Méditations suivies : Le règne d'Ezéchias (3)

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LE REGNE D’EZECHIAS : 2 CHRONIQUES 29 à 32 (3)

 
CHAPITRE 30 : La Pâque et la fête des pains sans levain
 
 
1 – Préparation de la Pâque : (v. 1-14)
 2 – Célébration de la Pâque : (v. 15-20)
 3 – La fête des pains sans levain : (v. 21-27)

 
1 – Préparation de la Pâque : (v. 1-14)
 
            Le service ayant été rétabli, il devenait possible de célébrer la Pâque, de commémorer le sacrifice rédempteur d’Exode 12.
 
 
                        1. 1  La Pâque au second mois (v. 1-5)
 
            « Et le roi, et ses chefs, et toute la congrégation à Jérusalem, tinrent conseil pour faire la Pâque au second mois » (v. 2). Il y a une unité de pensée entre le roi, les chefs et toute la congrégation. C’est une image de ce que doit être l'unité de l'Esprit de nos jours.
            Le but de ce conseil est de « faire la Pâque à l’Eternel, le Dieu d’Israël » (v. 1). Revenir aux valeurs spirituelles du commencement est le premier désir du roi. L'Eternel a agi dans son cœur et il a le désir de célébrer la Pâque selon la pensée divine. Un réveil s’est produit et ils réalisent à nouveau ensemble cette unité selon Dieu.
            Le livre des Chroniques souligne d’une manière particulière les effets de la grâce de Dieu. Elle supporte les inconséquences d’une partie des sacrificateurs et du peuple qui ont tardé à se purifier (29 : 34 ; 30 : 3, 18). Selon Exode 12 et Nombres 9, la Pâque devait être faite « au temps fixé, le quatorzième jour du premier mois, entre les deux soirs ». Mais, lorsque quelqu'un était impur, ou en voyage au loin, Dieu avait prévu que la Pâque pourrait se célébrer le quatorzième jour du deuxième mois (Nom. 9 : 11). Ezéchias avait dans son cœur, depuis très longtemps, un profond désir de célébrer la Pâque et il a pu bénéficier de la ressource que la grâce avait prévu pour ceux qui étaient impurs. Des circonstances difficiles peuvent nous empêcher de venir au culte ; mais, sauf empêchement majeur, soyons là pour « célébrer la fête » (1 Cor. 5 : 8).
            Si un péché pèse sur notre conscience, quelle est la ressource ? « Que chacun s'éprouve soi-même » ; il n’est pas dit de s’éprouver et d’attendre le dimanche suivant, mais le verset précise : « qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe » (1 Cor. 11 : 28). Pour le chrétien, la purification est le jugement de soi-même ; il ne s'opère pas le samedi soir ou le dimanche matin, à la hâte, mais chaque jour, à chaque instant. Il faut se tenir continuellement devant le Seigneur, « revenir à Guilgal », un lieu symbolique du jugement de la chair. D’un autre côté, personne ne peut dire : Je suis digne de me tenir là avec les deux ou trois assemblés autour du Seigneur : tout est par grâce, sinon aucun d'entre nous ne pourrait jamais se souvenir de Lui. Si parmi nous, des jeunes sont retenus, pensant que pour se souvenir du Seigneur à sa table, il faut attendre de le mériter, ils se trompent.
            
   
                        1. 2  L’unité du peuple : « tout Israël et Juda » (v. 6-9)
 
            Ezéchias envoie des courriers dans toutes les villes, y compris sur le territoire d’Israël, jusqu’à Zabulon (v. 6, 10). Personne n'était excepté. Ezéchias voyait le peuple, non au niveau de son trône, mais depuis « le sommet des rochers et des hauteurs », tel que Dieu le considère : « Que tes tentes sont belles, ô Jacob ! et tes demeures, ô Israël » (Nom. 23 : 9 ; 24 : 5). Il voyait le peuple dans son unité et il veut sacrifier la Pâque sur ce terrain de l'unité du peuple aux yeux de Dieu.
 
 
                        1. 3  Le rassemblement à Jérusalem en dépit des moqueries (v. 10-13)
 
            L’envoi de ce message révèle deux états de cœur :
 
                           - Certains se moquent des messagers : « On se riait et on se raillait d'eux » (v. 10). Moïse a connu le même opprobre lorsqu’il a refusé d’être appelé fils de la fille du Pharaon (Héb. 11 : 26), mais il a estimé l'opprobre de Christ un plus grand trésor que toutes les richesses de l'Egypte. Bien souvent, les chrétiens qui cherchent à garder la pensée du Seigneur sont l’objet de moqueries. Le monde, même religieux, ne se réjouit pas lorsque la vérité lui est annoncée. Il s’en moque. La fidélité et la piété ne sont jamais populaires.
                           On peut remarquer que ces moqueurs n’étaient pas des païens mais des Juifs religieux, qui appartenaient nominalement au peuple de Dieu, des « fils d’Israël ». Les courriers annoncent le rassemblement du peuple : unité qu’ils avaient oubliée depuis longtemps. En se moquant d’eux, c’est comme si ces hommes avaient dit : « Tout cela était vrai du temps de Salomon, mais ce n’est plus valable aujourd'hui, 300 ans après ! Et puis vous vous croyez supérieurs à nous en disant que Jérusalem est le seul endroit pour adorer ! ». Peut-être étaient-ils surpris de cette apparente présomption, mais Jérusalem était bien le seul lieu que l’Eternel avait choisi pour y faire habiter son nom. On ne pouvait sacrifier la Pâque qu’à Jérusalem.
                           Aujourd'hui, le message est aussi annoncé d'une manière semblable : Dieu ne veut pas seulement sauver les hommes, mais les rassembler en un seul peuple.
 
                           - « Toutefois des hommes d’Aser, et de Manassé, et de Zabulon s’humilièrent et vinrent à Jérusalem » (v. 11). Quelle consolation, quel encouragement pour le roi, pour les chefs qui avaient décidé de célébrer la Pâque, de voir ces fils d’Israël s'humilier, réaliser leurs manquements et leur incapacité totale. C’est la « main de Dieu » qui avait produit ce retour sur eux-mêmes (v. 12) ; c’est aussi la bonne main de Dieu qui sera sur Esdras (Esd. 7 : 6, 9 ; 8 : 31). C'était la grâce de Dieu qui agissait, et qui désire toujours agir en nous.
                           Se réjouissent-ils aussitôt de pouvoir à nouveau célébrer la Pâque ? Non, il n'y a pas eu de joie avant qu’ils ne se soient humiliés (v. 11) ; ils viennent à Jérusalem car ils sont touchés par la grâce.
 
            Il y a encore aujourd’hui ces deux attitudes :
                        - Les uns se moquent de la vérité de Dieu : « C'est impossible avec toutes les « divisions » de la chrétienté ! Passons sur nos différences ecclésiastiques et unissons-nous ! ». C’est le mouvement œcuménique.
                        - Mais d’autres s'humilient comme ces hommes qui sont venus à Jérusalem ; ils auraient pu dire : « La Pâque est une très belle institution, mais la célébrer aujourd'hui ne convient plus, avec la ruine actuelle, car les dix tribus d’Israël et les deux tribus de Juda et Benjamin ne sont pas réunies ». Il s'agit de savoir où Dieu nous veut. Dans un temps de ruine de la chrétienté, on pourrait penser qu’il n’est plus possible d’appliquer des principes qui datent de deux mille ans ; des principes qui sont bons, mais que la ruine rendrait inapplicables ! Eh bien non ! La Parole de Dieu ne change pas, et d’autre part, Dieu attend de nous la même obéissance que du temps des apôtres où l’unité de l’Eglise était bien visible.
            Ezéchias a eu confiance dans la fidélité de Dieu qui permet qu’une « grande multitude de peuple » s'assemble à Jérusalem (v. 13).
 
 
                        1. 4  La purification de Jérusalem (v. 14)
 
            Le temple a bien été purifié, mais pas la ville de Jérusalem. Avant de célébrer la Pâque, ils « se levèrent…et ils ôtèrent tous les autels à encens, et les jetèrent dans le torrent du Cédron » (v. 14). On ne pouvait pas célébrer la Pâque à côté d’autels idolâtres. Il fallait d'abord ôter tout ce qui n’était pas en accord avec l'autel divin.    
            Dans cet acte de séparation du mal, Dieu les a bénis et ils ont pu ensuite se réjouir lors de la célébration de la Pâque. Des chrétiens amenés sur le terrain de l'unité du corps de Christ, peuvent, par la grâce de Dieu, comprendre que leur manière d'adorer jusqu'ici ne convenait pas. 
            Il est frappant de voir comment Ezéchias qui avait une relation continuelle avec l’Eternel a su discerner la pensée divine dans cette circonstance. Il connaissait l’existence de ces autels idolâtres dans Jérusalem, mais ne les a pas enlevés lui-même, ni n’a donné d'instruction pour le faire. Il a compris que la grâce de Dieu opérerait dans le cœur des fidèles, les amenant à constater eux-mêmes l’existence de ces autels et à réaliser la nécessité de les ôter.
     
 
                                    
2 – Célébration de la Pâque : (v. 15-20)
 
            Des versets 6 à 9, on peut déduire que cette Pâque a eu lieu après la déportation d’un grand nombre de personnes de Samarie en Assyrie, donc après la sixième année de règne d’Ezéchias (2 Rois 18 : 13). 
 
            
                        2. 1  A l’abri du jugement de Dieu (v. 15-16)
 
            On peut dès lors égorger la Pâque, la première de toutes les fêtes, le rappel de la rédemption et de l'unité de ce peuple, bien que ce soit le quatorzième jour du second mois. On se souvient de la délivrance de l'Egypte, de la rédemption ; le sang d’un agneau avait été mis sur les deux poteaux et le linteau des portes, et Dieu avait dit : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12 : 7, 13).
            Pour nous croyants, la Pâque est le type du sacrifice rédempteur de la croix. « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22 : 20), nous dit le Seigneur chaque premier jour de la semaine. Que notre désir constant et fervent soit de participer à la cène, de commémorer le sacrifice du Seigneur Jésus à la croix. Selon 1 Corinthiens 11 : 23-31, la Pâque correspond au culte, au cours duquel nous buvons la coupe qui nous rappelle la valeur infinie du sang de Christ, le divin Agneau pascal.
            « Les sacrificateurs et les lévites avaient eu honte et s’étaient sanctifiés » (v. 15). Cette attitude d’humilité convenait devant les enseignements de la Parole ; jamais nous ne sommes à la hauteur de ces enseignements et il y a lieu de mener deuil. C'est à cause de cette humiliation que la joie a pu s’exprimer par la suite. Il y a souvent des « idoles » dans nos vies, et elles sont dénoncées par la Parole en vue de produire le fruit de l’humiliation et ensuite la joie.
            Des holocaustes sont amenés. L'holocauste nous parle de la perfection de Christ dans tout ce qu’il a été : « par l’Esprit éternel », il « s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9 : 14).
            « Ils se tinrent à leur place, selon leur ordonnance, selon la loi de Moïse, homme de Dieu » (v. 16). Ils n’agissent pas selon les inventions de Jéroboam qui avait « imaginé » un autre mois dans son propre cœur (1 Rois 12 : 33) ; mais selon la Parole qui demeure toujours la même. Il y avait une place assignée pour chacun selon les enseignements du Pentateuque, et ces hommes pieux les avaient gardés dans leur cœur.
            Moïse est appelé ici « homme de Dieu », comme dans d’autres passages (Deut. 33 : 1 ; Jos. 14 : 6 ; 1 Chr. 23 : 14 ; Esd. 3 : 2) auxquels on peut ajouter l’en-tête du Psaume 90. Il y a plusieurs autres mentions d’hommes de Dieu dans l'Ancien Testament : Shemahia (1 Rois 12 : 22), Elie (1 Rois 17 : 24), Elisée (2 Rois 4 : 9), David (Néh. 12 : 24, 36), Hanan (Jér. 35 : 4). On pourrait multiplier les exemples de serviteurs qui portent ce titre somptueux mais dont le nom n’est pas donné. Dans le Nouveau Testament, cette expression ne se trouve que trois fois : sont appelés tels, Timothée (1 Tim. 6 : 11), tout croyant qui reconnaît que toute Ecriture est inspirée de Dieu (2 Tim. 3 : 17), et les prophètes de l’Ancien Testament qui ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint (2 Pier. 1 : 21). Un homme de Dieu est celui qui vit avec Dieu, Le craint et cherche à Lui plaire à tous égards. C'est un homme qui fuit les choses mauvaises et poursuit « la justice, la piété, la foi, l'amour, la patience, la douceur d'esprit » (1 Tim. 6 : 11).
 
 
                        2. 2  Purification négligée (v. 17-18a)
 
            Malheureusement, la sanctification n'a pas été totale. Des personnes du royaume de Samarie restées impures se sont présentées pour adorer. Or il est impossible d'adorer si nous ne nous sommes pas purifiés, car nous attristons alors le Saint Esprit. D’après le verset 20, on peut penser qu’il y avait des gens malades, pour la même raison que les croyants dont il est parlé en 1 Corinthiens 11 : 27-30 déjà mentionné. Il est extrêmement sérieux de s'approcher de la table du Seigneur pour adorer ; certes, la grâce de Dieu vient à la rencontre de notre misère car, affirme l’apôtre Jacques : « La miséricorde s’élève au-dessus du jugement (2 : 13), mais il n’en demeure pas moins que la sainteté sied à la maison de Dieu (Ps. 93 : 5). Nous ne pouvons pas, dans un état d’impureté dans notre marche chrétienne quotidienne, nous approcher de la table du Seigneur sans encourir de graves conséquences.
            La même voix qui avait dit : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous », enjoignait aussi à Moïse : « Sanctifie-moi tout premier-né » (Ex. 13 : 2) et, par grâce, nous faisons partie de « l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux » (Héb. 12 : 23). Grâce et sanctification vont de pair.
 
 
                        2. 3  L’intercession d’Ezéchias (v. 18b-20)
 
            « Ezéchias pria pour eux… Et l’Eternel écouta Ezéchias, et guérit le peuple » (v. 18b, 20). Bien que ce ne soit pas selon les règles de la purification du sanctuaire, Ezéchias a prié pour ceux qui ne s’étaient pas sanctifiés, car ils avaient appliqué leur cœur à rechercher Dieu.
            La fête de la Pâque est associée à celle des pains sans levain. L’expression : « Célébrons la fête » (1 Cor. 5 : 8) concerne la fête des pains sans levain. C'est bien ce que ces personnes d’Israël désiraient réaliser. Dieu connaît « les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4 : 12) et la grâce de Dieu pourvoit à tout. Pour ceux qui étaient venus avec un cœur entièrement tourné vers Dieu mais qui ne s'étaient pas purifiés, il y avait une ressource : l’intercession d’Ezéchias. Elle évoque celle de Christ, notre Souverain sacrificateur qui, dans le ciel, intercède pour nous (Héb. 7 : 25 ; Rom. 8 : 34). Son intercession repose sur son sacrifice, sur la valeur de son propre précieux sang. Voilà ce que Dieu nous a donné. Dans la parabole du grand dîner (Luc 14 : 16-24), le roi pourvoit à tout lorsqu’il dit : « Venez, car déjà tout est prêt ». La grâce qui pourvoit à toute la misère de chacun est là, exprimée par le sang des pâques égorgées par les lévites pour ceux qui n’étaient pas purs. Le sang répond à tout, pour ceux qui ont un cœur disposé à répondre à l'appel de la grâce. Il y a pour eux une ressource individuelle pleine de grâce : le sang de ces victimes versé sur le seul autel autour duquel on peut se rassembler. Dès lors, tous ensemble, les Fils d’Israël peuvent célébrer la fête des pains sans levain.
 
 
                                      
 3 – La fête des pains sans levain : (v. 21-27)
                    
                        3. 1  La fête célébrée avec une grande joie (v. 21-26)
 
            « Les fils d’Israël… qui se trouvèrent à Jérusalem célébrèrent la fête des pains sans levain pendant sept jours avec une grande joie » (v. 21). La joie suit la Pâque et caractérise la fête des pains sans levain. Toute la fin de ce chapitre est caractérisée par la joie ; toutefois, il n'y a pas de joie sans sainteté. C'est pourquoi il est si souvent parlé de sanctification pratique, de la mise de côté de tout ce qui, dans nos vies, n'honore pas Dieu. Sans cette sanctification, nous ne pouvons pas être en communion avec Dieu ni éprouver de joie.
            La fête des pains sans levain parle de la vie chrétienne tout entière (7 jours). Elle devrait être sainte à l'Eternel, mise à part pour lui, purifiée de tout péché, sanctifiée par la Parole de Dieu et la grâce.
            Que représente cette nourriture : les « offrandes de la fête » (v. 22) ? C’est être occupé de l’homme Christ Jésus, le modèle, dans ses perfections, sans souillure, séparé des pécheurs. Ainsi nourris de Christ dans sa sainte et parfaite humanité, nous pourrons discerner ce qui est bien ou mal aux yeux de Dieu. Un chrétien qui n’est pas nourri de Christ, ne peut pas percevoir le mal autour de lui et il est incapable de marcher dans la sainteté pratique.
            La Pâque et la fête des pains sans levain sont deux fêtes intimement liées dans la vie du chrétien. Il n'y a pas que le salut : si nous avons saisi l'œuvre de Christ pour nous, il en découle une vie de consécration illustrée par les sept jours des pains sans levain. Toute notre vie, nous devons manifester que nous sommes saints (Tite 2 : 14). Cette réalisation de la sainteté pratique pour le peuple se traduira par la prise de conscience des fautes commises, par la purification de Jérusalem, des villes de Juda, d’Ephraïm et de Manassé, et par la démolition de toutes les statues, ashères, hauts lieux, autels idolâtres… (31 : 1). Voilà une œuvre qui porte du fruit, basée sur le sang, le sang de l'holocauste offert.
 
            Deux principes de toute importance encore aujourd’hui ont donc été donnés à connaître à Ezéchias :
                        - Même dans un temps de ruine, il y a un chemin pour la foi qui nous ramène aux vérités du commencement ; et ce que Dieu a voulu demeure à toujours.
                        - Il y a un seul Israël, une seule bannière au centre du peuple ; il y a aussi un seul sacrifice, un seul centre de rassemblement, un seul autel de manière à ce que la joie soit goûtée. Alors que Josaphat avait rassemblé son peuple autour de lui pour reprendre Ramoth de Galaad (2 Chr. 18 : 3), Ezéchias ne cherche pas à rassembler autour de lui-même, mais autour du seul centre : l'autel de l’Eternel sur lequel est répandu le sang des sacrifices.
 
            Tout ayant été accompli selon la pensée de Dieu, ils peuvent offrir des sacrifices de prospérités(v. 22). A partir du verset 23, on voit comment Dieu a incliné le cœur du roi qui offre une très grande quantité de bétail : 1000 taureaux et 7000 moutons. Les chefs aussi donnent 1000 taureaux et 10 000 moutons. L'Eternel avait incliné leurs cœurs ; il leur avait donné « un même cœur » (v. 12) et Il avait « disposé le peuple » (29 : 36). Toute cette congrégation unie dans un même élan est résolue à célébrer encore la fête durant sept jours supplémentaires, avec joie. Une telle décision de cœur devrait toujours être notre part, à nous qui avons le Seigneur comme modèle de pureté, celui qui s'est offert pour nous. L'Eternel avait incliné le cœur de Juda et de toute la congrégation réunie et « il y eut une grande joie à Jérusalem » car n’y avait pas eu de Pâque semblable depuis Salomon.
 
            Peut-être pourrait-on penser que la séparation pour Dieu est un sujet de tristesse. La fête des pains sans levain nous parle de consécration, de séparation pour Dieu. Alors certains diront : « Mais une telle vie engendre la tristesse ! Je devrai renoncer à tant de choses…». Bien au contraire, celui qui se tient dans la présence du Seigneur et en jouit, est occupé de sa Personne et de son œuvre; il réalise tout ce que Christ est pour lui et peut se réjouir d’une joie ineffable et glorieuse, comme nous le voyons ici. Non, la séparation pour Dieu n'est jamais un sujet de tristesse ; elle amène la joie de la communion avec le Seigneur Jésus. « Je vous annonce une bonne nouvelle, un grand sujet de joie, qui sera pour tout le peuple », dira l’ange du Seigneur aux bergers de Bethléhem (Luc 2 : 10). Quel grand sujet de joie pour les disciples, après la résurrection, que d'être occupés du Seigneur, et de le voir au milieu d'eux ! (Jean 20 : 20). Mais combien plus grande est la joie du Seigneur Jésus, et celle du Père ! Dans Luc 15, la joie est mentionnée trois fois ; il n'est nullement parlé de la joie du fils prodigue qui est revenu, mais de celle de son père. Il n'y a pas de plus grande joie que celle de Seigneur qui est venu chercher et sauver des êtres perdus.
            On se réjouit d’être revenu aux enseignements de la Parole, à ce que Dieu avait donné au commencement. « Je me suis réjoui quand ils m’ont dit : Allons à la maison de l’Eternel » (122 : 1). Ces paroles du Psalmiste trouvent leur réalisation ici. Quel sujet de joie que d'être occupé du Seigneur, de se nourrir de sa Parole ! « J’ai de la joie en ta parole, comme un homme qui trouve un grand butin » (Ps. 119 : 162). Chacun de nous, chrétiens, peut l'éprouver lorsqu’il est assuré de l'approbation du Maître. « Je n’ai pas de plus grande joie que d’entendre dire que mes enfants marchent dans la vérité » (3 Jean 4), dit l’apôtre Jean à Gaïus. Lorsque cette joie est goûtée dans l'assemblée, les cœurs sont inclinés à la louange, aux actions de grâces et cette louange parvient jusqu'aux cieux.

       
                        3. 2  La bénédiction du peuple (v. 27)
 
            Les cœurs s’étaient humiliés dans la tristesse, ils avaient obéi à la pensée de l'Eternel, ôté les idoles. Ils ont éprouvé de la joie, une « grande » joie. Lorsqu'il y a humiliation, le Seigneur ne peut faire autrement que de bénir. Cette joie et cette bénédiction résultent de la recherche de la pensée du Seigneur.
            Le bon état spirituel de la congrégation étant ainsi manifesté, les sacrificateurs et les lévites bénissent le peuple. Leur voix est écoutée et leur prière parvient à la demeure sainte de Dieu dans les cieux.
            A genoux sur l’estrade d’airain à laquelle il avait donné les mêmes dimensions que l’autel des sacrifices précisées au début d’Exode 27, Salomon avait intercédé pour le peuple rassemblé : « Ecoute… écoute des cieux… », avait-il répété à maintes reprises (2 Chr. 6 : 21, 25, 33, 39). N’avons-nous pas, dans notre passage, un exaucement à sa fervente supplication, l’intercession pouvant s’exercer sur la base des sacrifices présentés ? Pour nous, chrétiens, ne sommes-nous pas assurés que le fait d’avoir en Jésus un avocat auprès du Père (1 Jean 2 : 1) repose sur le fondement inébranlable de son sacrifice à la croix ? La prière d’intercession comme celle demandant la bénédiction divine sur l’assemblée ne peuvent parvenir dans les cieux qu’en vertu de l’œuvre expiatoire de Christ.