Méditations suivies : Le ministère du parfait Serviteur dans l'évangile de Marc (8)

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LE MINISTERE DU PARFAIT SERVITEUR
DANS L'EVANGILE DE MARC (8)



8- L'annonce de la mort de Christ et la vision de sa gloire : Marc 8 : 27-9-32

                        8.1 : Une question fondamentale (8 : 27-30)

            L'incrédulité des chefs religieux du peuple d'Israël avait déjà été manifestée de façon ouverte ; malgré toutes les preuves que Jésus donnait de sa gloire divine, ils avaient demandé des signes de sa puissance (8 : 11).

            « Qui disent les hommes que je suis » (v. 27), demande ici le Seigneur à ses disciples. Leur réponse montre qu'il y avait beaucoup de gens respectueux à l'égard de Jésus. Il était même considéré comme un prophète des plus honorés, tels que Jean le baptiseur ou Elie. Mais une telle considération, si élogieuse soit-elle, n'avait rien à faire avec la foi. Jésus a dû dire aux Juifs : « Si vous ne croyez pas que c'est moi, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8 : 24). La nation d'Israël devait croire que Jésus était le Christ, le Messie promis (Matt. 1 : 21).

            La question capitale posée par le Seigneur s'adresse aussi à chacun aujourd'hui. Beaucoup le reconnaissent peut-être comme un personnage historique, un saint homme, un martyr… Mais ces diverses pensées humaines ne peuvent remplacer une foi personnelle en Jésus Christ, véritable point de départ du chemin du croyant.

            Le Seigneur s'adresse ensuite aux disciples de façon personnelle : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? ».

            C'est Pierre qui répond : « Tu es le Christ » (v. 29) ; cette réponse rapportée par Marc est plus brève que dans Matthieu. En effet, cet autre évangile ajoute : « le Fils du Dieu vivant », ainsi que la première mention de l'assemblée par le Seigneur lui-même : « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée » (Matt. 16 : 16).

            Ce qui est contenu dans la réponse de Pierre ici était suffisant pour la foi et correspondait à l'espérance d'Israël. Le moment n'était pas encore venu de faire de plus grandes révélations au sujet de Celui qui, rejeté maintenant par son peuple, allait accomplir l'oeuvre de la croix. Aussi, Jésus défend-Il expressément à ses disciples de dire ces choses à qui que ce soit (v. 30).


                        8.2 : Jésus annonce sa mort (8 : 31-33)

            Après avoir entendu la réponse de Pierre, Jésus parle maintenant de sa mort qu'Il va subir. Il était bien lui-même le Messie qui devait être retranché (Dan. 6 : 26). Les disciples devaient comprendre qu'il ne convenait plus de le présenter au peuple comme étant le Christ : Il allait souffrir, être mis à mort et ressusciter le troisième jour (v. 31).

            Le titre de « Fils de l'homme » remplace ici celui de Messie, en tant que témoignage rendu sur la terre. Le chemin du Fils de l'homme se dirigeait désormais vers Jérusalem (10 : 32), même s'il devait encore s'arrêter aux frontières de la Judée (10 : 1).

            Pierre avait eu un bon discernement spirituel lorsqu'il avait confessé que Jésus était le Christ, recevant même l'approbation de son Maître (Matt. 16 : 17).

            Toutefois, maintenant, en apprenant que le rejet et la mort du Seigneur approchent, Pierre s'indigne et s'autorise à reprendre le Seigneur (v. 32).

            « Va arrière de moi, Satan, car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes », doit lui dire Jésus (v. 33). En réalité, l'esprit de Pierre était à ce moment-là sous l'emprise de Satan ; malgré son affection naturelle profonde pour le Seigneur, il n'avait pas compris la révélation qu'il avait reçue et ignorait qu'elle ne pouvait être réalisée que par les souffrances et la mort du Sauveur. Pierre reculait aussi devant l'opprobre que devraient connaître ceux qui suivraient Jésus. Il voulait d'un Messie glorieux dont il partagerait la gloire, mais refusait d'accepter que le règne de Christ ne puisse s'établir qu'en vertu de sa mort et de sa résurrection.


                        8.3 : « Se renoncer soi-même » pour suivre Jésus (8 : 34-38)

            Jésus va montrer à la foule que la croix est le chemin de la gloire en disant : « Quiconque veut venir après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il prenne sa croix, et me suive » (v. 34).

            Il ne s'agit pas, comme l'estiment injustement certaines personnes, de recevoir des afflictions de la part de Dieu, mais d'accepter le jugement que Dieu a porté sur l'homme à la croix, ainsi que l'opprobre que le monde fera peser sur nous si nous sommes fidèles au Seigneur (Gal. 6 : 14).
            « Prendre sa croix », c'est accepter que la mort de Christ nous soit appliquée. L'apôtre Paul avait renoncé à lui-même puisqu'il pouvait dire : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2 : 20) : il savait qu'il était « livré à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans sa chair mortelle » (2 Cor. 4 : 11).

            Le secret qui permettra au chrétien d'accepter la mort par rapport au monde et à lui-même est contenu dans ces mots : « pour l'amour de moi » (v. 35 ; Rom. 8 : 36). Pour suivre Jésus, en ayant pris sa croix, le croyant doit perdre toute confiance en la chair : c'est ce que devra apprendre Pierre, à qui le Seigneur dira : « Suis-moi » (Jean 21 : 19).
Jésus montre alors à ses auditeurs les deux alternatives suivantes (v. 35) :

                        - « quiconque voudra sauver sa vie la perdra » :

            Celui qui n'accepte pas le jugement porté par Dieu sur l'homme et veut jouir de tout ce que le monde lui offre pour satisfaire la chair, perdra sa vie en même temps que tout ce qu'il avait poursuivi sur la terre.

                        - « quiconque perdra sa vie pour l'amour de moi et de l'évangile la sauvera » :

            Celui qui au contraire, renonce à cette vie de péché et de révolte contre Dieu, par amour pour Christ et l'évangile, sauvera sa vie pour l'éternité. La valeur d'une âme immortelle est bien plus grande que celle du monde entier, avec tout ce que l'homme y convoite ! Satan cherche à empêcher les hommes de suivre Christ, en attirant leur attention sur ce qu'ils devront abandonner ; mais il ne leur présente jamais les conséquences éternelles du refus de la grâce de Dieu apportée par Christ à tous ceux qui croient. Qu'il sera terrible d'avoir fait la perte de sa vie et de son âme (v. 36), et de continuer son existence dans les peines éternelles !

            Le vrai disciple de Christ est prêt à faire la perte de ce monde, et même de sa propre vie, afin de la sauver pour l'éternité. Le témoignage qu'il aura rendu ici-bas aura son fruit dans l'éternité : au jour de la manifestation publique des témoins du Seigneur évoqué au verset 38, il recevra l'honneur d'avoir été à la gloire de son Sauveur.

            Mais, quant à tous ceux qui n'auront pas osé confesser Jésus devant les hommes, le Fils de l'homme aura honte d'eux, lorsqu'il viendra dans la gloire, accompagné de ses saints anges. Sans doute cela ne signifie pas qu'ils seront rejetés, mais ils subiront une grande perte (1 Jean 2 : 28 ; 1 Cor. 3 : 14-15 ; 2 Pier. 1 : 11).