Méditations suivies : Aperçu du livre de Job (5)

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APERCU DU LIVRE DE JOB (5)

 
 V – LA REPONSE DE L'ETERNEL ET LE REPENTIR DE JOB : chapitres 38 à 42 : 6
 VI- LA « FIN DU SEIGNEUR » : chapitre 42 : 7-17
 

V – LA REPONSE DE L'ETERNEL ET LE REPENTIR DE JOB : chapitres 38 à 42 : 6
 
            Job avait demandé une réponse personnelle à Dieu : « Que le Tout-puissant me réponde » (31 : 35).
            Les débats avec ses amis, et son monologue, ont montré le fond de son coeur et préparé les discours d'Elihu. Ceux-ci ont prédisposé Job à une rencontre personnelle avec Dieu. Maintenant, durant quatre chapitres (combien moins que les longues discussions du début !), l'Eternel s'adresse au patriarche « du milieu du tourbillon », du sein de la tempête de l'épreuve. Job est encore malade, il a encore des nuits sans sommeil, sa peau suppure toujours et ses misères le dévorent. Mais Dieu lui parle.
 
 
            1- L'Eternel prend la parole : (38 - 39 : 35)
 
                        Tout au long de la Parole, combien de fois la voix de Dieu ne s'est-elle pas fait entendre ?
                        A Adam, avec la première question de la Bible : Où es-tu ? A Caïn, avec la seconde : Qu'as-tu fait ? Et cette Voix parle encore à tout homme : Où es-tu depuis que tu as écouté l'ennemi ? Qu'as-tu fait dans ta vie ? – Et la conscience rend sensibles à l'esprit les fautes commises.
                        A Moïse, Dieu parle à maintes reprises, au cours de sa longue carrière :
Au buisson, lorsqu'il est invité à ôter les sandales de ses pieds, « car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Ex. 3 : 4-5). Au Sinaï, où l'Eternel parle dans le feu brûlant, les ténèbres et la tempête (Héb. 12 : 18), de sorte que Moïse est « épouvanté et tout tremblant » (v. 21). Mais, le Seigneur lui fait aussi entendre sa voix dans le secret du sanctuaire, lorsque Moïse y pénètre « pour parler avec Lui » (Nom. 7 : 89).
                        Elie, à Horeb, entend la voix douce et subtile, alors que, plein de lui-même, il déclare avec amertume : « Je suis resté moi seul... ils ont abandonné ton alliance… ». L'Eternel lui répond : « Va, retourne... et tu oindras Elisée… pour qu'il soit prophète à ta place ». Elie croit être resté tout seul, et pourtant il y a « sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal » (1 Rois 19 : 13-18).
                        Le jeune Esaïe pénètre dans le temple et il a la vision du Seigneur sur son trône haut et élevé (Es. 6 : 1-8). Que peut-il dire, sinon : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi je suis un homme aux lèvres impures » (v. 5). Le charbon de l'autel touche sa bouche et propitiation est faite pour son péché. Alors il entend la voix du Seigneur : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? – Et je dis : Me voici, envoie-moi. – Et Il dit : Va… » (v. 8). Il y a un parallèle évident avec Luc 5 où Simon, placé devant la puissance du Seigneur lors de la pêche miraculeuse, se jette aux genoux de Jésus, en disant : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (v. 8). Mais le Maître répond : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes » (v. 10).
                        Sur le chemin de Damas, Saul avait entendu la voix du ciel : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9 : 5), parole qui va marquer tout le ministère de l'apôtre, révélant l'union de Christ, la Tête, avec son corps, l'assemblée composée de tous ses rachetés. Un peu plus tard, dans le temple de Jérusalem, cet homme devra expressément confesser au Seigneur qu'il a persécuté les croyants, les a lui-même battus dans les synagogues, et qu'il était présent et consentant lorsque le sang d'Etienne avait été répandu. Alors, « Il me dit : Va... » (Act. 22 : 17-21).
 
                        Au Psaume 19, Dieu parle tout d'abord par la création : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue annonce l'ouvrage de ses mains... Il n'y a point de langage, il n'y a point de paroles, toutefois leur voix est entendue » (v. 1, 3). Il se fait connaître surtout par sa Parole, « parfaite, restaurant l'âme » (v. 7). Placé ainsi dans la présence du Dieu créateur et du Dieu qui s'est révélé, le psalmiste déclare : « Qui est-ce qui comprend ses erreurs ? Purifie-moi de mes fautes cachées » (v. 12).
 
                        Que va dire Job quand il entend la voix de l'Eternel lui-même ?
                        Il avait voulu reprendre Dieu et contester avec lui (39 : 35), voire l'enseigner. Il avait « entassé des paroles sans science » (35 : 16). L'Eternel le prend au mot : « Ceins tes reins comme un homme, et je t'interrogerai et tu m'instruiras ! » (38 : 3). Comme il l'a fait à Adam, ainsi qu'à Caïn ou encore à Elie, Dieu va poser une question qui touche Job au plus profond de son être : « Où étais-tu quand j'ai fondé la terre ? » (v. 4).
                        Et l'Eternel fait passer devant le patriarche toute sa puissance en création, présentant successivement la terre, la mer, l'aube du jour, les portes de la mort, la lumière, tous les phénomènes de l'eau, les astres, la foudre, les nuages (38).
                        Puis il décrit devant lui diverses sortes d'animaux, soulignant le caractère propre à chacun : la lionne, le corbeau, les bouquetins, l'âne sauvage, la grande gazelle, l'autruche, le cheval, l'épervier, l'aigle. Sont-ils l'aboutissement d'une évolution ou une création de Dieu, « chacun selon son espèce » ? Tant de discussions sur ce sujet nous rappellent que la science, quelle qu'elle soit, est, grâce à l'intelligence donnée par Dieu à l'homme, un moyen de connaissance qui peut découvrir progressivement les lois de la nature et les utiliser. Mais, d'autre part, Dieu s'est révélé dans sa Parole, de la manière qu'Il a voulue, par des hommes conduits par l'Esprit Saint. Ne cherchons pas à concilier la révélation divine avec les découvertes humaines. Chercher à les mettre en contradiction n'est autre chose que placer Dieu au même niveau que l'homme. Et surtout ne faisons jamais dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas !
 
 
            2-  La première réponse de Job : (39 : 36-38)
 
                        Le patriarche s'examine. Qu'est-il en face du Dieu qui a tout disposé autour de nous pour faire connaître « et sa puissance éternelle et sa divinité » (Rom. 1 : 20) ? – « Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? Je mettrai ma main sur ma bouche » (39 : 37). Devant la grandeur de Dieu, reconnaître son néant, et... se taire !
 
                        Le travail dans l'âme éprouvée n'est pas terminé : Job est contraint, mais pas encore humblement soumis. Il répond, mécontent semble-t-il : « J'ai parlé une fois, et je ne répondrai plus ; et deux fois, et je n'ajouterai rien » (v. 38). Puisque je ne suis rien, je ne dirai plus un mot ! Mais Job, il faudra bien que tu parles une fois encore, et tout autrement !
 
 
            3- Deuxième réponse de l'Eternel : (40 – 41)
 
                        Dieu répète les mots du premier discours : « Je t'interrogerai, et tu m'instruiras ! » (40 : 2), comme pour dire : Tu n'as pas encore appris la leçon indispensable. « Me démontreras-tu inique afin de te justifier ? » (v. 3). Voilà le point crucial.
                         Mieux encore qu'Elihu, Dieu lui-même met à nu l'âme de Job (voir Héb. 4 : 13). Pour te justifier, tu me présenterais volontiers comme inique ! Tu as dit que tu étais un « prince » qui s'approchait de moi. Eh bien, lui dit ironiquement l'Eternel : « Pare-toi, je te prie, de grandeur et de magnificence ; revêts-toi de majesté et de gloire... regarde tout ce qui s'élève et humilie-le... » (v. 5-7).
                        Ensuite, l'Eternel tourne les regards de Job vers deux animaux dont la force dépasse, et de combien, celle de l'homme : le béhémoth (l'hippopotame) et le léviathan (le crocodile).
                        Du béhémoth, l'Eternel souligne la force, sa retraite habituelle dans les marécages... un animal que l'on ne peut dompter (v. 19).
                        Quant au léviathan, une mise en garde nous est donnée : « Mets ta main sur lui : souviens-toi de la bataille – n'y reviens pas ! » (v. 27). Il faut se souvenir de telles expériences, rester humble désormais, aller de l'avant, ne pas recommencer.
                        Le chapitre 41 donne enfin une description très poétique de cet ennemi redoutable.
 
                        La Parole nous parle de trois choses, entre autres, qu'un homme ne peut dompter :
                                   - Satan : c'est l'adversaire, dont on peut voir une image dans le léviathan. A quoi bon chercher vainement à combattre contre Lui ? « Quand il se lève, les forts ont peur, ils s'enfuient saisis d'épouvante » (41 : 16). Mais heureusement, il y en a Un plus grand, qui a vaincu l'homme fort (Luc 11 : 21-22). « Il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable » (Héb. 2 : 14). Mais quant à nous, gardons cet avertissement gravé dans notre coeur : « Souviens-toi de la bataille – n'y reviens pas ».
                                   - la chair : l'expérience de Romains 7 montre combien la chair est indomptable, même par le croyant : « Je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres » (v. 23). Mais quelle délivrance : « La loi de l'Esprit de vie dans le Christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom. 8 : 2). Le premier verset de Romains 8 parle de chaque croyant, de tous ceux qui « sont dans le Christ Jésus ». Pour eux, point de condamnation. Le deuxième verset, comme la fin du chapitre 7, parle d'une expérience personnelle : la loi de l'Esprit de vie m'a affranchi. On a souvent parlé de l'électro-aimant attaché à une grue, qui, lorsque le courant électrique est mis en action, soulève de la ferraille. La loi de la pesanteur est vaincue. Mais si le courant est interrompu, la ferraille retombe : la loi de la pesanteur a prévalu. Tant que se maintient notre communion avec le Seigneur, que l'Esprit n'est pas attristé, il peut agir et nous affranchir de la loi du péché. Mais s'il y a du mal non jugé, non confessé, l'Esprit n'opère pas, la chair reprend ses droits.
                                   - la langue : « Toute espèce de bêtes sauvages et d'oiseaux, de reptiles et d'animaux marins, se dompte et a été domptée par l'espèce humaine ; mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c'est un mal désordonné, plein d'un venin mortel ! » (Jac. 3 : 7-8). Elle n'est qu'un « petit membre », mais que de mal elle fait ! Bien sûr, il ne s'agit pas de la langue physique, mais : « De l'abondance du coeur la bouche parle » (Luc 6 : 45). – « Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ». Jacques se contente de dire : « Il ne devrait pas en être ainsi » (3 : 9-10).
 
                        Un moyen pratique dans la main du Seigneur pour nous aider à ne pas prononcer des paroles déplacées, est, chaque fois que cela nous arrive, de le reconnaître vis-à-vis de celui à qui nous nous sommes mal adressés, que ce soit lors d'un accès de colère, par des propos irrités, ou par toute autre manifestation de la chair. Combien plus si nous avons menti, même s'il en nous en coûte ! Jacques lui-même le dira : « Confessez donc vos fautes l'un à l'autre, et priez l'un pour l'autre, en sorte que vous soyez guéris » (5 : 16). Si l'on a dû revenir deux ou trois fois vers la même personne pour avouer le même écart, et lui demander de prier pour nous, cela nous aidera à ne pas recommencer !
 
 
 
            4- Deuxième réponse de Job (42 : 1-6)
 
                              Les discours de Job et de ses amis ont occupé des centaines de versets. Job a enfin appris à se taire et à écouter.
                        L'Eternel lui a alors parlé personnellement ; Il a fait défiler devant lui maints exemples de sa puissance créatrice et du pouvoir de l'ennemi. Maintenant, il va suffire au patriarche de quelques paroles courtes pour témoigner de l'oeuvre de grâce qui s'est accomplie en son coeur, amenant enfin sa pleine restauration.
 
                        Job s'adresse directement à l'Eternel – non à ses amis ou même à Elihu – pour reconnaître Sa toute-puissance : « Je sais que tu peux tout, et qu'aucun dessein n'est trop difficile pour toi » (42 : 2).
                        Que d'encouragement ces simples mots ont apporté à tant de croyants éprouvés ou en butte à la tentation, qu'elle provienne de la convoitise latente dans notre coeur ou des sollicitations venues de l'extérieur. L'ennemi s'acharne à faire tomber le croyant ; le regard de la foi se tourne vers Celui qui peut tout et pour qui rien n'est trop difficile : « Dieu est fidèle... avec la tentation il fera aussi l'issue » (1 Cor. 10 : 13).
 
                        Au début des paroles adressées à Job, l'Eternel avait dit, avec une certaine ironie : « Qui est celui-ci qui obscurcit le conseil par des discours sans connaissance ? » (38 : 2). Job répète la même question pour reconnaître que c'est lui-même qui n'avait pas de connaissance : « J'ai donc parlé sans comprendre de choses trop merveilleuses pour moi, que je ne connaissais pas » (42 : 3).
                        Quel contraste avec tant de chapitres où Job prétendait tout connaître et tout savoir, être conducteur des autres : « Je vous enseignerai comment Dieu agit, je ne cacherai pas ce qui est par devers le Tout-puissant » (27 : 11). Quel aveu de son ignorance ! Il a outrepassé ce qui lui avait été révélé. Paul reprendra sévèrement un tel, parmi les Colossiens, qui allait « s'ingérant dans les choses qu'il n'a pas vues, enflé d'un vain orgueil par les pensées de sa chair » (Col. 2 : 18). Que de raisonnements déplacés sur des thèmes tels que la prédestination, le sort final des méchants, même sur les anges ! Pourquoi prétendre faire comprendre ce que Dieu n'a pas pleinement révélé ? Et souvenons-nous surtout que la Personne du Fils reste un mystère inscrutable : « Personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père » (Matt. 11 : 27). Le Fils a révélé le Père (Jean 1 : 18) ; mais Celui qui est à la fois véritablement Dieu et véritablement homme en une seule personne, surpasse tout ce que nous pouvons sonder ! Même quand Il apparaît dans sa gloire, « il porte un nom écrit que nul ne connaît que lui seul » (Apoc. 19 : 12). L'arche n'était qu'un type de Christ ; mais nul ne pouvait regarder à l'intérieur sans risquer la mort (1 Sam. 6 : 19).
 
                                   Nom de Jésus que nul ne sonde,
                                   Nom du Dieu fort d'éternité,
                                   Et de l'Agneau Sauveur du monde
                                   Et de l'Homme ressuscité.        
                                                          
                        Job avait été si rempli de lui-même et de son savoir que l'Eternel lui avait dit à deux reprises : « Ceins tes reins comme un homme, et je t'interrogerai et tu m'instruiras ! » (38 : 3 ; 40 : 2). Maintenant, c'est Job qui déclare, humblement : « Ecoute, je te prie, et je parlerai ; je t'interrogerai, et toi, instruis-moi » (42 : 4).
                        N'est-ce pas l'attitude à garder, soit devant la Parole de Dieu, soit dans toutes les circonstances de la vie ? Trop souvent, on voudrait, même sans s'en rendre compte, dire à Dieu ce qu'il doit faire – ou faire dire à la Parole ce qui nous convient mais qu'elle ne dit pas ! On a une pensée préconçue, et l'on cherche un texte quelconque pour la justifier !
                        Sachons dire au contraire constamment : « Toi, instruis-moi ».
 
                        Vient alors l'expérience profonde et décisive de Job et de tant d'autres après lui : « Mon oreille avait entendu parler de Toi, maintenant mon oeil T'a vu » (v. 5).
                        On a entendu parler du Seigneur Jésus, peut-être dès l'enfance, si on a eu le privilège d'être élevé dans une famille chrétienne ; ou on a entendu parler de lui quand, dans sa grâce, Il nous a mis en contact avec l'un ou l'autre ou plusieurs de ses enfants, ou surtout avec sa Parole ; on a pu croire en Lui et l'accepter comme Sauveur.
                        Mais, c'est tout autre chose de le « voir ». Il ne s'agit pas d'extase, ni de révélation extraordinaire, mais de cette expérience profonde de l'âme, décrite en particulier en Romains 6-8, qui amène à ces conclusions merveilleuses : « Dieu est pour nous... Dieu justifie... Christ est mort… et est aussi ressuscité…à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous... Qui nous séparera de l'amour de Christ ?... Aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu » (Rom. 8 : 31-39).
                        Alors peut en découler notre vie chrétienne de tous les jours : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu... Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement … » (Rom. 12 : 1-2). C'est l'expérience de l'apôtre, telle qu'il la présente en Galates 2 : 20 : « Je suis crucifié avec Christ ; mais je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ».
 
                        Job avait été plein de lui-même, rempli d'orgueil, plein d'arrogance. Quand il a « vu » Dieu, que dit-il ? « C'est pourquoi j'ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (v. 6). Comment avait-il pu s'élever pareillement à ses propres yeux, et surtout parler contre Dieu en osant l'accuser d'être injuste ? Avant, il offrait sa signature pour que le Tout-puissant lui réponde, pour qu'il puisse s'approcher de Lui « comme un prince ». Maintenant... il ne reste plus que la poussière et la cendre ! Job a complètement changé de pensées – c'est la vraie repentance – quant à lui-même et quant à Dieu. Ce n'est pas ici à proprement parler la conversion initiale, puisque Job avait foi en Dieu et le craignait, selon la révélation qu'il avait reçue. Mais c'est ce travail profond de l'Esprit de Dieu dans l'âme qui l'amène à se détourner d'elle-même et à trouver toutes ses ressources dans le Seigneur.
 
                        Job n'a pas seulement horreur de ses paroles, de ses accusations, de ses lamentations, mais de lui-même. Un tel changement n'a pu avoir lieu que dans la présence même de Dieu. Les discours des amis n'ont fait que l'irriter ; ceux d'Elihu l'ont fait réfléchir ; le Seigneur seul pouvait opérer dans son coeur. Enfin, il connaît la grâce !
 
 
 
VI- LA « FIN DU SEIGNEUR » : chapitre 42 : 7-17
 
            Parlant de Job, Jacques nous dit : « Vous avez ouï parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux » (5 : 11). Aurions-nous parlé de la patience de Job ? Elle ne ressort guère de ses discours. Mais quand il s'est repenti, Dieu peut dire, en voyant d'avance l'oeuvre de Christ : « J'ai trouvé une propitiation » (33 : 24), tout le passé est effacé. Et le Seigneur, plein de compassion et de miséricorde restaure son serviteur.
 
 
            1 - Job prie pour ses amis : (42 : 7-9)
 
                        Il était maintenant en règle avec Dieu, mais pas encore avec ses amis. De l'amertume subsistait certainement dans son coeur. Les amis, qui avaient finalement dû se taire, n'étaient pas à l'aise. L'Eternel reproche à Eliphaz de n'avoir « pas parlé de moi comme il convient, comme mon serviteur Job » (v. 7). Ils avaient attribué à Dieu une pensée injuste à l'égard de son serviteur. Leurs discours n'avaient pas du tout convenu à la situation. Job avait-il fait mieux ? Au contraire, lui-même reconnaît avoir « parlé sans comprendre ». Pourtant l'Eternel peut dire : « ... comme mon serviteur Job ». Là aussi tout le passé était effacé. La « propitiation » avait permis à Dieu de pardonner l'attitude du patriarche. Il restait la foi, qui malgré tout s'était montrée durant sa longue épreuve.
 
                        Les trois amis doivent offrir un sacrifice, seul moyen pour être restaurés. Job de son côté devait prier pour eux. Pardonner sans doute, mais aussi intercéder auprès de Dieu en leur faveur. Toute amertume devait être ôtée ; le patriarche, qui avait tant souffert de la part de ses amis, devait être pleinement réconcilié avec eux. Le sacrifice est offert ; l'Eternel a Job pour agréable ; il peut rétablir son ancien état, « quand il eut prié pour ses amis » (v.10).
 
                        Voilà un point important à retenir. On peut avoir reconnu devant Dieu ses fautes, avoir pris une conscience plus profonde de son état de péché et de la grâce divine ; mais il faut aussi que l'amertume qui peut rester dans l'esprit contre un frère, contre une soeur, contre un ami, soit bannie, et que l'on puisse prier ensemble.
 
 
 
            2- L'Eternel rétablit l'ancien état de Job : (42 : 10-17)
 
                        L'Eternel donne alors à Job le double de tout ce qu'il avait eu. Les relations de famille sont restaurées ; tous ses parents et ses amis viennent à lui, sympathisent avec lui, le consolent, répondent à ses besoins matériels. « L'Eternel bénit la fin de Job plus que son commencement » (v. 12). Pour lui, il s'agissait de bénédictions avant tout terrestres, mais pour nous ce sont des bénédictions spirituelles qui découlent d'une épreuve où l'on a appris la leçon que le Seigneur voulait enseigner. Les troupeaux sont doublés, mais pas le nombre des enfants. On peut bien penser qu'à cause des sacrifices que leur père avait offerts pour eux, ceux qui étaient morts étaient sauvés. Job a de nouveau sept fils et trois filles : les anciens n'étaient pas perdus comme les brebis ou les boeufs.
 
                        Le patriarche voit ses fils, les fils de ses fils, quatre générations. La bénédiction de Dieu repose sur la famille. Et Job, rassasié de jours, entre dans le repos qu'il avait autrefois souhaité au temps de sa misère.
 
                        Après son reniement, Pierre a connu la grâce du Seigneur, qui non seulement lui a pardonné, mais l'a restauré dans le service, a fait de lui un berger du troupeau. Il terminera sa première épître en attestant que « la grâce de Dieu dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu » (1 Pier. 5 : 12). Sa dernière exhortation, avant de clore sa deuxième lettre, sera celle-ci : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3 : 18).
 
                        Paul avait persécuté l'assemblée de Dieu. Il regrettait profondément d'avoir été un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux. « Mais miséricorde m'a été faite... la grâce de notre Seigneur a surabondé » (1 Tim. 1 : 13-14). Toutes ses épîtres –c'était même son signe d'authentification – se termineront par l'expression de « la grâce de notre Seigneur Jésus Christ ».
 
                                   J'étais misérable,
                                   Mais je suis à toi ;
                                   Ta grâce ineffable
                                   A tout fait pour Moi.
           
            Chacun de nos lecteurs peut-il le dire à Jésus ?
           
           
« Que la grâce du seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints » (Apoc. 22 : 21).