Méditations suivies : Le règne d'Ezéchias (2)

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LE REGNE D’EZECHIAS : 2 CHRONIQUES 29 à 32 (2)

 
CHAPITRE 29 : Purification du temple et rétablissement du culte (suite)
 

2 - Rétablissement du culte :
(v. 20-36)
 
 
                        2.1 « Ezéchias se leva de bonne heure » (v. 20)
 
            Pour Ezéchias, c’est moralement le début d’un nouveau jour qui durera 29 ans. Il n'est jamais trop tôt pour se purifier et avoir à cœur les intérêts de la maison de Dieu.
            Ezéchias sait que Dieu est fidèle et que sa miséricorde dure à toujours. Le jeune roi poursuit sa marche sur un sentier élevé. Il n'arrête pas son regard sur l'état désastreux qu’il a trouvé à son avènement. Il va agir « de tout son cœur » et « prospérer » (31 : 21). C'est un jour extraordinaire ; on n'en a pas vu de semblable depuis Salomon (30 : 26).
            « Ezéchias… assembla les chefs de la ville, et monta à la maison de l’Eternel » (v. 20). C'était une habitude chez lui de monter à la maison de l'Eternel ; on le voit lors de la guerre avec Sankhérib (2 Rois 19 : 14).
            Le Seigneur Jésus désire aussi que nous commencions et poursuivions notre marche dans sa communion. Le réveil d'Ezéchias a duré vingt-neuf ans ; c’était un bon état moral permanent. Comme les lévites s’étaient levés et purifiés à l’appel du roi, le Seigneur Jésus désire que dès le début de notre vie chrétienne, nos vies soient sanctifiées, c'est-à-dire que nous les mettions à part pour Lui. N’attendons pas que le réveil se produise chez « les autres »  pour nous lever. La foi est individuelle. Ezéchias a agi pour lui-même et devant Dieu d'abord.
 
            Dans la suite du chapitre, nous avons le sacrifice pour le péché (v. 21-24), ensuite l'holocauste (v. 25-27), et enfin un troisième genre de sacrifice : le sacrifice de prospérité, de paix (v. 35).
 
 
                        2.2 Le sacrifice pour le péché (v. 21-24a)
 
            Le sacrifice pour le péché a pour but la restauration de la communion avec Dieu dans le coeur de celui qui a fauté. Il consiste en l'offrande de taureaux, de béliers, d'agneaux et de boucs (v. 21) sacrifices qui correspondent à des appréciations différentes de la gravité du péché selon le degré de responsabilité : un taureau pour le sacrificateur, un bouc pour un chef du peuple, un agneau (une chèvre ou un agneau femelle) pour quelqu'un du peuple (Lév. 4). Mais au fond, chacun est concerné. Personne ne pouvait dire : Si j’ai péché, c'est la faute du sacrificateur, ou la faute du chef.
            Le rituel du sacrifice pour le péché est le même dans tous les cas : il fallait faire aspersion du sang. C’est la valeur du sang versé qui permet au coupable de retrouver la communion avec Dieu. Il faut d’abord le sang qui lave et purifie. « Dieu est lumière… le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1 : 5, 7b). Il faut insister sur la valeur primordiale du sang dans le sacrifice pour le péché. Le Seigneur s’est identifié avec le péché lorsqu’Il est mort pour nous ; Il a porté nos péchés comme étant les siens, de sorte que nous sommes délivrés de la colère de Dieu contre le péché. « Soyez réconciliés avec Dieu » (2 Cor. 5 : 20) ; il faut d’abord être réconcilié avec Lui pour pouvoir l’adorer.  
            Lorsque Ezéchias monte à la maison de l’Eternel (v. 20), cette dernière est en quelque sorte « vide, balayée et ornée » (Matt. 12 : 44) ; mais cela ne suffit pas à Dieu. Il veut une maison de culte, une maison où se rencontrer avec l'homme. Mais sur quelle base l'homme peut-il rencontrer Dieu ? Sur la base du sacrifice pour le péché qui est offert.
            Ici, ce n'est pas le chemin de Dieu vers l'homme, mais celui de l'homme vers Dieu. Quand un Israélite entrait dans le parvis du tabernacle, il y avait d'abord un lieu où il rencontrait Dieu : l’autel d’airain, l'autel des sacrifices. Cet homme devait venir avec un sacrifice, poser ses mains sur l’animal et confesser ses péchés. Il s'identifiait avec la victime ; son péché en quelque sorte passait de son corps, de sa conscience sur la victime qui était offerte en sacrifice pour le péché. A Golgotha, Christ « lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pier.  2 : 24). C'est à cet autel-là, à la croix, que l'homme rencontre Dieu et que Dieu peut rencontrer l'homme sans faire peser sur lui le poids de sa colère contre ses péchés, car le sang a coulé. L’œuvre de la réconciliation (Rom. 5 : 10 ; 2 Cor. 5 : 20-21) a été accomplie une fois pour toutes (Rom. 6 : 10 ;  Héb. 7 : 27 ; 10 : 10).
 
            « Sept taureaux, sept béliers, sept agneaux, sept boucs… » : le nombre sept parle de perfection. Nous voyons le discernement spirituel de ce jeune roi ; il connaissait l’enseignement de la Parole de Dieu pour lui-même et le gardait dans son cœur - c'est toujours une affaire de cœur.
            Pourquoi sept victimes alors que Lévitique 4 (ou Nombres 15) prescrivait une seule victime pour ce type de sacrifice ? Dans le Lévitique, à part le sacrificateur oint qui connaissait l’Ecriture, il est dit chaque fois à propos du péché de l’assemblée, d’un chef, de quelqu’un du peuple : «  Si quelqu’un a péché par erreur… ». Ici, l’idolâtrie et la fermeture du temple ne pouvaient pas être considérées comme un « péché par erreur », mais comme un « péché volontaire ». Cette septuple mention des animaux offerts était une réponse spirituelle du cœur d'Ezéchias au besoin d'un sacrifice pour un péché volontaire. Ezéchias n'appliquait pas exactement la loi de l'Eternel, car il sentait profondément le poids du péché volontaire commis par fierté d'où une telle plénitude de sacrifices offerts.
            Nous ne pouvons pas suivre le Seigneur par nos propres capacités, mais si nous obéissons aux enseignements de la Parole, une bénédiction toute particulière en résultera.
 
 
                        2.3 L’unité du peuple (v. 24b)
 
            Tout le royaume d’Israël, dans ses douze tribus, est concerné en dépit de sa division. Le sacrifice pour le péché et l’holocauste sont offerts « pour le royaume, et pour le sanctuaire, et pour Juda » (v. 21) - « pour tout Israël » (v. 24b). Ces deux sacrifices sont liés à cette vérité fondamentale de l’unité du peuple aux yeux de Dieu. Le sacrifice du Seigneur Jésus à la croix est lié à l’unité de son corps formé aujourd'hui de tous ses rachetés.
            Ezéchias, par la foi, avait le discernement de la pensée de Dieu au sujet de son peuple ; il voyait ce qui est invisible à l'homme : l’unité du peuple de Dieu. Sa communion avec l’Eternel lui faisait discerner le vrai chemin. Juda n’était qu’un petit résidu et les dix tribus d’Israël constituaient un royaume distinct. On aurait pu penser que ces tribus d’Israël devenues idolâtres ne comptaient plus. Mais Ezéchias est affligé de ce qu’elles ne soient pas là où elles devraient être. Pour lui, un seul holocauste est sacrifié là, sur le seul autel du temple de Jérusalem ; et tout Israël y avait sa place. Par la foi, Ezéchias considère l’unité de tout le peuple comme une réalité présente ; pas seulement comme une vérité ancienne et caduque du temps de David et de Salomon. Son désir est que l'ensemble du peuple, Israël et Juda, vienne à Jérusalem pour adorer.
            Cette expression « pour tout Israël » est frappante. Il y avait deux siècles que l’on n'avait pas vu cela, depuis le temps d'Elie ; le prophète avait bâti alors un autel pour tout Israël « selon le nombre des tribus des fils de Jacob » (1 Rois 18 : 31). Il en sera de même pour le résidu rentré de Babylonie dans le livre d’Esdras (6 : 17).
            C'est sur ce terrain de l’unité du peuple de Dieu que nous sommes rassemblés aujourd'hui. Comment vivons-nous la confusion actuelle du peuple de Dieu ? Ezéchias ne s'en contentait pas. Dieu n’a pas voulu sauver des hommes pour les laisser à l'abandon ; il a voulu rassembler ses enfants (Jean 11 : 52). Dieu ne peut pas se contenter de ce dont l'homme se contente. « Celui qui n’assemble pas avec moi disperse », a dit Jésus. (Matt. 12 : 30 ;  Luc 11 : 23). Nous sommes dans une situation identique à celle d’Ezéchias où les enfants de Dieu sont dispersés ; mais le Seigneur « connaît ceux qui sont siens » (2 Tim. 2 :19). L’unité du peuple de Dieu existe pour la foi malgré l’état de ruine de l’Eglise. Nous devons nous rassembler sur ce terrain très élevé de l'unité du corps de Christ, avec un profond sentiment d’humiliation devant la dispersion ecclésiastique des saints. Ezéchias s’est humilié et l'humiliation est la seule attitude spirituelle dans une telle situation, provoquée par la volonté propre de l’homme.     
            Tout Israël était invité à revenir. Dans les prophètes il est souvent parlé de revenir, par exemple pour avoir la délivrance : « C’est en revenant et en vous tenant en repos que vous serez sauvés ; dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (Es. 30 : 15). Revenir, c’est le côté de la responsabilité. Dans ce temps-là, les Juifs « avaient tourné le dos à l’Eternel » (v. 6) et avaient couru après les idoles et les faux dieux. Mais beaucoup en avaient pris conscience et étaient revenus ; ils jouissaient certainement à nouveau de la communion avec l'Eternel. 
 
 
                        2.4 L’holocauste (v. 25-27)
       
            Après avoir présenté le sacrifice pour le péché, Ezéchias est entré quelque peu dans la signification spirituelle de l'holocauste offert à l'Eternel. Nous savons maintenant que c’est présenter à Dieu la perfection de la personne du Seigneur Jésus offrant sa vie pour la gloire de Dieu. C’est dans la valeur infinie de cette offrande que l’adorateur est rendu digne d'être agréé par Dieu.
            Ce n’est qu’après le sacrifice pour le péché (v. 20-24) que l'holocauste et la louange peuvent commencer. Une fois le péché expié - en figure - les adorateurs sont en état de louer selon le commandement de David, et même selon le commandement de Dieu : il était « de la part de l’Eternel par ses prophètes » (v. 25). La joie est le couronnement de l’obéissance aux commandements de l’Eternel (v. 30, 36).
            C’est sur la base du sacrifice de Christ pour le péché que,  purifiés et réconciliés avec Dieu, nous pouvons venir offrir l'holocauste et adorer. Il y a un enchaînement remarquable : la réconciliation d'abord, puis l'adoration. L’œuvre de la réconciliation est le travail fondamental que seul Dieu a accompli, en livrant son Fils bien-aimé en sacrifice pour le péché. Ensuite, de notre part, vient la confession, puis l'assurance du pardon, la foi en la Parole de Dieu. Tout commence avec la réconciliation. Le pécheur, réconcilié avec Dieu, peut commencer à obéir. Dieu lui a donné son Esprit et sa Parole pour qu'il sache comment louer.
            Les lévites « se tinrent là avec les instruments de David, et les sacrificateurs avec les trompettes » (v. 26) ; ils louent l’Eternel « avec les paroles de David et d’Asaph, le voyant » (v. 30). Ils ne devaient pas louer avec des paroles provenant de leur imagination, mais avec celles de David, d'Asaph le chantre, et de « Gad le voyant du roi » (v. 25), et de Nathan, le prophète.
            Nous sommes enseignés à nous en tenir à ce qui est « dès le commencement », à la Parole de Dieu. Nous louons notre Dieu et Père, en Esprit et en vérité, sous l'autorité du Seigneur (figuré par David) et la direction du Saint Esprit. « Nous rendons culte par l’Esprit de Dieu » (Phil. 3 : 3), « selon des paroles enseignées de l’Esprit » (1 Cor. 2 : 13). Le chrétien n’a rien à inventer ou imaginer : il trouve toutes les directives dont il a besoin pour le culte dans la Parole de Dieu.
            En Nombres 10, les trompettes de Dieu devaient sonner pour le rassemblement, la marche, le combat et le culte « dans vos jours de joie, et dans vos jours solennels » (v. 10). Ces trompettes figurent la Parole de Dieu qui nous dirige pour savoir comment nous rassembler, marcher, combattre et rendre culte selon la pensée de Dieu.
            Sous le règne d’Ozias, les Juifs avaient inventé des instruments pour leur propre usage (Amos 6 : 5) ; mais David avait fait des instruments « pour louer l'Eternel » (1 Chr. 23 : 5). La différence est grande !
            Celui qui se tient constamment près de Dieu comprendra sa Parole et saura comment Il désire être adoré. 
 
            « Au moment où commença l’holocauste, le cantique de l’Eternel commença » (v. 27). Tout est prêt pour offrir l'holocauste sur l'autel ; maintenant peut commencer le cantique de l’Eternel. Nous assistons à un vrai commencement spirituel qui va durer longtemps.
 
 
                        2.5 « Ils louèrent avec joie » (v. 28-30)
 
            La joie du cantique ne précède pas l’holocauste, mais elle le suit. Pour pouvoir se réjouir, il faut que le sacrifice soit offert, pas seulement le sacrifice pour le péché, mais aussi l'holocauste. Nous pouvons nous réjouir de cette joie « ineffable et glorieuse » (1 Pier. 1 : 8) parce que, avant toute chose, Dieu a été satisfait par l’œuvre de Christ à la croix. Nous avons de la peine à réaliser la valeur du sang de Christ pour Dieu et à ne pas tout ramener à nous-mêmes !
            Après la défaite du Pharaon et de ses cavaliers dans la Mer Rouge, le peuple d’Israël fait monter vers l’Eternel le premier cantique mentionné dans l’Ecriture (Ex. 15). Le peuple n’y parle pas de lui-même, mais de ce que Dieu est et de ce qu’il a fait pour sa propre gloire. « Je chanterai à l'Eternel, car il s'est hautement élevé » (Ex. 15 : 1).
            « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront sans cesse ! » (Ps. 84 : 4). Louer l’Eternel « continuellement » (Ps. 34 : 1) ! - pas seulement un jour. Ezéchias habitera vingt-neuf ans dans la maison de l’Eternel. Louer le Seigneur devrait être l'occupation de nos cœurs chaque jour, plusieurs fois par jous. Combien plus lorsque nous nous rassemblons autour du Seigneur ! L’adorer non seulement pour ce qu'Il a fait pour notre délivrance, mais aussi pour ce qu'Il a été pour son Père, comme holocauste parfait.
 
                                    Nous exaltons, ô Dieu, le Fils de tes délices,
                                    L’objet de ton amour de toute éternité ;
                                    Pour ta gloire il voulut s’offrir en sacrifice ;
                                    Il vint pour accomplir toute ta volonté.
 
                                    Fils de l’homme élevé sur le bois du Calvaire,
                                    Sacrifice agréable éprouvé par le feu,
                                    Ton Bien-aimé s’offrit, Victime volontaire,
                                    Holocauste parfait et tout entier pour Dieu.
  
                                    Ton cœur fut satisfait par toute l’excellence
                                    De l’Agneau préconnu, sans tache et sans défaut :
                                    Son entier dévouement, sa pleine obéissance,
                                    Comme un parfum très pur, montaient vers toi là-haut.
 
 
                        2.6 L’appel du roi à offrir des sacrifices et des louanges (v. 31-34)
 
            « Vous vous êtes maintenant consacrés à l’Eternel ; approchez-vous… » (v. 31).  « Consacré » signifie être rendu propre pour paraître devant la face de Dieu ; ici, c’est pour remplir le service d’un sacrificateur devant l’Eternel.
            « C’est par cette volonté (celle de notre Père) que nous avons été sanctifiés (ou consacrés), par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 10 : 10). Ainsi consacrés, nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus… approchons-nous avec un cœur vrai… » (Héb.10 : 19-22). Nous pouvons nous approcher de Dieu parce qu’un sacrifice parfait a été offert. L'adorateur est rendu agréable devant Dieu ; la perfection de la victime est imputée à l'adorateur qui s'approche. Nous pouvons nous approcher avec des sacrifices de louange et un « esprit libéral » (v. 31, 35) pour apporter des holocaustes et des sacrifices de prospérité.
            Le mot « consacrer » signifie aussi « donner », littéralement « donner comme offrande » (30 : 24) ; on trouve la même signification dans la consécration d’Aaron et de ses fils : « tu les consacreras », ou «  tu rempliras leurs mains » (Ex. 28 : 41). Nous devrions tous avoir des corbeilles pleines (Deut. 26 : 2), des mains « remplies » comme Aaron et ses fils, quand nous venons devant Dieu. « On ne paraîtra pas à vide devant ma face » (Ex. 23 : 15- 34 : 20). « On ne paraîtra pas devant l'Eternel à vide, mais chacun selon ce que sa main peut donner, selon la bénédiction de l'Eternel, ton Dieu, laquelle il te donnera » (Deut. 20 : 20).
            Chacun a un service à remplir et nous sommes tous sacrificateurs.    
 
            « Amenez des sacrifices… dans la maison de l’Eternel » qui lui-même, par la bouche de Moïse, avait bien précisé, en rapport avec le lieu du rassemblement : « Vous chercherez le lieu que l’Eternel, votre Dieu, choisira d’entre toutes vos tribus pour y mettre son nom, le lieu où il habitera, et vous y viendrez… alors il y aura un lieu que l’Eternel, votre Dieu, choisira pour y faire habiter son nom… et tu viendras au lieu que l’Eternel aura choisi » (Deut. 12 : 5, 11, 26). Il y a une recherche à faire dans l'humilité. C’est Dieu qui a choisi ce lieu, non pas l'homme (voir aussi Luc 22 : 12 - Jésus désigne en parlant d’un maître de maison, l’endroit où devait être célébrée la Pâque).
 
            Au milieu de cette scène de joie partagée par tout le peuple (v. 30, 36), nous trouvons une ombre : « Seulement il y avait trop peu de sacrificateurs » (v. 34). C’est un motif de tristesse qui sera rappelé au chapitre suivant (30 : 3). Il y a eu un travail de cœur qui s’est fait progressivement. Mais les lévites étaient plus droits de cœur que les sacrificateurs et ils ont dû les aider à écorcher les victimes, suppléant ainsi la carence relative des sacrificateurs, mais en sortant de leur rôle. Il a fallu du temps, car les sacrificateurs étaient bien là, mais n'avaient pas accompli la purification nécessaire (30 : 18-19).
            Il peut aussi exister de tels motifs de tristesse dans l’assemblée. Le service sacerdotal appartient à tout croyant, mais certains peuvent rester en retrait. Ayons à cœur ce service de l’adoration que le Seigneur nous a confié, même s'il est rempli de façon toute simple.
            Il y a peut-être des chrétiens effacés qui sentent plus leur responsabilité que ceux qui sont à la tête ; ce sont des croyants dont le cœur est attaché au Seigneur et à l’assemblée, peut-être un jeune chrétien, une sœur… Il y a parfois plus de droiture chez un croyant ignorant des vérités de la Parole concernant le rassemblement selon la pensée de Dieu, que chez ceux qui devraient bien mieux les connaître et les vivre d’une façon plus profonde. Il est remarquable que le Seigneur ne se révèle pas à Pierre ni à Jean en Jean 20 : 17, mais à Marie, parce que son cœur était rempli de Lui. Ici, le cœur des lévites était rempli de ce qui convenait à la gloire de Dieu. Au temps d’Esdras, ce sera le contraire ; il faudra chercher des lévites ; au début il n'y en avait pas un seul (Esd. 8 : 15-20).
            Soyons dociles pour accomplir humblement le service que le Seigneur attend de nous dans l'assemblée. Si nous faisons la sourde oreille à l'appel du Saint Esprit, il en résultera de la souffrance pour toute l'assemblée ; notre défaillance risquera d'inciter d'autres serviteurs à sortir de leur place pour remplir notre service. Que nos cœurs soient disposés à suivre et à servir comme le parfait Serviteur, le Seigneur Jésus !
 
 
                        2.7 Le sacrifice de prospérité (v. 35)
 
            Dans ces sacrifices de prospérité ou de communion, le sang, la graisse, les rognons étaient la part exclusive de Dieu. Mais il y avait aussi la part du sacrificateur, l'épaule élevée, et la part de l’adorateur qui était pour tout le peuple (Lév. 7). « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom. Mais n’oubliez pas la bienfaisance… » (Héb. 13 : 15-16). Nous pouvons voir ces deux côtés, la louange envers Dieu et la bienfaisance envers nos frères dans les versets 31 et 32.
 
 
                        2.8 « Dieu avait disposé le peuple… » (v. 36)
 
            Soudainement, ils sont là sous la puissante action du Saint Esprit, tous d'un même cœur, groupés autour du Seigneur. L'opération de l'Esprit est puissante dans les cœurs, comme lorsqu’il s’agira de réédifier l'autel à l’époque d’Esdras (Esd. 3).
      
            Il est parlé « d’Ezéchias et de tout le peuple… » (v. 36) : il s’agit du  peuple entier, de tout Israël, pas seulement d'une partie du peuple. On retrouve encore une fois l'unité du peuple aux yeux de Dieu malgré le terrible schisme qui existait. Moralement et politiquement, dix tribus s’étaient dissociées de Juda, mais nous voyons toujours que la pensée de Dieu est l'unité de son peuple. Il avait fait des promesses à son peuple, tout Israël et Juda (30 : 1) et la pensée du roi était conforme à celle de l'Eternel. Répétons-le, gardons dans nos cœurs cette pensée de l’unité du corps de Christ, si précieuse à ses yeux.