Méditations suivies : 1ère épître à Timothée (3)

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PREMIERE EPITRE A TIMOTHEE (3)

 
 CHAPITRE 3
 
          
Qualifications du surveillant (v. 1-7)
         Qualifications du serviteur (v. 8-13)
         L’assemblée, la vérité et Christ (v. 14-16)

Qualifications du surveillant (v. 1-7)

            De la même manière qu’il avait encouragé les Corinthiens à désirer avec ardeur les dons de grâce (1 Cor. 12 : 31), Paul écrit ici à son enfant spirituel Timothée que si quelqu’un aspire à la charge de surveillant, il désire une œuvre bonne. Les deux objectifs sont positifs et nécessitent amour et dévouement pour le Seigneur Jésus, le souhait de le servir dans la dépendance et l’obéissance.
            L’expression « charge de surveillant » désigne la fonction du surveillant. La présente lettre nous fournit très peu de renseignements sur le service lui-même. Les « anciens » mentionnés plus loin (5 : 17) sont les mêmes personnes ; Actes 20 : 17, 28 et Tite 1 : 5, 7 le montrent clairement. Le terme « ancien » (grec : episkopos) semble insister sur la substance de cette fonction, qui comprend le service pastoral dans la localité où ils habitent (Act. 20 : 28 ; 1 Pier. 5 : 2). Les surveillants ou les anciens ont toujours été choisis dans les différentes assemblées par l’autorité apostolique (Act. 14 : 23 ; Tite 1 : 5). Il s’agit donc d’une fonction qui n’existait qu’au commencement du christianisme.
            Les devoirs des surveillants ou anciens peuvent toutefois encore être remplis de nos jours par des hommes fidèles jouissant d’une certaine autorité spirituelle. Ils ne peuvent sans doute plus être nommés à une fonction de surveillant, étant donné que personne n’a plus ni l’autorité ni le droit de le faire. Mais si, d’après les enseignements de l’Ecriture Sainte, il n’existe plus aujourd’hui de surveillants officiels, nous sommes tenus de reconnaître et d’estimer de tels frères qui, par leur exemple, mènent une vie de foi. « Quand il n’y a pas de direction le peuple tombe », dit le roi Salomon (Prov. 11 : 14). Pour cette raison, les versets qui suivent sont d’une brûlante actualité. Les qualités qui pour un surveillant étaient des conditions absolues pour l’accomplissement de son service devraient être sur le cœur de tout croyant.
 

            La première qualité exigée du surveillant, c’est qu’il soit irrépréhensible (v. 2) ; cette recommandation d’ordre général nécessite d’être explicitée par un ensemble de quatorze exigences particulières qui concernent le comportement moral du surveillant, plutôt que ses dons spirituels.
                    – 1. Tout d’abord, il devait être le « mari d’une seule femme ». Seul un frère marié était en mesure de remplir - aussi bien dans les familles qu’auprès des sœurs non mariées - ses obligations d’ancien, ce qui pour un célibataire aurait été parfois difficile, voire inopportun. En fait, l’accent est mis ici sur l’expression « une seule » femme. Paul ne vise pas ici la polygamie, qui à cette époque n’était courante ni chez les Juifs ni chez les Grecs, mais la pureté de la vie conjugale selon la pensée de Dieu. Chez les Juifs le divorce était répandu (Matt. 19 : 3) ; chez les Grecs, c’était plutôt la fornication et l’adultère (1 Cor. 6 : 9-11). Un surveillant ayant manqué sous ce rapport ne pouvait pas être un modèle pour les autres.

                    – 2. Deuxièmement, il devait être « sobre », c’est-à-dire libéré de toute influence ne provenant pas de la Parole de Dieu. Etre rempli du Saint Esprit est la véritable sobriété (Eph. 5 : 18).
                    – 3. Si la sobriété est exigée pour juger justement de toute affaire, la sagesse est ensuite nécessaire pour l’accomplir.

                    – 4. A cette sagesse intérieure correspond en quatrième lieu une honorabilité extérieure marquée par le sérieux et la dignité.
                    – 5. Le cinquième caractère du surveillant était l’hospitalité, un privilège plusieurs fois mentionné dans l’Ecriture comme étant la part de tous les croyants. Mais dans ce domaine également le surveillant doit montrer l’exemple.

                    – 6. En sixième lieu, le surveillant devait être « capable d’enseigner ». Il ne lui était pas demandé d’avoir un don de docteur (Eph. 4 : 11), mais il devait posséder la connaissance et l’aptitude de présenter les vérités de la Parole de Dieu à ses frères et sœurs de la localité où il servait.

            Le verset 3 mentionne maintenant cinq exigences morales, dont quatre précisent ce qui n’était pas admis chez le surveillant.
                    – 7. Il ne devait pas être « adonné au vin ». Dans les régions où le vin est une boisson journalière, il se peut que l’on y soit plus facilement assujetti. Pour cette raison le Nouveau Testament nous adresse plusieurs exhortations concernant le danger de boire de l’alcool car « c’est une voie de débauche » (Eph. 5 : 18 déjà cité). Celui qui, à cet égard, perdait le contrôle de lui-même, ne pouvait pas être un modèle du troupeau.

                    – 8. En outre, il ne devait pas être « brutal ». Celui qui par ses gestes ou ses paroles use de violence pour s’imposer, ne marche pas sur les traces du Seigneur « qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas l’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pier. 2 : 23).

                    – 9. L’apôtre demande plutôt le caractère inverse : le surveillant devait être doux, modéré et manifester ainsi, d’après Jacques 3 : 17-18, un caractère de la sagesse d’en haut et selon 2 Corinthiens 10 : 1 un trait caractéristique du Seigneur Jésus lui-même.

                    – 10. Le surveillant n’avait pas non plus le droit d’être « querelleur », c’est-à-dire d’imposer sa propre opinion ou son droit. Comme esclave de Christ, son but constant devait être de gagner avec douceur les opposants, pour le Seigneur (2 Tim. 2 : 24).

                    – 11. Finalement le surveillant ne devait pas aimer l’argent. Tous les croyants sont mis en garde contre ce danger aux versets 5 et 9 du chapitre 6, car la cupidité, qui trouve son expression dans l’amour de l’argent, est de l’idolâtrie (Col. 3 : 5).

                    – 12. Dans les versets 4 et 5, les deux nouveaux caractères du surveillant concernent sa responsabilité dans le cercle restreint de sa famille. S’il était défaillant dans ce domaine, il ne pouvait pas être un modèle d’autorité morale pour l’assemblée. La propre maison comprenait l’épouse, les enfants et le cas échéant les esclaves. Il s’agissait donc en premier lieu de conduire son foyer de la bonne manière. Pour souligner l’importance de cette exhortation, Paul pose la question : « Si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’assemblée de Dieu ? ». La sollicitude pratique pour l’assemblée locale n’est pas une affaire secondaire. C’est l’assemblée de Dieu, son troupeau. Tout serviteur du Seigneur devrait toujours en être conscient.

                    – 13. En dernier lieu, il est précisé qu’un homme converti depuis peu ne pouvait pas être surveillant (v. 6). Car un nouveau converti n’a pas encore suffisamment appris à connaître la perversité de son cœur, ainsi que la grâce de Dieu qui garde et qui relève. Si une telle charge de responsabilité lui avait été conférée, le danger existait pour lui de se donner de grands airs, de devenir présomptueux et par là de tomber dans le péché qui a conduit Satan à la chute et à la condamnation. Dans son arrogance, « ce chérubin oint » d’autrefois s’est élevé contre Dieu (Es. 14 : 12-15 ; Ezé. 28 : 12-19). Après sa chute il a essayé d’entraîner derrière lui aussi bien le premier que le second homme (Gen. 3 : 5 ; Matt. 4 : 8-10).

                    – 14. Finalement, un bon témoignage de « ceux de dehors » est requis, c’est-à-dire de ceux qui n’appartiennent pas au témoignage de Dieu sur la terre (1 Cor. 5 : 12 ; Col. 4 : 5). Au cas où il y aurait des reproches justifiés à lui adresser concernant ses affaires par exemple, un tel surveillant serait pris en faute, et Satan aurait gagné la partie.
 

            Ainsi, toutes ses qualités morales et son témoignage devant le monde devaient prouver que celui qui aspirait à la charge de surveillant, était bien « irrépréhensible » (v. 2).

 

Qualifications du serviteur (v. 8-13)

            Le terme « serviteur » (en grec : diakonos) désigne dans les épîtres du Nouveau Testament les serviteurs de Dieu (2 Cor. 6 : 4 ; Eph. 6 : 21 ; Col. 1 : 7). En Philippiens 1 : 1 et dans notre passage, le contexte dans lequel ce terme est employé ne laisse aucun doute quant au fait qu’il s’agissait – comme pour les surveillants – d’hommes reconnus dans les assemblées où ils se trouvaient, et qui y remplissaient des fonctions particulières. On admet généralement que cette fonction de serviteur ou de diacre correspondait au service des sept hommes mentionnés en Actes 6 : 1-6, quoique ces derniers ne soient jamais appelés serviteurs. A la différence des surveillants ou anciens, les sept hommes avaient été choisis par les frères de Jérusalem ; le seul rôle des apôtres a été de prier et ensuite de leur imposer les mains. En accord avec cela, Tite avait reçu l’ordre d’établir des anciens, et non des serviteurs - dont il ne parle du reste pas. Dans notre épître où il n’est pas question de nomination, mais des qualifications nécessaires, les deux charges sont mentionnées.
            Tandis que les surveillants étaient particulièrement responsables de la prospérité spirituelle de l’assemblée locale, les serviteurs étaient compétents pour les choses extérieures, matérielles, ainsi que nous en instruit Actes 6. Etant donné qu’ils travaillaient, les uns comme les autres, dans l’assemblée de Dieu, l’auteur inspiré exige le même soin dans l’appréciation des caractères des serviteurs que dans celle de ceux des surveillants. Il est vrai que les exigences concernant les serviteurs ne sont pas aussi rigoureuses que celles requises des surveillants, mais elles s’accordaient en beaucoup de points. Nous apprenons par là que les choses qui paraissent insignifiantes doivent être traitées avec un grand sérieux dans l’assemblée de Dieu !

                    – 1. La dignité était précisément le caractère préalable requis du serviteur, une qualité qui est également exigée de leurs épouses (v. 11) et d’une manière générale des hommes âgés (Tite 2 : 2) ; elle doit aussi occuper les pensées de tous les croyants (Phil. 4 : 8).

                    – 2. Les serviteurs ne devaient pas avoir un double langage. Dans ce service, caractérisé par la justice en paroles et en actions, il aurait été particulièrement nuisible qu’un serviteur tienne un langage différent à deux personnes, ou que ses pensées ne soient pas en accord avec ses paroles.

                    – 3. Les serviteurs ne devaient pas être « adonnés à beaucoup de vin » - une formulation qui traduit moins de rigueur que celle employée pour les surveillants.
                    – 4. Ils ne devaient pas accomplir leur service dans l’intention d’en tirer un gain (Tite 1 : 7 ; 1 Pier. 5 : 2). Combien cette condition était nécessaire pour celui à qui incombait principalement la répartition de biens matériels : c’était l’argent des saints !

                    – 5. Le caractère éminent du service du diacre est relevé ensuite (v. 9). Pour Dieu, tout ce qui concerne les siens est important et lié d’une façon indissoluble à la vérité révélée. Pour cette raison, les serviteurs devaient garder le mystère de la foi dans une conscience pure. Dieu a confié aux siens un trésor qu’eux seuls possèdent et connaissent. Ce trésor n’est toutefois pas une affaire de raison – bien que la raison soit le canal de la réception – mais il est pour le cœur et la conscience, purifiés par la vérité. Une conscience pure est le seul vase approprié pour garder le mystère de la foi. Les serviteurs ne devaient pas seulement connaître la vérité, mais leur vie devait la traduire. Alors seulement ils seraient capables d’accomplir leur fonction avec des sentiments justes et d’une manière convenable.

            Comme pour le choix des surveillants, on devait agir avec prudence lors de celui des serviteurs. Pour cette raison, ils devaient d’abord être « mis à l’épreuve » (v. 10). Il ne s’agit probablement pas d’un examen ou d’une période d’essai, mais de l’appréciation d’une personne et de sa marche. Cela exige un certain temps. Une confiance aveugle, précipitée, était hors de place. Ailleurs, l’apôtre fait mention d’un frère, « dont souvent, en bien des affaires, nous avons éprouvé le zèle », qui devait apporter avec Tite un don en argent (2 Cor. 8 : 22). Sitôt cette preuve faite, le serviteur pouvait accomplir sa mission. 

            Les instructions concernant les serviteurs sont interrompues par les paroles : « De même, que les femmes… » (v. 11). Bien que les qualités requises s’appliquent à toutes les sœurs, le contexte ne permet pas de penser à une exhortation générale. Les femmes mentionnées dans ce verset 11 ne sont pas des servantes employées par l’assemblée, mais les épouses des diacres. Ce qui aurait été inutile, voire déplacé chez les surveillants, avait son importance chez le serviteur : l’aide de sa femme dans son travail pour le bien de l’assemblée. Connaissant des éléments de la vie privée des croyants de l’assemblée locale, il fallait qu’elles soient dignes comme leurs maris, les serviteurs, qu’elles ne colportent pas ou qu’elles ne déforment pas ce qu’elles avaient entendu, qu’elles soient sobres et fidèles en toutes choses. Ces qualités correspondent en quelque sorte à celles des serviteurs.

            Au verset 12, l’apôtre Paul revient aux caractères des serviteurs qui, comme les surveillants, devaient être les modèles des croyants dans la pureté de leur vie conjugale, dans l’éducation de leurs enfants et dans la responsabilité au sein de leurs propres maisons. En accomplissant leurs devoirs avec dévouement, fidélité et persévérance, même s’ils paraissent insignifiants à d’autres, ils auront « bien servi ». C’est là la condition préalable qui permettra au Seigneur de leur confier davantage.
            Deux des sept hommes à Jérusalem constituent à cet égard de beaux exemples :
                    - Etienne est devenu le premier martyr dans l’Assemblée. Par le fait d’avoir suivi son Seigneur jusqu’à la mort, en l’imitant au point d’éprouver des sentiments analogues (comp. Act. 7 : 59-60 avec Luc 23 : 34), il a atteint la proximité suprême avec son Maître, dans son service.

                    -Philippe est l’exemple de la hardiesse. Il a annoncé l’évangile aux Samaritains et à l’eunuque de Candace (Act. 8 : 26-40), et il est le seul homme dans le Nouveau Testament à être appelé « l’évangéliste » (Act. 21 : 8) ! Il est bien l’exemple d’un bon serviteur ayant acquis une grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus !

 

L’assemblée, la vérité et Christ (v. 14-16) 

            Paul interrompt ici ses enseignements pour donner une explication brève, mais substantielle et en définitive, fondamentale. Sans doute espérait-il bientôt revenir du voyage mentionné au verset 3 du chapitre 1, mais il n’était pas certain que son souhait se réaliserait. Dans sa sollicitude pour Timothée et pour l’assemblée à Ephèse, il écrit cette lettre.
            Les versets 14 à 16, placés au centre de cette épître, contiennent trois pensées dominantes :
                    – 1. La responsabilité concernant notre conduite (v. 15) ;

                    – 2. Le caractère de l’assemblée dans le monde (v. 15) ;
                    – 3. Le mystère de la piété (v. 16).

            Tout d’abord, Paul fait part à Timothée du but qu’il poursuivait en lui écrivant : lui communiquer, à lui qui avait à accomplir tout seul une si grande mission à Ephèse, des règles de conduite utiles dans la maison de Dieu. Quoique Timothée ait déjà beaucoup appris de Paul (2 Tim. 3 : 14), il lui manquait encore bien des éléments, qu’il allait recevoir par ce moyen. Mais il ne s’agit pas d’instructions valables seulement pour Timothée. Elles s’appliquent à tout enfant de Dieu, ce que suggère le passage du pronom à la tournure impersonnelle : « pour que tu saches comment il faut se conduire… ». Les paroles de l’apôtre s’adressent donc à tous ceux qui font partie de la maison de Dieu.
            Cette maison de Dieu est l’assemblée du Dieu vivant, l’habitation spirituelle visible de Dieu sur la terre. Elle est fondée sur le roc, Jésus-Christ (Matt. 16 : 18 ; 1 Cor. 3 : 11) et se compose selon le conseil de Dieu uniquement de pierres vivantes, c’est-à-dire de chrétiens nés de nouveau (1 Pier. 2 : 5). Les croyants ne sont toutefois pas seulement des pierres de la maison, mais ils y accomplissent des services en tant que sacrificateurs et serviteurs de Dieu ; ils portent en conséquence la haute responsabilité de se conduire avec une dignité en harmonie avec la sainteté de la maison de Dieu (1 Cor. 3 : 12-17). Mais la maison comme telle subsiste. Pour cette raison ses règles de conduite s’appliquent à nous aussi aujourd’hui.
            Les enseignements de la première épître à Timothée concernent non seulement les rassemblements autour du Seigneur, mais aussi notre marche de tous les jours, car comme chrétiens, nous sommes constamment dans la maison de Dieu. Face à l’inertie du paganisme et aux défaillances du judaïsme, le Dieu vivant a désigné son Assemblée pour être sur la terre « la colonne et le soutien de la vérité ». Christ lui-même est la vérité (Jean 14 : 6), et la Parole de Dieu le Père est la vérité (Jean 17 : 17). Après son œuvre rédemptrice, le Seigneur Jésus est remonté au ciel de sorte que, sur la terre, la vérité doit maintenant être mise en évidence par son Assemblée. Elle est la colonne sur laquelle est inscrite la vérité aux yeux du monde entier. Elle est également le soutien, le sûr fondement, sur lequel doit reposer la vérité de Dieu. Cette vérité de Dieu ne se trouve nulle part ailleurs.

            Quelle grande responsabilité Dieu a ainsi conférée à son Assemblée ! Les conditions préalables à la marche qui en découle ne sont pas en premier lieu les privilèges des enfants de Dieu, ni la connaissance des pensées de Dieu, un don pour parler ou encore des œuvres impressionnantes, mais une vie de piété, c’est-à-dire une vraie consécration à Dieu (v. 16). Sans doute le mystère de la piété est-il caché aux hommes de ce monde, mais pour les enfants de Dieu il est grand. Ce mystère n’est pas une doctrine, il est fondé sur la personne adorable de Jésus Christ, le Fils de Dieu devenu homme. Il est présenté au dernier verset de ce chapitre. Lui, le Témoin fidèle et véritable de Dieu (Jean 18 : 37 ; Apoc. 3 : 14), est également la source secrète d’une vie pour Dieu.

            Les six déclarations qui suivent concernent la personne du Fils de Dieu :
                    - « Dieu a été manifesté en chair ». Pour être « le médiateur entre Dieu et les hommes » (2 : 5), le Fils de Dieu a dû devenir homme. Personne d’autre ne pouvait être « manifesté en chair », car nous sommes chair par nature. Mais Lui « s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2 : 7) - un homme certes, mais en qui toute la plénitude de la déité s’est plu à habiter (Col. 1 : 19 ; 2 : 9). « La Parole devint chair et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité » (Jean 1 : 14).
                    - Il « a été justifié en Esprit » : cela concerne toute la vie du Seigneur. En toute chose Il était l’homme reconnu et approuvé de Dieu (Matt. 3 : 16-17), aussi bien dans ses actes (Luc 4 : 1, 14), que dans son œuvre expiatoire (Héb. 9 : 14) et dans sa résurrection (Rom. 1 : 4).

                    - Il « a été vu des anges », lui le Dieu invisible, lors de sa manifestation en chair. Quel moment pour ces créatures célestes, de louer leur Créateur couché dans la crèche de Bethléem (Luc 2 : 8-14) ! Les anges ont été les témoins de sa vie (Marc 1 : 12-13), de ses souffrances (Luc 22 : 43), de sa résurrection (24 : 4-7) et de sa glorification à la droite de Dieu (Act. 1 : 9-15).
                    - Il « a été prêché parmi les nations » ; le contraste est souligné entre l’époque de la Loi et la période actuelle de la grâce. Christ est maintenant prêché à tous les hommes et ainsi le témoignage de Dieu est porté dans le monde entier.

                    - Il « a été cru dans le monde » ; c’est la conséquence de la déclaration précédente. Elle la complète pour résumer les résultats éternels du témoignage divin en Christ. C’est seulement par la foi, que les hommes, ceux pour lesquels Il est venu dans ce monde, peuvent le connaître et être sauvés pour l’éternité.
                    - Il « a été élevé dans la gloire » ; cette dernière mention évoque l’ascension du Seigneur qui, dans la nuée de la gloire de Dieu est retourné comme homme là où, en tant que Dieu, Il a son habitation éternelle. Ce fut la réponse du Père à l’œuvre accomplie par son Fils (Jean 17 : 4-5).

            La description du mystère de la piété commence donc par l’incarnation du Fils de Dieu et se termine par l’élévation du Fils de l’homme glorifié dans le ciel. La puissance liée à une vraie piété et un tel témoignage vivant se fonde uniquement sur la merveilleuse personne de notre Sauveur. Ce n’est que dans la puissance de ce mystère que l’assemblée de Dieu peut faire face à sa responsabilité d’être la colonne et le soutien de la vérité, et que le croyant, considéré individuellement, peut se conduire convenablement dans la maison de Dieu.


                                                                                 D’après A. R – extrait de « Sondez les Ecritures » (vol. 10)

A suivre