Méditations suivies : Notes sur l'épître aux Romains (15)

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NOTES SUR L'EPITRE AUX ROMAINS (15)
 
 
ROMAINS : chapitre 15
 
 1 – La liberté chrétienne et l'exemple de Christ : v. 1-7
 2 – L'évangile pour les Juifs et les nations : v. 8-13
 3 – Le service de l'apôtre Paul : v. 14-33
 

1 – La liberté chrétienne et l'exemple de Christ : v. 1-7
 
                        Le début du chapitre 15 termine le sujet de la liberté chrétienne commencé au chapitre précédent. Il attire notre attention sur la facilité avec laquelle nous nous  plaçons au-dessus de nos frères lorsque nous nous permettons de porter un jugement sur leur manière d'être et de vivre.


            1.1 : Porter les infirmités des faibles
 
                        « Nous devons, nous, les forts, porter les infirmités des faibles et non pas nous plaire à nous-mêmes » (v. 1). Nous trouvons une exhortation semblable dans l'épître aux Galates : « Portez les charges les des autres, et ainsi accomplissez la loi du Christ ; car si, n'étant rien, quelqu'un pense être quelque chose, il se séduit lui-même » (Gal. 6 : 2-3).
                        Les forts, n'est-ce pas d'abord les apôtres ? Qui mieux qu'eux a goûté la liberté chrétienne dans cette période de transition entre l'ère de la Loi judaïque et celle du christianisme ? Qui mieux qu'eux a marché en suivant les traces du Seigneur ?
                        La Parole nous montre que si nous nous attribuons quelque importance, nous sommes déjà en danger de tomber. Dès lors, comment pourrions-nous être en aide à notre frère ? A priori, nous devons toujours penser que notre frère cherche à plaire au Seigneur et qu'il agit en ayant égard au Seigneur. L'apôtre Paul avait reçu une écharde pour la chair afin qu'il ne soit pas porté à s'enorgueillir ; c'est alors que le Seigneur lui a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse » ; Paul l'a compris puisqu'il constate : « Lorsque je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12 : 9-10). Nous avons constamment besoin d'avoir conscience que nous sommes faibles, parce qu'alors le Seigneur peut agir. Mais si nous pensons être forts, nous nous séduisons nous-mêmes et sommes en grand danger !
                        En Matthieu 7 : 3-5, le Seigneur déclare : « Ne jugez pas »,  puis Il relève cette tendance que nous avons si facilement de voir le fétu de paille dans l'oeil de notre frère, sans nous rendre compte de la poutre qui est dans le nôtre! Et il conclut par cette injonction : « Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton oeil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'oeil de ton frère ».
 
 
            1. 2 : L'exemple de Christ
 
                        Notre modèle, c'est le Seigneur Jésus. Lui n'a jamais rien fait pour lui-même, Il n'a pas cherché à se plaire à lui-même. « N'ai-je pas soumis et fait taire mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère ? » (Ps. 131 : 2).  Il a toujours cherché à faire la volonté de son Père. « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29), pouvait-il dire en vérité.
 
                        On peut considérer les autres comme faibles et soi-même comme fort, alors que nous avons à regarder à Christ, le modèle. Si je me sens fort, Dieu vient me dire : Eh bien, puisque que tu penses être fort, montre-le en portant les infirmités des faibles mais d'abord, regarde à Jésus !
                        Nous allons vers notre patrie céleste. Pensons à nos frères qui ont l'air de s'attarder et aidons-les. Il ne s'agit pas de chercher à arriver le premier dans un esprit de supériorité et d'égoïsme mais de servir le Seigneur en servant nos frères.  « Que, dans l'humilité, l'un estime l'autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres. Ayez donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu… s'est anéanti lui-même… » (Phil. 2 : 3-7).
                        Le Seigneur Jésus nous a donné l'exemple du renoncement suprême. Il est venu du ciel et s'est abaissé vers nous ; Il est allé de lieu en lieu faisant du bien, se chargeant de nos infirmités, de nos langueurs et de nos maladies.
                        La citation : « Les outrages de ceux qui t'outragent sont tombés sur moi » (Ps. 69 : 9), dirige nos regards sur le Seigneur Jésus. Lui seul a pleinement glorifié son Père tout au long de sa vie en prenant sur lui les outrages faits à Dieu par sa créature. Il n'a jamais cherché sa propre gloire, mais Il avait toujours devant lui la pensée de plaire à Dieu en accomplissant sa volonté.
 
 
            1. 3 : La patience et la consolation des Ecritures
 
                        Tout ce qui a été écrit concernant le Seigneur Jésus dans les Ecritures est là pour notre enseignement, pour notre instruction ; l'apôtre Pierre écrit dans sa première épître que Christ a souffert pour nous, nous laissant un modèle, afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2 : 21).
                        Nous trouvons partout dans la Parole une grande insistance pour que nous lisions les Ecritures, non pas pour meubler notre connaissance, mais pour que cette méditation nous apporte instruction et avertissement, et que nous y conformions toute notre conduite. « Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3 : 16).
                        Ces choses sont écrites « afin que, par la patience et la consolation des Ecritures, nous ayons espérance » (v. 4). La Parole nous encourage en tournant nos regards vers l'espérance bienheureuse qui nous est donnée. En attendant, nous sommes invités à nous souvenir de la miséricorde divine envers nous. Lorsque Dieu parle aux fils d'Israël du pays de la promesse dans lequel ils vont bientôt entrer, il vient leur dire en même temps : « Tu te souviendras de tout le chemin par lequel l'Eternel,  ton Dieu, t'a fait marcher… afin de t'humilier et de t'éprouver, pour connaître ce qui était dans ton coeur… pour te faire du bien à la fin » (Deut. 8 : 2, 16). Dieu seul connaît ce qui est dans nos coeurs ; Il sait si nous avons besoin d'être humiliés, d'être éprouvés pour juger cet orgueil caché si susceptible ! Mais s'Il nous éprouve, c'est pour que nous apprenions de Lui, que nous nous laissions enseigner, et c'est toujours pour nous faire du bien à la fin. C'est pourquoi les Ecritures nous apportent aussi la patience et la consolation de la part de notre Dieu, nommé ici « le Dieu de patience et de consolation » (v. 5). Et lorsque nous avons appris à nous laisser enseigner et consoler, nous pouvons aussi être en consolation à d'autres. « Le Dieu de toute consolation… nous console… afin que nous soyons capables de consoler… par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés par Dieu » (2 Cor. 1 : 3-4). Consolation, réconfort, patience, combien nous en avons besoin. « Vous avez besoin de patience - dit l'apôtre - afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez ce qui est promis. Car encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Héb. 10 : 36-37).
                        Le but de l'action de la Parole en nous, c'est de nous amener, en regardant au Seigneur, à avoir « un même sentiment selon le Christ Jésus » afin que, d'un commun accord et d'une même bouche, nous soyons conduits à glorifier Dieu (v. 5-6). Pour cela il faut que notre « moi » soit tenu dans la mort, afin que Christ soit vu en nous et que le Saint Esprit ait sa libre action ; c'est ainsi qu'il peut y avoir ce même sentiment et ce commun accord. Les premiers chapitres du livre des Actes nous présentent l'un des secrets d'une vie d'assemblée harmonieuse : « Toute âme avait de la crainte » (Act. 2 : 43). David pouvait déjà le demander : « Unis mon coeur à la crainte de ton nom » (Ps. 86 : 11). « Les assemblées… étaient en paix, étant édifiées et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Act. 9 : 31). Ce n'était pas en vertu de quelque titre ou de quelque mérite que ce soit qu'une âme était reçue dans l'assemblée, mais en vertu de la grâce du Seigneur et de l'action puissante du Saint Esprit. C'est ainsi que nous sommes appelés à nous recevoir les uns les autres, comme aussi le Christ nous a reçus, « à la gloire de Dieu » (v. 7).
 
 
 
2 – L'évangile pour les Juifs et les nations : v. 8-13
 
            Le Seigneur Jésus est venu sur la terre pour accomplir l'oeuvre que le Père lui avait donnée à faire, cette oeuvre de la rédemption au bénéfice de laquelle nous sommes maintenant si nous avons cru. Mais ici Jésus Christ est présenté comme « serviteur de la Circoncision pour manifester la vérité de Dieu, afin de confirmer les promesses faites aux pères, et afin que les nations glorifient Dieu pour sa miséricorde » (v. 8-9).
            « Les dons de grâce et l'appel de Dieu sont irrévocables » (11 : 29). Ce que Dieu a prévu, Il l'accomplit immanquablement ! Jésus est d'abord venu pour son peuple, pour accomplir les promesses que Dieu avait faites aux pères, mais « les siens ne l'ont pas accueilli » (Jean 1 : 11). Alors les bénédictions se sont étendues aux nations et au monde entier. « Dieu les a tous renfermés dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (11 : 31-32). Dans cette épître, nous avons vu que la parole du salut s'adresse aux Juifs premièrement, puis aux nations. Tous ont été désobéissants, tous sont des objets de miséricorde, et tous peuvent être sauvés par l'oeuvre de Christ.
            L'évangile est quelque chose de magnifique. Il nous apprend que non seulement Dieu nous a sauvés, mais qu'Il veut nous amener jusque dans sa gloire. N'est-il pas heureux que déjà présentement nous puissions contempler par la foi la gloire du Seigneur et nous réjouir en ce qu'Il a fait ? Mais aussi quels résultats glorieux pour Dieu lui-même ! Tous ces versets nous parlent de joie et de louange à la gloire de Dieu.
            Les citations de l'Ancien Testament qui sont données ici sont toutes en rapport avec les nations. C'est l'accomplissement de la prophétie prononcée par Jacob au sujet de Joseph, type de Christ : « Joseph est une branche qui porte du fruit, une branche qui porte du fruit près d'une fontaine ; ses rameaux poussent par-dessus la muraille » (Gen. 49 : 22). Oui, en Jésus, les bénédictions s'étendent au-delà d'Israël à toutes les nations de sorte que tous peuvent célébrer les louanges de Dieu.
            « Pour toutes les promesses de Dieu, en lui (en Christ) est le oui et en lui l'amen, à la gloire de Dieu par nous » (2 Cor. 1 : 20). Le oui et l'amen, c'est l'aboutissement de toutes les promesses divines révélées dans la personne de Christ (Gal. 3 : 16). La venue du Seigneur Jésus sur la terre a été l'accomplissement de tout ce que Dieu avait en vue pour le salut et pour la bénédiction de l'homme, des Juifs aussi bien que des nations. Comment ne pas nous prosterner devant la grandeur insondable des plans de Dieu, et lui donner gloire !
            En rappelant la prophétie d'Esaïe 11, le verset 12 souligne que le Seigneur Jésus établira son gouvernement sur la terre entière. S'Il a été méprisé et rejeté, si on s'est écrié contre Lui : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (Luc 19 : 14b), Il reviendra un jour pour régner. « Il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Cor. 15 : 25).
            La Parole nous apprend à connaître Dieu dans ce qu'Il est, un Dieu de grâce, un Dieu d'amour, un Dieu saint, un Dieu de lumière. Dans ce chapitre, nous l'avons vu comme le Dieu de patience et le Dieu de consolation, et maintenant il est encore « le Dieu d'espérance » (v. 13). Quelle espérance merveilleuse en effet que celle que Dieu nous a donnée en Christ, et dans laquelle nous sommes exhortés à abonder par la puissance de l'Esprit Saint. Nous connaissons un Dieu qui ne nous donne pas par demi-mesure, mais un Dieu qui veut nous donner richement, nous combler, nous remplir « de toute joie et paix en croyant » (v. 13). C'est par la foi que nous recevons de telles bénédictions, en attendant de connaître la gloire du ciel.
            Celui qui vient remplir notre coeur, c'est le Seigneur Jésus Christ lui-même ! Et Il le remplit pour le faire déborder de bonheur, « pour que le Christ habite, par la foi, dans vos coeurs… afin que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu » (Eph. 3 : 17-19).
 
 
 
 
3 – Le service de l'apôtre Paul : v. 14-33
           
                        Paul s'adresse à ses frères, les croyants de Rome, à coeur ouvert, en toute liberté. Il va leur faire part de ses projets et de son grand désir de les visiter, mais aussi des empêchements qui l'ont privé jusqu'ici de voir leur visage.
 
 
            3. 1 : « Pleins de bonté… capables de vous exhorter l'un l'autre »
 
                        Au début de son épître, l'apôtre a parlé du jugement que Dieu a porté sur l'homme dans la chair, l'ayant placé dans la mort. Il a voulu aussi entretenir les croyants du Dieu d'espérance qui les remplit de toute joie et paix en croyant (v. 13). Il peut maintenant relever tout le bien que la grâce de Dieu a produit en eux. « Je suis persuadé, mes frères…que vous êtes vous-mêmes pleins de bonté, remplis de toute connaissance, et capables de vous exhorter l'un l'autre » (v. 14). Que de temps nous passons souvent à commenter les oeuvres de la chair qui sont toujours mauvaises, au lieu de nous arrêter devant les manifestations du fruit de l'Esprit que la grâce de Dieu produit !
                        Paul, dans la plupart de ses épîtres, commence toujours par mettre en avant le bien et à rendre grâces à Dieu. C'est pour nous un exemple à suivre dans nos relations avec nos amis chrétiens. Au début de ce chapitre, Paul avait insisté sur l'importance de chercher à plaire à son prochain en vue du bien (v. 2), de sorte que nous puissions ensemble glorifier le Seigneur.
                        Le fait de souligner ces choses bonnes que la grâce de Dieu a manifestées chez ses frères, n'empêche nullement l'apôtre de les exhorter ensuite pour les réveiller (v. 15) et pour les engager à combattre avec lui dans la prière (v. 30). En écrivant ainsi aux croyants à Rome, Paul cherche à réveiller leur souvenir, à leur rappeler ce qu'ils ont déjà entendu. Pierre agit de la même manière lorsqu'il déclare dans sa deuxième épître : « C'est pourquoi je veillerai à vous faire toujours souvenir de tout cela, bien que vous le sachiez et que vous soyez solidement établis dans la vérité présente » (2 Pier. 1 : 12).
 
 
            3. 2 : Le service de l'apôtre dans le monde grec
 
                        A partir du verset 16, l‘apôtre Paul parle du ministère que Dieu lui a confié envers les nations. Il fait ressortir ce caractère particulier du « sacerdoce dans l'évangile de Dieu, afin que l'offrande des nations soit agréable, étant sanctifiée par l'Esprit Saint ». Il y a sans doute ici une allusion au service des Lévites dont il est parlé au livre des Nombres : « Les Lévites…  laveront leurs vêtements, et se purifieront… Aaron offrira les Lévites en offrande tournoyée devant l'Eternel » (Nom. 8 : 7, 11).
                        En faisant allusion aux offrandes présentées à Dieu sous l'ancienne alliance, Paul apportait à Dieu un sacrifice agréable, l'offrande des nations, sanctifiée par l'Esprit Saint. Ici, la mention de l'Esprit Saint caractérise le temps présent, marqué par l'accomplissement de l'oeuvre de Christ et l'envoi du Saint Esprit dans les croyants. C'est aussi une relation nouvelle dans laquelle nous sommes aujourd'hui, avec le privilège d'offrir « des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pier. 2 : 5).
                        Ainsi Paul pouvait se glorifier dans le Christ Jésus dans les choses qui concernent Dieu. Mais ce n'était pas pour se mettre en avant, ni pour s'élever au-dessus des autres, ni pour en tirer une gloire personnelle. C'est ce qu'il écrit aussi aux Corinthiens : « afin que personne ne se glorifie devant Dieu… afin que… celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur » (1 Cor. 1 : 29, 31). Quand il est amené à parler de lui-même, il ne dit pas : J'ai fait ceci ou cela, mais il parle plutôt des circonstances qu'il a rencontrées et de ce que le Seigneur a fait.
                        Au début de cette épître, l'apôtre avait parlé, en rapport avec l'évangile, de l'obéissance de la foi, et ici il parle de l'obéissance des nations ; il est remarquable de lire de telles expressions alors que nous savons bien que le caractère naturel de l'homme, c'est de désobéir. La première chose qu'Adam a faite, c'est de désobéir à Dieu. Et chaque fois que nous laissons agir l'homme naturel, nous montrons que nous désobéissons à la volonté de Dieu ; même un petit enfant montre très vite ce caractère inné. Aussi les parents qui aiment leur enfant vont lui enseigner l'obéissance. Mais il faut la puissance de l'Esprit Saint pour que nous soyons rendus obéissants, dans nos actes et jusque dans nos pensées : « …amenant toute pensée captive à l'obéissance du Christ » (2 Cor. 10 : 5b).         
                        En disant : « Je n'oserai rien mentionner que Christ n'ait accompli par mon moyen pour l'obéissance des nations… » (v. 18), Paul montre bien qu'il n'est qu'un instrument que Christ utilise par la puissance du Saint Esprit. C'est la place qui convient à tout serviteur : être un simple instrument dans la main de Dieu. L'apôtre développera encore ce sujet en écrivant aux Corinthiens : « Qu'est-ce donc qu'Apollos ? Qu'est-ce que Paul ? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru… Ainsi, ni celui qui plante ne compte, ni celui qui arrose, mais celui qui donne l'accroissement : Dieu » (1 Cor. 3 : 5, 7). C'est bien cela qui compte, ce que Dieu fait !
           
 
            3. 3 : Le service de l'apôtre dans le monde latin
 
                        Le Seigneur Jésus avait confié à Paul ce service de l'évangile envers les nations, et il s'en est acquitté fidèlement. Il déclare : « Depuis Jérusalem et en rayonnant jusqu'en Illyrie, j'ai pleinement annoncé l'évangile du Christ » (v. 19). Il n'a pas ménagé sa peine, mais il a prêché l'évangile sans se lasser, depuis Jérusalem et dans toute la partie orientale de l'empire romain. Cependant, ce n'est ni par son moyen, ni par celui de Pierre que l'évangile a été annoncé à Rome. C'est comme prisonnier qu'il ira rendre témoignage dans cette ville (Act. 23 : 11). Il a pleinement annoncé l'évangile, et plus tard, à la fin de sa vie, il dira : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi » ; il pourra alors encourager Timothée : « Fais l'oeuvre d'un évangéliste, accomplis pleinement ton service » (2 Tim. 4 : 5-7). L'apôtre Paul suivait l'exemple du Seigneur Jésus, annonçant l'évangile « par parole et par oeuvre, par la puissance de miracles et de prodiges, par la puissance de l'Esprit de Dieu » (v. 18-19).
                        L'apôtre s'attachait à ne pas évangéliser là où l'évangile avait déjà été annoncé, afin de ne pas créer de trouble. Nous voyons par la première épître aux Corinthiens comment les hommes, même les chrétiens, cherchent un chef de file ; cela produit des dissensions et des divisions (1 Cor. 1 : 10-12 ; 3 : 3-7). Le serviteur n'est rien en lui-même, mais ce qui importe, c'est que par son moyen les âmes soient attachées à Christ. Le souci constant de Paul était qu'il n'y ait pour la prédication de l'évangile aucun autre fondement que Christ : « Personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, qui est Jésus Christ » (1 Cor. 3 : 11). C'est sur cette seule et sûre base que tout serviteur est appelé à édifier. Vouloir bâtir sur un autre fondement, c'est annoncer un évangile différent qui n'est pas le pur évangile, et qui même n'en est pas un ! (Gal. 1 : 6-7).
 
                        Dans les versets qui suivent, Paul parle du projet qui lui tient à coeur : rendre visite à ses chers frères à Rome. Jusque-là, il en avait été empêché, mais il leur dit : « J'ai depuis plusieurs années un grand désir d'aller vers vous » (v. 23). Il ajoute : « Je partirai pour l'Espagne en passant par chez vous. Et je sais que, en allant auprès de vous, j'irai dans la plénitude de la bénédiction de Christ » (v. 29).
                        Mais auparavant, l'apôtre avait un service particulier à accomplir, celui d'apporter à Jérusalem les libéralités des assemblées de Macédoine et d'Achaïe. C'est un service qui lui tenait spécialement à coeur. Plusieurs autres passages mentionnent et complètent ce que nous lisons ici à ce sujet : Act. 19 : 21-22 ; 1 Cor. 16 : 1-5 ; 2 Cor. 8 : 1-5.
 
 
            3. 4 : Des prières en faveur de l'apôtre
 
                        L'apôtre Paul avait reçu son service du Seigneur et il comptait sur Lui pour l'accomplir. Mais en même temps, il sollicitait les prières des saints. En effet le serviteur n'est pas indépendant. Il est, et il demeure, un membre du corps de Christ dans lequel tous les membres agissent ensemble. C'est une chose précieuse de pouvoir goûter cette unité, comme le disait déjà le psalmiste : « Voici, qu'il est bon et qu'il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » (Ps. 133 : 1).
                        Dans la plupart de ses épîtres, l'apôtre demande que l'on prie pour lui et pour le service qu'il a à accomplir. C'est un combat de prières auquel il appelle ses frères dans la foi (Eph. 6 : 18-20 ; 2 Thes. 3 : 1-2), un combat contre Satan et ses anges qui essaient d'empêcher que la lumière de l'évangile pénètre dans les coeurs (2 Cor. 4 : 3-4). Paul savait aussi ce qui l'attendait en allant à Jérusalem porter les libéralités des saints (Act. 20 : 22-24).
                        L'apôtre avait un but précis en demandant les prières de ses frères : c'était afin d'être « délivré des incrédules de Judée », afin que son service envers Jérusalem soit agréable aux saints et qu'il puisse enfin aller vers ses frères à Rome avec joie.
                        La prière n'est pas un service secondaire, mais au contraire tout à fait essentiel, primordial. Nous avons l'exemple de Moïse avec Aaron et Hur qui menaient un vrai combat dans la prière pendant que Josué combattait contre Amalek ; la Parole souligne que c'est alors seulement que la victoire contre l'ennemi a été remportée (Ex. 17 : 8-13).
                        Paul avait un grand désir : aller vers ses frères à Rome ! Déjà il leur fait part de la joie qui sera la sienne de les voir et de prendre quelque repos avec eux. Nous avons dit que Paul viendra effectivement à Rome, mais comme prisonnier. Cependant il y aura ce moment de joie partagée lorsque les frères de Rome viendront à sa rencontre pour l'encourager (Act. 28 : 15). Il y restera deux ans ; pendant ce temps, il pourra continuer à prêcher l'évangile avec toute hardiesse et sans empêchement, et il écrira plusieurs de ses lettres (Act. 28 : 30-31).
 
                        Il semble que l'épître aurait pu se terminer sur le souhait que l'apôtre exprime dans le dernier verset : « Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen ». C'est jouir de la présence du Dieu de paix lui-même, et pas seulement de la paix que Dieu donne !
                        Ainsi, dans ce beau chapitre, nous avons appris à connaître le Dieu de patience, le Dieu de consolation et de réconfort (v. 5), le Dieu d'espérance (v. 13), et maintenant le Dieu de paix (v. 33).