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PSAUME 132
 
 Les « afflictions » de David, serviteur de Dieu
 Une place convenable pour l'arche
 L'entrée dans la présence de Dieu 
 L'accomplissement futur des promesses de Dieu à l'égard de son peuple 
 Le lieu que l'Eternel a choisi pour y mettre son nom 
 
 
           Les Cantiques des degrés ont été appelés le « Psautier en miniature ». La Personne du Seigneur Jésus est la clé pour une véritable compréhension de ces 15 psaumes (120 à 134), comme elle l'est d'ailleurs pour celle de tous les Psaumes.
            Le nom « cantiques des degrés » a été expliqué de diverses manières. On a dit que les cantiques des degrés étaient des cantiques que les Israélites chantaient pendant qu'ils gravissaient les marches du temple. On a aussi pensé qu'ils étaient chantés en allant aux trois grandes fêtes Juives à Jérusalem. Rien ne peut prouver de telles explications ; il semble plutôt qu'il s'agisse de leur signification intrinsèque qui justifie aussi cette appellation : les Psaumes en miniature.
 
            Ces 15 Psaumes sont divisés en 5 groupes ; or les Psaumes eux-mêmes sont aussi répartis en 5 livres. Ils concernent le développement du peuple d'Israël jusqu'au millénium. Dieu amènera son peuple terrestre dans le repos durant les mille ans, où le Seigneur règnera sur la terre.
                        - Premier livre (psaumes 1 à 41) : il montre l'état des Juifs en général, la séparation du méchant d'avec le juste.
                        - Deuxième livre (psaumes 42 à 72) : on y trouve la tribulation. Il est intéressant de remarquer que les premiers Psaumes de chaque livre nous en donnent l'idée, la note générale (par exemple, au début du Psaume 42, ces paroles : « Comme le cerf brame après les courants d'eau... » expriment les sentiments du résidu pendant la tribulation).
                        - Troisième livre (psaumes 73 à 89) : le Psaume 73 commence par : « Certainement Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui sont purs de coeur ». Dieu introduit son peuple dans l'état où Il veut les avoir ; ce n'est pas encore le millénium, mais le résidu, le reste des croyants de ce peuple est là où Dieu désire le voir. 
                        - Quatrième livre (psaumes 90 à 106) : à partir du Psaume 90, le seul Psaume de Moïse, nous avons le millénium : « Seigneur, tu as été notre demeure de génération en génération » (Ps. 90 : 1). Le Seigneur redeviendra la demeure d'Israël, dans le millénium.
                        - Cinquième livre (psaumes 107 à 150) : ce livre est pour ainsi dire, une récapitulation de toutes les voies, de tous les chemins de Dieu à l'égard de son peuple.
 
 
            Dans les Cantiques des degrés, on retrouve donc une division très semblable avec 5 groupes de 3 Psaumes :
                        - Premier groupe (psaumes 120 à 122) : il montre le désir des Juifs d'obtenir le repos que seul Dieu peut leur donner : « A l'Eternel en ma détresse, j'ai crié et il m'a répondu ». C'est le désir du peuple d'être amené dans le repos que Dieu leur a promis et qu'il réalisera.
                        - Deuxième groupe (psaumes 123 à 125) : montre la confiance en Dieu : « J'élève mes yeux vers toi, qui habites dans les cieux ». Dans les cinq livres des Psaumes, on voit un retour « extérieur » du peuple. Ici, c'est plutôt le développement « intérieur » de leurs âmes. Il y a cette confiance en Dieu que l'on peut trouver dans son résidu.
                        - Troisième groupe (psaumes 126 à 128) : c'est le retour, la vraie bénédiction du résidu : « Quand l'Eternel rétablit les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui songent » (v. 1 ). Cela correspond au retour du résidu qui se trouvait hors du pays, dans le désert de Juda, comme le Seigneur le dit, mais qui maintenant retourne vers Jérusalem, dans l'attente de son Sauveur 
                        - Quatrième groupe (psaumes 129 à 131) : on voit la vraie repentance, la restauration intérieure de l'âme de ce résidu : « Ils m'ont souvent opprimé dès ma jeunesse – qu'Israël le dise, - cependant ils n'ont pas prévalu sur moi » (v. 1). C'est maintenant le retour des âmes vers Dieu. 
                        - Cinquième groupe (psaumes 132 à 134) : dans ces derniers Psaumes, le but est atteint. Ils sont là où Dieu désire avoir son peuple, à Jérusalem, autour de son temple, où ils pourront réaliser l'amour fraternel (Psaume 133) et la vraie adoration (Psaume 134).
 
            Il est donc très intéressant de voir à travers ces 15 psaumes, comme dans le livre tout entier, que l'histoire d'Israël n'est pas encore achevée. C'est toujours la prophétie : extérieurement, ceux qui appartiennent à ce peuple sont déjà dans le pays, mais « intérieurement », dans leurs âmes, ils sont encore bien loin de Dieu. On dit que de la population d'Israël est présentement constituée de 90% d'athées. Il y a un petit groupe de Juifs, très orthodoxe et aussi des Juifs messianiques. Ceux qui ont cru au Seigneur Jésus sont en vérité des chrétiens. Celui qui croit au Seigneur Jésus appartient à l'Assemblée de Dieu. Il est un membre du corps de Christ. Pour Dieu, ce n'est plus un Juif. Mais les justes, les vrais justes alors sur la terre, parviendront à un état où ils reconnaîtront, après notre enlèvement, que le Seigneur qu'ils ont amené à la Croix, est le Messie; et de cela, ils sont encore très loin dans leurs pensées.
            Ainsi, dans les Psaumes, nous voyons souvent la Personne du Seigneur Jésus, parce que c'est autour de Lui que tourne toute l'histoire du peuple d'Israël. Il est le centre non seulement pour les chrétiens, mais aussi le centre d'Israël. Il sera le centre du monde entier, quand Il règnera ici-bas sur cette terre, où nous habitons. Mais ce n'est pas ce que nous attendons : nous attendons la venue du Seigneur pour enlever son Eglise.
 
 
            Le Psaume 132 commence donc le dernier groupe des Cantiques des degrés, celui dans lequel le but de Dieu envers son peuple Israël est atteint.
            Nous voyons d'abord le lieu de rassemblement, le centre du peuple d'Israël, c'est-à-dire le temple à Jérusalem, sujet principal du Psaume. Si, en tant que chrétiens, nous n'avons rien à faire directement avec le temple d'Israël, n'est-il pas pourtant ici une image de l'Assemblée ? Combien de fois dans le Nouveau Testament, l'Assemblée est appelée le temple de Dieu ! Nous tous, chrétiens, nous formons ce temple, cette habitation de Dieu par l'Esprit. En Israël, cette habitation était visible, constituée de bois, d'or et même de pierres précieuses. Mais pour nous, ce temple parle de l'Assemblée de Dieu, de la vraie maison de Dieu aujourd'hui, formée par tous les membres constituant le corps de Christ. Tous les vrais chrétiens qui sont nés de nouveau et scellés du Saint Esprit, sont des pierres vivantes qui forment ce temple (Eph. 2 : 21-22).
 
            Ce Psaume n'a probablement pas été écrit par David. En effet, dans ses Psaumes, David ne mentionne jamais son nom ; il parle de lui-même seulement à la première personne, et non comme le fait l'auteur du Psaume ici : « Souviens-toi de David » ; « A cause de David, ton serviteur… » ; « L'Eternel a juré à David en vérité… » (v. 1, 10, 11). C'est donc une autre personne qui a écrit ce psaume ; sans doute est-ce un fils ou un descendant de David, parce qu'au verset 10, il est dit: « A cause de David, ton serviteur, ne repousse pas la face de ton oint ». Or l'oint étant toujours le roi oint par Dieu, il s'agit probablement de Salomon.
            A la fin de son discours et de sa prière, lors de l'inauguration du temple, Salomon a dit : « Et maintenant, Eternel Dieu, lève-toi pour entrer dans ton repos, toi et l'arche de ta force! Que tes sacrificateurs, Eternel Dieu, soient revêtus de salut, et que tes saints se réjouissent en ta bonté! Eternel Dieu, ne repousse pas la face de ton oint; souviens-toi de tes grâces envers David, ton serviteur » (2 Chr. 6 : 41). Ce sont des expressions identiques à celles que nous trouvons aux versets 8 à 10 du Psaume 132, ce qui semble confirmer que Salomon en soit l'auteur.
 
 
Les « afflictions » de David, serviteur de Dieu
 
            L'auteur du Psaume parle de David comme étant le serviteur de Dieu (« ton serviteur » - v. 10). David est serviteur sous deux aspects : il est un type du Seigneur Jésus, mais il est aussi, dans toute son histoire, un exemple pour notre vie de foi. Cela est évident à la lecture de ce Psaume.
 
                       - David, type du Seigneur
 
            C'est donc Salomon, comme roi, au moment de l'inauguration du temple, qui prie, en disant : « Eternel, souviens-toi de David et de toutes ses afflictions ! (v. 1). Il a devant lui le merveilleux temple, selon le modèle que Dieu avait donné à David, comme il l'avait déjà fait pour Moïse concernant la tente d'assignation. Après avoir fait construire ce temple avec les moyens que son père David s'était procuré, Salomon parle maintenant des afflictions de son père. En pensant combien le Seigneur a souffert, non seulement pour chaque croyant individuellement, mais aussi afin de bâtir son assemblée, nous comprenons ce que veut dire cette expression : « les afflictions de David ». Nous pouvons alors rendre grâces au Seigneur et l'adorer. Ce Psaume parle aussi de cette adoration des sacrificateurs. Mais combien peu nous mesurons les souffrances et les afflictions que le Seigneur a dû subir, afin que nous puissions être sauvés. Personne ne pouvait obliger le Seigneur à souffrir pour nous. C'était son amour, c'était l'amour du Fils de Dieu, l'expression de l'amour de Dieu pour nous qui étions des pécheurs perdus. Il a aussi souffert pour son Assemblée.
            Les afflictions du Seigneur sont montrées par la parabole de Matthieu 13 : 45-46. Le marchand vend tout ce qu'il a pour acquérir la perle de très grand prix. Le Seigneur a laissé tout ce qui était à sa disposition, Il a été dans l'affliction pour acheter cette perle de grand prix. C'est une belle image parce qu'elle contraste avec celle d'une pierre précieuse. Celle-ci doit être souvent taillée et polie, et on aura deux pierres plus petites de moindre valeur.  La valeur de la perle vient de son unité et du fait qu'elle est unique, c'est un tout. Une perle coupée ne vaut plus rien. C'est l'image que Dieu a donnée par le Saint Esprit. Elle nous montre, non seulement sa valeur, mais sa valeur unique. Et le Seigneur a donné non seulement tout ce qu'Il avait, mais  Il s'est donné Lui-même pour son Assemblée. Quel amour, quel dévouement, quel prix n'a-t-Il pas payé ! C'est ce que nous trouvons d'abord, dans ces paroles. Salomon les prononce en voyant le temple, et en se souvenant des afflictions de son père.
 
 
                        - David, exemple du croyant
           
            Ce qui est dit au sujet de David peut aussi avoir une application personnelle pour ce qui concerne la vie d'un croyant.
            David était un croyant avec ses moments de communion, mais aussi ses fautes humiliantes (son grave péché avec Bath-Shéba, par exemple). Mais ici, Salomon nous le montre plutôt comme l'exemple d'un croyant dont la marche est conséquente. Il nous fait comprendre l'importance et la valeur de l'affliction qu'il ressent pour la maison de Dieu.
            David a connu beaucoup d'afflictions. Il a subi la persécution de Saül ; alors qu'il était le roi désigné, le roi oint. Il était poursuivi comme une perdrix dans les montagnes. Plus tard, il a dû souffrir sous les conséquences de sa propre volonté, quand il a voulu absolument dénombrer le peuple ; il a résisté à Joab qui voulait l'en empêcher et Dieu a affligé le peuple par une grande plaie; celui-ci s'est trouvé tout entier placé sous le jugement de Dieu. 
            Beaucoup d'entre nous, chrétiens, connaissent, dans une mesure plus ou moins grande, ces afflictions liées à la recherche de la place où le Seigneur désire nous trouver. Ces afflictions ne seront jamais oubliées de la part de Dieu. Salomon dit : « Souviens-toi de David et de toutes ses afflictions ».
            Qu'est-ce que David a fait ? Ici, nous lisons des expressions que nous ne trouvons pas ailleurs : « Comment il a juré à l'Eternel et fait un voeu au Puissant de Jacob : Si j'entre dans la demeure de ma maison, si je monte sur le lit où je couche, si je permets à mes yeux de dormir, à mes paupières de sommeiller, jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu pour l'Eternel, des demeures pour le Puissant de Jacob ! » (v. 3-5). Dans toute l'histoire de David, racontée deux fois, dans les livres de Samuel et dans les Chroniques, on ne trouve pas pareille chose. Une autre fois seulement, les afflictions de David sont mentionnées, en relation avec le fait qu'il a procuré les matériaux pour la construction du temple que Dieu ne lui avait pas permit de construire lui-même(1 Chr. 22 : 8). David est conscient que ses afflictions sont liées à ses efforts pour de se procurer tout ce qui est nécessaire à la construction de la maison de Dieu ; il déclare à son fils : « Tu prospèreras si tu prends garde à pratiquer les statuts et les ordonnances que l'Eternel commanda à Moïse pour Israël. Fortifie-toi et sois ferme; ne crains point et ne t'effraye point. Et voici, dans mon affliction, j'ai préparé pour la maison de l'Eternel de l'or, cent mille talents, et de l'argent, mille milliers de talents, et de l'airain et du fer, sans poids » (1 Chr. 22 : 13-14).
 
            Nous avons vu d'un côté, un type du Seigneur Jésus qui a accompli à la croix, tout ce qui était nécessaire pour que l'assemblée qui a été formée par la venue du Saint Esprit au jour de la Pentecôte, puisse être bâtie. Mais nous voyons aussi que le Seigneur nous montre la necessité de connaître l'affliction en relation avec sa maison.
            Combien de personnes, ayant été amenées à la foi au Seigneur Jésus, sont allées ensuite vers toutes sortes d'églises et de communautés chrétiennes ? Ils ont alors connu beaucoup d'afflictions ; ils pensaient sincèrement que tous les chrétiens désiraient accomplir la volonté de Dieu en se réunissant, mais ils ont dû constater que ce n'est pas le cas.  Avec le désir profond d'agir seulement selon la Parole de Dieu, ils ont enfin trouvé la place, où seule la Parole de Dieu a  de la valeur.
            Peut-être avons-nous été enseignés, au sein de l'assemblée, quant au  chemin conforme  la volonté de Dieu ? Nous nous rassemblons selon l'enseignement de sa Parole ;  connaissons-nous, si peu que ce soit, cette affliction qui réside dans le fait que nous sommes conscients des raisons pour lesquelles nous nous réunissons comme nous le faisons, et pas autrement ? Il est bon d'avoir un réel exercice dans notre âme, afin de pouvoir dire pourquoi nous allons à tel ou tel endroit.
            Ne pensons pas que ce que nous venons d'exprimer soit de peu d'importance. Il y a une volonté du Seigneur qui se trouve dans la Parole ; la rechercher et s'y soumettre comporte une bénédiction qui est incomparable par rapport à toutes les afflictions qui peuvent en découler. Quel bonheur pour ceux qui sont nés de nouveau de réaliser que le Seigneur est au milieu de l'assemblée, là où l'homme naturel n'a rien à dire, et de se placer humblement   sous la direction de l'Esprit. Quelle paix, quel repos, dont parle aussi ce Psaume ! Ce n'est pas seulement un repos pour nous, mais c'est même le repos pour le Seigneur. Son Esprit peut reposer seulement là où sa Personne est pleinement reconnue parmi ceux qui sont réunis.
            Si, comme David, nous connaissons cette affliction, le Seigneur ne l'oubliera jamais. L'affliction de David se montre dans le fait qu'il ne veut pas se donner de repos, avant d'avoir trouvé l'endroit convenable pour l'arche : c'est « un lieu pour l'Eternel, pour les demeures pour le Puissant de Jacob » (v. 5). Immédiatement après son accession au trône, le premier désir de David a été d'amener l'arche de l'alliance de Dieu à Jérusalem (2 Sam. 6 : 1 ; 1 Chr. 13 : 1). C'est le sujet suivant dans notre Psaume.
 
 
Une place convenable pour l'arche
 
             « Voici, nous avons ouï parler d'elle à Ephrata, nous l'avons trouvée dans les champs de Jaar » (v. 6). Il s'agit de l'arche : dès le commencement, c'était le désir de David de trouver une place digne pour l'arche du Seigneur. Elle avait erré à travers tout Israël, et elle était même allée dans les champs des Philistins. C'était une grande honte pour le peuple, un vrai désastre! Mais elle était revenue, accompagnée aussi d'affliction pour le peuple.
            Maintenant, après son accession au trône, Salomon manifeste son désir de trouver une place pour cette arche : « Nous avons ouï parler d'elle à Ephrata, nous l'avons trouvée dans les champs de Jaar ». Il ne s'exprime pas au singulier mais au pluriel ; il n'était pas encore né, quand ces choses se sont produites, mais sans doute a-t-il tout entendu raconter par son père, David. Celui-ci avait lui-même entendu raconter l'histoire de l'arche, dans son village natal Ephrata, c'est-à-dire Bethléem. C'était là qu'il avait vécu, alors qu'il était un enfant ; là, jeune homme, il avait gardé les brebis de son père ; là encore, Samuel l'avait trouvé et oint pour être roi. Les parents de David eux-mêmes étaient certainement de fidèles Israélites, aimant parler à leur fils de ce qui est précieux aux yeux de Dieu, et en particulier de cette tente d'assignation qui était à Shilo et dans d'autres endroits, mais pas dans le lieu que Dieu avait choisi et auquel personne ne s'était intéressé.
            Parents croyants, l'arche de l'alliance (figure de la personne du Seigneur comme centre de notre rassemblement) est-elle importante pour nous ? En parlons-nous à nos enfants? Combien il est touchant que ce soit Salomon, associé à son père David, qui parle de cette arche trouvée dans les champs de Jaar lorsqu'il n'était pas encore né. Dans la famille de David, jusqu'à Salomon au moins, ce récit touchant la valeur de l'arche, le trône de Dieu au milieu de son peuple, avait une importance primordiale !
 
            Le verset 6 mentionne les « champs de Jaar » ; ce mot « Jaar » (ou : la forêt) serait employé poétiquement pour désigner Kiriath-Jéarim. Ce lieu nous reporte à un moment important dans l'histoire d'Israël, lorsque l'arche est revenue de chez les Philistins : « Et les hommes de Kiriath-Jéarim vinrent, et firent monter l'arche de l'Eternel et l'apportèrent dans la maison d'Abinadab, sur la colline... » (1 Sam. 7 : 1). Etre « sur la colline », c'est toujours se trouver sur une hauteur : Abinadab était à la hauteur des pensées de Dieu, il était en communion avec Dieu, ainsi que nous trouvons également Abraham et le Seigneur sur la montagne. Eléazar, le fils d'Abinadab, a été sanctifié pour garder l'arche de l'Eternel. « Et il arriva que, depuis le jour où l'arche demeura à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; et toute la maison d'Israël se lamenta après l'Eternel. Samuel parla à toute la maison d'Israël ». Il se passa vingt ans avant que Samuel puisse ainsi parler, cela a lieu peut-être même avant la naissance de David. Il y avait vingt ans que l'arche se trouvait à Kiriath-Jéarim, dans la maison d'Abinadab.
            Plus tard, David ayant déjà accédé au trône se souvient de cette arche qui se trouve dans cette maison. Ce n'était pas la bonne place pour l'arche, toutefois Dieu a béni Abinadab qui a gardé dans sa maison ce précieux objet du culte d'Israël. « Et David assembla encore toute l'élite d'Israël, trente mille hommes. Et David se leva et se mit en marche, et tout le peuple qui était avec lui, vers Baalé de Juda, pour en faire monter l'arche de Dieu, qui est appelée du nom, du nom de l'Eternel des armées, qui siège entre les chérubins. Et ils montèrent l'arche de Dieu sur un chariot neuf, et l'emmenèrent de la maison d'Abinadab, qui était sur la colline » (2 Sam. 6 : 1-3). C'est seulement David qui a découvert quelle était la place convenable pour l'arche. C'était après le jugement de Dieu : dans l'aire d'Ornan le Jébusien, que le temple devait être construit.
            Et maintenant, cette arche trouvée dans les champs de Jaar  se trouve dans le sanctuaire, au milieu de ce temple que Salomon vient juste d'achever. Le but est atteint ! Au milieu de son peuple Dieu a trouvé la place qui lui convient, et Salomon est satisfait d'avoir tout fait pour donner cette place d'éminence à Dieu.
 
            Ce Psaume, lecteurs chrétiens, ne contient-t-il pas un enseignement pour nos propres âmes ? Dieu désire trouver dans nos coeurs le même sentiment qu'Il a trouvé dans celui de David et chez Salomon au début de son règne. Nous savons que ce n'était pas une garantie définitive. Nous connaissons le chemin que Salomon a choisi par la suite : dans son coeur, il s'est éloigné de Dieu, avec ses mille femmes, et leurs idoles... Mais ici, il est à la hauteur de la volonté de Dieu lorsqu'il dit : « Entrons dans ses demeures, prosternons-nous devant le marchepied de ses pieds » (v. 7). Le marchepied des pieds de Dieu, c'est l'arche, c'est le trône où Il siège au milieu de son peuple.
            Il est très intéressant de suivre l'histoire de l'arche de l'alliance dans l'Ancien Testament. L'arche elle-même nous présente la Personne du Seigneur, tandis que le propitiatoire qui est au-dessus, est une représentation de l'oeuvre accomplie par le Seigneur. Il descend sur le propitiatoire, le couvercle de l'arche. C'est le signe de l'oeuvre accomplie à la parfaite satisfaction de Dieu, de la propitiation parfaite acquise à la Croix. Dieu, dans la Personne du seigneur Jésus, habite au milieu des siens. Et c'est un lieu saint: « La sainteté sied à ta maison, ô Eternel ! Pour de longs jours » (Ps. 93 : 5).
 
 
 
L'entrée dans la présence de Dieu :
 
           Maintenant, Salomon peut dire : « Entrons dans ses demeures, prosternons-nous devant le marchepied de ses pieds ». C'est l'adoration commune à laquelle Salomon appelle tout le peuple, représenté, naturellement, par les sacrificateurs. Dans l'ancienne alliance, seuls les sacrificateurs pouvaient entrer dans le temple. Le reste du peuple restait dehors, y compris les Lévites : ils ne pouvaient pas entrer dans le sanctuaire. C'était interdit, tant que le voile était là.
            A la fin des trois heures de ténèbres, à la croix de Golgotha, le voile a été déchiré, cette entrée dans le sanctuaire est maintenant la part de tous les croyants. Mais, à l'époque de l'Ancien Testament, c'était réservé aux sacrificateurs, comme nous le savons ; il n'y avait qu'une seule famille, issue des lévites, qui, en pratique, exerçait le service de la sacrificature. Maintenant les croyants sont typiquement tous des lévites, et aussi des sacrificateurs. ; tous peuvent entrer dans la présence même de Dieu, sans aucun intermédiare humain. C'est que l'on voit pourtant dans bien des églises. En réalité, nous avons une libre entrée dans la présence de Dieu.
 
 
 
L'accomplissement futur des promesses de Dieu à l'égard de son peuple :
 
            Ensuite, nous avons dans ce Psaume, du verset 8 jusqu'à la fin, des expressions qui conviennent plutôt à l'état et à la relation du peuple d'Israël avec son Dieu. « A cause de David, ton serviteur, ne repousse pas la face de ton oint (v. 10). David était le serviteur, le roi choisi par Dieu. L'oint était le fils de David, Salomon ; celui-ci qui se réfère à la personne de David son père, pour trouver grâce aux yeux de Dieu. Puis il ajoute : « L'Eternel a juré à David en vérité, il n'en reviendra pas : Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône » (v. 11).
             « Si tes enfants gardent mon alliance et mes témoignages que je leur enseignerai, leurs fils aussi seront assis à perpétuité sur ton trône » (v. 12). C'était la promesse de Dieu, dont la réalisation a été interrompue par la captivité des Juifs à Babylone et, plus tard, par leur rejet du Messie. Mais cette promesse sera réalisée finalement dans le Millénium. Le Fils de David, le Seigneur Jésus lui-même, sera sur le trône de Dieu. L'évangile selon Matthieu, où le Seigneur Jésus est présenté comme roi, commence par ces paroles : « Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham ». Il sera sur le trône. Cette parole sera donc accomplie dans la Personne du Seigneur Jésus, tandis que les fils de David, les descendants de David, ont interrompu cette lignée à cause de leur infidélité. Mais Dieu n'a jamais perdu de vue la lignée généalogique de la famille de David. Elle a abouti à la naissance du Seigneur Jésus. Marie et Joseph étaient tous les deux des descendants de David (Matt 1 ; Luc 3).
 
            Dans les versets 11 et 12, nous trouvons les conditions nécessaires pour que l'ancienne alliance s'accomplisse. La nouvelle alliance, elle, ne repose sur aucune condition du côté de l'homme, parce que le Seigneur a accompli toute l'obéissance que Dieu exigeait de la part des hommes. Dans la nouvelle alliance, il n'y a pas d'exigences du côté du peuple. Dieu les a prises sur lui, dans la Personne du Seigneur Jésus.
 
 
 
Le lieu que l'Eternel a choisi pour y mettre son nom :
 
            Au verset 13, le Saint Esprit fait ressortir encore une fois la pensée que Dieu a choisi un lieu dont il a été parlé au début : « Car l'Eternel a choisi Sion; il l'a désirée pour être son habitation ». Dieu avait parlé à son peuple au-delà du Jourdain, par la bouche de Moïse, avant son entrée dans le pays : « Vous ne  ferez pas ainsi à l'Eternel, votre Dieu; mais vous chercherez le lieu que l'Eternel, votre Dieu, choisira d'entre toutes vos tribus, pour y mettre son nom, le lieu où il habitera, et vous y viendrez; et vous apporterez là vos holocaustes, et vos sacrifices et vos dîmes... » (Deut. 12 : 4). Dieu devait donc « choisir » un lieu dans le pays. Dans le désert, c'était impossible ; il fallait simplement le traverser, tandis que le pays de Canaan est l'expression des bénédictions célestes pour les chrétiens (Eph. 1 : 3).
            Chrétiens, peut-être nous tenons-nous spirituellement seulement dans le désert, sans connaître encore le repos spirituel, les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes (Eph 1 : 3), procurées par l'Esprit dans la Personne et par l'oeuvre du Seigneur Jésus ? Nous n'avons pas encore connu la dégradation complète du vieil homme, qui a trouvé sa fin en figure dans la Mer Rouge et aussi dans le Jourdain, alors que le nouvel homme est ressuscité de l'autre côté du Jourdain, en entrant dans le pays de Canaan. Tant que ces choses ne sont pas réalisées, nous ne pouvons pas trouver le vrai lieu de rassemblement. Il n'est pas dans le désert. Cet endroit - spirituellement parlant - se trouve dans les lieux célestes ; il n'a rien à faire avec ce monde, l'homme naturel ne peut le comprendre. C'est seulement l'Esprit, la nouvelle nature qui y ont leur place : si l'on vit par l'Esprit, la Parole est la chose la plus précieuse qui soit. Il n'y a rien que nous trouvions dans la Parole, dont nous puissions dire : Oh ! C'est sans importance. Tout est important, ainsi que nous l'avons découvert à travers ce que Dieu nous présente dans ce Psaume pour réchauffer nos coeurs et les faire brûler.
 
             Que Dieu permette, dans sa grâce, que notre amour soit pour Lui, pour sa Parole, et qu'Il ait, Lui, la première place !
 
                                                      A. R – Notes prises lors d'une méditation (16-10-07)