Méditations suivies : Les commencements (2)

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 LES COMMENCEMENTS (2)
 
 
Le premier prophète 
Le premier prédicateur
Le premier pèlerin
Le premier sacrificateur


GENESE 5 à 14
 
 
Le premier prophète
 
 
            Genèse 5 est l'un des chapitres les plus solennels des Saintes Ecritures. C'est un chapitre de mort. Huit fois nous lisons de l'un ou de l'autre qu' « il mourut ». La ruine de toutes choses ici-bas comme conséquence du péché est ainsi nettement placée devant nous. De manière remarquable, juste au milieu de ce morne catalogue d'hommes qui meurent, nous lisons au sujet de l'un d'entre eux qu'il ne mourut pas.
 
 
                        « Il ne fut plus, car Dieu le prit » (Gen. 5 : 24)
 
            L'homme ainsi distingué par la grâce de Dieu était Hénoc – le premier prophète. Quelques mots sur ce terme, si souvent mal compris : un prophète était bien souvent quelqu'un qui prédisait des événements à venir. Il semble que cette notion courante soit trop limitative. Plusieurs passages dans lesquels le mot « prophète » apparaît sont complètement inexplicables si l'on s'en tient à cette définition. Concernant Abraham, l'Eternel dit à Abimélec : « Il est prophète » (Gen. 20 : 7) ; le même terme est employé pour désigner tous les patriarches au Psaume 105 : 15. Pourtant il ne leur fut pas donné en général de prédire le futur. Quand Moïse résista à l'Eternel pour aller devant le Pharaon, il lui fut dit : « Aaron... parlera pour toi au peuple » ; et encore : « Aaron, ton frère, sera ton prophète » (Ex. 4 : 16 ; 7 : 1). Nous trouvons ici la pensée divine. Le prophète était celui qui parlait de la part de Dieu au peuple.
            La femme de Samarie a dit au Seigneur Jésus : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » (Jean 4 : 19). Il lui avait parlé si manifestement de la part de Dieu, et avait mis tellement son coeur à nu qu'elle ne pouvait rien dire d'autre au Sauveur. Mais tandis qu'un prophète ne parlait pas nécessairement des événements à venir, nous verrons qu'Hénoc parla de choses qui n'ont pas eu leur plein accomplissement de son temps.
            Trois passages nous parlent d'Hénoc dans l'Ecriture : Genèse 5 : 22-24 paraît insister sur sa marche ; Jude 14-15, sur son témoignage ; Hébreux 11 : 5, sur son enlèvement.
 
 
                        La marche d'Hénoc
 
            « Hénoc marcha avec Dieu » ; cela est répété deux fois. Pour marcher avec Dieu un homme doit être né de nouveau, car la chair est absolument incapable d'entrer dans ce qui est divin. Aucun langage n'est plus percutant que celui de Romains 8 : 7-8 : « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu ». Satan n'a jamais été autant opposé qu'aujourd'hui à cette vérité humiliante. D'une manière ou d'une autre les esprits des hommes sont remplis de la pensée qu'il y a quelque chose de bon dans la chair. L'Ecriture parle autrement. A une personne aussi religieuse que Nicodème le Fils de Dieu a déclaré formellement qu'un homme ne peut ni voir ni entrer dans le royaume Dieu en dehors de la nouvelle naissance par l'eau et l'Esprit (Jean 3).
            Il semble être suggéré en Genèse 5 : 22 que la manifestation de la nouvelle vie chez Hénoc coïncida avec la naissance de son fils Methushélah. On peut facilement comprendre comment cela a pu se passer. Naissances et décès sont pareillement des événements familiaux solennels, propres à être utilisés par l'Esprit de Dieu pour diriger le coeur vers les choses éternelles. Nous lisons : « Et Hénoc vécut soixante-cinq ans, et engendra Methushélah. Et Hénoc après qu'il eut engendré Methushélah, marcha avec Dieu trois cents ans ; et il engendra des fils et des filles » (Gen. 5 : 21-22).
            « Marcher avec » implique la communion. Si vous me voyez marcher dans la rue en conversation avec quelqu'un, vous penserez que j'apprécie sa compagnie. Avec son peuple Dieu estime cette attitude plus que toute autre chose. Celle de Marie de Béthanie brille au temps où le Seigneur était sur la terre. Le service affectueux de Marthe n'avait-il donc pour lui aucune valeur ? Il l'estimait certainement ; mais Il goûta davantage celui de Marie, satisfaite d'être assise à ses pieds et d'écouter sa parole. Hénoc est le premier homme duquel il est expressément dit qu'il « plut à Dieu ». Pendant que d'autres étaient occupés à se faire un nom, à bâtir leur ville ou à perfectionner leurs talents, « Hénoc marcha avec Dieu ». La présence de Dieu et la communion avec Lui étaient plus importantes pour son coeur que tout ce que pouvait donner un monde marqué par le péché. Qu'en est-il de nous ? Nous devrions connaître Dieu mieux qu'Hénoc ne pouvait le faire. Par la venue de son Fils unique dans le monde pour accomplir l'oeuvre de la rédemption, Dieu s'est maintenant pleinement manifesté. Le nom du Père a été révélé. Nos privilèges dépassent infiniment tout ce que pouvait connaître Hénoc. Nos coeurs sont-ils aussi sensibles que le sien au plaisir de Dieu ?
            « Marcher » parle également de progrès. Celui qui décide de marcher dans une direction donnée finit son voyage dans un lieu situé au-delà de celui dont il était parti. Quels progrès faisons-nous dans nos âmes ? Plusieurs d'entre nous connaissent Dieu depuis de nombreuses années. Vers quel but avons-nous progressé ? « J'aspire à faire des progrès spirituels, dit-on ; mais que puis-je faire pour cela ? ».
            Que lisons-nous ? De quoi remplissons-nous nos esprits ? La littérature à laquelle nous nous adonnons contribue beaucoup à nous former. Quel genre de récits trouve-t-on dans nos bibliothèques ou sur nos étagères ? Tout ce qui est inutile, et parfois positivement pernicieux, est suffisant en soi pour expliquer le manque de progrès si déploré. A fortiori nous pouvons faire les mêmes remarques pour ce que nous écoutons et regardons.
            Et puis, que faisons-nous de notre temps libre ? « Dites-moi comment vous passez vos vacances, et je vous dirai quel genre de chrétien vous êtes », a-t-on dit. Nos vacances sont-elles une période dans laquelle nous passons plus de temps qu'il n'est possible dans la précipitation ordinaire de la vie à nous occuper des choses éternelles ou est-ce au contraire une période où nous négligeons plus que d'habitude la prière, la méditation de la Parole de Dieu et les privilèges de la communion chrétienne ? Est-ce une période où nous mettons la chair et ses désirs en tête de tout notre emploi du temps ? Considérons ces questions ; elles pourraient nous aider à voir pourquoi nos progrès dans les choses de Dieu sont si misérables.
            Hénoc, « avant son enlèvement... a reçu le témoignage d'avoir plu à Dieu » (Héb. 11 : 5). Et pourquoi ne devrions-nous pas être aussi très sensibles à l'approbation divine ? « Bien-aimés, si notre coeur ne nous condamne pas, nous avons de l'assurance envers Dieu » (1 Jean 3 : 21). Combien parmi nous avancent avec un coeur qui, hélas, les condamne !
 
 
                        Le témoignage et la prophétie d'Enoch
 
            L'homme qui marcha avec Dieu avait à rendre le témoignage prophétique qui lui avait été confié. Nous le trouvons dans Jude 14-15 : « Or Énoch aussi, le septième depuis Adam, a prophétisé de ceux-ci, en disant : Voici, le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades, pour exécuter le jugement contre tous, et pour convaincre tous les impies d'entre eux de toutes leurs oeuvres d'impiété qu'ils ont impiement commises et de toutes les paroles dures que les pécheurs impies ont proférées contre lui ». L'homme qui a en grande estime la communion avec Dieu peut s'attendre à ce qu'il lui révèle Sa pensée, car Dieu aime communiquer ses pensées aux siens.
            Bien qu'elle ait eu un accomplissement partiel au moment du déluge, la prophétie d'Enoch attend le jour du Seigneur. Toute prophétie, en fait, converge vers ce jour. Ce serait une erreur de chercher dans une prophétie l'accomplissement exhaustif d'évènements qui ont déjà eu lieu aujourd'hui.
            Il est important d'observer l'emploi que l'Esprit de Dieu fait des paroles d'Enoch. Il ne les applique pas au monde, mais à l'Eglise professante. Cette courte épître a pour thème l'introduction, le développement et le jugement du mal dans la chrétienté. « Les impies d'entre eux » signifient des hommes méchants parmi les chrétiens. Combien de nos jours les hommes, oralement ou par écrit, disent des choses « dures » contre Lui ! La divinité essentielle et l'humanité sans tache du Sauveur sont traitées à la légère, leur véracité même récusée et tous ses miracles sont niés. Quand la patience divine atteindra ses limites, le coup final de Dieu tombera inexorablement sur ces faux docteurs incrédules.
            Le témoin était lui-même touché par son témoignage et son âme en ressentait le poids. Il appela en conséquence son fils Methushélah qui signifie « après sa mort, ce sera envoyé » (Gen. 5 : 22). Est-ce que nos âmes sont touchées par le témoignage même que nous sommes amenés à rendre ? Nous parlons souvent du jugement imminent du monde, et aussi du « vomissement » de l'Eglise professante. Dans quelle mesure nos vies sont-elles vraiment affectées par ce que nous disons ? Une sainte séparation de toute forme de mal et une pieuse sobriété nous caractériseraient certainement davantage s'il en était vraiment ainsi.
            La patience de Dieu semble répondre à la foi d'Hénoc dans l'appellation de son fils. Le jugement des impies fut en effet retenu jusqu'à ce que Methushélah ait quitté la scène, bien que sa vie ait été prolongée au-delà de celle de tout autre homme qui a jamais marché sur la terre. Quel Dieu que le nôtre en patience et en grâce !
 
 
                        L'enlèvement d'Hénoch
 
            « Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu'il ne vît pas la mort ; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l'avait enlevé » (Héb. 11 : 5). « Il ne fut plus, car Dieu le prit » (Gen. 5 : 24). Nous ne pouvons pas nous abstenir d'opposer sa part à celle de Noé, un autre annonciateur du jugement à venir. Ce dernier n'a pas été enlevé de la scène, mais, objet de miséricorde, il a été préservé au travers de l'épreuve, puis établi sur la terre purifiée ; Hénoc a été enlevé avant que le jugement ne tombe. Noé représente le résidu pieux de Juda dans les derniers jours ; Hénoc représente ceux qui de nos jours croient au Seigneur Jésus. Notre espérance personnelle est notre enlèvement à la rencontre du Seigneur. Oh, combien cette perspective est bénie ! Non pas mourir, mais être enlevés à la rencontre du Seigneur en l'air : telle est notre véritable attente. Dans 1 Thessaloniciens 4, l'analogie entre nous-mêmes et Hénoc est présentée de manière frappante ; le verset 17 évoque la première partie d'Hébreux 11 : 5 ; le verset 1 se rattache à la seconde partie de ce même verset. Nous serons enlevés tout à l'heure ; que nos vies soient transformérs en attendant une réalisation si complète et glorieuse.
 
 
 
Le premier prédicateur
 
            La profession la plus naturelle dans le monde est celle d'agriculteur ; la moins courante, celle de prédicateur. Si les hommes avaient persévéré dans le chemin de l'innocence, ils auraient continué à cultiver la terre sans peine (Gen. 2 : 15). En revanche,  si le péché n'était jamais entré dans le monde, les avertissements du prédicateur n'auraient jamais retenti. En tête de la longue liste des prédicateurs qui ont témoigné parmi les hommes se trouve Noé ; il est le premier homme auquel ce titre est expressément donné par l'Esprit de Dieu (2 Pier. 2 : 5).
            C'est parfois le privilège des serviteurs de Dieu d'annoncer des choses bénies aux hommes. En 1 Timothée 2 : 3-4, Paul exhorte à faire des supplications pour tous les hommes car, ajoute-t-il, cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur qui veut que tous les hommes soient soient sauvés. L'apôtre était appelé à évangéliser, c'est-à-dire à faire connaître une bonne nouvelle. D'un autre côté, les prédicateurs de Dieu peuvent être chargés d'une lourde responsabilité. Jonas à Ninive et Noé parmi les hommes avant le déluge en sont des exemples.  
 
                        L'état du monde aux jours de Noé
 
            Noé est né 1056 ans après la création d'Adam. Durant cette longue période, les hommes ne possédaient aucune Bible et aucun magistrat n'était là pour les appeler à rendre compte de leur conduite. C'était formellement l'âge de la conscience. Mais quel état de choses s'est alors développé ? « L'Éternel vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre, et que toute l'imagination des pensées de son coeur n'était que méchanceté en tout temps. Et l'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il s'en affligea dans son coeur » (Gen. 6 : 5-6). Tel était l'état du monde d'avant le déluge. Les choses se sont-elles améliorées depuis cette époque ? Ecoutons ce que David dit environ 1500 années après le déluge : « L'Éternel a regardé des cieux sur les fils des hommes, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui recherche Dieu : Ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble corrompus ; il n'y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul » (Ps. 14 : 2-3). Un tel langage ne suggère aucune amélioration possible. Et qu'en est-il du monde aujourd'hui ? Le monde est maintenant responsable devant Dieu de la mort de son Fils, et se trouve en conséquence sous son jugement (Jean 12 : 31). Terrible position ! Quand le châtiment divin tombera-t-il ? Dieu seul le sait.
            A quel moment Noé rendit-il son témoignage ? Il y a quelque analogie entre ce moment-là et le temps présent. Le Seigneur lui-même le relève en Luc 17 : 26-27 : « Comme il arriva aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aux jours du fils de l'homme aussi : on mangeait, on buvait, on se mariait, on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et le déluge vint, et les fit tous périr ». Noé vécut à la fin d'une dispensation, quand les nuages orageux du jugement divin s'amoncelaient de tous côtés. Notre part aussi est fixée à la fin d'une dispensation alors qu'une fois encore le jugement de Dieu se prépare à fondre sur un monde rempli de méchanceté. Les hommes sont aussi insouciants et indifférents maintenant qu'ils l'étaient dans ces jours d'autrefois.
 
 
                        Noé, prédicateur de justice
 
            Il est écrit : « Noé trouva grâce aux yeux de l'Eternel ». Et puis : « Noé marchait avec Dieu » (Gen. 6 : 8-9). C'est toujours l'ordre de Dieu. Aucun homme ne peut marcher avec Dieu avant qu'il n'ait goûté pour lui-même la grâce de Dieu. « Noé était un homme juste ; il était parfait parmi ceux de son temps » ; « parfait » ne signifie pas « sans péché », sa triste défaillance après être sorti de l'arche en est une preuve suffisante (Gen. 9 : 21) ; toutefois il était un homme droit, cherchant à marcher devant Dieu avec intégrité.
            Le message de Noé ressemblait à celui de Jean le baptiseur plutôt qu'à celui de Paul. Il était caractérisé, non par la grâce, mais par la justice. Il est écrit de Noé qu'il était « un prédicateur de justice » (2 Pier. 2 : 5), et de Jean le baptiseur, le Sauveur disait : « Jean est venu à vous dans la voie de la justice » (Matt. 21 : 32). Le jugement était proche, et c'était le rôle solennel de Noé de l'annoncer. Peut-être les hommes se tourneraient-ils vers Dieu avec repentance ? Hélas, il ne rencontra partout que la désobéissance pendant que « la patience de Dieu attendait » (1 Pier. 3 : 20).
 
 
                        Le salut annoncé par le prédicateur
 
            Tout venait de Dieu : Il conçut l'arche et en donna les caractéristiques à Noé. La tempête pouvait faire rage, à la fois au-dessus et autour d'elle, mais l'arche ne fut jamais submergée. « L'arche flottait sur la face des eaux » (Genèse 7 : 18). Type de Celui qui supporta la tempête de la colère divine en lieu et place de tout Son peuple. La grandeur de sa personne Lui donna la capacité nécessaire pour accomplir une oeuvre si merveilleuse.
 
            Nul autre que Lui dans les cieux et sur la terre, ne pouvait offrir ce que la justice exigeait.
 
            Remarquons comment Hébreux 11 : 7 parle de Noé et de sa délivrance : « Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison ; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi ». Notre propre position se trouve illustrée ici. Nous avons entendu l'annonce divine du jugement à venir, et quoiqu'il ne se voie pas encore, nous avons cru humblement Sa parole, et nous nous sommes enfuis vers Christ pour trouver auprès de Lui un refuge assuré. Les hommes se moquent maintenant à la simple pensée que Dieu interrompra le cours du monde, et s'en occupera selon sa sagesse ; pourtant, quand le sixième sceau sera ouvert par l'Agneau (Apoc. 6 : 12-17) et que les hommes verront tout vaciller devant eux, affolés, ils crieront aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous et tenez-nous cachés de devant la face de celui qui est assis sur le trône et de devant la colère de l'Agneau ; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? ».
            L'arche étant achevée dans l'obéissance de la foi, l'invitation divine fut adressée à Noé : « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison… Et l'Éternel ferma l'arche sur lui » (Gen. 7 : 1, 16). Personne ne peut ouvrir la porte quand il plaît à Dieu de la fermer. C'est dans une divine sécurité que se trouvèrent donc tous les habitants de ce vaisseau, unique en son genre. Le jugement divin s'étant épuisé, nous lisons : « Et l'arche reposa sur les montagnes d'Ararat, au septième mois, au dix-septième jour du mois » (Gen. 8 : 4). Il n'y a certainement pas de hasard. Le septième mois devint le premier du temps de l'Exode (Ex. 12 : 2) ; en conséquence, l'arche reposa trois jours après le jour assigné pour le sacrifice de l'agneau pascal, le jour même de la résurrection. Le retour triomphant du Seigneur d'entre les morts est la preuve publique que la colère de Dieu à l'égard des péchés de son peuple a eu son cours, et que le repos et la paix ont été établis pour toujours.
 
 
 
Le premier pèlerin
 
            Un pèlerin est un homme en voyage. Ayant vu - ou entendu parler - d'une part plus désirable ailleurs, il abandonne son environnement présent et s'en va vers elle. Il renonce au présent pour le futur. Abram a été le premier homme divinement appelé à prendre un tel chemin ; tout croyant est aujourd'hui, dans la pensée divine, forain et étranger dans ce monde (1 Pier. 2 : 11). Dans quelle mesure le sommes-nous en pratique ? Chaque coeur doit répondre pour lui-même à cette question.
            Le pèlerinage est une des conséquences du péché. Adam, dans l'innocence, n'a entendu aucun appel du genre « Suis-moi. » Continuer là où Dieu l'avait placé, et ne jamais abandonner sa première propriété, était en effet son devoir et sa responsabilité. Mais le péché a tout renversé. L'homme, ayant été chassé du jardin, « le monde » est apparu. Ses débuts sont décrits en Genèse 4 : 16-26. Entre Dieu et « le monde », il n'y a rien de commun. Tout dans le système de l'homme est opposé à la nature divine.
            Personne n'a été appelé à une séparation claire avant le jour d'Abram ; jusqu'à ce jour cependant, tout homme de foi avait senti profondément dans son coeur et son esprit qu'il devait marcher détaché de tout ce système impie qui l'entourait. Au jour d'Abram, l'appel divin retentit pour une raison précise : « Va-t-en de ton pays… ». Après le déluge une nouvelle forme de mal s'est manifestée parmi les hommes – l'idolâtrie. Sa forme la plus ancienne est peut-être décrite en Job 31 : 26-28. Josué 24 : 2 montre que ceux de la parenté d'Abraham n'était pas meilleurs que d'autres. L'idolâtrie est un abandon formel de Dieu pour le culte des démons (1 Cor. 10 : 20). Romains 1 : 18-25 montrent ce qu'il est advenu du monde à cause de ce terrible péché. Qu'on se souvienne que Noé et Sem étaient tous deux vivants en ce temps : l'un est mort deux ans avant la naissance d'Abram, l'autre a vécu jusqu'à ce qu'Abram ait 150 ans. Mais leur témoignage resta apparemment sans effet. Satan, en tournant ainsi les pensées des hommes vers l'idolâtrie, s'empara de toute la situation et Dieu fut rejeté du monde.
 
 
                        Le propos divin en séparant Abram
 
            C'est à ce moment qu'Abram a été appelé. Quel était donc le propos divin en séparant cet homme pour l'Eternel ? Lui faire simplement du bien ? Il a été en effet béni comme individu : « Je te bénirai, et je rendrai ton nom grand ». Mais il y avait une pensée plus grande dans l'esprit de Dieu. Il voulait en faire un canal par le moyen duquel Il pourrait bénir le monde. D'où les paroles : « Tu seras une bénédiction… et en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gen. 12 : 2-3).
            Nous avons dans les chapitres 10 et 11, l'esquisse du monde tel que nous le connaissons maintenant – partagé entre les nations issues des trois fils de Noé ; et en Genèse 12, on trouve l'homme et le principe par lequel Dieu pourrait opérer. Quelle grâce !
            Prenons maintenant Actes 7 : 1-2 ; l'appel d'Abram y est décrit de la manière la plus touchante. « Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il habitât en Charran, et il lui dit : Sors de ton pays et de ta parenté, et viens au pays que je te montrerai ». Le moment est venu alors où Dieu – « le Dieu de gloire » – s'est fait connaître à un pauvre idolâtre, et a gagné son coeur pour toujours. Ce n'était pas une nouvelle religion qu'Abram a apprise, ni l'adhésion à un nouveau cercle de pensées, mais il est venu à la connaissance d'une Personne. Le résultat a été que, comme les Thessaloniciens plus tard, il s'est tourné des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai.
            Est-ce que le Dieu de gloire s'est révélé à vous, cher lecteur ? Il a ressuscité son Fils d'entre les morts et il l'a fait siéger à sa droite dans le ciel. Toute la gloire de Dieu luit maintenant dans sa face (2 Cor. 4 : 6), ou en d'autres termes, tout ce que Dieu est a trouvé son expression dans l'homme Christ Jésus. Le connaissez-vous ? Votre coeur est-il transporté de joie par ce qu'il a trouvé en Lui ? Si oui, et seulement dans ce cas, vous êtes prêt à prendre la route du pèlerin. Un chrétien a pu rendre ce témoignage à la fin de sa vie :
 
                        C'est le trésor que j'ai trouvé dans Son amour,
                        Qui a fait de moi un pèlerin ici-bas.
 
            Nul ne peut renoncer réellement s'il n'a pas d'abord reçu. Comparons les paroles de l'Eternel à Abram en Genèse 12 : 2 : « Je rendrai ton nom grand », avec l'oeuvre ambitieuse des hommes au chapitre 11 : 4 : « Faisons-nous un nom ». Les projets que les hommes font, que ce soit la Tour de Babel ou tout autre chose, de même que les noms de ceux qui les planifient et qui y travaillent, périssent avec le monde auquel ils appartiennent ; tandis que celui qui s'identifie aux intérêts divins obtient un nom qui demeure à toujours. Laissons à Dieu le soin de rendre notre nom grand plutôt que de chercher à obtenir quelque gloire pour nous-mêmes sur cette terre.
            L'obéissance d'Abram ne fut que partielle au début car la totalité de la famille s'en alla d'Ur de Chaldée sous la conduite de Térakh son père ; il semble en effet que ce soit lui qui ait dirigé la manoeuvre : « Térakh prit Abram son fils… » (Gen. 11 : 31). A ce sujet, des paroles de reproche nous conviennent mal. Combien de fois avons-nous jugé avec réprobation les erreurs de ceux qui nous ont devancés, alors que nos coeurs ont été si peu « sondés » de notre côté ! Le manquement de Pierre en regardant les vents et les vagues au lieu de Jésus, et les plaintes de Marthe au sujet de Marie sont des exemples familiers. Pierre fit pourtant un pas hors du bateau en comptant sur la force d'une seule parole du Sauveur : Marthe, de son côté, servait de son mieux et même de tout son coeur, son erreur était de placer le service avant la communion (Matt. 14 : 29 ; Luc 10 : 40). De combien de paroles du Seigneur aurions-nous besoin avant que nous puissions laisser la sécurité d'un bateau pour descendre marcher sur les eaux en colère ? Combien d'entre nous seraient-ils prêts à servir comme Marthe servait ?
 
 
                        Le commentaire d'Hébreux 11
 
            Longtemps après, l'Esprit évoque les jours du pèlerinage : « Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit pour s'en aller au lieu qu'il devait recevoir pour héritage ; et il s'en alla, ne sachant où il allait » (Héb. 11 : 8). Quelle entreprise hasardeuse ! Si quelqu'un avait demandé au patriarche préparant alors ses chameaux dans quelle région il pensait se rendre, il n'aurait pas même pu lui dire s'il allait se diriger vers le nord, le sud, l'est ou l'ouest ! Aux yeux de ses voisins matérialistes, il était un grand fou comme Noé quand il construisait son embarcation extraordinaire sans signe extérieur et visible qu'un tel navire pourrait être jamais nécessaire. Mais l'homme de foi est toujours un fou aux yeux du monde !
            Charan marque un arrêt qui a duré aussi longtemps que Térakh a vécu. Les noms mêmes ont une grande signification : Térakh signifie « retard », et Charan « tari, à sec ». Hélas, combien ceux qui aspirent à suivre entièrement le Seigneur doivent surmonter d'obstacles, les plus sérieux provenant le plus fréquemment de leur cercle familial. Une famille non convertie, ou chrétienne mais mondaine, est souvent un poids bien triste sur nos âmes. Mais une complète bénédiction est inconnue tant que l'obéissance n'est pas complète. « Tari » doit être la confession de celui qui sait quel est le but du chemin du pèlerin, et qui pourtant hésite à le poursuivre. Le psalmiste dit : « Je me suis hâté, et je n'ai point différé de garder tes commandements » (Ps. 119 : 60). « Les jugements de l'Eternel sont la vérité, justes tous ensemble... Il y a un grand salaire à les garder » (Ps. 19 : 11).
 
 
                        Abram poursuit son chemin
 
            Térakh étant mort, Abram reprend son voyage avec Saraï, et avec Lot. « Ils sortirent pour aller au pays de Canaan ; et ils entrèrent au pays de Canaan » (Gen. 12 : 5). En arrivant à la plaine de Moré, près de Sichem, Abram commence par bâtir un autel. A ce moment l'Eternel lui est apparaît et renouvelle sa promesse : « Je donnerai ce pays à ta semence » (v. 7). C'est la première manifestation divine rapportée depuis qu'Abram a quitté Ur de Chaldée. Elle illustre les paroles du Seigneur à ses disciples en Jean 14 : 21 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui ». L'obéissance amène toujours la lumière et la joie de la présence du Seigneur comme une récompense pour l'âme.
            Abram a été caractérisé en Canaan par son autel et sa tente car « il attendait la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l'architecte et le créateur » (Héb. 11 : 10). Les villes de l'homme n'avaient aucun attrait pour son coeur. Babylone et Ninive avaient déjà élevé leur tête avec fierté, et les villes d'Egypte dont les ruines sont une des merveilles de notre temps existaient déjà à cette époque. Mais Abram se tient avec Dieu à l'écart de toutes ces choses. En attendant une cité et un pays célestes, sa foi s'élevait au-dessus de son appel, car Dieu ne lui avait rien révélé de tel, à ce qui nous est rapporté dans la Genèse. Pour nous, il en est autrement. Si élevée et merveilleuse est la vocation à laquelle nous sommes appelés que la foi ne peut rien faire de moins que de désirer en atteindre le but (Eph. 1 : 18 ; Eph. 4 : 1). Et combien d'entre nous comprennent-ils réellement ce que représente l'appel de Dieu ?
            Comparons maintenant deux passages dans l'épître aux Hébreux : 2 : 11 et 11 : 16. Dans le premier nous lisons : « Jésus... n'a pas honte de les appeler ses frères » ; dans le second : « Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu ». Au chapitre 2, c'est la grâce qui parle ; au chapitre 11, le gouvernement. De tous les chrétiens sans exception il est vrai que Christ « n'a pas honte de les appeler ses frères » ; mais il n'est pas nécessairement vrai de tous que « Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu ». Il n'a jamais associé son nom à Lot, ni même à Abdias. Pourquoi ? Parce qu'aucun des deux ne voulait prendre une place de séparation avec Lui. Frères, examinons nos coeurs à ce sujet. Nous vivons dans une époque mondaine, et de tous côtés nous déplorons le refus tacite de plusieurs croyants d'accepter la part du pèlerin. Dieu ne pourra nous utiliser que dans la mesure où nous marcherons dans la séparation morale du monde. Quand il descendit en Egypte, Abram amena du trouble, et non de la bénédiction, sur ce pays ; quand les Israëlites se mélangèrent avec les nations, ils ressentirent la main de Dieu en jugement sur eux-mêmes et toutes les autres nations aussi.  
            Quel a été le chemin de l'Eglise ? Que le Seigneur, dans sa grâce, suscite des serviteurs et des servantes qui soient déterminés à marcher en Esprit en dehors des choses d'ici-bas en attendant avec un désir fervent son Fils du ciel.
 
 
 
Le premier sacrificateur
 
            On n'assiste à aucune institution formelle de la sacrificature jusqu'au jour de Moïse. Car, jusqu'à ce moment-là aucun « peuple » n'était en relation avec Dieu. Il y avait depuis le début des personnes croyantes, mais c'est en Israël que, pour la première fois, a été établi le principe d'un « peuple » en relation particulière avec l'Eternel. La sacrificature, une fois confiée à Aaron et à sa famille, était destinée à aider et à soutenir un peuple placé dans une position merveilleuse. Bien des détails en relation avec l'office élevé d'Aaron nous parlent de Christ et de son ministère actuel en grâce en faveur de ses saints.
            Mais longtemps avant Aaron, quand son père Lévi « était encore dans les reins » d'Abram (Héb. 7 : 10), Melchisédec est introduit devant nous dans l'Ecriture comme « sacrificateur du Dieu Très-haut » (Gen. 14 : 18). Christ était typifié en Melchisédec aussi certainement qu'en Aaron. Mais la différence entre les sacrificatures est très marquée. Celui d'Aaron était essentiellement un ministère en intercession basé sur des sacrifices et des offrandes de parfums. Il avait affaire avec le sang et l'encens. En revanche, nous n'entendons parler d'aucun sacrifice offert par Melchisédec, ni d'encens brûlé sur l'autel de Dieu. Son service était essentiellement un ministère en bénédiction. Il bénit Abram de la part de Dieu, et de la part d'Abram, il bénit le Très-haut.
 
 
                        Qui était Melchisédec ?
 
            A son sujet, les spéculations des hommes sont variées. On a suggéré qu'il s'agissait d'un ange, du patriarche Sem, et même du Fils de Dieu lui-même. De telles suppositions sont aussi inutiles que folles. L'omission de sa généalogie était divinement prévue afin qu'il soit, dans l'Ecriture, le type le plus éloquent de Celui dont il est dit qu'il n'a « ni commencement de jours, ni fin de vie » (Héb. 7 : 3). Mais Melchisédec a été en fait un homme comme un autre.
            En Genèse 14 nous avons une image remarquable de ce qui se passera à la fin du temps actuel. Le Christ de Dieu – Roi et Sacrificateur en une personne – se manifestera lui-même du ciel avec la bénédiction dans ses mains pour Israël et la terre. Il établira la suprématie divine - « le Dieu Très-haut » - ainsi que les droits divins sur tout l'univers - « possesseur du ciel et de la terre » – vérités si longtemps contestées. Son nom « étant interprété roi de justice et puis aussi roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix » (v. 2), la justice et la paix caractériseront son règne : « O Dieu ! donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi... En ses jours le juste fleurira, et il y aura abondance de paix » (Ps. 72 : 1, 7). « Voici, un roi règnera en justice... et l'oeuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos et sécurité à toujours » (Es. 32 : 1, 17). 
 
                        L'application actuelle de la scène de Genèse 14
 
            Les chrétiens jouissent déjà par la foi de ce qu'Israël et la terre doivent attendre jusqu'à ce que Christ apparaisse.
            Deux rois sont venus à la rencontre d'Abram après la victoire sur Kedor-Laomer et ses alliés : Béra, roi de Sodome, et Melchisédec, roi de Salem viennent à la rencontre d'Abram. Dans sa sagesse, Dieu permet que Melchisédec agisse le premier. « Il fit apporter du pain et du vin » (Gen. 14 : 18). Que représentent ces présents pour nous chrétiens ? N'évoquent-ils pas à nos coeurs le mémorial de la mort du Seigneur ? Qu'y a-t-il de plus fortifiant pour l'homme de foi que de se souvenir clairement de l'oeuvre merveilleuse du Calvaire ? Trop souvent, nous pensons à la mort de Christ simplement parce qu'elle nous a apporté le salut et nous a mis à l'abri de la colère qui vient et nous oublions qu'elle nous a aussi entièrement retirés du présent siècle mauvais. La joie et le bonheur que le Sacrificateur vivant voudrait accorder à nos âmes ne peuvent pas être compris tant que nos coeurs s'attachent à cette scène condamnée par la présence du péché. Tout l'objet du ministère actuel de Christ, agissant par le Saint Esprit en nous, est de nous conduire moralement dès maintenant dans l'autre monde dont il est la lumière et la gloire.
            « Béni soit Abram » (v. 19). Ecoutez le Sacrificateur Roi et inscrivez votre propre nom à la place de celui d'Abram. Qui est le Dieu duquel descendent toutes les bénédictions ? Il est « le Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre ». Il est ainsi plus élevé que les plus élevés, et plus riche que les plus riches. Et c'est notre Dieu ! Nos coeurs sont satisfaits et conduits plus près du Seigneur. Nos affections pour lui sont stimulées en y pensant.
            Puis, de la part d'Abram, Melchisédec bénit Dieu pour la victoire qui lui a été accordée : « Béni soit le Dieu Très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! » (v. 20). Arrêtons-nous ici et posons-nous la question. Est-ce que le Seigneur, dans le ciel, a la joie de rendre grâces pour les victoires que nous avons obtenues ? Nos vies sont-elles caractérisées par des victoires ou des défaites ? Sommes-nous comme Abram, vainqueurs du monde ou comme Lot, vaincus par le monde ?
           
 
                        La réaction d'Abram
 
            Abram a parfaitement assimilé ce qu'il vient d'entendre. Quand le roi de Sodome lui propose de garder le butin pour lui, il répond : « J'ai levé ma main vers l'Éternel, le Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre : si, depuis un fil jusqu'à une courroie de sandale, oui, si, de tout ce qui est à toi, je prends quoi que ce soit,… afin que tu ne dises pas : Moi, j'ai enrichi Abram » (Gen. 14 : 22-23). A-t-il simplement repris la phraséologie de Melchisédec en parlant ainsi de Dieu ? Combien il est facile de répéter de simples formules – des paroles ou des expressions dont nous ne connaissons ni la signification ni la valeur ! Dans quelle mesure sommes-nous même prêts à assumer la responsabilité des paroles des cantiques que nous chantons ?
            Abram agit. Qu'en est-il de nous ? Le butin récupéré dans cinq villes était sans doute une belle affaire, mais l'homme de foi n'y attache aucune valeur. Le secret ? Il avait vu Melchisédec. Paul qualifie d'« ordures » tous ses gains religieux dont il aurait pu tirer une légitime fierté (Phil. 3 : 8) ; comment alors nommerait-il les folies du monde ? Le fils prodigue, à la fin de son périple, en était arrivé à désirer « de remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient » (Luc 15 :16). Ne serait-ce qu'à un moindre degré, serions-nous comme ce garçon auquel personne ne donnait rien ?
            Combien souvent, comme croyants, nous serions portés à penser d'un acte ou d'un autre : « Je ne vois vraiment pas quel mal il y a dans cette affaire ! ». Ils parlent probablement comme ils le ressentent. Mais comment se fait-il qu'ils ne peuvent pas voir ? Peut-être que les paroles du Seigneur en Apocalypse 3 : 18 en donnent une explication : « Je te conseille d'acheter… un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies ». Une Bible « négligée » explique le manque de discernement de plusieurs. L'oeil qui voit Christ en haut dans la puissance de l'Esprit de Dieu, l'oreille qui entend son ministère céleste comme celui du vrai Melchisédec sont protégés contre toutes les ruses de la chair et du diable. La victoire morale obtenue par Abram dans les environs de Sodome fut beaucoup plus grande dans le récit divin que la victoire matérielle obtenue aux alentours de Damas. Satan est plus à craindre quand il sourit que quand il devient menaçant.
            « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. En elle était la vie, et la vie était la lumière des homme. Et la lumière luit dans les ténèbres... » (Jean 1 : 1-5).
 
 
                                                                                                D'après W.W. Fereday