Méditations suivies : Notes sur l'épître aux Romains (14)

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NOTES SUR L'EPITRE AUX ROMAINS (14)
 
 
ROMAINS : chapitre 14
 
 1 – La liberté individuelle du croyant : v. 1-9
 2 – La responsabilité devant Dieu : v. 10-18
 3 – La communion fraternelle : v. 19-23
 

1 – La liberté individuelle du croyant : v. 1-9
 
                        Le sujet abordé avec ce chapitre se termine au chapitre 15 par ce verset : « C'est pourquoi, recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu » (15 : 7).
                        Cette partie de l'épître nous entretient d'une manière très pratique de nos relations avec nos frères dans la foi en établissant des bornes à la liberté si chère à notre propre volonté orgueilleuse et prétentieuse. Que cette liberté à laquelle nous avons été appelés (Gal. 5 : 13) puisse être réalisée dans l'amour pour le Seigneur et dans la déférence et le respect dus à chacun de nos frères et soeurs dans la foi.
 
 
            1.1 : Chacun est responsable devant le Seigneur
 
                        Remarquons qu'il ne s'agit pas dans ces versets de jugement du mal ou d'une désobéissance à la Parole, choses sur lesquelles nous ne pouvons jamais passer à la légère en les attribuant simplement à de la faiblesse. Non, il s'agit ici d'une appréciation différente d'éléments que Dieu laisse à l'exercice de notre foi. Ce n'est pas tant le problème en lui-même qui est mis en évidence que les sentiments qui le motivent, l'attitude que nous adoptons à l'égard de notre frère lorsqu'il n'apprécie pas les choses comme nous.
                        Il est question de celui qui est faible en foi et de celui qui est fort. Nous pouvons nous croire forts dans la foi parce que nous avons quelque connaissance, et nous comparer aux autres à notre avantage. Que Dieu nous garde de toute présomption! Mais la vraie question est de savoir si ce que je fais, je le fais par rapport au Seigneur. Peut-être mon frère n'agit-il pas comme moi. Faut-il alors que mon frère agisse comme moi parce que j'estime avoir la pensée du Seigneur ? Ou que moi j'agisse comme mon frère ? Ce qui importe, c'est d'abord de se tenir devant Dieu et d'agir « à cause du Seigneur », ou « ayant égard au Seigneur » (v. 6-7).
 
 
            1. 2 : Les questions concernant la nourriture ou le respect de certains jours
 
                        Parmi les chrétiens auxquels l'apôtre écrivait, certains agissaient selon les prescriptions de la Loi ; d'autres ne négligeaient pas la liberté chrétienne, de sorte que l'on trouve des expressions comme : « L'un croit pouvoir manger de tout ; l'autre, qui est faible, mange des légumes… L'un estime un jour plus qu'un autre jour, et l'autre estime tous les jours égaux… » (v. 2, 5). En s'arrêtant à la forme extérieure des choses, comme le fait de manger ou de ne pas manger, on en vient à penser que c'est l'autre qui devrait faire comme moi je fais. On juge son frère ou on le méprise. Mais Dieu regarde aux motifs qui font agir notre frère ; ce que nous, nous ne pouvons pas discerner chez lui car Dieu seul connaît les coeurs et les pensées. Gardons-nous donc de porter un jugement hâtif sur ce que notre frère fait alors qu'il le fait par égard au Seigneur. Veillons en revanche à ne pas attrister notre frère par notre attitude ou à ne pas être une occasion de chute pour lui ; sachons voir plutôt le bien que la grâce de Dieu produit dans son coeur.
 
                        Combien il est important de voir Christ dans mon frère, de le considérer comme « celui pour qui Christ est mort » (v. 15), celui qui est aimé du Seigneur, comme je le suis moi-même.
 
 
 
2 – La responsabilité devant Dieu : v. 10-18
 
 
            2. 1 : Le tribunal de Dieu
 
                        Les versets 10 à 12 donnent une autre raison de ne pas juger notre frère. C'est à Dieu seul qu'appartient le droit de juger. Un jour, « nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu… Ainsi, chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » (v. 12).
                        Le tribunal de Dieu dont il est question ici n'est pas le grand trône blanc  devant lequel les incrédules comparaîtront (Apoc. 20 : 11-15) ; là, tous ceux dont le nom n'est pas inscrit dans le livre de vie seront jugés et condamnés. Mais ceux qui se tiennent devant ce tribunal appelé ailleurs le tribunal du Christ (2 Cor. 5) sont des croyants qui, à ce titre, ne peuvent pas être condamnés car nous avons vu qu' « il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (8 : 1). « Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5 : 24).
                        Toutefois, au tribunal de Christ, toutes nos actions seront mises en lumière pour que la grâce de Dieu soit magnifiée ; voilà qui devrait donner beaucoup de sérieux à notre vie, quand bien même c'est la grâce qui triomphera. Dans le monde, on cherche à paraître ce que l'on n'est pas, et peut-être que cela nous arrive aussi ! Mais devant Dieu rien n'est caché et nous savons bien que « tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4 : 13).
 
 
             2. 2 : Ne pas nous juger l'un l'autre
           
                        Ne pas juger son frère ne signifie nullement que nous devons tout laisser passer ! A cet égard nous avons vu comment Paul a résisté fermement à Pierre pour une question qui, à première vue, pouvait paraître semblable à celle que nous avons ici (Gal. 2 : 11-14).
                        Le fait d'avoir égard à la foi ou à la conscience de notre frère ne veut pas dire que nous devons passer à la légère sur le péché. Lorsque la Parole de Dieu nous donne un commandement clair, précis, ce n'est pas un exercice de conscience qu'il faut ; c'est simplement de l'obéissance ! Obéir par amour comme le Seigneur l'a enseigné à ses disciples : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime… Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole » (Jean 14 : 21, 23).
                        Le chapitre 8 de la première épître aux Corinthiens traite du même sujet en faisant allusion aux viandes sacrifiées aux idoles. Il est instructif de considérer comment l'apôtre traite cette question. Il y a celui qui sait, qui a de la connaissance, et qui s'appuie sur cette connaissance pour mettre en avant sa liberté par rapport à celui dont la conscience est plus sensible. Alors l'apôtre va parler des motifs qui nous font agir. L'action que j'accomplis est-elle dictée seulement par ma connaissance ou aussi par l'amour ? « La connaissance enfle, mais l'amour édifie » (1 Cor. 8. 1). Ainsi la liberté que je peux avoir par ma connaissance risque d'être une pierre d'achoppement pour mon frère (id. v. 9) car l'apôtre ajoute : « Celui qui est faible, le frère pour lequel Christ est mort, se perdra par ta connaissance » (id. v. 11). Et la conclusion de ce chapitre est tout à fait remarquable : elle nous conduit à la vraie liberté qui est celle de l'amour.
                        C'est bien la pensée que reprend notre chapitre, au verset 15 : « Si, à cause d'un aliment, ton frère est peiné, tu ne marches plus selon l'amour ». Répétons-le : Veillons à ne pas attrister notre frère, à ne pas être pour lui une occasion de chute, mais sachons avoir égard l'un à l'autre, dans un amour vrai.
                        Dans les évangiles nous voyons souvent le Seigneur Jésus mettre en garde contre le danger d'être une occasion de chute, en particulier pour « un de ces petits » (Luc 17 : 2). Il est remarquable que le Seigneur Jésus nous avertisse de veiller à ne pas scandaliser qui que ce soit par notre conduite. Mais en même temps, Il nous enjoint de reprendre notre frère qui pèche : « Si ton frère pèche, reprends-le et, s'il se repent, pardonne-lui… » (Luc 17 : 3). C'est aussi un geste d'amour envers son frère que de le reprendre et de ne pas le laisser suivre son chemin de  péché !
 
 
             2. 3 : Vivre le royaume de Dieu
 
                        « Le royaume de Dieu, ce n'est pas manger et boire, mais justice, paix et joie dans l'Esprit Saint » (v. 17). Pour ce monde incrédule, la devise est toujours la même : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1 Cor. 15 : 32) ; mais ce n'est pas du tout ce qui doit caractériser l'enfant de Dieu. Il est appelé, conduit par l'Esprit Saint, à refléter les caractères de Christ, comme ici la justice, la paix, la joie. La justice, parce que nous avons à être justes devant le Seigneur dans nos rapports les uns avec les autres ; la paix, en évitant les querelles stériles et les conflits si prompts à jaillir lorsque nous n'avons pas une même pensée ; et enfin la joie, qui est « dans l'Esprit Saint ».
 
 
 
3 – La communion fraternelle : v. 19-23
 
 
            3. 1 : Poursuivre ce qui contribue à la paix
 
                        « Ainsi donc, poursuivons ce qui tend à la paix et ce qui tend à l'édification mutuelle » (v. 19). Que le Seigneur nous aide à réaliser cette exhortation dans notre vie de tous les jours !
                        « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (Héb. 12 : 14). Les choses sont liées. Il ne peut y avoir de « paix » là où l'on constate du mal ou de la désobéissance. « Il n'y a pas de paix, dit l'Eternel, pour les méchants » (Es. 48 : 22). Mais nous sommes exhortés à cultiver la paix entre nous. « Le fruit de la justice, dans la paix, est semé pour ceux qui procurent la paix », dit Jacques (3 : 16-18). L'apôtre Paul exhorte Timothée : « Poursuis la justice, la foi, l'amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un coeur pur » (2 Tim. 2 : 22). « Celui qui veut aimer la vie et voir d'heureux jours… qu'il recherche la paix et qu'il la poursuive… » (1 Pier. 3 : 10-11).
                        Ainsi encourageons-nous à rechercher et à poursuivre la paix entre nous. Appliquons-nous à nous édifier l'un l'autre. Il est bien remarquable qu'il soit parlé ici d'une édification mutuelle, c'est-à-dire que chacun en cherchant dans l'amour à édifier l'autre en reçoit aussi pour lui-même de l'édification. Il y a en cela une réciprocité qui fait du bien à tous. « Celui qui arrose sera lui-même arrosé » (Prov. 11 : 25).
                        Poursuivre les choses qui tendent à la paix et à l'édification mutuelle, c'est une démarche d'amour qui cherche à plaire à son frère en vue du bien. La leçon de ce passage, c'est aussi d'apprendre pour soi-même à se tenir devant Dieu. Il est en effet  touchant, comme on l'a déjà souligné, de lire la manière dont Dieu parle du frère qui est « faible » : c'est le frère pour lequel Christ est mort. C'est pourquoi nous lisons ici : « Ne détruis pas l'oeuvre de Dieu » (v. 20). Cette oeuvre de Dieu, c'est le travail de la grâce qui s'opère en chacun de nous, petit à petit et qui s'achèvera lorsque nous serons enlevés. « Celui qui a commencé en vous une bonne oeuvre l'amènera à son terme jusqu'au jour de Jésus Christ », dit Paul aux Philippiens (Phil. 1 : 6). Il est très sérieux de penser que, par mon comportement, je peux détruire cette oeuvre, au lieu de travailler à l'édification, dans l'amour (voir Eph. 4 : 15-16). Que nous ayons davantage cet esprit d'amour les uns envers les autres en poursuivant la paix entre nous.
 
 
            3. 2 : Garder la foi en nous-mêmes « devant Dieu »
 
                        Nous avons une responsabilité à l'égard de nos frères. Ce n'est pas pour rien que nous sommes placés par grâce dans cette relation de frères en Christ. Agissons donc et travaillons en vue de l'édification de celui qui nous est cher puisqu'il est notre frère. En Galates 5, nous lisons que Christ nous a placés dans la liberté, mais non pas pour laisser agir la chair ! Au contraire, il est écrit : « Par amour, servez-vous l'un l'autre » (v. 13).  C'est dans cette liberté que Paul déclarait : « C'est pourquoi, si un aliment est une occasion de chute pour mon frère, plus jamais je ne mangerai de viandes, afin de ne pas être une occasion de chute pour mon frère » (1 Cor. 8 : 13). Ayons égard à nos frères, et prenons un égal soin les uns des autres (1 Cor. 12 : 25).
                        Nous avons souvent tendance à juger hâtivement nos frères, ou encore à vouloir que notre frère grandisse plus vite que nous ne le voyons croître ou que nous ne grandissons nous-mêmes ! Quelqu'un disait : Il ne sert à rien de tirer sur l'herbe pour la faire pousser plus vite !  Mais combien il est bon d'apporter les soins nécessaires dans l'amour et la prière, en recherchant le bien et l'édification.
 
                        A la fin du verset 20 nous lisons : « C'est un mal pour l'homme de manger en faisant trébucher » et à la fin du chapitre : « Or tout ce qui ne procède pas de la foi est péché » (v. 23). Il y a danger lorsqu'on dépasse sa mesure de foi, par exemple en voulant tout faire comme son frère. Lui est peut-être libre de faire telle ou telle chose, mais vouloir faire de même peut amener notre conscience à nous le reprocher et notre communion avec le Seigneur à en souffrir. Soyons attentifs à ne pas causer du tort à notre frère par la liberté que nous, nous pourrions avoir. Pensons que ce n'est pas sans raison que le Seigneur nous place à côté de notre frère, que c'est pour lui être en aide et non pour le faire broncher.
« Que vous mangiez, que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10 : 31).