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QUARANTE JOURS (2)

 
 

Les quarante jours de Moïse sur le Sinaï - la Loi et la grâce 

            La mention de « quarante jours » se trouve une deuxième fois dans l'Ecriture lorsque Moïse, sur le mont Sinaï, a reçu la Loi de la part de l'Eternel. Il y a eu en fait deux périodes de quarante jours, comme plus tard dans le ministère du Seigneur Jésus : la première avant de commencer son ministère, quand Il a été tenté dans le désert ; la seconde après sa résurrection.
            Pour Moïse, ces deux périodes sont mentionnées clairement en Deutéronome 9 et 10 ; nous y trouvons que la Loi a été donnée deux fois, en rapport avec ces deux « quarante jours » ; d'abord la Loi pure et simple ; ensuite la révélation de la miséricorde et de la longue patience est ajoutée à la Loi.
            Nous lisons : « Quand je montai sur la montagne pour recevoir les tables de pierre, les tables de l'alliance que l'Eternel avait faite avec vous, je demeurai sur la montagne quarante jours et quarante nuits ; je ne mangeai point de pain, et je ne bus point d'eau ; et l'Eternel me donna les deux tables de pierre, écrites du doigt de Dieu ; et sur elles étaient écrites toutes les paroles que l'Eternel vous avait dites sur la montagne, du milieu du feu, le jour de la congrégation ; et il arriva, au bout de quarante jours et de quarante nuits, que l'Eternel me donna les deux tables de pierre, les tables de l'alliance ; et l'Eternel me dit : Lève-toi, descends promptement d'ici, car ton peuple, que tu as fait sortir d'Egypte, s'est corrompu ; ils se sont vite détournés du chemin que je leur avais commandé, ils se sont fait une image de fonte... Et je me tournai, et je descendis de la montagne... Et je vis, et voici, vous aviez péché contre l'Eternel, votre Dieu ; vous vous étiez fait un veau de fonte... Et je saisis les deux tables, et je les jetai de dessus mes deux mains, et je les brisai devant vos yeux » (Deut. 9 : 9-17).

            « Et je me prosternai devant l'Eternel, comme au commencement, quarante jours et quarante nuits ; je ne mangeai point de pain et je ne bus point d'eau, à cause de tout votre péché que vous aviez commis, en faisant ce qui est mauvais aux yeux de l'Eternel, afin de le provoquer à colère... Et je me prosternai devant l'Eternel, les quarante jours et les quarante nuits pendant lesquels je me prosternai devant lui ; car l'Eternel avait dit qu'il vous détruirait. Et je suppliai l'Eternel, et je dis : Seigneur Eternel ! Ne détruis pas ton peuple, et ton héritage... » (v. 18, 25-26).
            « En ce temps-là, l'Eternel me dit : Taille-toi deux tables de pierre comme les premières, et monte vers moi sur la montagne, et fais-toi une arche de bois ; et j'écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées, et tu les mettras dans l'arche... Et elles sont là, comme l'Eternel me l'avait commandé » (10 : 1-2, 5).

            Ainsi après les premiers quarante jours nous trouvons Israël dansant devant le veau d'or - et les tables de la loi brisées - figure de leur condition ; à la fin des seconds quarante jours, nous voyons Israël épargné par grâce, mais avec la Loi au milieu du peuple.
            Je ne m'arrêterai pas sur le premier don de la Loi par la voix de Dieu en Exode 19 et 20. Elle était octroyée par Celui qui s'enveloppait dans « l'obscurité d'une nuée », et qui parlait au milieu de tonnerres et d'éclairs et de voix de paroles. Ce spectacle était si terrible que Moïse lui-même dut dire : « Je suis épouvanté et tout tremblant » (Héb. 12 : 21). Dieu avait posé des conditions, et Israël, ignorant son propre état, les accepta en disant : « Tout ce que l'Eternel a dit, nous le ferons » (Ex. 19 : 8). Remarquez ces deux choses : d'abord la Parole de l'Eternel, exprimant ce qu'Il exigeait ; secondement l'homme prétendant être capable de répondre à cette exigence et de l'accomplir. Sans doute est-il responsable de le faire, mais il n'en a pas le pouvoir. Personne n'a jamais entendu la loi de Dieu et nié sa responsabilité d'y obéir ; sa conscience l'accepte, qu'il l'aime ou non. Lorsque les dix paroles ont été prononcées, le peuple s’est tenu loin (Ex. 20 : 18). Dès que l'homme s'aperçoit qu'il y a une exigence de Dieu, à laquelle sa conscience doit se plier, il cherche quelqu'un qui puisse se tenir entre lui et Dieu ; il a besoin d'un médiateur. « Toi, parle avec nous, et nous écouterons ; mais que Dieu ne parle point avec nous, de peur que nous ne mourions » (v. 19). Dieu répond immédiatement à ce désir en donnant des directions concernant un autel, des holocaustes, des sacrifices de prospérités, en tout lieu où Il mettrait la mémoire de son nom (v. 24).

            Ainsi, quatre choses sont le résultat de l'exigence prononcée par Dieu : le désir d'un médiateur, demandé par le peuple ; la réponse de Dieu par le moyen d'un tel médiateur ; un autel et des sacrifices figurant l'acceptation et la communion ; sa présence avec eux dans tous les lieux où Il mettrait la mémoire de son nom pour être avec eux et pour les bénir. Qu'il est touchant de voir sa grâce inaltérable se manifester au milieu de la scène solennelle du don de la Loi sur le mont Sinaï !
            Si nous examinons maintenant Exode 24, où nous voyons Moïse appelé sur la montagne pour recevoir la Loi, nous trouvons que ce moment a été précédé d'une période de préparation de sept jours. « Et Moïse monta sur la montagne, et la nuée couvrit la montagne. Et la gloire de l'Eternel demeura sur la montagne de Sinaï, et la nuée la couvrit pendant six jours ; et le septième jour il appela Moïse du milieu de la nuée. Et l'apparence de la gloire de l'Eternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la montagne, aux yeux des fils d'Israël. Et Moïse entra au milieu de la nuée, et monta sur la montagne ; et Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits » (Ex. 24 : 15-18). Dans les sept chapitres qui suivent, nous trouvons le déploiement, en type, de ce qui plus tard a brillé dans la pleine manifestation de la sainteté de Christ, et qui est donné ici dans « l'ombre des biens à venir » (Héb. 10 : 1). Moïse a pu raconter toute l'histoire de la création en un chapitre, mais quand il s'agit de Christ et du désir de Dieu d'habiter parmi les hommes, sept sont consacrés à ce sujet.

            L'ordre et l'arrangement de ces chapitres sont très beaux. Tout d'abord, dans les différentes parties du tabernacle et de son mobilier, Dieu révèle comment Il peut s'approcher de l'homme, depuis l'arche et son propitiatoire (Ex. 25), jusqu'à ce que, pas à pas, Il arrive à l'autel d'airain (Ex. 27), type de la croix de Christ. Là Il rencontre l'homme comme pécheur, puis Il reste avec celui qui est sauvé, répond à tous ses besoins dans le chemin, et l'amène jusque dans sa propre présence.
            Entre temps, Il introduit les vêtements du souverain sacrificateur, vêtements de gloire et de beauté ; les noms des rachetés sont gravés sur les pierres de mémorial sur ses épaules, et sur le pectoral où tous étaient portés dans la lumière de la présence de Dieu. Ainsi le croyant habite dans la lumière, est porté sur les épaules et dans les affections de Christ, jusque dans la présence de Dieu.

            Pendant que tout cela se passait sur la montagne avec Dieu, une scène sombre et terrible se déroulait en bas dans la plaine (Ex. 32) ; Israël commettait son grand péché collectif, qui devait mûrir son fruit amer jusqu'à la fin, c'est-à-dire le veau d'or. La semence d'Abraham, appelé lui-même à sortir de l'idolâtrie, tournait le dos à l'Eternel pour danser devant l'image « d'un bœuf qui mange l'herbe » (Ps ; 106 : 20), et Aaron était l'acteur principal de cette révolte contre Dieu.
            Dieu dit à Moïse de descendre ; le peuple, dit-il, s'est corrompu, et s'est fait un dieu de fonte ; il ajoute qu'il veut les consumer et faire de Moïse une grande nation. Moïse met à profit l'intimité dont il jouit auprès de l'Eternel, pour implorer non pour lui-même, mais pour ce peuple qu'il aimait ; Dieu l'écoute. Alors Moïse descend, portant dans ses mains les premières tables de la Loi, et il les brise avant même d'atteindre le camp coupable, préservant ainsi le peuple du jugement, et sauvegardant l'honneur de l'Eternel. C'est pourquoi le peuple ne s'est jamais trouvé sous la pure Loi.

            La tribu de Lévi se consacre dans la discipline de ce moment, et prend le parti de l'Eternel contre ses frères coupables. « Maintenant je monterai vers l'Eternel », dit Moïse, « peut-être ferai-je propitiation pour votre péché ». Il plaide pour le peuple : « Hélas ! ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d'or. Et maintenant, si tu pardonnes leur péché... ; sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit » (Ex. 32 : 30-32). Il demande que lui, non pas eux, soit effacé du livre de Dieu. Mais la réponse est : « Celui qui aura péché contre moi, je l'effacerai de mon livre » (v. 33).
            Alors le peuple se dépouille de ses ornements et Moïse prend une tente, la tend hors du camp, loin du camp, et l'appelle la tente d'assignation. « Et il arriva que tous ceux qui cherchaient l'Eternel sortirent vers la tente » (Ex. 33 : 7).

            La scène qui suit est profondément touchante. C'est le moment le plus glorieux de toute l'histoire de Moïse, celui où il reçoit la révélation de Dieu la plus précieuse qu'il ait jamais eue. La nuée descendit et l'Eternel parla avec Moïse « comme un homme parle avec son ami » (v. 11) ! Il plaide là avec Dieu, et Dieu répond à celui qui n'a jamais été sous la loi, mais avait trouvé grâce à ses yeux. Pourtant tout ne lui est pas clair ; son esprit n'a pas encore de repos, car deux choses pèsent sur son cœur : le peuple n'est pas encore délivré et ainsi Dieu n'est pas encore pleinement révélé. Alors il demande : « Fais-moi voir, je te prie, ta gloire » (v. 18). Mais le moment n'était pas venu ; cela aurait été leur entière destruction. Plus tard Moïse devait être vu dans la même gloire que Christ sur la montagne de la transfiguration ; mais pour l'instant il avait à atteindre une source plus profonde. Quelque chose de la nature de Dieu allait être donné à connaître, qui jusqu'alors n'avait jamais été révélé dans sa vraie et réelle profondeur. C'était la « miséricorde ». Sa vraie signification n’avait jamais été connue auparavant. Sans doute le mot existait, employé même dans l'Ecriture ; mais on ne pouvait connaître cette source venant de l'Etre même de Dieu - une source si riche, si pleine, si bénie ; ni ce en quoi Il trouve ses délices - prenant plaisir en eux qui y ont mis leur espérance. Le thème de ce qui désormais, et pour toujours, serait le cantique d'Israël devait être proclamé, et le chœur de leurs chants serait : « Célébrez l'Eternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 106 : 1 : 107 : 1 ; 136 : 1…).
            Combien sont touchantes en effet les paroles qui suivent ! « Et il dit : Je ferai passer toute (notez cela : toute) ma bonté devant ta face, et je crierai le nom de l'Eternel devant toi, et je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde » (Ex. 33 : 19).

            Qui aurait pu voir Sa face et vivre ? Moïse pouvait bien s'incliner jusqu'à terre et se prosterner. Quand Il passe nous pouvons Le voir par derrière, mais qui pourrait connaître sa face ? Qui aurait pu anticiper l'incarnation, la croix, les conseils et les voies de Dieu, ou encore sa miséricorde ? Personne, certes ! Nous pouvons être mis dans « la fente du rocher », et, couverts par sa main, regarder quand Il passe et Le voir par derrière ; mais personne ne peut voir sa face, personne ne peut anticiper ses voies, et vivre !
            La source profonde est atteinte dans cette terrible extrémité. La grâce avait été honteusement traitée. La loi avait été brisée. Toutes les relations ordonnées avaient été rompues par la rébellion et la ruine d’Israël. Et maintenant la miséricorde, souveraine et absolue, était la ressource de Celui qui se retire en Lui-même, qui décide d'agir de Lui-même, qui seul peut dire : « Je veux », sans que nul puisse l'empêcher. Cela présuppose une certaine condition de choses, et la nécessité absolue pour Dieu d'agir de Lui-même de quelque manière, soit pour se venger par un jugement sans rémission, soit pour délivrer le peuple par une miséricorde absolue. Ce n'était donc pas « de celui qui veut ou de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rom. 9 : 16).

            Frères, comprenons-nous dans nos cœurs cette miséricorde dont Dieu est si riche ? Ne la confondons-nous pas souvent avec la grâce (qui est le déploiement divin de sa faveur sans condition), au grand dommage de nos âmes ? N'avons-nous jamais péché contre sa grâce, ne l'avons-nous jamais outragée, tout comme nous avons violé sa loi ? Que nous reste-t-il alors, sinon la miséricorde absolue et souveraine, qui suppose tout cet état de choses. Peut-on l'expliquer à une âme qui n'en a jamais fait l'expérience ? Non ; il faut la goûter dans ces moments de profonde détresse auxquels rien ne peut répondre que la révélation de son caractère et de sa nature comme souverains et absolus - mais qui choisit d'agir dans cette souveraineté et cette perfection en miséricorde, et non en jugement.
            Depuis le moment où Moïse avait vu cette chose étrange, le buisson ardent de feu qui n'était pas consumé, derrière le désert, jusqu'aux eaux jaillissant du rocher de Rephidim (Ex. 17), tout n'avait été que grâce. Cette histoire de la grâce, remontant même aux patriarches, est racontée au Psaume 105, où nous voyons ce que Lui a fait pour eux ; elle va jusqu'au rocher frappé et s'arrête là. Mais si nous prenons le Psaume 106, nous avons l'histoire de la miséricorde ; il parle de ce qu'eux ont fait, et son titre est : « Célébrez l'Eternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours » (v. 1). Puis : « Il dit qu'il les eût détruits, - si Moïse, son élu, ne s'était pas tenu à la brèche devant lui, pour détourner sa fureur de sorte qu'il ne les détruisit pas » (v. 23).

            Les cantiques d'Israël mentionnent-ils sa grâce ? Non ; il était trop tard, après que le veau d'or eut été fait. Trop tard après qu'ils eurent méprisé cette grâce, qu'ils la Lui eurent pour ainsi dire jetée au visage, et que la Loi eut été définitivement brisée. Et alors, quel a été le thème de leurs cantiques dans le passé, que sera-t-il dans l'avenir ? La miséricorde !
            Nous trouvons l'absence de cette miséricorde dans ces chapitres des Romains (1 à 8), qui déploient les relations de nos âmes avec Dieu par la grâce au moyen de la justice ! Mais si nous lisons les trois chapitres suivants (9 à 11), tout est miséricorde (bonté), car c'est Israël qui est en vue. Pourtant le dernier ne se termine pas sans renfermer Juifs et gentils dans l'incrédulité, afin qu'Il puisse faire miséricorde à tous ! « O profondeur des richesses » (11 : 33), dit l'apôtre en contemplant ses voies - insondables, mais de quel prix quand elles sont révélées !

            Remarquez encore que les épîtres aux assemblées sont adressées dans la grâce et la paix ; non pas dans la miséricorde. Cette dernière est introduite dans les épîtres adressées à des individus. Mais dans celle de Jude qui nous montre la marée de la corruption de la chrétienté déferlant en jugement, la miséricorde vient tout d'abord : « la miséricorde, et la paix, et l'amour vous soient multipliés » (v. 2), et les saints sont exhortés à attendre « la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle » (v. 21). Pourquoi ? Parce que la grâce dans laquelle tous avaient été établis avait été outragée ; et il ne reste rien que la miséricorde pour tous, absolue et souveraine.
            « Qui est un Dieu comme toi », dit Michée, « pardonnant l'iniquité et passant par-dessus la transgression du reste de son héritage ? Il ne gardera pas à perpétuité sa colère, parce qu'il prend son plaisir en la bonté » (7 : 18).

            L’âme de David, chantant les louanges de l'Eternel, pour ses bontés et ses compassions, essaie de donner la mesure de cette miséricorde qui convenait si bien à son état. « Comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, sa bonté est grande » (Ps. 103 : 11). Mais cela ne suffit pas à l'âme qui a goûté sa hauteur et sa profondeur. Alors il essaie d'autres mots : « Autant l'Orient est éloigné de l'occident » (v. 12) ; mais elle est infinie, plus grande que ce qui est fini, grande sans limite. Et enfin il trouve que sa seule mesure est la nature même de Celui qui « d'éternité en éternité » est Dieu (Ps. 90) ! Ainsi sa bonté « est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (v. 17), qui saisissent la main qu'Il étend jusque dans les abîmes du péché, et que personne n'a jamais saisie en vain.
            Ecoutons encore celui qui apprit pour le bien de sa propre âme la douceur de cette bonté : « Célébrez l'Eternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours. Que les rachetés de l'Eternel le disent, ceux qu'il a rachetés de la main de l'oppresseur, et qu'il a rassemblés des pays, du levant et du couchant, du nord et de la mer » (Ps. 107 : 1-3). « Qu'ils célèbrent l'Eternel pour sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes ! » (v. 8). « Qui est sage prendra garde à ces choses, et comprendra les bontés de l'Eternel » (v. 43).

            La miséricorde et la grâce ne sont jamais mêlées dans les pensées de Dieu comme elles le sont dans les nôtres. Nous perdons beaucoup à le faire. La première fois que la miséricorde a vraiment été apprise dans l'Ecriture, c'est lorsque Moïse « s'inclina jusqu'à terre, et se prosterna », en entendant le nom et le caractère et les attributs de Celui qui agit non selon l'insolence du péché d'Israël, mais selon Sa souveraineté en miséricorde.
            Dieu veuille que cela soit notre portion à tous et pour toujours en Christ ! En Lui qui a dit à ceux qui le haïssaient : « Allez donc apprendre ce que signifie : Je veux miséricorde et non pas sacrifice ; car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Matt. 9 : 13). Le sacrifice, c'est ce qu'ils pouvaient faire pour Dieu, mais qu'ils manquèrent de faire. Mais en dépit de tout Il pouvait leur montrer la miséricorde. Et encore : « Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux miséricorde et non pas sacrifice, vous n'auriez pas condamné ceux qui ne sont pas coupables » (Matt. 12 : 7). Il est doux pour l'âme de se reposer ainsi sur le Seigneur : dans sa nature connue et dans son caractère connu aussi en quelque mesure, par les besoins de l'âme que l'on ressent ; il est doux, d'avoir trouvé qu'Il se réjouit dans la miséricorde, révélée dans son Fils, et d'être capable de chanter : « Célébrez le Dieu des cieux ! car sa bonté demeure à toujours » (Ps. 136 : 2).

            Les premiers quarante jours de Moïse sur le Sinaï se terminèrent avec une loi brisée et un peuple ruiné ; les seconds avec cette précieuse révélation de la miséricorde, attribut de Dieu, qui ne peut jamais manquer. Là nos âmes peuvent se reposer en paix : soit comme des pécheurs qui ont besoin du salut en Christ et le trouvent ; soit comme des gens qui ont outragé cette grâce et cet amour de Dieu et n'ont désormais plus d'espérance sinon en Celui contre lequel ils ont péché. Nous pouvons compter sur Lui sans réserve, venir à Lui, pour le salut éternel tout d'abord, et ensuite pour le pardon et la délivrance sous son juste gouvernement, pour tout ce en quoi nous avons manqué. Nous pouvons nous jeter à ses pieds sans rien demander, sans rien suggérer, mais en nous reposant sur sa nature, sur Lui qui est complètement et justement conséquent avec Lui-même par la croix et l’œuvre de son Fils bien-aimé.

            A Lui et par Lui soit gloire à Dieu, dès maintenant et pour toujours.

 
 
                                                                                                 D’après F.G Patterson – « Messager évangélique » (1957)