Méditations suivies : Brèves notes sur l'évangile de Matthieu (8)

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BREVES NOTES SUR L’EVANGILE DE MATTHIEU (8)

 CHAPITRE 8 :
 
 1- Trois guérisons : v. 1-15
 2- A la suite de Jésus : v. 16-27
 3- Au pays des Gergéséniens : v. 28-34

            Après le sermon sur la montagne (chap. 5-7), les chapitres 8 et 9 présentent les actes du Seigneur, ses œuvres qui sont par devers son Dieu et montrent la qualité du Serviteur. Jésus descend de la montagne et de grandes foules le suivent. Il va agir en grâce et en puissance envers son peuple. Il se présente comme Emmanuel - « Dieu avec nous » - pour le délivrer des conséquences du péché. Il avait dit longtemps auparavant à Israël campant auprès des eaux de Mara : « Je suis l'Eternel qui te guérit » (Ex. 15 : 26).
 
 
1- Trois guérisons : v. 1-15
           
                        1.1 Le lépreux guéri (v. 2-4)
 
            Un lépreux s'approche de Jésus et se prosterne devant Lui. Il lui dit : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre pur » (v. 2). Ceux qui étaient atteints de cette maladie très contagieuse vivaient séparés de tous, groupés dans des léproseries. Selon les injonctions de la Loi, ils devaient marcher en criant : « Impur ! Impur ! » (Lév. 13 : 45), afin que personne ne s'approche d'eux ! La lèpre qui ronge les mains et les pieds est dans l’Ecriture une figure du péché. En parlant du peuple d’Israël, Esaïe décrit la condition de l’homme pécheur, puis il nous donne la réponse de Dieu : « Depuis la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien en lui qui soit sain : tout est blessure et meurtrissure, et plaies vives ; elles n’ont pas été pansées, ni bandées, ni adoucies avec l’huile…Venez… dit l’Eternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine » (Es. 1 : 6, 18).
            Ce lépreux savait certainement que Jésus pouvait le délivrer de sa lèpre, mais il dit : « Si tu veux », ce qui laisse supposer de sa part un manque de connaissance de la volonté du Seigneur à son égard. Dans le passage parallèle de Marc 1 : 40, nous voyons les sentiments du Seigneur envers cet homme : « ému de compassion », est-il précisé. Jamais Jésus ne guérissait ou ne faisait un miracle sans entrer par amour et sympathie dans les circonstances et les peines produites par la maladie ou l'infirmité.
            Le lépreux n’a pas laissé passer cette occasion unique d’être guéri. De même une âme chargée de ses péchés, voyant sa misère, ayant devant elle la mort éternelle, salaire du péché, n'a qu'une ressource : c'est Jésus. Le sang qui seul peut laver de tout péché, c'est le sang de Christ. Il faut venir à Lui pour confesser son iniquité, en sentant sa misère, tout apporter à Jésus et la délivrance ne se fera pas attendre !
            Jésus étend sa main et touche le lépreux. Lui seul, saint et pur, peut être en contact avec la souillure sans en être atteint. Il dit : « Je veux, sois purifié » (v. 3). Nous trouvons une autre fois dans la bouche du Seigneur cette expression : « Je veux ». Dans la prière de Jean 17, nous lisons : « Je veux, quant à ceux que tu m'as donnés, que là où je suis, moi, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée » (v. 24).
            Quelle délivrance pour ce malheureux de constater que, par la parole de Jésus et par le geste de sa main, il est maintenant pur et parfaitement guéri ! Quelle délivrance aussi pour un pécheur, quand il reçoit par la foi cette assurance qu’il est lavé de ses péchés dans le sang de Jésus Christ, Celui qui nous aime (Apoc. 1 : 5).
            Jésus donne ensuite un commandement au lépreux guéri : « Va te montrer au sacrificateur et présente l’offrande que Moïse a ordonnée, pour que cela leur serve de témoignage » (v. 4). Le Seigneur reconnaît le système légal sous lequel Il se trouvait (Gal. 4 : 4). Le lépreux doit se montrer au sacrificateur et accomplir les ordonnances de « la loi du lépreux » (Lév. 14 : 1) pour servir de témoignage que Jésus l'a délivré. Les sacrificateurs ont ainsi la preuve que Jésus est l'Eternel Dieu qui seul peut délivrer de la lèpre.
            Le détail des offrandes que le lépreux devait apporter, sur l'ordre du sacrificateur, est rapporté dans ce chapitre 14 du Lévitique. On devait prendre deux oiseaux vivants et purs, du bois de cèdre, de l'écarlate, de l'hysope. L’un des animaux devait être égorgé. Il devait être fait aspersion de son sang sept fois sur celui qui devait être purifié, avant de lâcher l'oiseau vivant dans les champs. Puis le sang et l'huile devaient être placés sur le lobe de l'oreille droite de celui qui devait être purifié, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit. Toutes ces images parlent des divers caractères de l'œuvre de Christ dans l'expiation et dans la résurrection et des conséquences bénies qui en résultent pour nous en sanctification de notre entendement, de nos actes et de notre marche.
            Dans l’évangile de Marc, il est rapporté que le lépreux a fait connaître comment il avait été délivré, si bien que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans la ville. Mais dans notre évangile, nous voyons briller l’humilité de Jésus accomplissant fidèlement et sans bruit son service merveilleux. Que cette humilité dans le service nous caractérise davantage, imitant en cela notre divin Maître.
 
 
                        1.2 Le serviteur du centurion (v. 5-13)
 
            Le Seigneur intervient ensuite auprès d'un homme des nations. Ce centurion vient à Jésus en le suppliant de guérir son serviteur. Cet homme a le sentiment de la souveraineté de Jésus. Alors que Jésus est envoyé spécialement à son peuple, comme le Messie, cet étranger au peuple d'Israël trouve toutefois accès à la grâce divine parce qu'il s'adresse avec foi et déférence au Seigneur Jésus. Et tous ceux qui font appel à la grâce de Dieu de cette manière trouvent la réponse en Lui !
            Jésus lui répond : « J'irai, moi, et je le guérirai » (v. 7). C'est Dieu « manifesté en chair » (1 Tim. 3 : 16) qui s'approche des hommes pour les guérir, et non seulement par un acte de sa puissance, mais aussi avec une profonde sympathie pour tous ceux qui souffrent et sont dans la peine.
            Le centurion prend tout de suite la place qui convient. Il reconnaît la seigneurie de Jésus et sa propre indignité : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit... » (v. 8). Au lieu d’avoir la morgue habituelle des vainqueurs, il reconnaît qu'il est indigne que le roi d'Israël entre chez lui, un étranger ! Il connaît la puissance de Jésus et il sait qu'Il peut guérir son serviteur par une parole. 
            Les versets 8 et 9 montrent que le centurion a discerné en Jésus quelqu'un qui obéit à une autre volonté que la sienne, quelqu'un de dépendant d’un Autre, dont il est le canal d'une volonté d'amour, de grâce et de compassion. De la même manière que lui-même commande à ses soldats ou à ses serviteurs, le Seigneur commande aussi. Le centurion le prie donc de dire « seulement une parole » qui guérira son  esclave.
            Dans le premier paragraphe nous avons vu la lèpre, figure du péché. Ici, nous avons la paralysie liée à une horrible souffrance qui nous parle de l'impuissance de l’homme à se sortir du péché qui le torture et le rend incapable de marcher en liberté devant Dieu. Mais la source de la délivrance est toujours la même, elle est en Jésus !
           
            « Va ; qu'il te soit fait comme tu as cru » (v. 13). Croire sans voir, en s'appuyant fermement sur les déclarations de Dieu, c’est la foi ! Elle entre jusque dans le ciel où elle contemple un Sauveur vivant qui répond à notre cri !
            Dieu dit et la chose est (Ps. 33 : 9). Connaître un tel Dieu nourrit la foi. Elle est liée à la Parole de Dieu (Rom. 10 : 17) : elle peut saisir la déclaration divine qui s'impose alors au cœur et entraîne la soumission à l'autorité de Dieu.
            Ce passage rappelle aussi l'expression de Genèse 49 : 22 qui parle d’une branche qui porte du fruit près d’une fontaine et dont les rameaux poussent par-dessus la muraille : au-delà du peuple d’Israël, la grâce et la bénédiction s'étendent aux nations. Nous pouvons dire, nous aussi, avec la Parole que nous ne sommes pas dignes, mais Dieu s'est approché en grâce pour nous apporter le salut éternel.
            Ici la foi est appelée une « si grande foi » (v. 10). C'était la même que celle d'Abraham qui a cru Dieu, et ce que Dieu disait. Les prérogatives des Juifs étaient fondées sur les promesses faites aux pères. Mais fallait-il encore que celles-ci soient reçues par la foi. Ce n'était pas pour flatter leur orgueil national que Dieu leur avait fait ces promesses, mais pour qu'elles soient crues et que le peuple craigne l'Eternel. Il est remarquable de voir ici que c'est un homme des nations qui a justement une telle « qualité » de foi : elle le fait participer au royaume des cieux. En revanche, ceux qui avaient droit à ces promesses par filiation, s'ils n'avaient pas la foi, seraient jetés dans les ténèbres de dehors. Ces choses sont toujours vraies. Aujourd'hui encore, ce n'est pas parce qu'on est né dans une famille chrétienne, ou que notre vie porte l'empreinte d'une pratique religieuse que l'on est admis dans le royaume des cieux ou aujourd'hui dans l'assemblée de Dieu. Il faut une foi personnelle dans la Parole de Dieu et dans la puissance du Seigneur Jésus pour délivrer. Car il n'y a que deux destinations, deux portes, deux chemins !
           
            Il faut encore souligner que ce deuxième miracle du Seigneur Jésus répond à la foi d'un homme qui ne demande pas pour lui mais pour un autre. Le centurion agit envers son serviteur comme il l’aurait fait pour son propre fils ! Nous avons peut-être quelqu'un de proche qui se trouve dans un tel état : paralysé par le péché, et souffrant peut-être horriblement... dans son âme. Sommes-nous disposés à supplier le Seigneur de le délivrer? Demandons avec foi ;  le Seigneur répondra certainement à nos intercessions, Lui « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2 : 1-4).
 
 
                        1.3 La belle-mère de Pierre (v. 14-15)
 
            Dans cet évangile, nous voyons donc la grâce se manifester d'abord envers ce Juif lépreux, puis envers ce centurion romain et son serviteur, gens des nations, et enfin envers la belle-mère de Pierre qui représente en figure le résidu d'Israël. Le Seigneur l’entourera de soins tout particuliers quand il traversera la grande tribulation, une période de troubles sans précédent (Mat. 24 : 21) qui sera suivie de la paix et du repos du règne millénaire. Alors, le Seigneur, roi des rois et seigneur des seigneurs, sera servi par tous.
            Ce qui caractérise cette femme, c'est la fièvre, l'agitation. Ce qui lui manquait c'est un contact personnel avec le Seigneur ! Jésus s'approche, lui touche la main. Aussitôt guérie, elle se lève et Le sert. Cette rencontre avec le Seigneur produit un changement de comportement. L'activité n'est plus la même, l'agitation brouillonne a fait place à un service paisible.
            Il y avait certainement une relation heureuse entre Pierre et sa belle-mère, puisqu'il l'avait prise chez lui. Les premiers fruits de l'amour se manifestent dans nos maisons.
            En Marc 1 : 30, nous lisons : « Ils lui parlèrent d'elle ». Le remède, c'est toujours de parler au Seigneur des besoins d’un des nôtres peut-être. Cela doit nous encourager à prier, à exposer au Seigneur nos difficultés physiques mais aussi morales et spirituelles, sans oublier celles de nos proches et celles de nos frères et sœurs dans la foi. Le Seigneur donne alors non seulement la délivrance et la guérison, mais aussi les forces pour être à son service, chaque jour !
 
 
 
2- A la suite de Jésus : v. 16-27
 
 
                        2.1 « Lui-même a pris nos infirmités et a porté nos maladies » (v. 16-17)
 
            Le Seigneur avait lié Satan dans le désert par la victoire qu'Il avait remportée ; maintenant, selon l’expression du chapitre 12, « il va piller sa maison » (v.29). Nous voyons dans notre passage l’autorité et la puissance du Seigneur sur les puissances sataniques, sur le monde des démons. L'autorité du Fils de Dieu brille ici : par une parole, Il chasse les démons, comme Il guérit les malades.
            La citation d'Esaïe 53 : 4 montre que le Seigneur a participé volontairement à l'épreuve qui atteint tous ces blessés de la vie : « Il a pris sur lui nos langueurs et a porté nos maladies ». C'est la sympathie du Seigneur et ses compassions qui s'exercent vis-à-vis de ceux qui sont dans la peine et dans la lutte.
 
 
                        2.2 « Le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (v. 18-22)
 
            Venu annoncer la « bonne nouvelle de la paix » (Eph. 2 : 17), Jésus ne cherchait pas sa propre gloire. Après la démonstration de son autorité et de sa puissance en délivrance, et alors que de grandes foules se sont rassemblées autour de Lui, Il « commanda de passer à l'autre rive » (v. 18). Ainsi, après avoir accompli les œuvres de Dieu dans cette région-là, Il s’en va ailleurs. Voyageur et étranger sur la terre, Il déclare au verset 20 : « Le Fils de l'homme n’a pas de lieu où reposer sa tête ».
            Le Seigneur n'a pas de repos, mais Il est le Serviteur engagé dans le service que Dieu lui a confié et Il va jusqu'au bout dans son ministère. Aucun besoin ne Lui est apporté sans qu'Il n'y réponde, sans qu'Il se penche avec compassion sur la misère des autres. Il est l'exemple de l'amour parfait, qui se dévoue sans compter, « lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance... » (Act. 10 : 38). Il dira en Jean 5 : 17 : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi aussi je travaille ». Il était en territoire ennemi pour y accomplir l'œuvre que son Père lui avait confiée. Il ne pouvait pas encore goûter le repos. Mais bientôt, l’œuvre étant parfaitement accomplie à la croix, Il remettra son esprit entre les mains de son Père et son travail sera achevé. Quel exemple de dépendance à l’égard de ce que son Dieu lui avait donné à faire !
            Mais ne peut-on pas dire, d’autre part, que ce travail de l’œuvre de la grâce dure encore aujourd’hui, et jusqu'au jour annoncé par le prophète Sophonie dans lequel « l’Eternel… se reposera dans son amour » (3 : 17) ?
 
            « Un scribe s’approcha et lui dit : Maître, je te suivrai où que tu ailles » (v. 19). Voilà sans doute de bonnes dispositions, mais cet homme s'appuyait sur ses sentiments et n'avait pas « calculé » la dépense ! Il croyait pouvoir suivre Jésus avec sa propre capacité. Il fait penser à Pierre lorsqu'il dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort » (Luc 22 : 33). Mais c'était un élan de la chair, et il faut apprendre que dans notre chair, il n'y a aucun bien ; il convient d’appliquer la mort de Christ à toutes nos prétentions personnelles à suivre le Seigneur ! Notre sécurité est de comprendre que nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes. Pour suivre Jésus, il faut aussi renoncer, si le Seigneur nous le demande, à notre confort et à la recherche de nos aises dans ce monde. En outre, nous ne pouvons Le suivre qu'à son appel ! C'est le Seigneur qui appelle et qualifie. Ainsi en a-t-il été de Pierre à nouveau après sa restauration. Le Seigneur lui a dit : « Toi, suis moi » (Jean 21 : 22).
 
            Un disciple, qui certainement connaissait son Maître mais qui avait d'abord une affaire à régler, dit à Jésus : « Permets-moi de m'en aller d’abord ensevelir mon père » (v. 21). La réponse du Seigneur peut paraître dure : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts » (v. 22). Mais ce qui est sujet à caution, c'est le « d’abord » ; il ne fait pas de doute que tout en suivant le Seigneur, on peut aller ensevelir son père, mais il faut suivre le Seigneur d'abord !
 
            Aucun de ces deux hommes n'était vraiment prêt à suivre le Seigneur. L'un avait la prétention de le suivre sans avoir compris à quoi il s’engageait, l'autre avait des obligations familiales qui le retenaient ! Il peut y avoir des choses qui nous entravent pour remplir un service que le Seigneur a placé devant nous. Quand le Maître nous appelle, c'est tout de suite. Ce n'est pas à nous de décider du moment ! Mais un cœur qui est attaché au Seigneur apprend à discerner le moment où il est appelé à Le suivre, à marcher sur ses traces. Il faut d'abord suivre le Seigneur pour pouvoir Le servir ensuite. Le suivre, c'est porter son opprobre. Nous n'avons pas d'autre Maître, ni d'autre exemple à suivre que Lui ! Mais il en vaut la peine car c'est dans son chemin que nous avons son approbation et que nous trouvons la bénédiction.
 
 
                        2.3 Jésus dans la tempête (v. 23-27)
 
            Suivre le Seigneur, c'est accepter de ne pas avoir ici-bas un lieu de repos. "Tu te reposeras là-haut", a écrit un chrétien fidèle, décédé à plus de 90 ans au terme d’une longue carrière au service du Seigneur. On pourrait penser que le fait de Le suivre va nous épargner bien des difficultés, bien des épreuves. Ne prêtons pas l’oreille à cet évangile de la prospérité ! Ici, les disciples sont ensemble avec le Seigneur dans la nacelle au moment où s'élève une grande tempête. L'Ennemi peut provoquer des tourmentes individuelles ou collectives. Mais Lui ne craint pas ses assauts. Le verset 24 le montre clairement : « Mais lui dormait ». Il était là, fatigué, mais paisible et confiant au milieu de la mer déchaînée. Sa seule présence aurait dû tranquilliser les disciples et leur ôter toute crainte. Ils auraient alors pu dire comme David autrefois : « Je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi » (Ps. 23 : 4).
            « C'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Act. 14 : 22). La tempête était sans doute soulevée par des éléments naturels hostiles, mais en même temps tout était conduit par le Seigneur. Il n'y a pas de hasard dans notre vie. Nous nous laissons arrêter parfois par les causes « secondes » sans remonter à la source. Mais tout est dans la main de Dieu pour nous amener à savoir où nous en sommes. Et les disciples ont bien ici le sentiment d'avoir besoin du secours du Seigneur. Ils ont la foi et même « petite », elle les fait se tourner du bon côté. « Ils ont crié à l’Eternel dans leur détresse, et il les a fait sortir de leurs angoisses … Ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient » (Ps. 107 : 25 à 30).
            Leur « petite foi » est caractérisée par le fait qu'ils sont préoccupés d'eux-mêmes et qu'ils se posent des questions au sujet du Seigneur : « Quel est celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ! » (v. 27). Au contraire, la « si grande foi » du centurion était occupée de la souveraineté de Christ et il avait une confiance entière dans sa parole.
            Ces versets nous interpellent et nous nous demandons quel est notre appui et quels sont nos points d'ancrage. Oui, le Seigneur Jésus est notre seule ressource, Il est pleinement suffisant ! Il veut que nous goûtions Sa présence dans les moments difficiles, d'une manière toute nouvelle. C'est l'expérience des trois jeunes Hébreux jetés au milieu de la fournaise ; ils y ont rencontré une merveilleuse compagnie, divine (Dan. 3 : 25).
            « Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi ? » (v. 26). Ne nous arrive-t-il pas d’être nous aussi « craintifs » ? Toutefois, les disciples se sont adressés au Seigneur. Il ne les a pas repoussés mais délivrés, malgré leur petite foi. Que ce soit un encouragement à ne pas rester seuls, repliés sur nos peines, dans les épreuves que nous rencontrons. Allons au Seigneur pour qu'Il nous aide ; notre foi sera fortifiée auprès de Lui.
            « Je crierai… à l’Eternel, et il me répondra de sa montagne sainte…Je m’endormirai : je me réveillerai, car l’Eternel me soutient » (Ps. 3 : 4-5).
           
 
3- Au pays des Gergéséniens : v. 28-34
 
            Jésus arrive au pays des Gergéséniens. L’opposition se manifeste d’une autre manière. La violence de ces deux démoniaques empêche tout passage par ce chemin-là. Ce n'est plus la maladie, ni l'infirmité, ni le manque de foi, mais directement la puissance de l'ennemi qui s'est emparé de ces hommes. Ils sortent des sépulcres, image de la mort et de la corruption. Ces démoniaques, esclaves de Satan, vivaient dans la violence, dans le lieu de la corruption et de la mort. C'est une image de notre condition naturelle. Le Seigneur est venu vers nous alors que nous étions dans cette situation ; personne d'autre n’aurait pu venir. Les démons savent qui Il est (Jacq. 2 : 19 ; Marc 1 : 24). Ils savent qu'à la fin le Seigneur les jettera dans le feu éternel (Matt. 25 : 41) et redoutent ce jour.
            Le Seigneur était là pour délivrer ces deux hommes liés par le « pouvoir des ténèbres » (Col.1 : 13). Il est venu sur le chemin suivi par ces hommes, là où personne d'autre n’osait passer, apportant Sa grâce, Sa miséricorde et Ses compassions (Luc 10 : 33-34).
            Les démoniaques s’écrient : « Que nous veux-tu, Jésus, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici avant le temps pour nous tourmenter ? » (v. 29). Les hommes ne voulaient pas reconnaître le Fils de Dieu et s'incliner devant Lui ; mais ici les démons l’ont reconnu !
            Sans doute sommes-nous rarement confrontés, du moins de façon directe, à la puissance spirituelle des démons. Mais la Parole montre combien cette puissance de méchanceté est à redouter. Seul le Seigneur peut en délivrer. Les conséquences du péché, c'est la mort, et Satan essaie d'attirer les hommes dans un milieu où la mort règne pour les y entraîner ensuite plus facilement ! Que le Seigneur nous garde de tout contact avec eux en particulier par l’intermédiaire des pratiques occultes et des horoscopes.
            « Il y avait... un grand troupeau de porcs qui paissait » (v. 30). Ces animaux étaient impurs et un tel élevage n'aurait pas dû être possible en Israël. Ces démons entrent dans le troupeau qui va se ruer du haut de la côte dans la mer. Finalement l'ennemi vient habiter ceux qui lui appartiennent. Judas en est un exemple bien solennel (Jean 13 : 27) !
            On a vu dans cette scène une image du peuple d'Israël apostat. Il a refusé de recevoir son Messie ; il est alors devenu la proie de Satan et a été dispersé dans la « mer des nations ».
            Ici, le Seigneur use de grâce envers ces deux hommes possédés et les délivre. Durant cette scène, le Seigneur ne prononce aucune parole, sinon celle adressée aux démons : « Allez ».
            « Toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; quand ils le virent, ils le prièrent de se retirer de leur territoire » (v. 34). La ville est cette communauté humaine organisée sans Dieu. Le monde n'est pas dérangé par la puissance du diable, mais celle du Seigneur Jésus le dérange. La délivrance des deux démoniaques, la perte des pourceaux, cela dérange aussi ! La vérité de Dieu et Sa lumière sont également gênantes ! Il nous faut le savoir, car nous suivons un Maître rejeté qui est insupportable à la société dans laquelle nous vivons. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’apporter aux hommes la bonne nouvelle du salut - cherchant à empêcher qu'ils soient jetés dans les tourments éternels.
            Ne nous arrive-t-il pas aussi d'être dérangés par une manifestation de la puissance de Dieu si par exemple cela bouleverse nos habitudes ou notre manière de voir les choses ? Ces versets nous interpellent : apprenons à recevoir par la foi ce que le Seigneur fait et Le voir lui, opérant comme Il lui plaît avec puissance mais aussi en bonté envers les fils des hommes.