Méditations suivies : Brèves notes sur l'évangile de Matthieu (4)

bible-notes.org

Imprimer ou partager la page :

BREVES NOTES SUR L'EVANGILE DE MATTHIEU (4)

 
 CHAPITRE 4
       1- La tentation de Jésus au désert : v. 1-11
       2- Le début du ministère public de Jésus : v. 12-25)

CHAPITRE 4 :
 
 
            Avant de commencer son ministère public (v. 12-25), Jésus, qui a été « oint de l'Esprit Saint et de puissance » (Act. 10 : 38), est conduit au désert pour être tenté par Satan (v. 1-11).
 
 
1- La tentation de Jésus au désert : v. 1-11
 
 
                        1.1 Un temps complet d'épreuve (v. 1-2)
           
            Le Seigneur va être tenté par Satan. Les tentations semblent avoir duré 40 jours (Luc 4 : 2) ; elles se sont terminées par celles qui sont rapportées ici.
Ces trois tentations correspondent à celles que Satan a présentées à nos premiers parents en Eden, et qui les ont fait tomber. A l'inverse d'Adam et Eve qui étaient à ce moment -là dans un jardin de délices, Christ a été tenté dans un désert, où Il était avec les bêtes sauvages (Marc 1 : 13). Il s'est montre fidèle et parfait partout où Adam et Eve avaient été subjugués par le diable :
                   - Jésus a faim et Satan lui propose de manger. Mais le Seigneur a pour nourriture l'obéissance à la volonté de son Père (voir Jean 4: 34). Eve, elle, tentée par Satan, avait mangé du fruit défendu !
                   - Satan a demandé à Jésus de se jeter du faîte du temple en bas. Il rappelle le Psaume où la promesse est assurée que les anges le porteront sur leurs mains. Satan avait aussi dit à Eve : « Vous ne mourrez point… ».
                   - Enfin, Satan aurait voulu que Jésus se prosterne devant lui et lui rende hommage. Il avait dit en Eden : « Vous serez comme Dieu ».
           
            L'ordre des tentations est différent en Luc, où l'on trouve plutôt l'aspect moral : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la vie (1 Jean 2 : 16). Ici, dans Matthieu, c'est l'ordre historique.
            On remarque aussi quel est le moment que Satan choisit pour attaquer. Le Seigneur vient de passer quarante jours dans le désert en jeûnant. Alors qu'il a faim, que son corps est dans un état de faiblesse, Satan vient lui présenter ses tentations. Mais il n'a eu aucun impact ni sur l'esprit, ni sur les pensées, ni sur le coeur du Seigneur qui était entièrement soumis à la volonté de son Dieu et appuyé sur sa Parole. Il y a là un enseignement pour nous : lorsque Satan nous tente - et il le fait souvent quand nous sommes faibles, las ou découragés -, sachons trouver notre refuge dans la Parole de Dieu. Ne cherchons pas à raisonner ou à discuter en nous servant de nos propres arguments, de notre logique. C'est perdu d'avance ! Il n'y a que la Parole qui puisse déjouer l'ennemi et lui fermer la bouche ; elle est véritablement « l'épée de l'Esprit » (Eph. 6 : 17) et cette arme est continuellement à notre disposition !
            Notons encore que les tentations endurées par le Seigneur étaient purement extérieures. A nous, il arrive souvent d'être tentés par des convoitises intérieures, celles de notre coeur. Les tentations de Jésus ont fait ressortir la perfection absolue de son humanité (Héb. 4 : 15). Le diable même a bien dû le reconnaître car « ayant épuisé toute tentation » (Luc 4 : 13), il s'éloigna de Jésus pour un temps.
 
 
                        1.2 Première tentation : la convoitise de la chair (v. 3-4)
 
            Satan tente le Seigneur en cherchant à le faire sortir du chemin qu'Il suit, à l'écoute de la volonté de son Père. En effet le Seigneur n'avait reçu aucune instruction de son Père pour rompre son jeûne en changeant des pierres en pains.
            On aurait pu penser qu'après quarante jours de jeûne dans le désert, il eût été normal que le Seigneur Jésus pense à se nourrir. Mais son attitude nous montre qu'Il faisait passer les exigences de son âme avant les besoins de son corps. Et la réponse qu'Il fait par la Parole de Dieu confirme cette attitude. Cela doit nous faire réfléchir : demandons-nous si nous ne faisons pas bien souvent le contraire, en nous occupant des choses matérielles, des besoins de notre corps avant ceux de notre âme ! (voir Matthieu 6 : 32-33). Ce que le Seigneur a enseigné, Il l'avait d'abord vécu ! « Tout ce que Jésus commença de faire et d'enseigner », est-il bien précisé au début du livre des Actes (1 : 1).
            « L'homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (v. 4 ; Deut. 8 : 3). Cette place d'homme que le Seigneur Jésus était venu prendre, Il la maintient fermement face à l'ennemi. Là où le premier homme avait manqué, Lui ne manque pas ! La Parole dont Il se nourrit, et qu'Il peut citer avec précision et de manière opportune, habite dans son coeur. « Ta loi est au dedans de mes entrailles », déclare-t-il par l'esprit prophétique (Ps. 40 : 8). Quelle perfection nous trouvons en Jésus !
 
 
                        1.3 Deuxième tentation : l'orgueil de la vie (v. 5-7)
 
            Après la première tentation du Seigneur Jésus, le diable lui rétorque en quelque sorte : Tu vis de toute parole de Dieu ? Eh bien, voilà une parole de Dieu !
            Mais si nous regardons de plus près la citation du Psaume 91, nous remarquons que Satan l'a « tronquée ». Cependant, le Seigneur Jésus n'entre pas en discussion ! Il se tient sur le terrain de l'obéissance et de la confiance entière en son Dieu. Aussi répond-Il dans la simplicité de la révérence qu'Il a en tant qu'Homme pour son Dieu : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » (v. 7 ; Deut. 6 : 16).
 
 
                        1.4 Troisième tentation : convoitise des yeux (v. 8-10)
 
            Dans cette tentation le diable cherche à conduire le Seigneur à une désobéissance formelle au commandement de Deut. 6 : 13 cité au verset 10. Mais il y a aussi un côté intérieur, plus subtil. Satan voudrait amener le Seigneur à avoir la gloire sans passer par les souffrances de la croix ! Le Seigneur Jésus, homme parfait, a résisté à cette tentation parce que ses délices étaient de faire la volonté de son Dieu.
            Satan présente les gloires du monde et se montre sous son vrai caractère en proposant : « Tout cela, je te le donnerai si, te prosternant,  tu me rends hommage  » (v. 9). Or c'est Dieu et non Satan, qui donnera au Seigneur toute l'autorité sur toutes choses (Dan. 7 : 13-14).
            Rendre hommage à Satan pour en tirer quelques avantages, c'est ce qui domine le monde ! L'ennemi se sert de toutes les convoitises qui sont dans le monde pour faire miroiter devant les hommes toutes sortes de leurres par lesquels il les attire et les asservit.
            Tout au long de ces assauts de Satan, Jésus a soutenu le combat avec patience et persévérance. Mais ici le diable se démasque d'une manière tellement criante que le Seigneur lui dit : « Va-t'en, Satan » (v. 10) et « le diable le laisse » (v.11).
            Jésus, ayant résisté victorieusement à Satan par la Parole de Dieu, a « lié l'homme fort » (Matt. 12 : 29 ; Es. 49 : 24-25). Il va alors « piller ses biens » en délivrant les hommes asservis à la puissance de l'Ennemi, en chassant par exemple les démons. Ensuite, il triomphera à la croix, en brisant la tête du serpent selon la promesse de Gen. 2 :15 (voir Col. 2 : 15 ; Héb. 2 : 14). Plus tard, Satan sera chassé du ciel et précipité sur la terre (Apoc. 12 : 8-9), avant d'être lié pour mille ans avec une grande chaîne et jeté finalement dans l'étang de feu pour y être tourmenté, jour et nuit, aux siècles des siècles (Apoc. 20 : 2-3, 10).
  
            Il résulte de ces tentations subies par le Seigneur une autre bénédiction pour nous : Il s'est qualifié pour devenir notre grand souverain Sacrificateur (Héb. 2 : 18 ; 4 : 15-16). Quelle assurance pour nous de savoir que, dans le ciel, le Seigneur Jésus peut compatir avec nous dans nos faiblesses et nous secourir dans nos tentations parce que Lui aussi les a toutes connues. Il est passé le premier par ce chemin et il est toujours vivant pour intercéder pour nous (Héb. 7 : 25).
 
                         1.5 Le service des anges (v. 11)
 
            « Voici, des anges s'approchèrent, et ils le servaient » (v. 11). Ici les anges servent leur Créateur. Nous avons là un exemple des choses sur lesquelles les anges désirent se pencher (1 Pier. 1 : 12). Le ciel est ainsi constamment dans l'admiration de Celui qu'il contemple. Nous voyons les anges se réjouir à la naissance du Sauveur ; plus tard, à Gethsémané puis lors de sa résurrection et de son élévation au ciel, les anges sont là ! Quelle chose extraordinaire, en effet, que le Centre de la louange céleste soit venu sur la terre pour y mourir !
 
 
 
2- Le début du ministère public de Jésus : v. 12-25
 
           
                        2.1 Retour de Jésus en Galilée (v. 12-17)
 
            Le Seigneur commence son ministère en Galilée, présenté dans cet Evangile jusqu'au premier verset du chapitre 19. Qu'il se « retire » ne veut pas dire qu'il y cherche un abri après l'emprisonnement de Jean le Baptiseur. Loin de craindre les hommes aussi importants soient-ils, Jésus s'adresse à eux avec autorité (Luc 13 : 1-33). Il marche toujours dans la dépendance de son Dieu, dans une région éloignée de la Judée où le rejet de Jean annonce le sien (Act. 13). Le Seigneur est la vraie lumière qui doit briller maintenant en témoignage à Dieu mais « personne ne reçoit son témoignage » (Jean 3 : 32).
            Il ne va pas à Jérusalem, alors qu'Il est roi, ni même ailleurs en Judée, mais dans la « Galilée des nations » (v. 15). Il montre déjà que son ministère s'étend au-delà des limites d'Israël, car Il apporte la grâce de Dieu à tous les hommes.
            Il quitte ensuite Nazareth pour Capernaüm (v. 13), appelée « sa propre ville » (9 : 1). Le Seigneur adressera de ce fait de sévères reproches à cette ville (11 : 23-24). C'est un avertissement pour nous, chrétiens, qui sommes placés par grâce dans une très grande proximité du Seigneur.
            La citation d'Esaïe 9 : 1-2 (v. 15-16) montre le misérable état du peuple. Au temps du prophète Esaïe, le peuple « marchait » dans les ténèbres ; ici, Matthieu dit qu'il y est « assis » (v. 16). Son état est désespéré. Sans doute l'idolâtrie grossière a-t-elle disparu, mais hélas, elle a fait place à l'hypocrisie et à l'orgueil des pharisiens.
            Ce qui est apporté au peuple qui est dans les ténèbres, c'est la lumière, Jésus Christ. Lui est la « lumière du monde » (Jean 8 : 12). Les ténèbres caractérisent tous les hommes qui sont sans Dieu. Nous étions « autrefois ténèbres » (Eph. 5 : 8). Jésus est venu nous éclairer. Il nous a montré notre misère, notre péché et Il a dit : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s'est approché (v. 17). Jean le Baptiseur avait le même message que Lui (3 : 2). Au verset 23 s'ajoute la puissance appartenant au Seigneur. Dans les chapitres 5 à 7, Il enseignera les principes du royaume à venir.
 
 
                        2.2 L'appel des disciples (v. 18-22)
 
            Le Seigneur appelle ses premiers disciples. Ce n'était pas leur première rencontre avec lui (voir Luc 5 ; Jean 1). Ils l'ont entendu, ils sont venus « à lui » (Matt. 11 : 28). Il leur dit maintenant : « Venez, suivez-moi » (v. 19a). Il les appelle à servir et leur confie un service choisi par Lui. Dans l'Evangile de Marc, Il les établit, dans sa souveraineté, « pour être avec lui » (Marc 3 : 13-14) - ce qui est primordial - avant de les envoyer. Il les forme aussi : « Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes » (v ; 19b).
            Le « filet » est dans les mains de Pierre. Plus tard, il ouvrira la porte de la grâce aux Juifs (Act.2) puis aux Samaritains (Act.8) et aux nations (Act. 10). Dans l'appel de deux autres disciples, est donné un détail instructif : ils étaient « en train de raccommoder leurs filets » (v. 21). Ce travail demande patience et attention pour qu'aucune maille ne soit oubliée. Jean déclare au début de son Evangile : « Au commencement était la Parole… ». Dans ses épîtres, il revient de même à ce qui est à l'origine de tout : Dieu. Ne redonne-t-il pas ainsi au filet sa trame d'origine ?
 
            Nous sommes tous appelés à quelque service ; comment y avons-nous répondu ? Il se peut que suivre le Seigneur nécessite de tout quitter (Marc 10 : 28). Dans tous les cas, il faut se renoncer soi-même. Plus tard seulement, Jésus révélera à Pierre des bénédictions futures et glorieuses (19 : 27-28).
            Mais quelle immense bénédiction d'être avec le Seigneur dès maintenant ! N'a-t-Il pas dit à ses disciples : « Si quelqu'un me sert, qu'il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera (Jean 12 : 26) ?
            Les disciples ne font aucune difficulté pour suivre Jésus ; quand le coeur est saisi, la décision est immédiate. Par la bouche du prophète Jérémie dit, l'Eternel demande : « Qui est celui qui engage son coeur pour venir à moi ? » (30 : 21). C'est là une question capitale dans notre vie chrétienne. Ces hommes étaient probablement assez jeunes encore et en pleine activité professionnelle. Généralement, le Seigneur ne prend ni des paresseux, ni ceux qui n'ont plus que les « restes » de leur vie à Lui consacrer. C'est Lui qui appelle à un service qui peut être public. Mais il y a aussi existe d'autres services, peut-être plus cachés ; « à chacun son ouvrage », est-il dit en Marc 13 : 34.
 
 
                       2.3 L'activité de Jésus (v. 23-25)
 
            « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues… » (v. 23). Le Seigneur se rend là où se tiennent ceux auxquels Il veut parler, mais sa présence ne cautionne nullement leurs institutions. Les foules sont attirées, certaines par intérêt, d'autres par curiosité ; quelques-uns par sa Personne. Il les trouve dans leur détresse, sous les conséquences du péché. En grâce, Il répond aux besoins (8 : 17). Ses actes démontrent qui Il est. Et nous, pour quel motif allons-nous à Lui ? Recherchons-nous le soulagement de nos infirmités et sa bénédiction seulement ou… Celui qui la donne ?
 
            Nous pouvons contempler dans ces versets Celui qui prêche l'évangile du royaume et qui en même temps fait le bien, agissant en puissance de délivrance. « On lui amena tous ceux qui se portaient mal » (v. 24). Souvent, nous rencontrons des gens qui se portent mal, qui ont besoin du Sauveur ! Savons-nous les amener à Jésus, au divin Médecin ? Nous pouvons le faire par la prière, ou bien en cheminant un moment avec eux comme Philippe l'évangéliste (Act. 8 : 31). Quelle belle activité que celle-là, mais il faut là aussi de la foi pour l'accomplir ! Retenons l'exemple d'un disciple, André, qui a su remplir un tel service (voir Jean 1 : 40-41).
 
            A la suite de cette prédication et des signes qui l'accompagnaient, de grandes foules suivent le Seigneur et se démarquent ainsi de ceux qui rejettent ouvertement le Messie. La partie responsable du peuple ne reconnaît pas le Seigneur, mais ceux qui L'écoutent et sont au bénéfice de sa grâce agissante Le suivent de partout.
            Toutefois la présence de tous ces gens attirés par les miracles pouvait être un piège pour les disciples. La renommée de Jésus se répandait de plus en plus. Aussi le Seigneur va-t-il montrer ce qui a de l'importance à ses yeux ; ce ne sont ni les guérisons miraculeuses ni les grandes foules, mais le caractère et la position de ceux qui appartiennent au royaume des cieux : les « bienheureux » du chapitre suivant.