Méditations suivies : Le règne de Salomon (1)

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2 CHRONIQUES 1 à 9 : Le règne de Salomon (1)

Introduction  
2 CHRONIQUES 1 : Humilité, grandeur et gloire de Salomon
       1 – Grandeur de Salomon et recherche de la communion avec Dieu : (v. 1-6)
         2– La prière de Salomon et la réponse divine : (v. 7-12)
       3 – Les premiers aspects de la gloire de Salomon : (v. 13-17)


Introduction
 
            Les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques relatent l'histoire chronologique et continue du peuple d'Israël depuis le prophète Samuel (environ 1150 avant Jésus Christ) jusqu'en l'année 562, c'est-à-dire la 37ème année de la déportation de Jehoïakin à Babylone.
 
            Les livres des Rois et des Chroniques parlent de la même période historique, mais une différence apparaît entre les deux récits :
                        - Dans les livres des Rois, nous avons surtout l'histoire du gouvernement de Dieu sur les rois d'Israël (les 10 tribus), considérés comme responsables devant Dieu, depuis Jéroboam jusqu'à la prise de Samarie en 720 avant Jésus Christ et la transportation en Assyrie par Shalmanéser. Aucun d'entre eux n'a fait ce qui est droit aux yeux de l'Eternel.
                        - Les livres des Chroniques traitent davantage des rois de Juda, issus de la maison de David et de la grâce de Dieu pour accomplir ses conseils envers son peuple. L'intention divine est de nous communiquer cette histoire de la royauté d'une manière différente de celle des livres des Rois : il est rarement parlé des défauts ou des chutes des rois, sauf quand Dieu le juge nécessaire. C'est le plus souvent le côté de la grâce qui est relevé. Nous ne verrons pas la triste fin de Salomon dans ce livre, mais seulement ce qui a été fait sous le regard de Dieu et avec son approbation.
 
            Dans le premier livre des Chroniques, les 9 premiers chapitres présentent des généalogies; puis le récit proprement dit commence au chapitre 10, avec David, le roi selon le coeur de Dieu (environ 1055 avant Jésus Christ), immédiatement après la chute de Saül, le roi selon le coeur de l'homme.
            Le récit du deuxième livre des Chroniques poursuit, sans interruption, celui du premier. On y trouve l'histoire de Salomon, puis celle des rois de Juda, tous issus de la famille de David, jusqu'à l'avènement de Cyrus, roi de Perse en 536. Celui-ci ordonne le retour des captifs juifs à Jérusalem mettant ainsi un terme à la période de la transportation en Babylonie.
            La liste des généalogies va jusqu'à Jotsadak (1 Chr. 6 : 15) qui fut déporté dès le début en 599 avant Jésus Christ ; ce qui permet de savoir que les Chroniques ont été rédigées postérieurement à la captivité, au temps de Zacharie et d'Aggée (Zach. 3 : 1 ; Aggée 1 : 1).
 
            Les récits concernant le règne de Salomon occupent le début du premier livre des Rois (chap. 1 à 11), ainsi que les 9 premiers chapitres du deuxième livre des Chroniques pour lesquels nous proposons les commentaires suivants.
 
 
 
2 CHRONIQUES 1 : Humilité, grandeur et gloire de Salomon
 
            Dès le premier chapitre, nous contemplons dans la personne de Salomon, l'établissement glorieux du roi de paix, dans un royaume où la sagesse préside. Les combats et les victoires ont été la part de David, tandis que Salomon s'affermit dans un pays paisible. Son nom, signifiant « le pacifique », dirige nos pensées vers Christ, le « Prince de paix » (Es. 9 : 6), dont le règne futur est abondamment illustré par ces premiers chapitres des Chroniques.
 
 
1 – Grandeur de Salomon et recherche de la communion avec Dieu : (v. 1-6)
 
 
                        1.1 Témoignage à la seigneurie de Christ et à son futur règne (v. 1)
 
            « Et Salomon, fils de David, s'affermit dans son royaume ; et l'Eternel, son Dieu, fut avec lui et l'agrandit extrêmement » (v. 1). La grandeur unique du royaume de Salomon apparaît dès ce premier verset, belle image du règne de Christ qui aura « les nations pour héritage, et, pour sa possession, les bouts de la terre » (Ps. 2 : 8).
            Salomon, roi de justice et de paix, préfigure ce que le Seigneur fera et ce qu'Il sera pour Dieu dans le millénium. Il régnera effectivement comme Christ et Seigneur, mais dès aujourd'hui, nous avons à rendre témoignage à sa seigneurie. Le Seigneur a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Ne devrions-nous pas nous attacher fidèlement à cette vérité, même si le monde nous tient pour insensés ? L'incroyant, loin de Dieu, n'a aucune idée de la position que le Seigneur Jésus occupe à la droite de Dieu où il a été fait Seigneur de tout ; mais c'est la joie du chrétien de Le voir déjà revêtu de ses dignités. C'est aussi le plaisir de Dieu de voir les siens rendre hommage au Seigneur Jésus. L'enfant de Dieu est heureux d'être soumis au Seigneur, de lui appartenir dès maintenant. Dans ce monde, seuls les vrais croyants peuvent dire que Jésus est Seigneur, et Dieu nous conduit vers cet avenir où Il sera notre vrai Salomon. Nous sommes souvent occupés de ce que le Seigneur Jésus est pour nous au sujet de nos besoins, mais pensons à ce qu'Il sera pour Dieu en ce temps-là en vertu de ses propres perfections. Ce qu'il est en Lui-même est une source inépuisable de joie pour le fidèle. Bien des croyants qui nous ont précédés avaient une vie céleste marquée, parce qu'ils jouissaient d'une communion qui embrassait cet avenir. Ce livre devrait nous encourager à porter un caractère céleste de justice et de paix. Nous sommes du ciel et nous partagerons tout ce qui aura lieu pendant ce règne de mille ans. La gloire du Seigneur Jésus est bafouée par le monde aujourd'hui. Qu'elle ne le soit pas parmi nous chrétiens, dans nos familles et dans les assemblées !
            David, le roi selon le coeur de Dieu, avait tout préparé pour que Salomon puisse s'asseoir à sa place « sur le trône de l'Eternel » (1 Chr. 29 : 23) et que son royaume glorieux puisse s'établir à Jérusalem. Dans les Chroniques, c'est Dieu qui l'agrandit « à un très haut degré aux yeux de tout Israël, et lui donna une majesté royale telle qu'aucun roi avant lui n'en avait eu en Israël » (1 Chr. 29 : 25). Nos yeux se portent sur la gloire du Seigneur Jésus que Dieu établira sur toutes choses, cette gloire magnifique qui sera celle du Fils de Dieu, fils de David qui, de Jérusalem dominera sur toute la terre (Es. 9 : 7 ; Dan. 2 : 44 ; 7 : 14, 27). Il est « béni éternellement » (Rom. 9 : 5 ; 2 Cor. 11 : 31). Il sera élevé aux yeux de toute la terre, car on viendra de toute la terre pour apporter le tribut et l'hommage à ce roi plus grand que Salomon (Matt. 12 : 42 ; Luc 11 : 31).
            Ici, Salomon s'affermit lui-même dans son royaume, de sa pleine autorité personnelle, alors que dans les Rois, le royaume « fut affermi dans la main de Salomon » (1 Rois 2 : 46). Cependant, il reste le roi selon le coeur de Dieu, parfaitement obéissant, ayant le profond désir de lui obéir et de le servir. Dans ce livre où aucune de ses fautes n'est relatée, il est un type de la perfection de Christ, qui tout en dominant pendant son règne millénaire, restera l'Homme dépendant. A la fin de son administration, Il remettra « le royaume à Dieu le Père… Quand tout lui aura été assujetti, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à Celui qui lui a tout assujetti, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Cor. 15 : 24, 28).
 
 
                        1. 2 Gabaon : recherche de la communion avec Dieu (v. 2-6)
 
            Au tout début de son règne, Salomon monte à Gabaon, à la tente d'assignation, dans la présence de Dieu. Il la recherche. Ce livre des Chroniques nous montre que les rois qui ont reçu des bénédictions sont ceux qui avaient de l'affection pour la maison de l'Eternel et qui avaient recherché la présence de Dieu. Sur ce haut lieu de Gabaon, était dressé le tabernacle de Moïse devant lequel était l'autel d'airain construit par Betsaleël (Ex. 36) dans le désert. L'arche avait été installée par David, sous une autre tente à Jérusalem et Salomon avait été choisi pour construire un magnifique temple pour l'abriter. On ne trouve pas ici de blâme au sujet du culte mélangé rapporté dans les Rois (1 Rois 3: 1-4) ; cette défaillance de Salomon oubliant les instructions de Deut. 12 : 5, 13, 14 est passée sous silence, pour diriger nos regards sur Christ seul.
            Salomon et la congrégation recherchent l'Eternel (v. 5), en allant vers la tente d'assignation qui évoquait la séparation pour Dieu. Là, Salomon offre sur l'autel d'airain mille holocaustes (v. 6), des sacrifices agréables à l'Eternel. Son règne a donc été inauguré par ces sacrifices sur l'autel d'airain : ils figuraient, par avance, l'oeuvre de l'expiation accomplie par Christ à la croix et par laquelle le peuple pouvait rencontrer son Dieu. Le règne millénaire ne pourra pas commencer avant que les fidèles du résidu ne « regardent à celui qu'ils ont percé » (Zach. 12 : 10). Ce n'est qu'en vertu du sacrifice de Christ, que Dieu pourra introduire son règne de paix.
 
 
2– La prière de Salomon et la réponse divine : (v. 7-12)
 
                        2. 1 Crainte de Dieu et recherche de Ses intérêts (v. 2-6)
 
            Dieu apparaît à Salomon à Gabaon « dans un songe de la nuit » (1 Rois 3 : 5) et lui dit : « Demande ce que tu veux que je te donne » (v. 7 ; 1 Rois 3 : 5 ; voir Ps. 2 : 8 : « Demande-moi…»). La prière que le roi adresse alors à Dieu va manifester les bonnes dispositions de son coeur.
            Premièrement, Salomon reconnaît la bonté et la fidélité de l'Eternel envers David, son père et envers lui-même (v. 8).  Il exprime sa reconnaissance pour toutes les bénédictions qui leur ont été accordées par Dieu. Sommes-nous reconnaissants pour la bonté dont Dieu a usé envers nos parents, pour la fidélité qu'Il manifeste encore envers nous dans le rassemblement ? C'est un grand sujet d'action de grâces.      
            Deuxièmement, le roi a compris qu'il a besoin de sagesse et de connaissance. Ici, il est présenté plutôt sous le caractère de roi de paix et de gloire, lié à la sagesse ; dans le livre des Rois, il porte le caractère particulier de roi de justice qui exerce des jugements gouvernementaux contre les ennemis de David, son père.
            Salomon demande trois choses :
                        - « Que ta parole à David, mon père, soit ferme… » (v. 9) : il désire que les promesses faites par Dieu à son père s'accomplissent. En demandant cela, il recherche la bénédiction. Dieu demeurera « au milieu des fils d'Israël » et n'abandonnera pas son peuple (1 Rois 6 : 12-13).
                        - « Donne-moi de la sagesse… » (v. 10). Les livres des Proverbes et de l'Ecclésiaste montrent à quel niveau de sagesse est arrivé Salomon. Il a pu communiquer cette sagesse à d'autres, par exemple à la reine de Sheba (1 Rois 10). Dans Proverbes 8, la sagesse personnifie directement la personne du Seigneur. Pour Salomon, l'Eternel était lui-même la sagesse. Au début d'une carrière chrétienne, que chacun désire cette sagesse, la sagesse qui vient de Dieu, dont le commencement est la crainte de l'Eternel (Ps. 111 : 10) ! Demandons-la à Celui qui « donne à tous libéralement sans faire de reproches » (Jac. 1 : 5). Le contraire de la sagesse est la folie, il n'y a pas de chemin intermédiaire. Veillons « à marcher soigneusement, non pas comme dépourvus de sagesse, mais comme étant sages, saisissant l'occasion... » (Eph. 5 : 15-16).
                        - « Donne-moi… de la connaissance » (v. 10) : il ne s'agit pas de la connaissance qui enfle et qui satisfait l'orgueil (1 Cor. 8 : 1), mais de celle qui permet de connaître les pensées de Dieu. Nous sommes exhortés à croître dans la grâce et la connaissance du Seigneur (2 Pier. 3 : 18).
 
            Que Dieu nous donne de connaître les Saintes Lettres qui peuvent « nous rendre sages à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3 : 15). A la fin de sa vie, Salomon a probablement moins lu la Parole de Dieu et il a mal fini. Mais si on reste attaché à la Parole de Dieu, on pourra bien continuer sa vie et, par la grâce de Dieu, bien la terminer. Désirons-nous vraiment que le Seigneur augmente en nous la sagesse et la connaissance par la lecture des Saintes Ecritures dans la joie de sa communion ? La sagesse augmente lorsque Dieu applique cette Parole à nos circonstances et à nos voies.
            Je demande ceci dans mes prières… « que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne l'esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de votre coeur étant pleinement éclairés… » (Eph. 1 : 16-17 ; voir aussi Phil. 1 : 9-10 ; Col. 1 : 9). C'est dans la mesure où nous nous tenons assis aux pieds du Seigneur Jésus comme Marie (Luc 10 : 39) que nous apprenons comment suivre un Christ rejeté. Si nous restons en communion avec le Seigneur, dans la lecture de sa Parole, comme Salomon à son début, nous apprendrons à « sortir et entrer » (1 Rois 3 : 7), c'est-à-dire à servir comme il convient.
       
            Dans le premier livre des Rois (3 : 9), Salomon demande autre chose : « un coeur qui écoute », sage et intelligent. C'est là le fond du problème : nos affections sont-elles pour Christ, pour tout ce qui a trait à sa gloire ? Aimons-nous l'assemblée et aussi tous les hommes. Si nos coeurs sont engagés avec le Seigneur, le reste suit. « Mon fils, donne-moi ton coeur… » (Prov. 23 : 26). « Garde ton coeur plus que tout ce que l'on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4 : 23). Que nous réalisions davantage combien nos coeurs sont précieux aux yeux du Seigneur Jésus ! Il les veut pour lui tout entiers, pas seulement « une partie », ou seulement notre intelligence.
            N'ayons pas la pensée de nous élever, mais pensons à la grâce infinie de Dieu qui a répondu à nos besoins, et à ceux de nos parents et grands-parents. Qu'Il veuille répondre à leurs prières pour que nous marchions à leur suite dans le témoignage. Salomon aimait l'Eternel (1 Rois 3 : 3), marchant dans les statuts de David, son père…et sa prière était selon la volonté de Dieu (1 Jean 5 : 14-15).
 
 
                        2. 2 La réponse divine (v. 11-12)
 
            Dieu « connaît » le coeur de l'homme (Ps. 139 : 23) et le « sonde » (Jér. 17 : 10). Il  « regarde au coeur » (1 Sam. 16 : 7) et déclare ici à Salomon : « c'est cela qui était dans ton coeur » (v. 11). Il est sensible à ce qui a été exprimé par le jeune roi ; celui-ci ne recherche pas les honneurs du monde qui l'entoure, mais la capacité de juger le peuple sur lequel il a été établi roi (v. 11). Il désire servir en assumant le mieux possible la responsabilité que Dieu lui confie. Quel bel exemple pour nous, chrétiens !
 
            Alors l'Eternel accorde à Salomon non seulement la sagesse et la connaissance, mais aussi les richesses, les biens et la gloire qu'il n'avait pas demandés (v. 12). Il est « celui qui  peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous » (Eph. 3 : 20).
 
 
 
3 – Les premiers aspects de la gloire de Salomon : (v. 13-17)
 
                        3. 1 Retour de Salomon à Jérusalem pour régner sur Israël (v. 13)
 
            Salomon revient à Jérusalem où il commence son règne. C'est de là, de Jérusalem, que Christ exercera son pouvoir durant le règne millénaire, lorsque Dieu lui donnera la gloire et la domination universelles. « Il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Cor. 15 : 25).
 
 
                        3. 2 La puissance de la domination du roi d'Israël (v. 14-17)
 
            Salomon établit des garnisons de cavalerie autour de la ville, et aucun ennemi ne l'attaque. Ici, il possède beaucoup de chevaux tirés d'Egypte (v. 14) ; de même, il prendra pour femme une fille d'Egypte (8 : 11). Il ne faudrait pas ici interpréter négativement ces faits, comme étant une preuve d'infidélité aux recommandations de Deut. 17 : 16-17. Dieu met en évidence la puissance de Salomon. Les chevaux étaient pour lui et aussi pour les rois des Héthiens et de Syrie un emblème de force. Le début du règne de Salomon est une faible figure de la domination universelle du Messie, où la paix régnera partout par sa sagesse. Toutes les nations participeront à ces bénédictions.
            Le prophète Esaïe parle beaucoup de ce temps de gloire futur : « On appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. A l'accroissement de son empire, et à la paix, il n'y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume... » (Es. 9 : 6-7). Dans une mesure, Salomon a revêtu ces caractères ; toutefois son royaume n'a pas été établi à toujours alors que la gloire de Christ remplira l'univers.