Voir le Seigneur
(Écrits de l’apôtre Jean)
Jean 1
Jean 6
Jean 9
Jean 12
Jean 20
Jean 21
Première épître de Jean
Dans son évangile, l’apôtre Jean s’attache tout particulièrement à nous présenter le Fils de Dieu comme une Personne visible et présente au milieu des hommes. Il dirige nos yeux vers cette Personne divine afin que notre cœur s’attache à Lui. Dans le chapitre 20, l’apôtre montre Jésus ressuscité vu par Marie de Magdala, puis par ses disciples ; au chapitre 21, « le disciple que Jésus aimait » (Jean) reconnaît le Seigneur (v. 7) et Pierre entend à deux reprises cette parole du Maître : « Suis-moi » (v. 19, 22). Enfin, dans sa première épître, Jean annonce « ce qu’il a vu » (1 : 1) et porte nos regards vers Celui que, bientôt, nous verrons « comme il est » (3 : 2).
Dieu se rend visible en Jésus Christ
Dès le premier chapitre de son évangile, Jean nous révèle ce fait extraordinaire et merveilleux : « La Parole devint chair et habita au milieu de nous (et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » (Jean 1 : 14). Puis il ajoute : « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (v. 18). Le Dieu invisible (1 Tim. 6 : 16) s’est montré à tous les hommes dans la personne de son Fils bien-aimé qui est venu révéler le Père et son amour (Jean 17 : 26).
La révélation progressive de Dieu, commencée avec Adam dans le temps de l’innocence, se déploie pleinement dans le Fils, que Dieu envoie parmi les hommes sous la forme d’un homme. Le grand « mystère de la piété », nous est donné à connaître : Dieu est « manifesté en chair » (1 Tim. 3 : 16) et habite pour un temps au milieu des hommes. Les hommes ont pu voir et entendre Celui qui apporte le message divin, la bonne nouvelle du salut et la connaissance du Dieu d’amour, sans aucun intermédiaire entre Dieu et eux, car Celui qui l’annonce, c’est Dieu, le Fils fait homme.
Ceux qui ont vu le Fils de Dieu
Juste après cette déclaration du verset 18, nous trouvons Jean le baptiseur qui rend témoignage de ce qu’il a vu : « Il voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ! » (v. 29). De ses yeux, il voit Jésus, le Fils du Très-haut (Luc 1 : 32), et en Lui il discerne l’Agneau pour l’holocauste dont Dieu s’est pourvu (comp. Gen. 22 : 8, 14), « manifesté à la fin des temps » (1 Pi. 1 : 20) pour ôter le péché du monde par son sacrifice. Dieu a envoyé vers nous son Fils (voir Gal. 4 : 4 ; Matt. 21 : 37), et Lui a donné une œuvre de rédemption à accomplir pour sauver les hommes pécheurs.
Une seconde fois, Jean témoigne avec émerveillement de ce qu’il voit : « Regardant Jésus qui marchait, il dit : ?Voilà l’Agneau de Dieu ! » (Jean 1 : 36). Son regard se porte sur la Personne bénie, l’Agneau préconnu dès avant le temps, qui venait d’auprès de Dieu, qui marchait sur cette terre parmi les hommes, et dont le chemin le conduisait au sacrifice de la croix où Il sera l’Agneau immolé.
Quelques temps plus tard, les disciples en détresse sur la mer, voient Jésus venant vers eux, marchant sur les eaux. Matthieu et Marc nous rapportent cet incident, et nous disent que, « le voyant marcher sur la mer », les disciples croient voir un fantôme (Matt. 14 : 26 ; Marc 6 : 49). Jean, qui nous en parle lui aussi, est le seul qui dise précisément : « ils voient Jésus marcher sur la mer » (6 : 19). Il dirige ainsi les regards des disciples vers une personne familière à leurs yeux - même s’il doit leur dire « C’est moi, n’ayez pas peur », pour qu’ils le reconnaissent.
Plus tard encore, Jésus se révèle à l’homme aveugle de naissance auquel Il avait rendu la vue, mais qui n’avait pas vu son bienfaiteur. Cet homme est chassé par les pharisiens, mais Jésus vient à sa rencontre et lui dit : « Crois-tu au Fils de Dieu ? » (9 : 35). Il répond : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » (v. 36).Jésus ne lui répond pas simplement : « Eh bien, c’est moi », mais dirige sur Lui les yeux de l’homme qui, autrefois aveugle, a maintenant la capacité de voir : « Et tu l’as vu, et celui qui parle avec toi, c’est lui. Il dit : ?Je crois, Seigneur ! » (9 : 37-38). L’homme autrefois aveugle voit Celui qui l’a guéri, Il croit en Lui et Lui rend hommage.
À la veille de la crucifixion du Seigneur Jésus, quelques Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour la grande fête de Pâque, viennent dire au disciple Philippe : « Seigneur (Monsieur), nous désirons voir Jésus » (12 : 21). Ils étaient venus pour adorer (v. 20), mais ils avaient besoin d’un objet pour leur adoration. Le fait que ces hommes des nations désirent le voir, conduit le Seigneur à annoncer que l’œuvre qu’Il allait accomplir serait pour le bénéfice de tous les hommes (v. 32).
À la fin de son ministère public parmi les hommes, Jésus se présente comme un objet de foi pour le croyant, au même titre que Celui qui l’avait envoyé parmi les hommes, Dieu (12 : 44 ; voir encore 14 : 1). Puis Il ajoute : « Et celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé » (12 : 45 ; voir aussi 14 : 9). Il était vraiment la pleine révélation de Dieu, la parfaite expression de ce qu’Il est (voir Héb. 1 : 3) !
Nous arrivons enfin au matin de la résurrection ; et là, Jean nous rapporte ce dont les disciples de Jésus ont été les témoins oculaires. Marie de Magdala, Jean, Pierre, les dix disciples rassemblés, Thomas - tous ont vu les témoignages de la résurrection du Seigneur Jésus, et l’ont vu Lui-même. Comme il y avait eu des témoins oculaires de la gloire royale future de Christ, sur « la sainte montagne » (voir 2 Pi. 1 : 16), Dieu voulait qu’il y ait des témoins oculaires de la résurrection de son Fils dès qu’elle a eu lieu.
Marie de Magdala voit la pierre ôtée (v. 1-2)
Les évangélistes Matthieu, Marc et Luc donnent un récit plus détaillé que Jean des événements du matin du jour de la résurrection (Matt. 28 ; Marc 16 ; Luc 24). Ils mentionnent plusieurs femmes venues au tombeau de Jésus, avec des aromates pour embaumer son corps. Ils font mention de leur inquiétude, se demandant qui roulera pour elles la grande pierre fermant le tombeau de Jésus ; ils rapportent les paroles des anges qui leur apprennent que Jésus, le crucifié, est ressuscité, et le fait qu’Il les envoie annoncer cette merveilleuse nouvelle aux disciples ; ils nous parlent des sentiments de crainte mêlée de joie de ces femmes.
Marc ajoute à son récit que, « ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons » (Marc 16 : 9).
Quant à Jean, il ne nous parle que de Marie de Magdala parmi ces quelques femmes. Il veut nous montrer la profonde affection, pour son Seigneur, de cette pécheresse qu’Il avait délivrée de sept démons (Luc 8 : 2). Elle aimait le Seigneur en proportion du grand pardon qui lui avait été accordé (voir Luc 7 : 47). C’est son amour exclusif pour son Seigneur qui la conduit dans les circonstances de ce premier matin d’un jour nouveau, dont Jean - comme les autres évangélistes - prend soin de préciser l’importance (v. 1 et 19 ; voir Matt. 28 : 1 ; Marc 16 : 2, 9 ; Luc 24 : 1). Marie avait dans son cœur les sentiments exprimés autrefois par le psalmiste : « Ô Dieu ! tu es mon Dieu ; je te cherche au point du jour ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau » (Ps. 63 : 2). Que de tels sentiments pour notre Seigneur puissent habiter notre cœur et nous faire ajouter : « Pour voir ta force et ta gloire, comme je t’ai contemplé dans le lieu saint » (v. 3) !
Comme pour les autres disciples, la pensée que Jésus puisse être à nouveau vivant ne peut pas s’imposer à Marie, mais elle veut néanmoins être près de Lui, car sa peine est immense ; sans Lui, son cœur et sa vie sont vides, sa solitude profonde. De tels sentiments peuvent être éprouvés par un croyant qui vient de perdre un être cher. Quelle consolation, pour celui qui pleure, de pouvoir se tourner vers un Seigneur vivant qui veut lui apporter sa sympathie et ses compassions par sa présence à ses côtés.
Jean nous rapporte en peu de mots cette première visite de Marie de Magdala au tombeau de Jésus. Dès que le sabbat est terminé, au point du jour, elle se hâte vers le jardin où se trouve le tombeau, désirant Lui rendre un dernier hommage dans sa mort. Comme les autres femmes, elle se demande avec inquiétude comment accéder au corps de Jésus. Mais lorsqu’elle arrive, elle voit que la lourde pierre qui bloquait l’ouverture du tombeau a été roulée et… le tombeau est vide ! Dieu a ôté tout obstacle à la vision du témoignage de la résurrection de son Fils.
Aussitôt, Marie fait demi-tour et court avertir Pierre et Jean : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis » (v. 2). Quelle détresse et quel désarroi pour elle ! Mais le Seigneur ne laissera pas dans un tel état cette âme qu’Il aime et qui L’aime, et bientôt Il se révélera à elle. Aujourd’hui encore, Il se fait trouver de ceux qui le cherchent et Il leur montre sa bonté (voir Jér. 29 : 13 ; Lam. 3 : 25). Quel réconfort pour les siens qui sont dans la détresse !
Jean et Pierre voient les linges (v. 3-10)
Pierre et Jean ne peuvent pas croire les paroles de Marie, cela dépasse leur entendement. Ils décident d’aller voir sur place ce qu’il en est, et Jean lui-même nous rapporte leur course jusqu’au tombeau de Jésus (Jean 20 : 3-4). Arrivé avant Pierre, Jean se penche vers l’intérieur du tombeau, sans oser entrer, et voit les linges, posés par terre. Puis Pierre arrive et il entre directement dans le tombeau ; lui aussi voit, et regarde attentivement : il « observa les linges posés là et le suaire qui avait été sur sa tête (celui-ci n’était pas avec les linges, mais roulé à part, à une autre place) » (v. 7).
Après avoir été ôté de la croix, le corps de Jésus avait été enveloppé d’un linceul (Matt. 27 : 57-59) composé de bandes de lin – ou « linges » - abondamment imprégnés d’aromates, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir (Jean 19 : 38-42). Il a été écrit : « [Les linges] n'étaient pas simplement repliés, mais soigneusement enroulés, comme ils avaient enveloppé son corps, à la manière d'un cocon d'où le papillon venait de sortir. Les disciples savaient qu'aucune puissance sur terre n'aurait pu emporter le corps sans déranger les linges funéraires » (H.A. Ironside). Les deux disciples peuvent ainsi constater « de visu » que tout est en ordre et paisible dans le tombeau ; il n’y a pas eu de lutte, le Fils de Dieu est sorti de la mort qu’Il avait vaincue à la croix. Le « saint de Dieu » ne devait pas voir la corruption et Dieu Lui-même a « délié les douleurs de la mort » car il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle (Act. 2 : 24, 27 ; Ps. 16 : 10).
Il n’a pas été nécessaire que le Seigneur Jésus soit « délié », comme cela avait été dû être fait pour Lazare qu’Il avait ressuscité (Jean 11 : 44). Dieu avait « délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle » (Act. 2 : 24) et Jésus est sorti du tombeau par sa propre puissance (voir Jean 2 : 19 ; 10 :17).
Il y avait donc là, sous les yeux des disciples, le témoignage de la victoire de Jésus sur la mort. La pierre avait été roulée par les anges, afin que les signes de sa résurrection puissent être vus et constatés. Jean qui, depuis l’extérieur, n’avait tout d’abord aperçu seulement les linges posés à terre, entre à son tour dans le tombeau. Il regarde plus attentivement - probablement comme Pierre qui avait « observé » (ou : considéré attentivement) - et voit que les linges et le suaire étaient pliés et bien ordonnés ; et, devant ces signes évidents que Jésus n’était plus dans le tombeau, Jean « vit et crut » (20 : 8). Il croit par ce qu’il voit alors, mais lui-même précise qu’ils « n’avaient pas encore compris l’Écriture, d’après laquelle Jésus devait ressusciter d’entre les morts » (v. 9). La personne de Christ ressuscité n’occupe par le cœur des deux disciples. Étonnés de ce qu’ils viennent de voir, ils rentrent alors chez eux, comme le feront, ce même jour, dans la tristesse, deux autres disciples de Jésus (voir Luc 24 : 13…)..
Marie de Magdala voit des anges (v. 11-13)
Marie de Magdala, avec deux autres femmes (Marc 16 : 1-3), était venue une première fois au tombeau dès le matin du lendemain du sabbat, alors qu’il faisait encore nuit. Là, les femmes avaient reçu le message des anges leur rappelant que Jésus leur avait annoncé sa résurrection, et qu’Il donnait rendez-vous à ses disciples en Galilée (Matt. 27 : 5-7 ; Marc 16 : 6-7). Les anges sont « des esprits administrateurs (ou : des serviteurs – voir Ps. 104 : 4), envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Héb. 1 : 14). Un jour, ils ont vu leur Créateur, sur la terre, sous la forme d’un homme, et ils désirent « regarder de près » dans tout ce qui Le concerne (1 Pi. 1 : 12). Le « mystère de la piété » nous l’annonce : « Dieu… a été vu des anges » (1 Tim. 3 : 16).
Dans son évangile, Jean ne fait pas mention des anges lorsque les femmes étaient venues au tombeau de bon matin. Il ne nous montre que Marie de Magdala, qui avait vu, aux toutes premières lueurs du matin - « il faisait encore nuit » (v. 1) -, que la pierre qui fermait le tombeau avait été ôtée. Elle avait immédiatement compris que le corps de Jésus n’était plus là (v. 2). Aussitôt, elle était partie en courant avertir Pierre et Jean. Mais ensuite elle revient à nouveau au tombeau. Elle ne peut pas rester éloignée du dernier endroit où le corps de son Seigneur a reposé. « Elle aime Christ d’un amour exclusif qui ne pense qu’à Lui. Elle ne peut trouver ni repos ni chez soi dans un monde d’où Il est absent » (H. Smith). Son amour pour Lui la conduit dans ce lieu où son corps a reposé, mais elle ne peut que pleurer car elle n’y trouve pas Jésus.
Cette fois, elle entre dans le tombeau et elle voit alors « deux anges vêtus de blanc, assis, l’un à la tête et l’autre aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché » (v. 12). Ils s’adressent à Marie qui, sans paraître éprouver quelque étonnement que ce soit de parler à des anges, répond à leur question par ces paroles émouvantes qui montrent son profond attachement à Celui qu’elle appelle « mon Seigneur ». Mais elle n’est pas impressionnée par cette présence angélique. Ce ne sont pas les anges que son cœur réclame, c’est Celui qui remplit son cœur ; elle n’attend pas de réponse de leur part et se détourne d’eux.
Marie de Magdala voit le Seigneur (v 14-18)
C’est alors qu’elle « voit Jésus, qui était là ». Peut-être aveuglée par ses larmes, mais surtout ne pouvant imaginer qui est Celui qui se trouve là, elle pense que c’est le jardinier. Jésus – car c’est bien Lui ! – lui demande, comme les anges : « Pourquoi pleures-tu ? » ; Il sonde ce cœur pour qu’il s’ouvre à Lui. Mais Il ajoute : « Qui cherches-tu ? », car Il connaît le seul et profond désir de cette âme dans la douleur. Aussitôt Marie répond : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’enlèverai » - elle ne dit même pas qui est Celui dont elle veut retrouver le corps, car Il remplit entièrement son cœur. Alors Jésus se révèle à elle ; le bon Berger, « qui laisse sa vie pour ses brebis » (Jean 10 : 15), appelle sa chère brebis par son nom. « Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais… », avait-Il dit (v. 27).
En entendant cette voix connue (Jean 10 : 4b), pleine d’amour pour elle, Marie reconnaît celle de son Maître, son Seigneur. Et Jésus lui confie, à elle, ce merveilleux message pour ses chers disciples : « Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (v. 17). Avec quelle profonde joie Marie va pouvoir témoigner de ce qu’elle a vu et entendu ; Jean l’exprime avec beaucoup de sobriété : « Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu’elle a vu le Seigneur et qu’il lui a dit cela » (v. 18). Mais quel puissant témoignage concernant le ressuscité !
Les disciples voient le Seigneur (v. 19-20)
C’est toujours le premier jour de la semaine ; le soir est venu. Les disciples se sont rassemblés, mais ils craignent les Juifs, alors les portes de l’endroit où il se trouvent sont soigneusement fermées (v. 19). Mais voilà que Jésus vient et se tient au milieu d’eux ; il n’était pas besoin que les portes Lui soient ouvertes, son corps de résurrection ne connaît pas d’obstacles. Il s’adresse aux disciples et leur dit : « Paix à vous ! ». Par cette salutation, Il rappelle à leurs cœurs ce qu’Il leur avait dit le dernier soir avant sa mort : « Je vous donne ma paix » (Jean 14 : 27). Elle est faite désormais « par le sang de sa croix » (Col. 1. 20), par son œuvre accomplie. Jésus se tient au milieu de ses disciples sur un terrain nouveau et vivant.
Luc nous dit quelque chose de l’état d’esprit des dix, effrayés et bouleversés par cette apparition inattendue. Ils entendent encore cette voix, qui est bien celle de leur Seigneur, dire à leurs cœurs encore incrédules : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même ! » (Luc 8 : 39). Il dirige leurs regards vers ses blessures subies sur la croix, vers sa Personne. Et maintenant, c’est la joie qui les saisit et elle est telle qu’ils n’arrivent toujours pas à Le reconnaître : « de joie, ils ne croyaient pas encore et s’étonnaient » (v. 41) ! Mais c’est la promesse qu’Il leur avait faite avant sa mort qui s’accomplit : « Vous, vous me verrez » (Jean 14 : 19) ; leurs yeux ne les trompent pas, c’est bien Jésus qui est là, présent au milieu d’eux, cet homme doux et bon avec lequel ils ont vécu pendant près de trois ans et qu’ils croyaient avoir perdu pour toujours, ayant été mis à mort sur une croix. La joie inonde alors leur cœur, et c’est Jean qui nous le dit : « Les disciples furent remplis de joie quand ils virent le Seigneur » (Jean 20 : 20) ! Lui seul, sa Personne, sa présence, peuvent produire une telle joie dans le cœur des siens. C’est une joie « complète », qui a sa source en Jésus ressuscité et vivant pour toujours, c’est « sa joie » dans les siens (Jean 15 : 11 ; 17 : 13). « Votre tristesse sera changée en joie… Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ôte votre joie » (16 : 20b, 22). Tout doute, toute crainte, ont disparu, Il est là, avec eux, « et sa présence sainte éloigne tout effroi » (Hymnes et Cantiques n° 146 - st. 1).
Thomas voit le Seigneur (v. 24-29)
Au lendemain de ce jour mémorable, dès qu’ils rencontrent Thomas, les disciples lui disent d’un seul cœur et d’une seule voix : « Nous avons vu le Seigneur » (Jean 20 : 25). Mais lui ne peut pas croire ce qu’il n’a pas vu, il n’a pas de foi (voir Héb. 11 : 1). Alors, le dimanche suivant, Thomas étant cette fois présent avec les autres disciples assemblés, le Seigneur se tient à nouveau au milieu d’eux. Certainement, ils l’attendaient tous et, fidèle et plein d’amour pour eux, Il vient. Il s’adresse à Thomas et l’invite à faire la chose qu’il avait posée comme condition pour croire. Mais le disciple n’a plus besoin de cela : il a vu Jésus et L’a reconnu. Il s’incline et Lui rend hommage : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (v. 28). Jésus lui adresse encore cette parole qui est pour nous aujourd’hui, qui voyons Jésus par la foi : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (v. 29).
Chers amis chrétiens, il nous est accordé encore aujourd’hui et jusqu’au moment de son retour, d’être assemblés autour de Lui en son jour, pour nous souvenir de Lui par la fraction du pain et la coupe. Pouvons-nous dire alors – pour nous-mêmes et les uns aux autres -, à l’issue de ces moments bénis passés dans sa présence, avec des cœurs remplis de joie et de reconnaissance : « Nous avons vu le Seigneur » ?
L’évangile selon Jean ne se termine pas avec l’enlèvement du Seigneur Jésus dans le ciel. Du début à la fin de l’évangile, Il est là, « habitant au milieu de nous » et s’offrant à nos regards. Jusque dans l’éternité où, comme il sera dit à Jean, « Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux » (Apoc. 21 : 3 – c’est le mot « tabernacle » que nous trouvons dans ces deux passages. Et, en effet, le Seigneur Jésus désire que nos yeux soient toujours fixés sur Lui, comme ils le seront dans le ciel, lorsque nous Le verrons. C’est notre bonheur et notre sûreté. Nous l’apprenons par deux circonstances du dernier chapitre de cet évangile, lors de la troisième manifestation du Seigneur ressuscité à ses disciples.
Reconnaître le Seigneur (v. 7)
Il est difficile pour les disciples de poursuivre leur vie sans la présence du Seigneur Jésus. Pendant les années de son ministère au milieu d’eux, ils le suivaient dans le chemin et leurs yeux étaient sur Lui. Mais maintenant, il leur faut apprendre à marcher par la foi. Retourner, à la suite de Pierre, à leur ancienne occupation, ce n’était pas, pour les disciples de Jésus, marcher à la suite de Celui qui leur avait dit : « Venez après moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » (Matt. 4. 19).
Mais Jésus prend soin d’eux et ne les laisse pas dans cet état. Il se montre à eux une fois de plus et Il va leur ré-apprendre ce qu’Il leur avait enseigné : « Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15 : 5).
Jésus se tient sur le rivage du lac, mais les disciples ne le reconnaissent pas, ni en le voyant, ni en entendant sa voix. Si nous nous laissons absorber par nos occupations – aussi légitimes soient-elles –, nous ne verrons plus le Seigneur devant nous, et tout ce que nous ferons sera inutile si Lui-même n’intervient pas dans nos circonstances. Ce n’est que lorsque le miracle s’accomplit que les yeux de Jean – le disciple qui était le plus conscient de l’amour de Jésus pour lui - s’ouvrent et qu’il le reconnaît enfin : « C’est le Seigneur » (Jean 21 : 7). Pour que notre service pour Lui soit béni et porte des résultats, il nous faut Le voir et Le reconnaître comme le Seigneur.
Voir Jésus pour Le suivre (v. 19b-22)
Une fois que Pierre a été pleinement restauré dans la communion avec le Seigneur Jésus (v. 15-19), il se voit confier un service par son Maître. Afin de pouvoir l’accomplir, le regard du serviteur doit constamment être dirigé sur le Seigneur Jésus, car tout service a d’abord Christ comme objet : « c’est le Seigneur Christ que vous servez » (Col. 3. 23-24).
Pierre, invité par Jésus à Le suivre, détourne ses yeux de la Personne du Seigneur et regarde à son frère (Jean 21 : 20-21). Jésus reprend son disciple avec douceur et ramène son regard au bon endroit, sur Lui (v. 22). Dans le chemin qui est encore devant nous, sachons détourner les yeux de tout ce qui peut les distraire de la contemplation de sa Personne, et courir notre course chrétienne « fixant les yeux sur Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12 : 2).
Voir Jésus « de nos yeux » (1 : 1)
Les disciples, en leur temps, ont « été avec Jésus » (Act. 4 : 13) ; ils ont entendu sa voix, ils l’ont vu. C’est avec un saint émerveillement que l’apôtre Jean parle de « la Parole de la vie », manifestée dans la Personne du Fils de Dieu venu sur la terre : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché… ce que nous avons vu et entendu… » (voir 1 Jean 1 : 1-4). C’est en Le voyant par la foi, en considérant les perfections, la beauté et la gloire du Fils du Père (Jean 1 : 14), que notre communion avec Lui et avec le Père sera maintenue tout au long de notre vie sur la terre.
Cette Personne adorable que Jean a pu contempler dans sa marche parfaite, il désire nous L’annoncer afin que, Le contemplant nous-mêmes par la foi, nous ayons une part commune avec Lui et une pleine joie pour notre cœur. L’apôtre Pierre affirme : « Croyant en lui, bien que maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie indescriptible et glorieuse » (1 Pi. 1 : 8).
Voir bientôt Jésus face à face (3 : 2)
Depuis que le Seigneur Jésus est remonté au ciel, nous ne pouvons pas Le voir des yeux de notre corps, mais des yeux de la foi (Act. 1 : 9-11). La vision que nous avons de Lui demeure un peu floue tant que nous sommes dans nos corps de faiblesse : « Nous voyons comme à travers un verre, obscurément » (1 Cor. 13 : 12a). Mais il nous est donné de pouvoir dès maintenant « contempler à face découverte la gloire du Seigneur » dans le ciel (2 Cor. 3 : 18). Et nous avons aussi la bienheureuse espérance de voir bientôt notre Sauveur face à face, « comme il est » (1 Jean 3 : 2). Alors « nous connaîtrons comme nous avons été connus » (1 Cor. 13 : 12). Que cette espérance soit précieuse à nos cœurs et les remplisse de joie en croyant ! Nous pouvons dire avec Paul : « Si ce que nous ne voyons pas, nous l’espérons, nous l’attendons avec patience » (voir Rom. 8 : 24-25).
Chers amis croyants, il y a peut-être encore un peu de temps avant le retour du Seigneur - Dieu le sait -, mais sa promesse est certaine : « Je viens bientôt » (Apoc. 22 : 7, 12, 20). En attendant, nous éprouvons sur la terre que nous avons besoin de force, de soutien, d’aide et de secours. Nous les trouverons en regardant vers Lui, imitant le psalmiste : « J’élève les yeux vers les montagnes :d’où viendra mon secours ? Mon secours vient d’auprès de l’Éternel » (Ps. 121 : 1). Dans cette attente, qu’il nous soit accordé de Le voir toujours par la foi - de voir Jésus donnant sa vie sur la croix par amour pour nous et pour nous sauver ; de Le voir ressuscité dans le ciel et paraissant pour nous devant Dieu ; de Le voir assis sur le trône du Père et de contempler sa gloire ; de Le voir marchant devant nous et nous ouvrant le chemin qui conduit vers Lui …
« Encore très peu de temps, et celui qui vient viendra » (Héb. 10 : 37), encore très peu de temps et nous Le verrons face à face, dans toute sa beauté et sa gloire.
Ph. Fuzier – mars 2026