Des prières non exaucées ?
Des prières sans réponse ?
Moïse demande à entrer en Canaan
Élie demande à l’Éternel de prendre son âme
Jonas demande à Dieu de prendre sa vie
Paul demande a être délivré de son écharde
Le Seigneur Jésus prie pour que la coupe passe loin de Lui
Comment recevoir une réponse à nos prières ?
La prière est une précieuse ressource pour les croyants pendant le temps où ils sont sur la terre et Jésus au ciel. Dans les besoins de la vie, de la marche et du service, dans les difficultés et les combats spirituels, la prière nous est indispensable. Aussi, avant de quitter ses disciples, le Seigneur Jésus les a encouragés à prier :
- « Quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai » (Jean 14 : 13-14) ;
- « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela sera fait pour vous » (15 : 7) ;
- « En vérité, en vérité, je vous dis : Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez » (16 : 23-24).
Il avait déjà dit auparavant : « Demandez, et il vous sera donné… Car quiconque demande reçoit » (Matt. 7 : 7-8). Y a-t-il quelque chose de plus simple ? Demander à Dieu comme un enfant s’adresse à son père en pleine confiance, et la réponse assurée est là…
Nous avons donc l’assurance de la part du Seigneur Lui-même que nos demandes recevront toujours une réponse de la part de Dieu. Pourquoi, alors, nous semble-t-il que certaines de nos prières ne reçoivent pas de réponse ? Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. Jacques nous dit que nous ne recevons pas parce que nous demandons mal (Jac. 4 : 3) ; nous demandons pour la satisfaction de nos propres désirs et non pas premièrement pour la gloire de Dieu. Il nous dit aussi que nous ne recevrons « rien du Seigneur » si nous ne demandons pas avec foi, « sans douter en rien » (1 : 6-7). D’autre part, il se peut aussi que nous ne discernions pas la réponse de Dieu et que nous priions pour une chose à laquelle il a déjà répondu – mais nous ne le voyons pas parce que cela ne correspond pas à ce que nous pensions ou désirions recevoir de Lui.
Une réponse « au moment opportun »
Nous avons certainement expérimenté, au cours de notre vie de croyants, que parfois Dieu répond immédiatement à nos prières. Nous en avons de nombreux exemples dans la Parole – voir Éléazar (Gen. 24 : 12-15 ; 43-45), Néhémie (Néh. 2 : 3-8), Daniel (Dan. 2 : 17-19), Pierre (Matt. 14 : 29-31), etc.
Mais aussi, parfois, il nous faut persévérer et patienter pour obtenir une réponse de sa part. Notre foi et notre patience sont exercées, mais soyons assurés que notre prière a été immédiatement entendue et que la réponse, en aide et en secours, arrivera « au moment opportun » (Héb. 4 : 16). Cela a été le cas pour :
- Isaac (Gen. 25 : 21) ; vingt années s’écoulent entre ses prières instantes au sujet de sa femme stérile et la réponse de l’Éternel qui « se rendit à ses prières » ;
- Daniel (Dan 10 : 12-13) ; trois semaines passent avant que le Seigneur vienne Lui-même répondre à son serviteur – mais remarquons que la prière de Daniel a été entendue « dès le premier jour ».
Si le croyant peut se tourner vers Dieu et Lui demander : « Éternel ! prête l’oreille à ma prière, et sois attentif à la voix de mes supplications » (Ps. 86 : 6), il peut être assuré qu’il est entendu par Celui dont, à tout moment, de nuit comme de jour, les oreilles sont ouvertes au cri des justes (Ps. 34 : 16, 18).
Est-il possible alors que Dieu ne réponde pas à une prière que nous faisons monter vers Lui, au nom du Seigneur Jésus ? Non ! Souvenons-nous toujours que si notre Père ne donne pas à l’un de ses chers enfants ce qu’il Lui demande, c’est parce qu’Il a en vue quelque chose de meilleur pour lui. Il a en réserve des bénédictions bien plus grandes que ce que nous avons pu demander. L’apôtre Paul dit dans l’une de ses doxologies (ou : parole de gloire), que le Dieu d’amour et de puissance est « celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (Éph. 3 : 20). Puissions-nous réaliser dans notre vie de croyants cette affirmation de la Parole de Dieu, et, y ajoutant foi, recevoir ainsi de la part de notre Dieu et Père des réponses à nos prières qui nous conduirons à Lui rendre gloire pour son amour et sa grâce envers nous.
Des prières sans réponse ?
Considérons ensemble quelques exemples que la Parole de Dieu nous présente, dans lesquels il pourrait sembler que Dieu n’a pas répondu à la prière qui Lui a été faite.
- Une prière de Moïse, homme de Dieu (Deut. 3 : 23-26)
- Une prière d’Élie, le prophète de l’Éternel (1 Rois 19 : 4)
- Une prière de Jonas, le prophète (Jon. 4 : 3)
- Une prière de l’apôtre Paul (2 Cor. 12 : 7-9)
- Une prière du Seigneur Jésus (Matt. 26 : 39-44)
Moïse demande à entrer en Canaan
Une remarquable prière de Moïse nous a été conservée dans la Parole de Dieu ; c’est le Psaume 90. L’en-tête nous indique en effet que l’auteur de ce Psaume est « Moïse, homme de Dieu ». Quel beau qualificatif pour ce grand serviteur de l’Éternel ! Dieu parlait avec lui « face à face, comme un homme parle avec son ami » (Ex. 33 : 11 ; voir Nom. 7 : 89). Moïse était donc un homme de prière. Pendant les 40 ans de la traversée du désert, il s’est « tenu à la brèche » en faveur d’un peuple insoumis à son conducteur, Moïse (Act. 7 : 37-39 ; Ps. 106 : 23), et rebelle à l’Éternel, son Dieu (Deut. 9 : 7, 23-24) et il a intercédé à plusieurs reprises pour le peuple (voir Ex. 15 : 25 ; 17 : 4 ; Ex. 32 : 11-14 ; Nom. 11 : 2 ; 14 : 13-19 ; 16 : 22 ; 21 : 8 ; 27 : 5 : 15-18 ; Ps. 99 : 6).
Malgré sa patience et sa douceur (Nom. 12 : 3), Moïse, exaspéré par le peuple à Kadès, n’a pas écouté l’Éternel et a frappé le rocher à deux reprises au lieu de simplement lui parler, comme il aurait dû le faire. Dieu n’a pas été glorifié devant Israël, et cette faute grave ferme l’accès du pays de Canaan à Moïse (voir Nom. 20 : 2-13). « Ils l’irritèrent aux eaux de Meriba, et il en arriva du mal à Moïse à cause d’eux ; car ils l’exaspérèrent, de sorte qu’il parla légèrement de ses lèvres » (Ps. 16 : 32-33).
Moïse est fortement affecté par la sentence de l’Éternel, et il Lui demande plusieurs fois de revenir sur cette décision et de lui permettre d’entrer dans le pays promis à Israël. Dans le livre du Deutéronome, Moïse fait allusion à plusieurs reprises à cette faute qui lui a coûté, tout près du but, l’entrée en Canaan. Il rappelle dès le premier chapitre la méchanceté de ce peuple qui a lassé la longue patience de Dieu et a déclenché sa colère contre eux (Deut. 1 : 34-35) ; puis il ajoute : « Contre moi aussi l’Éternel s’est irrité à cause de vous, et il a dit?: “Toi non plus, tu n’y entreras pas” » (v. 37). Un peu plus loin, il rappelle sa supplication à l’Éternel : « Que je passe, je te prie, et que je voie ce bon pays qui est au-delà du Jourdain, cette bonne montagne, et le Liban ». Mais il doit ajouter tristement : « Mais l’Éternel a été irrité contre moi à cause de vous, et il ne m’a pas écouté ; l’Éternel m’a dit : “C’est assez, ne me parle plus de cette affaire” » (3 : 23-26). La décision divine est ferme et irrévocable : Moïse n’entrera pas en Canaan, sa prière ne sera pas exaucée et Dieu ne veut plus en entendre parler.
Cependant, il n’est pas possible que Dieu ne manifeste pas sa grâce, et Il ajoute : « Monte au sommet du Pisga, et élève tes yeux vers l’ouest, vers le nord, vers le sud et vers l’est, et regarde de tes yeux » (Deut. 3 : 27). Et c’est ainsi qu’alors qu’Israël est aux portes du pays - « dans les plaines de Moab, de l’autre côté du Jourdain en face de Jéricho » (voir Nom. 22 : 1) -, Moïse est invité par l’Éternel à monter sur la montagne pour voir le pays : « Ce même jour, l’Éternel parla à Moïse ; il dit : Monte sur cette montagne d’Abarim, le mont Nebo, qui est dans le pays de Moab, qui est en face de Jéricho ; et regarde le pays de Canaan que je donne en possession aux fils d’Israël. Tu mourras sur la montagne sur laquelle tu monteras, et tu seras recueilli vers tes ancêtres… ; parce que vous avez été infidèles envers moi, au milieu des fils d’Israël, aux eaux de Meriba-Kadès, dans le désert de Tsin, en ce que vous ne m’avez pas sanctifié au milieu des fils d’Israël. Tu verras devant toi le pays, mais tu n’y entreras pas, dans ce pays que je donne aux fils d’Israël. (Deut. 32 : 48-52 ; voir Nom. 27 : 12-14).
Et Moïse, plein de vigueur à l’âge de 120 ans, seul avec l’Éternel au sommet de la montagne, peut admirer d’un œil « non affaibli » le pays dans sa beauté et dans son ensemble, tel que Dieu l’avait promis à son peuple. « L’Éternel lui fit voir tout le pays » (Deut. 34 : 1 ; voir v. 1-7), tout ce que ceux qui passeront en Canaan à travers le Jourdain ne verront pas et ne s’approprieront pas (comp. Deut. 11 : 24 et Jos. 1 : 3 avec Jug. 1 : 19-21, 27-34). Quelle réponse merveilleuse à la prière de Moïse ! Il n’entre pas dans le pays, mais il voit dans toute sa splendeur ce pays qualifié 19 fois de pays « ruisselant de lait et de miel » (Ex. 3 : 8, 17… Ézé. 20 : 6, 15), tel que Dieu l’avait voulu dans son plan divin pour son peuple aimé. N’était-ce pas quelque chose de meilleur encore que d’entrer dans le pays que le peuple n’a pas su posséder dans son entier ?
C’est là la grâce de Dieu envers les siens : Il a toujours en vue pour eux ce qui est le meilleur (Héb. 11 : 40). Nous désirons peut-être de bonnes choses et nous demandons à Dieu de nous les accorder - notre Dieu donnera toujours « de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Matt. 7 : 11). Mais Il sait mieux que nous-mêmes ce qui est vraiment bon pour nous et c’est ce qu’Il nous accordera dans sa grâce (Jac. 1 : 17). Soyons assurés qu’Il ne se trompe pas dans ses réponses et que sa bénédiction sera à la mesure de son immense grâce.
Élie demande à l’Éternel de prendre son âme
Élie, prophète de l’Éternel en Israël, a été un grand serviteur de Dieu. Il sera, avec Moïse, dans la présence même du Seigneur Jésus sur la montagne de la transfiguration (Matt. 17 : 2-3). Les chapitres 17 et 18 du premier livre des Rois nous le montrent dans l’énergie et la puissance d’un serviteur qui recherchait la gloire de l’Éternel au milieu d’Israël, un peuple bien éloigné de son Dieu. Il ne craint pas de se présenter devant le méchant roi Achab en un temps où les prophètes devaient se cacher pour ne pas être mis à mort (1 Rois 18 : 13 ; 19 : 14) ; il s’élèvera seul contre les 450 prophètes de Baal, qu’il mettra à mort au torrent du Kison (18 : 40). Quelle victoire extraordinaire remportée au nom de l’Éternel, agissant par la parole de Dieu ! Quelle persévérance, quelle ferveur et quelle foi dans ses prières (1 Rois 18 : 42-44 ; Jac. 5 : 16) !
Mais Élie était un homme « ayant les mêmes penchants que nous » (Jac. 5 : 17), et cette victoire extraordinaire sur les faux prophètes détourne ses regards de Dieu pour les porter sur lui-même. Pour le croyant, le moment qui suit une victoire remportée avec l’aide du Seigneur est le plus dangereux (voir par exemple 2 Sam. 10 : 18-19, puis le chapitre 11). Élie ne voit plus alors qu’un homme dans toute sa faiblesse, et les menaces de la cruelle reine Jézabel effrayent celui qui naguère proclamait se tenir devant l’Éternel (17 : 1). Il « se leva et s’en alla pour sauver sa vie » dans le désert (19 : 3). Là, assis sous un genêt, profondément découragé, il demande à Dieu « la mort pour son âme » (v. 4). Dieu va-t-Il accéder à la demande de son serviteur comme Il l’a toujours fait jusqu’à présent ?
Les craintes du prophète et sa propre personne se sont placées entre lui et son Dieu. Il ne pense qu’à lui-même. Aussi sa prière n’est pas intelligente, sa demande ne correspond pas à la volonté de Dieu à son égard. Aussi, au lieu de lui accorder la mort qu’il demandait, Dieu lui répond en le conduisant doucement à revenir vers Lui, se manifestant à son serviteur « ni par force, ni par puissance » (Zach. 4 : 6), mais de la manière « douce, subtile » de la grâce. Dieu prend soin de son serviteur déprimé, Il lui redonne force et courage.
Restauré dans la communion de son Dieu, Élie est désormais en paix dans son esprit. Il ne reformule plus sa demande de mourir ; il reprend son manteau de prophète pour accomplir les dernières missions que Dieu lui confie. La première chose que fait Élie est de déposer son manteau de prophète sur celui que l’Éternel lui a désigné comme successeur : Élisée, fils de Shaphat (19 : 19). Et c’est en compagnie d’Élisée que le grand prophète d’Israël va faire ses derniers pas sur la terre d’Israël… avant d’être enlevé au ciel dans un char de feu (2 Rois 2 : 11) ! Combien Dieu est grand et bon ! Élie avait demandé la mort, et voilà qu’il est enlevé au ciel sans passer par la mort, le seul avec Énoch autrefois (Gen. 5 : 24 ; Héb. 11 : 5). Il devient le type des croyants qui demeurent actuellement sur la terre et qui seront tout à l’heure « enlevés à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thes. 4 : 17).
Même si nous connaissons un profond découragement, qu’il nous soit accordé de réaliser la puissance de Dieu si nous sommes faibles, sa grâce si nous sommes impuissants, et de prier avec instance et confiance le Dieu miséricordieux auprès de qui nous trouverons « grâce, pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4 : 16).
Jonas demande à Dieu de prendre sa vie
N’est-on pas étonné, après avoir lu la magnifique prière de Jonas alors qu’il était dans le ventre du poisson (Jon. 2), d’entendre l’autre prière du prophète qui nous est donnée dans ce petit livre (4 : 3, 8) ?
La première renferme des paroles des Psaumes (13 se retrouvent ainsi dans cette prière de Jonas !) ; elles pourraient, prophétiquement, être mises dans la bouche du Seigneur Jésus Lui-même lorsqu’Il endurait les souffrances indicibles de la croix ; ces paroles évoquent aussi les expériences que connaîtra le résidu juif croyant au jour futur de « la détresse pour Jacob » (Jér. 30 : 7)
Jonas était alors dans une situation sans issue à vue humaine. Il se tourne vers son seul secours, alors qu’il se trouve dans les entrailles du grand poisson qui l’a englouti. Il voit la mort de près, son âme « défaille » en lui (v. 8 ; voir Ps. 143 : 4) et c’est « du sein du shéol », « du fond de la détresse » qu’il crie à l’Éternel (v. 3). Et, lorsqu’il s’écrie enfin : « La délivrance vient de l'Éternel » (v. 10b ; voir Ps. 3 : 9a ; Prov. 21 : 31b), Dieu lui répond et le poisson vomit Jonas sur la terre ferme. Quelle délivrance en réponse à son intense prière, à son appel au secours, à son cri (v. 3 ; voir Ps. 18 : 7-8) !
Mais la prière suivante de Jonas est tout à fait différente : en effet, s’il confesse que l’Éternel est « un Dieu qui fait grâce et qui est miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté » (Jon. 4 : 2 ; voir Ps. 103 : 8 ; le rappel de ces quatre caractères de Dieu se trouve huit fois dans la Parole, soyons-en pénétrés), il Lui en fait le reproche ! En effet, le Dieu de grâce a usé de bonté envers le peuple païen et impie de Ninive, qui a cru Dieu et s’est repenti à l’annonce du jugement imminent qui allait tomber sur lui (3 : 5-10 ; voir Jér. 18 : 7-8). Et cela ne plaît pas du tout à Jonas qui ne pense qu’à son propre honneur de prophète et méprise un peuple qui n’est pas celui de Dieu comme l’était Israël. Dieu l’avait cependant choisi pour être le seul prophète par lequel Il s’adresserait aux nations. Mais Jonas ne pense qu’à lui-même et à sa réputation de prophète ; il s’estime déshonoré parce que sa prophétie ne s’accomplira pas (comp. 2 Rois 14 : 25). Il est dans un tel état qu’il va jusqu’à demander à Dieu, comme Élie autrefois, de lui prendre la vie (v. 3). Cette prière monte du cœur d’un homme qui est dans un mauvais état spirituel (4 : 1a) et qui tente même de justifier sa désobéissance au commandement de l’Éternel lorsqu’Il lui avait confié sa mission (comp. v. 2 et 1 : 1-3). Alors il « demande mal » (Jac. 4 : 3) et Dieu ne lui donnera pas ce qu’il demande. Pour demander « comme il convient » (Rom. 8 : 26) et ainsi recevoir une réponse favorable de la part de notre Dieu, il faut que nous soyons en communion avec le Père et le Fils, que notre prière soit en accord avec la volonté de Dieu dont nous avons l’intelligence ; il faut que nous demandions avec sagesse et sans chercher à « imposer » à Dieu ce que, selon nous, Il doit faire ; et il est aussi nécessaire que notre esprit, par lequel nous sommes en relation avec Dieu nous guide dans nos demandes (voir 1 Cor. 14 : 15).
Qu’est-ce que Dieu répond à cette prière de Jonas ? Sa réponse est double :
- Tout d’abord une seule parole, qui aurait dû sonder le cœur et la conscience du prophète : « Fais-tu bien de t’irriter ? » (v. 4, 9) ;
- Ensuite, Il donne à Jonas qui s’enferme dans sa colère, un remarquable enseignement de la grâce divine (v. 5-11).
Hélas, le prophète, occupé exclusivement de lui-même, reste fermé à la grâce. Sa conscience ne semble pas atteinte par la question de l’Éternel. Il n’apprend rien de la leçon que Dieu lui donne par le kikajon et il confirme devant Lui son irritation qui ne s’est pas calmée. Il ne connaît pas l’Écriture qui dit : « Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; et ne donnez pas occasion au diable » (Éph. 4 : 26-27).
Dieu montre à Jonas ce qu’Il est immuablement, lent à la colère et grand en grâce, en miséricorde, en bonté, et en patience à l’égard de son serviteur. Il lui répond encore en mettant en évidence le fait que sa pitié envers une simple plante dont la vie est éphémère ne peut être comparée avec la pitié de Dieu envers les âmes vivantes – « Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ? dit le Seigneur, l’Éternel ; n’est-ce pas plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive ? » (Ézé. 18 : 23). Cette pitié - ou compassion divine - a été discernée par plusieurs dans la Personne du Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, lorsqu’Il était parmi les hommes, et combien souvent Il l’a manifestée (voir Matt. 9 : 27-30 ; 17 : 14-18 ; 20 : 30-34 ; Marc 10 : 46-52 ; Luc 17 : 12-14 ; 18 : 35-43).
Nous ne savons pas comment Jonas a réagi à la parole de la grâce divine qui clôt ce petit livre (v. 10-11). Cependant, comme on l’a écrit, « nous avons… une réponse de Jonas : c’est qu’il a écrit ce livre. Sous l’inspiration divine, il raconte son histoire ; il reconnaît ainsi son erreur et son entière confusion… Ainsi, il glorifie Dieu, et c’est pourquoi Jonas est honoré par lui » (M. Allovon).
Examinons notre cœur lorsque nous prions. Si notre conscience ou notre cœur nous « condamne » parce que « nous ne pratiquons pas ce qui est agréable devant lui », nous ne pouvons pas demander avec l’assurance de recevoir ce que nous demandons (voir 1 Jean 3 : 20-22). Cependant, s’il nous arrive de prier alors que nous sommes dans un état spirituel qui ne convient pas, Dieu, qui connaît notre état, ne nous abandonne pas pour autant. Il ne nous donnera pas ce que nous demandons, parce que notre état spirituel est mauvais - nous ne sommes pas en communion avec Lui - et nous ne demandons pas comme il faut ; nous devons confesser et juger ce qui charge notre conscience, afin de recevoir de Lui. Mais Il désire ranimer en nous le sentiment de sa grâce et nous instruit par elle (voir Tite 2 : 11). Il veut nous amener ainsi à revenir vers Lui afin que nos demandes soient alors faites avec un cœur libre et assuré, dans un esprit de grâce et d’amour. Nous saurons demander pour sa gloire, pour notre bien qu’Il désire, ainsi que celui de ceux pour lesquels notre compassion est éveillée pour les présenter à Dieu.
Paul demande a être délivré de son écharde
Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, l’apôtre est comme contraint de se glorifier lui-même, bien qu’étant pleinement conscient que c’est parler « comme un insensé » (2 Cor. 11 : 16-19), ce qu’il n’était absolument pas ! Il leur montre tout ce dont il pourrait se prévaloir en tant que serviteur de Dieu, toutes les douloureuses épreuves qu’il avait traversées (v. 21-33). Puis il en vient à leur faire part d’une expérience unique qu’il avait faite 14 années plus tôt et dont il n’avait jamais parlé. Mais maintenant, il voulait montrer aux Corinthiens ce qu’est la grâce de Dieu.
Sans se nommer lui-même, Paul parle d’un « homme en Christ… qui a été enlevé jusqu’au troisième ciel » (2 Cor. 12 : 2), c’est-à-dire « dans le paradis » (v. 4 ; voir Apoc. 2 : 7 ; Luc 23 : 43), dans la présence même de Dieu ! Et là, cet homme a entendu « des paroles ineffables » qu’il n’était pas possible de répéter. Mais il doit ajouter que pour qu’il ne s’enorgueillisse pas d’une telle révélation, il lui a été donné « une écharde pour la chair, un ange de Satan pour le frapper au visage » (2 Cor. 12 : 7). Cette « écharde », quelle qu’elle soit, était une infirmité corporelle dont Paul souffrait. Alors il dit : « J’ai supplié trois fois le Seigneur qu’elle me soit retirée » ( v. 8). Nous sommes exhortés à persévérer dans la prière (voir Col. 4 : 2 ; 1 Tim. 5 : 5 ; Act. 6 : 4), à prier sans cesse (1 Thes. 5 : 17), sans nous lasser (Luc 18 : 1) - et nous devons parfois attendre longtemps avant de recevoir une réponse de la part du Seigneur. Mais elle viendra !
À sa troisième prière, Paul reçoit une réponse. Mais ce n’est pas ce qu’il avait demandé : son écharde ne lui est pas ôtée. Quelqu’un a écrit, au sujet des prières de l’apôtre Paul quant à son handicap : « Comment l’apôtre pouvait-il être en communion avec le Seigneur quand il demandait une chose qu’il n’était pas selon Sa volonté de lui accorder ? Ce n’est pas la question pour nous. Présentons-Lui nos requêtes, et si c’est sa volonté, nous serons délivrés. Si, comme l’apôtre, nous ne le sommes pas, nous obtiendrons ce qui est infiniment meilleur, c’est-à-dire la grâce du Seigneur Jésus dans l’épreuve, nous rendant capables de la supporter à sa gloire… dans l’assurance que sa main nous dispense ce qui est bon, de telle sorte qu’il en résulte gloire et honneur pour son Nom » (C. H. Mackintosh).
L’apôtre Paul avait de nombreux sujets de prière dans sa grande sollicitude envers les assemblées et les saints (Act. 9 : 11b ; 2 Cor. 11 : 28 ; Phil. 2 : 20). Dieu ne voulait pas que son serviteur passe du temps à prier pour l’infirmité qui lui avait été donnée pour le garder de l’orgueil. Il lui apprend donc à accepter son écharde, et à réaliser que la grâce de Dieu suffit à tout : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Cor. 12 : 9a). C’est là la réponse de Dieu à la prière de son serviteur. Et Paul réalise que cette réponse pleine de sagesse divine est bien supérieure à la demande qu’il avait faite à trois reprises. Il sait désormais que « la surabondante grâce de Dieu » repose sur lui, comme elle reposait sur les Corinthiens – et sur nous-mêmes (2 Cor. 9 : 14) ! Il a appris cette leçon dans la réponse du Seigneur à ses prières. Qu’il est bon et béni pour nous que nous apprenions quelque chose de la grâce divine dans les réponses que nous recevons du Seigneur !
Désormais, Paul ne priera plus afin que son infirmité lui soit ôtée - ce qui aurait permis à la chair de se glorifier et à son orgueil de se développer suite à l’événement extraordinaire qu’il avait vécu. Son handicap, quoique toujours présent, ne le préoccupe plus ; il s’oublie totalement lui-même. Ce qui lui faisait ressentir sa faiblesse le conduit à se glorifier même en elle et à puiser sa force uniquement dans le Seigneur. La faiblesse de Paul devient la force de Dieu. Il dira aux Éphésiens : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (6 : 10). Une telle expérience le conduira à écrire aussi plus tard à Timothée : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 2 : 1). Désormais, il réalise et il affirme : « Je me glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ demeure sur moi » (2 Cor. 12 : 9b). Il ne pouvait se glorifier en rien quant à lui-même, même ayant été élevé jusque dans le paradis de Dieu, mais sa seule gloire était Christ et la croix de Christ (1 Cor. 1 : 31 ; Gal. 6 : 14) – et c’est cette écharde dont il ne voulait plus qui lui permet de réaliser cette si grande chose.
Nous aimerions tant que telle ou telle infirmité nous soit ôtée, et nous supplions le Seigneur pour qu’Il intervienne en notre faveur. Il se peut qu’Il réponde favorablement à une telle demande, mais il se peut aussi qu’Il ne le fasse pas, car Il veut nous apprendre à discerner, au-delà de notre « écharde », ce que sont « les immenses richesses de sa grâce » (Éph. 2 : 7) et « l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons » (1 : 19). Nous expérimenterons alors la sagesse de Dieu dans ses réponses d’amour à nos prières et nous demeurerons dans la grâce de Dieu (voir 1 Pi. 5 : 12b).
Le Seigneur Jésus prie pour que la coupe passe loin de Lui
Les évangiles nous rapportent peu de prières du Seigneur Jésus, qui, en tant qu’homme, demeurait dans une dépendance constante de Celui qui l’avait envoyé. Nous ne nous lassons pas de relire la prière de Jean 17, mais celle de Gethsémané, que nous rapportent Matthieu, Marc et Luc dans leurs évangiles, émeut particulièrement notre cœur. C’est dans cette nuit au cours de laquelle Il a été livré entre les mains des hommes qui le haïssaient et qui allaient le mettre à mort, que cette courte prière, intense et fervente – « larmes, prières, supplications » –, est montée à trois reprises vers son Père, vers « celui qui pouvait le sauver de la mort » (Héb. 5 : 7).
Que demande le Seigneur Jésus dans sa prière ? « Mon Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi » (Matt. 26 : 39). L’homme parfait, saint et pur, ne pouvait envisager sans une profonde angoisse de devoir être abandonné de son Dieu et d’être « fait péché » (1 Cor. 5 : 21), traité comme le péché devait l’être par le Dieu saint. Une deuxième fois, Il dit : « Mon Père, s’il n’est pas possible que ceci passe loin de moi sans que je le boive, que ta volonté soit faite », et Il redit les mêmes paroles une troisième fois (Matt. 26 : 42, 44). - « Si c’est possible… S’il n’est pas possible… » ; le parfait Sauveur savait qu’il fallait qu’Il boive cette coupe afin que la colère de Dieu contre le péché soit entièrement éteinte à toujours.
Quelle est la réponse que le Seigneur Jésus a reçue à cette prière ? La terrible coupe Lui a-t-elle été épargnée ? Non, cela n’était pas possible ; Jésus le savait parfaitement, et c’est pour « boire » cette coupe terrible qu’Il était venu sur cette terre. Il a pu demander à son Père de la faire passer – non pas seulement à côté – mais loin de Lui, tellement elle Lui était horrible. Mais Il a dit : « Que ta volonté soit faite » (v. 42) ; sa volonté étant, comme elle l’avait toujours été, en parfaite harmonie avec celle du Père. Il savait qu‘Il devait boire cette coupe, mais la souffrance indicible que cela lui causait ne pouvait être mise de côté.
La prière de l’homme parfait pouvait-elle rester sans réponse ? Cela aussi n’était pas possible ! En Hébreux 5 : 7, nous lisons qu’Il a « été exaucé à cause de sa piété ». Quelqu’un a écrit : « La supplication du Seigneur Jésus a été exaucée – non en ce que la coupe lui a été retirée, mais en ce que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts après qu’il ait accompli l’œuvre » (A. Remmers). Quelle réponse merveilleuse et glorieuse ! C’est aussi la réponse à la prière du début de Jean 17 : « Glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même » (v. 5). La gloire de Dieu doit être un élément essentiel de nos prières et elle se manifeste dans les réponses que Dieu donne aux siens qui crient à Lui. Quelle gloire pour Dieu dans la délivrance du fidèle qui s’est tourné vers Lui au temps de la détresse : « Invoque- moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras » (Ps. 50 : 15) ! Mais aussi gloire pour celui qui a invoqué son Dieu dans la détresse et qui a été délivré : « Il m’invoquera, et je lui répondrai ; dans la détresse je serai avec lui ; je le délivrerai et le glorifierai » (Ps. 91 : 15). « Faites tout pour la gloire de Dieu », nous dit Paul (1 Cor. 10 : 31) ; nous pouvons nous exhorter aussi en disant : Priez toujours et premièrement pour la gloire de Dieu.
Combien grande est la gloire de Christ, dans la délivrance hors de la mort par le déploiement de « l’opération de la puissance de la force » de Dieu dans sa résurrection d’entre les morts et sa séance à la droite de Dieu dans les lieux célestes, « au-dessus de tout pouvoir et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir ; et il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné [comme] chef sur toutes choses, à l’assemblée » (Éph. 1 : 19b-23 ; voir Ps. 21 : 6a) ! Voilà comment Dieu a répondu à la prière de son Fils unique et bien-aimé qui s’est livré « comme offrande et sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur » (Éph. 5 : 2b). La réponse à la prière de Christ à Gethsémané, reçue déjà à la fin des trois heures de l’expiation sur la croix (Ps. 22 : 22), s’est manifestée trois jours après la mort du Seigneur. Elle a été à la hauteur de la gloire du Père et de celle du Fils : Dieu l’a ressuscité, « L’a élevé très haut » (Phil. 2 : 9), « Lui a donné la gloire » (1 Pi. 1 : 21 et « L’a fait asseoir à sa droite » (Éph. 1 : 20), sur son trône.
Dieu répond à nos prières
La Parole de Dieu nous montre ainsi par ces exemples – et d’autres que ceux que nous avons considérés auraient pu nous le montrer aussi – que notre Dieu répond toujours aux prières des siens. Il veut nous faire connaître sa grâce et sa puissance. Il répond en son temps, selon sa sagesse divine et de la manière dont Il le juge bon, afin d’exercer notre foi « si cela est nécessaire » (1 Pi. 1 : 6-7), pour nous apprendre à nous rejeter entièrement sur Lui (5 : 7). Il nous faut parfois attendre sa réponse, et notre patience est exercée – elle doit avoir « son œuvre parfaite » en nous (Jac. 1 : 4) -, mais Il répond d’autres fois immédiatement. Par exemple lorsque nous crions à Lui « dans l’urgence » et qu’Il nous vient en secours au moment où nous prions – et même peut-être avant que nous ayons fini de prier (És. 65 : 24) ! Il répond à la foi qui l’honore, comme le Seigneur Jésus l’a fait devant la foi d’une femme cananéenne : « Femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux » (Matt. 15 : 28).
Apprenons à nous attendre à Dieu
Lorsque nous nous adressons à notre Dieu par la prière, que nous lui exposons nos requêtes « par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4 : 6), Il nous donne dans sa grâce une réponse immédiate : « la paix de Dieu », qui détourne nos pensées de nous-mêmes et les dirigent, ainsi que nos cœurs, vers « le Christ Jésus », notre Seigneur et Sauveur (v. 7). Puissions-nous goûter cette paix après avoir prié, et dire en pleine confiance, comme le psalmiste : « Et maintenant, qu’est-ce que j’attends, Seigneur ? Mon attente est en toi » (Ps. 39 : 8). Ensuite, si telle est sa volonté, Il nous donnera au moment choisi par Lui, ce que nous avons demandé.
Ne désespérons pas si nous devons patienter pour recevoir une réponse à nos prières : soyons assurés que notre Dieu qui nous aime a toujours en vue quelque chose de meilleur pour nous, comme la Parole nous l’a montré. Sa sagesse est infinie, ses pensées et ses voies sont très au-dessus des nôtres (És. 55 : 8-9). Même si nous ne recevons pas ce que nous avons demandé parce que nous demandons mal, parce que nous sommes dans un mauvais état spirituel ou parce que nous ne discernons pas ce que Dieu se propose pour sa gloire, toutefois la grâce de Dieu a toujours une réponse au-delà de ce que nous demandons dans nos prières, ou même que nous pensons sans oser peut-être le demander, parce que notre foi est petite (voir Éph. 3 : 20). N’en avons-nous pas fait l’expérience ?
Dieu n’accomplit pas nécessairement toutes nos demandes telles que nous les Lui présentons. Il sait mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous. Mais souvenons-nous qu’Il peut soit nous répondre favorablement, soit nous dire d’attendre, soit encore nous dire non – mais il y a toujours une réponse ! Puissions-nous la discerner et l’accepter avec actions de grâces (1 Thes. 5 : 18).
« Et c’est ici la confiance que nous avons en lui : si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5 : 14-15).
Ph. Fuzier – août 26