Méditations suivies : Le ministère du parfait Serviteur dans l'évangile de Marc (9)

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LE MINISTERE DU PARFAIT SERVITEUR 
DANS L'EVANGILE DE MARC (9)
 
 
 
8 - L'annonce de la mort de Christ et la vision de sa gloire (suite) : Marc 8 : 27- 9 : 32 
 
 
                        8.4 : Sur la montagne de la transfiguration  (9 : 1-8)
 
            Les disciples ont sans doute été consternés par les propos qu'ils venaient d'entendre ; leur illusion de voir le royaume de Dieu s'instaurer rapidement s'était dès lors évanouie.
            Alors, selon la promesse faite au premier verset de ce chapitre, trois d'entre eux (Pierre, Jacques et Jean) sont admis à contempler « le royaume de Dieu venu avec puissance », non dans sa plénitude, mais comme un avant-goût.
 
            Cette scène glorieuse a eu un effet très profond sur les disciples du Seigneur qui furent « témoins oculaires de sa majesté » ; dans sa seconde épître, l'apôtre Pierre rappellera qu'ils ont entendu la voix adressée à Jésus par la gloire magnifique sur la sainte montagne : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir » (2 Pier. 1 : 17).
 
            Les trois disciples présents sur la montagne de la transfiguration ont été témoins de la résurrection de la fille de Jaïrus (5 : 37). De même, ce sont eux que le Seigneur a choisis pour l'accompagner dans le jardin de Gethsémané (14 : 33).
 
 
            « Il fut transfiguré devant eux ; et ses vêtements devinrent brillants et d'une extrême blancheur, comme de la neige, tels qu'il n'y a point de foulon sur la terre qui puisse ainsi blanchir » (v. 2-3).
            Les vêtements évoquent le service et le témoignage, mais aussi la simple profession chrétienne : ici, Marc montre la pureté éclatante des vêtements du Seigneur transfiguré, une blancheur telle qu'aucun foulon (l'ouvrier qui foulait les tissus dans un bain approprié pour les blanchir) n'aurait pu l'obtenir.
            Si une telle pureté céleste montrait aux disciples le caractère du  royaume de Dieu, elle parle aussi de la valeur du sang de Christ pour les croyants de tous les temps : ils paraîtront dans une semblable pureté parce que leurs péchés sont devenus « blancs comme la neige » (Es. 1 : 18). « Ceux-ci qui sont vêtus de longues robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? ... Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, et ils ont lavés leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau » (Apoc. 7 : 14).
 
 
            Moïse et Elie apparaissent, parlant avec Jésus (v. 4). En vertu de l'oeuvre que le Fils de l'homme allait accomplir, ils lui sont associés et sont placés dans la même gloire que Lui.
 
            Tous ceux qui seront avec le Seigneur dans la gloire sont représentés par ces deux hommes de Dieu :
                        - Moïse est mort dans le pays de Moab et Dieu lui-même l'a enseveli (Deut. 33 : 5-6). Il aura donc part à la première résurrection (Apoc. 20 : 6).
                        - Elie n'est pas mort. Vivant, il est monté aux cieux dans un tourbillon (2 Rois 2 : 11). « Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés... Les morts seront ressuscités... et nous, nous serons changés » (1 Cor. 15 : 51-52).
 
            Les deux hommes parlaient avec Jésus (v. 4) ; ils s'entretenaient de la mort qu'Il allait accomplir à Jérusalem (Luc 9 : 31). Durant l'éternité, les rachetés du Seigneur, fruits de son oeuvre expiatoire, parleront de son oeuvre accomplie et proclameront la dignité de l'Agneau qui a été immolé (Apoc. 5 : 11-12).
 
 
            Tandis que se déroule cette scène merveilleuse, les disciples sont épouvantés (v. 6). Pierre, ne sachant que dire, propose au Seigneur de faire trois tentes ; il lui semble bon de rester là, préférant sans doute être le témoin de la gloire que d'entendre parler de la proximité de la croix.
            Aussitôt Dieu montre combien les pensées des disciples sont éloignées des siennes. Lorsque la gloire de l'Eternel avait pris possession du tabernacle (Ex. 40 : 34-35), puis du temple (2 Chr. 5 : 14), personne n'avait pu y pénétrer à cause de la nuée ; les trois faibles disciples aussi doivent être couverts par la nuée car aucun homme ne peut paraître devant Dieu. 
            « Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang de Christ » (Eph. 2 : 13). 
            Aussitôt Moïse et Elie font place au Fils du Père, dont il avait été dit bien des siècles à l'avance : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (Es. 42 : 1). Ni la loi donnée par Moïse, ni le ministère des prophètes dont Elie était peut-être le plus connu n'avaient pu revendiquer la gloire de Dieu et apporter la bénédiction. Jésus seul allait le faire, en accomplissant sur la croix le propos de Dieu. C'est lui qui reçoit de Dieu le Père « honneur et gloire » (2 Pier. 1 : 17) et c'est lui qu'il faut écouter  (v. 7).
 
            « Les disciples ne virent plus personne, sinon Jésus seul avec eux » (v. 8). Quelle précieuse présence pour les disciples ! Jésus demeurait avec eux, afin de les enseigner et de leur faire comprendre la réalité de ce qui remplaçait désormais le temps de la loi.
            Bien que Jésus soit maintenant dans le ciel, invisible, Il demeure avec nous, chrétiens. Sa voix se fait entendre pour nous encourager, nous enseigner, nous consoler jusqu'au moment où « nous lui serons semblables, car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3 : 2).
 
 
 
                        8.5 : En descendant de la montagne (9 : 9-13)
 
            Le Seigneur défend maintenant à ses disciples de raconter ce qu'ils ont vu sur la montagne car, d'une part ils ne saisissaient pas la portée de l'oeuvre qu'Il devait accomplir dont, pourtant, Il leur avait déjà parlé peu auparavant (8 : 31). Et d'autre part, la gloire du royaume qu'ils venaient d'entrevoir ne pouvait pas être annoncée à un peuple incrédule.
 
            Le jour de la Pentecôte, après la résurrection de Christ, les disciples auront l'intelligence ouverte par la descente du Saint Esprit et pourront proclamer les résultats de son oeuvre (Act. 2 : 31-36). Mais pour le moment, ils ne comprennent pas ce que signifie « ressusciter d'entre les morts » (v. 10).
 
 
            A la suite de la scène de la transfiguration, les disciples pensent à la venue d'Elie annoncée par le prophète Malachie et enseignée par les scribes (v. 11).
            Pourquoi Elie n'était-il pas venu, pensent-ils, puisque le royaume allait s'établir ? Le Seigneur confirme alors que le prophète était bien venu dans la personne de Jean Baptiste ; celui-ci avait été rejeté et mis à mort : « Ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, comme il est écrit de lui » (v. 13). Ce rejet allait être suivi de celui de Jésus lui-même et entraîner la malédiction prononcée par Malachie.
 
            Jean le baptiseur aurait été « Elie qui doit venir » (Matt. 11 : 14), s'il n'avait pas été rejeté par le peuple rebelle. Celui-ci devra connaître « le grand et terrible jour de l'Eternel », avant l'établissement du règne de Christ.
 
 
            « Le Fils de l'homme souffrira beaucoup et sera chargé de mépris » (v. 12), annonce Jésus. Il montre ainsi combien Il allait souffrir en raison de l'état de ceux qu'Il venait délivrer de leur culpabilité et de leur souillure devant Dieu ; le Chef de leur salut devait être « consommé par des souffrances » (Héb. 2 : 10). La manifestation anticipée de sa gloire ne devait pas faire oublier qu'il fallait qu'il en soit ainsi pour que fût démontrée son absolue perfection.
 
 
 
                        8.6 : L'esprit muet et sourd (9 : 14-27).
 
            Au pied de la montagne, Jésus trouve un rassemblement de personnes et s'informe du sujet de leur discussion (v. 14-16). Il s'agit d'un malheureux enfant possédé d'un démon depuis son plus jeune âge ; son père a déjà demandé aux disciples de Jésus de chasser cet esprit, mais ils ont été incapables de le faire.
 
            Avant d'intervenir pour délivrer l'enfant, le Seigneur montre aux disciples, par la réprimande qu'il leur adresse, la cause de leur échec : l'incrédulité. « O génération incrédule, jusque à quand serai-je avec vous ? Jusque à quand vous supporterai-je ? » (v. 19). Il les blâme d'autant plus sévèrement qu'ils sont ses serviteurs auxquels Il avait donné un pouvoir sans restriction. 
 
            Si leur foi avait véritablement saisi qui était Jésus, ils n'auraient pas été davantage déconcertés devant cette épreuve que lorsqu'il avait fallu nourrir la multitude. Mais semblables à l'homme de Bethsaïda qui voyait « comme des arbres qui marchent » (8 : 24), les disciples ne voyaient pas encore distinctement.
 
            Après avoir dit : « Amenez-le moi », Jésus permet que, pendant un moment encore, le garçon reste sous la domination de Satan dont la puissance n'avait pu être annulée par les disciples.
             Interrogé par Jésus, le père angoissé confirme la terrible condition que connaît son fils remonte à son enfance. Il fait appel à la compassion divine, en montrant toutefois la faiblesse de sa foi : « Si tu peux quelque chose, assiste-nous » (v. 22).
            La réponse de Jésus : « Le « Si tu peux », c'est : Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit » (v. 23), prouve à cet homme qu'aucun obstacle ne se trouve du côté du Seigneur. Il doit reconnaître qu'il est incapable d'avoir la foi par un effort de sa volonté. « Je crois, viens en aide à mon incrédulité » (v. 24), s'écrie-t-il, en larmes.
 
            Après avoir suscité la foi chez le père de l'enfant, Jésus agit. Mais Il ne permet pas que soit satisfaite la curiosité de la foule attirée par la puissance de l'ennemi : Il manifeste sa puissance capable de détruire les effets du pouvoir de Satan. Il ordonne à l'esprit muet et sourd de libérer définitivement sa proie (v. 25), mais avant de la relâcher le démon cherche encore à lui faire tout le mal possible (v. 26).
 
            La victoire sur la puissance démoniaque est manifestée devant tous par Jésus qui prend tendrement l'enfant par la main et le fait lever (v. 27).
 
 
            Cet esprit « muet et sourd » rappelle le caractère de la puissance de l'Adversaire dans les derniers jours du temps de la patience de Dieu :
                        - les coeurs endurcis par Satan restent sourds aux appels de la grâce de Dieu.
                        - les bouches fermées sont donc incapables de louer le Seigneur.
 
            Ainsi, à cause de son incrédulité, le peuple terrestre de Dieu, si privilégié soit-il, reste dans sa surdité et dans sa mutité morale jusqu'au jour où « les yeux des aveugles s'ouvriront et les oreilles des sourds seront ouvertes » (Es. 35 : 5).
 
            Que de ravages Satan exerce parmi les hommes qui sont encore placés sous son joug ! Leur terrible situation est semblable à celle du garçon que l'on croit mort (v. 26). Certains se moquent de Satan, niant même son existence ; d'autres, sans même s'en rendre compte, ont recours à lui en l'interrogeant au moyen de médiums. Mais, inévitablement, tous se placent sous sa puissance et le jour vient où il ne sera plus possible aux hommes de s'en affranchir : Dieu enverra une « énergie d'erreur pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n'ont pas cru la vérité... » (2 Thes. 2 : 11).
 
 
 
                        8.7 : La prière et le jeûne (9 : 28-32)
 
            Après avoir manifesté la puissance et la bonté de Dieu, le Serviteur parfait ne recherche aucune popularité : Il se retire loin des foules, « dans la maison » (v. 28). Là, à la demande des disciples, Il leur explique de façon plus détaillée la raison de leur échec : « cette sorte d'esprit impur ne peut sortir que par la prière et par le jeûne » (v. 29). Cette réponse du Seigneur qui ne se trouve que dans l'évangile de Marc, en fait ressortir le caractère. Le parfait Serviteur montre ici que le secret de la puissance pour servir se trouve dans la prière et dans le jeûne.
 
            Deux choses doivent donc être réalisées par tout serviteur de Dieu, afin que sa mission soit bénéfique :
 
                        - la dépendance de Dieu par la prière :
                                    Si l'on ressent sa faiblesse, on éprouvera le besoin de la prière ; on s'adressera à Dieu avec foi, avec la certitude qu'Il nous écoute. « C'est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute, et si nous savons qu'il nous écoute... nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5 : 14-15).
 
                        - le renoncement à soi-même représenté par le jeûne :
                                   Jeûner, c'est s'abstenir de nourrir le corps ; sur le plan spirituel, c'est refuser tout ce qui peut exciter la chair, affaiblir notre discernement spirituel et nous empêcher de connaître la volonté de Dieu.
 
            La foi en Dieu, la dépendance envers Lui et un esprit de séparation du mal conduisent à la puissance dans le service ; au contraire, l'incrédulité, la confiance en soi et la complaisance envers soi-même conduisent à la faiblesse et à l'échec.
            « Amis chrétiens, retenons ces paroles du Seigneur à ses disciples. Purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7 : 1).
            Réalisons chaque jour cette dépendance de Lui et ce jugement de nous-mêmes afin que notre âme jouisse de sa communion. Alors, nous pourrons marcher dans les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l'avance et pour lesquelles nous avons été créés dans le Christ Jésus (Eph. 2 : 10) ; un service fructueux sera accompli pour Celui qui nous a rachetés afin que nous soyons « un peuple... zélé pour les bonnes oeuvres » (Tite 2 : 14).


                        8.8 : Jésus annonce à nouveau sa mort et sa résurrection (9 : 30-32)
 
            Le Seigneur annonce à nouveau aux disciples sa mort prochaine et sa résurrection : « Le Fils de l'homme est livré entre les mains des hommes, et ils le feront mourir ; et ayant été mis à mort, il ressuscitera le troisième jour » (v. 31). Il désirait détourner leurs pensées de la gloire du royaume qui les préoccupait tant, pour les diriger vers le moment de sa mort, sans laquelle aucune bénédiction ne pouvait leur être accordée.
            Il serait livré « par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu » (Act. 2 : 23) ; alors seulement les hommes pourraient mettre les mains sur Lui.
            Il devait mourir pour satisfaire la justice de Dieu et ôter les péchés de tous ceux qui croient. 
            Puis, ayant pris, la place de l'Homme obéissant et vainqueur de la mort par la résurrection, Il allait occuper la place d'honneur, à la droite de Dieu.
            Ainsi ses bien-aimés pourront être introduits dans son royaume, comme les fruits de sa victoire.
 
            Les disciples ne comprennent pas les paroles de leur Maître ; ils craignent même de l'interroger (v. 32). Occupés d'eux-mêmes et du désir de la venue d'un royaume visible, ils ne peuvent recevoir toute pensée contraire à leur attente.
 
            Peut-être, comme les disciples, sommes-nous occupés de nos bénédictions et de la jouissance de nos privilèges, sans vivre suffisamment près du Seigneur pour connaître un peu la communion de ses souffrances ? Il ne s'agit pas de ses souffrances expiatoires dans lesquelles Il reste absolument seul.
            Ayons le même désir ardent que l'apôtre Paul : « le connaître, lui et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3 : 10).