Le livre de l'Apocalypse (3b)

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LE LIVRE DE L’APOCALYPSE  (3b)


CHAPITRE  3 (suite)

Laodicée
Epilogue de l’histoire de l’Assemblée sur la terre


Laodicée

            Laodicée marque le terme de l’histoire prophétique de l’assemblée. Que notre conscience et notre cœur soient profondément sensibles au message qui lui est adressé !

            Elle apparaît à la fin comme caractérisant le dernier état de la profession chrétienne : la tiédeur et le manque de cœur pour Christ et son service sont associés à beaucoup de prétentions dans les capacités humaines.
            Ephèse et Laodicée sont les seules des sept assemblées mentionnées ailleurs dans le Nouveau Testament (Col. 4 : 15-16). Proche de Colosses, dans la province romaine de Phrygie, Laodicée était, aux temps apostoliques, une ville très riche. On y fabriquait des vêtements de prix. Des sources d’eaux chaudes médicinales en avaient fait une station thermale réputée ; en outre, on y soignait les maladies des yeux, grâce à un collyre fameux, le « baume de Phrygie ». Depuis les sources des montagnes avoisinantes, l’eau de la ville était amenée par un long aqueduc à ciel ouvert. Dans le climat d’Asie mineure, l’eau n’était pas souvent fraîche, et les habitants devaient se contenter d’une eau tiède.
            Ces détails matériels aideront à mieux comprendre le message spirituel que l’Esprit adresse à Laodicée. Au reste, son nom même, qui signifie « les droits de l’homme », résume bien l’état moral de l’assemblée. Ainsi, dans la profession chrétienne, les droits de l’homme ont remplacé les justes droits de Christ sur son Assemblée. Aussi le Seigneur est-il vu maintenant comme en dehors de l’assemblée pour prononcer à son encontre la menace d’un rejet irrévocable.
            Voilà le dernier état de l’Assemblée responsable, qui aurait dû rendre devant le monde un témoignage à la vérité et à la grâce de Dieu.
            Historiquement, l’état de Laodicée accompagne rapidement chaque réveil, et se manifeste de façon de plus en plus visible de nos jours.


                        • Les caractères de Christ (v. 14)

            Christ entre en scène pour reprendre sur Lui le témoignage que l’Assemblée a cessé de porter et pour le continuer sous une autre forme dans son royaume terrestre. C’est pourquoi les trois caractères sous lesquels le Seigneur se présente à Laodicée sont si remarquables, différents de ceux sous lesquels Jean l’avait vu comme Fils de l’homme (1 : 13-16), mais merveilleusement adaptés à cette dernière phase de l’histoire de l’Eglise.

                  1. « L’Amen ». Il est celui en qui s’accomplissent toutes les promesses : « en effet pour toutes les promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen » (2 Cor. 1 : 20). Toute la vérité divine repose sur la personne de Christ, et sa puissance sur l’efficacité de son œuvre.

                  2. « Le Témoin fidèle et véritable », car « le témoin fidèle ne ment pas » (Prov. 14 : 5) ; l’Esprit le souligne quand l’Assemblée cesse d’être un vrai témoin.

                  3. « Le Commencement de la création de Dieu ». Il s’agit de la nouvelle création, sur laquelle Christ est établi comme Chef sur toutes choses, la gloire et le témoin permanent de cette création. L’Assemblée, comme corps (ou plénitude) de la Tête qui est Christ, participe à cette création. Comme une sorte de prémices des créatures de Dieu (Jac. 1 : 18), tous les vrais croyants, créés de nouveau en Christ, sont une nouvelle création en Lui (Eph. 4 : 24 ; 2 Cor. 5 : 17). Sur la terre, les croyants auraient dû manifester, individuellement et collectivement, la puissance de « la création de Dieu » par le Saint Esprit. Ce témoignage n’a pas été rendu fidèlement ; aussi Christ apparaît-Il pour le déployer maintenant d’une manière effective. Le sentiment de la ruine publique de l’Eglise ne devrait jamais nous quitter, non pas pour en imputer la responsabilité à d’autres, mais pour nous amener à juger notre propre culpabilité dans une vraie humiliation. Néanmoins, l’Assemblée a toujours part à « ce qui demeure » (2 Cor. 3 : 11), ce que Christ possède. Lui-même en est toujours le sûr fondement et le vrai commencement, et sa chère Eglise est liée à Lui pour toujours.


                        • Les œuvres de Laodicée et le blâme du Seigneur (v. 15-16)

            La tiédeur, premier caractère de Laodicée, explique tous ses maux. Elle est mise à jour par le Seigneur, qui lui dit par trois fois : tu n’es « ni froid ni bouillant », mais tu es « tiède ». Ce n’était pas une faute accidentelle, mais un état de choses établi.
                  – Laodicée n’est pas froide : elle ne rejette pas ouvertement le christianisme comme le font l’athéisme, le rationalisme, etc.
                  – Laodicée n’est pas bouillante : il y avait longtemps que les cœurs ne brûlaient plus pour Christ.
                  – Laodicée est tiède : le manque d’amour, le pire de tous les maux, se traduit par une indifférence coupable à l’égard du Seigneur et de ses intérêts. De son temps, l’apôtre Paul disait déjà : « Tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ » (Phil. 2 : 21). En face de cet état, le Seigneur est dehors et prononce sur l’assemblée un jugement inexorable : « Je vais te vomir de ma bouche », sans même lui parler de son retour. Il n’y a pas de parole plus terrible dans la bouche de notre Sauveur. Cet état, nauséeux pour Lui, d’indifférence et de suffisance, Lui est insupportable ! C’est un réel outrage à sa grâce.
            Pourtant, le Seigneur considère encore Laodicée comme une assemblée, et continue à appeler les quelques fidèles qui s’y trouvent. Après son retour pour les enlever auprès de Lui, Il « vomira » la masse infidèle qui sera frappée comme tous ceux qui auront porté le nom de chrétiens, sans avoir la vie de Dieu.

            Le Seigneur dévoile alors les deux aspects du portrait de Laodicée :
                  – D’un côté, sa propre estimation : riche… enrichi… n’ayant besoin de rien.
                  – De l’autre côté, son véritable état pour Christ : « le malheureux et misérable, pauvre, aveugle et nu ».
            Et Laodicée n’a aucune conscience de son état, pas plus que Samson qui « ne savait pas que l’Eternel s’était retiré de lui » (Jug. 16 : 20), ou qu’Ephraïm au temps du prophète Osée : « Des étrangers ont consumé sa force, et il ne le sait pas. Des cheveux gris sont aussi parsemés sur lui, et il ne le sait pas » (Osée 7 : 9).


                        • Le conseil du Seigneur en face des maux de Laodicée (v. 18)

            Trois maux caractérisent Laodicée, et le Seigneur lui propose (en s’adressant à l’ange de l’assemblée) un remède qu’elle peut acquérir par une repentance véritable. Il faut « acheter » à Christ lui-même : « Je te conseille d’acheter de moi ».

                  1. « Malheureux, misérable et pauvre » quant à Dieu, tel est l’état de Laodicée, bien qu’elle s’estime elle-même riche, enrichie en valeurs intellectuelles, mondaines et sociales. Tout le contraire de Smyrne, réellement riche, mais que le monde estimait pauvre. Or, les vraies richesses sont spirituelles et morales, et Laodicée les a perdues. Christ seul peut les lui rendre : de l’or passé au feu, symbole de la justice divine éprouvée par le jugement.

                  2. « Nu », sans vêtements, voilà le deuxième caractère. C’est être sans Christ, privé du privilège du chrétien que l’apôtre Paul décrit aux Galates : « Vous avez revêtu Christ » (Gal. 3 : 27). Dans la honte qui s’attache à cette position de nudité, Laodicée (spirituellement parlant) ne peut pas s’approcher de Dieu pour rendre culte.
            Le remède divin à la nudité spirituelle de Laodicée, ce sont les vêtements blancs, le salut et la justice divine en Christ, qui remplacent le vêtement souillé des justices humaines (Es. 61 : 10 ; 64 : 6). Pour cela, il faut déchirer son cœur, en signe de vraie repentance (Joël 2 : 13).
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                  3. « Aveugle » enfin, Laodicée l’est aussi ; elle est aveuglée par Satan, le dieu de ce siècle qui aveugle les pensées des incrédules (2 Cor. 4 : 4). Triste similitude avec l’état des pharisiens endurcis et orgueilleux, eux dont le péché demeurait. Par contraste, le Seigneur seul donne la vue (Jean 9 : 25, 30, 40-41), et éclaire les yeux du cœur (Eph. 1 : 18) : voilà le vrai collyre pour oindre les yeux.
            Laodicée doit acheter gratuitement de Christ : de l’or, des vêtements blancs et un collyre. Nous sommes invités aussi à acheter la vérité (Prov. 23 : 23), du vin et du lait (Es. 55 : 1), et enfin de l’huile (Matt. 25 : 9). Au total, sept choses essentielles.


                        • L’appel à la repentance  (v. 19-20)

            Jusque-là, le Seigneur s’est adressé à l’ange de l’assemblée de Laodicée. Maintenant, Il élargit son message pour déclarer un principe général de son gouvernement à l’égard des siens : sa discipline, qu’elle s’exerce en blâme ou en châtiment, est la preuve de son amour. Pensée solennelle, à laquelle la Parole nous invite à prêter la plus grande attention (Prov. 3 : 11-12 ; Héb. 12 : 5-6) !
            Laodicée est la seule des sept assemblées pour laquelle le Seigneur ne souligne aucune chose qui Lui plaise. Pourtant, son amour demeure, et Il invite encore à la repentance. Il est vu comme dehors, et Il frappe à la porte du cœur de ceux qui sont à l’intérieur de l’assemblée. L’appel est maintenant individuel (si « quelqu’un »), et la réponse doit être individuelle. Il faut entendre la voix du Sauveur, puis Lui ouvrir.
            La promesse est touchante ; elle n’est pas pour Laodicée dans son ensemble, mais pour le fidèle qui répond à l’appel de son Seigneur. C’est une promesse de communion avec Lui, avec sa glorieuse Personne, et avec Lui au sujet de son Eglise. Goûtée dès maintenant sur la terre, cette bénédiction se prolongera pour l’éternité dans le ciel.


                        • La promesse au vainqueur et l’exhortation à écouter (v. 21- 22)

             Bien que le vainqueur à Laodicée soit probablement celui qui se repent et qui ouvre la porte, la promesse qui lui est faite diffère de la précédente. Elle se limite au gouvernement du royaume terrestre. Christ avait déjà conféré à ses douze disciples un royaume, et l’autorité sur les tribus d’Israël (Luc 22 : 29-30). Tous les saints célestes (de l’Ancien Testament et de l’Eglise) seront aussi associés à Christ dans le règne millénaire (Apoc. 20 : 4 ; 1 Cor. 6 : 2). La promesse prend ici une valeur spéciale, parce que Christ se présente Lui-même comme le grand vainqueur : Il a vaincu le monde (Jean 16 : 33), la mort et son prince (Héb. 2 : 14), Satan et les puissances spirituelles de méchanceté (Héb. 2 : 14 ; Col. 2 : 15). En conséquence, sa place est d’être assis avec son Père, sur son trône.
            D’un ordre moins élevé que les promesses faites dans les lettres aux six autres assemblées, celle qui est faite au vainqueur à Laodicée reste précieuse et encourageante, bien en rapport avec le triste état de cette dernière phase de l’Eglise.
            Et pour la dernière fois, le message se termine par l’exhortation individuelle à écouter ce que le Saint Esprit dit aux (sept) assemblées.

 

Epilogue de l’histoire de l’Assemblée sur la terre

            L’histoire de l’Eglise primitive, vue dans son ensemble, telle que formée par le service des apôtres (Éphèse, Smyrne et Pergame), se termine par Thyatire qui sombre dans le cléricalisme et la corruption ; elle subsiste jusqu’à la fin, c’est-à-dire jusqu’au retour du Seigneur et au jour du jugement (en particulier celui de la chrétienté qui a renié la foi). Alors, la grande Babylone aura réuni en son sein tous les chrétiens professants de la terre. Actuellement, toute tentative œcuménique est donc vouée à l’échec. Après l’enlèvement de l’Eglise, le seul regroupement selon Dieu sera de lier l’ivraie « en bottes pour la brûler », et ce travail n’est pas confié à des hommes, mais à des anges (Matt.13 : 30, 37-42).
            L’histoire parallèle du protestantisme jusqu’à la venue du Seigneur est aussi triste que celle de l’Eglise primitive. Sardes, issue directement de la Réforme, est atteinte d’un sommeil mortel ; si elle continue jusqu’au bout, c’est pour être jugée comme le monde. Laodicée, qui apparaît la dernière sur la scène, sombre dans le ritualisme et sera vomie par Christ au jour du jugement. Philadelphie subsiste jusqu’à la fin, en présence de Thyatire, de Sardes et de Laodicée. Seule, elle répond à la pensée de Christ et lui procure de la joie.
            Quelques-uns ont pensé qu’un troisième réveil pourrait encore se produire dans l’Eglise avant le retour du Seigneur. Or Dieu a suscité en leur temps deux grands réveils : la Réforme et le « cri de minuit ». Rien n’indique dans sa Parole qu’ils se répèteront dans leur ampleur au sein des pays christianisés.
            Où se trouvent Sardes, Philadelphie et Laodicée de nos jours ? Des croyants sincères se sont trompés en voulant assimiler telle dénomination chrétienne à l’une ou l’autre de ces trois églises de la fin. En particulier, quiconque penserait porter personnellement le caractère de Philadelphie ou prétendrait que le rassemblement auquel il se rattache représente cette église, démontrerait par là qu’il est gouverné par la prétention de Laodicée.
            Gardons plutôt le souvenir des témoins fidèles qui ont tracé ce chemin du témoignage : Christ tenait leur cœur et leurs affections dans sa main. Sans autre prétention que de chercher à être fidèle au Seigneur dans un temps de ruine, appliquons-nous simplement à imiter leur foi (Héb. 13 : 7). Essayons ainsi de faire revivre quelques manifestations de l’esprit du réveil !
            « Et je laisserai au milieu de toi un peuple affligé et abaissé, et ils se confieront au nom de l’Eternel » (Soph. 3 : 12).


D’après « Sondez les Ecritures » (vol. 15)


A suivre