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Christ et la volonté de Dieu


            Lorsque nous lisons les évangiles, nous y découvrons les perfections du Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, qui a été sur la terre un homme selon le cœur de Dieu. David n’en a été qu’un faible type, lui dont Dieu dira : « J’ai trouvé David … un homme selon mon cœur, qui fera toute ma volonté » (Act. 13 : 22). Venu du ciel sur la terre, parmi les hommes pécheurs, Jésus est le seul homme qui a pleinement et sans cesse satisfait et réjoui le cœur de Dieu. Qui d’autre que l’homme parfait aurait pu dire en vérité : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 16 : 8) ; « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29) ?
            Depuis Adam, le premier des pécheurs, aucun homme n’avait pu vraiment plaire à Dieu. Hénoc, le septième homme depuis Adam (voir Jude 14), a « marché avec Dieu » pendant une grande partie de sa vie (Gen. 5 : 24), et il « a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu » ; c’est pourquoi Dieu l’a enlevé pour qu’il ne voie pas la mort (Héb. 11 : 5). Mais il n’était cependant qu’un homme « ayant les mêmes penchants que nous » (Jac. 5 : 17), et ce n’est qu’après l’âge de 65 ans que sa marche fidèle a été manifestée.
            Il n’y a eu qu’un seul homme sur cette terre qui ait été agréable au cœur et aux yeux de Dieu dès avant sa naissance et jusque dans sa mort. Dieu Lui-même nous en donne un triple témoignage : « Voici… mon élu, en qui mon âme trouve son plaisir » (És. 42 : 1) ; « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3 : 17 ; 17 : 5). Toute sa marche, toutes ses paroles, tous ses actes étaient à la gloire de Celui qui l’avait envoyé sur la terre. Il était « le Fils unique, qui est dans le sein du Père » (Jean 1 : 18), l’amour du Père reposait sur Lui. Mais Il est venu pour donner à son Père un motif supplémentaire de L’aimer, dans l’accomplissement de toute la volonté divine, jusqu’à la mort – « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie » (Jean 10 : 17).
            Le fait que l’homme Christ Jésus ait accompli toute la volonté de Dieu est attesté à plusieurs reprises dans la Parole de Dieu, et nous aimerions considérer quelques passages qui nous montrent la grandeur et la perfection de Celui qui, par amour, s’est anéanti et abaissé Lui-même dans le but de faire toujours, en tout, et quoi qu’il Lui en coûte, la volonté de son Dieu et Père.


1. « J’ai dit : Voici, je viens… pour faire, ô Dieu, ta volonté… Alors, il dit : ‘’Voici, je viens pour faire ta volonté » (Hébreux 10 : 7, 9).
            L’épître aux Hébreux nous ouvre le ciel pour que nous y contemplions par la foi le Fils de Dieu assis à côté de Dieu après avoir « fait par lui-même la purification des péchés » (1 : 3b) sur la croix de Golgotha. Il est à cette place d’honneur et de gloire parce qu’Il a fait la volonté de Dieu jusque dans le sacrifice de sa vie, œuvre qui a des conséquences éternelles pour la gloire de Dieu et notre bénédiction.
            Le chapitre 10 démontre l’inutilité des nombreux sacrifices d’animaux de l’ancienne alliance et, en contraste, la parfaite efficacité et la valeur éternelle du sacrifice de Christ. L’épître explique que les différents sacrifices sanglants -holocauste, sacrifice pour le péché, sacrifice de prospérités, ou ceux du grand jour des propitiations (voir Lév. 1 à 7 et 16) - ne pouvaient pas ôter les péchés et rendre parfaits devant Dieu ceux qui les offraient (Héb. 10 : 1-4). Dieu n’y trouvait aucun plaisir et Il n’en voulait pas (v. 1, 6, 8 ; És. 1 : 11 ; Amos 5 : 21-22).
            Mais il y a eu un sacrifice qui a pleinement répondu aux exigences du Dieu juste et saint quant à la question du péché, et qui a permis l’accomplissement du plan divin. C’est celui du Fils de Dieu Lui-même, venu « en chair » sur la terre pour « s’offrir lui-même à Dieu sans tache » (9 : 14), pour l’entière satisfaction de Dieu. « Un corps devait être formé pour le Seigneur, afin qu’en accord avec les conseils de Dieu, il puisse accomplir sa volonté » (H. Smith). Dans le chapitre 10 de l’épître aux Hébreux, nous voyons que l’œuvre de Christ répond à la volonté de Dieu, et le Saint Esprit en rend témoignage (v. 10 et 15). En cela, tout est divin !
            Le Fils s’est présenté Lui-même. Il n’a pas dit : « Me voici, envoie-moi », comme le dira le prophète Ésaïe en réponse à la question des Personnes divines : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » (És. 6 : 8). Ésaïe devra d’abord être purifié par le « charbon ardent… pris de dessus l’autel » de l’holocauste qui était brûlé « en odeur agréable à l’Éternel » (v. 6 ; Lév. 1 : 9, 13, 17). Il sera alors « un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2 : 21).
            Le Fils de Dieu n’a pas eu besoin de poser de question, car Il avait participé au conseil d’éternité et connaissait les plans d’amour de Dieu. Il n’avait pas besoin d’être purifié, car Il était saint, pur, sans péché. C’était de Lui qu’il était « écrit dans le rouleau du livre » (Héb. 10 : 7) - dans les conseils éternels de Dieu. C’est Lui-même qui s’exprime : « J’ai dit… » (v. 7) ; et le Saint Esprit témoigne de sa déclaration : « Il dit… » (v. 9).
            Ainsi nous L’entendons se présenter Lui-même, en plein accord avec la pensée et la volonté de Dieu : « Voici, je viens pour faire ta volonté » ; « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40 : 9). « Cette volonté… était de résoudre une fois pour toutes la question du péché, afin que Dieu puisse sauver en justice des hommes coupables » (Quelques notes sur l’épître aux Hébreux).
            Au Psaume 40 : 7-11, le Saint Esprit, par la plume de David, déclare ce que Christ exprimerait « en entrant dans le monde » (Héb. 10 : 5-7). Être agréable à Dieu en tout, glorifier le Père dans sa mort comme dans sa vie, telle était la décision d’amour du Fils affirmée dans ces paroles prophétiques. Il est allé jusqu’à s’offrir en sacrifice, parce que c’était selon la volonté et le plaisir de Dieu, afin que tous ceux qui croient soient « sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes » (v. 10). La valeur du sacrifice de Christ est telle que, « par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (v. 14). C’est le don de son corps, ce corps que Dieu Lui a formé (v. 5) pour qu’il soit ce sacrifice, cette offrande volontaire apportée à Dieu (Éph. 5 : 2). L’amour du Fils pour son Père L’a conduit à accomplir la volonté divine en s’offrant Lui-même en sacrifice à Dieu ; c’est de cette manière que Dieu a été glorifié et que les péchés de tous ceux qui croient ont été ôtés, qu’ils ont été purifiés, rendus parfaits à perpétuité, saints et agréables devant Dieu.


2. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jean 4 : 34)
            Nous ouvrons maintenant l’évangile selon Jean. Cet évangile nous présente le Fils éternel de Dieu, devenu chair et habitant au milieu des hommes (1 : 14). Les disciples du Seigneur Jésus, auxquels Il s’adresse ici, savaient qui Il était ; ils connaissaient le seul vrai Dieu et Celui qu’Il avait envoyé, Jésus Christ (voir Jean 17 : 3). Dans l’évangile selon Jean, le Seigneur Jésus se présente Lui-même à plusieurs reprises sous ce titre « d’envoyé du Père » (environ 40 fois). Il est le Fils de Dieu venu du ciel d’auprès du Père afin de racheter des pécheurs et de faire d’eux des fils pour Dieu, pour sa gloire (voir Gal. 4 : 4-5 ; Héb. 2 : 10). Le Fils est ainsi venu sur la terre avec deux buts devant Lui : faire ce qui était la volonté de Dieu, et accomplir l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire - ce deuxième objectif dépendant du premier.
            Dans le chapitre 4 de l’évangile selon Jean, Jésus, l’homme parfait, se trouve à la fontaine de Sichar. Il y est venu pour rencontrer une femme samaritaine qui a un grand besoin spirituel, auquel Lui seul peut répondre. Lorsque la femme arrive au puits, Jésus lui demande simplement de puiser un peu d’eau pour Lui dans le puits et de Lui donner à boire (v. 7). C’est ainsi qu’Il commence un travail profond dans le cœur, puis dans la conscience de cette pécheresse, qui finira par reconnaître en Lui le Christ (v. 29).
            Lorsque les disciples reviennent vers Lui, ils prient le Seigneur de manger de la nourriture qu’ils venaient d’acheter à la ville. Mais Jésus leur répond qu’Il a une autre nourriture que celle qui est pour le corps. Elle se trouve pour Lui dans l’accomplissement de la volonté de Celui qui l’avait envoyé, et c’est en se nourrissant de cette volonté, en l’effectuant fidèlement, qu’Il trouvait force et joie pour son cœur et son âme.
            Au désert, lors de la tentation, Jésus avait eu faim, n’ayant rien mangé pendant 40 jours. Satan L’avait tenté en Lui proposant de transformer des pierres en pain. Jésus lui avait répondu : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu » (Luc 4 : 4). Pour Jésus, l’homme dépendant de Dieu en tout, la vie était tout d’abord de se nourrir de la Parole de Dieu. Mieux que le psalmiste, Il pouvait dire : « Ta parole (ce que tu as dit) m’a fait vivre » (Ps. 119 : 50) ; mieux encore que le prophète, Il aurait pu dire : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15 : 16). Ainsi la parole de Dieu demeurait en Lui et par elle Il a vaincu le Méchant (voir 1 Jean 2 : 14b).
            Les aliments sont nécessaires pour la vie du corps, mais la nourriture spirituelle est un besoin quotidien pour la vie de l’âme, pour que la communion avec les Personnes divines soit maintenue (1 Jean 1 : 3 ; voir Jean 6 : 55-56). La vie éternelle que possède le croyant « doit être nourrie en permanence et elle l’est par le souvenir vivant de son amour jusqu’à la mort et la joie que nous y trouvons » (Ch. Briem). Jésus est pour le croyant « la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (voir Jean 6 : 27).
            La communion du Fils avec le Père était d’éternité dans le ciel ; elle a été permanente et sans faille dans la vie du Fils de l’homme sur la terre. Elle était entretenue par la prière et par cette nourriture qu’était pour Lui l’accomplissement de la volonté du Père. Le Seigneur Jésus mettait cela en priorité, apportant la grâce à ceux qui en avaient besoin et se nourrissant de la joie que le salut d’une âme apportait à Dieu (voir Luc 15 : 7). « La volonté de Dieu, l’œuvre de Dieu et la vie éternelle pour l’homme forment ici un tout » (F.B. Hole).
            À la fontaine de Sichar, Jésus a goûté à une provision de subsistance divine, en faisant connaître la grâce à une femme pécheresse. La volonté de Dieu était que par la foi en Jésus Christ, son Fils, toute âme soit amenée à Lui. Le père cherchait des adorateurs (v. 23) et voulait amener « de nombreux fils à la gloire » (Héb. 2 : 10). L’œuvre d’amour des Personnes divines s’est accomplie en cette femme et elle a cru (Jean 6 : 29). Saisie par la gloire et la grâce du Messie, le Christ qui devait venir, elle croit en Lui lorsqu’Il lui révèle : « Je le suis, moi qui te parle » (v. 25-26).
            Fatigué, Jésus apporte le repos à une âme troublée ; assoiffé, Il abreuve une âme altérée et Lui offre l’eau de la vie ; ayant faim, Il se nourrit de faire la volonté de Dieu. Quelle grandeur dans Celui qui apparaît là comme un homme « à tous égards… rendu semblable à ses frères » (Héb. 2 : 17), ayant les mêmes besoins que nous ! Il est le Fils de Dieu, Il est Dieu, mais Il a été « manifesté en chair ». Il est « devenu chair » et a « habité au milieu des hommes » comme un homme (Jean 1 : 14 ; 1 Tim. 3 : 16), et Il a accompli la volonté de Dieu en conduisant des âmes à la vérité et au salut.


3. « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 5 : 30)
            Le Fils de Dieu, s’est anéanti Lui-même, et a été trouvé sur la terre « quant à son aspect comme un homme » (Phil. 2 : 7). « L’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2 : 5), le « second homme » (1 Cor. 15 : 47), a refait l’histoire de l’homme que le premier homme, Adam, avait complètement gâchée. Lui a été pleinement obéissant et dépendant de Dieu dans toute sa vie et sa marche sur la terre, comme les évangiles en témoignent. Ainsi, la seule volonté qu’Il recherchait afin d’y répondre à la gloire de Dieu, c’était celle de Celui qui l’avait envoyé sur la terre. « Le Fils, qui était ici dans son humanité, avait pris cette place pour exécuter à la perfection toute la volonté et l’œuvre du Père » (F.B. Hole).
            Dans ce chapitre 5 de Jean, Jésus est monté à Jérusalem et a guéri un infirme qui se trouvait au réservoir de Bethesda. Cette guérison a eu lieu un jour de sabbat et, à cause de cela, les Juifs cherchent à Le faire mourir ! Mais Jésus leur dit que Lui et son Père ne cesseront pas de travailler (v. 17), car Il n’y a pas de repos pour les Personnes divines au milieu de la misère et des fruits du péché. Mais les Juifs ont encore un autre motif de chercher à faire mourir Jésus : ils refusent de voir en Lui le Fils de Dieu (v. 18b). Jésus prend le temps de leur répondre, avec patience et grâce.
            Bien qu’Il soit Dieu, et ainsi égal au Père et un avec Lui (10 : 30), Il ne faisait jamais rien de Lui-même, selon une volonté propre, car Il n’avait pas en Lui d’autre volonté que celle de son Père. Il ne disait, Il ne faisait, que ce qui était selon la volonté et le plaisir du Père. Étant Dieu, Il aurait tout à fait pu agir de Lui-même – et Il l’aurait fait en toute conformité avec la volonté de Dieu le Père -, mais étant également homme, Il demeure dans une pleine et volontaire sujétion afin que toute gloire revienne à Dieu.
            Nous en avons un bel exemple dans le récit de la maladie et de la mort de Lazare. Jésus dit à ses disciples : « Cette maladie n’est pas pour la mort, mais en vue de la gloire de Dieu » (11 : 4). La volonté de Dieu n’était pas que Jésus parte immédiatement à Béthanie pour guérir son ami, mais que ce dernier meure de sa maladie afin que Dieu et son Fils soient glorifiés. Ne cherchant à faire que la volonté de Dieu, Jésus ne monte pas à Béthanie avant que Lazare soit mort (v. 6, 14). Et ainsi, la gloire de Dieu est vue de tous dans la résurrection de Lazare.
            Le Père, dans son amour pour le Fils, Lui montrait les choses qu’Il faisait Lui-même (v. 20) et le Fils les accomplissait. Jésus disait : « Je ne peux rien faire, moi, de moi-même » (v. 30 ; comp. v. 19). Il n’agissait qu’en voyant le Père agir, dans une parfaite dépendance et une pleine communion. Nous comprenons bien que Dieu ait ouvert le ciel sur Lui à deux reprises, pour proclamer le plaisir qu’Il trouvait constamment en son Fils bien-aimé, obéissant, dépendant et n’accomplissant que la volonté de Celui qui L’avait envoyé.


4. « Je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c’est que quiconque discerne le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6 : 38-40)
            Le Seigneur Jésus rappelle ici devant la foule incrédule qu’Il était descendu du ciel afin de faire sur cette terre ce qu’aucun homme n’avait jamais fait : la volonté du Père. Dieu, à la fin de la période de la Loi a parlé aux hommes « en Fils » (Héb. 1 : 1-2). Grâce merveilleuse, les hommes ont pu voir de leurs yeux le Fils de Dieu Lui-même, envoyé vers eux par Dieu le Père. « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1 : 18). Mais Jésus devra dire : « Vous m’avez vu, et pourtant vous ne croyez pas » (v. 36) ; « Ils ont et vu et haï aussi bien moi que mon Père » (15 : 24). Il a été manifesté aux hommes, mais ils ne l’ont pas cru (6 : 36) lorsqu’Il leur annonçait la bonne nouvelle du salut par la foi en Lui. Dans la parabole des méchants cultivateurs, le maître de la vigne leur dit :« J’enverrai mon fils bien-aimé », mais ils n’hésiteront pas à le tuer (Luc 20 : 13-15).
            Ici, en Jean 6, Jésus dévoile aux hommes ce qu’est la volonté de Dieu : donner la vie éternelle à tous ceux qui Le reconnaissent comme ce qu’Il est : l’envoyé du Père pour leur apporter la vie éternelle – « C’est ici la vie éternelle : qu’ils te connaissent, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17 : 3). Et Jean confirmera les paroles de Jésus : « Vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » ; « Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5 : 12, 20b). Jésus Christ est Lui-même la vie éternelle - elle est en Lui et en Lui seul. La volonté du Père est que tous viennent au Fils et Lui soient ainsi « gagnés » pour la vie éternelle et non perdus pour toujours.
            Ainsi, Jésus révèle ici que les hommes, qui appartenaient au Père – le « Dieu et Père de tous » (Éph. 4 : 6) -, Lui ont été donnés ; ils sont à Lui comme ils étaient à son Père et aucun d’entre ceux qui auront cru en Lui ne sera perdu (voir Jean 10 : 28-30). C’est la volonté divine. Même s’ils meurent – et il en est encore ainsi aujourd’hui, jusqu’au jour de sa venue pour les siens – la vie éternelle leur est assurée en Jésus et ils seront ressuscités pour être toujours avec Lui dans le ciel (voir 1 Thes. 4 : 16-17).

Pour cela, il suffit de deux choses : discerner le Fils et croire en Lui. Hélas, c’est ce que ne faisaient pas les foules (v. 36). « Discerner » le Fils, c’est le contempler, fixer les yeux sur cette Personne divine devenue homme, et percevoir qui Il est : Celui qui est descendu du ciel en grâce pour donner la vie au monde (v. 33). Et quiconque l’aura discerné sera conduit à croire en Lui pour ce qu’Il est, Lui, le sauveur du monde. L’homme né aveugle a discerné que Celui qui l’avait guéri « était de Dieu » (Jean 9 : 33 – ou : de la part de Dieu, venant de Lui). Lorsqu’il Le voit de ses yeux ouverts par Lui, par les « yeux du cœur » (Éph. 1 : 18), sa foi se manifeste et il le reconnaît comme Seigneur : « Je crois, Seigneur ! » (v. 38).


5. « Que ta volonté soit faite » (Matt. 26 : 42).
 « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22 : 42). « Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » (Marc 14 : 36).
            Nous quittons l’évangile selon Jean, mais les trois autres évangiles nous invitent eux aussi à considérer la Personne du Christ qui, dans son amour, allait se livrer Lui-même pour nous, « comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éph. 5 : 2). La scène unique et solennelle que les trois évangiles synoptiques nous décrivent, souligne fortement le fait que le Fils avait à cœur d’accomplir la volonté du Père quel qu’en soit le prix à payer pour Lui. (Jean – l’évangéliste qui nous parle du Fils de Dieu - évoque Gethsémané, mais ne nous relate pas le combat du Fils de l’homme dans la prière).
            Les évangélistes nous conduisent au jardin de Gethsémané, où Jésus avait l’habitude de se rendre pour prier. C’est là que Judas allait amener ceux qui venaient chercher Jésus, le Nazaréen (Jean 18 : 5), afin de le lier et de le mettre à mort.
            Devant l’indicible souffrance du Seigneur Jésus à Gethsémané, nous nous tenons à « un jet de pierre » et « les pieds déchaussés » (Ex. 3 : 5 ; Jos. 5 : 15). De loin et avec révérence, nous contemplons l’Homme Christ Jésus, dans toute la perfection de son obéissance. Arrivé au jardin, Jésus commence à être saisi d’une profonde tristesse, « jusqu’à la mort », d’une forte angoisse et d’effroi (Matt. 26 : 35-36 ; Marc 14 : 33). Cette angoisse augmente toujours plus, sa sueur découle en terre « comme des grumeaux de sang » ; mais sa prière devient toujours plus instante (Luc 22 : 44) – quel terrible combat pour Jésus en cet instant suprême, qui n’est dépassé en souffrance pour Lui que par la croix !
            L’épître aux Hébreux nous a rappelé qu’Il était venu volontairement, pour faire la volonté de Dieu et en sachant ce qu’elle impliquait pour Lui. Dans ce moment si douloureux, Jésus se soumet pleinement à la volonté divine, « jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2 : 8), dans l’obéissance au commandement de son Père et dans l’amour pour Lui (voir Jean 14 : 31),
            Seul dans son agonie, Il se tourne vers son unique soutien, son Père. Il se jette sur sa face contre terre, à genoux, Il offre « avec de grands cris et avec larmes, des supplications à celui qui pouvait le sauver hors de la mort » (Héb. 5 : 7). Il Le supplie de faire passer cette terrible coupe loin de Lui, sans qu’Il soit contraint de la boire.
            Que représentait cette coupe pour Lui ?
                  - Il devrait être chargé des innombrables péchés des autres (1 Pi. 2 : 24a) et « fait péché » par Dieu (1 Cor. 5 : 21), Lui qui était pur, saint, sans péché, qui n’avait pas commis ou connu le péché ;
                  - Il devrait être abandonné de Dieu, séparé de Lui, Lui qui était toujours en pleine et parfaite communion avec Lui (Jean 16 : 32b) ;
                  - Il devrait entrer dans la mort, Lui qui est la vie, le « prince de la vie » (Jean 14 : 6 ; Act. 3 : 15).
            Il savait tout ce qui était devant Lui, Il connaissait la profondeur de souffrance qu’Il allait devoir connaître, et Il ne pouvait pas vouloir cela. Mais son unique désir était de faire la volonté de son Père – Il était venu pour cela (Héb. 10 : 7). L’obéissance de l’homme Christ Jésus était là éprouvée au plus haut degré.
            Mais, se relevant pour la troisième fois de ses supplications et de ses prières, ayant demandé à trois reprises que la coupe Lui soit épargnée, mais aussi que la volonté de son Père soit faite, Jésus sort vainqueur de ce douloureux combat. Il peut dire à Pierre, avec un calme parfait : « La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18 : 11). C’était le calme et la confiance de Celui qui est parfaitement soumis à la volonté de Dieu, volonté qui impliquait qu’Il boive cette coupe tout entière, sans qu’il n’en reste rien pour nous. « Tout maintenant était une affaire entre Lui et son Père. Son obéissance est calme et absolue. Quelle inexprimable victoire ! » (R. Brockhaus). La volonté de Dieu sera accomplie entièrement par le Fils, au prix de la colère de Dieu contre le péché tombant sur Lui, des souffrances insondables de l’abandon et de la mort sur la croix. Quelle perfection dans la Personne de Jésus, le Fils de Dieu ! Quelle manifestation suprême de l’amour qui L’a conduit à faire la volonté de Dieu, qui était que le Fils Le glorifie et accomplisse l’œuvre de notre salut ! À Lui la reconnaissance de nos cœurs, l’honneur et la gloire pour l’éternité !


« Si telle était la volonté de Dieu… » (1 Pi. 3 : 17)
            Notre parfait modèle, Christ, dans son désir de faire toujours la volonté de Dieu, qui était de nous amener à Lui, a souffert pour nous, nous laissant un modèle, afin que nous suivions ses traces (voir 1 Pi. 2 : 21). Est-ce que nous désirons être ses imitateurs en nous soumettant constamment et avec joie à la volonté de Dieu, « bonne, agréable et parfaite » (Rom. 12 : 2), quelle qu’elle soit ?... Cela, c’était l’appréciation et la pensée de Christ, mais pour nous c’est parfois difficile à admettre ; souvent nous ne discernons pas la volonté de Dieu pour nous, ou nous ne sommes pas prêts à endurer les souffrances auxquelles faire cette volonté divine peut nous amener. Soyons bien assurés qu’il s’agit de la volonté d’un Père qui nous aime, qui sait ce qui est bon pour nous et qui veut toujours nous bénir.
            L’apôtre Pierre nous dit que « Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort en chair » (1 Pi. 3 : 18). Le Christ Jésus a enduré les souffrances de la croix car la volonté de Dieu était que, grâce à son sacrifice, les croyants soient amenés dans la présence même du Dieu dont le péché nous avait éloigné. Notre Seigneur a souffert dans l’accomplissement de la volonté de Dieu, et c’est aujourd’hui à notre tour de connaître, peut-être, la souffrance en choisissant et acceptant de faire cette volonté en y soumettant la nôtre.
            Que notre Dieu et Père qui nous aime veuille nous donner d’avoir à cœur de le glorifier sur la terre et de marcher d’une manière digne de Lui, en recherchant quelle est sa volonté pour nous. Demandons-Lui par la prière que nous soyons « remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur afin de lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu : étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et toute persévérance, avec joie… » (Col. 1 : 9-11). Bientôt notre Seigneur et Sauveur nous accueillera dans sa présence et nous L’entendrons nous dire : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en ce qui est peu… : entre dans la joie de ton maître » (Matt. 25 : 21). Une joie éternelle pour Lui et pour nous !


Ph. Fuzier – juin 2026