Méditations suivies : 2ème épître de Pierre, chapitre 1 : 12-21

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LA DEUXIEME EPITRE DE PIERRE (2)

 
 2 PIERRE : Chapitre premier (suite)
          3- Souvenez-vous ! : v. 12-15
          4- « La gloire magnifique » : v. 16-18
          5- « La parole prophétique » : v. 19-21

 
2 PIERRE : Chapitre premier (suite)
 
 
            3- Souvenez-vous ! : v. 12-15
 
 
                                    3.1 : Réveillez-vous ! (v. 12-13)
 
                        L'apôtre Pierre désirait que les croyants se souvinssent des vérités connues ; ils les avaient saisies par la foi, mais elles devaient aussi être vécues. C'est ainsi qu'ils demeureraient solidement établis dans la « vérité présente » (v. 12).
 
                        Combien facilement nous oublions, nous croyants, tout ce qui nous a été donné concernant « la vie et la piété » (v. 3), ainsi que les gloires du royaume dans lequel nous sommes introduits.
                         Il est donc nécessaire que nous soyons réveillés par le rappel de ces vérités à nos coeurs et à nos consciences, comme l'apôtre avait à coeur de le faire à l'égard de ses frères (v. 13). Au début du chapitre 3, il fera encore appel à leur « pure intelligence » spirituelle, qu'il avait  voulu « réveiller » par le moyen de ses deux épîtres (3 : 1).
 
                        Si nous ne veillons pas, nous risquons de nous assoupir spirituellement dans la nuit morale de ce monde. Ecoutons l'avertissement de Salomon répété à deux reprises : « Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir... et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé » (Prov. 6 : 10-11 ; 24 : 33-34). N'est-ce pas pendant que les hommes dormaient que l'ennemi vint et sema l'ivraie parmi le froment ? (Matt. 13 : 25).
                        Pierre lui-même avait été accablé de sommeil sur la montagne de la transfiguration (Luc 9 : 32). Dans sa première épître, il engage les saints à être « sobres » et à « veiller » (1 Pier. 4 : 7 ; 5 : 8). Au début de cette seconde lettre, il désire les réveiller par le rappel de la scène de la « sainte montagne » (v. 16-18).
 
 
 
                                   3.2 : « Le moment de déposer ma tente » (v. 14-15)
 
                        Le Seigneur avait dit à Pierre : « Quand tu étais jeune, tu te ceignais, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra, et te conduira où tu ne veux pas » (Jean 21 : 18). Après s'être acquitté du service confié par son Maître, le disciple allait pouvoir mourir en glorifiant Dieu (Jean 21 : 19).
 
                        Lorsqu'il écrit cette épître, Pierre sait que les paroles du Seigneur concernant le moment de « déposer sa tente » (v. 14) vont bientôt s'accomplir. Aussi laisse-t-il par écrit de pressantes exhortations aux chrétiens, afin que la vérité de Dieu soit maintenue avec fermeté et transmise de génération en génération. Il ne nomme aucun successeur, mais confie aux croyants la parole écrite qui suffit à leur foi. Ce qui leur était enseigné par ses épîtres devait avoir un effet durable : « Je m'appliquerai à ce qu'après mon départ vous puissiez encore en tout temps vous souvenir de tout cela » (v. 15).
 
                        Chrétiens, ayons à coeur de retenir l'enseignement des épîtres de Pierre ; elles répondent aussi à nos besoins, en attendant que vienne pour nous aussi le moment de « déposer notre tente » (v. 14), ou que se réalise la « bienheureuse espérance » (Tite 2 : 13).
 
 
                        Plusieurs images sont employées dans les épîtres par les apôtres pour désigner le corps périssable du croyant qui est une demeure provisoire :
 
                                   - une « maison terrestre » : celle-ci, « qui n'est qu'une tente », sera bientôt remplacée par un « édifice de la part de Dieu, une maison qui n'est pas faite de main, éternelle, dans les cieux » (2 Cor. 5 : 1), c'est-à-dire le corps glorieux que recevront tous les croyants, lors de leur enlèvement à la venue du Seigneur Jésus.
 
                                   - une tente (v. 14) : comme l'apôtre Paul, Pierre compare ici son corps mortel à une tente,  « déposée » au moment du décès, et qui sera remplacée par un corps de gloire à la venue du Seigneur (Phil. 3 : 20-21).
 
                                   - un « vase de terre » (2 Cor. 4 : 7) : cette image, déjà employée par Jérémie (18 : 6), désigne aussi le corps humain dans sa fragilité ; c'est « l'homme extérieur » qui « dépérit », alors que « l'homme intérieur est renouvelé de jour en jour » (2 Cor. 4 : 16). Le corps du croyant est encore le « propre vase » qu'il doit posséder en sainteté et en honneur afin de le préserver de l'impureté (1 Thes. 4 : 4).
 
                       
 
            4- « La gloire magnifique » : v. 16-18
 
 
                        Après avoir placé devant les croyants les conditions d'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, Pierre, se souvenant de la scène de la transfiguration, va leur exposer en quoi consiste ce royaume.
 
                        Deux scènes relatées par Matthieu ont tout particulièrement marqué l'apôtre Pierre et semblent être à la base des vérités développées dans ses épîtres :
 
                                   - la révélation faite par Jésus à son disciple (Matt. 16 : 16-18) :
                                               « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », a déclaré Pierre. Alors le Seigneur lui a dit : « Je te dis que tu es Pierre (ou : une pierre) ; et sur ce roc je bâtirai mon assemblée ». C'est sur cette révélation qu'est fondé l'enseignement de la première épître relatif à l'édification de l'assemblée, maison spirituelle bâtie sur le roc (2 : 4-10).
 
                                   - la scène de la transfiguration (Matt. 17 : 1-8) : lors de la transfiguration, Pierre, Jacques et Jean ont contemplé Jésus dans la « gloire magnifique » (v. 17). Cette scène n'est-elle pas rappelée ici par Pierre pour montrer aux croyants la réalité des gloires du royaume dans lequel ils entreront ?
 
 
                        Pierre met en garde, ici encore, contre les « fables ingénieusement imaginées » (v. 16a), sur lesquelles était basé un enseignement pervers. L'apôtre Paul dénonce aussi les « fables » provenant de l'imagination de l'homme et détournant les âmes de la vérité (1 Tim. 1 : 4 ; 2 Tim. 4 : 4). Ce n'était pas au moyen de telles pensées humaines imaginaires que Pierre évoquait la réalité des gloires du royaume ; il rapportait ce qu'il avait vu et entendu : « …ayant été témoins oculaires de sa majesté… nous entendîmes cette voix venue du ciel… » (v. 16c »).
                        Les trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, allaient rendre un témoignage complet à cette gloire divine, mais le Seigneur leur avait donné l'ordre de n'en parler à personne avant sa résurrection (Matt. 17 : 9). Le moment n'était pas encore venu alors de révéler aux croyants cette merveilleuse apparition, puisque le royaume en gloire entrevu par les disciples ne pouvait être établi que sur le fondement de la mort et de la résurrection du Seigneur.
                        Mais désormais,  l'apôtre fait connaître la « puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 16b). Admis à Le contempler venant en gloire, profondément pénétré par une telle vision, Pierre évoque  maintenant la majesté du Fils de Dieu lors de sa venue en puissance pour établir son royaume éternel.
 
 
                        « Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu'une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir » (v. 17).
                         La voix du Père vient de la « nuée », symbole de la présence et de la faveur divines ; elle est appelée par Pierre la « gloire magnifique ». Cette voix venue du ciel désigne Celui auquel revient tout honneur et toute gloire. Il est le Fils de l'amour du Père, Celui en qui son âme trouve son plaisir (Es. 42 : 1) ; au moment où le Fils bien-aimé se dirige vers la croix, comme lors de son baptême (Matt. 3 : 17), le Père trouve son plaisir en Lui.
 
 
                        Cette « gloire magnifique » contemplée par les disciples et la voix du Père rendant « honneur et gloire » à son Fils, ne sont-elles pas comme un témoignage renouvelé de l'amour divin pour nous tous, croyants ?
                        Nous sommes invités à contempler « à face découverte la gloire du Seigneur », afin d'être à notre tour « transformés » moralement, « de gloire en gloire », à l'image du Bien-aimé  (2 Cor. 3 : 18).
 
                        Savons-nous détacher nos regards de la terre, pour les diriger vers la « sainte montagne » et y voir « Jésus seul » ? (Matt. 17 : 8).
 
 
 
            5- « La parole prophétique » : v. 19-21
 
 
                        Avec Jacques et Jean, l'apôtre Pierre avait eu une vision complète, bien que fugitive, de tout ce qui constitue le royaume : un Christ glorieux, des saints ressuscités ou transmués, figurés par Moïse et Elie, et des saints terrestres associés à cette scène bénie, représentés par les disciples présents. Il avait entendu la voix venue du ciel, étant avec Jésus sur la sainte montagne. La « parole prophétique » était ainsi confirmée, « rendue plus ferme » (v. 19a).
 
 
                                   5.1 : « Une lampe qui brille dans un lieu obscur » (v. 19b)
 
                        L'apôtre compare la prophétie à une lampe dont le faisceau se projette sur la personne glorieuse de Jésus Christ. De la Genèse à l'Apocalypse, elle présente les voies de Dieu à l'égard de Christ, le Messie, et de tous les hommes. Si, au premier plan, apparaît Israël (le peuple terrestre de Dieu) et derrière lui les nations, Christ demeure le centre de toute la prophétie.
                        L'Esprit de Christ, qui était dans les prophètes, « rendait par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pier. 1 : 11).
 
                        - La lumière prophétique  éclaire un « lieu obscur » : dans un monde ténébreux, elle dévoile le mal et les pièges que le croyant doit éviter.
 
                        - Elle brille dans le coeur du croyant : en attendant que « le jour commence à luire », elle annonce la venue du Seigneur, objet suprême de l'espérance chrétienne (1 Tim. 1 : 1).
 
                        - Elle révèle le jugement à venir du monde : à la fin de l'épître, l'apôtre parle du « jour du Seigneur », lequel sera introduit par des jugements qui atteindront les hommes impies (3 : 7, 10). De même, l'apôtre Paul en parle aux croyants de Thessalonique  (2 Thes. 1 : 7-10)
 
                        - Elle maintient le coeur en éveil : pour le chrétien, « les ténèbres s'en vont et la vraie lumière luit déjà » (1 Jean 2 : 8) ; semblable à un marin près d'arriver au port et scrutant le rivage éclairé par la lumière du phare, le croyant attend le lever de l'aurore.
 
 
                        Pierre recommande donc aux croyants d'être attentifs à la prophétie. Un commentateur croyant a résumé ainsi ce que l'apôtre semble dire ici aux chrétiens : « Prenez garde à la prophétie parce qu'elle vous renseignera sur les circonstances au travers desquelles doit passer le monde ; et grâce à cette lumière, vous le traverserez comme une scène condamnée, sans vous en mêler ».
 
                        Si la prophétie est une lampe brillant dans les ténèbres d'un monde qui « gît dans le méchant » (1 Jean 5 : 19), il y a une autre lumière qui luit pour ceux qui veillent : l'étoile du matin (v. 19).
 
 
                                   5.2 : « L'étoile du matin » (v. 19b)
 
                        Les chrétiens qui veillent dans la nuit savent que celle-ci va prendre fin pour eux : elle est déjà « très avancée » et le jour qui va commencer à luire « s'est approché » (Rom. 13 : 12). Ils discernent déjà, par la foi, l'Etoile du matin.
 
                        L'Etoile du matin, c'est Jésus lui-même : « Moi, je suis la racine et la postérité de David, l'Etoile brillante du matin » (Apoc. 22 : 16).
                        Elle est déjà « levée » dans le coeur du croyant pour l'illuminer. Cachée aux yeux du monde, elle n'est vue que par ceux qui veillent durant l'absence de Christ. La prophétie de Balaam contient la promesse qu'une étoile surgira de Jacob (Nom. 24 : 17) ; en effet, après l'apparition glorieuse de Christ, la terre millénaire sera éclairée par le « soleil de justice » (Mal. 4 : 2). Mais auparavant, Jésus se présente dans le dernier livre de l'Ecriture sous un caractère plus intime à son Eglise : pour elle seulement, Il est l'Etoile du matin qui annonce le lever du jour éternel dans le lieu dont il est dit : « il n'y aura pas de nuit là » (Apoc. 21 : 25).
                        L'Etoile du matin est aussi la récompense promise au vainqueur. Il s'agit de partager la joie éternelle de Christ dans la gloire ; cette promesse, précédée de celle de partager le règne de Christ, est donnée à ceux qui auront « tenu ferme » ce qu'ils ont, jusqu'à ce que le Seigneur vienne (Apoc. 2 : 24-27).
 
 
                        Quel précieux encouragement pour le fidèle, en attendant la délivrance, que de voir l'Etoile du matin, signe précurseur du lever de l'aurore et de l'établissement du glorieux « matin sans nuages » sous le gouvernement du Roi de justice et de paix !  (2 Sam. 23 : 4).
 
 
                                               Ah ! bientôt, sans voile,
                                               Luiront tes splendeurs,
                                               Radieuse Etoile
                                               Levée en nos coeurs.
                                               Oh ! quelle allégresse !
                                               Nos yeux te verront,
                                               Et de toi, sans cesse,
                                               Tes saints jouiront.
 
 
 
                                   5.3 : L'interprétation des prophéties (v. 20-21)
 
                        A la fin du chapitre, l'apôtre enseigne les croyants à considérer l'ensemble de la révélation divine dont les différentes parties s'éclairent mutuellement. Chaque prophétie de la Parole de Dieu s'interprète à la lumière de toute l'Ecriture.
 
                        Les différents passages prophétiques font partie d'un ensemble qui demeure centré sur la personne de Christ et n'a qu'un but : le royaume de Dieu. Chaque événement prophétique conduit vers ce but, mais n'est qu'un « maillon » dans l'enchaînement du gouvernement de Dieu jusqu'à l'établissement du règne de Christ.
 
                        Pierre montre donc ici le danger de vouloir considérer isolément un passage prophétique, pensant qu'il a sa propre signification. L'interprétation que l'on peut faire ainsi de la prophétie, selon une intelligence humaine et sans le secours du Saint Esprit, conduit à l'égarement. Ne soyons pas séduits par la présentation de « doctrines diverses et étrangères » (Héb. 13 : 8-9), mais demandons l'aide du Seigneur pour considérer avec soin ce qu'Il nous dit dans sa Parole. Qu'Il veuille, ainsi que le souhaitait Paul pour Timothée, nous donner de « l'intelligence en toutes choses » (2 Tim. 2 : 7).
 
 
                        L'apôtre montre enfin l'origine de la prophétie donnée dans l'Ecriture : elle « n'est jamais venue par la volonté de l'homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l'Esprit Saint » (v. 21).
                        Un même Esprit a dirigé les hommes que Dieu a choisis pour développer Ses voies aux yeux de la foi. Elles aboutiront à l'établissement du royaume, dont la gloire avait été montrée aux disciples lors de la transfiguration. Ces « saints hommes de Dieu », séparés du mal, ont parlé de la part de Dieu, sous la direction de l'Esprit Saint (2 Sam. 23 : 2 ; Néh. 9 : 30 ; 1 Pier. 1 : 11-12).
                        « Toute Ecriture est inspirée de Dieu... » (2 Tim. 3 : 16) ; le mot « inspiré » signifie littéralement « soufflé de la part de Dieu ». Non seulement les pensées de la Parole de Dieu, mais aussi les termes employés dans les écrits originaux, ont été inspirés (Ex. 34 : 27 ; Matt. 5 : 18).
  
 
                        Lecteurs chrétiens, attachons nos coeurs à ce livre unique, la Parole de Dieu, afin qu'elle ait toute son autorité sur nos âmes. Sachons, sous la conduite du Saint Esprit, découvrir la parfaite unité de ses messages prophétiques, dont le but final est la gloire de Dieu en Jésus Christ notre Seigneur. 
 

L'Etoile du matin : voir aussi la poésie de MK (aller dans "Sujets", rubrique "Etoile").