (Nom. 32 : 32).

            c) « Vous leur aiderez » (v. 14). Il ne devait pas y avoir d’égoïsme, mais une pleine solidarité dans la lutte contre les Cananéens. Les plus avancés spirituellement ne devraient-ils pas aussi veiller sur les plus faibles dans la foi et travailler à leur affermissement spirituel ?

            Les trois tribus installées à l’est du Jourdain ont obéi ponctuellement aux ordres de Josué. Elles ont tenu devant leur chef le langage qu’elles avaient tenu devant Moïse quelque temps auparavant : « Tout ce que tu nous commandes, nous le ferons, et nous irons partout où tu nous enverras : comme nous avons écouté Moïse en toute chose, ainsi nous t'écouterons… Tout homme qui sera rebelle à ton commandement et qui n'écoutera pas tes paroles en tout ce que tu nous commanderas, sera mis à mort » (v. 16-18).

 

DE GROSSES DIFFICULTES

            Plusieurs gros obstacles rendent humainement impossible la conquête de la Palestine. En les considérant avec son bon sens naturel, Josué pouvait à bon droit refuser d’obéir. Dieu le savait, et Il insiste auprès de son serviteur, multipliant encouragements et promesses pour le stimuler : « Je serai avec toi… Fortifie-toi et sois ferme... Ne te laisse point terrifier, et ne sois point effrayé ; car l'Eternel, ton Dieu, est avec toi… » (v. 5, 6, 7, 9).

                        Premier obstacle : le Jourdain

            Au niveau de Sittim, c’est-à-dire non loin de son embouchure, le fleuve est des plus larges, d’autant plus large qu’à cette époque de l’année - « au temps de la moisson » - le Jourdain déborde et inonde les plaines riveraines. Sa largeur peut alors atteindre trois à quatre kilomètres : « Le fleuve regorge par-dessus tous ses bords, tout le temps de la moisson » (3 : 15 ; 1 Chr. 12 : 15). Or, avec les soldats, devaient aussi passer les femmes, les enfants, les troupeaux et le matériel de campement, y compris le tabernacle ; on mesure alors la grandeur de l’obstacle que constituait ce cours d’eau. A moins d’un miracle, la traversée était irréalisable.

                        Deuxième obstacle : les habitants du pays

            Israël n’allait pas s’installer dans le pays comme un nouveau locataire prend possession d’un appartement vide. Au contraire. Les occupants devaient en être délogés et le pays conquis mètre après mètre, les autochtones étant bien déterminés à défendre chèrement leur patrimoine. A leur sujet, nous apprenons :
                   - qu’ils formaient un peuple, innombrable, « comme le sable qui est sur le bord de la mer » (11 : 4),
                   - qu’ils étaient tous de vaillants guerriers (10 : 2),
                   - que certains d’entre eux étaient de haute taille et qu’ils habitaient de grandes villes « murées jusqu’aux cieux » (Deut. 1 : 28).

            De quoi perdre courage avant d’entreprendre cette « folle » expédition !

                        Troisième difficulté : la méconnaissance du pays

            Les Cananéens ont un net avantage sur l’envahisseur : ils connaissent bien le pays montagneux qu’ils habitent depuis de longs siècles.
            Certes, Josué a été parmi les douze espions envoyés par Moïse pour explorer le pays (Nom. 13 : 8, 17) ; mais ce voyage a été trop rapide pour qu’il en garde un souvenir précis quarante ans plus tard. En vérité, il s’engage maintenant dans des contrées qui lui sont inconnues. C’est pourquoi Josué fait partir deux espions en leur disant : Allez, voyez le pays » (2 : 1).
            Au seuil de la conquête, le chef d’Israël peut rester perplexe. Ne court-il pas le risque de se fourvoyer dans ce pays montagneux plein de secrets pour lui ?

                        Quatrième difficulté : les dimensions du pays

            Le verset 4 donne les limites d’un territoire très vaste à conquérir. Il va du désert d’Arabie au sud jusqu’au Liban tout au nord, de la Méditerranée à l’ouest jusqu’à l’Euphrate à l’est. La lutte en perspective s’avérait interminable. Déjà très vieux, Josué pouvait désespérer de voir un jour cesser les combats. D’ailleurs, Israël n’a jamais atteint ces limites ; les conquêtes n'ont pas dépassé la rivière appelée Torrent d’Egypte au sud, et le massif de Basan à l'est.
            Plus tard, lorsque les auteurs sacrés préciseront les frontières du pays, ils emploieront deux formules équivalentes : « Depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba » (Jug. 20 : 1) ou « depuis l'entrée de Hamath jusqu’au torrent d’Egypte » (1 Rois 8 : 65).

 

LES PROMESSES DE L'ETERNEL

            Il est intéressant de noter ici qu’à chaque difficulté - nous venons d’en signaler quatre - correspond une promesse de l’Eternel qui rend possible l’exécution de l’ordre divin. Sans de telles promesses, jamais Josué n’aurait osé proposer le départ à ses hommes.

                        Au sujet du passage du Jourdain

            Au premier obstacle correspond cette promesse : « Comme j’ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi » (v. 5). Ce qui signifie pour Josué : Du temps de Moïse, j’ai partagé les eaux de la mer Rouge. Je peux donc, à plus forte raison, vous frayer un passage à travers le Jourdain. Et ce que j’ai accompli pour ton prédécesseur, je le ferai également pour toi.
            Josué a compris : trois jours plus tard, il s’avancera avec confiance vers le fleuve, persuadé que Dieu va intervenir comme autrefois.

                        Au sujet de la présence des Cananéens 

            Au deuxième obstacle correspond la promesse d’un succès total : « Personne ne tiendra devant toi » (v. 5). Donc les Cananéens ne sont plus un obstacle puisque l’Eternel des armées les a, d’avance, écrasés. Qui pourra Lui résister ? Avec une telle promesse disparaît la deuxième difficulté.

                        Au sujet de la méconnaissance du pays

            Au troisième obstacle correspond une promesse qui donnera courage à tous : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l'ai donné » (v. 3). Donc en avant, puisque l’Eternel promet qu’il ne restera pas un seul pouce de terrain aux mains de l’ennemi.

                        Au sujet des dimensions du pays

            Enfin, le quatrième obstacle laissait présager une lutte interminable et Josué pouvait douter d’en voir le bout. Il est certainement rassuré lorsqu’il entend l’Eternel lui promettre : « Toi, tu feras hériter à ce peuple le pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner » (v. 6). La conquête s’annonce donc relativement brève, puisque le chef d’Israël, au soir de la vie, approche des quatre-vingt-dix ans.
 

LES CONDITIONS DU SUCCES DE L’EXPEDITION

            En formulant ses recommandations, l’Eternel précise à plusieurs reprises à son serviteur que la réalisation de ses promesses est certaine :
                   - « afin que tu prospères partout où tu iras » (v. 7)
                   - « alors tu feras réussir tes voies » (v. 8)
                   - « alors tu prospéreras » (v. 8).

            Mais Dieu n’interviendra pas automatiquement en faveur des siens. Nous voyons que la réalisation de ces promesses est soumise à certaines conditions. « Seulement... » (v. 7). Il exige d’eux la confiance en Lui, la méditation de la Loi et l'obéissance à celle-ci.

                        La foi, la confiance totale en son Nom

            « Fortifie-toi et sois ferme » (v. 6). Cette exhortation, répétée quatre fois dans ce chapitre (v. 6, 7, 9, 18), pourrait se traduire ainsi : Fais un effort pour avoir confiance, compte sur Moi et crois au succès de l’expédition projetée.
            Quarante ans auparavant, les Israélites rebelles avaient douté de la parole de l’Eternel. Ils avaient refusé d’entrer en Canaan (Nomb. 14) et tous avaient péri dans le désert sans connaître le pays promis, but de leur voyage. Le Nouveau Testament révèle « qu’ils ne purent y entrer à cause de l'incrédulité » (Héb. 3 : 19). Plus tard, Josué et ses hommes ont cru en la puissance du Dieu des armées. Alors les eaux du fleuve leur ont livré passage et les murailles de Jéricho se sont écroulées sous leurs yeux (3 : 16 et Héb. 11 : 30).

                        La méditation persévérante de toute la Loi

            C’est la deuxième condition exigée : « Que ce livre de la loi ne s’éloigne pas de ta bouche, et médite-le jour et nuit » (v. 8).
            La lecture des Ecritures nous ramène à Dieu et nous apprend à mieux Le connaître, tout en nous incitant à veiller sur notre conduite ; en un mot, elle fortifie notre foi et développe notre amour pour le Seigneur. D’où son importance.
            A ce sujet, notons :
                   a) Que Dieu recommande de méditer les Ecritures et non pas seulement de lire la Parole ou d’en faire l’étude. Méditer, c’est proprement réfléchir sur le sens et la portée pratique des textes étudiés.
                   b) Qu’il est nécessaire de lire la Bible, non pas mentalement, comme on le fait d’ordinaire, mais à voix basse - « de ta bouche » - de manière audible et sans hâte. Notre oreille doit aussi percevoir la Parole de Dieu afin d’en conserver plus sûrement la mémoire.
                   c) Qu’il faut la méditer avec persévérance, « jour et nuit », pour être plus résolu à l’observer, et surtout pour vivre dans une communion plus constante et plus étroite avec le Seigneur.
                   d) Enfin, elle doit être lue tout entière : « toute la loi » (v. 7), « tout ce qui est écrit » (23 : 6), sans en négliger une seule de ses parties. Rejeter un passage qui nous déplaît ou nous accuse, supprimer un texte parce qu’il dépasse notre raison est, de fait, une désobéissance qui attriste l’Esprit qui l’a inspiré (2 Tim. 3 : 16).

                        L'obéissance à la Loi

            Telle est la troisième condition du succès de l’entreprise. Certes, méditer l’Ecriture est chose excellente, mais cette activité reste inutile et inopérante si Dieu n’est pas obéi : « Sois très ferme, pour prendre garde à faire selon toute la loi... ne t’en écarte ni à droite ni à gauche » (v. 7). « Fortifiez-vous beaucoup pour garder et pour pratiquer tout ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse, afin de ne vous en écarter ni à droite ni à gauche » (23 : 6).
            Pour nous, il en va de même : il n’y a pas de vie chrétienne solide ni de victoire sur le péché sans un contact permanent avec les Saintes Ecritures. Il n’y a pas non plus de progrès possible sans l’entière obéissance à la Parole écrite.

 

D'après A. Adoul

 

A suivre