Méditations suivies : Le règne d'Ezéchias (1)

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LE REGNE D’EZECHIAS : 2 CHRONIQUES 29 à 32 (1)


Introduction
CHAPITRE 29 : Purification du temple et rétablissement du culte 
       1 – Purification du temple : (v. 1-19)
 
Introduction
 
            Ezéchias succède à son père Achaz à l’âge de 25 ans. Il régnera 29 ans à Jérusalem (727 à 698 avant Jésus Christ). L'Esprit de Dieu fait ressortir dans le deuxième livre des Chroniques le contraste entre ces deux règnes.
            Dans l'histoire d'Israël, on voit souvent la grâce de Dieu qui transperce les ténèbres. Après le mauvais roi Saül, il y a eu David, un roi selon le cœur de Dieu. Après Achaz, l’apostat, apparaît son fils Ezéchias, le réformateur ; c'est la grâce seule qui opère en suscitant ce jeune roi fidèle. Aux deux rois impies, Manassé et Amon, succèdera encore un roi fidèle : Josias.
            Le règne d’Ezéchias se compose de deux parties : les quinze premières années marquées par la fidélité du roi, et les dernières où son cœur s’est élevé. Entre les deux, Dieu a permis trois épreuves successives qui ne sont pas un châtiment, mais une épreuve de sa foi.
             La vie d'Ezéchias est relatée trois fois dans l’Ancien Testament : 2 Rois 18-20; 2 Chr. 29-31 ; Es. 36-39. Il y a certainement une édification particulière à retirer de la comparaison de ces trois récits.
 
 
                        L’état moral du peuple à l’avènement d’Ezéchias
 
                                    - sur le plan religieux :
            Les portes du temple avaient été fermées et tous les ustensiles du culte avaient été dispersés (28 : 24). C'était comme si le peuple d'Israël n'était plus le peuple de Dieu. « Ils ont détourné leurs faces de la demeure de l’Eternel » (29 : 6). Le peuple et son roi s’adonnaient au culte des idoles ; il existait des autels idolâtres dans tous les coins de Jérusalem. De plus, Achaz brûlait ses fils par le feu « selon les abominations des nations » (28 : 3) ; c’est une grâce de Dieu que le jeune Ezéchias ait été épargné. Le roi Achaz, pas plus que le peuple, ne manifestait quoi que ce soit pour Dieu. Le jugement était donc imminent.
              
                                    - sur le plan politique :
            La 6ème année de son règne (la 9ème d’Osée, roi d'Israël), les dix tribus d’Israël devaient être transportées en Assyrie après le siège de Samarie, en 721 avant Jésus Christ (2 Rois 17 : 6 ; 18 : 1). Par ailleurs, l’Assyrien se préparait à attaquer Juda.
Le livre des Rois montre qu’Ezéchias accédait au trône dans un temps très sombre, une période de jugement. Mais avec ce jeune roi, Dieu intervient en grâce et suspend momentanément le jugement. 
 
              
 
 
CHAPITRE 29 : Purification du temple et rétablissement du culte 
 
 
1 – Purification du temple : (v. 1-19)
 
 
                        1. 1  Portrait moral d’Ezéchias (v. 1-2)
 
            Pendant sa jeunesse, Ezéchias avait certainement entendu parler de l’attitude fidèle de son grand-père Jotham, puisqu’il avait 9 ans lorsqu’il est mort. Il a ensuite observé, pendant 16 ans, la marche déplorable de son père Achaz et en a certainement beaucoup souffert.
            Le nom de sa mère est indiqué : Abija, fille de Zacharie. Elle était probablement de race sacerdotale ou lévitique. Elle a dû enseigner son fils dans les choses de Dieu.
            Alors que l'Eternel était abandonné, ce jeune homme a donc déjà été mis à part. C’est la grâce de Dieu qui suscite un serviteur, « comme un tison sauvé du feu ». Dieu a choisi Ezéchias, un homme selon son cœur, et l’a préparé dans le secret. A la mort d’Achaz, le jeune roi ainsi disposé par Dieu, est prêt pour servir, en dépit de cet affreux contexte.
            Le Seigneur veut nous utiliser de la même manière ; nous devons accepter de n'être rien pendant un temps et à paraître au moment choisi par Dieu, pour disparaître ensuite comme Elie.
 
            Ezéchias fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, « selon tout ce qu’avait fait David, son père » (v. 2). Le lien de parenté remonte très loin en arrière, jusqu’à ce lointain ancêtre, tandis que pour Ozias et Jotham, il n’est pas rappelé au-delà de leur père (26 : 4 ; 27 : 2). 
            Toute réforme, dans l'histoire de l'Eglise, a eu sa source dans le retour à ce qui est dès le commencement : c'est là, une manifestation caractéristique de tout réveil. Ce sont les choses du commencement qui ont une grande valeur pour Ezéchias.
 
 
                        1. 2  Réouverture du temple (v. 3)
 
            Dès le début de son règne, à l’âge de 25 ans, le premier jour du premier mois de la première année, la première préoccupation d’Ezéchias est de réformer tout ce que son père Achaz avait fait ; « il ouvrit les portes de la maison de l’Eternel, et les répara » (v. 3). Il revient à ce qui était selon la pensée de Dieu. Son cœur s’est attaché à la maison de l’Eternel. La communion avec Dieu a un immense prix pour lui.  Connaissant depuis sa jeunesse les enseignements de la Parole, il les met immédiatement en pratique. Il a à cœur la gloire du Dieu d'Israël avant tout.
            Ne pensons pas que les enseignements de l’Ecriture soient des choses anciennes qu’il serait inutile de considérer aujourd’hui. Revenir à ce qui était au commencement a été une bénédiction particulière pour Ezéchias, comme nous le voyons dans les chapitres 29 à 31. Au début d'une vie chrétienne, qu'est-ce qui intéresse le croyant ? Jérusalem, le lieu de la présence de Dieu, est-elle élevée au-dessus de la première de ses joies (Ps. 137 : 6) ?
            Ce jeune roi déploie une énergie particulière pour accomplir la volonté de Dieu. Il désire fermement ramener le peuple à l'Eternel. Avec Ezéchias, Dieu maintient en Juda une descendance à David, et Il le fera - de façon cachée - jusqu'à la naissance du Seigneur.
 
 
                        1. 3  « Sanctifiez-vous, et sanctifiez la maison de l’Eternel » (v. 4-5)
 
            Ezéchias assemble les sacrificateurs et les lévites sur la place orientale (v. 4). Victimes des moqueries du peuple sous Achaz, ils voyaient que l’abandon de l'Eternel avait abouti au désastre. Chacun devait éprouver l’impérieux besoin personnel de revenir à l'Eternel. Quand Dieu agit dans un cœur pour sa gloire, il n'y a aucun obstacle. Ils répondent tous favorablement à l’invitation d’Ezéchias ; tous sont d'accord avec lui. De même, il y aura ensuite l’adhésion de tout le peuple pour célébrer la fête des pains sans levain (30 : 13-14).        
            Le roi incite les sacrificateurs et les lévites à revenir en arrière en leur exposant le mal dans lequel ils étaient tombés. Les lévites n'approuvaient certainement pas Achaz mais, la maison de l’Eternel ayant été fermée, ils avaient dû quitter le temple et abandonner leur service ; il n’y avait plus aucune manifestation de Dieu sur la terre d’Israël. Maintenant, sous l’impulsion d’Ezéchias, ils comprennent que tous ces agissements passés étaient contraires à la pensée de Dieu. Ces lévites et tout le peuple sont dans un état moral qui montre une vraie repentance.
            « Maintenant, sanctifiez-vous… » (v. 5). La grâce de Dieu appelle à la sainteté pratique dans nos vies. Si nous sommes conscients de ce que la grâce de Dieu a fait pour nous, nous aurons à cœur de nous sanctifier continuellement. Dieu ne peut pas supporter des comportements induits par des principes mélangés.
            Dès le début de son règne, Ezéchias « ôta les hauts lieux, et brisa les statues, et coupa les ashères, et mit en pièce le serpent d’airain que Moïse avait fait… » (2 Rois 18 : 4). Les hauts lieux et les autels à encens étaient des institutions humaines, des « habitudes » ajoutées au culte du vrai Dieu ; Dieu n'avait jamais demandé cela. On peut comprendre que dans la période des Juges, les hauts lieux aient eu encore leur place. Mais jamais on ne voit David y offrir de l’encens ; il avait eu à cœur de rechercher un lieu pour l'arche, et après l’avoir trouvé, il offre un sacrifice, dans l'aire d'Arauna, le Jébusien. Il est surprenant de voir Salomon sacrifier à l’Eternel sur le haut lieu de Gabaon (2 Chr. 1 : 3), alors qu'il y avait à Jérusalem le lieu choisi pour adorer. Il faut arriver à Ezéchias pour abolir ces traditions (31 : 1) et revenir à ce qui était au commencement ; telle est la condition pour retrouver une vraie bénédiction. C’est ce que l’Esprit nous dit : « Ce qui était dès le commencement… » (1 Jean 1 : 1), et ce que les apôtres ont enseigné : « Mais toi, tu as pleinement compris ma doctrine… » (2 Tim. 3 : 10). Que nous soyons de ceux qui ont pleinement compris l’enseignement de la Parole et s'attachent à l'Eternel de tout leur cœur : « J'ai à cœur … » (v. 10).
            L’affection d’Ezéchias pour l’Eternel et sa maison était la source de toute son activité. Si nos cœurs sont attachés à l'Eternel, nous désirerons revenir à ce que le Seigneur nous a commandé au début.
 
 
                        1. 4 Confession d’Ezéchias (v. 6-9)
    
            Ezéchias reconnaît l’état misérable du peuple et de ses rois. Il en comprend la cause : le reniement de Dieu qui justifie sa colère. Il ne dit pas : « Mon père », mais « nos pères ont fait ce qui est mauvais aux yeux de Dieu » (v. 6). De même, Daniel n'a pas accusé le peuple de Dieu, ni ses prédécesseurs (Dan. 9 : 16). Ezéchias ne formule aucune accusation contre son père infidèle. Il prend sur lui les conséquences de tout ce qui s'était passé précédemment.
            Nous aussi croyants, dans des temps difficiles, ne devons-nous pas accepter que le Seigneur nous discipline, pour qu'il y ait des résultats à sa gloire ? Nous pouvons avoir tendance à accuser nos aînés avec orgueil ; les parents doivent apprendre à leurs enfants à ne pas le faire. Nous devons confesser ensemble nos propres fautes, car nous sommes tous ensemble fautifs. Si la main de Dieu pèse sur nous, nous n'avons qu'à baisser la tête.
            Pendant le règne de son père Achaz, on ne pouvait plus - et on ne voulait plus - s'approcher de l’Eternel (Es. 30. 10-11). On avait « fermé les portes du portique » et « éteint les lampes » ; il n’y avait donc plus de témoignage visible. On n'avait pas fait fumer l'encens ; il n’y avait donc plus de prière, ni d'intercession. On n’avait pas offert d'holocauste ; il n’y avait plus de culte. Tout ce qui revenait à l'Eternel avait été aboli.
           
            Ainsi, au début de ce chapitre, apparaissent déjà trois caractéristiques d’un réveil :
                        - l’unité de pensée.
                        - un retour aux vérités du commencement
                        - l’humiliation et la confession de l’état de ruine actuel
            Ce ne sont pas des croyants qui deviennent meilleurs, mais des croyants qui reconnaissent leur état misérable, la ruine collective commune. C’est cette confession qui leur ouvre la voie de la restauration.
            Un réveil ne consiste pas dans de grandes démonstrations de puissance, mais dans la séparation d’une quantité de mauvaises habitudes dans notre vie, auxquelles nous nous sommes accoutumés et qui ont obscurci notre vue spirituelle. Ezéchias, les lévites et les sacrificateurs ne se sont pas lancés dans des entreprises de grande apparence ; ils n’ont pas bâti un nouveau temple, mais ils ont purifié ce qui pourrait apparaître comme des détails, des ustensiles qui avaient été souillés.
            Pour qu’un réveil se produise dans l’assemblée, il faut qu’il ait lieu d'abord dans chacun de nos cœurs, ensuite dans nos foyers, et enfin par voie de conséquence dans l'assemblée. Il faut premièrement une prise de conscience du mal, puis une véritable repentance. Ezéchias a été à cet égard un instrument de la grâce pour relever le peuple repentant et rappeler que l'Eternel était toujours leur Dieu, Celui qu’ils devaient honorer. Ezéchias s’est confié entièrement en l'Eternel ; rien ne venait de lui-même (31 : 21b). Il vivait dans la dépendance de l'Eternel qui lui donnait cette énergie et cet amour pour rappeler les manquements précédents du peuple et de ses pères. Voilà un encouragement à la dépendance bien actuel pour nous, chrétiens.
            La négligence peut aller très loin : elle a conduit ces hommes à être infidèles, à faire ce qui est mauvais, à abandonner l’Eternel, et à détourner leurs faces de la demeure de l’Eternel (v. 6). Un tel chemin d’égarement peut être, hélas, celui d’un croyant : d’abord il n’attache plus le même prix aux valeurs de son héritage spirituel, puis il s’éloigne progressivement de l’assemblée, et enfin il se détourne résolument de Dieu lui-même.
 
 
                        1. 5 « Maintenant, mes fils, ne soyez pas négligents » (v. 10-11)
  
            En dépit de son jeune âge, Ezéchias fait preuve d’une grande autorité morale, mais aussi de douceur, ayant David comme modèle. Le peuple discerne dans ce jeune homme quelqu'un d'exceptionnel.
            « Ecoutez-moi, Lévites! » (v. 5). « Maintenant, mes fils, ne soyez pas négligents » (v. 11). Tous écoutent et obéissent aux commandements du roi. Tous ces lévites vont se lever (v. 12), et se plier à son autorité.
            Ezéchias ne leur fait pas de sermon, mais leur parle avec l’autorité que lui conférait son témoignage antérieur ; celui-ci accréditait ses paroles. En même temps, il les exhorte avec douceur en leur disant : « mes fils » (v. 11). Quelle grâce chez ce jeune roi qui s’adressait à des sacrificateurs et des lévites plus âgés que lui !
            « C'est vous que l'Eternel a choisis » (v. 11) : ils l'avaient oublié ! Nous sommes tous lévites et nous avons un service, grand ou petit, qu’il faut remplir fidèlement. L’infidélité dans un service caché est aussi coupable que dans un ministère public. Etre serviteur du Seigneur, c’est faire fidèlement ce qu’Il nous demande.
 
            Ces versets décrivent l'énergie d'un homme de Dieu qui avait compris le désastre amené par l'attitude de son père. L'Eternel était avec lui, mais il lui a fallu une foi énergique pour répondre à la pensée de Dieu et rejeter les souillures hors du temple. Ecoutons cet enseignement capital pour nous aujourd'hui : nous avons à prendre une position très ferme, à nous séparer du mal, non d’une manière extérieure, mais selon les pensées de Dieu, qui a « les yeux trop purs pour voir le mal » (Hab. 1 : 13).
 
 
                        1. 6  Heureuse communion dans le service  (v. 12-15)
 
            Après la confession et l’exhortation du roi, les descendants des trois familles lévitiques de Kehath, Merari et Guershon - qui avaient des fonctions bien particulières dans le tabernacle - et les descendants d'Asaph, d’Héman et de Jeduthun (1 Chr. 25) sont réveillés. Tous ces lévites « se levèrent » (v. 12) ; les forces étaient là, mais elles n’étaient pas employées, car l'énergie manquait. A un moment donné, il faut « se lever » et agir.
            « Et ils rassemblèrent leurs frères et se sanctifièrent... » (v. 15) : ils se sanctifièrent d'abord. Il est impossible de s'occuper de la maison de l'Eternel si l’on est dans un mauvais état.
 
            Nombres 8 : 6-7 décrit cette sanctification pratique des lévites en trois points:
                        - par l'aspersion de l'eau de purification : cette eau, c'est la Parole de Dieu qui atteint le cœur et la conscience et juge la vieille nature qui est toujours en nous.
                        - par le rasage intégral : le rasoir est une figure de la Parole vivante, opérante - ou : tranchante (Héb. 4 : 12-13) qui enlève les manifestations de cette vieille nature, pour qu'elle ne porte pas de fruit.
                        - par le lavage des vêtements : laver ses vêtements, c’est juger toutes les habitudes d’autrefois qui ne seraient pas selon Dieu.
            Après cela, les lévites devaient venir pour « faire le service de la tente d’assignation » (Nom. 8 : 15). Ainsi, purifiés eux-mêmes, ils étaient en état de s’occuper de la maison de Dieu.
 
            Toutes ces indications ont une signification pour nous si nous avons à cœur les intérêts de la maison de Dieu. L’impiété d’Achaz avait conduit les lévites à négliger cette sanctification pratique dans ses trois aspects. A l’inverse, le travail de cœur produit en Ezéchias a des répercussions profondes dans toutes les familles des lévites pour rassembler leurs frères et se purifier. C’est l’énergie du roi qui leur a donné cette unité de pensée.
 
 
                       1. 7  La sanctification de la maison de l’Eternel  (v. 16-17)
 
            Ezéchias a compris que la grâce de Dieu qui l’avait fait monter sur le trône appelait la sainteté, la purification de la maison de l’Eternel.
            Sans doute, avant de fermer les portes, Achaz avait-il laissé s’introduire toutes sortes de choses étrangères et impures dans le temple. Pendant 25 ans, Ezéchias avait été plongé dans cet environnement extrêmement mauvais, mais intérieurement, il était séparé du mal, ce que personne ne voyait. Sa séparation intérieure produit maintenant une séparation extérieure. Nous ne pouvons comprendre ce qu'est le mal aux yeux de Dieu qu'en vivant séparé du mal.
            C’est aussi l’enseignement de Daniel qui avait arrêté dans son cœur, dès sa jeunesse, de ne pas se souiller (Dan. 1 : 8). Jean-Baptiste, annonçant la venue du Seigneur, prêchait la repentance pour amener la purification. Il fallait que le peuple se purifie pour être en état de recevoir son Roi.
            Les chefs ont rassemblé leurs frères, car il fallait beaucoup de personnes pour procéder à la purification du temple en huit jours. Puis, s’étant purifiés eux-mêmes, dans un état approuvé par l’Eternel, ils ont pu se mettre au travail.
            Après cet exercice personnel, « les sacrificateurs entrèrent dans l’intérieur de la maison de l’Eternel… et jetèrent dehors… toutes les impuretés qu’ils trouvèrent… » (v. 16). Ce ne sont pas des gestes indolents, mais une action énergique, difficile à accepter pour la chair : « jeter dehors » ! D’autre part, ce travail nécessaire et probablement rebutant requérait une grande humilité.
            Dans cette purification de la maison, le travail des sacrificateurs et des lévites était différent. Tous ont la même ardeur, mais tout doit se faire selon l'ordre établi de Dieu. Les sacrificateurs, seuls autorisés à entrer dans le sanctuaire lui-même, ôtent les impuretés de l’intérieur du temple et les jettent dans le parvis ; puis ce sont les lévites qui les jettent dans le torrent du Cédron.
            Quelle application pouvons-nous en faire aujourd’hui? Voilà deux groupes de serviteurs dans le service du temple. Le service des lévites rend possible le culte des sacrificateurs. Ces deux fonctions sont bien distinctes, mais complémentaires. Maintenant chaque croyant est en même temps sacrificateur et lévite. Aujourd'hui, le service des docteurs, des pasteurs et des prophètes dont nous parle celui des lévites contribue à la vie spirituelle de tous les croyants et les rend aptes à exercer leur sacerdoce d'une manière digne du Seigneur qu’ils peuvent alors adorer en esprit et en vérité. 
            Il est bien dit : « toutes les impuretés ». Elles sont toutes ôtées, sans exception. Le travail est complet, radical. Il arrive que des choses impures entrent dans nos vies et nous devons les jeter dehors, « de peur que nous n’allions à la dérive » - ou que nous « glissions loin » (Héb. 2 : 1). S'il y a par exemple des CD, des livres, des revues qui nous ont souillés, « jetons-les dehors » radicalement avec le désir de nous purifier pour Dieu.
 
            Ces remarques nous amènent à nous poser une question d’une extrême pertinence : Comment s'opère la sanctification du croyant et de l'assemblée actuellement ?
 
            Deux purifications ont eu lieu au début du règne d’Ezéchias : celle des personnes et celle de la maison de l'Eternel, qui représente pour nous l'Assemblée de Dieu.
            Les trois personnes de la trinité et la Parole - sont à l'œuvre dans la sanctification personnelle :
                        - Sanctification de position du croyant devant Dieu :
                                    * L’origine est en Dieu car nous sommes sanctifiés par la volonté de Dieu (Héb. 10.10) ; elle est le point de départ, et primera sur la puissance de l'adversaire et la folie de l'homme.
                                    * Le moyen est en Christ : « Nous avons été sanctifiés, par l'offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (Héb. 10 : 10). En effet, des pécheurs ne pouvaient pas rencontrer un Dieu qui est saint. Cette rencontre est devenue possible grâce à l'offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes. 
                        - Sanctification pratique du croyant dans sa marche :
                                    * Elle se réalise pratiquement dans notre vie par l’action du Saint Esprit : nous avons été « élus… en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ…» (1 Pier. 1 : 2). L'Esprit opère pour cette mise à part du croyant pour Dieu. Il est descendu non pas pour sanctifier des hommes ruinés se complaisant dans leur péché, mais des croyants qui croient en Celui « qui a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4 :25). Ce ne sont jamais des incrédules qui sont appelés à parvenir à la sainteté.
                                    * Le Saint Esprit opère par la Parole : « Sanctifie-les par la vérité : ta Parole est la vérité » (Jean 17 : 17). 
            Dieu est l'originateur, Jésus Christ le moyen, l'Esprit Saint l'agent ; les trois personnes de la divinité sont à l'œuvre pour notre sanctification. Il n’est pas présomptueux, comme le pensent certains croyants, de croire que les péchés sont pardonnés alors que la vieille nature n'est pas améliorée. Les croyants sont déjà saints devant Dieu en position et ils sont rendus capables de réaliser cette sainteté pratique, opérée par la Parole de Dieu.
 
            Quant à l’Assemblée, elle est composée d'individus, de pécheurs devenus maintenant des enfants de Dieu. Ils doivent être saints comme lui est saint (1 Pier. 1 : 14-16). Insistons encore une fois sur ce fait si important : les lévites ont été appelés d’abord à se sanctifier personnellement et ensuite à purifier la maison de Dieu. Et dès lors, n’oublions pas cette parole du psalmiste : « La sainteté sied à ta maison, ô Eternel ! pour de longs jours » (Ps. 93 : 5), valable aujourd’hui plus que jamais. Dans une assemblée locale, ce qui n’est pas à la gloire de Dieu doit être confessé et jugé à la lumière de la Parole. Alors seulement, une communion les uns avec les autres - sanctifiée, selon Dieu, sans compromis boiteux - pourra être réalisée pour la joie et la bénédiction de chacun. Le Saint Esprit ne sera pas contristé et il pourra agir au milieu des deux ou trois réunis au nom du Seigneur dans le respect de ses droits et de sa sainteté. 
 
 
                        1. 8  « Nous avons purifié toute la maison de l’Eternel »  (v. 18-19)
 
            La purification est achevée. Ezéchias a certainement éprouvé une grande joie quand il a entendu le rapport des lévites : « Nous avons purifié toute la maison de l’Eternel… » (v. 18). Ce n’était pas seulement une partie du temple, mais « toute la maison » ; parfois nous pourrions penser à tort que tout est en ordre parce que tel point a été réglé, alors que d'autres points ne le sont toujours pas. Toutefois, le Seigneur ne nous demande pas de régler tous les problèmes en même temps. A Corinthe, l’apôtre Paul avait adressé bien des reproches mais, quand un problème a été réglé, il peut écrire : « A tous égards, vous avez montré que vous êtes purs dans cette affaire » (2 Cor. 7 : 11). Ce qui ne signifie pas, évidemment, qu’ils n’aient pas à s’occuper du reste par la suite.
 
            Ils ont purifié :
                        - « l’autel de l’holocauste » :c’était la figure de la mort du Seigneur à la croix. L'holocauste, c’est l'adoration présentant à Dieu la perfection de la personne de son Fils qui « s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9 : 14).
                        - « tous les ustensiles » : ces objets que le roi Achaz avait rejetés, petits ou grands, sont sanctifiés. Il n'y avait rien de trop petit ; même une pincette, une fourchette, avaient leur importance. C'est aussi un enseignement pratique pour nous d'être soigneux dans les choses saintes.
                        - « la table des pains à placer en rangées » : les douze pains figuraient les 12 tribus d’Israël. Le roi avait compris que malgré toutes les apparences, Dieu voyait toujours les 12 tribus d’Israël dans leur unité. On peut lier cette mention à l'expression de la fin du verset 24 : « afin de faire propitiation pour tout Israël ». Cette pensée de l’unité du peuple est souvent mal comprise. Malgré d’inévitables séparations, parce que l’on n’a pas su se rassembler dans l’humiliation, se purifier ensemble, Dieu voit toujours l’Assemblée dans son unité en Christ.
 
            Les vérités originelles ont été retrouvées. Ezéchias ne construit pas un nouveau temple, il purifie celui qui existe. Zorobabel ne bâtira pas un nouveau temple à côté de l'emplacement d’origine, mais il construira sur les ruines de l'ancien temple. C’est toujours la même maison. Tous ces ustensiles ne sont pas de nouveaux instruments, une nouvelle table, un nouvel autel. Ce sont ceux qui avaient été utilisés précédemment.
            Lors de la déportation de Juda, Nébucadnetsar emportera à Babylone tous les ustensiles du culte (2 Chr. 36 : 18). Mais Dieu en prendra soin et Il les fera rendre à son peuple, lors du retour du « résidu » en Palestine (Esd. 8 : 24-34). Ils seront comptés et pesés au départ, recomptés et repesés à l'arrivée ; il n'en manquera aucun.
            Ici le Seigneur leur a accordé de retrouver tous les objets qu’Achaz avaient méprisés et rejetés, parce qu’ils avaient une très grande valeur pour eux. Ezéchias sentait sa responsabilité devant Dieu et il a entraîné tous les lévites et les sacrificateurs. Combien ces hommes devaient être heureux de retrouver ce premier amour pour la maison de Dieu !
            Purifier la maison de l'Eternel ne s’est pas fait en un jour ; il y avait tellement de choses à purifier. C’était une énorme tâche ! Il faut un travail profond dans le cœur pour qu'il y ait du fruit porté pour Dieu, pour la gloire de son nom.
            Satan avait poussé Achaz à se débarrasser de tous ces ustensiles du véritable culte, parce qu’il s’oppose toujours à un culte selon la Parole. Mais le Seigneur veille, prend soin de cet autel, de cette table, de tout ce qui est nécessaire pour rendre culte par l'Esprit de Dieu (Phil. 3 : 3). Tout est mis en ordre et le culte pourra recommencer. Dans un sens, l’Eglise n’a rien de nouveau à découvrir ; la Parole demeure toujours la même, et ses enseignements ne varient pas.
 
            Le « péché » d’Achaz - son rejet des ustensiles de l’autel de l’Eternel - est rappelé (v. 19a). Dieu voit le péché ; il ne passe jamais par-dessus, tant qu’il n’y a pas eu confession. Celle-ci précède la louange. Il est impossible de rendre culte s'il y a un péché non confessé. Même s'il passe inaperçu aux yeux de tous, Dieu ne pourra pas bénir de la même manière. C'est un encouragement à rejeter le péché, si nous voulons goûter la bénédiction divine dans l'assemblée.